Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/O

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O
O.

Oblin (rue).

Commence à la rue de Viarme, nos 22 et 37 ; finit à la rue Coquillière, nos 1 et 3. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 46 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Deux contrats, l’un du 11 octobre 1635, l’autre du 26 octobre 1636, la désignent sous le nom de rue Bouchée, ou cul-de-sac de la rue de l’Hôtel-de-Soissons. On la trouve aussi dénommée cul-de-sac de Carignan. En avril 1765, elle fut prolongée sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons, dont les prévôt des marchands et échevins avaient fait l’acquisition en vertu des lettres-patentes du mois d’août 1755. (Voyez halle au Blé.) Elle reçut alors le nom de rue Oblin, parce que François-Bernard Oblin et Charles Oblin, intéressés dans les affaires du roi, s’étaient rendus acquéreurs de plusieurs terrains provenant de l’hôtel de Soissons, sur lesquels ils firent construire des bâtiments. La largeur de cette voie publique, fixée alors à 24 pieds, a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. Propriétés de 1 à 5, redressement ; de 7 à 11, retranch. 75 c. ; 2, 4, alignées ; surplus, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 60 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Observance (rue de l’).

Commence à la place de l’École-de-Médecine, no 3 ; finit à la rue Monsieur-le-Prince, nos 21 et 23. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 51 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

« 19 août 1672. — Arrêt du conseil. — Le roy estant en son conseil, s’estant faict représenter le plan arresté entre les prévost des marchands et eschevins de sa bonne ville de Paris, et le sieur président de Alesmes, scindicq apostolique et protecteur général des Cordeliers de France, et en particulier, du grand couvent de la d. ville, pour la construction d’une place de 9 thoises de large, au-devant du grand portail de leur église, sur 18 thoises de long, et d’une rue de 6 thoises de large, qui traversera la d. place jusques à la rue des Fossés, vis-à-vis l’hostel de Condé, etc… Sa majesté estant en son conseil a ordonné et ordonne que le d. plan sera exécuté selon sa forme et teneur, etc… » — La rue qui nous occupé fut ouverte peu de temps après sur une largeur de 11 m. 80 c., et la dénomination qu’elle reçut alors rappelle la maison religieuse des Cordeliers, dite le grand couvent de l’Observance. Un arrêté de la Commune, du 25 juillet 1793, donna à cette voie publique le nom de place de l’Ami-du-Peuple. En l’an IV, elle fut appelée place de l’École-de-Santé, et quelque temps après, elle reprit sa dénomination primitive. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a maintenu la largeur de 11 m. 80 c. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout.

Observatoire (l’).

Situé à l’extrémité de l’avenue du même nom. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Lorsqu’il plait à Dieu de donner à un souverain la puissance et le génie, il dépose abondamment autour du prince les germes de tous les genres de supériorité, et lui transmet le pouvoir de leur fécondation. Aucune époque de notre histoire n’est comparable au siècle de Louis XIV. Nous avons analysé un à un, dans le cours de cet ouvrage, tous les établissements créés sous ce règne, pour favoriser le développement des sciences et des arts. On sentit également, à cette époque, la nécessité de construire un Observatoire pour l’astronomie. Le ministre Colbert chargea Claude Perrault de fournir les dessins de cet édifice qui, commencé en 1667, fut terminé en 1672. Jean-Dominique Cassini, célèbre astronome que Colbert avait mandé d’Italie pour diriger les travaux, ne put arriver à Paris qu’au moment où les constructions de cet édifice étaient presqu’achevées. Cassini trouva les dispositions peu convenables aux observations astronomiques, et demanda plusieurs changements. Les modifications réclamées par Cassini ne furent pas du goût de Claude Perrault, qui persista dans ses idées. L’édifice terminé, Cassini fut obligé de faire construire sur la terrasse supérieure une petite tourelle qui servit longtemps aux observations.

L’Observatoire a la forme d’un rectangle dont les quatre façades correspondent aux points cardinaux du monde. Aux deux angles de la façade méridionale sont deux tours ou pavillons octogones. Une troisième tour carrée occupe le milieu de la façade du nord où se trouve l’entrée. La ligne de sa face méridionale se confond avec la latitude de Paris. La méridienne est tracée dans la grande salle du second étage. Elle divise cet édifice en deux parties ; et, se prolongeant au sud et au nord, s’étend d’un côté jusqu’à Collioure, et de l’autre jusqu’à Dunkerque. Ces deux lignes, qui se coupent au centre de la façade, ont servi de bases aux nombreux triangles d’après lesquels on a levé la carte générale de France, appelée Carte de Cassini ou de l’Observatoire. Les planchers et les escaliers sont voûtés. La hauteur de la plate-forme, au-dessus du pavé, est de 27 m. Malgré tout le luxe extérieur de cet édifice, il ne s’y trouvait pas un seul endroit convenable où l’on pût faire, avec exactitude, une série d’observations. Cet état de dénûment a cessé, l’intérieur de l’Observatoire est devenu habitable. Sur la plate forme ont été construits des cabinets qui servent aux observations et à conserver les instruments. Au second étage se trouve la grande salle qui contient des globes, des instruments de physique, et la statue en marbre du célèbre Cassini, mort en 1712. La ligne méridienne est tracée sur le pavé de cette salle. Sur le comble de l’édifice, recouvert d’épaisses dalles en pierre, a été élevée, vers 1810, un bâtiment carré flanqué de deux tourelles. Dans une de ces tourelles, on a établi une lunette achromatique, dont le pivot est incliné comme l’axe de la terre. Cette lunette sert à observer et à décrire la marche des comètes. Un aéromètre sert à constater la puissance des vents, sur un cadran placé sous la voûte de la salle du nord. Une cave de jauge indique la mesure d’eau pluviale dans un temps déterminé. Le bâtiment contigu, construit à l’est de l’édifice principal, est sans contredit le plus utile ; on y fait presque toutes les observations astronomiques et météorologiques. On y voit, entre autres instruments, la lunette méridienne de Gambey et le cercle mural de Frontin. La construction de ce bâtiment date de 1834. L’Observatoire possède une bibliothèque précieuse en livres d’astronomie. Pendant les années 1811 et 1813, on a démoli les constructions et les clôtures qui masquaient une partie de l’édifice. L’Observatoire et le palais du Luxembourg correspondent aujourd’hui par une magnifique avenue, qui donne à cette partie de la capitale un caractère grandiose. — Le bureau des longitudes tient ses séances dans le bâtiment de l’Observatoire, qui est ouvert au public tous les jours non fériés, de neuf à quatre heures.

Observatoire (avenue de l’).

Commence au boulevart du Mont-Parnasse ; finit à la grille de l’Observatoire. Pas de numéro. Sa longueur est de 272 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Une loi du 27 germinal an VI, relative à l’emploi des terrains formant l’enclos des ci-devant Chartreux, et que nous avons citée à la rue de l’Est, porte :

« Art. 2e. L’avenue du palais Directorial, du côté du jardin sera prolongée jusqu’à la place de l’Observatoire, et passera à travers les boulevarts dits du Mont-Parnasse. — Art. 3°. En deçà des boulevarts il sera établi une place triangulaire. »

« Au camp impérial de Tilsit, le 20 juin 1807. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. La place ordonnée par l’art. 3 de la loi du 27 germinal an VI, relative aux embellissements des abords du palais du Luxembourg, maintenant celui du Sénat, ne s’étendra pas au-delà du boulevart, à partir de la grille de la Pépinière. — Art. 2e. La forme et l’étendue de cette place seront déterminées par notre ministre de l’intérieur, de la manière qui sera jugée la plus convenable à la réunion des diverses rues qui doivent y aboutir. (Voyez l’article suivant.) — Art. 3e. Il sera établi une avenue à côtés parallèles, qui se prolongera depuis la place indiquée en l’art. 1er jusqu’à la place circulaire qui doit être formée au pourtour de l’Observatoire impérial. Signé Napoléon. ». — Une décision ministérielle du 4 octobre 1817, et une ordonnance royale du 9 décembre 1838, ont fixé à 40 m. la moindre largeur de l’avenue de l’Observatoire. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles situées sur le côté droit, entre la rue Cassini et l’Observatoire. — En 1844, l’administration a fait exécuter dans cette avenue des travaux de pavage, bordures de trottoirs, plantations, sablage des contr’allées, etc., qui ont occasionné une dépense de 46 000 fr.

Observatoire (carrefour de l’).

Situé au débouché des rues de l’Est, de l’Ouest et Notre-Dame-des-Champs. Pas de numéro impair ; les numéros pairs sont 32, 34 et 36. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ce carrefour a été formé en vertu d’une loi du 27 germinal an VI, et d’un décret du 20 juin 1807. (Voyez l’article précédent.) — Une décision ministérielle en date du 4 octobre 1817, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 95 m. — En vertu d’une autre décision du 17 août 1824, signée Corbière, elle a reçu le nom de carrefour de l’Observatoire. Une ordonnance royale du 9 décembre 1838 a maintenu la largeur de 95 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de la propriété située sur le côté droit, entre la rue Notre-Dame-des-Champs et le boulevart du Mont-Parnasse, qui devra reculer de 24 m.

Le carrefour de l’Observatoire rappelle de tristes souvenirs.

Le 7 décembre 1815, par un temps froid et sombre, un groupe de soldats, au milieu duquel on apercevait une voiture, traversait la grande avenue du Luxembourg. Arrivé au carrefour de l’Observatoire, devant le mur sur lequel on voit écrit aujourd’hui : Jardin de la Grande-Chartreuse, le groupe s’élargit, le fiacre s’arrêta ! Un capitaine de gendarmerie courut à la portière, abattit lui-même le marche-pied, et prévint la personne qui était dans la voiture qu’on était arrivé ! En ce moment, les cris le voilà ! le voilà ! se firent entendre. Il y eut un moment de trouble parmi les spectateurs. — « Retirez-vous, dirent alors quelques officiers, c’est à la plaine de Grenelle que l’exécution doit avoir lieu. — Serrez vos rangs, et empêchez qu’on approche, cria un officier-général aux soldats. » La personne descendit alors de la voiture ! C’était Michel Ney, prince de la Moskowa ! L’expression du visage du maréchal était d’un calme admirable. Il regarda autour de lui, et, apercevant le peloton qui devait faire feu : « Ah ! dit-il, c’est là ! » Au même moment, on entendit le galop précipité d’un cheval. « C’est sa grâce ! crièrent les uns ; c’est un sursis, dirent les autres. » C’était l’ordre expédié du château de hâter l’exécution !… Alors le maréchal fit ses adieux au vénérable ecclésiastique, M. de Pierre, curé de Saint-Sulpice, qui l’avait accompagné. Le guerrier lui donna une boîte d’or en le priant de la remettre à la maréchale, puis il tira de sa poche une poignée d’argent pour être distribué aux pauvres de la paroisse Saint-Sulpice ; alors s’avançant d’un pas assuré, Michel Ney se plaça devant le peloton. Le commandant vint, un mouchoir à la main, pour lui bander les yeux. Le guerrier le repoussa doucement : « Ignorez-vous, monsieur, que depuis vingt-cinq ans j’ai l’habitude de regarder la mort en face ! » Il posa la main droite sur son cœur, et de la gauche, élevant son chapeau au-dessus de sa tête, il reprit d’une voix calme et solennelle : « Je proteste devant Dieu et devant les hommes contre le jugement qui me condamne ; j’en appelle à la patrie et à la postérité !… Vive la France ! » Il continuait lorsque la voix de l’officier-général couvrit la sienne par ce brusque commandement adressé aux soldats : « Apprêtez armes !… » — « Camarades, reprit alors le maréchal d’une voix plus éclatante faites votre devoir et tirez-là !… là ajouta-t-il, en montrant son cœur ! — Joue ! Feu ! » dit le même officier-général, et le maréchal Ney tomba !… Vive le roi ! vive le roi ! hurlèrent les officiers en brandissant leurs épées ; comme si le roi avait besoin du sang d’un maréchal de France pour vivre ! Aucune voix du peuple ne répondit au moins à ces acclamations sacrilèges ! Dès que le petit nuage de fumée fut éparpillé dans l’air, on vit les traces de ce noble sang, qui glissait sur le mur devant lequel s’était adossé le maréchal. Alors une femme, une sœur de l’hospice de la Maternité, qui priait, solitaire, depuis l’arrivée du maréchal, perça le triple rang de soldats pour recueillir quelques traces de ce sang. Cette femme était la sœur Sainte-Thérèse, dont le frère, qui servait en 1814 dans le corps d’armée du maréchal, avait été tué sous ses yeux. Le cadavre du prince de la Moskowa resta vingt minutes, gisant au pied de ce mur. Des hommes de peine, attachés à l’hospice de la Maternité, vinrent l’envelopper dans une couverture, et le transportèrent sur un brancard, dans une salle basse de leur hospice. Agenouillée devant les restes du héros, la sœur Thérèse pria Dieu toute la nuit ; et le lendemain, la famille du maréchal les fit pieusement inhumer au cimetière du Père-Lachaise.

Odéon (carrefour de l’).

Commence aux rues de l’École-de-Médecine, no 43, et des Boucheries, no 1 ; finit aux rues Monsieur-le-Prince, no 1, et des Quatre-Vents, no 2. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 55 m. — 11e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier de l’École-de-Médecine ; les numéros pairs, du quartier du Luxembourg.

Il faisait autrefois partie de la rue de Condé, ainsi que l’indique le plan de Jaillot. Le plan de Verniquet ne lui donne pas de dénomination. En 1801, il a reçu le nom de carrefour de l’Odéon. — Une décision ministérielle du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 18 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juillet 1843, cette moindre largeur est portée à 22 m. Propriétés nos 1, 3, 5, retranch. 9 m. 40 c. ; de 7 à 15, ret. 4 m. 70 c. ; de 2 à 8, ret. 3 m. 40 c. à 4 m. ; 10 et 12, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 14, ret. 3 m. 50 c. ; 16, ret. 3 m. 10 c. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Odéon (place de l’).

Située devant le théâtre. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette place a été construite sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, en vertu des lettres-patentes du 10 août 1779, registrées au parlement le 7 septembre suivant. Sa forme est demi-circulaire. Elle a 37 m. 40 c. de rayon. — Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle en date du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et par une ordonnance royale du 12 mai 1841. Sa dénomination primitive fut celle de place du Théâtre-Français. (Voyez théâtre de l’Odéon.) — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Odéon (rue de l’).

Commence aux rues Monsieur-le-Prince, no 2, et de Condé, no 1 ; finit à la place de l’Odéon, nos 1 et 2. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 38. (Les numéros continuent ceux du carrefour de l’Odéon.) Sa longueur est de 176 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

L’ouverture de cette rue, sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, fut autorisée par lettres-patentes du 10 août 1779, registrées au parlement le 7 septembre suivant, et sa largeur fixée à 40 pieds. Elle ne fut exécutée que sur une largeur de 12 m. 90 c. — Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et par une ordonnance royale du 12 mai 1841. Elle porta d’abord le nom de rue du Théâtre-Français (voyez théâtre de l’Odéon). Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Fabre-d’Églantine et Camille Desmoulins demeuraient tous deux dans une maison de cette rue, à l’angle de la place. Ils furent condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire, le 16 germinal an II (5 avril 1794). On les accusait d’avoir conspiré pour le rétablissement de la royauté.

Odéon (théâtre royal de l’).

Situé sur la place de ce nom. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Des lettres-patentes données à Compiègne, le 30 juillet 1773, et registrées au parlement le 19 août suivant, contiennent l’exposé ci-après : « Louis, etc… L’hôtel dans lequel nos comédiens français donnaient leurs représentations, était devenu dans un tel état de caducité, qu’il n’était plus possible de les y continuer. Pour ne point laisser interrompre un spectacle devenu célèbre par les acteurs encore plus par les drames qu’ils représentent, et dont le but est de contribuer autant à la correction des mœurs et à la conservation des lettres, qu’à l’amusement de nos sujets, nous avons bien voulu permettre aux comédiens français l’usage de notre théâtre du palais des Tuileries ; mais nous reconnûmes dès lors l’impossibilité d’y laisser subsister un spectacle public, s’il nous plaisait de séjourner dans la capitale de notre royaume ; d’ailleurs, l’étendue et la disposition primitive de ce théâtre, pour un autre genre de spectacle, ont fait connaître qu’il était incommode aux acteurs de la comédie, par la nécessité de forcer continuellement leur voix pour se faire entendre, inconvénient qui, en rendant la déclamation pénible et désavantageuse, préjudicie également à la santé des acteurs et à la satisfaction des spectateurs, etc… » — Ces considérations déterminèrent le roi à faire construire une nouvelle salle, et l’emplacement de l’hôtel de Condé fut choisi comme le plus convenable à cette destination. Sa majesté ordonna qu’une nouvelle salle de la comédie française serait établie sur les terrains de l’hôtel de Condé, au moyen de l’acquisition faite en son nom, et que de nouvelles rues seraient ouvertes pour faciliter la circulation aux abords de ce théâtre. Moreau, maître-général des bâtiments de la ville, fut chargé de l’exécution de ce projet qui consistait, entr’autres dispositions, à édifier la nouvelle salle à l’endroit où viennent aboutir aujourd’hui, dans le carrefour de l’Odéon, les rues de Condé et Monsieur-le-Prince. Le 1er novembre suivant, l’hôtel de Condé fut vendu au roi moyennant la somme de 3 000 000 livres. Les travaux, commencés à cette époque, furent exécutés avec lenteur. Ils étaient très peu avancés en 1779, lorsque Louis XVI, par lettres-patentes du 10 août, crut devoir les arrêter : « parce qu’en même temps, dit sa majesté, qu’il nous aurait paru plus convenable qu’un monument de ce genre, et dont la propriété devait nous demeurer, fut exécuté sous les ordres du directeur-général de nos bâtiments, arts et manufactures, nous aurions jugé devoir adopter différents changements, tant relatifs à la construction, décoration et embellissement de cette salle, qu’à sa situation. Nous aurions pensé aussi qu’au lieu de faire construire cette salle dans le bas de l’hôtel de Condé, il était plus convenable de la placer dans la partie la plus voisine du Luxembourg, afin que plus rapprochée du palais que nous avons donné à notre très cher et amé frère, Monsieur, pour son habitation et celle de notre très chère et amée soeur, Madame, elle soit un nouvel agrément pour leur habitation, en mêmes temps que pour nos sujets qui, avant d’entrer ou en sortant du spectacle de la Comédie-Française, auront à proximité une promenade dans les jardins du Luxembourg ; mais pour que cet établissement ne soit pas dans les circonstances actuelles, à charge à nos finances, nous avons cru devoir écouter les propositions qui nous ont été faites de la part du sieur Pierre-Charles Machet de Velye, de faire faire à ses frais la construction de la d. salle et hôtel de la Comédie Française, sous les ordres du sieur comte d’Angiviller, directeur et ordonnateur de nos bâtiments, et sous la conduite et d’après les plans et devis des sieurs de Wailly et Peyre (Marie-Joseph), et par nous approuvés, et de faire tous les frais nécessaires à ce sujet, etc… » — Ces lettres-patentes qui ordonnèrent, en conséquence, la construction de la salle et l’ouverture de plusieurs rues, aux frais dudit sieur Machet de Velye, officier du point d’honneur, furent registrées au parlement le 7 septembre suivant. Les devis des travaux à exécuter fixaient la dépense à 1 600 000 fr. MM. de Wailly et Peyre dirigèrent les constructions avec activité. En 1782, la salle, entièrement achevée, fut ouverte sous le titre de Théâtre Français. En 1790, on le nomma Théâtre de la Nation. — Les voies publiques formées aux abords de cet édifice sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, sont celles ci-après désignées : rues Corneille, de Crébillon, Molière, de l’Odéon, Racine (partie comprise entre la rue Monsieur-le-Prince et la place), Regnard, de Voltaire et place de l’Odéon.

En 1797, le théâtre prit la dénomination d’Odéon. Le 18 fructidor an V (4 septembre 1797), le conseil des Cinq-Cents, par ordre du Directoire Exécutif, se réunit dans cette salle et y rendit un décret de déportation contre Carnot, Barthélemy et cinquante-trois députés. — Le 18 mars 1799, un violent incendie dévora ce théâtre. Les comédiens français s’installèrent au Palais-Royal où ils sont encore. En 1807, l’Odéon fut reconstruit, et reçut le titre de théâtre de l’Impératrice, qu’il quitta, en 1814, pour prendre celui de Second Théâtre Français. Incendié de nouveau, le 20 mars 1818, il fut restauré sous la direction de MM. Chalgrin et Baraguei, et rouvert le 1er octobre suivant. Il occupe une superficie de 2 000 m. environ. On y joua la tragédie, la comédie et le drame ; plus tard, on y ajouta l’opéra ; celui de Robin-des-Bois obtint un brillant succès. Cependant ce théâtre éprouva des revers. Les acteurs du Théâtre-Français et ceux de l’Opéra-Comique vinrent alternativement y donner des représentations. Les artistes italiens, après l’incendie de leur salle, se réfugièrent à l’Odéon. Enfin, le jeudi 28 octobre 1841, les acteurs du Second-Théâtre-Français se sont définitivement installés dans cette salle qui contient 1 650 personnes. — Prix des places en 1844 : Avant-scène des 1res et des baignoires, 5 fr. ; balcon 4 fr. ; 1res loges fermées et avant-scène des 2mes, 3 fr. 50 c. ; 1res loges découvertes, 3 fr. ; 2mes loges fermées et avant-scène des 3mes, 2 fr. 50 c. ; stalles d’orchestre, baignoires et 2mes loges découvertes, 2 fr. ; 3mes loges découvertes, 1 fr. 50 c. ; 3mes loges fermées et parterre, 1 fr. 25 c. ; loges du cintre, 1 fr.

Ogniard (rue).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 35 et 37 ; finit à la rue des Cinq-Diamants, nos 22 et 24. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 50 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

En 1260, c’était la rue Amauri-de-Roissi. En 1493, on la nommait Hoignard. Sa dénomination actuelle n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 13 m. en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. La rue Ogniard n’a encore aujourd’hui que 2 m. 50 c. de largeur. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue des Cinq-Diamants jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Oiseaux (rue des).

Commence au marché des Enfants-Rouges, nos 5 et 7 ; finit à la rue de Beauce, nos 8 et 10. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 4. Sa longueur est de 32 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Ouverte en 1626, elle doit son nom à une enseigne. La Caille et Valleyre l’indiquent sous le nom de Petite rue Charlot. — Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 3 m. 40 c.

Olivet (rue d’).

Commence à la rue des Brodeurs, nos 12 et 14 ; finit à la rue Traverse, nos 5 et 7. Un seul impair qui est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 69 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Elle a été percée, vers 1646, sur le territoire dit d’Olivet, dont elle a retenu le nom. Plusieurs plans l’indiquent sous la dénomination de Petite rue Traverse. — Une décision ministérielle à la date du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 50 c. à 1 m. 80 c. La rue d’Olivet est fermée à ses deux extrémités.

Ollivier (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Montmartre, nos 63 et 65 ; finit à la rue Saint-Georges, nos 32 et 34. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 221 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Cette rue a été ouverte en vertu d’une ordonnance royale du 21 juillet 1824, relative aux abords de l’église Notre-Dame-de-Lorette. Elle a 10 m. de largeur. Le nom qu’elle porte lui a été donné en vertu d’une décision ministérielle du 31 décembre 1825, signée Corbière. C’est celui de M. Ollivier, qui fut membre du conseil-général du département de la Seine, du conseil supérieur du commerce et de la Chambre des Députés. — Les constructions riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise)

Opéra (passages de l’).

Commencent au boulevart des Italiens, no 2, et à la rue Grange-Batelière ; finissent aux rues Le Peletier, no 8, et Pinon. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Le passage qui communique de la rue Le Peletier à la rue Pinon a été formé lors de la construction du théâtre. Les deux autres passages, connus sous les noms de galeries de l’Horloge et du Baromètre, ont été ouverts sur la propriété de M. le vicomte Morel de Vindé, pair de France. Les ordonnances royales d’autorisation portent les dates des 31 juillet 1822, et 16 avril 1823. La largeur de chacune de ces galeries est de 3 m. 74 c.

Opéra (théâtre de l’), voyez Académie royale de Musique.

Opéra-Comique (théâtre de l’).

Situé place des Italiens. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Versailles, le 31 mars 1780. — Louis, etc… La nécessité des spectacles dans les grandes villes de notre royaume, et principalement dans notre bonne ville de Paris, est un objet qui a de tous temps attiré l’attention des rois nos prédécesseurs, parce qu’ils ont regardé le théâtre comme l’occupation la plus tranquille pour les gens oisifs et le délassement le plus honnête pour les personnes occupées ; c’est dans cette vue qu’indépendamment de ses comédiens ordinaires, le feu roi notre très honoré seigneur et ayeul, avait permis, en 1716, l’établissement d’une troupe de comédiens Italiens ; mais malgré les talents et le zèle des acteurs qui la composaient, ils n’eurent qu’une faible réussite, et ce spectacle ne s’est jamais soutenu que par des moyens étrangers, et toujours insuffisans jusqu’au moment où, en 1762, on y a réuni l’Opéra-Comique. Si depuis cette époque, ce théâtre a été fréquenté toutes les fois qu’on y donnait des opéras bouffons et autres pièces de chant, d’un autre côté le public montrait si peu d’empressement pour voir les comédies en langue Italienne, que quand on les représentait, le produit de la recette ne suffisait pas même pour payer la moitié des frais journaliers ; d’ailleurs comme les tentatives réitérées qu’on a faites pour faire venir à grands frais des acteurs d’Italie, n’ont produit aucun effet, et qu’il ne reste plus aucun espoir de remplacer les bons acteurs morts et ceux que leurs longs services mettent dans le cas de se retirer, nous nous sommes vus forcés de supprimer entièrement le genre italien, et nous avons pourvu au traitement des acteurs et actrices qui le représentaient en leur accordant des pensions de retraite et des gratifications convenables ; mais désirant conserver dans notre bonne ville de Paris un spectacle qui puisse contribuer à l’amusement du public, nous avons établi une nouvelle troupe qui, sous le titre ancien de Comédiens Italiens, représentera des comédies françaises, des opéras bouffons, pièces de chant, soit à vaudevilles, soit à ariettes et parodies, et en conséquence nous avons permis aux administrateurs de notre Académie de Musique de faire à la dite nouvelle troupe un bail pour trente années de privilège de l’Opéra-Comique ; nous nous sommes déterminés à cet arrangement d’autant plus volontiers que, par le compte que nous nous sommes fait rendre de l’état de ce spectacle depuis 1762, nous avons remarqué que le genre des pièces de chant y avait fait des progrès aussi rapides qu’étonnans. La musique française qui jadis était l’objet du mépris ou de l’indifférence des étrangers, est répandue aujourd’hui dans toute l’Europe, puisqu’on exécute les opéras bouffons et français dans toutes les Cours du nord et même en Italie, où les plus grands musiciens de Rome et de Naples applaudissent aux talens de nos compositeurs français. Ce sont les ouvrages de ce genre qui ont formé le goût en France, qui ont accoutumé les oreilles à une musique plus savante et plus expressive, et qui ont enfin préparé la révolution arrivée sur le théâtre même de notre Académie de Musique, où l’on voit applaudir aujourd’hui des chefs-d’œuvres dont on n’aurait ni connu ni goûté le mérite si on les y avait joués vingt ans plus tôt ; on ne peut donc pas douter que cette révolution ne soit le fruit des opéras bouffons composés pour la Comédie Italienne, et des efforts continuels des acteurs qui les ont exécutés ; parce que consultant sans cesse le goût du public et cherchant à le perfectionner comme à le satisfaire, ils sont parvenus à rendre leur spectacle infiniment agréable à la nation et même aux étrangers ; dans ce genre, on doit les attendre des mêmes compositeurs et des mêmes acteurs qui, encouragés par de premiers succès, mettront leur gloire et leur intérêt à porter cet art aussi loin qu’il peut aller ; d’après cela nous avons pensé que nous ne pouvions mieux témoigner à ces même acteurs la satisfaction que nous avons de leur service qu’en leur donnant une consistance solide et légale à l’instar de celle de nos comédiens français ordinaires ; par là nous contribuerons à augmenter le goût et les progrès de la musique, à entretenir l’émulation parmi les auteurs et les gens de lettres, et à assurer par la même voie non seulement l’état et les fonds des acteurs et actrices, mais aussi les pensions de retraite ; mais en accordant ces faveurs à nos comédiens italiens, nous sommes bien éloignés de vouloir donner la moindre atteinte aux privilèges que nos augustes prédécesseurs ont daigné accorder à nos comédiens ordinaires, et singulièrement aux droits de pouvoir seuls représenter des tragédies ; nous espérons même que ces deux théâtres, loin de se nuire, pourront se prêter un mutuel secours et qu’ils ne disputeront entre eux que d’efforts et de zèle pour mériter de plus en plus nos bontés et contribuer à l’amusement du public. À ces causes et autres, nous avons dit, déclaré et ordonné, disons, déclarons et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Nous avons créé et établi, créons et établissons une troupe de comédiens qui demeureront attachés à notre service sous le titre de nos Comédiens Italiens ordinaires, avec faculté de se qualifier nos pensionnaires. — Art. 2e. Permettons à nos d. comédiens italiens, à compter du 3 avril de la présente année, de représenter à Paris, sur le théâtre de l’hôtel de Bourgogne, sis rue Française, ou sur tel autre théâtre qui sera par nous construit par la suite, toutes les comédies françaises, pièces de chant, soit à ariettes, soit à vaudevilles, composant le fonds de la comédie italienne et de l’opéra comique, ainsi que toutes les pièces du même genre qui pourraient leur être présentées par la suite. — Art. 3e. Et désirant maintenir et augmenter la gloire du Théâtre Français, que nous regardons comme le premier spectacle de la capitale et le théâtre de la Nation, proprement dit, nous avons interdit et interdisons expressément à nos d. comédiens italiens la faculté de jouer aucunes tragédies, maintenons et gardons nos d. comédiens français dans le droit et privilège de jouer seuls ces pièces de théâtre etc… — Art. 11e. Voulons et entendons que les d. comédiens italiens soient tenus de représenter chaque jour sans que, sous aucun prétexte, ils puissent s’en dispenser. — Art. 12e. Et renouvellant en tant que de besoin les dispositions de la déclaration donnée par Louis XIII, notre honoré seigneur et trisayeul, en faveur des comédiens, le 16 avril 1641, nous enjoignons très expressément à nos d. comédiens italiens, de régler tellement les représentations théâtrales, que la religion, les bonnes mœurs et l’honnêteté publique n’en puissent souffrir la moindre atteinte, et, en ce faisant, nous voulons et entendons que l’exercice de leur profession ne puisse leur être imputé à blâme, ni préjudicier à leur réputation dans le commerce public, etc. » — On songea bientôt à faire construire une nouvelle salle.

« Marly, le 14e octobre 1780. — Louis, etc… Ordonnons ce qui suit : Article 1er. Nous agréons et approuvons le plan de la nouvelle salle que les sieurs Reboul de Villeneuve et compagnie se proposent de construire pour y placer le spectacle dit de la Comédie Italienne ; en conséquence leur permettons de faire faire la d. construction sur l’emplacement désigné au dit plan, faisant partie des terrains dépendants de l’hôtel de Choiseul, duquel emplacement désigné pour la d. salle de comédie, ainsi que de celui de la place qui sera au-devant de la d. salle, et des rues dites de Marivaux, Favart et de Grétry, qui seront ouvertes sur le d. terrain, les d. sieur et dame de Choiseul entendent faire l’abandon en faveur du d. établissement. — Art. 2e. La d. salle sera construite aux frais du d. sieur Reboul de Villeneuve, lequel sera tenu de se conformer en tout pour l’élévation de l’édifice et de ses accessoires aux plans, coupes et élévations qui seront donnés par le sieur Heurtier, notre architecte, après toutefois que les dits plans auront été par nous approuvés. Sera également tenu le d. sieur Reboul de Villeneuve, de rendre la d. salle achevée pour ce qui le concerne dans l’espace de deux ans, à compter du 1er avril 1781, etc. » — La construction de cette salle fut terminée en 1783, et l’inauguration eut lieu le 28 avril de la même année. Les acteurs de la Comédie Italienne, ou plutôt de l’Opéra-Comique y jouèrent jusqu’en 1797, époque à laquelle ils s’installèrent dans la salle Feydeau. De nombreux succès dus au talent des compositeurs et des chanteurs rendirent ce spectacle l’un des plus florissants de la capitale. La salle Feydeau, construite avec peu de solidité, sur un emplacement étouffé par des constructions particulières, faisait naître des craintes qui déterminèrent à choisir une autre localité. — Une ordonnance royale du 8 octobre 1826 prescrivit la construction d’une nouvelle salle vis-à-vis de la rue Ventadour. Les travaux ayant été terminés, les acteurs de l’Opéra-Comique abandonnèrent la salle Feydeau. La fortune ne les suivit pas dans le nouveau théâtre qui fut fermé en 1832 (voyez théâtre des Italiens). Au mois de septembre de la même année les artistes de l’Opéra-Comique vinrent s’installer dans la salle de la place de la Bourse (voyez théâtre du Vaudeville), qu’ils quittèrent en 1840. À cette époque ils inaugurèrent la salle de la place des Italiens, où ils paraissent être fixés d’une manière définitive. — Cette ancienne salle avait été, comme nous l’avons dit plus haut, abandonnée en 1797 par les acteurs de l’Opéra-Comique. Des troupes nomades y donnèrent alternativement des représentations. Elle était occupée au mois de janvier 1838, par les chanteurs italiens, lorsqu’un effroyable incendie la détruisit presqu’entièrement.

« Loi du 7 août 1839. — Article 1er. Le ministre de l’intérieur est autorisé à mettre en adjudication, avec publicité et concurrence, la reconstruction de la salle Favart pour y établir l’Opéra-Comique, sous les conditions et clauses du cahier des charges, annexé à la présente loi. Le rabais portera sur la durée de la jouissance à concéder à l’adjudicataire. — Art. 2e. À l’expiration du terme fixé par l’adjudicataire, la salle reconstruite et ses dépendances feront retour à l’État, etc. » — Au mois de septembre suivant, M. Charpentier, architecte, commença les travaux de reconstruction. Cette salle contient 1500 places, dont les prix sont ainsi fixés en 1844. Loges de la galerie avec salon, 1res loges de face avec salon, avant-scène de la galerie et des loges de la galerie, 7 fr. 50 c. ; fauteuils et stalles de balcon, loges de la galerie sans salon, 1res loges de face sans salon, 6 fr. ; fauteuils de la galerie, fauteuils d’orchestre, stalles de baignoires, avant-scène des 1res loges, baignoires de face et de côté, 5 fr ; 1res loges de côté, avant-scène des loges de la 2me galerie, 4 fr. ; 2me galerie, 3 fr. ; parterre, loges de la 2me galerie de face, avant-scène des 3mes loges, 2 fr. 50 c. ; loges de la 2me galerie de côté, 3mes loges, 2 fr. ; amphithéâtre, 1 fr.

Opportune (impasse Sainte-).

Située dans la rue Grange-aux-Belles, entre les nos 13 et 15. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 93 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Formée vers 1820, sur les terrains appartenant à M. Huet, cette impasse n’est pas reconnue voie publique. Sa largeur varie de 4 m. à 8 m.

Opportune (place Sainte-).

Située entre les rues de la Tabletterie, Courtalon, Sainte-Opportune et des Fourreurs. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Cette place était encore désignée, en 1790, sous le nom de cloître Sainte-Opportune, qu’elle devait à l’église Sainte-Opportune dont nous parlerons à l’article suivant. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, a déterminé l’alignement de cette voie publique. En 1837, elle a été considérablement élargie. Les propriétés nos 1, 3, 2 et 4, sont alignées. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Opportune (rue Sainte-).

Commence à la place Sainte-Opportune, nos 3 et 8 ; finit à la rue de la Ferronnerie. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 45 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Une ordonnance royale du 30 mai 1836, porte :

« Article 1er. Le projet d’ouverture d’une rue à Paris, pour communiquer de la rue de la Ferronnerie à la rue des Fourreurs, dans l’axe de la fontaine des Innocents, est approuvé. Les alignements de cette rue, dont la largeur est fixée à 12 m., sont arrêtés suivant le tracé des lignes rouges sur le plan ci-annexé. L’exécution du d. projet est déclarée d’utilité publique, etc… — Art. 3e. Le préfet de la Seine, agissant au nom de la ville de Paris, est autorisé à acquérir, soit de gré à gré, soit par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique, les immeubles ou portions d’immeubles dont l’occupation sera nécessaire pour effectuer le percement de la rue nouvelle. » — Cette rue fut immédiatement exécutée et reçut le nom de rue Sainte-Opportune, parce qu’elle passe devant l’emplacement de l’ancienne église, dont nous parlerons ci-après. La maison no 2 est seule soumise à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

L’église royale et paroissiale Sainte-Opportune avait sa principale entrée dans la rue de l’Aiguillerie, à l’endroit où se trouve aujourd’hui la propriété portant le no 2, sur la rue Sainte-Opportune. L’origine de cette église a fait naître de grands débats parmi les historiens de Paris. Nous ne rapporterons pas ici toutes ces discussions. Ce qui paraît certain, c’est que la chapelle Sainte-Opportune, comme celles Saint-Leufroy et Saint-Magloire, fut fondée ou reconstruite lorsque la tranquillité se rétablit après le départ des Normands. Hildebrant, évêque de Séez, pour préserver de la fureur de ces barbares la châsse qui renfermait le corps de sainte Opportune, fille du comte d’Hième, et morte abbesse d’Almenêche, se réfugia avec son clergé à Moussi-le-Neuf, puis à Paris dans la Cité. Il laissa une partie des reliques de sainte Opportune à l’évêque de Paris, qui les déposa dans une chapelle du faubourg septentrional de la ville. Cet oratoire, d’abord appelé Notre-Dame-des-Bois, parce qu’il était situé à l’entrée d’une forêt, prit alors le nom de Sainte-Opportune. Dotée par nos rois, cette chapelle fut reconstruite dans des proportions plus étendues, devint paroissiale à la fin du XIIe siècle, et reçut un chapitre ou collège de Chanoines. Vers l’an 1154, le chœur fut rebâti ; quelque temps après on en prescrivit la démolition. L’église Sainte-Opportune, telle qu’on la voyait encore en 1790, ne datait que du XIIIe siècle. La tour était remarquable par les ornements qui la décoraient. On y avait sculpté des fleurs de lis, des festons, des cornes d’abondance, des trophées, qui indiquaient qu’elle avait été construite par la munificence des rois. En 1311, Guillaume d’Aurillac, évêque de Paris, établit à Sainte-Opportune deux marguilliers laïques, auxquels il donna l’administration de la fabrique. Cette église possédait plusieurs reliques qui attiraient un grand concours de fidèles. On y admirait un candélabre à dix branches, d’un fort beau travail : c’était un présent de l’empereur Charles-Quint, qui visita l’église Sainte-Opportune pendant son séjour à Paris. Cette église, supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue le 24 novembre 1792. Démolie quelque temps après, on a construit sur son emplacement la maison no 8, place Sainte-Opportune, celle no 2, rue Sainte-Opportune, et les bâtiments qui bordent le côté droit de la rue Courtalon.

Orangerie (rue de l’).

Commence à la rue d’Orléans, nos 27 et 29 ; finit à la rue Censier, nos 4 bis et 6. Pas de numéro. Sa longueur est de 47 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette voie publique doit sa dénomination aux Orangers du jardin du Luxembourg, qui furent longtemps déposés dans une propriété de cette rue. — Une décision ministérielle à la date du 28 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé sa largeur à 7 m. La maison située sur le côté droit à l’encoignure de la rue Censier est alignée ; les autres constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 50 c.

Oratoire (place de l’).

Commence à la place du Louvre et à la rue d’Angiviller ; finit à la rue de la Bibliothèque. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le Louvre ; le dernier pair est 6. Sa longueur est de 201 m. — 4e arrondissement, côté gauche, quartier du Louvre ; côté droit, quartier Saint-Honoré.

« Louis, etc… Ayant ordonné la confection du Louvre, et voulant en faciliter les abords par une place depuis le péristyle jusqu’au portail de Saint-Germain-l’Auxerrois, dans une étendue parallèle au d. péristyle, à prendre depuis le quai jusqu’à la distance de 10 toises au-delà du pavillon du côté des prêtres de l’Oratoire, isoler la face du côté des prêtres de l’Oratoire, dans la longueur depuis la rencontre de celle dite ci-dessus, passant devant le portail de Saint-Germain-l’Auxerrois jusqu’à l’angle de la rue Froidmanteau, etc… Et attendant que nous fassions procéder à la visite, prisée et estimation de toutes les maisons qui se trouveront comprises dans la d. étendue pour en faire l’acquisition en deniers ou par échange avec les propriétaires, soit particuliers, soit gens de main-morte, et voulant prévenir les dépenses et empêcher qu’il n’y soit construit aucuns nouveaux bâtiments, et que les maisons qui tomberaient en ruine soient réédifiées, etc. ; faisons inhibitions et défenses à toutes personnes de faire construire de nouveaux bâtiments dans toute l’étendue du terrain, depuis le péristyle du Louvre jusqu’au portail de Saint-Germain-l’Auxerrois dans la longueur depuis le quai, jusqu’à la rencontre de l’alignement en retour d’équerre formant une rue parallèle à la façade du côté des prêtres de l’Oratoire, distante de 10 toises du pavillon de l’angle, etc… Donné à Versailles, le 26e jour de décembre, l’an de grâce 1758, et de notre règne le 44e. Signé Louis. » — La place ne fut formée qu’entre les rues de l’Oratoire et du Coq. En 1793, on l’appela place de la Liberté. — Une décision ministérielle du 17 brumaire an XI, signée Chaptal, fixa l’alignement de cette voie publique nommée alors place latérale du Palais des Sciences et des Arts.

« Au palais des Tuileries, le 26 février 1806. Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. L’alignement arrêté par les plans généraux des embellissements de Paris, vis-à-vis la façade du Louvre, sera exécuté vis-à-vis l’hôtel d’Angivilliers, en abattant les cours et jardins, sans toucher à l’hôtel, etc… Signé Napoléon. » — Ce décret fut exécuté. Dans le courant de la même année, la voie publique dont nous nous occupons reçut la dénomination de place de Marengo. En 1814, on l’appela place de l’Oratoire. Vers cette époque, elle fut prolongée jusqu’à la rue de la Bibliothèque. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout dans une partie. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Oratoire (temple de l’).

Situé dans la rue Saint-Honoré, no 157. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Témoin des abus qui s’étaient introduits dans le clergé de France, M. de Bérulle résolut d’y porter remède. Il pensa que le moyen le plus efficace serait de former de jeunes ecclésiastiques instruits, qui, sous la direction des évêques, rempliraient dignement les fonctions du sacerdoce et enseigneraient la parole de Dieu, dans les collèges et dans les séminaires. Les membres de cette congrégation ne devaient être astreints à aucun vœu. Henri de Gondi, évêque de Paris, approuva cet utile projet. Le 11 novembre 1611, M. de Bérulle, accompagné de cinq prêtres aussi vertueux que savants, s’installa au faubourg Saint-Jacques, dans l’hôtel du Petit-Bourbon, où fut construit plus tard le Val-de-Grâce. Marie de Médicis protégea cette institution qui fut autorisée par le pape, le 10 mai 1613, sous le titre de Congrégation de l’Oratoire de Notre-Seigneur Jésus-Christ. M. de Bérulle ayant fait de nombreux prosélytes, résolut de transférer cette Congrégation dans l’intérieur de la ville. En 1616, il acheta de la duchesse de Guise, l’hôtel du Bouchage, bâti par le duc de Joyeuse, et qui avait appartenu à Gabrielle d’Estrées. D’autres acquisitions augmentèrent cet emplacement. La première pierre de l’église des Oratoriens fut posée le 22 septembre 1621. Les travaux successivement dirigés par trois architectes, Métezeau, Jacques le Mercier et Caquier, furent terminés en 1630. Le portail, élevé en 1745, dut être reconstruit en 1774. Tous les ans, le jour de la fête de saint Louis, l’Académie des Sciences et celle des Inscriptions et belles-lettres faisaient célébrer, dans cette église, une grand’messe en musique, suivie du panégyrique du saint roi. — La congrégation des Oratoriens a produit un grand nombre d’hommes célèbres, parmi lesquels nous devons citer : Dumarsais, le président Hénault, Mallebranche, Mascaron et Massillon. L’avocat-général Talon a dit de cette institution : « C’est un corps où tout le monde obéit et où personne ne commande. » Les Oratoriens furent supprimés en 1792 ; leur église servit pendant la révolution aux assemblées du district et de la section du quartier. — Une décision consulaire du 12 frimaire an XI, ordonna l’établissement à Paris d’une église consistoriale, et de deux églises de secours. Par la même décision, l’édifice de Saint-Louis-du-Louvre fut affecté au Consistoire, et ceux de Pentemont et Sainte-Marie-Saint-Antoine, aux deux églises de secours. — Plus tard, en 1811, les travaux de déblaiement de la place du Carrousel ayant nécessité la démolition de l’église Saint-Louis, une décision impériale du 3 février de la même année a désigné l’église de l’Oratoire, pour recevoir le consistoire protestant, mais provisoirement seulement, en attendant qu’il ait été pris un parti sur le temple qui leur sera accordé. — Les bâtiments du couvent ont été successivement occupés par la conservation générale des hypothèques, le conseil impérial des prises maritimes, et par plusieurs sociétés littéraires. On y a établi depuis les bureaux de la caisse d’amortissement et de la caisse des dépôts et consignations.

Oratoire des Champs-Élysées (rue de l’).

Commence à l’avenue des Champs-Élysées, nos 110 et 112 ; finit à la rue du Faubourg-du-Roule, nos 45 et 47. Le dernier impair est 67 ; le dernier pair, 68. Sa longueur est de 425 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été tracée vers 1787. On ne commença à élever des constructions dans cette voie publique, que vers 1812. Cette rue bordant un terrain qui appartenait aux pères de l’Oratoire, fut d’abord nommée rue Neuve-de-l’Oratoire. Depuis 1806, on l’appelle simplement rue de l’Oratoire. — Une décision ministérielle du 6 nivôse an XII, signée Chaptal, a fixé sa largeur à 10 m. 55 c. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis l’avenue jusqu’à la borne-fontaine.

Oratoire-du-Louvre (rue de l’).

Commence à la place de l’Oratoire, no 2 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 155 et 157. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 90 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Au XIIIe siècle, c’était la rue d’Osteriche. Le poète Guillot en parle ainsi :

« Droitement parmi Osteriche,
» Ving en la rue Saint-Honouré.

Cette rue se prolongeait alors jusqu’à la rivière. En 1630, elle est indiquée sous le nom de rue du Louvre. Peu de temps après elle fut appelée cul-de-sac de l’Oratoire. Elle devait cette dénomination aux prêtres de l’Oratoire, qui y avaient établi leur couvent. Lors de la formation de la place de l’Oratoire, elle fut convertie en rue. Une ordonnance royale, en date du 23 juillet 1828, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. 20 c. Les constructions du côté des numéros impairs ne sont assujetties qu’à un faible redressement ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 20 c. à 6 m. — Égout. — Conduite d’eau depuis la place jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Orfèvres (quai des).

Commence au pont Saint-Michel et à la rue de la Barillerie, no 32 ; finit au Pont-Neuf, et à la place du Pont-Neuf, no 15. Le dernier numéro est 76. Sa longueur est de 366 m. — 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

C’était encore au milieu du XVIe siècle un terrain en pente qui régnait le long de la rivière. Il aboutissait aux murs qui entouraient le Palais-de-Justice et son jardin. Le quai ne fut commencé qu’en 1580. Sauval nous apprend qu’en 1603 deux maçons entreprirent les travaux de ce quai pour 54 livres la toise. Il fut achevé en 1643. Son nom lui vient de la grande quantité d’orfèvres qui y construisirent des boutiques. — De la rue de la Barillerie à celle de Jérusalem, on voyait encore à la fin du XVIIIe siècle une rue qui, construite en 1623, prit d’abord le nom de rue Neuve, puis celui de Saint-Louis, enfin en 1793, le nom de rue Révolutionnaire. Des lettres-patentes à la date du 22 avril 1769 avaient ordonné ce qui suit : « Art. 21e. Les maisons qui sont rue Saint-Louis, du côté de la rivière jusqu’au quai des Orfèvres, seront démolies et supprimées, et lors de cette suppression, le quai des Orfèvres sera prolongé jusqu’au pont Saint-Michel, et garni de parapets et trottoirs. » — Ces dispositions ne furent point alors exécutées. — « Au camp de Tilsit, le 7 juillet 1807. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons : Article 1er. Les maisons domaniales et autres qui couvrent le pont Saint-Michel, celles qui obstruent les abords du petit cours de la Seine, sur les rues Saint-Louis, du Hurepoix et de la Huchette, ainsi qu’en retour sur le Marché-Neuf, seront démolies. Art. 2e. Les démolitions commenceront par les maisons qui couvrent le pont Saint-Michel, le 1er septembre prochain, et pour les autres maisons désignées dans l’article ci-dessus, le 1er janvier 1808. Signé Napoléon.» — Une décision ministérielle du 31 août 1819, a fixé la moindre largeur du quai des Orfèvres à 13 m. 50 c. Les maisons nos 2, de 6 à 24, et de 30 à la fin, sont alignées. — Égout entre les rues de Jérusalem et Harlay. — Conduite d’eau depuis le Pont-Neuf jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Les propriétés de 20 à 30, et une partie de celle no 32, devront être démolies pour faciliter l’agrandissement du Palais-de-Justice.

Orfèvres (rue des).

Commence à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 42 et 44 ; finit à la rue Jean-Lantier, nos 1 et 3. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 60 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Au XIIe siècle, elle se nommait rue aux Moines de Joienval, dont on fit par corruption Jenvau. L’hôtel et l’abbaye de ces religieux étaient alors situés dans cette rue. Guillot l’appelle rue à Moignes de Jenvau. Peu de temps après, et jusqu’au XVe siècle, on la désigna sous le nom de rue des Deux-Portes, parce qu’elle était fermée par une porte à chaque extrémité. Un procès-verbal de 1636 la nomme rue de la Chapelle-aux-Orfèvres, en raison de la chapelle Saint-Éloi ou des Orfèvres que ces marchands y avaient fait bâtir. — Une décision ministérielle à la date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. Constructions du côté des numéros impairs, retranch. 2 m. 40 c. à 3 m. 30 c. ; maisons du côté opposé, ret. 2 m. 90 c. à 3 m. 60 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Les Orfèvres formaient un des six premiers corps des marchands de Paris. Leur communauté date de 1330, sous Philippe-de-Valois. Leurs statuts sont de 1343. Les orfèvres achetèrent, en 1399, de Roger de la Poterne, un de leurs confrères, et de Jeanne sa femme, une maison située dans la rue des Deux-Portes (aujourd’hui des Orfèvres). Cette propriété, connue sous le nom d’hôtel des Trois-Degrés, fut considérablement agrandie. Ils firent construire une vaste salle dans laquelle ils disposèrent un assez grand nombre de lits. Une petite chapelle fut également bâtie dans le fond. Cet hôpital était destiné à recevoir les pauvres orfèvres âgés ou infirmes ; leurs veuves pouvaient même y être admises. Le 12 novembre 1403, Pierre d’Orgemont, évêque de Paris, permit d’y faire célébrer l’office divin. Sous le règne de Henri II, les bâtiments de cet hôpital menaçant ruine, on prit la résolution de les reconstruire, ainsi que la chapelle. La communauté se trouvait alors propriétaire de huit maisons dans cette rue ou dans ses environs et ses revenus étaient considérables ; un hôpital plus vaste, une chapelle plus commode, prirent la place des vieilles masures. En 1566, les nouvelles constructions furent achevées, La chapelle fut bâtie sur les dessins de Philibert de Lorme. On y voyait aussi quelques figures très estimées dues au ciseau de Germain Pilon. Cet hôpital fut supprimé en 1790, et devint propriété nationale. Une partie de ses bâtiments et la chapelle furent vendues le 11 brumaire an VI.

La chapelle est représentée aujourd’hui par la maison portant, sur la rue des Orfèvres, les nos 4 et 6. Ce qui restait de l’ancien hôpital servit quelque temps de Grenier à sel, puis fut vendu comme propriété de l’État, le 6 janvier 1818.

Orillon (rue de l’).

Commence à la rue Saint-Maur-Popincourt, nos 98 et 200 ; finit aux chemins de ronde des barrières Ramponeau et des Trois-Couronnes. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 328 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ce n’était anciennement qu’un chemin qui fut tracé à la fin du XVIIe siècle. Cette rue doit son nom à une propriété appelée l’Orillon, que l’on voit tracée sur le plan de Roussel, gravé en 1730. Verniquet la nomme rue de Riom, parce qu’elle conduisait à la barrière de Riom, aujourd’hui Ramponeau. Sa première dénomination a prévalu. — Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an XI, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 16 août 1836, ont fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 9 à la fin ; maison à l’encoignure de la rue Saint-Maur ; 4, 4 bis, 6, 6 bis et de 8 bis à 18 inclusivement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Maur jusqu’à la borne-fontaine.

Orléans (cité d’).

Située sur le boulevart Saint-Denis, no 18. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Elle a été bâtie, en 1827, par M. Marais.

Orléans (quai d’).

Commence au pont de la Tournelle et à la rue des Deux-Ponts, no 1 ; finit au pont de la Cité et à la rue Saint-Louis, no 76. Le dernier numéro est 32. Sa longueur est de 295 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Construit de 1614 à 1646, il porta jusqu’en 1792 le nom d’Orléans ; à cette époque on lui donna celui d’Égalité. — Une décision ministérielle à la date du 24 frimaire an XIII, signée Champagny, fixa la moindre largeur de ce quai à 12 m. En 1806, il reprit sa première dénomination. — Une décision ministérielle du 9 mai 1818, et une ordonnance royale du 9 décembre 1838, ont réduit la moindre largeur de ce quai à 7 m. 60 c. Les maisons nos 6, 8, 10, 12, 14, 16 bis et 18, sont soumises à un faible retranchement. Les autres propriétés sont alignées. — Conduite d’eau entre les rues Guillaume et des Deux-Ponts.

Orléans-au-Marais (rue d’).

Commence à la rue des Quatre-Fils, nos 12 et 14 ; finit aux rues d’Anjou, no 1, et de Poitou, no 33. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 177 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette rue, qui porte le nom d’une de nos anciennes provinces de France, a été bâtie en 1626 sur la culture du Temple. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 février 1828. La maison no 1 est alignée. Les autres propriétés de ce côté devront reculer de 1 m. 15 c. à 1 m. 50 c. Le mur de clôture de l’église Saint-François-d’Assise est aligné. Les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement de 1 m. à 1 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue d’Anjou jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Orléans-Saint-Honoré (rue d’).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 116 et 118 ; finit à la rue des Deux-Écus, nos 23 et 25. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 79 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette voie publique, construite en partie à la fin du XIIIe siècle, portait le nom de rue de Nesle, parce qu’elle longeait l’hôtel que Jean II, seigneur de Nesle, avait fait bâtir près de Saint-Eustache. En 1328, cette voie publique se nommait rue de Bohème ; l’hôtel de Nesle appartenait alors à Jean de Luxembourg, roi de Bohême, qui resta fidèle à la France, et mourut pour elle à la bataille de Crécy. Le trépas glorieux de ce héros est si noblement raconté par M. de Chateaubriand, que nous croyons devoir reproduire ici la magnifique page qu’il a consacrée à la louange de l’intrépide vieillard.

« Le roi de Bohème étoit à l’arrière-garde avec le duc de Savoie. On lui rendit compte des événements (l’avant-garde et le corps de bataille venoient d’être presque entièrement détruits). Et où est monseigneur Charles, mon fils ? dit-il. On lui répondit qu’il combattoit vaillamment, en criant : Je suis le roi de Bohême ! qu’il avoit déjà reçu trois blessures.

» Le vieux roi, transporté de paternité et de courage, presse le duc de Savoie de marcher au secours de leurs amis ; le duc part avec l’arrière-garde. On n’alloit pas assez vite au gré du monarque aveugle, qui disoit à ses chevaliers : « Compagnons, nous sommes nés en une même terre, sous un même soleil, élevés et nourris à même destinée, aussi vous proteste de ne vous laisser aujourd’hui tant que la vie me durera. » Quand on fut prêt à joindre l’ennemi, il dit à sa suite : « Seigneurs, vous êtes mes amis, je vous requiers que vous me meniez si avant que je puisse férir un coup d’épée. » Les chevaliers répondirent que volontiers ils le feroient. Et adonc, afin qu’ils ne le perdissent dans la presse, ils lièrent son cheval aux freins de leurs chevaux, et mirent le roi tout devant pour mieux accomplir son désir, et ainsi s’en allèrent ensemble sur leurs ennemis.

» Le roi de Bohème, conduit par ses chevaliers, pénétra jusqu’au prince de Galles. Ces deux héros, dont l’un commençoit et dont l’autre finissoit sa carrière, essayèrent plusieurs passades de lance pour illustrer à jamais leurs premiers et leurs derniers coups. La foule sépara ces deux champions si différents et d’avenir, si ressemblants de noblesse, de générosité, et de vaillance. Le roi de Bohême alla si avant qu’il férit un coup de son épée, voire plus de quatre, et recombattit moult vigoureusement, et aussi firent ceux de sa compagnie, et sy avant s’y boutirent contre les Anglois, que tous y demeurèrent et furent le lendemain trouvés sur la place autour de leur seigneur, et tous leurs chevaux liés ensemble, vrai miracle de fidélité et d’honneur. Les muses qui sortoient alors du long sommeil de la barbarie, s’empressèrent à leur réveil d’immortaliser le vieux roi aveugle. Pétrarque le chanta, et le jeune Édouard prit sa devise qui devint celle des princes de Galles ; c’étoit trois plumes d’autruche avec ces mots tudesques écrits à l’entour : in riech, je sers. Il n’appartenoit qu’à la France d’avoir de pareils serviteurs. »

À la mort du roi de Bohême et de son fils Charles, la propriété de l’hôtel de Bohème revint à la couronne et fut donnée plus tard par Charles VI à Louis de France, duc d’Orléans ; alors la voie publique dont nous rappelons l’origine prit le nom de rue d’Orléans. Dans plusieurs titres du XVIe siècle, on la trouve quelquefois indiquée sous la dénomination de rue des Filles-Pénitentes, parce que ces religieuses occupaient en 1499 l’hôtel d’Orléans. Jusqu’en 1572, la rue d’Orléans commençait à la rue Saint-Honoré et se terminait à la rue Coquillière, en face de l’église Saint-Eustache. À cette époque, Catherine de Médicis s’étant rendue propriétaire du couvent des Filles-Pénitentes, fit de nombreuses acquisitions pour agrandir cet emplacement sur lequel elle voulait bâtir un palais. En 1577, elle supprima presqu’en entier la partie de la rue d’Orléans comprise entre celles des Deux-Écus et Coquillière, et ne laissa subsister du côté de cette dernière qu’une impasse qui, en 1763, est devenue la rue Oblin (voir cet article). — Une décision ministérielle du 17 frimaire an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue d’Orléans à 8 m. Les maisons de 3 à 17 inclus sont alignées. Les autres constructions ne devront subir qu’un faible retranchement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Orléans-Saint-Marcel (rue d’).

Commence à la rue du Jardin-du-Roi, no 27 ; finit à la rue Mouffetard, nos 127 et 129. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 477 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue, percée au commencement du XIIIe siècle, reçut d’abord les noms de rue des Bouliers, aux Bouliers, puis de Richebourg. Cette dernière dénomination lui venait d’un bourg d’une rare beauté, qu’elle traversait alors. Elle changea ce nom pour celui d’Orléans lorsque Louis de France, duc d’Orléans, fils du roi Charles V, vint prendre possession d’une maison de plaisance qui lui avait été donnée par Isabeau de Bavière, sa belle-sœur, en échange de la propriété dite le Val-de-la-Reine. — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Les propriétés nos 1, 1 bis, 3, 11, partie du no 27, 29, 31, 33, 35, partie du no 37, 41, 43 ; une partie des dépendances de la Pitié, 18 et 42, ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau dans une grande partie.

La Communauté des Filles-de-la-Croix était située dans cette rue au no 11. Elle fut fondée en 1656 sur une partie du petit séjour d’Orléans. Ces religieuses s’occupaient de l’instruction des jeunes personnes de leur sexe. Supprimée en 1790, cette maison devint propriété nationale, et fut vendue le 28 thermidor an V.

Orme (rue de l’).

Commence à la rue de Sully, no 14 ; finit à la rue Saint-Antoine, nos 232 et 234. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 460 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

1re Partie comprise entre la rue de Sully et la cour du Salpêtre. C’était dans le principe une avenue plantée d’ormes, qui servait de communication au petit arsenal : on l’avait nommée chaussée de l’Arsenal. Le côté droit de cette avenue longeait le jardin de l’Arsenal ; celui des Célestins limitait le côté opposé. Jusqu’en 1841, le sol de cette partie de rue appartint au domaine de l’État qui l’a cédé à la ville de Paris. En vertu d’une ordonnance royale du 21 septembre de la même année, cette partie de rue est devenue voie publique, et sa largeur est fixée à 12 m.

2e Partie comprise entre la cour du Salpêtre et la rue Saint-Antoine. — L’emplacement traversé par cette rue était composé d’une cour dite des Ormes, et d’un passage appelé des Fontaines de la Bastille. — Une ordonnance royale du 25 février 1829 porte : « Article 1er. Il sera ouvert sur le terrain appartenant à l’État, cour des Ormes, à l’Arsenal, dans la ville de Paris, une nouvelle rue, conformément au plan ci-annexé, et sous les conditions relatées dans la délibération du conseil municipal du 27 juin 1828, etc… » — La largeur de cette partie de rue est de 12 m. — Un arrêté préfectoral en date du 19 juin 1837, a prescrit la régularisation du numérotage.

Les constructions riveraines de la rue de l’Orme sont alignées, à l’exception des bâtiments situés sur le côté droit et dépendant de l’administration des salpêtres, dont le retranchement sera de 3 m. — Conduite d’eau entre la fontaine-marchande et les deux bornes fontaines.

Ormeaux (avenue des).

Commence à la place du Trône, finit à la rue de Montreuil, nos 88 et 88 bis. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6 bis. Sa longueur est de 152 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Elle a été formée vers 1780 et doit sa dénomination à la nature des arbres dont elle est bordée. — Une décision ministérielle du 23 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 37 m. — Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement, à l’exception du bâtiment situé sur le côté des numéros pairs, à l’angle de la rue de Montreuil, qui devra reculer de 1 m. à 4 m. 50 c.

Ormeaux (rue des).

Commence à la place du Trône, finit à la rue de Montreuil, nos 78 et 80. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 134 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Elle est indiquée sur le plan de Jaillot, mais sans dénomination. Verniquet la désigne sous le nom de ruelle des Ormeaux (voir l’article précédent). Une décision ministérielle en date du 26 juin 1809, signée Cretet, et une ordonnance royale du 6 mai 1827, ont fixé la largeur de cette rue à 8 m. — Les constructions du côté des numéros impairs, depuis la place du Trône jusque vis-à-vis de la rue du chemin de Lagny, devront reculer de 40 c. environ. Le surplus est soumis à un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 30 c. ; les constructions du côté opposé devront reculer de 1 m. 20 c. à 2 m.

Ormes (quai des).

Commence au quai Saint-Paul et à la rue de l’Étoile, no 1, finit à la rue Geoffroy-l’Asnier, no 2, et au quai de la Grève. Le dernier numéro est 78. Sa longueur est de 265 m. — 9e arrondissement, de 2 à 21, quartier de l’Arsenal ; le surplus dépend du quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Sous le règne du roi Jean, un grand nombre d’habitations avaient été construites près de la Seine, à partir de l’hôtel de Sens (renfermé depuis dans le palais de Charles V) jusqu’à la rue Geoffroy-l’Asnier. Cet emplacement se nommait alors quai ou port des Barrés. Charles V voulant embellir le chemin qui conduisait à son hôtel de Saint-Paul, le fit planter d’arbres. Cet embellissement fit changer la dénomination de ce quai, qu’on nomma, à partir de cette époque, quai des Ormetaux, puis des Ormes. En 1430, la première partie de ce quai avait pris le nom des Célestins ; la seconde, depuis la rue Saint-Paul jusqu’à celle de l’Étoile, fut nommée quai Saint-Paul ; la troisième, dont nous nous occupons ici, conserva sa dénomination primitive jusqu’au XVIe siècle, alors on la désigna sous le nom de Mofils et Monfils, par corruption du nom de la rue de l’Arche-Beaufils, maintenant de l’Étoile. En 1551, dit Sauval, la ville fit refaire le quai de l’Arche-Beaufils jusqu’à la rue Geoffroy-l’Asnier ; le tout revint à plus de 5,525 livres. Les prévôt des marchands et échevins demandèrent, en 1586, que ce quai servit au débâclage des bateaux. La place aux Veaux y fut transférée en 1646 ; elle y resta jusqu’en 1774. La partie du quai des Ormes, comprise entre les rues de l’Étoile et des Nonnains-d’Hyères, a été élargie en vertu des lettres-patentes du 22 avril 1769. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 12 juillet 1837, ont fixé la moindre largeur de ce quai à 22 m. — De 1838 à 1842, l’administration a fait exécuter les travaux de raccordement du quai des Ormes avec celui de la Grève. On a établi aussi un nouveau bas-port. Cette opération importante a nécessité une dépense de 423,042 fr.

Les maisons de 2 à 24 inclusivement, de 30 à 44 inclusivement et de 62 à la fin, ne sont pas soumises à retranch. Nos 26, 28, 46, 48, 50, 52, 54, redress. ; de 56 à 60, ret. 30 c. à 40 c. — Portion d’égout du côté de la rue Geoffroy-l’Asnier. — Conduite d’eau du côté du Pont-Marie. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Ormesson (rue d’), voyez Dormesson.

Orphelins (hospice des).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 124 et 126. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

C’était autrefois l’hôpital des Enfants-Trouvés (voir cet article). L’édifice fut construit en 1669, et la première pierre de son église posée en 1676. On ne reçoit dans cet établissement que des orphelins de deux à douze ans. En 1835, il est entré dans cet hospice 612 enfants, dont 345 garçons et 267 filles. Ce nombre s’est élevé à 963 en 1842.

Orsay (quai d’).

Commence à la rue du Bac, no 2, et au Pont-Royal ; finit au chemin de ronde de la Barrière de Grenelle. Le dernier numéro est 109. Sa longueur est de 3,423 m. — 10e arrondissement : de 1 à 25, quartier du Faubourg-Saint-Germain ; le surplus dépend du quartier des Invalides.

C’était, au XVIe siècle, le quai de la Grenouillère. Un arrêt du conseil d’état du roi, daté de Fontainebleau, le 18 octobre 1704, porte, entre autres dispositions, ce qui suit : « Et Sa Majesté voulant que le quai de la Grenouillère qui fait un très désagréable objet à l’aspect du Louvre et des Thuilleries, soit continué de ligne droite de 10 toises de largeur en toute son estendue, depuis le Pont-Royal et l’encoignure de la rue du Bacq jusqu’à la rencontre du rempart, qui sera planté d’arbres et revêtu de pierres de taille dans toute cette estendue, avec un trottoir de 9 pieds de largeur, le long du parapet, pour le passage des gens de pied avec des rampes en glacis descendant au bord de la rivière, ce qui sera non seulement un ornement, mais encore sera d’une grande utilité pour les rues de Poitiers et de Belle-Chasse et de celle qui doit estre formée près les Filles-de-Saint-Joseph, pour leurs issues sur le d. quai, et pour les abreuvoirs et l’enlèvement des marchandises déchargées sur le port, de même qu’il a été observé au quay Malaquais, de l’autre costé du Pont-Royal, entre les rues des Saints-Pères et des Petits-Augustins, et Sa Majesté s’estant fait représenter le plan de ce dessein que les prevost des marchands et eschevins en ont fait dresser par le maître des œuvres de la d. ville, et voulant qu’il soit suivy et exécutté, etc… » Les travaux furent commencés immédiatement, mais avec lenteur. — Un autre arrêt du conseil en date du 23 août 1707, contient un dispositif ainsi conçu : « Sa Majesté étant en son conseil a ordonné et ordonne que le nouveau plan fait par ses ordres, des ouvrages à faire pour la perfection du quartier Saint-Germain-des-Prés, attaché à la minute du présent arrêt, sera exécuté ; et en conséquence, que conformément à l’arrêt du 18 octobre 1704, il sera construit un nouveau quai en face de celui des Tuileries, de ligne droite, de 10 toises de largeur, depuis le Pont-Royal, à l’encoignure de la rue du Bacq, en descendant, sur la longueur de 400 toises, ou environ, lequel sera nommé le quai d’Orsay, et sera revêtu, dans toute son étendue, de pierres de taille, avec un trottoir de 8 pieds de largeur le long du parapet pour le passage des gens de pied, et des rampes en glacis descendant au bord de la rivière pour les abreuvoirs et l’enlèvement des marchandises déchargées sur le port, ainsi qu’il a été observé au quai Malaquais, etc… Et à cet effet ordonne Sa Majesté, que les maisons qui sont actuellement sur le dit quai et se trouveront anticiper sur les 10 toises de largeur qu’il doit avoir, seront retranchées jusqu’à la distance de ces 10 toises, et que les maisons qui seront ci-après construites sur le dit quai seront bâties suivant les alignements qui seront donnés par le maître-général des bâtiments de la ville, etc. » La première pierre fut posée le 6 juin 1705. La dénomination affectée à ce quai avait pour but d’honorer Charles Boucher, seigneur d’Orsay, conseiller au parlement, alors prévôt des marchands. Nommé à cette importante fonction le 16 août 1700, Boucher d’Orsay la remplit jusqu’au 16 août 1708. — Les travaux de construction s’effectuèrent bien lentement, car nous lisons dans les lettres-patentes du 22 avril 1769 : — Article 24e. Le quai d’Orsay qui a été ordonné dès l’année 1704 et qui est commencé à la descente du Pont-Royal, sera continué sous la même dénomination jusqu’à la rue de Bourgogne, et celui qui sera prolongé jusqu’à la barrière des Invalides, sera appelé le quai de Condé, et il y sera construit des murs ou établi des ports, suivant que le besoin du commerce et la commodité des citoyens pourront l’exiger. » Ces lettres-patentes n’eurent pas beaucoup plus d’effet que les deux arrêts précités.

« Actes du gouvernement. — Arrêté du 13 messidor an X. Les Consuls de la république arrêtent : — Article 1er. Le quai d’Orsay, situé à Paris, sur la rive gauche de la Seine, entre le pont National et celui de la Révolution, sera incessamment construit. — Art. 2e. Le ministre de l’intérieur posera la première pierre de ce quai le 24 de ce mois (13 juillet, vieux style), etc. Le premier consul, signé : Bonaparte. »

« Cologne, le 29 fructidor an XII. — Napoléon, empereur des Français, etc. Sur le rapport du ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. L’alignement des maisons qui bordent le quai Bonaparte, situé à Paris, entre le pont des Tuileries et le pont de la Concorde, est fixé sur une ligne droite parallèle au mur du quai, actuellement en construction. — Art. 2e. La largeur du quai entre les maisons et le parapet, sera uniformément de 20 m. 13 c. Signé Napoléon. » — Cette largeur a été maintenue par une décision ministérielle du 19 février 1820.

« Au palais des Tuileries, le 11 mars 1808, Napoléon, etc…, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. Il sera construit un quai depuis le pont de la Concorde jusqu’à celui de l’École-Militaire. Les travaux commenceront cette campagne et seront dirigés de manière à ce que ce quai soit achevé en six ans. Signé Napoléon » (Extrait).

« Au palais des Tuileries, le 10 février 1812, Napoléon, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. Il sera établi le long du nouveau quai entre les ponts de la Concorde et d’Iéna, du côté des Invalides, un cours planté d’arbres. — Art. 2. La largeur de ce cours, y compris celle du quai, sera de 55 mètres, mesurés entre le parement intérieur du parapet et la face des maisons à construire, conformément au plan général annexé au présent décret. Signé Napoléon, etc. » (Extrait). — Cette seconde partie reçut alors le nom de quai des Invalides. Peu de temps après, elle prit ainsi que la partie qui se termine à la barrière, le nom de quai d’Orsay.

Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : la caserne, le Palais du Conseil-d’État, la Chambre des Députés, nos 41, 43, 55, celles qui s’étendent de la rue de la Boucherie à celle de la Vierge, mur de clôture du dépôt des marbres, no 109, et mur de clôture entre la rue Kléber et le chemin de ronde. Les propriétés de 45 à 53 inclus devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Portions d’égout et de conduite d’eau. — Éclairage au gaz depuis la rue du Bac jusqu’à celle d’Iéna (compe Française).

On voyait autrefois en face de l’École-Militaire une île de 2,700 m. de superficie qui s’appelait, en 1494, l’Île Maquerelle. Le massacre de la Saint-Barthélemy lui donna une triste célébrité. Nous lisons dans un compte de l’Hôtel-de-Ville : « Des charrettes chargées de corps morts, de damoisels, femmes, filles, hommes et enfants, furent menées et déchargées à la rivière. Ces cadavres s’arrêtèrent, partie à la petite île du Louvre, partie à celle Maquerelle, ce qui mit dans la nécessité de les tirer de l’eau et de les enterrer, pour éviter l’infection.» — Extrait du même compte : « Aux fossoyeurs des Saints-Innocents, 20 livres à eux ordonnées par les prévôt des marchands et échevins, par leur mandement du 13 septembre 1572, pour avoir enterré depuis huit jours onze cents corps morts, èz-environs de Saint-Cloud, Auteuil et Chailliau (Chaillot). — Nota. Il y a un pareil mandement du 9 septembre, pour 15 livres, données à compte aux mêmes fossoyeurs.» — En 1780, cette île, connue alors sous le nom d’île des Cygnes, fut réunie à remplacement sur lequel fut bâtie la seconde partie du quai d’Orsay.

Sur ce quai, près de la rivière, fut guillotiné le vertueux Bailly. La proclamation de la loi martiale et la fusillade qui en fut la suite, servirent de thème à l’accusation. Il fut condamné à être exécuté au Champ-de-Mars, pour purifier par son sang la place où son prétendu crime avait été commis. Le 11 novembre 1793, le temps était froid et pluvieux ; Bailly est conduit à pied, escorté par une populace assez lâche pour insulter un vieillard qui l’avait nourrie !… Pendant le long trajet de la Conciergerie au Champ-de-Mars, on lui agite sous le visage un drapeau rouge. Arrivé au pied de l’échafaud, il croit enfin toucher au terme de ses souffrances ; mais un de ces forcenés, irrité de son sang-froid, s’écrie : « Le Champ de la Fédération ne doit pas être souillé d’un sang aussi impur. » Soudain la guillotine est démontée, on court l’élever sur le bord de la rivière, sur un tas d’ordures, et vis-à-vis du quartier de Chaillot, où Bailly avait passé la partie la plus heureuse de sa vie, à composer ses ouvrages. Cette opération devait durer quelques heures. Pour utiliser le temps à leur manière, ces brigands lui font parcourir plusieurs fois le Champ-de-Mars. On lui ôte son chapeau, on lui attache les mains derrière le dos ; les uns lui jettent des ordures, lui crachent au nez, les autres lui donnent des coups de bâton, lorsque la lassitude le force à se reposer un instant. Accablé ainsi torturé, il tombe ! On le relève. La pluie, le froid, la vieillesse lui causent un tremblement involontaire. — « Tu trembles, lui dit un soldat, en riant. — Mon ami, je tremble de froid, répond l’auguste vieillard. » On lui brûle alors le drapeau rouge sous le nez, et le bourreau, le seul homme parmi ces tigres, se hâte de mettre fin à ses souffrances.

Orties (rue des).

Commence à la rue d’Argenteuil, nos 28 et 30 ; finit à la rue Sainte-Anne, nos 19 et 21. Le dernier impair est 13 ; le denier pair, 10. Sa longueur est de 28 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Le censier de l’archevêché de 1623 nous fait voir que cette rue était presqu’entièrement construite à cette époque. Des orties qui croissaient dans cette voie publique, avant qu’elle ne fût pavée, lui ont sans doute fait donner leur nom. — Une décision ministérielle du 18 fructidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 8 m. Cette dimension est portée à 9 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826. Propriété no 1, alignée ; 3, retranchement réduit, 1 m. 10 c. ; de 5 à la fin, ret. 70 à 80 c. ; 2, ret. réduit 1 m. 30 c. ; 4, ret. réduit 1 m. 80 c. ; de 6 à la fin, ret. 60 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Oseille (rue de l’).

Commence à la rue Saint-Louis, nos 81 et 83 ; finit à la rue Vieille-du-Temple, nos 136 et 138. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 58 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.


Ouverte en 1626, cette rue doit son nom aux jardins potagers sur lesquels elle a été bâtie. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les maisons nos 1, 3, 5, 7 et 9 sont alignées ; celle no 11 devra reculer de 30 c. seulement. Les constructions du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 20 c. à 2 m. 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Ouest (rue de l’).

Commence à la rue de Vaugirard, no 45 et 47 ; finit au carrefour de l’Observatoire. Le dernier impair est 13 ; ce côté est, en grande partie, bordé par le jardin du Luxembourg ; le dernier pair est 62. Sa longueur est de 894 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Une loi du 27 germinal an VI, relative à l’emploi des terrains de l’enclos des ci-devant chartreux, prescrivit l’ouverture de cette rue (voyez l’article de la rue de l’Est). En 1803, elle n’aboutissait point encore à la rue de Vaugirard et s’arrêtait à la rue Madame. Peu de temps après, ce débouché fut effectué au moyen de l’acquisition de plusieurs propriétés particulières. La dénomination de rue de l’Ouest lui fut donnée en raison de sa situation par rapport au jardin du Luxembourg. Cette voie publique a été exécutée sur une largeur de 14 m. — Une décision ministérielle du 3 décembre 1817 a maintenu cette dimension. Les propriétés riveraines sont alignées. — Bassin d’égout entre les rues de Vaugirard et Madame. — Conduite d’eau depuis la rue Madame jusqu’à la rue Vavin. — Éclairage au gaz (compe Française).

Ours (rue aux).

Commence à la rue Saint-Martin, no 135 et 137 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 202 et 204. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 177 m. — 6e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier des Lombards ; et les numéros pairs du quartier de la Porte-Saint-Denis.

Cette rue, construite au XIIIe siècle, portait le nom de rue aux Oues. Les rôtisseurs qui l’habitaient étaient connus dans tout Paris par l’excellence de leurs oues (oies). Sauval, au milieu de ses savantes discussions historiques, nous rapporte complaisamment un ancien proverbe qu’on répétait lorsqu’il s’agissait de railler un gourmand : « Vous avez le nez tourné à la friandise, comme Saint-Jacques-l’Hôpital. » Effectivement, le portail de cette église était en face de la rue aux Oues, qu’on a nommée, par corruption, rue aux Ours. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur a été portée à 11 m. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Propriété no 1, retranch. 20 c. ; 3, ret. 40 c. ; 5, ret. 50 c. à 60 c. ; 7, alignée ; 9 et 11, ret. 72 c. à 1 m. ; de 13 à 17, ret. 1 m. à 1 m. 50 c. ; de 19 à 37, ret. 2 m. à 3 m. ; de 39 à 43, ret. 1 m. 30 à 2 m. ; 45, ret. 1 m. 30 c. ; 47, ret. 1 m. ; 49, ret. 80 c. ; de 51 à 55, ret. 50 c. au plus. De 2 à 8, ret. 3 m. 30 c. à 3 m. 90 c. ; de 10 à 18, ret. 2 m. 50 c. à 3 m. 30 c. ; de 20 à 24, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 50 c. ; de 26 à 34, ret. 1 m. 40 c. à 1 m. 90 c. ; 36, 38, ret. 1 m. 50 c. ; 40, 42, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 10 c. ; de 44 à 48, ret. 2 m. 10 c. à 2 m. 70 c. ; de 50 à 54, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 40 c. ; de 56 à la fin, ret. 3 m. 40 c. à 4 m. 20 c. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Denis. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Au milieu de cette voie publique, à l’angle de la rue Salle-au-Comte, on voyait autrefois une statue de la Vierge, enfermée dans une grille de fer, et connue vulgairement sous le nom de Notre-Dame de la Carole. Quelques historiens ont rappelé le sacrilège commis sur cette figure, par un soldat suisse, le 3 juillet 1418. Ce malheureux sortant d’un cabaret où il avait laissé son argent et sa raison, frappa cette figure de plusieurs coups de sabre ; le sang jaillit aussitôt de la statue ! Ce soldat fut arrêté, puis conduit devant le chancelier de Marle. On lui fit son procès, il fut condamné au dernier supplice. Toutes ces circonstances étaient représentées dans un tableau qu’on voyait à Saint-Martin-des-Champs dans la chapelle de la Vierge, derrière le chœur.

L’histoire a fait justice de ce prétendu sacrilège : 1o le journal de Charles VI, la vie de ce prince, par Jean Juvénal des Ursins, la continuation de celle de Le Laboureur, par Jean Lefèvre, ne parlent point de ce fait ; 2o le coupable n’a pu être traduit devant le chancelier de Marle, attendu que ce magistrat, victime de la faction de Bourgogne, avait été massacré le 12 juin précédent. Néanmoins, le 3 juillet de chaque année, on voyait un grand concours de peuple dans cette rue ; le soir on y allumait un grand feu d’artifice et l’on brûlait ensuite une figure d’osier revêtue de l’habit du soldat suisse. Cette nation réclama contre un usage injurieux pour elle ; sa réclamation était d’autant plus juste, qu’à l’époque du prétendu sacrilège les soldats suisses ne faisaient point encore partie de l’armée Française. Louis XV fit cesser ces justes plaintes. « On ôta, dit Mercier, l’habit suisse qu’on remplaça par une mauvaise souquenille. Ne dirait-on pas qu’on ajoute foi à ce miracle, d’après ce bûcher qui se renouvelle chaque année ? Tout le monde rit en voyant passer ce colosse d’osier qu’un homme porte sur ses épaules, et auquel il fait faire des révérences et des courbettes devant toutes les vierges de plâtre qu’il rencontre. Le tambour l’annonce ; et dès qu’on met le nez à la fenêtre, ce colosse se trouve de niveau à l’œil des curieux. Il a de grandes manchettes, une longue perruque à bourse, un poignard de bois teint en rouge dans sa dextre, et les soubresauts qu’on imprime au mannequin, sont tout-à-fait plaisants si l’on considère que c’est un sacrilège qu’on fait danser ainsi. » La révolution supprima cette cérémonie burlesque.

Juin 1844.


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