Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/N

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N.


Napoléon (quai).

Commence à la rue Bossuet et au pont de la Cité ; finit à la rue du Haut-Moulin, no 10, et au pont Notre-Dame. Le dernier numéro est 33. Sa longueur est de 428 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

« 22 avril 1769. — Il sera ouvert un nouveau quai appelé le quai des Ursins, depuis la descente du pont Notre-Dame, du côté de Saint-Denis de la Chartre, jusqu’au pont de pierre dont la construction a été ordonnée. La rue Saint-Pierre-aux-Bœufs sera alignée, élargie et prolongée depuis le parvis Notre-Dame jusqu’à son débouché sur le dit quai. » (Extrait des lettres-patentes). — Ces améliorations ne furent point alors exécutées.

« Saint-Cloud, le 29 vendémiaire an XII. — Le gouvernement de la république sur le rapport du ministre de l’intérieur, arrête : Il sera sans délai procédé aux travaux nécessaires pour l’ouverture d’un quai, entre le pont Notre-Dame et celui de la Cité, sur la rive gauche de la Seine, etc. Les dites maisons et celles nationales, situées sur le terrain destiné au nouveau quai, seront démolies, et les matériaux en provenant vendus pour acquitter les frais de démolition, et le surplus être employé aux dépenses de l’ouverture de ce quai ; néanmoins les pierres et moellons seront réservés pour les constructions et réparations du quai. Signé Bonaparte. » (Extrait de l’arrêté). — Le 4 ventôse an XII, le ministre de l’intérieur Chaptal approuva, pour ce quai, un alignement qu’on modifia le 10 prairial suivant. Sa largeur fut alors fixée à 14 m. 50 c. ; dès cette époque le quai devait prendre la dénomination de quai Napoléon. Cette voie publique fut immédiatement commencée, et l’on abattit les maisons des rues Basse-des-Ursins et d’Enfer, qui régnaient le long de la rivière. Les travaux suspendus quelque temps furent continués en vertu d’un décret du 11 mars 1808. En 1816, ce quai reçut le nom de quai de la Cité. Au mois de janvier 1834, il a repris la dénomination de quai Napoléon (Moniteur du 26 janvier). Une ordonnance royale du 4 mars 1834 a définitivement fixé la moindre largeur de cette voie publique à 14 m. Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celle qui forme l’encoignure de la rue Bossuet. — Égout entre les rues d’Arcole et Saint-Landry. — Conduite d’eau depuis la rue de la Colombe jusqu’à la borne-fontaine.

Commence à la rue des Martyrs, nos 43 et 45 ; finit à la rue Breda, nos 16 et 18. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 194 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale du 7 octobre 1830, porte : «. Article 1er. Le sieur Mènard est autorisé à ouvrir sur les terrains à lui appartenant, faubourg Montmartre, deux rues, l’une de 11 m. 69 c. de largeur, et l’autre de 12 m., etc. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par l’impétrant, 1o d’abandonner gratuitement à la ville la propriété du sol des deux rues ; 2o de supporter les frais du premier pavage et éclairage, et d’établir de chaque côté desdites rues, des trottoirs en pierre dure ; 3o et de pourvoir à l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères, etc. » — Le sieur Ménard n’ouvrit qu’une seule rue, celle de 11 m. 69 c. de largeur. Le nom assigné à cette voie publique rappelle le glorieux combat naval où les escadres française, anglaise et russe remportèrent une victoire signalée sur la flotte Turco-Égyptienne. Le vice-amiral comte Henri de Rigny, commandait pour la France.

Nazareth (impasse de).

Située dans la rue de Jérusalem. Pas de numéro. Sa longueur est de 50 m. — 11e arrondissement, quartier du Palais-de-Justice.

C’était autrefois la rue de Galilée. Au xvie siècle, on commença à l’appeler rue de Nazareth. Cette rue devait ces dénominations aux pèlerins qui venaient y loger avant leur départ pour Galilée, Nazareth et Jérusalem. Cette voie publique, réduite à l’état d’impasse en 1843, sera supprimée pour faciliter l’agrandissement du Palais-de-Justice.

Necker (hôpital).

Situé dans la rue de Sèvres, en face du no 112. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Il a été formé sur l’emplacement du couvent des religieuses bénédictines de Notre-Dame-de-Liesse. Établies en 1631 à Réthel, dans le diocèse de Reims, ces religieuses furent obligées, pour éviter les malheurs de la guerre, de se réfugier à Paris, en 1636. Elles s’installèrent dans la rue du Vieux-Colombier. Le roi approuva cette communauté dont le but principal était l’éducation des jeunes filles. La comtesse de Soissons et la duchesse de Longueville se déclarèrent protectrices de cet établissement. En 1645, les religieuses prirent possession d’une propriété connue sous le nom de jardin d’Olivet, et située dans la rue de Sèvres. En 1663, elles firent construire une chapelle. Ce couvent était presque désert lorsqu’il fut supprimé en 1778 ; à cette époque, madame Necker, femme du contrôleur général, conçut et exécuta le projet de fonder sur cet emplacement un hospice qui reçut le nom d’hospice de Saint-Sulpice. Pendant la révolution cet établissement fut appelé hospice de l’Ouest. Enfin on lui donna le nom de sa fondatrice. En 1802 et 1803 de grandes améliorations furent introduites dans cette maison qui contient 133 lits savoir : 14 pour les blessés ; 12 pour les blessées ; 12 pour les convalescents ; 15 pour les convalescentes ; 36 pour les malades ordinaires (hommes) ; 44 pour les femmes. Il est desservi par les sœurs de charité. En 1835, la mortalité a été de 1 sur 8/50. Idem, la dépense de 87 293 fr. 59 c.

En 1842, la mortalité a été de 1 sur 9/15. Idem la dépense de 202 991 fr. 56 c.

Necker (rue).

Commence à la rue Dormesson, nos 2 et 4 ; finit à la rue Jarente, nos 3 et 5. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 46 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.


Autorisée par lettres-patentes du 15 février 1783, cette rue fut ouverte en 1784, sur l’emplacement du prieuré royal de la couture sainte Catherine (voyez marché Sainte-Catherine). Elle reçut la dénomination de rue Necker, en l’honneur du célèbre Necker, alors contrôleur général des finances. Cette voie, publique fut exécutée sur une largeur de 5 m. 70 c., qui à été maintenue par une décision ministérielle du 22 juillet 1823. Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Jacques Necker naquit à Genève en 1732, et mourut dans la même ville le 9 avril 1804.

Nemours (rue de).

Commence à la rue de Ménilmontant, nos 33 bis et 35 ; finit à la rue d’Angoulême, no 40. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 171 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Une ordonnance royale du 27 juin 1838, porte : « Article 1er. Le sieur Vimont (Charles René), propriétaire à Paris, est autorisé à ouvrir sur ses terrains une rue de dix mètres de large, pour communiquer de la rue d’Angoulème prolongée à la rue de Ménilmontant, etc. — Art. 2e. L’autorisation résultant pour le sieur Vimont de l’article précédent, ne lui est accordée qu’à la charge par lui, ses successeurs ou ses ayant-cause, 1o de céder gratuitement à la ville de Paris le sol de la nouvelle voie publique ; 2o de supporter les frais de premier établissement de pavage, de l’éclairage et des trottoirs, y compris les frais de relevé du pavé ; 3o de donner au nivellement de la rue une pente d’un centimètre au moins par mètre, d’exécuter les frais de pavage en chaussée bombée et ceux des trottoirs, suivant les plans et sous la surveillance des ingénieurs de la ville de Paris ; 4o de ne pas donner plus de seize mètres de hauteur aux maisons qui borderont la nouvelle rue, etc… » — Cette rue fut immédiatement ouverte, et reçut, en vertu d’une décision ministérielle du 3 octobre 1838, signée Montalivet, le nom de Nemours, en l’honneur de Louis-Charles-Raphaël, duc de Nemours, né à Paris, le 25 octobre 1814.

Nevers (impasse de).

Faisant suite à la rue du même nom. Sa longueur est de 14 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle doit son nom à la rue de Nevers en face de laquelle elle est située. — Une décision ministérielle à la date du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé à 8 m. la largeur de cette impasse qui est aujourd’hui fermée. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement de 1 m. 50 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 20 c.

Nevers (rue de).

Commence au quai de Conti, nos 3 et 5 ; finit à la rue d’Anjou, no 10, et à l’impasse de Nevers. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 149 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Ce n’était encore au xiiie siècle qu’une ruelle, qui servait de passage aux eaux et immondices de la maison religieuse des frères Sachets et du jardin du collége Saint-Denis. Dans un acte de 1571, elle est simplement nommée ruelle par laquelle on entre et sort du quai et jardin de l’hôtel Saint-Denis. On la fermait alors à ses deux extrémités, circonstance qui la fit désigner plus tard sous le nom de rue des Deux-Portes. Un procès verbal de 1636 lui donne la dénomination de rue de Nevers, parce qu’elle longeait l’hôtel de Nesle, appelé alors de Nevers. — Une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés nos 13, 15 et 15 bis, ne sont pas soumises à retranchement ; les autres constructions de ce côté devront reculer de 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c. ; les propriétés du côté des numéros pairs sont assujetties à un retranchement de 3 m. 50 c. environ. — Conduite d’eau entre la rue d’Anjou et la borne-fontaine.

Newton (rue).

Commence à la rue du Chemin-de-Versailles ; finit au chemin de ronde de la barrière de l’Étoile. Pas de numéro. Sa longueur est de 196 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été ouverte sur les terrains de MM. Dumoustier, Laurent et Grassal, en vertu d’une ordonnance royale du 18 mars 1836. Sa largeur est de 12 m. Les constructions riveraines ne doivent pas excéder 12 m. de hauteur. (Voyez rue des Bassins.)

Isaac Newton, créateur de la philosophie naturelle, l’un des plus grands génies que l’Angleterre ait produits, naquit le 25 décembre 1642, à Wolstrop, dans la province de Lincoln, et mourut le 20 mars 1727.

Nicaise (rue Saint-).

Commence à la rue de Rivoli, no 2 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 259 et 261. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 45 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Alignée sur l’emplacement de l’enceinte de Paris, construite sous les rois Charles V et Charles VI, cette rue doit son nom à l’ancienne chapelle Saint-Nicaise, dont la fondation remonte au viie siècle, selon quelques écrivains, et seulement à l’année 1108, selon d’autres savants. Cette chapelle fut érigée en paroisse à la fin du xiie siècle ; elle servait aux aveugles infirmes, et communiquait à l’ancien hôpital des Quinze-Vingts. — Une partie de la rue Saint-Nicaise a été démolie pour la construction de la galerie septentrionale du Louvre. Elle aboutissait autrefois à l’ancienne galerie. Nous racontons ici l’évènement qui accéléra la suppression de cette partie de rue.

Le 24 décembre 1800, à huit heures et quelques minutes du soir, le premier consul sortait des Tuileries pour aller à l’Opéra assister à un oratorio d’Haydn. Les grenadiers à cheval, qui précédaient la voiture, trouvèrent l’entrée de la rue Saint-Nicaise obstruée d’un côté par une charrette, et de l’autre par une voiture de place, qu’un des grenadiers fit aussitôt avancer. Alors la voiture du premier consul franchit rapidement cet étroit passage, et continua sa route. À peine avait-elle atteint la rue de la Loi (aujourd’hui de Richelieu), qu’une détonnation terrible se fit entendre ; c’était l’explosion d’un tonneau de poudre et de mitraille, posé sur la fatale charrette. Des fragments de cheminées, de fenêtres, des éclats de vitres pleuvent aux alentours ; quarante-six maisons ébranlées deviennent inhabitables ; huit personnes sont tuées, et vingt-huit, blessées. La voiture du premier consul penche sur ses roues, les glaces sont brisées ; il se réveille en sursaut, en disant à Lannes et à Bessières : « Nous sommes minés !… » Ceux-ci veulent arrêter à toute force, mais Bonaparte ordonne de passer outre, et arrive à l’Opéra. Le premier consul fut sauvé par la dextérité de son cocher César, à qui cette circonstance valut une sorte de célébrité. Les républicains furent d’abord accusés d’avoir tramé ce complot ; mais on découvrit bientôt, que les royalistes étaient les vrais coupables. Saint-Réjant et Carbon, principaux acteurs dans ce drame, expièrent leur crime sur l’échafaud. Cependant le premier consul s’obstina à craindre les républicains plus que les chouans. « La chouannerie et l’émigration, disait Bonaparte, sont des maladies de peau ; le terrorisme est une maladie de l’intérieur. » — Une décision ministérielle en date du 3 germinal an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont fixé la moindre largeur de la rue Saint-Nicaise à 10 m. Propriété no 1, retranch. réduit 2 m. ; 3, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 5, alignée ; 7, ret. réduit 3 m. 70 c. ; les maisons du côté des numéros pairs ne sont pas soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Nicolas (chapelle Saint-).

Située dans la rue du Faubourg-du-Roule, entre les nos 57 et 59. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Ce charmant édifice a été construit en 1780, par l’architecte Girardin, au frais de Nicolas Beaujon, receveur général des finances de la généralité de Rouen. Ce petit monument est un chef-d’œuvre de goût ; son portail est remarquable par sa simplicité et l’heureuse harmonie de ses parties. La nef est ornée de deux rangs de colonnes doriques, isolées, formant galeries élevées sur le sol ; sur le mur du fond de ces galeries règne un stylobate au-dessus duquel sont diverses statues de saints dans des niches. La voûte est ornée de caissons, la lumière descend dans la nef par une lanterne carrée ; à l’extrémité de cette nef est une rotonde entourée de colonnes corinthiennes, isolées, et qui reçoit le jour d’en haut ; cette manière d’éclairer les monuments est très favorable aux effets de l’architecture. Cette chapelle, dédiée par le fondateur à saint Nicolas, son patron, fut cédée en 1785, par M. Beaujon, aux administrateurs de l’hospice qu’il faisait construire dans le faubourg du Roule. On voit encore dans cette chapelle le tombeau de Beaujon. Ce dernier refuge d’un ami de l’humanité fut indignement profané en 1793. Des terroristes employèrent le marbre tumulaire à construire des fosses d’aisance, le jour même où ils brûlèrent le portrait de ce financier. Le buste de Beaujon, sculpté, dit-on, par Pigalle, a été reconnu dernièrement chez un brocanteur qui l’a cédé, moyennant 500 francs, à l’administration des hospices.

Nicolas (impasse Saint-).

Située dans la rue Royale, no 13 et 15. Le seul numéro est 2. Sa longueur est de 14 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été formée, vers 1780, sur une partie de l’emplacement du prieuré de Saint-Martin-des-Champs (voyez place de l’ancien marché Saint-Martin). — Une décision ministérielle en date du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, l’impasse Saint-Nicolas sera confondue dans la rue Henri 1er, lors de la démolition de la maison portant sur la rue Royale le no 13. Les constructions du côté droit de cette impasse seront maintenues sur leurs vestiges actuels.

Nicolas (rue du Cimetière-Saint-).

Commence à la rue Transnonnain, nos 23 et 25 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 160 et 162. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 132 m. — Les numéros impairs sont du 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie ; les pairs du 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

La cour de Saint-Martin-des-Champs servit d’abord de cimetière à la paroisse Saint-Nicolas ; mais ce terrain se trouvant, dès le commencement du xiiie siècle, trop étroit pour servir de sépulture aux paroissiens, dont le nombre s’augmentait alors considérablement, les religieux de Saint-Martin donnèrent à l’église Saint-Nicolas un clos environné de murs pour en faire un nouveau cimetière. Le curé et les paroissiens s’engagèrent de leur côté à faire à leurs frais une rue pour y conduire. En 1220, l’évêque de Paris vint bénir le cimetière, et la rue qu’on ouvrit en prit la dénomination, qu’elle conserve encore aujourd’hui. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829. Les maisons nos 1, 3, 5, 7, ne sont pas soumises à reculement ; 9 et 11, retranch. réduit 70 c. ; 13, ret. réduit 1 m. ; 15, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 17, ret. réduit 1 m. 45 c. ; 19 et 21, ret. réduit 1 m. 90 c. ; 23, ret. 2 m. 10 c. à 2 m. 38 c. La maison no 26 est alignée les autres constructions de ce côté devront reculer de 3 m. à 3 m. 30 c. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Martin. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Nicolas (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Sanson, no 1 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 76 et 78. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 535 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Le plan de Verniquet l’indique sous cette dénomination, qu’elle doit à une enseigne. C’était, à cette époque, une ruelle étroite et tortueuse. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mars 1828, cette dimension a été portée à 13 m. Une autre ordonnance du 21 novembre 1837, porte : — « Article 1er. Est déclarée d’utilité publique, l’exécution immédiate de l’alignement du côté droit, numéros pairs, de la rue Neuve-Saint-Nicolas-Saint-Martin, tel qu’il a été arrêté par l’ordonnance royale du 6 mars 1828. En conséquence, la ville de Paris est autorisée à acquérir à l’amiable, au prix qui sera fixé par une expertise contradictoire, et s’il y a lieu, par l’application de la loi du 7 juillet 1833, les bâtiments et terrains qui excèdent l’alignement ci-dessus mentionné, etc. » — Cette importante amélioration a été complètement réalisée en 1841. — La propriété no 3, celle à l’encoignure gauche de la rue Lancry, la maison no 19, et celle à l’angle de la rue du Faubourg-Saint-Martin sont alignées ; les autres constructions de ce côté devront reculer de 3 m. 30 à 3 m. 90 c. Les propriétés du côté des numéros pairs sont alignées, à l’exception du petit bâtiment situé à l’encoignure droite de la rue Lancry. — L’égout de ceinture passe sous cette rue. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz : entre les rues Sanson et Lancry (compe Lacarrière) ; pour le surplus (compe de Belleville).

Nicolas-Chaussée-d’Antin (rue Saint-).

Commence à la rue de la Chaussée-d’Antin, nos 35 et 37 ; finit à la rue de l’Arcade, nos 26 et 28. Le dernier impair est 79 ; le dernier pair, 76. Sa longueur est de 580 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Elle a été formée, vers 1784, sur une partie du grand égout. Par cette raison, on la nomma d’abord rue de l’Égout ensuite rue de l’Égout-Saint-Nicolas ; enfin, rue Saint-Nicolas seulement. — « Séance du 19 septembre 1793. — Le corps municipal arrête que la rue Saint-Nicolas, section du Mont-Blanc, demeure fixée à 23 pieds, dans sa plus petite largeur. » (Registre 41, page 6 896.) — Une décision ministérielle du 6 fructidor an XIII, signée Champagny, a porté cette dimension à 7 m. 79 c. Les maisons riveraines sont alignées, à l’exception de celles nos 52, 56, 58 et 72. En vertu d’une ordonnance royale du 3 septembre 1843, l’exécution de l’alignement au droit de ces immeubles a été déclarée d’utilité publique. — Suivant un projet publié conformément à un arrêté préfectoral du 30 mars 1844, la largeur de la rue Saint-Nicolas serait portée à 11 m., et on prendrait tout le retranchement sur le côté des numéros impairs. — L’égout de ceinture passe sous cette rue. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Nicolas-des-Champs (cloître Saint-).

Situé dans la rue au Maire, entre les nos 48 et 50. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 23 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Il doit son nom à l’église Saint-Nicolas-des-Champs, qui a une de ses entrées dans ce cloître. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, a fixé la largeur de cette voie publique à 18 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement réduit de 1 m. ; celles du côté opposé sont alignées.

Nicolas-des-Champs (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Martin, entre les nos 200 et 202. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

C’était, dans l’origine, une chapelle sous le titre de Saint-Nicolas. Elle fut d’abord destinée aux domestiques du prieuré royal de Saint-Martin, et servit ensuite aux habitants qui vinrent s’établir dans ses environs. Elle est, pour la première fois, mentionnée en 1119, dans une bulle de Callixte II. Érigée en paroisse en 1176, elle fut rebâtie en 1420, et agrandie en 1575, au moyen d’un terrain que la fabrique acheta des religieux de Saint-Martin et sur lequel on construisit la suite de la nef, le chœur et les chapelles du chevet.

Aujourd’hui, ce monument qui se trouve étouffé par des constructions particulières, présente deux frontispices d’un style si différent, que, sans les inscriptions qu’on lit sur leurs pierres, il serait difficile de croire que tous deux servent d’entrée au même édifice. Le portail le plus ancien se développe sur la rue Saint-Martin ; l’autre frontispice, vers le midi, est situé dans la rue au Maire. Sa construction date de 1576, sous Henri III. L’architecture en est gracieuse et régulière.

Cet édifice a beaucoup souffert des injures du temps et des révolutions. Les architectes successivement chargés de sa restauration semblent tous avoir pris à tâche de le défigurer.

Parmi les tableaux qui ornent ce monument, on remarque l’Assomption de la Vierge, de Simon Vouët. L’architecte Boulan a construit la chapelle de la communion.

Guillaume Budé, philologue distingué, l’un des hommes les plus savants de son temps, mort en 1540, a été inhumé dans cette église. Budé avait ordonné par son testament « qu’on le portai en terre, de nuit et sans semonce, une torche ou deux seulement. Mellin de Saint-Gelais composa pour le défunt l’épitaphe suivante :

« Qui est le corps que si grand monde suit ?
— Las ! c’est Budé au cercueil estendu.
Que ne font donc les cloches plus grand bruit ?
Son bruit sans cloche est assez respandu.
Que n’a-t-on plus en torches despendu
Suivant la mode accoutumée et saincte ?
— Afin qu’il soit par l’obscur entendu
Que des François la lumière est esteincte. »

Dans cette église furent enterrés Henri et Adrien de Valois, célèbres historiographes, le premier en 1676, le second en 1682. La fameuse mademoiselle de Scudéry, morte en 1701, à l’âge de 94 ans, y fut également inhumée.

Sur les registres de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, on lit ce qui suit : « Le samedi 15 janvier 1763, a été baptisé François-Joseph Talma, né le même jour, fils de Michel-Joseph Talma, et de dame Mignolet son épouse, demeurant rue des Ménétriers. »

Nicolas-du-Chardonnet (église Saint-).

Située dans la rue des Bernardins, à l’angle de la rue Saint-Victor. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette église, première succursale de la paroisse Saint-Étienne-du-Mont, a pris son nom du fief du Chardonnet, sur lequel on la construisit. Guillaume d’Auvergne ayant obtenu de l’abbaye Saint-Victor cinq quartiers de terre, y fit bâtir, en 1230, une chapelle qui fut érigée en paroisse en 1243. En 1656, on entreprit sa reconstruction ; les travaux bientôt suspendus ne furent repris qu’en 1705 ; ils ont été achevés en 1709. Cette église, supprimée en 1792, devint propriété nationale et fut vendue le 3 vendémiaire an VIII. L’acquéreur ayant manqué à ses engagements, la vente fut résiliée, et cet édifice conservé a été remis, le 23 fructidor an X, à la disposition de l’archevêque de Paris. Le 16 février 1818, on transporta dans cette église le corps du poète Santeuil, mort à Dijon en 1697. Il avait suivi le duc de Bourbon dans son gouvernement de Bourgogne. Étant à table, le duc, pour s’amuser, versa furtivement dans le verre du poète une forte dose de tabac d’Espagne. Santeuil, sans se douter de cette gentillesse de prince, avala le vin et le tabac, et fut attaqué d’une violente colique dont on ne put le guérir.

Nicolas-du-Chardonnet (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Victor, nos 143 et 145 ; finit à la rue Traversine, nos 1 et 3. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 85 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Elle doit son nom à l’église vis-à-vis de laquelle cette rue est située. Guillot l’appelle rue Saint-Nicolas-du-Chardonnay et du Chardonneret. Dans un cartulaire de Sainte-Geneviève de 1250, elle est simplement appelée vicus Sancti Nicolaï propè puteum. Ce nom du Chardonnet provient du territoire couvert anciennement de chardons, et c’est par erreur que plusieurs savants écrivent Chardonneret. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 1, 3 et 7 ne sont pas soumises à retranchement.

Nicolas-du-Chardonnet (séminaire Saint-).

Situé rue Saint-Victor, no 102. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Ce n’était, dans le principe, qu’une société composée de dix ecclésiastiques. L’un d’eux, Adrien Bourdoise, pour diriger l’instruction des jeunes gens qui se destinaient au sacerdoce, établit ces prêtres au collége du Mans, puis successivement aux colléges du cardinal Lemoine et de Montaigu ; enfin, en 1620, dans une maison voisine de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Les bâtiments se trouvant trop petits, ces prêtres songèrent à les quitter en 1624, pour aller habiter le collége des Bons-Enfants, situé dans la même rue. Georges Froger, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, ayant eu à se louer de ces religieux, résolut de se les attacher. Par ses conseils, ils revinrent loger près de son église, dans les bâtiments qu’ils avaient occupés autrefois. Georges Froger leur donna les moyens d’acheter quelques propriétés voisines. Le 20 avril 1644, l’archevêque de Paris érigea cet établissement en séminaire. En 1730, on y construisit un grand corps de logis où étaient reçus, comme pensionnaires, les étudiants qui embrassaient l’état ecclésiastique. Ce séminaire fut supprimé en 1792 et vendu le 14 prairial an III (2 juin 1795). Il a été rétabli depuis 1815.

Nicolas Faubourg-Saint-Antoine (rue Saint-).

Commence à la rue de Charenton, nos 69 et 71 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 86 et 88. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 172 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Dès 1676, elle est indiquée sous cette dénomination, qu’elle doit à une enseigne. — Une décision ministérielle du 16 ventôse an XII, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons nos 3, 6 et 16 ne sont pas soumises à retranchement ; toutes les autres constructions devront reculer de 25 c. à 60 c. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Nicolet (rue).

Commence au quai d’Orsay, nos 51 et 53 ; finit à la rue de l’Université, nos 140 et 142. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 121 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.


Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de rue Saint-Nicolas. La dénomination actuelle n’est sans doute qu’une altération. — Une décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Sur le côté des numéros impairs, la propriété à l’angle de la rue de l’Université est alignée ; sur le côté opposé, il y a deux maisons alignées qui ne portent pas de numéro. — Conduite d’eau entre la rue de l’Université et la borne-fontaine.

Noir (passage).

Commence à la rue Neuve-des-Bons-Enfants, no 9 ; finit à la rue de Valois-Palais-Royal. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ce passage, qui est propriété particulière, a été construit en 1782. Il doit sans doute sa dénomination à l’obscurité qui y règne.

Nonnains-d’Hyères (rue des).

Commence au quai des Ormes, nos 24 et 26 ; finit aux rues de Jouy, no 1, et des Prêtres-Saint-Paul, nos 23. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 139 m. — 9e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier de l’Hôtel-de-Ville ; les pairs du quartier de l’Arsenal.

En 1182, Ève, abbesse d’Hyères, acheta en cet endroit une maison dite de la Pie, à Richard Villain, moyennant 25 livres et 50 sous de cens annuel. Cette rue prit alors le nom de ces religieuses. Elle fut élargie en vertu d’un arrêt du conseil du 16 décembre 1684. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827. Propriétés de 1 à 19, retranch. 2 m. 20 c. à 2 m. 70 c. ; 21, alignée ; de 23 à 35, ret. 2 m. 10 c. à 2 m. 32 c. ; 37, ret. 1 m. 40 c. ; — de 2 à 20, ret.1 m. 70 c. à 2 m. ; 22, ret. réduit 1 m. 60 c ; 24 et 26, ret. 2 m. à 2 m. 20 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne)

Nord (rue du).

Commence à la rue des Magasins ; finit à la rue de l’Abattoir. Le dernier impair est 15 bis ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 393 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été ouverte, en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale qui a autorisé ce percement est à la date du 31 janvier 1827. (Voir rue de l’Abattoir.) — Sa largeur est fixée ainsi qu’il suit, savoir : depuis la rue des Magasins jusqu’à celle de La Fayette, à 12 m., et pour le surplus à 13 m. Cette voie publique porta, dans l’origine, le nom de rue de la Barrière-Poissonnière parce qu’elle se dirige vers cette barrière. En 1833, elle a reçu le nom de rue du Nord. Cette rue, qui est bordée de chaque côté par un rang d’arbres, se prolonge comme impasse dans la rue de l’Abattoir, sur une longueur de 193 m. — Les constructions riveraines sont alignées. — Égout entre les rues du Delta-La Fayette et du Chevet-de-l’Église.

Normale (école).

Située dans la rue Saint-Jacques, nos 115. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cet établissement occupe aujourd’hui les bâtiments de l’ancien collége du Plessis-Sorbonne, dont nous allons rappeler l’origine. Il doit son nom à Geoffroi du Plessis, notaire apostolique et secrétaire de Philippe-le-Long. Il le fonda, en 1317, pour quarante étudiants, pris dans les diocèses de Tours, Saint-Malo, Sens, Évreux et Rouen, et donna pour cet établissement des revenus et une maison située dans la rue Saint-Jacques. Il prit d’abord le nom de collége de Saint-Martin-du-Mont, en raison d’un oratoire, dédié à ce saint, qui se trouvait en cet endroit. On l’appela ensuite collége du Plessis, du nom de son fondateur. Ce pieux personnage créa également le collége de Marmoutiers, à côté de celui de Saint-Martin, et la chapelle qu’on bâtit alors servit aux deux établissements. Geoffroi s’étant fait religieux de l’abbaye de Saint-Martin-de-Tours, soumit les deux colléges qu’il avait fondés à l’abbé, son supérieur. La modicité des revenus du collége du Plessis diminua successivement le nombre de ses boursiers ; il ne parvint à se soutenir que par la réputation de ses professeurs. Ses bâtiments tombaient en ruine au commencement du xviie siècle, et l’établissement manquait de ressources pour les reconstruire. Des circonstances imprévues changèrent cette position malheureuse. Le cardinal de Richelieu avait eu besoin de l’emplacement du collége de Calvi pour la construction de l’église Sorbonne. Son éminence ordonna, dans son testament, qu’il serait bâti, pour le remplacer, un autre collége entre les rues Sorbonne, des Noyers et des Maçons. Les dépenses excessives que devait entraîner l’exécution de ce projet amenèrent des modifications. Les héritiers du cardinal résolurent d’unir un collége à la maison de Sorbonne. On choisit celui du Plessis. L’arrangement devint facile ; Amador de Vignerod, neveu de Richelieu, possédait alors l’abbaye de Marmoutiers. Depuis cette époque l’établissement, fondé par le secrétaire de Philippe-le-Long, porta la dénomination de collége dit Plessis-Sorbonne, et soutint jusqu’à la fin sa bonne renommée. Supprimé en 1790, il devint propriété nationale. En 1820, les Facultés de théologie des lettres et des sciences furent établies dans ce collége, qui servit ensuite de succursale à l’École de Droit. Il est enfin occupé aujourd’hui par l’École Normale. Cet établissement fut fondé en vertu de la loi du 9 brumaire an III (30 novembre 1795), dans l’amphithéâtre du Jardin-des-Plantes. Le but que la Convention Nationale se proposait d’atteindre, en créant cette école, était de former des professeurs. L’École Normale fut organisée par des représentants du peuple, et en vertu de leur arrêté du 2 nivôse suivant. Les savants Lagrange, Laplace, Monge, Haüy, Daubenton, Berthollet, Thouin, Volney, Sicard, Garat, Bernardin de Saint-Pierre, La Harpe, etc., y professaient et enseignaient. Leurs leçons n’étaient point écrites. Ils improvisaient. Des sténographes recueillaient leurs discours qu’ils faisaient imprimer et publier. Cette institution qui eut des commencements si brillants, fut supprimée après une existence de plusieurs mois. Une nouvelle École Normale fut créée par décret impérial du 17 mai 1808. Cet établissement était situé dans la rue des Postes, no 26. Réorganisé depuis, il a été transféré, comme nous l’avons dit, dans les bâtiments du collége du Plessis.

En vertu de la loi du 24 mars 1841, un crédit de 1 978 000 fr. a été ouvert au ministre des travaux publics, pour être appliqué aux dépenses que devait nécessiter la construction d’un édifice destiné à l’École Normale.

On a fait choix d’un terrain situé dans la rue d’Ulm ; des bâtiments ont été élevés avec une grande célérité, et bientôt ils seront occupés par l’École Normale.

Normandie (rue de).

Commence aux rues Vieille-du-Temple, no 147, et de Périgueux ; finit à la rue Charlot, nos 18 et 20. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 218 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

La partie de cette voie publique, située entre les rues Charlot et de Périgueux, fut ouverte en vertu d’un arrêt du conseil du 7 août 1696. Elle a été prolongée jusqu’à la rue Vieille-du-Temple, suivant un second arrêt du 21 février 1701. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, sa largeur est portée à 10 m. Elle tire son nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Propriété no 1, redress. ; 3, alignée ; 5, retranch. 40 c.: 5 bis, alignée ; les deux maisons no 5 ; situées entre la rue de Périgueux et le no 7, ret. 2 m. à 2 m. 30 c. ; 7, et encoignure gauche de la rue de Saintonge, alignées ; surplus de ce côté, ret. 1 m. 70 c. à 1 m. 90 c. Maisons du côté des numéros pairs, ret. 1 m. 20 c. À 1 m. 50 c. — Portion d’égout. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Notre-Dame (église métropolitaine).

Située entre le quai de l’Archevêché, la rue du Cloître et le Parvis Notre-Dame. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Un voile mystérieux, des traditions incomplètes, entourent le berceau de Notre-Dame. Il n’est pas croyable que cette église ait été placée, dans le principe, sous l’invocation de Notre-Dame. On sait que le culte de la Sainte-Vierge n’a été ni promptement répandu, ni généralement adopté dans les premiers temps. On ne trouve aucune trace des fêtes célébrées en son honneur, avant le concile d’Éphèse, tenu en 431. Plusieurs actes des années 690, 700, 829 et 861 nous apprennent que la cathédrale de Paris a d’abord porté le nom de Saint-Étienne, premier martyr. La cathédrale était sans doute composée de deux édifices, dont l’un était la basilique de Notre-Dame, et l’autre celle de Saint Vincent. Cet état de choses existait dans le VIe siècle. Grégoire de Tours, en parlant de l’incendie qui consuma toutes les maisons de l’île de Paris, vers l’année 586, dit que les seules églises furent exceptées. Ces églises, dans la Cité, ne peuvent être que celles qui formaient depuis peu la cathédrale. Saint-Étienne avait été le premier de ces édifices ; ensuite, d’après l’usage où l’on était de bâtir de petites églises autour des basiliques, il est à présumer qu’on en avait élevé une à côté sous l’invocation de la Vierge. Ce monument, devenu insuffisant par suite de l’accroissement de la population, on l’aura rebâti et agrandi sous le règne de Childebert Ier ; alors sans doute la nouvelle basilique est devenue la cathédrale, par une autre coutume de cette époque, de donner aux églises neuves un vocable différent du premier patron. Paris, devenu le siège de la monarchie, la cathédrale se trouva encore trop petite. Il fallut songer à sa reconstruction. Vers 1163, Maurice de Sully, que ses vertus et son intelligence avaient élevé à l’épiscopat, entreprit cette reconstruction. Le pape Alexandre III, réfugié en France, posa la première pierre, et, en 1182, le grand autel fut consacré par Henri, légat apostolique. En 1185, la construction de l’église était assez avancée pour qu’il fut possible d’y célébrer l’office divin. Héraclius, patriarche de Jérusalem, qui vint à Paris prêcher la Croisade, célébra, le 17 janvier, la messe dans cette église, en présence de Maurice de Sully et de son clergé. Les travaux de Notre-Dame avaient été entrepris sur une si grande échelle, qu’il fut impossible de les terminer en même temps. En 1257, Jean de Chelles, maître-maçon, commença le portail méridional. En 1312, le portail septentrional fut bâti avec une partie des biens enlevés aux Templiers. Les chapelles du chœur et la délicieuse porte du cloître furent ensuite construites enfin, en 1447, Charles VII donna des sommes considérables pour l’achèvement de Notre-Dame. La cathédrale une fois terminée, parut si belle à nos pères, et produisit sur eux tant d’effet, qu’ils regardaient ce monument comme le plus majestueux de la chrétienté. — Aux xiiie, xive et xve siècles, on était dans l’usage de jeter du haut des voûtes de Notre-Dame, des pigeons, des fleurs, des étoupes sous la forme de langues de feu, et des pâtisseries appelées oblayes (oublies). À l’instant où l’on entonnait l’hymne Veni Creator, un pigeon blanc s’échappait du haut des voûtes, pour figurer la descente du Saint-Esprit. Le peuple se plaisait à ces spectacles, qui flattaient son imagination par des images vives et frappantes. On pensait autrefois que l’église Notre-Dame, voisine de la rivière, avait été construite sur pilotis. En 1756, on reconnut que les fondations reposaient sur un gravier ferme ; ces fondations étaient formées de quatre assises de pierre de taille excessivement dure faisant retraite les unes sur les autres. Dessous étaient mêlés de gros moellons, du mortier, de la chaux et du sable, formant un corps continu et sans vide, plus solide que la pierre. Sur une plaque scellée dans le mur, à côté de la porte d’entrée, on lisait autrefois l’inscription suivante :

« Si tu veux savoir comme est ample
De Notre-Dame le grand temple,
Il y a dans œuvre pour le seur
Dix-et-sept toises de hauteur ;
Sur la largeur de vingt-quatre
Et soixante-cinq sans rabattre
A de long ; aux tours haut montées
Trente-quatre sont bien comptées ;
Le tout fondé sans pilotis
Aussi vray que je te le dis. »

Majestueusement assise, l’église Notre-Dame a longtemps bravé les siècles et les hommes, qui n’ont pu que noircir ses murailles et dégrader ses sculptures. Autrefois il fallait monter treize marches pour arriver à cette aïeule de nos églises. Le degré, le temps l’a fait disparaître, en élevant d’un progrès irrésistible et lent le sol de la Cité ; mais, tout en faisant dévorer une à une, par cette marée montante du pavé de Paris, les marches qui ajoutaient à la hauteur majestueuse de l’édifice, le temps a rendu à l’Église plus peut-être qu’il ne lui a ôté, car c’est lui qui a répandu sur ces pierres cette sombre couleur des siècles. Les grands monuments ne sont en pleine beauté qu’à l’instant où leur vieillesse commence. L’aspect de la façade est imposant et sévère ; les trois portiques, de formes irrégulières, mais enrichis d’une foule de petites statues et d’ornements admirablement travaillés, ont été en partie mutilés pendant la révolution. Le portail du nord est remarquable par son zodiaque ; au 12e signe, à la place de Cérès, a été exécutée la Vierge-Marie. Les ferrures des portes ouvrages de Biscornet, parurent si extraordinaires, que le peuple voulut absolument reconnaître dans ce merveilleux travail la coopération du diable. Trois galeries se déploient sur la façade. La galerie des Rois, celle de la Vierge et celle des Colonnes. La galerie des Rois contenait vingt-huit statues hautes de 4 m. 50 c. ; elles représentaient les rois de France, depuis Childebert jusqu’à Philippe-Auguste. La seconde galerie devait son nom à une statue de la Vierge. Entre la galerie des Rois et celle de la Vierge, se trouve une des trois grandes fenêtres ou roses formées de vitraux éclatants. Le péristyle de la troisième galerie est enrichi de trente-quatre colonnes, remarquables par leur hauteur et leur gracieuse légèreté. Une grande quantité d’arcs-boutants partent des bas-côtés de l’église et viennent aboutir à la voûte. Des gargouilles nombreuses et admirablement travaillées en forme d’animaux fantastiques, s’échappent de tous les côtés de l’édifice. L’intérieur de Notre-Dame a la forme d’une croix latine. La voûte est supportée par cent-vingt colonnes dans le style roman. Ces colonnes devaient être surmontées d’arcs à plein-cintre mais la construction de l’édifice, souvent interrompue, il en résulta, suivant l’expression de M. Victor-Hugo : « que l’architecte achevait de dresser les premiers piliers de la nef, quand l’ogive, arrivant de la Croisade, vint se poser en conquérante sur les larges chapiteaux romans qui ne devaient porter que des pleins-cintres ; maîtresse dès lors, l’ogive a construit le reste de l’édifice » — Au-dessus des bas-côtés se déploie une fort belle galerie ornée de cent-huit colonnes d’une seule pièce. Cette galerie s’arrête à la croisée. On y monte par trois escaliers : deux qui sont à l’entrée de la nef, et l’autre à droite du chœur, du côté de la chapelle de la Vierge. À ces tribunes ou galeries on attachait, en temps de guerre, les drapeaux enlevés à l’ennemi. — En 1693, un Te Deum fut chanté dans Notre-Dame, en actions de grâces de la bataille de la Marsaille. Le prince de Conti entrant dans l’église, décorée des drapeaux de Fleurus, de Steinkerque et de Nerwinde, prit le maréchal de Luxembourg par la main, et dit en écartant la foule : « Place, messieurs, laissez passer le tapissier de Notre-Dame. » — La première pierre du grand autel fut posée, en 1699, par le cardinal de Noailles, archevêque de Paris. À cette même époque, le chœur fut commencé sur les dessins d’Hardouin Mansart ; il ne fut terminé qu’en 1714, par de Cotte. La sculpture qui embellit Notre-Dame est le plus magnifique travail que le moyen-âge ait produit. Chacune des figures qui décorent cette église est un chef-d’œuvre. Il est à regretter que Soufflot, en restaurant ces figures, en ait abymé plusieurs. Il faut monter 389 marches pour arriver au sommet des tours. La vue embrasse alors un des plus merveilleux panoramas. La charpente des voûtes, appelée la forêt est entièrement construite en bois de chêne. Sa hardiesse et sa solidité sont admirables. Le bourdon, la plus grosse cloche de France, se trouve dans la tour méridionale. Cette énorme cloche fut fondue en 1685, et baptisée en présence de Louis XIV et de la reine. Sa voix puissante domine tous les bruits de la ville, et se répand en sons majestueux dans les campagnes environnantes.

L’église Notre-Dame ne fut pas épargnée pendant la révolution.

Séance du 2e jour du second mois de l’an II de la république Française une et indivisible (23 octobre 1793). — « Le conseil général, informé qu’au mépris de la loi il existe encore dans plusieurs rues de Paris des monuments du fanatisme et de la royauté ; considérant que tout acte extérieur d’un culte quelconque, est interdit par la loi ; considérant qu’il est de son devoir de faire disparaître tous les monuments qui alimenteraient les préjugés religieux, et ceux qui rappellent la mémoire exécrable des rois, arrête que dans huit jours les gothiques simulacres des rois de France, qui sont placés au portail de l’église, seront renversés et détruits et que l’administration des travaux publics sera chargée sous sa responsabilité de lui rendre compte de l’exécution du présent arrêté, etc… Arrête de plus, que toutes les autres effigies religieuses qui existent dans les différents quartiers de Paris, seront enlevées ; que tous les marbres, bronzes, etc… sur lesquels sont gravés les arrêts des parlements contre les victimes du despotisme et de de la férocité des prêtres, seront également anéantis. » (Reg. de la commune, t. 21, p. 13 145).

Extrait des registres du Comité du salut public de la Convention Nationale du 23 floréal, l’an II de la république une et indivisible (12 mai 1794). — « Le Comité du salut public, arrête qu’au frontispice des édifices ci-devant consacrés au culte, on substituera l’inscription Temple de la Raison, ces mots de l’article 1er du décret de la Convention nationale du 18 floréal : Le peuple Français reconnaît l’Être suprême et l’immortalité de l’âme. Le Comité arrête pareillement que le rapport et le décret du 18 floréal seront lus publiquement les jours de décade, pendant un mois dans ces édifices, etc. Signé au registre Robespierre, Billaud-Varennes, Couthon, Carnot, C.-A. Prieur, B. Barrère, Robert-Lindet et d’Herbois. »

L’empereur Napoléon fit restaurer l’église Notre-Dame pour la cérémonie de son sacre. Le nouveau grand autel a été construit en 1803. La grille qui sépare le chœur de la nef a été exécutée en 1809, sur les dessins de MM. Percier et Fontaine. C’est un travail du plus-grand mérite.

Plusieurs chapelles entouraient la basilique de Notre-Dame ; celles de Saint-Étienne, de Saint-Jean-Baptiste surnommé le Rond, de Saint-Denis-du-Pas, ainsi nommée parce qu’elle était séparée de la cathédrale par un étroit sentier. Saint-Jean-le-Rond et Saint-Denis-du-Pas traversèrent presque toute notre histoire. Le premier de ces oratoires fut démoli en 1748, le second en 1813.

Notre-Dame (parvis).

Situé au-devant de l’église Notre-Dame, et circonscrit par les maisons des rues Saint-Christophe et du cloître Notre-Dame, et par les bâtiments de l’Hôtel-Dieu et de l’administration des hospices. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Le nom de Parvis dérive sans doute du mot Paradisus (Paradis), expression autrefois en usage pour indiquer l’aire ou place qu’on voyait devant les basiliques. Dans une grande maison du Parvis Notre-Dame se tenaient les écoles publiques avant l’établissement des colléges et de l’université. L’évêque avait également sur cette place une échelle patibulaire. Ce fut au Parvis Notre-Dame, que Bérenger et Étienne, cardinaux et légats du pape Urbain V, firent dresser le 11 mars 1314, un échafaud sur lequel montèrent Jacques Molay, grand-maître des Templiers, le maître de Normandie et deux autres frères. Lecture faite des crimes qu’on imputait à leur ordre, l’on prononça la sentence qui condamnait les accusés à une prison perpétuelle. Sommé par le légat de confirmer les aveux qu’il avait faits à Poitiers, Jacques de Molay s’avança sur le bord de l’échafaud et fit à haute voix une rétractation à laquelle adhéra le grand-maître de Normandie. Ils furent conduits le soir même à l’île aux Bureaux (aujourd’hui place Dauphine), et le bûcher consuma ces illustres victimes.

Le Parvis Notre-Dame a été successivement agrandi, principalement en 1748, époque de la suppression de la rue de la Huchette en la Cité, et de la démolition de l’église Saint-Christophe. — « 22 avril 1769. La place étant au-devant de l’église métropolitaine sera achevée et élargie du côté de l’Hôtel-Dieu, comme elle l’est du côté opposé ; en conséquence, la chapelle et les portions de bâtiments du dit Hôtel-Dieu, qui occupent l’emplacement à ce nécessaire, seront démolies, et sera construit un nouveau bâtiment dans une disposition symétrique avec l’hôpital des Enfants-Trouvés, pour donner en même temps à la rue Notre-Dame la largeur convenable. » (Extrait des lettres-patentes). — Cette amélioration ne fut pas alors exécutée. — Dans sa séance du primidi 21 brumaire an II, le conseil général de la commune arrêta que le Parvis Notre-Dame se nommerait désormais Parvis de la Raison. — Une décision ministérielle du 11 vendémiaire an XII, signée Chaptal, a déterminé l’alignement du Parvis Notre-Dame. — D’après les dispositions alors arrêtées, les bâtiments de l’Hôtel-Dieu auraient dû subir un retranchement plus considérable que celui qu’ils ont éprouvé quelques années après. Les constructions dépendant de l’administration des hospices sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Notre-Dame (pont).

Situé entre les quais Le Peletier, de Gesvres, Napoléon et Desaix.

Avant 1313, on voyait à peu près en cet endroit un pont de bois qui servait de communication à des moulins construits sur la Seine. On le nommait anciennement pont de la Planche-Mibray. Il devait cette dénomination à une rue qui existe encore et qui commence à l’extrémité septentrionale du pont Notre-Dame. Un historien du xive siècle, Réné Macé, moine de Vendôme, dans son poème manuscrit portant pour titre le Bon Prince, parle de l’entrée de l’empereur Charles IV à Paris, et donne au mot Mibray une étymologie qui parait très vraisemblable

« L’empereur vint par la Coutellerie
Jusqu’au carfour nommé la Vannerie,

Où fut jadis la Planche de Mibray,
Tel nom portoit pour la vague et le bray
Getté de Seine en une creuse tranche
Entre ce pont que l’on passoit à planche,
Et on l’ôtoit pour être en seureté. »

Pour faire comprendre ces vers, il est nécessaire de rappeler qu’à cette époque les eaux de la Seine, surtout pendant l’hiver, venaient battre les murailles des premières maisons de la rue de la Planche-Mibray ; le fleuve en se retirant laissait, pendant l’été, sur cette partie de sa rive, une espèce de mare profonde remplie de boue, qui s’étendait jusqu’au carrefour formé par la jonction des rues de la Coutellerie et de la Vannerie. Le nom de Vannerie qui signifiait pêcherie, celui de Bray qui indiquait un marécage, une mare, coïncident avec l’explication donnée dans les vers que nous avons cités, pour prouver l’existence et l’étendue de ce vaste bourbier ou creuse tranche, comme dit le poète. Dans les temps de guerre civile, pour empêcher l’abord du pont, on retirait les planches placées sur cette mare. La syllable mi qui sert à composer le mot mibray, signifie parmi, au milieu ; ainsi la planche ou plutôt les Planches-Mibray consistaient en un plancher qu’on enlevait au besoin et qui s’étendait depuis le carrefour de la Vannerie jusqu’à l’entrée du pont. En 1413, ce pont fut bâti en bois. Plusieurs historiens pensent que sa construction date de 1412 mais nous croyons devoir plutôt nous en rapporter à l’auteur du Journal de Paris, sous le roi Charles VI, qui s’explique ainsi « Ce dit jour (31 mai 1413), le pont de Planches-de-Mibray fut nommé le pont Notre-Dame, et le nomma le roi de France Charles et frappa de la trie sur le premier pieu, et le duc de Guyenne son fils, après et le duc de Berry et de Bourgogne, et le sire de la Trémoille ; et c’étoit de dix heures au matin. » — Les prévôt des marchands et échevins obtinrent au mois de juillet 1414, des lettres du roi qui les autorisèrent à faire exécuter ce pont. Il ne fut achevé qu’en 1421 ; il était chargé de soixante maisons, trente de chaque côté de la route. Ces habitations se faisaient remarquer par leur élévation et l’uniformité de leur construction.

Le 25 octobre 1499, le pont Notre-Dame s’entrouvrit et les maisons s’écroulèrent avec un fracas horrible. Ce malheur arriva par suite de la négligence des magistrats de la ville.

Le parlement manda bientôt à la barre le prévôt des marchands, les échevins, et les fit emprisonner. Par arrêt du 5 janvier 1500, il destitua Jacques Piédefer, prévôt des marchands, Antoine Malingre, Louis du Harlay, Pierre Turquant et Bernard Ripault, échevins, les déclara incapables d’exercer à l’avenir aucune fonction, et les condamna à de fortes amendes. Ils moururent tous en prison. — Le roi accorda, pour les frais de la reconstruction du pont, six deniers pour livre à prendre pendant six ans aux entrées de Paris sur tout le bétail à pied fourché. En attendant son achèvement, un bac fut établi malgré les obstacles que suscita l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. Jean Joconde, cordelier, qui avait déjà présidé à la construction du Petit-Pont, fut chargé de diriger les travaux de celui-ci qui fut achevé en 1512 et bâti en pierre. Sur une des arches était gravé ce distique en l’honneur du savant architecte :

Jocundus geminos posuit tibi. Sequana pontes,
Nunc tu jure potes dicere pontifleem.

Soixante-dix maisons furent d’abord construites de l’un et de l’autre côtés de la route de ce pont. Dans la suite, lorsqu’on eut établi des quais à son extrémité, on abattit les propriétés qui s’opposaient à la circulation de ces quais, de sorte qu’il ne resta plus que soixante-et-une maisons, trente d’un côté et trente-et-une de l’autre. — Ce fut sur le pont Notre-Dame que l’infanterie ecclésiastique de la ligue fut passée en revue par le légat le 3 juin 1590. Capucins, moines, cordeliers, jacobins, carmes, feuillants, etc., tous la robe retroussée, le capuchon bas, le casque en tête, la cuirasse sur le dos, l’épée au côté et le mousquet sur l’épaule, marchaient quatre à quatre ; le révérend évêque de Senlis à leur tête avec un esponton ; les curés de Saint-Jacques-de-la-Boucherie et de Saint-Côme faisaient les fonctions de sergents-majors. Quelques uns de ces miliciens d’un nouveau genre, sans penser que leurs fusils étaient chargés à balle, voulurent saluer le légat, et tuèrent à côté de lui un de ses aumôniers. Son éminence épouvantée, s’écria : « Mes amis, le soleil de juin est trop chaud, il m’incommode » puis il leur donna sa bénédiction et s’en alla : — Le pont Notre-Dame, réparé à diverses époques, notamment en 1659, est le plus ancien des ponts qui existent à Paris. — « 22 avril 1769. — Art. 14e. Les maisons construites sur le pont Notre-Dame seront démolies et supprimées, et lors de cette suppression, il sera pratiqué des parapets et trottoirs de largeur convenable, des deux côtés. » (Extrait des lettres-patentes). — Cette amélioration ne fut exécutée qu’en 1786. On adoucit la montée, la route beaucoup plus vaste, fut bordée ensuite de larges trottoirs. Ce pont est composé de six arches en plein cintre de 9 m. 50 c. à 17 m. 30 c. d’ouverture ; les piles ont 3 m. 90 c. d’épaisseur. La plinthe qui couronne le pont est soutenue par des modillons, et quoique la pierre de Paris ne soit pas généralement bonne, il faut qu’elle ait été bien choisie dans cette occasion, car on y remarque très peu de dégradations. La largeur d’une tête à l’autre est de 23 m. 60 c. En 1793, on l’appelait le pont de la Raison. Sur ce pont on voit la pompe dite de Notre-Dame, bâtie en 1670 et reconstruite en 1708.

Notre-Dame (rue du cloître).

Commence à la rue Chanoinesse, no 1 ; finit au Parvis Notre-Dame et à la rue d’Arcole, no 19. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par la cathédrale ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 188 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette rue a été formée sur la plus grande partie de l’ancien cloître Notre-Dame, dont elle a retenu le nom. — Une décision ministérielle du 4e jour complémentaire de l’an XI, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 14 m. 50 c. Propriété no 2, pas de retranch. ; no 4, doit avancer sur ses vestiges actuels ; 6, ret. 50 c. à 1 m. 20 c. ; 8, ret. t m. 20 c. à 2 m. 20 c. ; 10, 12, 14 et 16 avanceront sur leur vestiges actuels 18 et 20, ret. réduit 1 m. ; 22 et 24, ret. réduit 4 m. 50 c ; 26 et 28, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 30, alignée. — Conduite d’eau entre les rues Massillon et d’Arcole.

L’église Saint-Jean-le-Rond était située dans le cloître Notre-Dame ; nous en traçons ici l’origine. Les fonts baptismaux de l’église de Paris étaient anciennement à Saint-Germain-le-Vieux, qui portait alors la dénomination de Saint-Jean-Baptiste ; dans la suite ils furent transférés près de la cathédrale, dans une chapelle bâtie pour cet usage. Cette chapelle, abattue en même temps que les anciennes églises de Notre-Dame et de Saint-Étienne, fut rebâtie au pied de la tour septentrionale de la nouvelle basilique. Le style d’architecture de Saint-Jean-le-Rond paraissait dater du xiiie siècle ; le portail était beaucoup plus nouveau. Lebœuf remarque qu’autrefois dans cette église, et peut-être même à l’entrée de la cathédrale, se terminaient juridiquement certaines affaires ecclésiastiques. C’était un reste de coutume qui rappelle ce qui se pratiquait plus anciennement aux portiques des grandes églises. Le cartulaire de Saint-Magloire renferme un acte qui finit par ces mots : Fait dans l’église de Paris auprès des cuves. On lit aussi dans l’ouvrage intitulé : Recherches sur la Chirurgie, que les médecins s’assemblaient autrefois à la cuve Notre-Dame. Saint-Jean-le-Rond servait dans les anciens temps de paroisse aux laïques qui habitaient le cloître Notre-Dame. On démolit cette église en 1748 ; les fonts baptismaux, les fondations et le service divin furent transférés à Saint-Denis-du-Pas, qui depuis cette époque s’appela Saint-Denis et Saint-Jean-Baptiste. Le savant Ménage, Henri Boileau, avocat général, et le théologien Jean-Baptiste Duhamel, furent inhumés dans l’église Saint-Jean-le-Rond.

Notre-Dame (rue Neuve-).

Commence au Parvis Notre-Dame ; finit à la rue de la Cité. Pas de numéro impair ; un seul numéro pair qui est 2. Sa longueur est de 76 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Maurice de Sully, évêque de Paris, fit bâtir cette rue en 1163, pour servir de communication directe à l’église Notre-Dame. Cette voie publique ne porta d’abord que le nom de rue Neuve. On commença à la désigner au xiiie siècle sous la dénomination de rue Neuve-Notre-Dame.

« Séance du primidi, 21 brumaire an II. — La section de la Cité annonce que le théâtre qui portait le nom de Palais-Variété, a déclaré vouloir se nommer théâtre de la Cité ; elle ajoute qu’elle désirerait que le Pont, le Parvis et la Rue ci-devant Notre-Dame, s’appelassent Pont, Parvis et Rue de la Raison. Une discussion s’élève à ce sujet : plusieurs membres demandent l’ordre du jour ; le conseil général adopte l’ordre du jour sur la première proposition, et, sur la motion d’un membre et la demande de la section, le conseil général arrête que la section de la Cité, le Parvis, le pont Notre-Dame, la rue Notre-Dame se nommeront désormais, Section, Parvis, Pont et rue de la Raison. » (Registre de la commune, tom. 22, pag. 13 303). — Une décision ministérielle à la date du 13 brumaire an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 16 m. Le 22 mai 1837, une ordonnance royale déclara d’utilité publique, l’exécution immédiate de l’alignement du côté gauche de cette rue. Cette disposition a été aussitôt effectuée. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau entre la rue de la Cité et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

L’église Sainte-Geneviève-des-Ardents était située dans cette rue. Nous en traçons ici l’origine. Plusieurs maladies cruelles ravagèrent la France au xiie siècle. Vers 1130, le mal des ardents ou le feu sacré décima surtout la population parisienne ; les symptômes en étaient effrayants, les progrès rapides et les suites mortelles. Une soif brûlante dévorait les malades, leurs yeux étaient enflammés et tachés de sang, la poitrine oppressée et les entrailles déchirées. Les secours de l’art devinrent impuissants ; on implora l’assistance divine. La châsse de sainte Geneviève fut descendue de l’autel et portée en procession à la cathédrale. La nef et le Parvis étaient remplis de malades qui en passant sous ces saintes reliques, furent guéris à l’instant, à la réserve de trois incrédules, dont l’exception servit encore à rehausser la gloire de cette sainte patronne de Paris. Innocent II, qui vint dans cette ville en 1131, ordonna en commémoration de ce miracle qu’on célébrerait une fête le 26 novembre de chaque année, sous le titre d’Excellence de la Bienheureuse Vierge-Marie. Ce nom fut changé plus tard par la dévotion des fidèles, en celui de Fête du Miracle des Ardents. Vers 1202, l’église située précisément en face de la cathédrale quitta son nom de Notre-Dame-la-Petite, pour prendre celui de Sainte-Geneviève-des-Ardents. Tel est le récit d’un grand nombre d’écrivains sur la dénomination de cette église. Son origine est plus obscure ; on sait seulement que ce fut d’abord une chapelle appartenant à l’abbaye de Sainte-Geneviève. Les religieux la cédèrent, en 1202, à Eudes de Sully, évêque de Paris ; ce fut probablement alors qu’on l’érigea en paroisse. Le portail fut magnifiquement reconstruit en 1402. On voyait au milieu la statue de sainte Geneviève ; à droite était saint Jean-Baptiste, à gauche saint Jacques-le-Majeur. En 1747, Sainte-Geneviève-des-Ardents fut abattue, et, sur son emplacement, on éleva un bâtiment destiné à agrandir l’hôpital des Enfants-Trouvés. Ce bâtiment a été remplacé par un hôtel occupé par les bureaux de l’administration des hôpitaux et hospices civils de Paris.

Notre-Dame (rue Vieille-).

Commence à la rue d’Orléans-Saint-Marcel, nos 17 et 19 ; finit à la rue Censier. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 77 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle était autrefois confondue avec la rue de la Clef. Sa dénomination lui vient de l’ancien hôpital Notre-Dame de la Miséricorde, dit les Cent-Filles, situé dans la rue Censier (voyez cet article). — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 24 avril 1837, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 20 c. à 2 m. 50 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 60 c. à 2 m. — Conduite d’eau.

Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (église).

Située dans les rues Beauregard et Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette église est bâtie dans un quartier qui était autrefois nommé la Ville-Neuve. Vers le milieu du XVIe siècle, la population se portait en foule de ce côté. La paroisse Saint-Laurent ne pouvant contenir tous les fidèles, les habitants de la Ville-Neuve obtinrent de l’évêque la permission de construire une chapelle, à la condition de ne donner à l’édifice que 26 m. de longueur sur 8 de largeur. Le 20 août 1551, les marguilliers de Saint-Laurent posèrent, à l’endroit appelé la Montagne du Moulin, les quatre premières pierres de cette chapelle qui fut dédiée sous l’invocation de Saint-Louis et de Sainte-Barbe. Pendant la guerre de la ligue, vers 1593, on rasa tout ce quartier pour élever des fortifications, et la chapelle fut également enveloppée dans la destruction. Henri IV étant monté sur le trône, la tranquillité se rétablit et les habitants construisirent de nouvelles maisons. En 1624, la chapelle fut relevée sous l’invocation de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, qu’elle reçut en mémoire de l’annonciation de la Vierge. Une sentence de l’archevêque de Paris l’érigea en cure le 22 juillet 1673. Supprimée en 1790, cette église devint propriété nationale, fut vendue le 21 floréal an V, et démolie peu de temps après. La ville de Paris racheta plus tard l’emplacement qu’elle occupait, et de 1823 à 1828, une nouvelle église fut construite sous la direction de M. Godde, architecte. Le portail d’ordre dorique est décoré de pilastres et de deux colonnes ; l’intérieur est divisé en trois nefs non voûtées, mais séparées par des colonnes ioniques. L’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle est la seconde succursale de la paroisse Saint-Eustache.

Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (rue).

Commence à la rue Beauregard, nos 19 et 21 ; finit au boulevart Bonne-Nouvelle, nos 21 et 25. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 91 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue était construite en 1630, ainsi qu’une grande partie des voies publiques du quartier dit la Ville-Neuve. — Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur est portée à 10 m. Les propriétés du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 10 c. à 2 m. 40 c. Sur le côté opposé l’église est alignée ; les autres constructions devront reculer de 60 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Cette voie publique débouche sur le boulevart par un escalier de plusieurs marches.

Notre-Dame-de-Grâce (rue).

Commence à la rue de la Madeleine, nos 53 et 55 ; finit à la rue d’Anjou, nos 42 et 44. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 81 m. — 1e arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue a été ouverte sur les terrains appartenant à M. de Montessuy. La plus grande partie de ces terrains provenait du prieuré des religieuses Bénédictines de la Ville-l’Évêque. Ce percement, autorisé par une délibération du corps municipal en date du 16 février 1792, fut exécuté peu de temps après sur une largeur de 30 pieds. — Une décision ministérielle à la date du 17 juillet 1808, signée Cretet, maintint cette largeur. Cette voie publique resta sans dénomination jusqu’en 1820. Le 9 mai de la même année, elle reçut, par décision du ministre, le nom de rue Notre-Dame-de-Grâce, qui rappelle l’emplacement sur lequel elle a été ouverte. Le prieuré des religieuses bénédictines de la Ville-l’Évêque était connu originairement sous le titre de Prieuré de Notre-Dame-de-Grâce. Enfin une ordonnance royale du 25 novembre 1836 a maintenu la largeur primitive. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau entre la rue d’Anjou et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Notre-Dame-de-Lorette (église).

Située rue Ollivier, à l’extrémité de la rue Laffitte. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale du 3 janvier 1822 prescrivit la construction de cette église. En 1823, un concours fut ouvert entre dix architectes. Le projet qui obtint la préférence fut celui dont l’épigraphe avait reproduit ces deux vers :

« Que de l’or le plus pur son autel soit paré,
Et que du sein des monts le marbre soit tiré. »

L’auteur de ce projet, M. Hippolyte Lebas, fut chargé de l’exécution de ce monument. M. Dommey eut l’inspection des travaux. Le 25 août 1823, le préfet, accompagné du corps municipal, vint poser la première pierre de l’édifice qui fut terminé en 1836, et consacré le 15 décembre de la même année par l’archevêque de Paris, sous le vocable de Notre-Dame-de-Lorette. Cette église, qui a coûté 2 050 000 fr., a dans sa plus grande longueur 68 m. 90 c., sa plus grande largeur est de 31 m. 85 c. et sa hauteur, prise de la coupole, a 18 m. 20 c.

Par sa construction, par ses ornements, cet édifice rappelle les églises de l’Italie. C’est la même coquetterie, la même parure mondaine ; on y cherche en vain la grandeur sévère qui inspire le recueillement. Point d’arceaux élancés, point d’ogives gracieuses de souplesse, point de clochetons dentelés, de vitraux aux dessins naïfs ; mais des dorures partout, des statues et des tableaux comme dans un musée.

Il semble que l’architecte ait voulut abaisser la religion à tous les caprices de la mode, en construisant cette église, élégante, fleurie, drapée comme le boudoir des petites maîtresses et des actrices qui viennent y prier des lèvres. Dans les compositions qui ornent les autels de palissandre, les saints ont l’air efféminé des dandys de la Chaussée-d’Antin, et les saintes lancent des regards provocateurs qui excitent une volupté toute terrestre. On y chante des cantiques, mais sur des airs de la Favorite ou de la Sirène. Le suisse a jeté aux orties son classique habit rouge et son large baudrier pour endosser l’uniforme du général Jacqueminot.

En regardant cet édifice tout couvert d’oripeaux, l’impuissance de notre époque se révèle, on sent qu’elle n’a plus la foi qui a remué les pierres de nos vieilles basiliques, et que l’art architectonique doit se borner à construire aujourd’hui des bourses, des magasins, des manufactures, des salles de concert, des cafés et des guinguettes.

Notre-Dame-de-Lorette (rue).

Commence aux rues Saint-Lazare, no 2, et des Martyrs, no 1 ; finit à la rue Pigalle. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 471 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale du 21 avril 1824 autorisa la compagnie Dosne, Loignon, Censier et Constantin, à ouvrir plusieurs rues, entr’autres une de 13 m. de largeur qui aboutirait d’un côté à la rue de La Rochefoucauld, et se dirigerait vers la rue du Faubourg-Montmartre, à la jonction de celle-ci avec les rues Saint-Lazare et des Martyrs (voyez place Saint-Georges). Ce percement fut immédiatement exécuté, mais ne déboucha point dans la rue Saint-Lazare, attendu que la compagnie n’était pas propriétaire des terrains donnant sur cette rue. Il dut s’arrêter à 75 m. environ de distance de cette voie publique. Le 24 janvier 1834, une ordonnance royale déclara d’utilité publique l’exécution de ce débouché, et approuva le traité fait entre la ville de Paris et le sieur Pène. Au commencement de l’année 1835, la rue dont il s’agit était livrée dans toute son étendue à la circulation ; elle porta d’abord le nom de rue du Faubourg-Montmartre-Prolongée, puis celui de Monsieur Vatry, propriétaire d’une maison située à l’angle de la place Saint-Georges. Enfin une décision ministérielle du 10 avril 1835, signée Thiers, lui a définitivement assigné la dénomination de rue Notre-Dame-de-Lorette. Cette voie publique débouche près du chevet de l’église ainsi appelée. — Les propriétés riveraines sont alignées. — Égout entre les rues Saint-Lazare et Breda. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Lazare jusqu’à la rue La Bruyère. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Notre-Dame-de-Nazareth (rue).

Commence à la rue du Temple, nos 123 et 125 ; finit à la rue du Pont-aux-Biches, no 4, et à l’impasse de ce nom. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 262 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Jusqu’en 1630 elle porta le nom de rue Neuve-Saint-Martin dont elle fait le prolongement. À cette époque, les pères de Nazareth ayant établi leur couvent dans la rue du Temple, elle prit la dénomination de rue Notre-Dame-de-Nazareth. — Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. 50 c. La maison no 1 devra reculer de 40 c. Les autres propriétés sont alignées sauf redressement dans plusieurs parties. — Conduite d’eau depuis la rue du Temple jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Notre-Dame-de-Recouvrance (rue).

Commence à la rue Beauregard, nos 1 et 3 ; finit au boulevart Bonne-Nouvelle, no 37. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 135 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Elle a été bâtie en 1630. On la nomma d’abord Petite-Rue-Poissonnière en raison de sa proximité de la rue ainsi désignée. Sa dénomination actuelle lui vient de l’église Bonne-Nouvelle dont elle fait partie, et qu’on a appelée quelque temps Notre-Dame-de-Recouvrance. Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette dimension est portée à 8 m. Les maisons nos 21 et 23 sont alignées. Le surplus de ce côté devra reculer de 2 m. 30 c. Les maisons nos 2 et 16 sont alignées ; le surplus des numéros pairs est soumis à un retranchement de 1 m. 50 c. — Conduite d’eau entre le boulevart et la rue de la Lune. — Éclairage au gaz (compe Française).

Notre-Dame-des-Champs (rue).

Commence à la rue de Vaugirard, nos 61 et 63 ; finit au carrefour de l’Observatoire, no 32. Le dernier impair est 59 ; le dernier pair, 51. Sa longueur est de 960 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Aux XIVe et XVe siècles c’était le chemin Herbu, puis la rue du Barcq ou Barc. On lui donna le nom qu’elle porte aujourd’hui parce qu’elle se dirigeait sur l’antique prieuré de Notre-Dame-des-Champs, occupé depuis par les carmélites. — Une décision ministérielle du 28 floréal an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie-publique à 11 m. 70 c. Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celles nos 35, 49, 51, 28, du bâtiment situé entre les nos 34 et 36, et de la maison entre les nos 36 et 38. — Conduite d’eau entre les rues de Vaugirard et Stanislas.

Notre-Dame-des-Victoires, dite des Petits-Pères (église).

Située sur la place des Petits-Pères, à l’encoignure de la rue Notre-Dame-des-Victoires. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

En parlant du couvent des Petits-Augustins à l’article de l’École des Beaux-Arts, nous avons dit que Marguerite de Valois, première femme du roi Henri IV, avait établi en 1607, dans l’enclos de son palais, vingt augustins déchaussés. Quelque temps après cette princesse les renvoya sous les plus légers prétextes, et les remplaça par des augustins de la réforme de Bourges. Les religieux expulsés se retirèrent dans leur couvent de Villars-Benoît, en Dauphiné. Au mois de juillet 1619, ils revinrent à Paris et obtinrent, le 19 juin suivant, de M. de Gondi, la permission de bâtir un couvent de leur réforme. D’abord ils s’établirent hors de la porte Montmartre, près de la chapelle Saint-Joseph (aujourd’hui marché du même nom) mais s’y trouvant peu commodément, ils achetèrent, en 1628, un grand terrain dans un endroit appelé les Burelles, près du Mail. Le 9 décembre 1629, le roi posa la première pierre de leur église, et voulut qu’elle portât le titre de Notre-Dame-des-Victoires. C’était une marque de la reconnaissance de Louis XIII envers la Sainte-Vierge qui, disait-il, l’avait aidé à triompher des Protestants. Cette église devint bientôt trop petite pour la population de ce quartier, qui s’augmentait chaque jour ; on commença vers 1656 à en bâtir une nouvelle qui fut bénite le 20 décembre de l’année suivante. On ne put l’achever faute d’argent, et les travaux n’en furent repris qu’en 1737 et terminés en 1740. Pierre Lemuet, Libéral Bruant et Gabriel Leduc travaillèrent successivement à cet édifice, dont le portail fut élevé sur les dessins de Cartaud. L’église Notre-Dame-des-Victoires est bâtie avec assez de goût. Le portail est composé des ordres ionique et corinthien ; ce dernier se trouve au-dessus de l’avant-corps que couronnent les extrémités du premier ordre. L’église n’a point de bas-côtés, mais la nef est accompagnée de six chapelles. Dans la croisée de droite, on distingue celle de Notre-Dame-de-Sarone, toute revêtue de marbre de Languedoc et décorée d’après les dessins de Claude Perrault. Quant au nom de Petits-Pères qui servait à distinguer ces religieux, nous n’avons rien trouvé d’authentique sur son étymologie. Plusieurs historiens pensent que ce nom leur fut donné en raison de la petitesse, de la pauvreté de leur premier établissement. D’autres racontent que le roi Henri IV, ayant aperçu dans son antichambre les pères Mathieu de Sainte-Françoise et François Anet qui étaient fort petits, demanda à plusieurs seigneurs ce que désiraient ces petits pères, et que dès lors on continua à les désigner ainsi. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale. L’église servit quelque temps de local à la bourse de Paris. Rouverte le 9 novembre 1809, elle devint la première succursale de la paroisse Saint-Eustache. Une grande partie des bâtiments fut affectée à la mairie du 3e arrondissement, ainsi qu’à une caserne d’infanterie dont l’entrée est dans la rue Notre-Dame-des-Victoires.

Suivant un projet adopté par l’administration, on doit reconstruire les bâtiments de la mairie ainsi que ceux de la caserne qui serait affectée à deux compagnies de la garde municipale.

D’après une enquête faite en vertu d’un arrêté préfectoral du 13 juin 1844, on ouvrirait sur l’emplacement des terrains des Petits-Pères et de la propriété des messageries royales : 1o une rue de 12 m. de largeur pour communiquer du passage des Petits-Pères à la rue des Filles-Saint-Thomas ; 2o une rue de 10 m. de largeur, en prolongement de la rue Saint-Pierre jusqu’au percement qui vient d’être indiqué. L’exécution de ce projet doit être déclarée d’utilité publique.

Notre-Dame-des-Victoires (rue).

Commence à la place des Petits-Pères no 9 ; finit à la rue Montmartre, nos 149 et 153. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 441 m. Les numéros impairs de 1 à 15 bis, et les numéros pairs sont du 3e arrondissement, quartier du Mail ; le surplus dépend du 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Au commencement du xviie siècle, c’était le chemin Herbu. Il fut converti en rue conformément à un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet suivant. Le côté droit de cette voie publique était presqu’entièrement construit en 1636. Elle doit sa dénomination actuelle à l’église des Petits-Pères, consacrée sous le vocable de Notre-Dame-des-Victoires. — Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette moindre largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Dès le 16 juin 1824, une ordonnance royale relative aux abords de la Bourse avait approuvé la disposition suivante « Prolonger en ligne droite la rue Notre-Dame-des-Victoires, sur une largeur de 12 m., jusqu’à sa rencontre avec la rue Montmartre. » L’exécution de ce projet fut déclarée d’utilité publique par une autre ordonnance du 17 janvier 1830. Ce prolongement a été commencé en 1837 et terminé en 1841. — Toutes les constructions du côté des numéros impairs, et les maisons nos 28, 30, 32, 34, 36, 40, 42, 48 et 50 sont alignées. Les maisons bordant le retour d’équerre sur la rue Montmartre ne sont pas soumises à reculement. — Égout entre les rues Joquelet et Montmartre. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Nouvelle (boulevart Bonne-).

Commence aux rues Saint-Denis, no 391 et du Faubourg-Saint-Denis, no 1 ; finit aux rues Poissonnière, no 46, et du Faubourg-Poissonnière, no 2. Le dernier impair est 37 le dernier pair, 42. Sa longueur est de 347 m. Les numéros impairs sont du 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle ; les numéros pairs dépendent du 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ce boulevart a été formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676. Il doit sa dénomination à sa proximité de l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. — Une ordonnance royale du 15 mai 1832, porte : « Article 1er. — Les dispositions indiquées sur les plans ci-annexés pour l’abaissement transversal du boulevart Bonne-Nouvelle, le nouvel alignement de ce boulevart au moyen de la suppression de la rue Basse-Porte-Saint-Denis et de l’impasse des Babillards, le prolongement de la rue Hauteville jusqu’au boulevart, et l’élargissement des impasses des Filles-Dieu et de Saint-Laurent, sont approuvées. L’exécution du d. plan est déclarée d’utilité publique. — Art. 2. Le préfet, au nom de la ville de Paris, est autorisé ; 1o à traiter à cet effet avec les sieurs Labbé et Bègue aux conditions stipulées dans l’acte passé entre ces propriétaires et le préfet de la Seine, le 31 décembre 1831 ; 2o à concéder, conformément au traité et aux conditions énoncées dans les engagements souscrits par les propriétaires riverains de la rue Basse-Porte-Saint-Denis, le sol de cette rue et du talus du boulevart, situé au droit de leurs propriétés, dans la proportion de l’étendue de leurs façades jusqu’à l’alignement du boulevart ; 3o à concéder également aux propriétaires de l’impasse des Babillards, le sol de cette impasse et de la partie de la rue Basse-Porte-Saint-Denis et du talus du boulevart qui se trouve au droit de cette impasse, etc. » — Conformément à cette ordonnance la rue Basse-Porte-Saint-Denis fut supprimée, et l’on procéda immédiatement à l’abaissement du sol du boulevart. En 1842 et 1843, l’administration a fait exécuter de grands travaux de nivellement, pavage, trottoirs, égouts, escaliers, etc., qui ont occasionné une dépense de 220 000 francs. Les indemnités accordées aux propriétaires et locataires se sont élevées à 270 000 fr. — Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, à l’exception de celles qui portent les nos 5 bis, 7, 9 et 37, dont le retranchement sera de 40 c. au plus. Les maisons de 10 à 38 inclus sont à l’alignement. — Portions d’égout et de conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Noyers (rue des).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et à la place Maubert, no 46 ; finit à la rue Saint-Jacques, nos 45 et 51. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 258 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue a été bâtie, vers 1215, sur l’emplacement d’une allée de noyers, qui séparait le clos Bruneau de celui de Garlande. En 1348, cette voie publique se nommait rue Saint-Yves, en raison de la chapelle Saint-Yves, située au coin de la rue Saint-Jacques. La rue des Noyers a été élargie en vertu d’un arrêt du conseil du 7 décembre 1680. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 septembre 1825, sa moindre largeur est portée à 10 m. Les constructions nos 21, 23, 49, 51, 52, 54 et 56 sont alignées ; celles nos 47 et 46 ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout entre la rue des Anglais et la place Maubert. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Juin 1844.


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