Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/M

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M
M.


Mabillon (rue).

Commence à la rue du Four, nos 15 et 17 ; finit à la rue du Petit-Bourbon, nos 14 et 16. Le dernier impair est 3 ; ce côté est en grande partie bordé par le marché Saint-Germain ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 162 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte, en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. — Mabillon (Jean), prêtre et religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, qui a donné son nom à cette voie publique, naquit le 23 novembre 1632, à Saint-Pierre-Mont, diocèse de Reims, et mourut le 27 décembre 1707, à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Il fut enterré dans la chapelle Notre-Dame. Cette abbaye devenue propriété nationale, il fut exhumé le 3 vendémiaire an VIII, et transporté au Musée des monuments français. Le 26 février 1819, ses cendres, ainsi que celles de Montfaucon et de Descartes, furent recueillies et déposées en grande pompe dans l’église Saint-Germain-des-Prés. — Le principal ouvrage de Mabillon est intitulé : la Diplomatique. — Une décision ministérielle en date du 12 novembre 1817, et une ordonnance royale du 12 mai 1841, ont fixé la largeur de la rue Mabillon à 11 m. 50 c. Les propriétés nos 1 et 2 sont seules soumises à retranchement. — Portion d’égout. — Conduite d’eau entre les rues du Four et Lobineau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Mâcon (rue).

Commence à la rue Saint-André-des-Arts, nos 17 et 21 ; finit aux rues de la Vieille-Bouclerie, no 24, et de la Harpe, no 2. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 95 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.


Cette rue était presqu’entièrement bâtie à la fin du XIIe siècle. Elle doit son nom aux comtes de Mâcon, dont l’hôtel bordait une partie de cette voie publique. Dans le terrier de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, à l’année 1523, on lit : rue Vieille-Bouclerie, dite Mâcon, entre deux portes, maison aboutissant par derrière à celle de la rue de la Harpe. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, cette dimension est portée à 10 m. Les maisons nos 5 et 9 sont alignées. La propriété no 1 ne devra subir qu’un léger redressement. Le surplus de ce côté est soumis à un retranchement qui varie de 1 m. 70 à 3 m. 50 c. Les constructions du côté des numéros pairs devront reculer de 3 m. 60 c. à 5 m.

Maçons (rue des).

Commence à la rue des Mathurins, nos 17 et 19 ; finit à la place Sorbonne, no 4, et à la rue Neuve-de-Richelieu, no 2. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 189 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

L’emplacement de cette rue se trouvait compris anciennement dans l’enceinte du palais des Thermes. Elle était entièrement construite au commencement du XIIIe siècle. En 1254 et 1263 on l’appelait rue des Maçons. Cette rue se prolongeait autrefois jusqu’à celle des Poirées ; une partie en a été retranchée pour former la place Sorbonne. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 70 c. à 2 m. 80 c. Les maisons nos 6 bis, 8 et 10 sont alignées. Le surplus, de ce côté, devra reculer de 50 c. environ.

Madame (rue).

Commence à la rue Mézières, nos 5 et 7 ; finit à la rue de l’Ouest, nos 9 et 11. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 477 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Partie comprise entre les rues de Vaugirard et de l’Ouest. — Elle a été ouverte, en 1790, sur l’emplacement d’une partie du jardin du Luxembourg, appartenant alors à son A. R. Monsieur. Ce prince, qui régna depuis sous le nom de Louis XVIII, appela la nouvelle voie publique rue Madame, en l’honneur de Marie-Joséphine Louise de Savoie, princesse de Sardaigne, Madame, son épouse.

En 1793, cette rue, dont la largeur était fixée à 11 m. 69 c., reçut la dénomination de rue des Citoyennes. En 1806 elle reprit son premier nom. La largeur de 11 m. 69 c. a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841.

Partie comprise entre la rue Mézières et cette de Vaugirard. — Une ordonnance royale du 6 octobre 1824 porte ce qui suit : « Vu les contrats de vente des anciens couvents du Précieux-Sang et du Noviciat des Jésuites à Paris, en date des 4 et 21 fructidor an V, contenant la condition par les acquéreurs de livrer le terrain nécessaire à la formation d’une nouvelle rue de 30 pieds de large, dans le prolongement de la rue Madame jusqu’à la rue Mézières, vis-à-vis celle du Gindre ; vu le plan de ce prolongement arrêté par le ministre de l’intérieur, le 14 vendémiaire an XIII, et qui en portait la largeur à 10 m. ; vu la proposition du préfet de la Seine, de donner à cette nouvelle rue une largeur de 11 m. 69 c. (36 pieds) égale à celle de la rue Madame, etc… ; nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. La rue Madame, à Paris, sera prolongée sur une même largeur de 11 m. 69 c. jusqu’à la rue Mézières. — Art. 2. Les propriétaires riverains qui, aux termes de leurs contrats d’acquisition, sont tenus de fournir le terrain nécessaire à la nouvelle rue sur 30 pieds de largeur, seront indemnisés du surplus à dire d’experts, etc. » En vertu d’un arrêté préfectoral du 11 septembre 1837, on a procédé à la régularisation du numérotage de la rue Madame. Les constructions riveraines de cette voie publique sont alignées. — Égout entre les rues Honoré-Chevalier et de l’Ouest. — Conduite d’eau depuis la rue Mézières jusqu’à celle de Vaugirard. — Éclairage au gaz (compe Française).

Couvent des religieuses du Précieux-Sang. — La réforme ayant été introduite dans un couvent de l’ordre de Cîteaux de la ville de Grenoble, plusieurs religieuses, désirant fonder un établissement à Paris, s’adressèrent à l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, afin d’en obtenir l’autorisation. Le 20 décembre 1635, permission leur fut accordée. Elles achetèrent alors une maison située à l’encoignure des rues du Pot-de-Fer et Mézières, et s’y installèrent en 1636 après avoir reçu de la duchesse d’Aiguillon une somme de 8,050 livres. Dans l’espace de vingt années, les religieuses contractèrent des dettes si considérables qu’elles furent obligées d’abandonner leur maison. En 1656, elles prirent à loyer une propriété située dans la rue du Bac. Des personnes charitables vinrent à leur secours et par leurs libéralités fournirent à ces religieuses la facilité d’acquérir, dans la rue de Vaugirard, une maison qu’elles disposèrent suivant leurs besoins. Elles tirent construire une chapelle qui fut bénite le 20 février 1659, sous le vocable du précieux sang de Notre Seigneur, et le même jour elles prirent possession de leur nouveau monastère. Cette communauté ayant été supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue en deux lots, le 4 fructidor an V. Elle contenait une superficie de 2,642 m. 84 c.

Noviciat des Jésuites. Profitant de l’édit de septembre 1603, qui les établissait en France, les Jésuites, qui n’avaient à Paris que deux établissements, le collége et la maison professe, conçurent le projet de fonder un noviciat. Un brevet du roi du 17 mars 1610, leur en accorda l’autorisation. En 1612, madame Luillier, veuve du sieur de Sainte-Beuve, leur donna l’ancien hôtel Mézières où ils vinrent s’installer. François Sublet des Noyers fit élever à ses frais une église dont la première pierre fut posée le 10 avril 1630, par Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-Prés. Cet édifice, construit sous la direction de frère Martel Ange, fut achevé en 1642, et consacré sous l’invocation de saint François-Xavier. Les bâtiments et terrains du noviciat des Jésuites étant devenus propriétés nationales, furent vendus en 4 lots le 21 fructidor an V. Ils contenaient en superficie 3,192 m. 46 c.

Madeleine (boulevart de la).

Commence aux rues Neuve-Luxembourg, no 35, et de Caumartin ; finit à la place de la Madeleine, no 10. Le dernier impair est 17. Pas de numéro pair ; ce côté dépend de la rue Basse-du-Rempart. Sa longueur est de 250 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Il a été formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676. La largeur de la chaussée est de 19 m. Ce boulevart doit sa dénomination à l’église de la Madeleine, à laquelle il aboutit. — Une ordonnance royale du 24 août 1833 a fixé pour cette voie publique un alignement parallèle aux arbres de la contr’allée et à 2 m. de distance. Les propriétés nos 1, 3 et 5, sont soumises à un redressement qui n’excède pas 30 c. ; le surplus est aligné. Le sol de ce boulevart a été nivelé en 1839. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Madeleine (église de la).

Située sur la place du même nom. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

« Versailles, le 6 février 1763. — Louis, etc… À nos amez et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de parlement et chambre de nos comptes à Paris ; salut. La protection singulière que nous avons toujours accordée aux établissements destinés pour le culte de la religion et l’utilité de nos sujets, nous a fait mettre en considération les très humbles remontrances qui nous ont été faites par notre cher et bien amé le sieur Cathlin, curé de la paroisse de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, de notre bonne ville de Paris, sur la nécessité de faire reconstruire une nouvelle église, pour la dite paroisse qui est une des plus considérables de cette ville, soit par le nombre, soit par la qualité de ses habitants, celle actuellement existante et qui n’a pas plus d’étendue qu’une simple chapelle, étant beaucoup trop petite, eu égard au nombre des paroissiens ; nous aurions à cet effet fixé par nos lettres-patentes du 21 juin 1757, l’emplacement sur lequel nous avons jugé devoir être construite la nouvelle église, à l’extrémité de la rue Royale, entre le rempart et la rue de Chevilly, et nous aurions destiné des fonds pour cette entreprise, le tout conformément aux plans par nous agréés que nous lui avons fait remettre. Mais comme les bâtiments et terrains qu’il est nécessaire d’acquérir pour l’exécution des dits plans, appartiennent en partye à gens de main-morte, tels que les religieux titulaires dits Mathurins, les religieuses Bénédictines de la Ville-l’Évêque, et le domaine de la cure de la Ville-l’Évêque ; tous les quels ne peuvent vendre ni aliéner les dits biens sans y être par nous autorisés, que même le sieur curé de la Madeleine de la Ville-l’Évêque ne peut faire les dites acquisitions sans une pareille autorisation de notre part. À ces causes, de l’avis de notre conseil et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons par ces présentes signées de notre main, statué et ordonné, statuons et ordonnons, voulons et nous plait : Article 1er. Que tous les ouvrages nécessaires pour la construction d’une nouvelle église paroissiale de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, d’un presbytère, place et rues adjacentes, soient faits dans le lieu désigné par nos lettres-patentes du 21 juin 1757, par les ordres du sieur curé de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, et exécutés par les soins du sieur Cathlin, avocat au parlement, sous la conduite et inspection du sieur Contant d’Ivry, l’un de nos architectes de l’académie royale d’architecture, conformément aux plans et dessins par nous approuvés et cy-attachés sous le contr’scel de notre chancellerie. — Art. 2e. À l’effet de quoi, permettons au sieur curé de la Madeleine de la Ville-l’Évêque, d’acquérir tous les bâtiments et terrains appartenant à des particuliers, même aux supérieures, communauté et religieuses Bénédictines de la Ville-l’Évêque, qui pourront lui être nécessaires pour la construction de la dite église, presbytère, place et rues adjacentes, circonstances et dépendances, et dans le cas où quelques parties des terrains se trouveraient inutiles pour la construction des dites église et dépendances, lui permettons de les vendre, céder et échanger, et le produit en sera par lui employé aux dépenses nécessaires pour la dite construction et ses dépendances, etc… Signé Louis. » (Archives du royaume, série E, no 3449).

Louis XV posa la première pierre de l’église de la Madeleine le 3 avril 1764. Contant d’Ivry, architecte, qui avait fourni les plans, fut chargé de la direction des travaux. Cette basilique devait surpasser en grandeur et en majesté toutes les églises ses sœurs. Conçue dans le style du monument de Sainte-Geneviève, elle aurait rappelé aussi, dans quelques unes de ses parties, l’église des Invalides. Au centre d’une croix latine s’élevait un vaste dôme ; à l’abside du monument, deux petites tourelles étaient destinées à servir de clochers ; la façade, la partie importante de l’édifice, était d’un grand et majestueux effet.

La mort de Contant d’Ivry empêcha l’exécution de ce plan magnifique. La continuation des travaux fut accordée par le roi à M. Couture, qui renversa tout ce que son prédécesseur avait fait. La décoration intérieure de l’église fut entièrement changée, l’extérieur du monument lui-même fut tellement défiguré, que l’œuvre du premier architecte devint méconnaissable.

Les colonnes s’élevaient aux deux tiers de leur hauteur quand la révolution, qui grondait sourdement, éclata tout à coup. La maison de Dieu n’était pas encore sanctifiée, on l’épargna ! Ce ne fut qu’en 1799 que ses ruines si jeunes attirèrent l’attention du gouvernement. Plusieurs projets furent soumis. M. de Gisors proposa de faire de la Madeleine une bibliothèque nationale, et M. Vaudoyer un monument dans le genre du Panthéon de Rome. Les plans des deux architectes furent froidement accueillis. — Le consulat finissait, et l’empire nous arrivait avec toutes ses gloires.

« Au camp impérial de Posen, le 2 décembre 1806. — Napoléon, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera établi, sur l’emplacement de la Madeleine de notre bonne ville de Paris, aux frais du trésor de notre couronne, un monument dédié à la grande armée, portant sur le fronton : L’empereur Napoléon aux soldats de la Grande-Armée ! — Art. 2. Dans l’intérieur du monument seront inscrits sur des tables de marbre, les noms de tous les hommes, par corps d’armée et par régiment, qui ont assisté aux batailles d’Ulm, d’Austerlitz et d’Iéna, et sur des tables d’or massif les noms de tous ceux qui sont morts sur les champs de bataille ; sur des tables d’argent sera gravée la récapitulation, par département, des soldats que chaque département a fournis à la Grande-Armée. — Art. 3. Autour de la salle seront sculptés des bas-reliefs où seront représentés les colonels de chacun des régiments de la Grande-Armée, avec leurs noms ; ces bas-reliefs seront faits de manière que les colonels soient groupés autour de leurs généraux de division et de brigade, par corps d’armée. Les statues, en marbre, des maréchaux qui ont commandé des corps ou qui ont fait partie de la Grande-Armée, seront placées dans l’intérieur de la salle. — Art. 4. Les armures, statues, monuments de toute espèce, enlevés par la Grande-Armée dans ces deux campagnes, les drapeaux, étendars et tymbales conquis par la Grande-Armée, avec les noms des régiments ennemis auxquels ils appartenaient, seront déposés dans l’intérieur du monument. — Art. 5. Tous les ans, aux anniversaires des batailles d’Austerlitz et d’Iéna, le monument sera illuminé, et il sera donné un concert précédé d’un discours sur les vertus nécessaires au soldat, et d’un éloge de ceux qui périrent sur le champ de bataille dans ces journées mémorables. Un mois avant, un concours sera ouvert pour recevoir la meilleure pièce de musique analogue aux circonstances. Une médaille d’or, de 150 doubles Napoléons, sera donnée aux auteurs de chacune de ces pièces qui auront remporté le prix. Dans les discours et odes, il est expressément défendu de faire aucune mention de l’empereur. — Art. 6. Notre ministre de l’intérieur ouvrira, sans délai, un concours d’architecture, pour choisir le meilleur projet pour l’exécution de ce monument. Une des conditions du prospectus sera de conserver la partie du bâtiment de la Madeleine qui existe aujourd’hui, et que la dépense ne dépasse pas trois millions. Une commission de la classe des beaux-arts de notre Institut sera chargée de faire un rapport notre ministre de l’intérieur, avant le mois de mars 1807, sur les projets soumis au concours. Les travaux commenceront le 1er mai et devront être achevés avant l’an 1809. Notre ministre de l’intérieur sera chargé de tous les détails relatifs à la construction du monument, et le directeur de nos musées de tous les détails des bas-reliefs, statues et tableaux. — Art. 7. Il sera acheté cent mille francs de rente en inscriptions sur le grand-livre, pour servir à la dotation du monument et à son entretien annuel. — Art. 8. Une fois le monument construit, le grand conseil de la Légion-d’Honneur sera spécialement chargé de sa garde, de sa conservation et de tout ce qui est relatif au concours annuel. — Art. 9. Notre ministre de l’intérieur et l’intendant des biens de notre couronne seront chargés de l’exécution du présent décret. Signé, Napoléon. »

Cent vingt-sept concurrents présentèrent à la commission, composée des membres de la quatrième classe de l’Institut, cent vingt-sept plans différents. Le premier prix fut décerné, par l’Académie, à M. de Beaumont, dont le travail paraissait avoir le mieux répondu aux conditions du programme.

Mais l’approbation de l’Empereur était indispensable, et le ministre de l’intérieur dut envoyer à Tilsitt les projets des architectes, accompagnés du jugement de la commission.

Le plan de Pierre Vignon attira de suite l’attention de l’Empereur, qui dicta quelques jours après la dépêche suivante, adressée à M. de Champagny :

« Au quartier-impérial de Finckenstein, le 30 mai 1807.

» Monsieur de Champagny, après avoir examiné attentivement les différents plans du monument dédié à la Grande-Armée, je n’ai pas été un moment en doute, celui de M. Vignon est le seul qui remplisse mes intentions : c’est un temple que j’avais demandé et non une église. Que pouvait-on faire dans le genre des églises, qui fût dans le cas de lutter avec Sainte-Geneviève, même avec Notre-Dame, et surtout avec Saint-Pierre de Rome ? Le projet de M. Vignon réunit, à beaucoup d’avantages, celui de s’accorder mieux avec le Palais-Législatif et de ne pas écraser les Tuileries.

» Lorsque j’ai fixé la dépense à trois millions, j’ai entendu que ce temple ne devait pas coûter plus que ceux d’Athènes, dont la construction ne s’élevait pas à la moitié de cette somme.

» Il m’a paru que l’entrée de la cour devait avoir lieu par l’escalier vis-à-vis le trône, de manière qu’il n’y eût qu’à descendre et à traverser la salle pour se rendre au trône. Il faut que dans les projets définitifs, M. Vignon s’arrange pour qu’on descende à couvert ; il faut aussi que l’appartement soit le plus beau possible ; M. Vignon pourrait peut-être le faire double, puisque la salle est déjà trop longue. Il sera également facile d’ajouter quelques tribunes.

» Les spectateurs doivent être placés sur des gradins de marbre formant les amphithéâtres destinés au public, et les personnes nécessaires à la cérémonie seront sur des bancs, de manière que la distinction de ces deux sortes de spectateurs soit très sensible. Les amphithéâtres garnis de femmes feront un contraste avec le costume grave et sévère des personnes nécessaires à la cérémonie. La tribune de l’orateur doit être fixe et d’un beau travail. Rien dans ce temple ne doit être mobile et changeant ; tout, au contraire, doit y être fixe à sa place.

» S’il était possible de placer à l’entrée du temple le Nil et le Tibre, qui ont été apportés de Rome, cela serait d’un très bon effet ; il faut que M. Vignon tâche de les faire entrer dans son projet définitif, ainsi que les statues équestres qu’on placerait au-dehors, puisque réellement elles seraient mal dans l’intérieur. Il faut aussi désigner le lieu où l’on placera l’armure de François Ier, prise à Vienne, et le quadrige de Berlin.

» Il ne faut pas de bois dans la construction de ce temple. Pourquoi n’emploierait-on pas pour la voûte, qui a fait un objet de discussion, du fer ou même des pots de terre ? Ces matières ne seraient-elles pas préférables à du bois ? Dans un temple qui est destiné à durer plusieurs milliers d’années, il faut chercher la plus grande solidité possible, éviter toute construction qui pourrait être mise en problème par les gens de l’art, et porter la plus grande attention au choix des matériaux : du granit et du fer, tels devraient être ceux de ce monument. On objectera que les colonnes actuelles ne sont pas de granit ; mais cette objection ne serait pas bonne, puisque avec le temps on peut renouveler ces colonnes sans nuire au monument. Cependant, si l’on prouvait que le granit entraînât dans une trop grande dépense et dans de longs délais, il faudrait y renoncer ; car la condition principale du programme, c’est qu’il soit exécuté en trois ou quatre ans, et au plus, en cinq ans. Ce monument tient en quelque chose à la politique : il est dès lors du nombre de ceux qui doivent se faire vite. Il convient néanmoins de s’occuper à chercher du granit pour d’autres monuments que j’ordonnerai, et qui, par leur nature, peuvent permettre de donner trente, quarante ou cinquante ans à leur construction.

» Je suppose que toutes les sculptures intérieures seront en marbre ; et qu’on ne me propose pas des sculptures propres aux salons et aux salles à manger des femmes de banquiers de Paris. Tout ce qui est futile n’est pas simple et noble ; tout ce qui n’est pas de longue durée ne doit pas être employé dans ce monument. Il n’y faut aucune espèce de meubles, pas même de rideaux.

» Quant au projet qui a obtenu le prix, il n’atteint pas mon but, c’est le premier que j’ai écarté. Il est vrai que j’ai donné pour base de conserver la partie du bâtiment de la Madeleine qui existe aujourd’hui ; mais cette expression est une ellipse : il était sous-entendu que l’on conserverait de ce bâtiment le plus possible ; autrement il n’y aurait pas eu besoin de programme ; il n’y avait qu’à se borner à suivre le plan primitif. Mon intention était de n’avoir pas une église, mais un temple ; et je ne voulais ni qu’on rasât tout, ni qu’on conservât tout. Si les deux propositions étaient incompatibles, savoir : celle d’avoir un temple et celle de conserver les constructions actuelles de la Madeleine, il était simple de s’attacher à la définition d’un temple ; par exemple, j’ai entendu un monument tel qu’il y en avait à Athènes, et qu’il n’y en a pas à Paris. Il y a beaucoup d’églises à Paris ; il y en a dans tous les villages ; je n’aurais assurément pas trouvé mauvais que les architectes eussent observé qu’il y avait une contradiction entre l’idée d’avoir un temple, et l’intention de conserver les constructions bâties pour une église. La première était l’idée principale, la seconde l’idée accessoire. M. Vignon a donc deviné ce que je voulais.

» Quant à la dépense fixée à trois millions, je n’en fais pas une condition absolue. J’ai entendu qu’il ne fallait pas faire un autre Panthéon ; celui de Sainte-Geneviève a déjà coûté plus de quinze millions. Mais en disant trois millions, je n’ai pas entendu qu’un ou deux millions de plus ou de moins entrassent en concurrence avec la convenance d’avoir un monument plus ou moins beau. Je pourrai autoriser une dépense de cinq ou six millions si elle est nécessaire, et c’est ce que le devis définitif me prouvera.

» Vous ne manquerez pas de dire à la quatrième classe de l’Institut, que c’est dans son rapport même que j’ai trouvé les motifs qui m’ont déterminé. Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. Signé Napoléon. »

Nous avons cru devoir reproduire cette lettre dans son entier ; non seulement elle fait connaître de quelle manière l’empereur concevait et dirigeait les immenses travaux que Paris doit à son règne, mais elle peut répondre encore à plusieurs critiques injustement adressées aux architectes qui succédèrent à Contant d’Ivry.

C'était un temple et non une église que Napoléon voulait ; Pierre Vignon dut se conformer au programme, en élevant un monument dans le goût des édifices d’Athènes.

Les constructions étaient déjà bien avancées, lorsque les désastres de 1814 et 1815 arrivèrent. L’ennemi, qui souillait notre capitale, nous enleva les magnifiques trophées destinés à parer le Temple de la Gloire, qui redevint par une ordonnance royale du 14 février 1816, l’église royale de la Madeleine. Il était question alors d’élever dans cette basilique les monuments expiatoires de Louis XVI, de Marie-Antoinette, de Louis XVII, de Madame Élisabeth et du duc d’Enghien, et l’architecte dut se borner à approprier l’ancien temple à sa nouvelle destination. Vignon continua les travaux jusqu’en 1828, année de sa mort. Depuis cette époque jusqu’à l’achèvement de l’édifice, M. Huvé a dirigé toutes les constructions.

Avant de parler de l’architecture de ce monument, nous allons reproduire les actes qui compléteront la partie administrative.

« Charles, etc…. Nous avons proposé, les chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui qui suit : — Titre unique. Le ministre des finances est autorisé à abandonner au nom de l’État, à la ville de Paris, les terrains précédemment acquis par le gouvernement pour les abords de l’église de la Madeleine, lesquels abords cesseront d’être à la charge de l’État. La présente loi discutée, délibérée et adoptée par la Chambre des Pairs et celle des Députés, et sanctionnée par nous aujourd’hui, sera exécutée comme loi de l’État ; etc… Donné en notre château de Saint-Cloud, le 27e jour du mois de mai, l’an de grâce 1827, et de notre règne le 3e. Signé Charles. »

» Au palais des Tuileries, le 23 mars 1842. Louis-Philippe, etc… Nous avons proposé, les chambres ont adopté, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Il est fait concession à la ville de Paris, à titre de propriété, de l’église de la Madeleine, pour être affectée au service de la paroisse principale du 1er arrondissement. La d. concession est faite à la charge, par la ville, de pourvoir aux dépenses des abords de l’édifice et de son appropriation au service religieux. — Art. 2e. Les travaux restant à faire à l’église de la Madeleine, aux frais de l’État, sur les crédits précédemment alloués, et ceux qui sont mis à la charge de la ville de Paris, continueront à être exécutés par l’architecte du gouvernement, sous la surveillance et l’autorité directe du ministre des travaux publics ; et à l’avenir aucune modification ne pourra être apportée à l’édifice, sans l’approbation expresse du même ministre, etc. Signé Louis-Philippe. »

L’extérieur de ce monument a toute la mâle sévérité, toute la noblesse des temples antiques. Il est entouré de colonnes d’ordre corinthien, surmontées de chapiteaux d’une richesse remarquable. L’édifice qui se développe du sud au nord a 79 m. 30 c. de longueur, sa largeur est de 21 m. 40 c., et sa hauteur, mesurée sous les coupoles, est de 30 m. 30 c. Dans les bas-côtés des portiques et des galeries en face des entrecolonnements, ont été taillées des niches qui renferment des statues de saints.

En pénétrant sous le portique principal, c’est-à-dire sous celui du midi, on voit à droite la statue de saint Philippe, par M. Nanteuil, à gauche saint Louis, par le même.

Le portique septentrional est décoré de quatre statues ; à droite : saint Mathieu, par M. Desprez, et saint Marc, par M. Lemaire ; à gauche, saint Jean et saint Luc, par M. Ramey.

La galerie de droite en renferme quatorze : saint Gabriel, par M. Duret ; saint Bernard, par M. Husson ; sainte Thérèse, par M. Feuchère ; saint Hilaire, par M. Huguenin ; sainte Cécile, par M. Dumont ; saint Irénée, par M. Gourdel ; sainte Adélaïde, par M. Bosio neveu : saint François de Sales, par M Molcheneht ; sainte Hélène, par M. Mercier ; saint Martin de Tours, par M. Grenevich ; sainte Agathe, par M. Dantan jeune ; saint Grégoire, par M. Thérasse ; sainte Agnès, par M. Du Seigneur ; saint Raphaël, par M. Dantan aîné.

Les quatorze statues de la galerie de gauche sont : saint Michel, par M. Raggi ; saint Denis, par M. Debay fils ; sainte Anne, par M. Desbœufs ; saint Charles Borromée, par M. Jouffroy ; sainte Élisabeth, par M. Caillouete ; saint Ferdinand, par M. Jaley ; sainte Christine, par M. Walcher ; saint Jérôme, par M. Lanno ; sainte Jeanne de Valois, par M. A. Guillot ; saint Grégoire de Valois, par M. Maindron ; sainte Geneviève, par M. Debay père ; saint Jean Chrisostôme, par M. Gœcther ; sainte Marguerite d’Écosse, par M. Caunois ; et l’Ange Gardien, par M. Bra.

La frise qui règne autour de l’édifice, est ornée d’anges, de médaillons, de guirlandes d’un travail remarquable. Un fronton sans sculpture surmonte le portique du nord ; sur le tympan du fronton méridional sont gravés ces mots en lettres d’or :

D. O. M. SUB INVOCATIONE SANCTÆ MAGDALENÆ.
Au Dieu très bon, très grand, sous l’invocation de sainte Madeleine.

Au-dessus se déroule une des plus grandes pages de la statuaire moderne. Cette composition a 38 m. 350 mil. de longueur, sur 7 m. 150 mil. de hauteur à l’angle.

Le Christ debout, ayant à ses pieds la Madeleine repentante, occupe le milieu du fronton ; à droite du Dieu qui pardonne, l’ange des miséricordes et l’Innocence, soutenue par la Foi et l’Espérance, se montrent suivis de la Charité, entourée de deux pauvres enfants qu’elle protège. Dans le coin de l’angle, occupé par un ange qui fait sortir une âme juste du tombeau, et lui dévoile les félicités éternelles, on lit ces mots : Ecce dies salutis ! Tous les vices personnifiés, chassés par l’ange des vengeances, occupent la gauche du Christ ; ce côté du bas-relief est terminé par une figure que l’ange des ténèbres précipite dans l’abime, et sous laquelle on lit Væ impio !

Cette large composition fait le plus grand honneur à M. Lemaire. La tête du Christ, le corps de la Madeleine, la figure de la Charité offrent de grandes beautés. On pénètre dans l’église par une porte ouverte sous le fronton méridional. Cette porte a 10 m. 430 mil. d’élévation, sur 5 m. 40 mil. de largeur ; elle est en bronze fondu ciselé, et présente sur ses quatre compartiments des scènes tirées des commandements de Dieu. Cet ouvrage remarquable est de M. Triquetti.

L’intérieur de l’église présente cinq travées, qui toutes, à l’exception de la première, sont surmontées de coupoles entièrement dorées. Les revêtements des murs sont en marbre. Les colonnes qui soutiennent la galerie des tribunes, celles des petites chapelles, sont d’ordre ionique et également revêtues de marbre et d’or. La peinture concourt pour une large part à la décoration intérieure de l’église, mais les travaux confiés à plusieurs artistes manquent d’harmonie. M. Ziegler a peint, sur les murs de l’abside, l’histoire du Christianisme. Six grands tableaux complètent la décoration intérieure de l’église. Parmi ces compositions on remarque la Madeleine dans le désert de M. Abel de Pujol ; la Madeleine aux pieds du Christ de M. Couder, et la mort de la Madeleine de M. Signol.

Une place importante a été réservée aussi à la sculpture dans l’intérieur de l’édifice : au premier rang figurent les magnifiques bénitiers de M. Antonin Moine. Le ravissement de la Madeleine occupe l’autel principal. La chapelle des mariages renferme un groupe en marbre blanc représentant le mariage de la Vierge ; ce travail est de M. Pradier. La chapelle des fonts baptismaux est également ornée d’un groupe en marbre blanc représentant le baptême de Jésus-Christ, dû au ciseau de M. Rude.

Les sculptures des trois chapelles de la travée de de droite, sont : sainte Amélie, par M. Bra ; la Sainte-Vierge, par M. Seurre ; sainte Clotilde, par M. Barrye. Celles de la travée de gauche, sont : saint Vincent-de-Paul, par M. Raggi ; le Christ, par M. Duret, et saint Augustin, par M. Etex.

Telles sont les principales compositions qui décorent l’intérieur de cet édifice ; malgré toutes ses richesses de marbre et d’or, la volonté humaine devait être impuissante à faire du Temple de la Gloire, une église qui fût en harmonie avec notre ciel, avec notre religion ; une église enfin devant laquelle l’artiste s’arrête pour admirer, et le chrétien pour penser à Dieu.

Madeleine (marché de la).

Situé place de la Madeleine, no 17. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Ce marché, construit en 1835 sur les terrains appartenant à la société Chabert, occupe une superficie de 4,130 m. On y vend des comestibles.

Madeleine (passage de la).

Commence à la place du même nom, nos 7 et 9 ; finit à la rue de l’Arcade, nos 4 et 4 bis. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Formé en 1815, ce passage était alors étroit et sombre. Il a été élargi depuis quelques années, et doit son nom à l’église de la Madeleine. Ce passage n’est point fermé.

Madeleine (place de la).

Située à l’extrémité du boulevart du même nom. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 28. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Elle a été formée sur une partie de l’emplacement du prieuré de Notre-Dame-de-Grâce, dit de la Ville-l’Évêque. Ce prieuré, fondé le 12 avril 1613, par deux sœurs, Catherine et Marguerite d’Orléans-Longueville, suivait la règle de saint Benoît. Les religieuses portaient le nom de Bénédictines de la Ville-l’Évêque. Supprimé en 1790, ce prieuré devint propriété nationale. Les bâtiments furent vendus le 18 floréal an VI. Nous donnons ici un extrait de la clause imposée aux acquéreurs : « Les acquéreurs ou ayant-droits seront expressément tenus, ainsi que lesdits acquéreurs l’ont proposé et consenti, de fournir au gouvernement, à la première réquisition qui leur en sera faite et au même prix de leur acquisition, tout le terrain bâti et non bâti qui sera jugé nécessaire, tant pour l’exécution et l’accomplissement des projets d’embellissements de Paris que pour la place nouvelle que pourra nécessiter le monument de la ci-devant église de la Madeleine, dont les constructions sont restées suspendues. » — « Au palais impérial de Saint-Cloud, le 10 septembre 1808. — Napoléon, empereur, etc… Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera formé une place autour du Temple de la Gloire à ériger dans l’emplacement de l’église de la Madeleine à Paris et dont le plan a été par nous arrêté. — Art. 2. Les côtés de la place seront parallèles à ceux du temple, et en seront distants d’une fois sa largeur, prise du dehors de ses péristyles, le fond en sera distant d’une fois et demie cette largeur. — Art. 3. Il sera ouvert au fond de la place, jusqu’à la rue Neuve-des-Mathurins, et dans le prolongement de l’axe du temple de la Gloire, une rue égale en largeur à la rue de la Concorde. — Art. 4. Il sera établi un boulevart se dirigeant vers Monceaux, à angle correspondant au boulevart actuel dit de la Madeleine. — Art. 5. Il sera statué ultérieurement sur la forme à donner à la place, vis-à-vis la face méridionale du temple. — Art. 6. Les façades à construire sur cette place seront assujetties à la décoration qui sera adoptée par notre ministre de l’intérieur, etc… » Ce décret ne fut point exécuté.

Une ordonnance royale du 2 juin 1824 porte : « Article 1er. Sont approuvés les alignements tracés par des lignes noires sur le plan ci-joint, et dont les dispositions consistent : 1o à former autour du monument de la Madeleine une place de forme carrée, et dont les côtés seront parallèles à ceux du temple, etc… » — Une autre ordonnance en date du 6 septembre 1826 déclara d’utilité publique l’exécution de ce plan. L’alignement de la place de la Madeleine est entièrement exécuté. — Égout. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Madeleine (rue de la).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 22 et 24 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 110 et 97. Le dernier impair est 59 ; le dernier pair, 76. Sa longueur est de 519 m. — 1er arrondissement : tous les numéros impairs et les pairs de 24 à 76, quartier du Roule ; de 2 à 22, quartier de la Place-Vendôme.

La partie de cette voie publique comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et celles de la Ville-l’Évêque et de l’Arcade, s’appelait anciennement rue l’Évêque, parce qu’elle dépendait du territoire dit la Ville-l’Évêque. On la trouve aussi indiquée sous le nom de rue de l’Abreuvoir-l’Évêque. Elle figure sous ce dernier titre dans plusieurs procès-verbaux de 1637 et 1642. La dénomination de rue de la Madeleine lui fut donnée parce qu’elle aboutissait en face de l’ancienne église de ce nom. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. En vertu d’une ordonnance royale du 5 juin 1839, cette largeur a été portée à 13 m.

Le surplus de la rue de la Madeleine a été ouvert sur les terrains appartenant à M. de Montessuy, et provenant du couvent des religieuses bénédictines de la Ville-l’Évêque. Une délibération du corps municipal en date du 16 février 1792, autorisa l’ouverture de cette rue, dont procès-verbal de réception fut dressé le 29 du même mois. Sa largeur était alors fixée à 9 m. 74 c. Cette largeur, maintenue par une décision ministérielle du 19 juillet 1808, signée Cretet, a été portée à 12 m., en vertu de l’ordonnance royale précitée du 5 juin 1839. Les maisons ci-après sont alignées : 17, 23, 25, 27 et toutes les propriétés du côté des numéros impairs, entre les rues de la Ville-l’Évêque et Neuve-des-Mathurins ; sur le côté opposé, les bâtiments qui s’étendent du boulevart de Malesherbes au no 72 inclus, ne sont pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Ville-l’Évêque jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

À l’angle de la rue de la Ville-l’Évêque et de la deuxième partie de la rue de la Madeleine, était située l’ancienne église de la Madeleine.

Vers la fin du XVe siècle, Charles VIII fit construire sur l’emplacement d’un oratoire, que le temps avait détruit, une chapelle destinée à la confrérie de la Madeleine. Cette chapelle devint église paroissiale en 1639, et fut reconstruite vingt ans après, par les soins de Marie-Louise d’Orléans de Montpensier, et de M. Sevin, coadjuteur de Sarlat, qui en posèrent la première pierre le 8 juillet 1651. Supprimée en 1790, cette église devint propriété nationale et fut vendue le 4 pluviôse an V (voir l’article de l’église de la Madeleine).

Madelonnettes (prison des).

Située dans la rue des Fontaines, no 14. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

C’était autrefois le couvent des Filles de la Madeleine. En 1618, Robert Montri, riche marchand de vins, ayant rencontré deux filles publiques qui manifestaient le désir de mener une vie régulière, les reçut dans sa maison, située près du carrefour de la Croix-Rouge. Trois autres personnes bienfaisantes, le curé de Saint-Nicolas-des-Champs, un capucin et un officier des gardes-du-corps, se joignirent à Robert Montri pour créer un établissement de filles repenties. La marquise de Maignelay, sœur du cardinal de Gondy, acheta en 1620, pour les y placer, une maison dans la rue des Fontaines, et leur fit un legs montant à 101,600 livres. Le roi donna d’autres secours, et le 20 juillet 1629, on tira de la Visitation-Saint-Antoine quatre religieuses pour gouverner cette maison qui, dans la suite, fut divisée en trois classes de filles. La première, la plus nombreuse, était celle des filles mises en réclusion pour y faire pénitence ; elles conservaient l’habit séculier. La seconde classe était celle des filles éprouvées par la pénitence, et qu’on nommait la Congrégation ; elles portaient un vêtement gris. La troisième classe comprenait les filles dont la conversion était sincère ; elles étaient admises à prononcer des vœux. L’église du monastère fut bâtie en 1680 et dédiée à la Vierge. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut converti vers 1793, en prison publique. En 1795, on y renferma les femmes prévenues de délits, et cette destination lui fut conservée jusqu’en 1830. Les Jeunes Détenus vinrent ensuite aux Madelonnettes, et cette prison n’a pas cessé d’être occupée par eux tout le temps de leur prévention. Seulement, vers 1836, alors que la Force regorgeait de prisonniers, on prit le parti de lui adjoindre ce vieux couvent pour succursale et d’y introduire des hommes.

Mademoiselle (Petite rue).

Commence à la rue de Babylone, nos 21 et 23 ; finit aux rue et impasse Plumet. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 126 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Elle faisait originairement partie de la rue des Brodeurs dont elle portait le nom (voyez cet article). En vertu d’un arrêt du conseil du 1er juillet 1780, elle reçut la dénomination de rue Pochet, en l’honneur de Jean-Baptiste-André Pochet, écuyer, conseiller du roi et alors échevin de la ville de Paris. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, a maintenu à 7 m. 70 c. la largeur de cette voie publique. — En 1806, elle fut de nouveau confondue avec la rue des Brodeurs. Conformément à une décision ministérielle du 14 septembre 1829, cette voie publique reçut le nom de Petite-rue-Mademoiselle parce qu’elle prolongeait la rue Mademoiselle (appelée aujourd’hui rue Vanneau ; voyez cet article). Les constructions riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau.

Madrid (rue de).

Commence à la place d’Europe. Pas de numéro. Sa longueur est de 98 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette voie publique, qui n’est encore aujourd’hui qu’à l’état d’impasse, a été tracée, en 1826, sur les terrains appartenant à MM. Hagerman et Mignon. Sa largeur est de 15 m. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 2 février 1826. Cette voie publique porte le nom de la capitale de l’Espagne, et doit être incessamment prolongée jusqu’à la rue de Malesherbes (voyez rue d’Amsterdam).

Magasins (rue des).

Commence à la rue Chabrol ; finit à la rue de La Fayette. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 249 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été ouverte en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 31 janvier de la même année. Cette rue, dont la largeur est de 12 m., doit son nom aux magasins et ateliers qui y furent construits dans l’origine. — Conduite d’eau entre les rues Chabrol et des Petits-Hôtels. — Éclairage au gaz (compe Française). (Voyez rue de l’Abattoir.)

Magdebourg (rue de).

Commence au quai Billy ; finit à la rue des Batailles. Pas de numéro. Sa longueur est de 113 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Le plan de Verniquet l’indique sous la dénomination de ruelle d’Hérivault. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an XII, signée Portalis, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En 1806, elle a reçu le nom de rue de Magdebourg, en mémoire de la prise de cette ville par les Français, le 8 novembre de la même année. La rue de Magdebourg, dont la pente est extrêmement rapide, n’est ni pavée ni éclairée.

Magloire (rue Saint-).

Commence à la rue Salle-au-Comte, no 1 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 166 et 108. Le dernier impair est 3 bis ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 44 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

En 1426, c’était la rue Saint-Leu, ensuite Saint-Gilles, en raison de sa proximité de l’église Saint-Leu et Saint-Gilles. En 1585, on la nommait rue Neuve-Saint-Magloire. Elle a été élargie en 1737, par suite de la suppression d’une maison qui faisait l’encoignure de la rue Saint-Denis. Son nom actuel lui vient du couvent des Filles-Saint-Magloire, qui longeait un des côtés de cette rue. — Une décision ministérielle à la date du 18 octobre 1808, signée Cretet, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Propriétés nos 1 et 3, retranch. 2 m. 50 c., surplus de ce côté ret. réduit 60 c. ; côté des numéros pairs, ret. 2 m. 20 c. à 3 m. — Éclairage au gaz (compe Française).

Couvent Saint-Magloire. Dès le IXe siècle, on voyait sur le chemin qui conduit de Paris à Saint-Denis, un oratoire dédié à Saint-Georges, et qui avait été construit au milieu d’un cimetière appartenant à la communauté de Saint-Barthélemi. Salvator, évêque d’Aleth, qui s’était réfugié à Paris avec les reliques de Saint-Magloire, fut inhumé dans ce cimetière. Vers 1117, les religieux de Saint-Barthélemi, grâce aux libéralités de Henri le Lorrain, établirent en cet endroit un monastère qu’ils vinrent habiter en 1138, et qui prit le nom de Saint-Magloire. Il y restèrent jusqu’en 1572 ; à cette époque, et d’après les ordres de Catherine de Médicis, ils furent transférés dans un emplacement situé près de l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Les Filles-Pénitentes qui habitaient l’hôtel d’Orléans, s’installèrent alors dans le couvent de la rue Saint-Denis. Tous les historiens font honneur de la fondation de la communauté des Filles-Pénitentes à un cordelier appelé Jean Tisserand, prédicateur célèbre, qui parla avec tant d’éloquence contre les excès du libertinage que plusieurs filles de mauvaise vie résolurent de réparer le scandale de leur conduite passée. Le nombre de ces pénitentes augmenta tellement qu’on jugea nécessaire de les réunir dans un seul local. Charles VIII, par lettres-patentes du 14 septembre 1496, autorisa leur établissement, et Louis XII leur céda, en 1500, la moitié de son hôtel. En quittant cette habitation, les Pénitentes prirent le titre de Filles-de-Saint-Magloire. Leur communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue le 6 vendémiaire an V. Sur une partie de cet emplacement, l’acquéreur forma, vers 1807, l’impasse Saint-Magloire qui a été prolongée, en 1843, jusqu’à la rue de Rambuteau.

Mail (rue du).

Commence à la place des Petits-Pères, no 9, et à la rue Vide-Gousset, no 4 ; finit à la rue Montmartre, nos 91 et 93. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 218 m. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Cette rue a été ouverte en août 1634, conformément à un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, sur l’emplacement d’un mail, qui s’étendait de la porte Montmartre à la porte Saint-Honoré. — Une décision ministérielle, à la date du 3 fructidor an IX, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Propriétés de 1 à 11, retranch. 3 m. à 3 m. 30 c. ; 13 et 15, ret. 2 m. 30 c. ; de 17 à 25, ret. 3 m. 20 c. à 4 m. 40 c. ; 29, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 31, ret. réduit 80 c. ; 33, ret. réduit 40 c. ; 35, redress. ; 37, alignée ; de 2 à 10, alignées ; de 12 à 22, redr. ; 24 et 26, ret. qui n’exeède pas 28 c. ; 28 et 30 alignées ; 34, 36 et 38, redr. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Main-d’Or (cour de la).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, no 147 ; finit à la rue de Charonne, no 52. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Son nom lui vient de l’ancienne auberge de la Main-d’Or. Elle communique à la rue de Charonne par un chantier découvert.

Maine (avenue du).

Commence au boulevart du Montparnasse, nos 8 et 10 ; finit aux chemins de ronde des barrières du Montparnasse et du Maine. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 8. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette avenue tracée sur le plan de Verniquet, n’est indiquée que sous le nom de Route. Elle doit sa dénomination actuelle à la barrière du Maine à laquelle elle aboutit. — Une décision ministérielle du 15 septembre 1821, a fixé la largeur de cette voie publique à 31 m. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Maine (barrière du).

Située à l’extrémité de l’avenue du même nom.

Cette barrière, qui se compose de deux bâtiments décorés de colonnes et de sculptures, est ainsi nommée parce qu’en la traversant on se dirige vers l’ancienne province du Maine (voir l’article Barrières).

Maine (chemin de ronde de la barrière du).

Commence aux barrière et avenue du Maine ; finit aux barrière et rue des Fourneaux. Pas de numéro. Sa longueur est de 633 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

(Voyez l’article Chemins de Ronde).

Maire (passage au).

Commence à la rue au Maire, nos 32 ; finit à la rue Bailly, no 5. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs,

Il a été formé en vertu d’un acte passé le 21 mars 1767, par devant Poultier, notaire, entre M. de Sartine, stipulant au nom de sa majesté, et M. Turpin, propriétaire, rue au Maire. Il est dit dans cet acte, que le sieur Turpin « vend le droit de passage à travers sa propriété, et pour les piétons seulement ; que le pavé du dit passage sera fait et entretenu aux dépens du roi, etc…» Ce passage tire sa dénomination de la rue au Maire.

Maire (rue au).

Commence à l’impasse de Rome, et à la rue Frépillon, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 192 et 194. Le dernier impair est 63 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 241 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Cette rue était presqu’entièrement construite dès 1280. Elle est ainsi appelée, parce que le maire ou bailli de Saint-Martin-des-Champs y demeurait et y donnait ses audiences. — Une décision ministérielle en date du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette dimension est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833. La maison située sur le côté des numéros pairs à l’encoignure droite du cloître Saint-Nicolas, est alignée. — Conduite d’eau depuis la rue Transnonnain jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compo Lacarrière).

Mairies des 12 arrondissements.

Nous avons rappelé à l’article de l’Hôtel-de-Ville, les diverses phases de l’institution municipale ; nous nous bornerons à indiquer ici la situation du chef-lieu de chaque arrondissement :

1er, rue d’Anjou-Saint-Honoré, no 9.

2e, rue Pinon, no 2.

3e, place des Petits-Pères.

4e, place du Chevalier-du-Guet, no 4.

5e, rue de Bondy, no 20.

6e, rue de Vendôme, no 11.

7e, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, no 20.

8e, Place-Royale, no 14.

9e, rue Geoffroy-Lasnier, no 25.

10e, rue de Grenelle-Saint-Germain, no 7.

11e, rue Garancière, no 10.

12e, rue Saint-Jacques, no 262.

Maisons (passage des Douze).

Commence à l’allée des Veuves, no 21 ; finit à la rue Marbeuf, no 2. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Tout le vaste terrain circonscrit au midi par le quai Billy, au nord par le rond-point des Champs-Élysées, à l’est par l’allée des Veuves, et à l’ouest par la rue Marbeuf, était connu avant la révolution sous le nom de Marais-des-Gourdes. Il appartenait encore en 1789 aux dames de la Visitation Sainte-Marie de Chaillot ; leur communauté ayant été supprimée en 1790, tous leurs biens devinrent propriétés nationales. Une partie de ce terrain fut vendue le 17 juillet 1792, à Jean Étienne Lesecq, banquier à Paris. Ce financier traça d’abord un chemin sur lequel il construisit douze bâtiments, qui firent donner à cette localité le nom de passage des Douze-Maisons.

Malaquais (quai).

Commence à la rue de Seine, no 2, et au quai de Conti ; finit à la rue des Saints-Pères, no 1, et au quai de Voltaire. Le dernier numéro est 23. Sa longueur est de 235 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.


Avant la construction de ce quai, le bord de la Seine se nommait en cet endroit le port Malaquest, et une partie de l’espace qui forme le quai s’appelait l’Écorcherie ou la Sablonnière. Des titres qui proviennent des archives de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, indiquent plusieurs baux de terrains, faits en 1540, à la charge de bâtir le long de la rivière. On appela alors cette communication quai de la Reine Marguerite, parce que l’hôtel de cette princesse, première femme de Henri IV, était situé à l’angle de la rue de Seine ; ce quai reprit ensuite son premier nom, et fut pavé sous Louis XIV, par arrêt du conseil du 10 juillet 1669. Le 13 février 1810, le ministre de l’intérieur, Montalivet, adopta un alignement d’après lequel la moindre largeur de ce quai est fixée à 24. m. Les propriétés de 9 à 23 inclus, sont alignées. — Égout entre les rues de Seine et des Petits-Augustins. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Malar (rue).

Commence au quai d’Orsay ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 186 et 188. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 261 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Partie comprise entre les rues Saint-Dominique et de l’Université. — Une ordonnance royale du 11 septembre 1816, porte : « Article 1er. La dame Tiby, veuve Malar, est autorisée à ouvrir une rue sur le terrain dont elle est propriétaire, et qui est situé entre les rues Saint-Dominique et de l’Université. — Art. 2e. Cette autorisation n’est accordée qu’à la charge par la dite dame Malar, de donner à la rue à ouvrir une largeur de dix mètres, ainsi qu’il est prescrit par la déclaration du 10 avril 1783, et de se conformer aux autres règlements sur la grande voirie de Paris, etc. » Cette ordonnance reçut immédiatement son exécution. — Le prolongement depuis la rue de l’Université jusqu’à la rue de la Triperie, a été effectué en 1829, sur les terrains provenant de l’île des Cygnes, et appartenant à la ville de Paris. Enfin, le prolongement jusqu’au quai a été ouvert en 1832. Ces deux prolongements ont 15 m. de largeur.

Malesherbes (boulevart de).

Commence à la place de la Madeleine ; finit aux rues de Surêne et de la Madeleine. Pas de numéro impair ; un seul pair qui est 2. Sa longueur est de 100 m. — 1er arrondissement, quartiers du Roule et de la Place-Vendôme.

Dès le 19 pluviôse an VIII, Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur, approuva le projet de formation d’un boulevart, depuis la place de la Madeleine jusqu’à la barrière de Monceau. — Un décret impérial rendu à Saint-Cloud, le 10 septembre 1808, porte : « Art. 4e. Il sera établi un boulevart se dirigeant vers Monceau à angle correspondant au boulevart actuel dit de la Madeleine, etc. » En vertu d’une décision ministérielle de l’année 1819, ce nouveau boulevart, lors de son exécution, devait prendre le nom de boulevart de Malesherbes. — L’article 1er d’une ordonnance royale du 22 juin 1824, est ainsi conçu : « Sont approuvés les alignements tracés par les lignes noires sur le plan ci-joint dont les dispositions consistent… : 4o à former jusqu’à la rencontre de la rue d’Anjou un boulevart, sous la dénomination de boulevart Malesherbes, à angle correspondant au boulevart de la Madeleine, et sur une largeur de 43 m. pareille à celle de ce dernier boulevart. » L’ordonnance royale en date du 2 février 1826, qui autorisa MM. Hagerman et Mignon à ouvrir plusieurs rues sur leurs terrains (voyez rue d’Amsterdam), imposa à ces propriétaires l’obligation suivante : « de céder gratuitement le terrain indiqué au plan comme devant servir à la formation du prolongement du boulevart projeté depuis la place de la Madeleine jusqu’à la barrière de Monceau. » — La portion qui devait être concédée par MM. Hagerman et Mignon aurait servi à prolonger le boulevart, depuis la rue de la Bienfaisance jusqu’à la barrière. — Une ordonnance royale du 27 septembre de la même année déclara d’utilité publique l’exécution des dispositions consacrées par l’ordonnance du 2 juin 1824. Enfin, une ordonnance royale du 2 septembre 1829, vint encore modifier le projet primitif ; elle porte : « Vu la proposition faite par le conseil municipal, dans ses délibérations des 13 février et 24 avril 1829, tendant à limiter à la rue de la Madeleine le nouveau boulevart Malesherbes, qui devait s’étendre jusqu’à la rue d’Anjou, etc… Art. 1er. Le plan d’alignement des abords de la Madeleine à Paris, arrêté par notre ordonnance royale du 2 juin 1824, est rectifié en ce qui concerne le nouveau boulevart Malesherbes et la rue Chauveau-Lagarde, conformément au plan ci-annexé. » — C’est ainsi que de restriction en restriction, un projet grandiose, dont l’exécution aurait été peu onéreuse, alors que la ligne de ce magnifique boulevart ne traversait que des terrains non bâtis, a été complètement défiguré et n’a produit qu’une espèce d’impasse, aussi désagréable à l’œil que peu en harmonie avec le superbe monument de la Madeleine. — Le côté droit de ce boulevart est seul exécuté. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, né à Paris, le 16 décembre 1721, fut d’abord substitut du procureur général, puis conseiller au parlement de Paris, enfin premier président de la Cour-des-Aides en 1750. Il fut au nombre des trois défenseurs qui s’efforcèrent, mais en vain, de sauver l’infortuné Louis XVI. Traduit au tribunal révolutionnaire, avec sa fille et sa petite-fille, tous trois furent condamnés à mort ; un seul jour devait dévorer trois générations. En sortant de la Conciergerie pour monter sur la fatale charrette, Malesherbes heurta du pied le seuil très élevé d’une porte, et faillit tomber. — « Oh ! oh ! s’écria-t-il en souriant, voilà ce qu’on peut appeler un funeste présage. Un romain à ma place serait rentré chez lui. » Une demi-heure après l’auguste vieillard avait cessé de vivre.

Malesherbes (rue de).

Commence à la rue de la Bienfaisance, no 14 ; finit à la rue de Valois. Pas de numéro. Sa longueur est de 442 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, qui remplace une partie du boulevart de Malesherbes, a été formée, en 1840, sur les terrains appartenant aux héritiers Mignon. Elle n’est pas encore autorisée. Sa largeur est de 15 m. (Voyez l’article qui précède).

Malte (rue de).

Commence à la rue de Ménilmontant, nos 13 et 15 ; finit à la rue Delatour, nos 14 et 16. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 330 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle fut ouverte en 1783, sur les terrains des marais du Temple appartenant à l’ordre de Malte. Les lettres-patentes qui autorisèrent et dénommèrent cette rue, sont à la date du 13 octobre 1781. Elles furent registrées au parlement le 26 février suivant (voyez rue d’Angoulême-du-Temple). — Une décision ministérielle du 28 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé sa largeur à 10 m. Les constructions riveraines sont presque toutes alignées ; les autres ne devront subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Mandar (rue).

Commence à la rue Montorgueil, nos 59 et 61 ; finit à la rue Montmartre, nos 72 et 74. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 162 m. — 3e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier Saint-Eustache ; les pairs, du quartier Montmartre.

Cette rue a été ouverte, en 1790, sur les terrains appartenant à M. Lecouteux. Elle a porté d’abord le nom de cour Mandar. C’était alors une propriété particulière fermée à ses deux extrémités par des grilles.

Une lettre ministérielle du 3 thermidor an IX porte ce qui suit : « D’après les observations, citoyen préfet, qui m’ont été faites sur l’utilité pour le quartier des halles, de la communication connue sous le nom de cour Mandar, j’ai décidé qu’elle serait mise au nombre des rues de Paris, et comme telle, pavée, éclairée et nettoyée aux frais de la commune. Je vous invite, citoyen préfet, à prendre, en ce qui vous concerne, les mesures nécessaires pour l’exécution de cette décision et notamment pour que les grilles placées aux deux extrémités de la communication dont il s’agit, qui prendra le nom de rue Mandar, soient promptement enlevées et pour que le pavé en soit entretenu avec soin, etc. : Signé Chaptal. » La largeur de cette rue est de 7 m. 80 c. et les propriétés riveraines ont été établies d’après une décoration symétrique. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

M. Mandar, architecte et ingénieur habile, qui a construit les maisons de cette voie publique, y demeure au no 9.

Mandé (avenue de Saint-).

Commence à la rue de Picpus, nos 5 bis et 9 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Saint-Mandé et de Picpus. Le dernier impair est 9 bis ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 495 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Le plan de Verniquet la désigne sous cette dénomination qu’elle doit à sa proximité du village de Saint-Mandé. — Une décision ministérielle du 19 mai 1821, a fixé la largeur de cette avenue à 39 m. Jusqu’en 1840, elle ne débouchait dans la rue de Picpus que par une ruelle étroite et formant un coude. À cette époque, l’alignement de cette avenue a été exécuté sur les terrains dépendant de l’ancien couvent des chanoinesses de Picpus et a procuré un dégagement convenable. — Les propriétés riveraines de l’avenue de Saint-Mandé ne sont pas soumises à retranchement. — Égout.

Mandé (barrière de Saint-).

Située à l’extrémité de l’avenue du même nom.

Elle est décorée d’un bâtiment avec deux façades (même étymologie que celle de l’article qui précède). (Voir l’article Barrières.)

Mandé (chemin de ronde de la barrière de Saint-).

Commence aux avenue et barrière de Saint-Mandé ; finit à la barrière de Vincennes et à la place du Trône. Pas de numéro. Sa longueur est de 433 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

(Voir l’article Chemins de Ronde).

Manteaux (église des Blancs-).

Située dans la rue du même nom, entre les nos 10 et 12. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Des religieux mendiants, qui se donnaient le nom de Serfs de la Vierge-Marie, et suivaient la règle de saint Augustin, vinrent s’établir à Paris en 1258. Ces moines portant alors des manteaux blancs, le peuple, pour les distinguer des autres religieux, les appela les blancs-manteaux. Saint Louis est regardé comme leur principal fondateur par les grâces qu’il leur accorda. Joinville en parle ainsi : « Revint une autre manière de frères que l’on appelle l’ordre des Blancs-Manteaux, et requistrent au roy qu’il leur aidast qu’ils peussent demeurer à Paris. Le roy leur acheta une méson et vielz places entour pour eux herberger, de lez la viex porte du Temple à Paris, assez prés des tissarans. » Leur maison fut bâtie sur un emplacement situé dans Paris, près du mur d’enceinte de la ville. Le roi fut obligé de vaincre les difficultés que les seigneurs ecclésiastiques opposèrent à cet établissement. En 1274, le pape Grégoire X, dans le deuxième concile de Lyon, supprima tous les ordres religieux mendiants, excepté les Carmes, les Cordeliers et les Jacobins. Les Serfs de la Vierge-Marie cessèrent donc d’exister en communauté. En 1297, d’autres religieux, autorisés par un autre pape, remplacèrent les Serfs de la Vierge-Marie ; ils se nommaient Guillemites. Le peuple, sans avoir égard à ce changement, les appela comme leurs prédécesseurs les Blancs-Manteaux. En 1618, les Guillemites furent réformés et réunis aux Bénédictins, suivant la réforme de saint Vannes de Verdun. On lit dans l’ouvrage intitulé : Gallia Christiana, que la première église des Blancs-Manteaux fut dédiée le 30 novembre 1397. Cette église s’élevait alors le long de la rue des Blancs-Manteaux, et touchait presqu’à la porte Barbette. L’église et le monastère furent reconstruits en 1685 ; la première pierre en fut posée par le chancelier Le Tellier, et par Élisabeth Turpin sa femme. La maison des Blancs-Manteaux servit de retraite à plusieurs bénédictins estimés par leurs vertus et leur érudition. C’est là que furent composés les ouvrages ayant pour titres l’Art de vérifier les Dates, la nouvelle Diplomatique, et la Collection des Historiens de France. Ce monastère, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut aliéné les 12 vendémiaire et 8 prairial an V ; l’église fut également comprise dans la vente. Rachetée par la ville le 2 novembre 1807, elle a été érigée en succursale de la paroisse Saint-Merri, sous le titre de Notre-Dame des Blancs-Manteaux.

Manteaux (marché des Blancs-).

Situé dans la rue Vieille-du-Temple. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Ce marché a été construit sur l’emplacement de la communauté des Hospitalières de Sainte-Anastase ou de Saint-Gervais dont nous rappelons l’origine. En 1171, un maçon, nommé Garin, et Harcher son gendre, donnèrent une maison qu’ils possédaient au parvis Saint-Gervais, pour loger et soigner les pauvres passants. Cette pieuse fondation fut favorisée par Robert, comte de Dreux. Une bulle du pape Nicolas IV, du 10 septembre 1190, plaça cet hôpital sous la protection du Saint-Siège. L’administration fut confiée à un maître ou procureur. Au milieu du XIVe siècle, Foulques de Chanac, évêque de Paris, introduisit dans cette maison quatre religieuses avec un maître et un procureur. En 1608, le cardinal de Gondy supprima ces deux derniers pour le mauvais gouvernement et consommation des biens qu’ils faisoient, et se réserva le droit de commettre quelqu’un pour recevoir les vœux des religieuses et les comptes qu’elles devoient rendre de leur gestion. Ces religieuses, qui suivaient la règle de saint Augustin, achetèrent le 7 juillet 1655, moyennant 135,000 livres, l’hôtel d’O, situé dans la rue Vieille-du-Temple, entre celles des Rosiers et des Francs-Bourgeois. Leur communauté fut supprimée par une loi du 18 ventôse an III.

« Au palais de Trianon, le 21 mars 1813. — Napoléon, etc. ; nous avons décrété et décrétons… : Article 2e. Le marché qui, aux termes de notre décret du 30 janvier 1811, devait être construit sur la place Saint-Jean, sera transféré dans l’emplacement de l’ancien hospice Saint-Gervais, situé rue Vieille-du-Temple, en face de celle des Blancs-Manteaux. Cet emplacement, qui appartient aux hospices, sera acquis par notre bonne ville de Paris, etc. » — En conformité de ce décret et par acte administratif du 19 mai 1813, cet emplacement a été acheté par la ville moyennant 120,000 fr. La première pierre fut posée par le ministre de l’intérieur le 15 août suivant. M. Labarre, chargé dans l’origine de diriger les travaux, fut remplacé par M. Delespine, qui commença et termina ce marché. L’inauguration eut lieu le 24 août 1819, en vertu d’une ordonnance de police du 19 du même mois. Ce marché, construit en pierres de taille, et entièrement couvert, est composé de trois nefs ; celle du milieu ayant une fois plus de largeur que les deux autres. Il contient huit rangs de places d’environ 2 m. en carré, desservis par quatre passages longitudinaux et un transversal de 2 m. de largeur, le tout composant 154 places. La disposition de la couverture, dont la partie centrale n’ayant pas été plus élevée que la partie portant sur les murs, a sans doute été la cause des avaries qui se sont manifestées dans la charpente. En 1840, elle a été remplacée par une couverture en fer qui a coûté 82,586 fr. 54 c. On a exécuté en même temps des travaux de dallage dont la dépense s’est élevée à 38,270 fr. 28 c. Ce marché occupe une superficie de 1,247 m. — Pour faciliter les abords de cet établissement, le ministre de l’intérieur avait, le 23 juillet 1817, prescrit la formation de trois nouvelles rues ; savoir : une de 10 m. de largeur, pour communiquer de la rue des Rosiers à celle des Francs-Bourgeois, et les deux autres de chacune 7 m. destinées à longer les façades latérales du marché. Ce plan fut immédiatement exécuté. La première de ces nouvelles voies publiques a reçu le nom de rue des Hospitalières-Saint-Gervais ; les deux autres ne sont point encore dénommées.

La boucherie, qui est séparée du marché par la rue des Hospitalières-Saint-Gervais, est construite en pierres de taille. Elle contient quatorze boutiques. Sa superficie est de 434 m. Le bâtiment est isolé par deux passages latéraux, ayant chacun 6 m. 50 c., moindre largeur, et au fond par une place dont la longueur est de 25 m. 40 c., et la moindre largeur de 22 m. Cette halle a été inaugurée le 5 juin 1823.

Manteaux (rue des Blancs-).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 53 et 55 ; finit à la rue Sainte-Avoie, nos 20 et 22. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 330 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Au XIIIe siècle, elle était connue sous les noms de rue de la Parcheminerie et de la Petite-Parcheminerie. On la désignait sous ces dénominations dès l’année 1268 (Archives du Temple). En 1289, elle prit le nom de rue des Blancs-Manteaux. — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés ci-après sont alignées : l’école des frères, nos 5, 37, 41, 43 ; 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26 et 46. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Marais-du-Temple (rue des).

Commence à la rue du Faubourg-du-Temple, nos 1 et 3 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 92 et 94. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 78 bis. Sa longueur est de 742 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Ouverte sur des terrains en nature de marais, elle en a retenu le nom. En 1772, elle n’était encore bordée que par un petit nombre de constructions. — Une décision ministérielle à la date du 4 ventôse an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui portent les nos 1, 3, 23, 33, 37, 41, 43, 45, partie du no 49, la maison à l’encoignure de la rue du Faubourg-Saint-Martin ; 2, 4, 6, 12 et 14. — Égout entre les rues Lancry et Albouy. — Conduite d’eau dans une grande partie de la rue. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Marais-Saint-Germain (rue des).

Commence à la rue de Seine, nos 20 et 22 ; finit à la rue des Petits-Augustins, nos 19 et 21. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 176 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été ouverte, en 1540, sur une partie de l’emplacement du petit Pré-aux-Clercs. Sa dénomination lui vient des terrains marécageux qui l’environnaient. — Une décision ministérielle à la date du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette dimension est portée à 10 m. La propriété no 17 bis est alignée. Toutes les autres constructions devront subir un retranchement de 3 m. 10 c. — Conduite d’eau depuis la rue des Petits-Augustins jusqu’à la borne-fontaine.

Marbeuf (passage).

Commence à la rue Marbeuf, no 15 ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 67 et 69. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 12. — 10e arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Dès 1812, une compagnie ayant acquis la propriété du jardin Marbeuf, résolut d’exploiter la partie inférieure de cet immense terrain, en le divisant par lots et en ménageant un passage ou avenue pour créer des façades aux nouvelles constructions. Ce projet fut exécuté et le passage fut ouvert sur une largeur de 8 m. environ. — Un arrêté préfectoral du 7 décembre 1840 a prescrit l’établissement de barrières aux deux extrémités de cette communication qui forme retour d’équerre, et n’est point reconnue voie publique par l’administration. — Conduite d’eau depuis l’avenue des Champs-Élysées jusqu’aux deux bornes-fontaines.

Marbeuf (rue).

Commence à la rue Bizet ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 57 et 59. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 633 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été formée, vers 1798, sur l’emplacement d’un chemin bordant le grand égout. Elle prit la dénomination de rue des Gourdes, en raison des gourdes que l’on cultivait en cet endroit. — Une décision ministérielle du 8 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Conformément à une autre décision ministérielle du 19 octobre 1829, signée La Bourdonnaye, elle a reçu la dénomination de rue Marbeuf, en raison de sa proximité de l’ancien jardin Marbeuf. Depuis 1831, on construit d’après un alignement qui assigne à cette voie publique une largeur de 13 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs et celles du côté opposé, à l’exception des propriétés de 2 à 6 inclus, et du bâtiment qui forme l’encoignure de l’avenue des Champs-Élysées, sont établies d’après ce nouvel alignement. Le retranchement que devront subir ces propriétés varie de 3 à 4 m. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Marc (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue de Richelieu, nos 99 et 101 ; finit à la rue Favart, nos 8 et 10. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 94 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Des lettres-patentes à la date du 18 février 1780, portent qu’il sera ouvert aux frais du duc de Choiseul-Amboise et de son épouse, sur le terrain de leur hôtel et jardin, et en continuité de la rue Saint-Marc, une rue de 25 pieds de largeur, qui sera nommée rue Neuve-Saint-Marc. Ce percement fut immédiatement exécuté. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, maintint la largeur primitive qui a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 avril 1831. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. environ. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Marc (rue Saint-).

Commence aux rues Feydeau, no 2, et Montmartre, no 157 ; finit à la rue de Richelieu, nos 94 et 96. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 214 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Elle a été construite vers 1650, et doit sa dénomination à une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 5 germinal an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette dimension est portée à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs sont alignées. Propriété no 2, retranch. réduit 3 m. 80 c. ; 4, ret. 2 m. 40 c. ; 6, alignée ; 8 et 10, ret. 2 m. à 2 m. 30 c. ; maison à l’encoignure gauche de la rue Vivienne, alignée ; de 14 à la fin, ret. 2 m. 30 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Marcel (rue des Fossés-Saint-).

Commence aux rues Poliveau, no 1, et du Fer-à-Moulin, no 1 ; finit à la rue Mouffetard, nos 291 et 293. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 591 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue était autrefois divisée en deux parties. De la rue de la Muette (aujourd’hui rue du Fer-à-Moulin) à celle des Francs-Bourgeois, elle a porté le nom de rue de Fer. Le surplus était encore désigné en 1789, sur le plan de Verniquet, sous le nom de rue des Hauts-Fossés-Saint-Marcel. Ce dernier nom provenait de ce qu’elle avait été bâtie sur les fossés qui environnaient le territoire de Saint-Marcel. Depuis on la nomme dans toute sa longueur rue des Fossés-Saint-Marcel. — Une décision ministérielle du 24 messidor an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 19 inclusivement ; 23, 25 ; de 33 à 41 inclusivement ; de 45 à 51 inclus. ; de 2 à 8 inclus. ; de 12 à 18 inclus. ; 34, 36, 38, 52 et 56. — Conduite d’eau entre la rue du Marché-aux-Chevaux et celle de la Reine-Blanche.

Au milieu du XVIIe siècle, on voyait dans cette rue une riche habitation nommée l’hôtel de Clamart. À côté de cette demeure se trouvait un cimetière qu’on fut obligé de fermer en 1793, pour cause d’encombrement. Pour remplacer le cimetière de Clamart, il fallut en ouvrir un nouveau qui prit le nom de cimetière Sainte-Catherine. Destiné dans l’origine aux classes pauvres, ce cimetière devint le dernier asile des coupables que la loi retranche de la société. Depuis quelques années, il est fermé, et l’on a construit sur une partie de son emplacement des salles de dissection.

Parmi les tombes qui peuplaient ce cimetière, on distinguait celle d’un homme dont la gloire fut longtemps associée à celle des généraux français qui combattirent avec honneur pour la liberté de leur patrie. Voici l’inscription de son tombeau :

« Ici reposent les cendres de Charles Pichegru, général en chef des armées françaises, né à Arbois, département du Jura, le 14 février 1761, mort à Paris, le 5 avril 1804. »

Marcel (rue Saint-).

Commence à la place de la Collégiale, nos 5 et 9 ; finit à la rue Mouffetard, nos 251 bis et 255. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 38 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle doit son nom à l’église Saint-Marcel, à laquelle elle conduisait. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 24 avril 1837. La propriété no 7 est seule soumise à retranchement.

Marcel (théâtre Saint-).

Située dans la rue Pascal, entre les no 23 et 25. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ce théâtre, construit de 1837 à 1838 sous la direction de M. Allart, architecte, a été inauguré le samedi 22 décembre 1838. On y joue des drames et des comédies-vaudevilles.

Marche (rue de la).

Commence à la rue de Poitou, nos 18 et 20 ; finit à la rue de Bretagne, nos 19 et 21. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 103 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette rue ouverte en 1626, sur la culture du Temple, prit le nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 10 c. à 1 m. 50 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. à 1 m. 30 c. — Conduite d’eau depuis la rue de Poitou jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Marché-Neuf (le).

Situé sur le quai du même nom. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Un arrêt du conseil du 4 juin 1568, ordonna aux marchands d’herbes et de poissons, qui se tenaient près du petit Châtelet, d’aller occuper le nouveau marché de la rue de l’Orberie, qui prit à cette occasion le nom de Marché-Neuf. (Registre de la ville). Lettres-patentes (9 septembre 1734). — « Louis, etc. Nos très chers et bien amez les prévôts des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris nous ont très humblement fait représenter qu’ayant constaté le mauvais état de douze maisons, sises au Marché-Neuf, ayant face d’un costé sur le bassin de la rivière, entre le Petit-Pont et celui appelé de Saint-Michel, et de l’autre sur le dit marché, ils auroient pensé qu’il pouvoit estre très avantageux aux habitants de ce quartier et aux malades de l’Hôtel-Dieu de ne les point reconstruire, etc… À ces causes et autres, nous avons, par ces présentes signées de notre main, dit et ordonné, disons et ordonnons, voulons et nous plait : — Article 1er. Qu’incessamment, et dans un mois au plus tard, les dites maisons sises au Marché-Neuf de notre bonne ville de Paris, soient démolies, et qu’en la place il soit fait un mur de parapet depuis le corps de bâtiment nouvellement construit, appartenant à la ville à l’encoignure du dit marché jusques à la boucherie dépendant du domaine, près et joignant le pont Saint-Michel. — Art. 2e. Voulons pareillement qu’il soit laissé un espace de cinq toises de l’alignement des maisons sises au dit marché et parallèles à la rivière pour le passage des voitures et la plus grande facilité du dégagement du dit marché, etc… Donné à Versailles, le 9e jour de septembre, l’an de grâce 1734, et de notre règne le 19e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 11 septembre suivant. Le Marché-Neuf, qui n’est orné d’aucune constructions, a été tarifé au profit de la ville de Paris, à raison de 10 centimes par 4 m. superficiels, et en vertu de deux décisions ministérielles des 2 mars 1840 et 16 septembre 1842. La perception a commencé le 12 juin 1843, conformément à une ordonnance de police du 1er du même mois.

Marché-Neuf (quai du).

Commence à la rue du Marché-Neuf, nos 12 et 13 ; finit au pont Saint-Michel et à la rue de la Barillerie. Les numéros continuent la série de la rue du Marché-Neuf ; le dernier est 56. Sa longueur est de 138 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

On confondait encore avant le mois d’avril 1840, sous la seule dénomination de rue du Marché-Neuf, la voie publique ainsi désignée aujourd’hui et le quai lui servant de prolongement. L’emplacement qu’ils occupaient se nommait en 1210 de l’Orberie (de l’Herberie). On lui donna en 1568 le nom de rue du Marché-Neuf, parce qu’on forma à cette époque un marché que nous voyons sur le quai. — « 22 avril 1769. Louis, etc… Les maisons qui sont à la suite du pont Saint-Michel du côté du Marché-Neuf, seront démolies et supprimées, etc. Il sera aussi fait aux maisons ayant face sur le Marché-Neuf le retranchement nécessaire pour les mettre en ligne droite, depuis l’encoignure de la rue de la Barillerie jusqu’à l’église Saint-Germain-le-Vieil. » Ces lettres-patentes ne furent point exécutées. — « Au camp de Tilsit, le 7 juillet 1807. Napoléon, empereur des Français, roi d’Italie, etc. Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. Les maisons domaniales et autres qui couvrent le pont Saint-Michel, etc., ainsi que celles en retour sur le Marché Neuf, seront démolies. — Art. 2. Les démolitions commenceront par les maisons qui couvrent le pont Saint-Michel, le 1er septembre prochain, et pour les autres désignées dans l’article ci-dessus, le 1er janvier 1808. Signé Napoléon. » Cette disposition a été réalisée immédiatement. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé l’alignement du quai du Marché-Neuf. Les maisons de 52 à 56 devront avancer sur leurs vestiges actuels. Les autres propriétés sont généralement soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Marché-Neuf (rue du).

Commence à la rue de la Cité, nos 58 et 62 ; finit au quai du Marché-Neuf. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 64 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Son origine et son étymologie sont les mêmes que celles de l’article précédent. La partie qui prend naissance à la rue de la Cité, nommée autrefois en cet endroit du marché Palu, formait une impasse qui fut convertie en rue en 1558. Deux propriétés avaient été abattues au commencement de cette année pour opérer cet utile dégagement. — Une décision ministérielle à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les maisons nos 2, 4 et 6 sont à l’alignement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Les maisons nos 4 et 6 ont été construites sur l’emplacement de l’église Saint-Germain-le-Vieux dont nous traçons ici l’origine. Cette église n’était dans le principe qu’une chapelle baptismale sous la dépendance de Notre-Dame. Elle portait le titre de Saint-Jean-Baptiste. L’histoire nous fournit des preuves de son existence dès la fin du IXe siècle. Il est certain aussi qu’elle servit d’asile aux religieux de Saint-Germain-des-Prés à l’époque où les incursions des Normands obligèrent ces moines à mettre à l’abri, dans l’île de la Cité, le corps de leur patron. En reconnaissance de l’hospitalité qu’ils reçurent dans cet oratoire, ces religieux laissèrent aux prêtres qui le desservaient un bras de saint Germain. L’explication du titre de cet oratoire est difficile à donner. Dès le XIIe siècle, on trouve des actes qui en font mention sous le nom de Saint-Germain-le-Vieux, Sanctus-Germanus-Vetus, mais il n’en est aucun qui indique la cause de ce surnom. Parmi les diverses opinions émises à ce sujet, nous avons fait choix de celle de Jaillot, que nous trouvons au moins vraisemblable. « C’était une tradition reçue, dit ce savant, que saint Germain, évêque de Paris, s’y était retiré au VIe siècle. C’en était assez pour considérer cette chapelle comme la plus ancienne, comme antérieure aux deux églises connues sous le même nom, et pour lui donner le surnom de Vieux, qui d’ailleurs était nécessaire pour la distinguer de Saint-Germain-le-Neuf. » En 1368, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés céda à l’Université les droits qu’elle possédait sur cette petite église, et depuis cette époque, le recteur nommait seul à sa cure ; l’église fut agrandie en 1458. Le portail et le clocher ne dataient que de 1560. Supprimée en 1790, l’église Saint-Germain-le-Vieux, qui contenait en superficie 563 m. 67 c. en y comprenant la maison curiale et la propriété sur la rue de la Calandre, servant à la communauté des prêtres, fut vendue le 12 fructidor an IV.

Marcoul (rue Saint-).

Commence à la rue Bailly, no 3 2 et 4 ; finit à la rue Royale, nos 5 et 7. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 27 m. – 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.


Construite vers 1780, sur une partie du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, cette voie publique doit son nom à saint Marcoul (Marculphus), mort en 558. Ce saint était particulièrement honoré à Saint-Martin-des-Champs (voyez place de l’ancien marché Saint-Martin). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la largeur de la rue Saint-Marcoul à 6 m. La maison no 1 est alignée ; les autres constructions devront subir un retranchement de 90 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Marguerite (église Sainte-).

Située dans la rue Saint-Bernard, entre les nos 28 et 30. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Le curé de Saint-Paul, Antoine Faget, fit bâtir sur ce territoire une chapelle vers l’année 1625 ; elle fut dédiée à sainte Marguerite. L’intention du fondateur était qu’elle servît à la sépulture de tous les membres de sa famille. Les habitants de ce quartier, fort éloignés de l’église Saint-Paul, leur paroisse, désirant célébrer l’office divin dans cette chapelle, demandèrent en conséquence à l’archevêque de Paris, qu’elle fût érigée en succursale. Des marguilliers de Saint-Paul formèrent opposition à cette demande. Un arrêt du 26 juillet 1629 ordonna d’abord qu’elle resterait simple chapelle. Un autre arrêt du 6 août 1631 annula le premier ; il portait que cette chapelle serait érigée en succursale. Ce ne fut pourtant qu’en 1634, que toutes les difficultés furent aplanies ; on construisit une église à côté de la chapelle bâtie par Antoine Faget. En 1712, la succursale fut entièrement séparée de Saint-Paul, et forma une cure particulière. L’accroissement de la population de ce quartier devint bientôt si considérable, que le nombre des habitants s’éleva au milieu du XVIIIe siècle, à plus de quarante mille. Le territoire s’étendait d’un côté, depuis la porte Saint-Antoine jusqu’au-delà du couvent de Picpus ; et de l’autre, depuis le petit Bercy jusqu’aux moulins de Ménilmontant. On fut donc obligé de faire à cette église des agrandissements successifs ; les plus importants eurent lieu en 1713 et 1765 ; ces augmentations furent si considérables qu’à cette dernière époque la chapelle primitive ne formait plus que la dixième partie de l’église. On prit également, en 1765, une portion du cimetière contigu, et l’architecte Louis y construisit une chapelle, curieuse par son style qu’on pourrait appeler sépulcral ; éclairée par une seule ouverture pratiquée à la voûte, elle est remplie d’inscriptions. Les murs extérieurs sont décorés de peintures à fresque exécutées par Brunetti. Sur un médaillon ménagé entre les arcades qui forment l’entrée, on a sculpté le portrait de Vaucanson, célèbre mécanicien mort en 1782. Le 11 mai 1792, le vicaire de Sainte-Marguerite présenta sa femme et son beau-père à la barre de l’assemblée législative. Un tonnerre d’applaudissements accueillit alors ce premier exemple d’un prêtre catholique qui repoussait le célibat. — L’église Sainte-Marguerite qui porta en 1793 le nom de Temple de la Liberté et de l’Égalité, est aujourd’hui la paroisse du 8e arrondissement.

Marguerite-Saint-Antoine (rue Sainte-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 155 et 157 ; finit à la rue de Charonne, nos 58 et 60. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 291 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Ce n’était qu’un chemin à la fin du XVIe siècle. Après la construction de la chapelle Sainte-Marguerite en 1625, il forma une rue à laquelle on donna le nom de Sainte-Marguerite. — Une décision ministérielle du 26 brumaire an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827, cette largeur est portée à 10 m. La maison no 37 est alignée ; les autres constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranch. de 3 m. 50 c. Les maisons nos 2, 4, 6, 8, 16, 34 et 36, sont alignées ; le surplus de ce côté devra reculer de 50 c. environ. — Conduite d’eau.

Marguerite-Saint-Germain (place Sainte-).

Commence aux rues du Four, nos 2, et de Buci, no 46 ; finit à la rue Sainte-Marguerite, nos 11 et 14. Sa longueur est de 40 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Sur le plan de Verniquet elle se trouve confondue avec la rue Sainte-Marguerite dont elle portait la dénomination. Conformément à une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, la forme de cette place devait être circulaire. Cette disposition a été modifiée par une ordonnance royale du 29 avril 1839, qui assigne à cette voie publique une moindre largeur de 32 m. Les bâtiments de la prison de l’Abbaye sont alignés. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Marguerite-Saint-Germain (rue Sainte-).

Commence à la place Sainte-Marguerite, nos 9 et 12 ; finit aux rues de l’Égout, no 1, et Saint-Benoît, no 25. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 224 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

En 1312, c’était la rue Madame-la-Valence. Elle fut supprimée en 1368, et remplacée par un fossé que l’abbé Richard fit creuser pour ceindre l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Le 1er juillet 1635, en vertu d’une transaction passée entre les religieux et leur abbé, il fut stipulé que ce fossé serait comblé et que, sur son emplacement, il serait ouvert une rue de 4 toises de largeur. On assignait à ce percement le nom de rue Sainte-Marguerite. Cette transaction ayant été homologuée par un arrêt du parlement en date du 26 février 1637, la rue fut immédiatement ouverte. — Une décision ministérielle à la date du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. La maison no 23 et les dépendances de la prison de l’Abbaye sont à l’alignement. — Égout et conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Marie (avenue Sainte-).

Commence à la rue du Faubourg-du-Roule, no 73 ter ; finit au chemin de ronde de la barrière du Roule. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 48. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette avenue, qui est propriété particulière, fut ouverte en 1822 par M. Estienne, qui lui a donné le nom de sa fille Marie. À ses deux extrémités sont des grilles que l’on ferme pendant la nuit.

Marie (barrière Sainte-).

Située à l’extrémité de la rue de Lubeck.

Elle consiste en deux bâtiments avec façade couronnée d’un cintre et doit son nom à l’ancien couvent de la Visitation dit de Sainte-Marie. Cette barrière est aujourd’hui fermée. (Voir l’article Barrières.)

Marie (chemin de ronde de la barrière Sainte-).

Commence à la barrière Sainte-Marie ; finit à la barrière Francklin. Pas de numéro. Sa longueur est de 390 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Une partie de ce chemin de ronde est impraticable en raison de la pente très rapide des hauteurs de Chaillot. (Voir l’article Chemins de ronde.)

Marie (pont).

Situé entre le quai des Ormes et ceux d’Anjou et de Bourbon.

En 1371, dit Sauval, à peu près en cet endroit se trouvait un pont connu sous le nom de pont de Fust (de bois), d’après saint Bernard aux Barrés. — « Ordonnance du bureau de la ville, 27 juin 1618. Veu les lettres-patentes du 6 may 1614 pour la construction d’un pont de pierre à travers la rivière de Seyne, en conséquence du contract faict par sa majesté au sieur Marie (Christophe). Veu le rapport à nous addressé, avons ordonné qu’iceluy pont sera basty et construict vis-à-vis de la rue des Nonnains-d’Hyerres, pour aller de droict alignement au travers de la rivière sur le quai de la Tournelle, etc. Fait au bureau de la ville les d. jour, mois et an que dessus. » La construction du pont, suspendue et reprise à différentes époques, fut achevée en 1635. Ce pont était bordé de maisons des deux côtés. Le 1er mars 1658, la Seine extraordinairement débordée, détruisit deux arches du côté de l’île. Plusieurs personnes périrent. Il s’y trouvait deux maisons habitées par des notaires, l’une d’elles fut engloutie avec les arches du pont, et le notaire fut entraîné avec tous ses papiers. — Le roi ordonna la reconstruction de ces deux arches ; en attendant que cet ordre fut exécuté, on rétablit à leur place les arches en bois, et sur le pont un péage qui devait se percevoir sur les passants pendant dix ans, et dont le produit devait être employé à la construction des arches abattues. Sa restauration s’exécuta à l’expiration de ces dix années. On rebâtit les arches en pierre sans toutefois élever des maisons dessus, de sorte que depuis 1670 jusqu’à la fin de l’année 1788, ce pont resta en partie couvert de constructions, tandis que le surplus laissait un vide qui faisait désirer la destruction de celles qui existaient encore. Un édit du mois de septembre 1786 porte ce qui suit : « Il sera procédé à la démolition des maisons sur le Pont-Marie et des ailes qui en dépendent. » — Au commencement de l’année 1789 le pont fut entièrement débarrassé de maisons. On les remplaça par des trottoirs commodes, la route fut élargie, la pente adoucie. Le pont Marie est composé de cinq arches en plein cintre de 12 m. 80 c. à 14 m. 20 c. d’ouverture ; les piles sont décorées comme celles du pont Saint-Michel. La largeur d’une tête à l’autre est de 23 m. 70 c. Sa longueur entre les culées est de 93 m. 97 c.

Marie (temple Sainte-).

Situé dans la rue Saint-Antoine, entre les nos 214 et 216. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

C’était autrefois l’église du couvent de la Visitation des Filles-Sainte-Marie. Saint François de Sales, évêque de Genève, fut le fondateur de cette communauté. Ces religieuses s’établirent d’abord dans la petite ville d’Anneci. On leur donna le nom de Filles de la Visitation, parce qu’elles visitaient les pauvres malades et leur prodiguaient les soins les plus touchants. Jeanne-Françoise Frémiot, veuve du baron de Chantal, conduisit de Bourges, par ordre de François de Sales, trois religieuses qui, le 6 avril 1619, arrivèrent à Paris. Elles se logèrent d’abord dans le faubourg Saint-Marcel. En 1621, elles vinrent habiter une maison appelée l’hôtel du Petit-Bourbon, situé dans les rues du Petit-Musc et de la Cerisaie. Le nombre des prosélytes augmentant chaque jour, ces religieuses furent forcées de changer encore d’habitation. La supérieure Hélène-Angélique l’Huillier acheta, en 1628, pour sa communauté, l’hôtel de Cossé, rue Saint-Antoine. En 1632, on y fit bâtir une église sur le modèle de Notre-Dame-de-la-Rotonde à Rome, et sur les dessins du célèbre François Mansart. Achevée en 1634, on lui donna le nom de Notre-Dame-des-Anges. Dans la nef, on voyait le tombeau de Nicolas Fouquet, mort en 1680, dans la citadelle de Pignerol, où il avait été enfermé sans jugement pour avoir abusé des finances de l’État. Ce couvent fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut vendu à divers particuliers, à l’exception de l’église, les 10 mars 1792, 6 juin, 10, 25 juillet et 28 août 1796. Sur une partie de ces terrains on a ouvert la rue Castex (voyez cet article), et un arrêté des consuls du 12 frimaire an XI, a concédé à la ville de Paris l’église Sainte-Marie, pour être affectée à l’exercice du culte réformé.

Marie à Chaillot (rue Sainte-).

Commence à la rue des Batailles, no 20 ; finit à la rue de Lubeck. Pas de numéro. Sa longueur est de 150 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette rue ou plutôt ce chemin qui conduisait au couvent de Sainte-Marie ou de la Visitation, a retenu le nom de cette communauté religieuse supprimée en 1790. Par décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, la largeur de cette voie publique avait été fixée à 10 m. — Une ordonnance royale du 27 septembre 1837 a porté sa moindre largeur à 12 m. La plus grande partie du côté droit est à l’alignement. Le côté opposé est bordé par des terrains en culture. Cette rue n’est ni pavée ni éclairée.

Marie Popincourt (passage Sainte-).

Commence à la rue de Charonne, no 23 ; finit à la rue Louis-Philippe, no 37. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formé il y a quelques années, ce passage doit son nom à une enseigne.

Marie-Saint-Germain (passage Sainte-).

Commence à la rue du Bac, no 51 ; finit à la rue des Dames-de-la-Visitation-Sainte-Marie. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Ce passage a été formé à la fin du siècle dernier, sur une partie de l’emplacement du couvent des religieuses de la Visitation ou des Dames-Sainte-Marie, dont nous traçons ci-après l’historique. Il fut fondé par Geneviève Derval Pourtel, veuve du comte d’Enfreville Ciséi. Pour réaliser le vœu de son mari, cette dame passa le 6 septembre 1657 un contrat avec les religieuses de la Visitation du faubourg Saint-Jacques. Les vicaires-généraux du cardinal de Retz, archevêque de Paris, l’approuvèrent et l’homologuèrent le 24 avril 1658. Les religieuses de ce couvent vinrent en conséquence s’établir en 1660 dans une propriété située rue Montorgueil ; s’y trouvant trop à l’étroit, elles l’abandonnèrent en 1673 pour aller rue du Bac, où elles firent construire une chapelle et les bâtiments nécessaires. En 1775, elles élevèrent une nouvelle église dont la reine posa la première pierre le 30 octobre de la même année. Le sieur Hélin en fut l’architecte. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale et fut vendu par le domaine le 5 thermidor an IV, à la charge par l’acquéreur de fournir sur cet emplacement le terrain nécessaire à l’ouverture de deux rues de 30 pieds de largeur. L’une de ces rues devait communiquer de la rue du Bac à celle de Bourgogne ; l’autre aurait commencé à la rue de Grenelle et aurait débouché dans la rue Saint-Dominique. L’adjudicataire ne remplit point les conditions qui lui étaient imposées ; il exécuta seulement un passage qui, prenant naissance à la rue du Bac, se terminait par un retour d’équerre à la rue de Grenelle.

Cette 2e partie est devenue la rue des Dames de la Visitation-Sainte-Marie (voyez cet article). — Il existe un égout dans le passage Sainte-Marie.

Marie-Saint-Germain (rue Sainte-).

Commence à la rue de Lille, nos 15 et 17 ; finit à la rue de Verneuil, nos 20 et 22. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 4. Sa longueur est de 63 m ; — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

On voyait encore, en 1652, entre la rue de Bourbon (aujourd’hui rue de Lille) et celle de Verneuil, une chapelle en l’honneur de la Sainte-Vierge. Cet oratoire dépendait de l’église Saint-Sulpice. Il fut démoli et l’on perça sur son emplacement une rue qui prit le nom de Sainte-Marie. — Une décision ministérielle, en date du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette largeur est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 3 m. 20 c. — Conduite d’eau.

Maries (place des Trois-).

Commence aux quais de l’École, no 2, et de la Mégisserie, no 84 ; finit aux rues des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, no 1, et Saint-Germain-l’Auxerrois, no 93. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 36 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1320, c’était la rue au Foin ; elle conduisait alors au port au foin, situé sur le quai de l’École. Plusieurs maisons de cette rue ayant été démolies en 1565, laissèrent un emplacement vide qu’on désigna sous le nom de place des Trois-Maries, en raison d’une enseigne qu’on voyait à l’une de ses extrémités. — Une décision ministérielle du 20 mai 1817, fixa la largeur de cette voie publique à 17 m. En vertu d’une ordonnance royale du 15 janvier 1844, cette dimension est portée à 19 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 1 m. 80 c. à 2 m. Maison no 2, retranch. réduit 2 m. 20 c. ; 4, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 6, ret. réduit 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Marigny (avenue de).

Commence à l’avenue Gabriel, finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 65 et 67. Le dernier impair est 11. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par les dépendances du palais de l’Élysée. Sa longueur est de 240 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été formée vers 1767, sur les dépendances de l’hôtel des Ambassadeurs étrangers (aujourd’hui Palais-de-l’Élysée). Elle doit son nom au marquis de Marigny, directeur général des bâtiments et jardins de Louis XV. — Une décision ministérielle du 6 nivôse an XII, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 36 m. La plus grande partie des constructions du côté des numéros impairs est à l’alignement ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 70 c. à 7 m. — Égout. — Conduite d’eau.

Marine (impasse Sainte-).

Située dans la rue d’Arcole, entre les nos 11 et 13. Le dernier numéro est 6. Sa longueur est de 50 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles, c’était la ruelle et la rue Sainte-Marine. En 1417, elle fut fermée à une de ses extrémités. Elle tire son nom de la petite église Sainte-Marine, dont nous tracerons ci-après l’origine. — Une décision ministérielle du 13 germinal an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Dans sa séance du 18 décembre 1835, le conseil municipal a délibéré ce qui suit : « L’impasse Sainte-Marine ne sera soumise à aucun alignement. » La largeur actuelle de cette impasse varie de 3 m. 20 c. à 7 m. — Conduite d’eau.

Il est fait mention de l’église Sainte-Marine pour la première fois, en l’année 1036, dans un acte en vertu duquel Henri Ier fait don de cette église à Imbert, évêque de Paris. Les personnes qui avaient été condamnées à se marier par le tribunal de l’officialité recevaient la bénédiction nuptiale dans cette église. Le pasteur exhortait les époux à vivre en bonne intelligence ; il les conjurait de sauver par une conduite plus régulière, l’honneur de leur famille, et il leur passait au doigt un anneau de paille qu’on brisait ensuite ; c’était un emblème expressif de la fragilité des liens qu’ils avaient contractés sans l’aveu de la religion et de la société. — Cette église, qui contenait en superficie 62 m. 75 c., fut supprimée en 1790, et vendue comme propriété nationale le 2 mars 1792. L’église Sainte-Marine existe encore en partie et sert d’atelier de teinture. Cette propriété particulière porte aujourd’hui le no 6.

Marine (ministère de la).

Entrée rue Royale, no 2. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Les lettres-patentes du 21 juin 1757, relatives à la formation de la place Louis XV, prescrivirent la construction d’édifices symétriques, destinés à l’ornement de la nouvelle place et de ses abords. Ces bâtiments remarquables ont été élevés d’après les dessins de Gabriel, premier architecte de sa majesté. Dans l’édifice qui est à droite de la rue Royale, on établit vers 1770 le garde-meuble de la couronne qui, sous l’empire, a été remplacé par le ministère de la marine et des colonies. Ce ministère a pour principales attributions : le personnel et le matériel de la marine royale ; l’entretien et le mouvement des forces navales ; l’entretien des ports militaires ; l’inscription maritime ; l’administration et la police des bagnes ; l’administration militaire, civile et judiciaire et la défense des colonies.

Marivaux (Petite rue).

Commence à la rue Marivaux, nos 15 et 17 ; finit à la rue de la Vieille-Monnaie, nos 8 et 10. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 4. Sa longueur est de 51 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Le terrain sur lequel cette voie publique a été construite s’appelait Marivas, en 1254 et 1273. Dès l’année 1300, elle se nommait le Petit-Marivaux. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé à 6 m. la largeur de cette rue, qui a été fermée à ses deux extrémités, en vertu d’un arrêté du préfet de police du 25 juin 1812. Une ordonnance royale du 9 décembre 1838 a porté la largeur de cette voie publique à 10 m. Elle n’a encore aujourd’hui que 1 m. 40 c. à 1 m. 80 c. de largeur. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranch. qui varie de 4 m. à 5 m. 30 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 10 c. à 4 m. 50 c.

Marivaux-des-Italiens (rue de).

Commence à la rue Grétry, nos 2 et 4 ; finit au boulevart des Italiens, nos 11 et 13. Le dernier impair est 13 ; le seul pair, 2 ; ce côté est presqu’entièrement bordé par le théâtre de l’Opéra-Comique. Sa longueur est de 119 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette rue a été ouverte en 1781, sur les dépendances de l’hôtel de Choiseul-Amboise. Les lettres-patentes autorisant ce percement sont à la date du 14 août 1780. Elles fixent à trente pieds la largeur de la nouvelle rue et lui assignent le nom de Marivaux. — Égout entre la rue Grétry et la place des Italiens. — Conduite d’eau depuis le boulevart jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, poète dramatique, naquit à Paris en 1688 et mourut dans la même ville le 11 février 1763.

Parmi les pièces qu’il a composées, quelques unes sont restées au théâtre ; nous citerons : les Jeux de l’Amour et du Hasard et les Fausses Confidences.

Mademoiselle Guimard, danseuse de l’Opéra, disait à propos des petits chefs-d’œuvre de Marivaux : c’est le cœur dévoilé par l’esprit.

Marivaux-des-Lombards (rue).

Commence à la rue des Écrivains, nos 14 et 16 ; finit à la rue des Lombards, nos 7 et 9. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 107 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Elle était complètement bâtie en 1280 (même étymologie que celle de la Petite rue Marivaux). Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Propriétés de 1 à 15, retranch. 6 m. 30 c. à 7 m. ; de 17 à 23, ret. 4 m. 40 c. à 4 m. 70 c. ; de 25 à la fin, ret. 5 m. à 5 m. 70 c. ; 2 et 4, pas de ret. ; 6, redress. ; 8 et 10, ret. 40 c. ; 12 et 14, ret. réduit 80 c. ; 16, ret. réduit 1 m. 40 c. ; de 18 à 22, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 33 c. La maison no 26 et celle qui forme l’encoignure de la rue des Lombards sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Marmousets en la Cité (rue des).

Commence aux rues Chanoinesse, no 11, et de la Colombe, no 10 ; finit à la rue de la Cité, nos 15 et 17. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 170 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Une maison dite des Marmousets existait dans cette rue en 1206. Guillot la nomme du Marmouzet ; le rôle des taxes de 1313, des Marmozets, et la liste des rues du XVe siècle, des Marmouzettes. C’est enfin aujourd’hui la rue des Marmousets. — On lit le fait suivant dans le traité de la police : « Ceux d’entre nous, dit le commissaire Delamare, qui ont vu le commencement du règne de sa majesté Louis XIV, se souviennent encore que les rues de Paris étaient si remplies de fange, que la nécessité avait introduit l’usage, de ne sortir qu’en bottes ; et quant à l’infection que cela causait dans l’air, le sieur Courtois, médecin, qui demeurait rue des Marmousets, a fait cette petite expérience par laquelle on jugera du reste. Il avait dans sa salle sur la rue, de gros chenets à pommes de cuivre, et il a dit plusieurs fois aux magistrats et à ses amis, que tous les matins il les trouvait couverts d’une teinture de vert-de-gris, assez épaisse, qu’il faisait nétoyer pour faire l’expérience le jour suivant, et que depuis l’année 1663 que la police du nétoiement des rues a été établie, ces taches n’avaient plus paru. Il en tirait cette conséquence, que l’air corrompu que nous respirons fait d’autant plus d’impressions malignes sur les poumons et sur les autres viscères, que ces parties sont incomparablement plus délicates que le cuivre, et que c’était la cause immédiate de plusieurs maladies. » — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de la rue des Marmousets à 7 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 7, 9, 11, encoignure droite de la rue de Perpignan ; sur le côté opposé, l’encoignure droite de la rue d’Arcole, 18, 20, 22, 28, 30 et 32. — Conduite d’eau.

Marmousets-Saint-Marcel (rue des).

Commence à la rue des Gobelins, no 20 ; finit à la rue Saint-Hippolyte, nos 5 et 7. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 60 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Dès 1540, elle portait ce nom qu’elle doit à une enseigne. On la trouve aussi indiquée anciennement sous le nom des Marionnettes et des Mariettes. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 mars 1843, cette largeur est portée à 10 m. Les deux maisons situées sur le côté des numéros impairs, l’une à l’angle de la rue des Gobelins, l’autre à l’encoignure de la rue Saint-Hippolyte, sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Hippolyte jusqu’à la borne fontaine.

Marqfoy (rue).

Commence à la rue du Grand-Saint-Michel, no 9 ; finit à la rue des Écluses-Saint-Martin, nos 11 et 15. Pas de numéro. Sa longueur est de 181 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 22 mai 1825 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Bégé et Marqfoy sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains, depuis la rue des Morts (aujourd’hui des Écluses-Saint-Martin) jusqu’à la rencontre du prolongement de l’impasse du Grand-Saint-Michel, une rue de douze mètres de largeur, etc. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par les impétrants : 1o de supporter les frais de premier établissement de pavage et d’éclairage ; 2o de se conformer aux règlements sur la voirie de Paris, et sous la réserve de tous les droits résultant du traité fait entre eux et la compagnie du canal, etc. » Cette ordonnance a été immédiatement exécutée. (Voyez l’article de la rue du Grand-Saint-Michel.)

Marsollier (rue).

Commence à la rue Méhul, no 1 ; finit à la rue Monsigny, nos 1. Le dernier impair est 17 ; pas de numéro pair : ce côté est bordé par le théâtre des Italiens. Sa longueur est de 100 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette rue a été ouverte en vertu d’une ordonnance royale du 8 octobre 1826 ; elle n’a été dénommée qu’en 1829. Sa largeur est de 12 m. Les constructions riveraines sont alignées. — Portion d’égout. — Conduite d’eau depuis la rue Méhul jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières, auteur dramatique, naquit à Paris en 1750. Il fit plusieurs pièces qui furent jouées avec succès. En 1786, Nina ou la folle par Amour, vint mettre le sceau à sa réputation et le déterminer à se vouer à la carrière théâtrale. En 1789, les Deux petits Savoyards furent aussi très bien accueillis. On lui doit Camille ou le souterrain, Adolphe et Clara, opéras-comiques qui sont toujours vus avec plaisir. Méhul, Gaveaux et Dalayrac se sont associés comme musiciens aux succès de Marsollier, qui mourut à Versailles le 22 avril 1817.

Martel (rue).

Commence à la rue des Petites-Écuries, nos 12 et 14 ; finit à la rue de Paradis, nos 15 et 17. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 155 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

« Louis, etc… Ordonnons qu’il sera ouvert aux frais des sieurs Lefaivre, Louis et Gandelet, et sur le terrain à eux appartenant, une rue de trente pieds de largeur, conformément à la déclaration du 16 mai 1765, qui sera nommée rue Martel, et aboutira d’un bout dans la rue des Petites-Écuries-du-Roi et de l’autre dans la rue de Paradis, la quelle sera aussi pavée à leurs frais et dans toute son étendue, et ensuite entretenue à nos frais, etc… Donné à Versailles le 6 septembre, l’an de grâce 1777, et de notre règne le 4e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent exécutées au mois de septembre 1778. — Une décision ministérielle, en date du 28 vendémiaire an X, signée Chaptal, a maintenu la largeur de 30 pieds. — Conduite d’eau depuis la rue de Paradis jusqu’à la borne fontaine.

Michel Martel, écuyer, avocat en parlement, notaire honoraire, conseiller du roi, quartinier, fut échevin de la ville de Paris de 1764 à 1766.

Marthe (rue Sainte-), voyez SAINTE-MARTHE.

Martial (impasse Saint-).

Située dans la rue Saint-Éloi, entre les nos 9 et 11. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 21 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

C’était, en 1398, la ruelle Saint-Martial. Elle aboutissait alors à la rue aux Fèves. En 1459, on la nommait rue Saint-Martial. Elle fut convertie en impasse à la fin du XVIe siècle. Elle tire son nom de l’église Saint-Martial, située dans la rue Saint-Éloi, à côté de cette impasse. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 30 c. à 1 m. 60 c. celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 50 c. à 1 m. 70 c.

Martignac (rue de).

Commence à la place de Bellechasse ; finit à la rue de Grenelle-Saint-Germain, nos 128 bis et 130. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 167 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Elle a été ouverte, en 1828, sur les terrains dépendant des couvents de Bellechasse et des Carmélites (voir pour l’historique du premier de ces deux couvents, l’article de la rue de Bellechasse ; nous parlerons de la maison des Carmélites dans le cours du présent article). — La voie publique qui nous occupe, entièrement exécutée sur une largeur de 13 m., a reçu, en vertu d’une décision du roi en date du 15 avril 1839, le nom de Martignac. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jean-Baptiste Silvère Gaye, vicomte de Martignac, naquit à Bordeaux le 20 juin 1770, et mourut le 3 avril 1832. Il fut successivement secrétaire de l’abbé Sièyes, procureur-général près la cour de Limoges, député du Lot-et-Garonne, commissaire civil à l’armée d’Espagne en 1823, directeur-général de l’enregistrement et des domaines et ministre de l’inférieur.

Couvent des Carmélites. — Des religieuses carmélites établies dans la rue Notre-Dame-des-Champs, désirant avoir dans l’intérieur de la ville une maison de refuge, sollicitèrent et obtinrent, en 1656, des lettres-patentes qui leur permirent de fonder un monastère dans la rue du Bouloi. Toutefois, elles ne pouvaient y recevoir que des novices, professes ou religieuses envoyées par le couvent de Notre-Dame-des-Champs. Ces entraves subsistèrent jusqu’en 1663. À cette époque, la reine Marie-Thérèse d’Autriche voulut, en l’honneur de sa patronne, fonder un nouveau couvent des Carmélites. Elle fit expédier en décembre de la même année, des lettres-patentes qui autorisaient l’établissement d’un second monastère dans la rue du Bouloi. Cette communauté devait être tout-à-fait indépendante de celle de Notre-Dame-des-Champs. La première pierre de l’église de ces nouvelles religieuses fut posée le 20 janvier 1664. Cependant leur habitation étant trop petite, elles demandèrent la permission de s’établir dans la rue de Grenelle-Saint-Germain. Cette autorisation leur fut accordée par lettres-patentes données à Compiègne au mois d’octobre 1688. — La communauté des Carmélites, supprimée en 1790, devint propriété nationale. Les bâtiments et terrains furent affectés au service du ministère de la guerre. On y établit la garde des consuls, puis un dépôt de fourrages. Enfin les 3, 4 et 9 juin 1828, ils furent vendus avec ceux qui provenaient du couvent de Bellechasse. Sur leur emplacement, on a formé plusieurs rues et une place dont nous avons donné la désignation à l’article de la rue de Bellechasse.

Martin (boulevart Saint-).

Commence aux rues du Temple, no 139, et de Bondy ; finit aux rues Saint-Martin, no 260, et de Bondy, no 23. Le dernier impair est 61 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 601 m. — Les numéros impairs sont du 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs ; les numéros pairs dépendent du 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Un arrêt du conseil du 7 juin 1670 prescrivit la formation de ce boulevart. Cette voie publique doit son nom à la porte Saint-Martin. — Une décision ministérielle du 28 messidor an X, signée Chaptal, a déterminé l’alignement de ce boulevart par une parallèle au centre des arbres des contr’allées, et à 2 m. de distance. Les constructions riveraines, à l’exception du théâtre de la porte Saint-Martin, ne sont pas soumises à retranchement. La largeur de la chaussée est de 19 m. En 1841, on a exécuté dans cette voie publique d’importants travaux de nivellement. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

On remarque sur ce boulevart le Château-d’Eau, alimenté par le bassin de la Villette. Il est composé de trois socles circulaires au milieu desquels on voit une double coupe en bronze entourée de quatre têtes de lions accouplés, qui lancent de l’eau. Cette fontaine a été inaugurée le 15 août 1811.

Martin (canal Saint-).

De la place de la Bastille à la barrière de Pantin.

« Loi du 29 floréal an X. — Article 1er. Il sera ouvert un canal de dérivation de la rivière d’Ourcq, elle sera amenée à Paris dans un bassin près de la Villette. — Article 2e. Il sera ouvert un canal de navigation qui partira de la Seine au-dessous du bastion de d’Arsenal, se rendra dans les bassins de partage de la Villette et continuera par Saint-Denis, la vallée de Montmorency et aboutira à la rivière d’Oise près Pontoise, etc. »

« 25 thermidor an X. Les Consuls de la république arrêtent : — Article 1er. Les travaux relatifs à la dérivation de la rivière d’Ourcq, ordonnée par la loi du 29 floréal an X, seront commencés le 1er vendémiaire an XI, et dirigés de manière que les eaux soient arrivées à la Villette à la fin de l’an XIII, etc. »

« Toulouse le 27 juillet 1808. — Napoléon, etc… Article 1er. Le plan général du canal de navigation depuis le bassin de la Villette jusqu’à la place de la Bastille, annexé au présent décret, est approuvé, etc. »

Un autre décret du 20 février 1810 ordonna que les travaux seraient terminés en 1817. — Toutes les prescriptions que nous venons de rappeler ne furent point exécutées.

« Loi du 5 août 1821. Article 1er. La ville de Paris est autorisée, conformément à la délibération du conseil municipal du 7 juin 1821, à créer 400,000 fr. de rentes et à les négocier avec publicité et concurrence, dans la proportion des besoins, pour acquitter : 1o la valeur des propriétés à acquérir sur la ligne du canal Saint-Martin ; 2o le prix des travaux nécessaires à l’ouverture et à la confection de ce canal, etc… — Art. 3e. Le traité à conclure pour l’exécution des travaux du canal Saint-Martin sera fait sous l’approbation du gouvernement avec publicité et concurrence, et pourra contenir la concession du d. canal pour une durée de 99 ans au plus. — Art. 4e. Le tarif des droits de navigation et de stationnement établis par la loi du 20 mai 1818 sur le canal Saint-Denis, sera applicable au canal Saint-Martin, etc. »

En vertu de cette loi, un traité passé le 1er mars 1822, entre le préfet de la Seine et la compagnie des canaux, fixa la durée de la concession à 99 années à partir du 1er janvier 1823.

La première pierre du canal Saint-Martin fut posée le 3 mai 1822. Les travaux ont été exécutés sous la direction de M. Devilliers, ingénieur en chef, et sous la surveillance de MM. Tarbé et Brémontier. Cent soixante-huit propriétés ont été acquises pour la formation de ce canal, dont l’inauguration a eu lieu le 4 novembre 1825. Il a été livré au commerce le 15 novembre 1826. La longueur du canal Saint-Martin est de 3,200 m. environ ; il est bordé d’un côté par le quai de Valmy, de l’autre par le quai de Jemmapes. Sa largeur entre les murs de ces quais est de 27 m. ; la largeur depuis ces murs jusqu’aux maisons, est de 16 m. 50 c. de chaque côté. Les arbres qui longent le canal sont à 5 m. de distance des murs des quais. La pente totale du canal est de 25 m. et se trouve répartie entre dix écluses, non compris celle de garde de la gare de l’Arsenal.

Cette gare relie le canal Saint-Martin à la Seine. Elle a été établie en vertu du décret suivant :

« 14 février 1806. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :… Art. 8e. Il sera formé une gare de sûreté dans les fossés de l’Arsenal ; elle sera alimentée par une dérivation des eaux de l’Ourcq, et communiquera à la rivière par des écluses. Le ministre de l’intérieur nous soumettra, avant le premier septembre prochain, les projets de l’établissement de la gare. Les murs actuels d’escarpe et de contrescarpe seront conservés, etc… » — Cette gare a 586 m. de longueur ; elle ne peut contenir que 70 à 80 bateaux, parce que son milieu doit être laissé libre pour le passage des bateaux.

Martin (impasse Saint-).

Située dans la rue Royale, entre les nos 16 et 18. Le dernier numéro est 3. Sa longueur est de 15 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été formée vers 1780 sur une partie du prieuré de Saint-Martin-des-Champs (voyez place de l’ancien marché Saint-Martin). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Il résulte d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, que l’impasse Saint-Martin sera confondue dans la rue de Breteuil, lors de la démolition de la maison portant sur la rue Royale le no 18. Les constructions du côté gauche de l’impasse ne sont pas soumises à retranchement.

Martin (marché Saint-).

Limité par les rues Conté, Vaucanson, Ferdinand-Berthoud et Montgolfier. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Ce marché a été construit pour remplacer celui qui se tenait dans le voisinage et dont nous parlerons à l’article suivant.

« Au Palais des Tuileries, le 30 janvier 1811. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera établi un marché pour notre bonne ville de Paris dans le jardin de l’ancienne abbaye Saint-Martin, dont nous faisons don à cet effet à la dite ville. — Art. 2e. Le marché Saint-Martin actuellement existant sera acquis par notre bonne ville de Paris, pour cause d’utilité publique, selon la loi de mars 1810, et en suivant les formes qu’elle a prescrites. — Art. 3e. Le plan du marché dont la construction est ordonnée par l’article 1er, et le devis des dépenses, nous seront incessamment soumis pour y être statué en notre conseil. — Art. 4e. Les marchés qui se sont établis sans autorisation et par usage sur la voie publique dans les rues Saint-Martin et Saint-Denis, seront entièrement supprimés quand le dit marché sera établi. Signé Napoléon. » — Un autre décret du 24 février suivant ordonna que ce marché serait terminé au 1er juin 1811. Cependant la première pierre ne fut posée que le 15 août de la même année. — « Au palais de Trianon, le 21 mars 1813. — Napoléon, etc… Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. Il sera ajouté au marché Saint-Martin un corps d’étaux de boucherie, tant dans l’emplacement de l’ancien marché que dans la maison particulière côtée A sur le plan. Il sera ouvert pour les débouchés de ce marché trois nouvelles rues, savoir : une à droite du Conservatoire des Arts et Métiers pour la communication avec la rue du Vertbois ; une autre à gauche du Conservatoire, coupant la rue Royale et sur le prolongement de la rue Transnonnain ; et la troisième sur l’axe du marché et du Conservatoire, débouchant sur la rue des Fontaines, et établissant une communication directe avec le quartier du Temple. À cet effet, les bâtiments désignés au plan par la cote A, et par les nos 5, 8, 15 et 19, seront acquis par notre bonne ville de Paris, pour cause d’utilité publique, etc… Signé Napoléon. » — Les travaux de construction du marché Saint-Martin furent dirigés par M. Peyre, architecte, qui les termina en 1816. L’inauguration eut lieu le 20 juillet en vertu d’une ordonnance de police du 12 du même mois. À cette époque, on s’occupa des percements qui devaient faciliter les abords de cet établissement. Le plan décrété par l’empereur fut modifié par celui qui fut approuvé ministériellement le 9 octobre 1816. Suivant ce dernier projet, cinq nouvelles communications durent être ouvertes. En vertu d’une décision du ministre de l’intérieur du 27 septembre 1817, les noms de Ferdinand-Berthoud, Borda, Conté, Montgolfier et Vaucanson furent assignés à ces voies publiques. C’était une heureuse idée inspirée par le voisinage du Conservatoire, où les chefs-d’œuvre de ces savants sont conservés avec un soin religieux.

Le marché Saint-Martin est composé de deux corps de bâtiments entièrement isolés, de chacun 22 m. de largeur et de 62 m. de longueur, et séparés par une cour de 58 m. de largeur. Ils sont divisés chacun en trois nefs d’égale largeur et en neuf travées composant 27 espaces carrés formés par les murs de face, percés dans leur pourtour de 60 arcades, les unes servant d’entrées, les autres fermées par des persiennes. Le tout est couvert d’un comble dont la partie, posant sur les murs de face, est en appentis, et dont la partie centrale portant sur seize piliers est à deux égouts. Cette dernière, plus élevée que la première, laisse un espace vide qui éclaire la partie supérieure du bâtiment. La fontaine occupe le centre de la cour. La superficie du marché Saint-Martin est de 6,324 m.

Martin (place de l’ancien marché Saint-).

Située entre les rues du Marché-Saint-Martin, Royale, Conté et Montgolfier. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 88 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

« 25 mars 1765. — Louis, etc… Les officiers chargés sous nos ordres de la police de Paris, désiraient depuis longtemps l’établissement d’un marché dans le quartier Saint-Martin-des-Champs, où, faute d’un terrain qui y fût destiné, les vendeurs et les acheteurs ne pouvant se placer que dans les rues les plus fréquentées, se trouvaient exposés à de grandes incommodités, à de véritables risques, par le passage continuel des voitures, etc. À ces causes : Article 1er. Avons approuvé et autorisé, approuvons et autorisons le contrat d’échange attaché sous le contr’scel des présentes, par lequel le sieur abbé de Breteuil, en vue de l’établissement d’un marché dans le quartier Saint-Martin-des-Champs, a cédé aux religieux, moyennant 8,000 liv. de rente perpétuelle, la totalité de l’emplacement de son hôtel, au prieuré de Saint-Martin-des-Champs, bâtiments et jardins en dépendant, ainsi qu’un grand terrain vague en forme de marais, contigu au d. hôtel prieural. Voulons que le d. échange sorte son plein et entier effet, et que nonobstant notre édit du mois d’août 1749, enregistré au parlement, aux dispositions duquel nous dérogeons pour ce regard en considération de l’utilité publique, lesd. religieux demeurent propriétaires des terrains et bâtiments à eux cédés, sur partie de l’emplacement desquels il sera incessamment établi un marché suivant l’offre des d. religieux, etc. — Art. 3e. La principale entrée du dit marché sera par la porte de l’enclos qui donne sur la rue Saint-Martin, et il sera ouvert deux autres passages, un dans la rue Frépillon et l’autre dans la rue Aumaire, vis-à-vis la rue Transnonnain, à la charge néanmoins que l’estimation des maisons qu’il sera nécessaire d’abattre pour former les d. passages, sera convenue de gré à gré entre le lieutenant-général de police et les propriétaires des dites maisons, ou réglée par experts nommés d’office, etc… — Art. 7e. Permettons aux d. religieux, dans le surplus du terrain à eux concédé, de construire tels bâtiments qu’ils jugeront à propos, des quels bâtiments qu’ils pourront louer à leur profit, la propriété leur appartiendra incommutablement en vertu des présentes, etc. » (Extrait de la déclaration du roi, Archives du royaume, série E, no 3451, section administrative). — Cette déclaration fut enregistrée au bureau de la ville le 30 avril suivant. On commença immédiatement à construire le marché ainsi que les issues qui devaient y aboutir ; ces issues furent d’abord au nombre de trois, savoir : rues Royale, du Marché-Saint-Martin et passage au Maire. Toutefois le marché ayant attiré un surcroit de population dans le quartier, les religieux profitèrent de l’autorisation qui leur avait été accordée par l’article 7e de la déclaration précitée. Vers 1780, ils firent percer sur l’emplacement resté disponible, plusieurs rues, impasses et place dont les dénominations se rattachent presque toutes à l’histoire de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs. Telles sont : les rues Bailly, Saint-Benoît, de Breteuil, Henri Ier, Saint-Hugues, Saint-Marcoul, Saint-Maur, Saint-Paxent, Saint-Philippe, Royale, Saint-Vannes ; les impasses Saint-Martin, Saint-Nicolas, la place Saint-Vannes. (Les rue et place Saint-Vannes ont été supprimées lors de la formation de la rue Conté.)

Un demi-siècle n’était pas écoulé depuis la construction du marché Saint-Martin, lorsqu’on ressentit l’insuffisance de son emplacement. Napoléon ordonna la construction d’un nouvel établissement dans des proportions beaucoup plus vastes. Le marché ouvert en 1765 fut abandonné à la fin de juillet 1816. Les bâtiments qui le composaient furent démolis, et sur le terrain qu’ils laissèrent vide, on forma la place dont nous nous occupons. — Suivant les alignements approuvés par une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et par une ordonnance royale du 14 janvier 1829, les constructions riveraines de cette voie publique sont alignées, à l’exception de celles nos 10 et 12, qui devront subir un faible retranchement. Au milieu de cette place on a planté des arbres. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Martin (porte Saint-).

Située entre les rues Saint-Martin et du Faubourg-Saint-Martin.

La porte Saint-Martin de la deuxième enceinte de Paris était située dans la rue du même nom, vis-à-vis de la rue Neuve-Saint-Merri, à l’endroit appelé autrefois l’archet Saint-Merri. Elle fut donnée par Dagobert à l’abbaye de Saint-Denis. Les droits d’entrée qui s’y percevaient en 1147 montaient à 50 livres ; elle ne produisait avant cette époque que 12 livres annuellement. Philippe-Auguste, vers l’an 1200, fit reculer cette porte jusqu’à l’endroit où aboutit, dans la rue Saint-Martin, la rue Grenier-Saint-Lazare. Sous les rois Charles V et Charles VI, elle fut élevée près du coin septentrional de la rue Neuve-Saint-Denis. La porte ou plutôt l’arc de triomphe que nous voyons aujourd’hui fut construit en 1674, sur les dessins de Pierre Bullet, élève de François Blondel, auteur de l’arc de triomphe de la porte Saint-Denis. Ce monument a 18 m. de large sur autant d’élévation, y compris l’attique, dont la hauteur est de 3 m. 70 c. Cette construction est percée de trois arcades ; celle du milieu a 4 m. 30 c. de largeur, et 8 m. 60 c. d’élévation. Les arcades latérales ont chacune 2 m. 60 c. de largeur et 5 m. 20 c. de hauteur. Les pieds-droits qui, aux extrémités, s’élèvent jusqu’à l’entablement, et ceux qui supportent l’arcade du milieu, ainsi que le bandeau de cette arcade, ont une largeur semblable, et sont en bossages rustiques vermiculés ; ce genre d’ornement simple et noble produit en cette circonstance un fort bon effet ; au-dessus est un entablement à grandes consoles, le tout est surmonté d’un attique. Dans les deux espaces qui se trouvent entre les pieds-droits, le bandeau de la grande arcade et l’entablement, sont deux bas-reliefs qui ont rapport aux conquêtes de Louis XIV. Dans un de ces bas-reliefs, du côté de la ville, on voit ce monarque assis sur son trône, ayant à ses pieds une nation à genoux qui l’implore et lui présente avec humilité le traité de la triple alliance. L’autre bas-relief nous montre encore Louis XIV sous les traits d’Hercule. Le demi-dieu tient dans sa main une massue, foule aux pieds des cadavres ; la Victoire qui descend du ciel, tenant des palmes d’une main, pose de l’autre sur la tête du roi une couronne de lauriers ; ce bas-relief est une allégorie de la conquête de la Franche-Comté. Du côté du faubourg, les deux bas-reliefs représentent de semblables allégories : la prise de Limbourg et la défaite des Allemands. Ces bas-reliefs sont dus à Desjardins, Marsy, le Hongre et Legros. Entre les consoles de l’entablement, sont divers attributs guerriers, et entre celles du milieu est le soleil, symbole du grand roi. Dans les années 1819 et 1820, on a réparé cet édifice.

Martin (rue des Écluses Saint-).

Commence, à la rue Grange-aux-Belles, nos 61 et 63 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 200 et 202. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 520 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Elle faisait autrefois partie de la rue Saint-Maur-Popincourt (voir cet article). En 1789, c’était la rue des Morts. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une autre décision ministérielle du 28 février 1831, signée Montalivet, elle a reçu la dénomination de rue des Écluses-Saint-Martin. Cette voie publique est coupée par le canal Saint-Martin. — Propriétés de 1 à 19 ter inclus, pas de retranch. ; 21, 23 et 25, redress. ; 2, 2 bis, 2 ter, 2 quater, 4, 4 bis, encoignure du quai de Valmy, 16, 20, 22, 28, 30 bis et 34, pas de retranch. Les autres constructions ne devront subir qu’un faible reculement. — Conduite d’eau entre la rue Grange-aux-Belles et le quai de Valmy.

Martin (rue des Fossés-Saint-).

Commence à la rue de la Chapelle, no 13 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 218. Pas de numéro. Sa longueur est de 161 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de Chemin de la Voirie. Sa dénomination actuelle lui vient de son voisinage des fossés dans lesquels on déchargeait autrefois les immondices. — Une décision ministérielle en date du 1er novembre 1808, signée Cretet, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Martin (rue du Canal-Saint-).

Commence au quay de Valmy, no 177 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 226 et 228. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 200 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.


Une ordonnance royale du 1er mars 1826 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Alexandre Delessert et Paravey sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains une rue de treize mètres de largeur, pour communiquer du quai du canal à la rue du Faubourg-Saint-Martin. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par les impétrants : 1o de border la rue nouvelle de trottoirs en pierre dure d’une largeur qui sera déterminée par l’administration ; 2o de supporter les frais du premier établissement du pavage et de l’éclairage ; 3o de supporter également les dépenses des travaux à faire pour l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; 4o de se soumettre aux lois et règlements de la voirie de Paris. » — Cette ordonnance reçut immédiatement son exécution, et la rue nouvelle fut appelée rue du Canal-Saint-Martin en raison de sa proximité de ce canal. — Conduite d’eau.

Martin (rue du Faubourg-Saint-).

Commence au boulevart Saint-Denis, no 2, et à la rue de Bondy, no 92 ; finit aux chemins de ronde des barrières de la Villette et de Pantin. Le dernier impair est 261 ; le dernier pair, 274. Sa longueur est de 1878 m. — 5e arrondissement : les impairs sont du quartier du Faubourg-Saint-Denis ; les pairs dépendent du quartier de la Porte-Saint-Martin.

Cette voie publique est ainsi nommée parce qu’elle prolonge la rue Saint-Martin, en traversant le faubourg du même nom. De l’église Saint-Laurent à la barrière, elle était encore indiquée à la fin du siècle dernier sous la dénomination de Faubourg-Saint-Laurent. — Une décision ministérielle du 28 messidor an V, signée Benezech, et une ordonnance royale du 4 novembre 1829, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 18 m. et la plus grande à 36 m. Propriétés de 1 à 5, redress. ; 7 et 9, alignées ; 11, retranch. réduit 40 c. ; de 13 à 23, alignées ; de 25 à 29, redress. ; 31, 33, ret. 20 c. à 28 c. ; 35, alignée ; de 37 à 41, ret. 30 c. à 38 c. ; 43, 45, alignées ; 47, 49, ret. 30 c. à 37 c. ; 51, alignée ; de 53 à 57, ret. 35 c. ; de 59 à 63, redress. ; encoignure droite de la rue Neuve-Saint-Jean, alignée ; de 67 à 73, ret. 30 c à 70 c. ; 75 et 77, ret. 60 c. à 70 c. ; 79, ret. réduit 40 c. ; 81, 83, alignées ; 85, redr. ; 87, ret. réduit 50 c. ; 89, ret. réduit 1 m. ; 91, ret. réduit 1 m. 70 c. ; de 93 à 109, ret. 2 m. à 3 m. 20 c. ; 111, 113, 115, alignées ; 117, ret. réduit 50 c. ; de 119 à la fin, alignées. De 2 à 6, ret. réduit 1 m. ; de 8 à 12, redr. ; 14, 16, ret. réduit 30 c. ; 18, 20, ret. réduit 60 c. ; de 22 à 38, ret. 80 c. à 1 m. 30 c. ; 40, alignée ; de 42 à 54, ret. 90 c. à 1 m. 38 c. ; 56, alignée ; de 58 à 64, ret. 60 à 98 c. ; 66, 68, ret. 50 c. ; 70, alignée ; de 72 à 76, ret. 30 c. environ ; de 78 à 92, et l’encoignure gauche de la rue des Marais, alignées ; 94, redr. ; 96, alignée ; 98, ret. 50 c. ; partie du no 100, alignée ; surplus ret. 90 c. ; 102, 104, alignées ; de 106 à 114, ret. 1 m. 77 c. à 2 m. 20 c. ; 116, ret. 1 m. 50 c. ; 118, ret. 2 m. 20 c. ; 120, ret. réduit 1 m. 60 c. ; 122, 124, alignées ; 126, 128, ret. 40 c. environ ; de 130 à 136, ret. 90 c. à 1 m. 20 c. ; 138, ret. réduit 60 c. ; 140, ret. réduit 30 c. ; de 142 à 148, alignées ; dépendances des Incurables, alignées en grande partie ; de 152 à 158, red. ; de 160 à la fin, alignées. — Égout et conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

On exécute en ce moment de grands travaux de pavage, nivellement, remaniement et élargissement de la chaussée. De larges trottoirs avec bordures à refouillement dans la partie inférieure, et un dallage en bitume dans la partie supérieure, seront établis dans toute l’étendue de la rue. Depuis les rues de la Fidélité et des Récollets jusqu’à la barrière, une ligne d’arbres sera plantée de chaque côté de la chaussée. Ces travaux importants, votés par le conseil municipal, dans sa séance du 31 mars 1843, et approuvés par le ministre de l’intérieur le 11 juillet suivant, seront prochainement terminés. Cette opération occasionnera une dépense de 440,000 fr., qui sera supportée savoir : par l’État 80,000 fr., par les riverains 100,000 fr., par la ville 260,000 fr.

Martin (rue du Marché-Saint-).

Commence à la rue Frépillon, nos 11 et 13 ; finit à la place de l’ancien Marché-Saint-Martin. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 29 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte, en 1765, sur une partie de l’emplacement du prieuré de Saint-Martin-des-Champs. (Voyez place de l’ancien Marché-Saint-Martin.) — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et une ordonnance royale du 29 décembre 1824, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 2 m. 10 c. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Martin (rue Neuve-Saint-).

Commence aux rue et impasse du Pont-aux-Biches ; finit à la rue Saint-Martin, nos 240 et 242. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 251 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte sur le territoire de la Pissotte Saint-Martin. Dès 1421, elle portait la dénomination de rue Neuve-Saint-Martin, et se prolongeait alors sous ce nom jusqu’à la rue du Temple. Dans un procès verbal de 1638, elle est appelée rue du Mûrier dite Neuve-Saint-Martin. — Une décision ministérielle à la date du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. Propriétés de 1 à 5 bis inclus, alignées ; 7, redress. ; de 9 à 19, ret. 35 c à 65 c. ; 21 et partie du no 23, alignées ; de 23 à 29, ret. 70 c. à 80 c. ; 31 et 33, alignées ; 2 et 4, redress. ; de 6 à 14, ret. 25 c. à 40 c. ; de 16 à 30, ret. 40 c. à 50 c. ; 32, ret. 90 c. ; 34, 34 bis et 36, ret. 1 m. à 2 m. 25 c. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Martin jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Martin (rue Saint-).

Commence aux rues des Lombards, no 2, et de la Verrerie, no 78 ; finit aux boulevarts Saint-Denis, no 1, et Saint-Martin, no 61. Le dernier impair est 315 ; le dernier pair, 260. Sa longueur est de 1,160 m. — De 1 à 135, 6e arrondissement, quartier des Lombards ; de 137 à la fin, 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis ; de 2 à 160, 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie ; de 162 à la fin, 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Presque toutes les grandes voies publiques de Paris n’étaient, dans le principe, que de simples chemins qui conduisaient à des abbayes célèbres ; ainsi les rues Saint-Martin, Saint-Denis, Saint-Antoine, etc., doivent leur origine ou leur développement aux abbayes de Saint-Martin, de Saint-Denis et de Saint-Antoine. Vers 1147, la rue Saint-Martin, qui commençait à la rivière, était presqu’entièrement bâtie jusqu’à la rue Neuve-Saint-Merri ; en cet endroit était une porte de la seconde enceinte de Paris. La construction des halles, sous Philippe-Auguste, avait attiré une grande partie de la population parisienne sur la rive droite de la Seine, et la rue Saint-Martin, voisine de cet immense bazar, en recueillit aussitôt de précieux avantages. Vers l’année 1200, elle était presque complètement bordée de constructions jusqu’à la rue Grenier-Saint-Lazare ; là, était une porte de ville qui faisait partie de la troisième enceinte de Paris. En 1418, la rue Saint-Martin se prolongeait jusqu’à la rue Neuve-Saint-Denis. Ce fut enfin sous le règne de Louis XIII qu’elle atteignit l’emplacement qui lui sert encore aujourd’hui de limite. — Une décision ministérielle du 28 messidor an V, signée Benezech, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836, cette moindre largeur a été portée à 14 m. Propriétés de 1 à 31, retranchement 4 m. 40 c. à 5 m. 10 c. ; 33, 35, ret. 3 m. 50 c. à 4 m. 20 c. ; 37, 39 seront supprimées pour exécuter l’alignement de la rue Ogniard ; 41, 43, ret. 2 m. à 2 m. 60 c. ; de 47 à 65, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. ; de 67 à 73, ret. 2 m. à 3 m. ; de 75 à 81, ret. 3 m. à 3 m. 50 c. ; 83, alignée ; 85, ret. réduit 2 m. 70 c. ; les deux encoignures de la rue de Rambuteau, alignées ; 95, ret. réduit 50 c. ; 97, 99, ret. 30 c. à 50 c. ; 101, ret. réduit 80 c ; 103, ret. réduit 1 m. 60 c. ; de 105 à 115, ret. 2 m. à 2 m. 75 c. ; 117, 119, ret. 2 m. 75 c. à 3 m. 50 c. ; de 121 à 133, ret. 3 m. 50 c. à 4 m. 40 c. ; 135, ret. réduit 3 m. 50 c. ; de 137 à 145, ret. 2 m. 57 c. à 2 m. 80 c. ; 147, alignée ; 149, ret. 3 m. 30 c. à 4 m. ; 151, ret. 4 m. à 4 m. 30 c. ; 153, alignée ; de 155 à 161, ret. 3 m. 50 c. à 3 m. 80 c. ; 163, ret. 3 m. 30 c. ; de 165 à 173, ret. 2 m. 30 à 3 m. 10 c. ; 175, 177, alignées ; de 179 à 183, ret. 2 m. 26 c. à 2 m. 40 c. ; 185, alignée ; de 189 à 195, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 05 c. ; 197, 199, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 70 c. ; 201, ret. 1 m. ; 203, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 205, ret. réduit 2 m. ; 207, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 209, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 211, ret. réduit 4 m. 30 c. ; 213, ret. réduit 4 m. 40 c. ; 215, 217, ret. 4 m. 80 c. à 5 m. 80 c. ; 219 doit être supprimée pour l’exécution d’un grand pan coupé à l’encoignure de la rue Greneta ; 221, ret. 1 m. 70 c. ; 223, alignée ; de 225 à 231, ret. 70 c. à 1 m. 50. c. ; 233 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue Guérin-Boisseau ; 235, ret. réduit 90 c. ; 237, ret. réduit 50 c. ; 239, ret. réduit 25 c. ; 241, ret. 80 c. ; 243, 245, alignées ; 247, ret. réduit 60 c. ; 249, alignée ; 251, ret. 1 m. ; de 253 à 267, alignées ; 269, ret. 30 c. ; 271, alignée ; de 273 à 283, ret. 75 c. à 1 m. 40 c. ; 285, ret. réduit 60 c. ; 287, ret. réduit 25 c. ; 289, alignée ; de 291 à 303, redress. ; 305, 307, ret. réduit 30 c. ; de 309 à la fin, ret. 1 m. à 1 m. 50 c. ; — 2, ret. 2 m. ; 4, ret. 1 m. 20 c. ; 6 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue du Cloître-Saint-Merri ; de 8 à 26, ret. 75 c. à 1 m. 20 c. ; de 28 à 42, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 30 c. ; de 44 à 64, ret. 2 m. à 2 m. 50 c. ; de 66 à 76, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. 10 c. ; 78, 82, alignées ; 84, ret. 2 m. 80 c. ; 86, 88, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 90 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue des Petits-Champs ; 92, ret. 1 m. 20 c. ; 94, alignée ; 96, 98, ret. 90 c. ; 100, 102, alignées ; 104, 106, ret. réduit 30 c. ; 108, 110, redr. ; de 112 à 116, ret. 25 c. ; 118, 120, ret. 40 c. ; 122, redr. ; 124, alignée ; 126, redr. ; de 130 à 144, alignées ; 144 bis et 146, redr. ; 148, ret. 40 c. ; de 150 à 154, ret. 40 c. à 70 c. ; de 156 à 166, ret. 70 c. à 1 m. ; 168, ret. réduit 50 c. ; 170, alignée ; de 172 à 182, ret. 20 c. à 30 c. ; 184, alignée ; de 186 à 192, ret. 30 c. à 50 c. ; de 194 à 198, pas de ret. ; 202, ret. 3 m. 30 c. ; de 208 à 222, ret. 3 m. 40 c. à 4 m. 30 c. ; 222 bis, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 224, ret. réduit 2 m. ; 226, ret. réduit 1 m. 30 c. ; 228, ret. réduit 60 c. ; 230, alignée ; 232, ret. réduit 30 c. ; 234, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 236, 238, ret. 2 m. 40 c. à 2 m. 80 c. ; 240, alignée ; de 242 à 248, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c. ; de 250 à la fin, alignées. — Égout et conduite d’eau dans une grande partie. — Éclairage au gaz : côté des numéros impairs (compe Française) ; côté des numéros pairs (compe Lacarrière).

Au no 96 on voyait, avant la révolution, l’église Saint-Julien-des-Ménétriers. — « L’an de grâce 1328, (dit Dubreuil), le mardi devant la Saincte-Croix, en septembre il y avait en la rue Saint-Martin-des-Champs, deux compagnons ménestrels qui s’entr’aymoient parfaictement et estoient toujours ensemble. L’un estoit de Lombardie et s’appeloit Jacques Graze de Pistoie, autrement dit Lappe ; l’autre estoit de Lorraine et avoit nom Huet, le guette du palais du roi. Or advint que le dit jour après disner, ces deux compagnons estant assis sur le siège de la maison du dit Lappe et parlans de leur besongne, virent de l’autre part de la voye, une pauvre femme appelée Fleurie de Chartres, la quelle estoit en une petite charrette, et n’en bougeoit jour et nuict, comme entreprise d’une partie de ses membres, et là, vivoit des aumosnes des bonnes gens. Ces deux, esmeus de pitié, s’enquirent à qui appartenoit la place, désirants l’accepter et y bastir quelque petit hospital. Et après avoir entendu que c’estoit à l’abbesse de Montmartre, ils l’allèrent trouver ; et pour le faire court, elle leur quitta le lieu à perpétuité, à la charge de payer par chacun an cent sols de rente, et huict livres d’amendement dedans six ans seulement, et sur ce, leur fit expédier lettres, en octobre, le dimanche devant la Sainct-Denys 1330. Le lendemain, les dits Lappe et Huet prindrent possession du dit lieu, et pour la mémoire et souvenance firent festin à leurs amis. » — Telle fut l’origine de l’église et de l’hôpital de Saint-Julien. Quelques ménétriers se réunirent aux deux fondateurs et firent construire le petit hôpital, dont la pauvre Fleurie occupa jusqu’à sa mort le premier lit. Les ménétriers achetèrent ensuite au prix de douze livres et douze sols de rente par an, une maison sise au coin de la rue Palée (aujourd’hui du Maure), et obtinrent la permission de faire bâtir une chapelle. L’hôpital reçut les noms de Saint-Julien et Saint-Genest, et la chapelle ajouta à ses titres celui de Saint-Georges. L’architecture de la petite église de Saint-Julien devait exciter la curiosité des artistes. Sa façade pittoresque était d’une délicatesse remarquable. Elle consistait en une grande arcade accompagnée de quatre niches. La frise de l’arcade était remplie de petits anges qui jouaient de plusieurs instruments, alors en usage, tels que l’orgue, la harpe, le violon, le rebec à trois cordes, la vielle, la mandoline, le psaltérion, la musette, le cor, le hautbois, la flûte de Pan, la flûte à bec, le luth et le tympanon. Dans la niche à gauche était la statue de saint Julien ; à droite, celle du martyr saint Genest, comédien à Rome, sous le règne de Dioclétien. Ce saint, protecteur des musiciens et des histrions, était coiffé d’une espèce de toque et couvert d’un simple manteau. Il tenait à la main un violon. Les ménétriers et les jongleurs demeuraient presque tous dans la rue qui porta leur nom, et qui se trouve aujourd’hui confondue dans la rue de Rambuteau. Réunis en confrérie dès l’année 1331, ils signèrent au nombre de trente-sept, un règlement qui fut enregistré au parlement, le 23 novembre de cette année. Les jongleurs et ménétriers de la corporation de Paris avaient seuls le droit de se présenter aux fêtes qui se célébraient dans cette ville. Les ménétriers étrangers ne pouvaient exercer leur industrie, sous peine d’être bannis de Paris pendant un an et un jour et de payer une amende. Cependant, lorsqu’ils ne faisaient que passer par la ville, ils étaient hébergés aux frais de l’hôpital fondé par Lappe et Huet. La corporation des ménétriers était gouvernée par un roi et par le prévôt de Saint-Julien. Constantin, célèbre violoniste de la cour de Louis XIII, fut élu roi des musiciens de Paris. À sa mort, arrivée en 1657, Dumanoir lui succéda sous le nom de Guillaume Ier ; son fils, Guillaume II, qui le remplaça, abdiqua volontairement en 1685. Le royaume des ménétriers tomba dans l’anarchie jusqu’en 1741. À cette époque, le célèbre Guignon monta sur le trône, mais les vapeurs de la royauté excitèrent son insolent despotisme. Une insurrection générale força l’imprudent monarque à signer son abdication. Le titre de roi des musiciens fut supprimé en 1773. Dès l’année 1744, l’archevêque de Paris avait ordonné aux prêtres de la Doctrine Chrétienne de célébrer le service divin dans la chapelle de Saint-Julien. Le 17 décembre 1789, une députation des confrères de Saint-Julien-des-Ménétriers se présenta à la barre de l’Assemblée Nationale, et lui fit hommage de leur église. Ce curieux monument, qui contenait en superficie 148 m., fut vendu le 25 février 1792 et abattu quelques années après.

Martin (théâtre de la Porte-Saint-).

Situé sur le boulevart Saint-Martin, entre les nos 14 et 16. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Il a été bâti, en 1781, sur les dessins de Lenoir, dit le Romain, pour remplacer la salle de l’Opéra qui venait d’être incendiée ; soixante-quinze jours suffirent à l’architecte pour terminer la nouvelle construction. Cette salle fut inaugurée le 27 octobre 1781. Les acteurs de l’Opéra y donnèrent des représentations jusqu’en 1794. À cette époque, ils prirent possession de la salle Montansier, située rue de Richelieu. Le théâtre de la Porte-Saint-Martin fut ouvert le 14 septembre 1808, par le nouveau spectacle des Jeux Gymniques. La direction de ce théâtre, exploitée depuis ce temps par divers particuliers, a subi le sort de toutes les entreprises dramatiques. On y représente aujourd’hui des drames, des comédies-vaudevilles et des ballets. Ce théâtre contient 1,803 places, dont les prix sont ainsi fixés, savoir : avant-scène des 1res, du rez-de-chaussée, des 2mes avec salon, et des 1res loges grillées de face, 5 fr. ; 1res découvertes, 2mes grillées de face et stalles de balcon d’avant-scène, 4 fr. ; stalles d’orchestre et stalles de balcon de face, 3 fr. ; orchestre, baignoires, 1res galeries, loges découvertes (2e rang) et avant-scène des 3mes, 2 fr. 50 c. ; 2mes loges et loges du cintre, 2 fr. ; parterre et amphithéâtre, 1 fr. 50 c. ; 2me galerie, 1 fr. ; 2me amphithéâtre, 50 c.

Martyrs (barrière des).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Elle a d’abord porté le nom de Montmartre. On l’a depuis appelée des Martyrs, en mémoire de saint Denis et de ses compagnons qui, suivant la légende, ont été décapités à Montmartre. Cette barrière consiste en un bâtiment présentant un grand cintre avec pilastre. (Voir l’article Barrières.)

Martyrs (chemin de ronde de la barrière des).

Commence aux rue et barrière des Martyrs ; finit à la rue Pigalle et à la barrière Montmartre. Pas de numéro. Sa longueur est de 159 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale du 28 janvier 1837 a maintenu la largeur de 11 m. 69 c., fixée par l’ordonnance du bureau des finances du 16 janvier 1789. Les constructions voisines de la barrière Montmartre sont alignées. (Voyez l’article Chemins de ronde.)

Martyrs (rue des).

Commence aux rues Notre-Dame-de-Lorette, no 2, et Coquenard, no 64 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Martyrs et Poissonnière. Le dernier impair est 69 ; le dernier pair, 70. Sa longueur est de 580 m. — 2e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier de la Chaussée-d’Antin ; les numéros pairs dépendent du quartier du Faubourg-Montmartre.

Sur plusieurs plans elle est confondue avec la rue du Faubourg-Montmartre, dont elle forme le prolongement. D’autres lui donnent la dénomination de rue des Porcherons. Elle a reçu le nom de rue des Martyrs, parce qu’elle se dirige sur le village de Montmartre, où saint Denis et ses compagnons subirent le martyre. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 22 août 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Propriétés nos 1, 3, alignées ; de 5 à 13, redress. ; de 15 à 41, pas de retranch. ; mur de clôture à la suite, redr, ; 43 et encoignure droite de la rue de Navarin, alignées ; 45, 47, ret. 70 c. à 80 c ; partie de 49, alignée ; surplus et 51, ret. 50 c. ; partie du no 53, alignée ; 55 et 57, redress. ; de 59 à la fin, pas de ret. ; — de 2 à 34, alignées ; 36, ret. 30 c. ; 38, redr. ; 40, 42, 44, alignées ; 46, 48, ret. moyen 50 c. ; 50, 52, 54, alignées ; 56, 58, redr. ; 60, 62, alignées ; 64, 66, ret. 1 m. 40 c. à 2 m. 20 c. ; 68, ret. moyen 1 m. 30 c. ; 70, ret. 50 c. environ. — Égout entre la rue Coquenard et celle de la Tour-d’Auvergne. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Masseran (rue).

Commence à la rue Neuve-Plumet ; finit à la rue de Sèvres, nos 106 et 108. Le dernier impair est 3 ; un seul pair, qui est 2. Sa longueur est de 303 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Ouverte à 17 m. 55 c. de largeur, en vertu d’un arrêt du conseil du 30 juin 1790, sur les terrains appartenant au sieur Brongniart, architecte du roi et de l’hôtel des Invalides ; cette rue doit son nom à M. le prince Masseran ou Massérano, qui y possédait une propriété à l’angle de la petite rue des Acacias. — Une décision ministérielle du 12 décembre 1822 prescrivit la réduction de cette voie publique à 12 m. de largeur. — Une ordonnance royale du 20 septembre 1842 a porté cette dimension à 17 m. 50 c. Toutes les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer, savoir : dans la partie comprise entre la rue Neuve-Plumet et la Petite rue des Acacias, de 1 m. 50 c. à 3 m. ; dans le surplus, de 5 m. 10 c. à 7 m. 20 c. — Conduite d’eau entre la Petite rue des Acacias et la rue de Sèvres.

Massillon (rue).

Commence à la rue Chanoinesse, nos 3 et 5 ; finit aux rues Bossuet, nos 4, et du Cloître-Notre-Dame, nos 2 et 4. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 52 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Elle faisait autrefois partie du cloître Notre-Dame. Le plan de Verniquet ne lui donne aucune dénomination. Le nom qu’elle porte aujourd’hui rappelle le célèbre prédicateur Massillon, né à Hyères en Provence, en 1663, et mort à Paris en 1742. Massillon a fait quelques oraisons funèbres ; elles passent pour être inférieures à ses autres discours. Son éloge de Louis XIV est remarquable surtout par la première phrase : Dieu seul est grand, mes frères ! Ces paroles sont superbes, prononcées en regardant le cercueil de celui qui avait pris le soleil pour emblème. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. La plus grande partie des numéros impairs est alignée ; le surplus de ce côté devra reculer de 1 m. 20 c. environ ; sur le côté droit les constructions sont soumises à un retranchement de 2 m. 60 c. au plus.

Masure (rue de la).

Commence au quai des Ormes, nos 34 et 36 ; finit à la rue de l’Hôtel-de-Ville, nos 27 et 29. Pas de numéro. Sa longueur est de 21 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Le libraire Gilles Corrozet la désigne sous le nom de Descente à la rivière. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m.

Mathurins (rue de la Ferme-des-).

Commence à la rue Basse-du-Rempart, nos 76 et 78 ; finit à la rue Saint-Nicolas, nos 59 et 61. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 491 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Partie comprise entre les rues Neuve-des-Mathurins et Saint-Nicolas. — Elle a été ouverte, en 1775, sur un terrain dépendant d’une ferme appartenant aux religieux Mathurins. Ce percement fut exécuté sur une largeur de 9 m. 74 c. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, maintint cette largeur qui a été portée à 15 m. par une ordonnance royale du 14 novembre 1839.

Partie comprise entre le boulevart et la rue Neuve-des-Mathurins. — Une ordonnance royale du 5 novembre 1823 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Lafaulotte frères, et Godot-de-Mauroy frères, sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains une rue de douze mètres de largeur, pour communiquer de la rue Basse-du-Rempart à l’impasse de la Ferme-des-Mathurins, etc. — Art. 2. Cette autorisation est accordée à la charge, par les impétrants, de supporter les frais de premier pavage et de premier éclairage de la rue, et, en outre, de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. » Cette ordonnance fut immédiatement exécutée. Le nouveau percement reçut d’abord le nom de rue Neuve-de-la-Ferme-des-Mathurins. — Les deux parties ont été réunies, il y a quelques années, sous une seule et même dénomination.

Propriétés de 1 à 35, alignées ; 37, retranch. 3 m. 07 c. ; 37 bis, 39, 39 bis alignées ; du second no 39 à la fin, ret. 4 m. 10 c. ; de 2 à 44, pas de ret. ; 46, ret. 1 m. 20 c. ; de 48 à 58, alignées ; 60, ret. 1 m. 20 c. — Égout et conduite d’eau entre les rues Neuve-des-Mathurins et Saint-Nicolas. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Mathurins (rue Neuve-des-).

Commence à la rue de la Chaussée d’Antin, nos 15 et 17 ; finit à la rue de la Madeleine, nos 59 et 76. Le dernier impair est 97 ; le dernier pair, 110. Sa longueur est de 711 m. — 1er arrondissement : de 1 à 91 et de 2 à 102, quartier de la Place-Vendôme ; le surplus dépend du quartier du Roule.

Le plan de Jaillot l’indique sous le nom de ruelle des Mathurins. Elle était ainsi appelée parce qu’elle longeait des terrains appartenant aux religieux Mathurins. La partie de cette voie publique, comprise entre les rues de l’Arcade et de la Madeleine, a été ouverte, en 1792, sur les dépendances du couvent des Bénédictines de la Ville-l’Évêque, et dont M. de Montessuy était alors propriétaire. Ce percement fut autorisé par délibération du corps municipal du 16 février 1792. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les maisons riveraines ne sont point soumises à retranchement. — Égout et conduite d’eau dans la plus grande partie. — Éclairage au gaz (compe anglaise).

Mathurins-Saint-Jacques (rue des).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 62 et 64 ; finit à la rue de la Harpe, nos 75 et 77. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 186 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

On la désignait, en 1220, sous le nom de rue du Palais-des-Thermes, en raison de la principale entrée de cet édifice qui se trouvait alors dans cette rue. Elle doit son nom actuel au couvent des Mathurins. En vertu des lettres-patentes du 3 décembre 1672, renouvelées le 29 janvier 1676, cette voie publique a été élargie. — Une décision ministérielle du 24 messidor an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de la rue des Mathurins à 9 m. Les maisons nos 11, 2, 4 et 6, sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue de la Harpe jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Conformément à un arrêté préfectoral du 20 mai 1844, une enquête est ouverte à la mairie du 11e arrondissement, sur le projet d’alignement de la rue des Mathurins. Ce projet qui serait déclaré d’utilité publique, consiste : 1o à donner 12 m. de largeur à la rue, en prenant tout le retranchement sur le côté des numéros impairs ; 2o à exécuter l’alignement par voie d’expropriation dans le délai de six années, à partir de l’ordonnance royale qui approuvera le projet.

Couvent des Mathurins. — Le récit des tortures dont les musulmans accablaient leurs captifs chrétiens pendant les croisades, suggéra à la charité toujours ingénieuse les moyens de procurer la liberté à ces pauvres prisonniers. L’ordre religieux qui eut cette belle mission à remplir avait été fondé par Jean de Matha et Félix de Valois ; il fut approuvé, le 18 décembre 1198, par le pape Innocent III. Ces pères, appelés d’abord religieux de la très Sainte-Trinité de la rédemption des captifs, ajoutèrent à leur nom celui de Mathurins lorsqu’ils vinrent occuper à Paris les bâtiments d’une aumônerie, dont la chapelle était dédiée à saint Mathurin. Ces moines vivaient d’une manière simple et austère ; il leur était défendu de voyager à cheval, et la seule monture qui leur fut permise leur avait fait donner le surnom de Frères-aux-Ânes. Rutebœuf, dans sa pièce de vers intitulée les Ordres de Paris, donne des éloges à ces religieux. L’épitaphe suivante gravée sur une table de bronze, scellée dans le mur du cloître, atteste que ces moines se faisaient honneur des travaux les plus humbles, les plus serviles :

« Ci gist le léal Mathurin,
» Sans reprouche bon serviteur,
» Qui céans garda pain et vin,
» Et fut des portes gouverneur.
» Paniers ou hottes, par honneur,
» Au marchié volontiers portoit ;
» Fort diligent et bon sonneur :
» Dieu pardon à l’âme lui soit !… »

Au bout de ce cloître, on voyait une tombe plate, sur laquelle étaient représentés des hommes enveloppés dans des suaires. Sur une table de bronze fixée dans la muraille, on lisait cette épitaphe :

« Ci-dessous gissent Léger du Moussel et Olivier Bourgeois, jadis clercs et escholiers, étudiants en l’Université de Paris, furent restituez et amenez au parvis de Notre-Dame, et rendus à l’évêque de Paris, comme clercs, et au recteur et aux députez de l’Université comme suppôts d’icelle à très grande solemnité, et delà en ce lieu-ci furent amenez pour être mis en sépulture, l’an 1408, le 16e jour de may, et furent les dits prévost et son lieutenant démis de leurs offices à la d. poursuite, comme plus, à plein appert par lettres-patentes et instruments sur ce cas. — Priez Dieu qu’il leur pardonne leurs péchés. Amen. »

Voici l’explication de cette épitaphe : Deux écoliers avaient volé, assassiné des marchands sur un chemin ; ils furent poursuivis, arrêtés. L’Université les réclama, le prévôt de Paris sans se soucier de la réclamation, fit pendre les deux coupables. Aussitôt l’Université cesse tous ses exercices. Le conseil du roi demeurant inébranlable, le corps Universitaire annonce que si justice est refusée, il abandonnera le royaume, pour aller s’établir dans un pays où l’on saura mieux respecter ses privilèges. Cette menace fit impression, le prévôt de Paris, Guillaume de Tignonville, fut destitué de sa charge ; puis condamné à détacher les deux corps du gibet de Montfaucon, les baiser sur la bouche et à les mettre sur un chariot couvert de drap noir. Ce magistrat fut contraint en outre de les accompagner à la tête de ses sergents et archers jusqu’au parvis Notre-Dame, où il fit amende honorable, puis il les ramena à petits pas aux Mathurins, où le recteur les reçut de ses mains pour les ensevelir honorablement.

Les marbres précieux abondaient dans l’église des Mathurins. Quatre colonnes composites de grandes proportions, en brocatelle antique, décoraient le grand autel. Le tabernacle était orné de dix autres colonnes de marbre de Sicile. Le couvent des Mathurins qui contenait en superficie 3,946 m., fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut vendu le 27 ventôse an VII. Les maisons qui portent les nos 2, 4, 6, 8 et 10, occupent une partie de son emplacement.

Au no 12 est situé l’hôtel de Cluny (voir l’art. Musées).

Matignon (avenue).

Commence au rond-point des Champs-Élysées, no 2, et à l’avenue Gabriel ; finit aux rues Rousselet et Matignon. Le dernier impair est 17 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 176 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été ouverte à la même époque que l’allée des Veuves, dont elle a porté la dénomination jusqu’en 1837. À partir de cette année, elle a pris le nom d’avenue Matignon (voir l’article suivant). Les constructions de cette avenue sont établies sur deux lignes droites et parallèles dont la distance est de 40 m. 50 c. Il n’existe pas d’alignement approuvé pour cette avenue. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Matignon (rue).

Commence à la rue Rousselet et à l’avenue Matignon ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 91 et 93. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 173 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Dès 1774, le sieur Jacques Millet, maître menuisier, fit commencer, sur ses terrains, la construction de cette rue à laquelle il donna 24 pieds de largeur. Trois ordonnances du bureau des finances, en date des 14 mai 1774, 27 avril 1779 et 5 septembre 1780, défendirent la continuation des ouvrages relatifs à ce percement. Le sieur Millet n’en tint aucun compte. Le bureau de la ville, consulté sur l’ouverture de cette rue, fut d’avis, dans sa séance du 30 mars 1781, qu’il n’y avait pas lieu de la comprendre au nombre des voies publiques de Paris. « Louis, etc… À nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre cour de parlement séant à Troyes, salut, etc. ; ordonnons ce qui suit : Article 1er. Approuvons et autorisons l’ouverture de la nouvelle rue faite sur le terrain du sieur Millet, donnant d’un côté sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l’autre sur les Champs-Élysées ; voulons toutefois que la largeur de la dite rue soit portée à trente pieds, en prenant autant que besoin sera sur le côté des terrains qui ne sont pas encore bâtis. — Art. 2e. La dite rue sera nommée rue de Matignon, etc. Donné à Versailles le 8e jour de septembre, l’an de grâce 1787, et de notre règne le 14e. Signée, Louis. » — Une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. La maison située sur le côté gauche, à l’encoignure de la rue Rousselet, est alignée. Le surplus de ce côté devra reculer de 90 c. à 2 m. 60 c. Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées, à l’exception de celles qui portent les nos 16 et 18 soumises à un retranchement qui varie de 59 c. à 98 c.

Matignon (Charles-Augustin de), comte de Gacé, maréchal de France, naquit en 1647 et mourut en 1729.

Maubert (place).

Commence aux rues des Grands-Degrés, no 15, et de la Bûcherie, no 1 ; finit aux rues de Bièvre, no 40, et des Noyers, no 2. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 133 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

En 1210 on construisit des maisons sur cette place, qui fut appelée place Aubert. Elle devait cette dénomination, selon Jaillot, à Aubert, second abbé de Sainte-Geneviève, qui, au XIIe siècle, avait permis de construire des étaux de boucherie sur ce terrain, compris dans la censive de Sainte-Geneviève. Le nom actuel de cette place n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle à la date du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 20 m. 50 c. Les maisons nos 39, 41 et 38 sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Ce fut à la place Maubert que s’éleva, le 12 mai 1588, la première barricade des Ligueurs. — Avant 1818, cette place servait de marché au pain et à la vente des fruits et légumes. Il a été supprimé lors de l’ouverture du marché des Carmes.

Maubuée (rue).

Commence aux rues du Poirier, no 19, et Beaubourg, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 40 et 48. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 90m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.


Elle était bordée de constructions dès l’année 1300. C’était la rue Maubuée dès 1323. Guillot, qui écrivait en 1300, n’en fait point mention. Nous croyons qu’il a confondu cette voie publique avec celle Simon-le-Franc. En 1357 c’était la rue de la Fontaine-Maubuée. De 1398 à 1533, les censiers de Saint-Merri l’indiquent sous le nom de la Baudroierie. Son ancien nom a prévalu. Maubué, en vieux langage, signifiait mal-propre. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 90 c. à 3 m. 70 c. Celles du côté opposé devront reculer de 2 m. 20 c. à 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Mauconseil (impasse).

Située dans la rue Saint-Denis, entre les nos 269 et 271. Le dernier impair est 5 ; le dernier-pair, 6. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Elle existait déjà en 1350. En 1391 c’était la ruelle de l’Empereur. Elle aboutissait alors à la rue Saint-Sauveur. Des titres du XVIe siècle la nomment rue des Cordiers ou de la Corderie dite de l’Empereur. En 1657, on construisit une maison rue Saint-Sauveur qui la ferma de ce côté ; alors, et pour ce motif, elle prit le nom de cul-de-sac de l’Empereur. Depuis 1806, on l’appelle impasse Mauconseil. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur est porté à 8 m. Les constructions riveraines sont soumises un retranchement qui varie de 2 m. 60 c. à 2 m. 90 c.

Mauconseil (rue).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 193 et 195 ; finit à la rue Montorgueil, nos 38 et 40. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 247 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Cette rue, en partie construite dès 1250, portait déjà le nom de rue Mauconseil. Sauval pense que cette dénomination lui vient d’un seigneur de Mauconseil. De 1792 à 1806, elle se nomma Bonconseil, ainsi que la section dont elle faisait partie. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette dimension est portée à 10 m. Les maisons nos 1, 3, 5, second no 5, 7, 9, 2, 10 et 12 sont à l’alignement. Celles nos 25 et 27 ne devront subir qu’un léger redressement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Denis. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à la rue Françoise. — Éclairage au gaz (compe Française).

Maur (marché Saint-).

Situé dans la rue Saint-Maur-Popincourt, no 134. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 24 janvier 1834 autorisa M. Bessas Lamégie à construire un marché de comestibles. La durée de la concession est de 70 ans. Cet établissement a été ouvert le 16 mai 1837 en vertu d’un arrêté du préfet de police du 15 du même mois. Sa superficie est de 1,380 m. environ.

Maure (rue du).

Commence à la rue Beaubourg, nos 43 et 45 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 96 et 98. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 131 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Le poète Guillot, qui écrivait en 1300, ne fait pas mention de cette rue. En 1313 c’était la rue Jehan Palée, plus tard rue Palée simplement, la rue ou ruelle Saint-Julien, la rue de la Poterne ou Fausse-Poterne ; cette dernière dénomination lui avait été donnée, parce que cette voie publique se trouvait à peu de distance de la poterne ou fausse porte Nicolas Huidelon. En 1606 on la désignait sous le nom de cour ou rue du Maure. En 1640 c’était la cour du More dite des Anglais, et depuis la rue du Maure. Elle doit ce dernier nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 15 messidor an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette largeur est portée à 9 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 5 m. 60 c. Celles du côté opposé devront reculer de 2 m. à 4 m. 60 c. — Conduite d’eau depuis la rue Beaubourg jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Maures (rue des Trois-).

Commence à la rue des Lombards, nos 28 et 30 ; finit à la rue La Reynie, no 13 et 15. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 56 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

On la trouve désignée à la fin du XIIIe siècle sous le nom de Guillaume Josse ou Joce. En 1300 c’était la rue du Vin-le-Roi, en raison de plusieurs caves du roi qui y étaient situées. L’enseigne d’une auberge des Trois-Maures lui a donné ce dernier nom qu’elle porte depuis 1636. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1836. La rue des Trois-Maures n’a encore aujourd’hui que 3 m. 50 c. environ de largeur. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 2 m. 40 c. à 3 m. 80 c. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. à 4 m. 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Maures (ruelle des Trois-).

Commence au quai de la Grève, nos 36 et 38 ; finit à la rue de l’Hôtel-de-Ville, nos 103 et 105. Pas de numéro. Sa longueur est de 15 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Ce n’est qu’une communication étroite entre les gros murs des maisons voisines. Elle doit son nom à une enseigne des Trois-Maures, qu’on voyait dans la rue de la Mortellerie (aujourd’hui de l’Hôtel-de-Ville). — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette ruelle à 6 m. Dans sa séance du 26 mai 1837, le conseil municipal a voté la suppression de cette ruelle comme voie publique, sauf à en aliéner le sol au profit des propriétaires riverains. Elle est aujourd’hui fermée à ses deux extrémités. Sa largeur actuelle n’est que de 1 m. 50 c.

Maur-Popincourt (rue Saint-).

Commence à la rue de la Roquette ; finit à la rue Grange-aux-Belles, nos 38 et 40. Le dernier impair est 89 ; le dernier pair, 156. Sa longueur est de 2223 m. — De la rue de la Roquette à celle des Amandiers et les numéros de 1 à 17 et de 2 à 38 ter, 8e arrondissement, quartier Popincourt ; du second numéro 17 à 51 et de 42 à 112, 6e arrondissement, quartier du Temple ; le surplus, 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

C’était autrefois un chemin que les actes nommaient chemin de Saint-Denis. La partie qui de la rue des Amandiers aboutit à celle de Ménilmontant, ne fut bâtie que vers la fin du règne de Louis XV. Cette voie publique portait avant la révolution plusieurs dénominations, ainsi que le constate le titre suivant : « 2 thermidor an VI. L’administration centrale du département de la Seine, Ouï le commissaire du directoire exécutif, arrête : Que la rue Maur ou des Morts, conservera le nom de rue Maur dans toute l’étendue du 5e arrondissement. Celui de rue du Chemin-Denis demeure aussi conservé dans l’étendue de la municipalité du 6e arrondissement, celui de rue du Bas-Pincourt sera également conservé dans l’étendue de la municipalité du 8e arrondissement. » — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé à 10 m. la moindre largeur de ces trois parties qui ont été réunies en 1806, sous la seule et même dénomination de rue Saint-Maur. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 9, 15, 17, 17 bis, 17 ter, (17), 19, 25, 25 bis, encoignure gauche de la rue Fontaine-au-Roi, 45, 45 bis, 45 ter, 45 quater, (45), 47, 51, de 53 à 61, de 69 à la fin ; 2, 2 bis, 12, 14, 18, 20, 22, 34, 36, 38, 38 bis, 38 ter, partie du no 42, 44, 54, 56, 58, de 60 à 76, 86, 116, 118, de 134 à la fin.

La partie de la rue Saint-Maur comprise entre la rue de la Roquette et celle des Amandiers, a été ouverte en 1823, sur l’emplacement du couvent des Hospitalières de la Roquette, dont la vente avait été effectuée par l’administration des hospices en 1817 et 1823 (voir l’article de la rue de la Roquette). Cette partie de rue possède un numérotage spécial, dont le dernier impair est 11, et le seul pair 2. Une ordonnance royale du 6 mai 1827 a fixé sa largeur à 13 m. Les propriétés nos 1, 3, 5 et 11, sont alignées ; le côté opposé n’est pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau dans toute l’étendue de la rue Saint-Maur.

Maur-Saint-Germain (rue Saint-).

Commence à la rue de Sèvres, nos 73 et 75 ; finit à la rue du Cherche-Midi, nos 64 et 66. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair 12. Sa longueur est de 154 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

L’abbé de Saint-Germain-des-Prés donna en 1644, par bail à cens et à rente, une assez grande quantité de terrain à un épicier nommé Pierre Le Jai, à la charge d’y bâtir et de percer deux rues qui porteraient les noms de Saint-Maur et de Saint-Placide, célèbres disciples de Saint-Benoît. Les bénédictins qui vinrent occuper l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés étaient de la congrégation de Saint-Maur. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs et la propriété située sur le côté droit à l’encoignure de la rue du Cherche-Midi, sont alignées ; le surplus devra reculer de 80 c.

Maur-Saint-Martin (rue Saint-).

Commence à la rue Royale, nos 2 et 4 ; finit à la rue Conté. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair 8. Sa longueur est de 41 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été formée vers 1780 sur les terrains dépendant du prieuré de Saint-Martin-des-Champs (voyez place de l’ancien marché Saint-Martin). — Une décision ministérielle du 3 décembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 50 c. à 1 m. ; celles du côté opposé sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Royale jusqu’à la borne fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le nom assigné à cette rue est celui de saint Maur, célèbre disciple de saint Benoît, et abbé de Glanfeuil, mort en 584.

Mayet (rue).

Commence à la rue de Sèvres, nos 131 et 133 ; finit à la rue du Cherche-Midi, nos 112 et 114. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 188 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Une ordonnance royale du 8 décembre 1840 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Journault frères et Mayet sont autorisés à ouvrir sur des terrains, dont ils sont propriétaires à Paris, une rue de 11 m. de largeur, devant communiquer de la rue de Sèvres à celle du Cherche-Midi, etc… — Art. 2e. L’autorisation ci-dessus est accordée à la charge par les sieurs Journault frères et Mayet de céder à la ville de Paris, que nous autorisons à cet effet, le sol de la nouvelle voie publique, et de se conformer en outre à toutes les clauses et conditions exprimées dans la délibération du conseil municipal en date du 10 avril 1840, etc. » — Entr’autres conditions imposées à ces propriétaires on remarque celle de ne pouvoir donner plus de seize mètres cinquante centimètres de hauteur aux bâtiments qui seront élevés en bordure sur la rue. — Cette communication a été immédiatement exécutée, et a reçu le nom de rue Mayet. Elle a été comprise au nombre des voies publiques de Paris, en vertu d’un arrêté préfectoral du 27 septembre 1843, et à partir du 16 août précédent. — Éclairage au gaz (compe Française).

Mazagran (rue de).

Commence au boulevart Bonne-Nouvelle, no 18 ; finit à la rue de l’Échiquier, nos 7 et 11. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 129 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Une ordonnance royale du 31 décembre 1840 porte ce qui suit : — « Article 1er. L’impasse Saint-Laurent à Paris est supprimée. — Art. 2. Est autorisée l’ouverture d’une rue de douze mètres de largeur, destinée à établir une communication entre le boulevart Bonne-Nouvelle et la rue de l’Échiquier, etc. — Art. 3. L’exécution des mesures autorisées par les art. 1 et 2 ci-dessus est déclarée d’utilité publique. — Art. 4. Est approuvé le traité sous signatures privées, passé le 11 mai 1840 entre le préfet de la Seine et le sieur Léonard-François Dufaud, d’après lequel ce dernier a pris l’engagement, moyennant une somme de soixante mille francs et la cession gratuite de tous les droits que la ville aurait sur le sol de l’impasse Saint-Laurent, d’effectuer, à ses risques et périls, l’établissement de la rue dont l’ouverture est présentement autorisée, et de supprimer le puisard qui existe dans la d. impasse, ainsi que le tout est d’ailleurs stipulé dans une délibération du conseil municipal de Paris, en date du 20 mars 1840, et conformément aux clauses et conditions qui s’y trouvent énoncées. — Art. 5. Le dit sieur Dufaud est, en conséquence, substitué, aux termes de l’art. 63 de la loi du 7 juillet 1833, aux lieu et place de la ville de Paris, à tous ses droits pour poursuivre, s’il y a lieu, à ses risques et périls, l’expropriation des maisons et terrains dont l’emplacement serait nécessaire pour parvenir à l’ouverture de la rue nouvelle et à la suppression de l’impasse Saint-Laurent. » — La délibération du conseil municipal en date du 20 mars 1840, porte que ce percement prendra le nom de rue de Mazagran. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

L’impasse Saint-Laurent, supprimée en 1841, avait été formée, en 1697, sur des terrains appartenant aux Filles-Dieu.

« Ordre de l’armée. — Paris le 12 mars 1840. Les acclamations publiques ont déjà fait connaître la glorieuse défense de la garnison de Mazagran. 123 braves de la 10e compagnie du 1er bataillon d’infanterie légère d’Afrique, à peine couverts par une faible muraille en pierres sèches, ébréchée par le canon, ont repoussé pendant quatre jours les assauts de plusieurs milliers d’arabes. Le roi s’est empressé de décerner des récompenses aux militaires qui lui ont été signalés comme s’étant plus particulièrement fait remarquer au milieu de cette poignée de soldats intrépides, et pour ajouter encore au prix de ces récompenses, sa majesté a voulu qu’elles fussent mises à l’ordre du jour de l’armée, ainsi que les noms des soldats qui ont été cités dans le rapport de leur chef. Dans les congés qui leur seront accordés lors de leur sortie du service militaire, il sera fait mention expresse qu’ils étaient au nombre des 123 défenseurs de Mazagran. Le capitaine Lelièvre, commandant cette garnison, a été promu chef-de-bataillon ; le lieutenant Magnien, capitaine ; Durand, sous-lieutenant ; Villemot, sergent-major, et Giroud, sergent, ont été nommés chevaliers de l’ordre royal de la légion-d’honneur. Sont cités dans le rapport du lieutenant-général Gueheneuc : Taine, fourrier ; Muster, caporal ; Leborgne, Courtes, Edet, Gagfer, Vomillon, Renaud, Hermel, Marcot, Varent et Flarnon, tous de la 10e compagnie du 1er bataillon d’infanterie légère d’Afrique. La 10e compagnie est autorisée à conserver dans ses rangs le drapeau criblé de balles qui flottait sur le réduit de Mazagran pendant les journées des 3, 4, 5 et 6 février 1840, et à chaque anniversaire de cette dernière journée, le présent ordre du jour sera lu devant le front du bataillon. Ce brillant fait d’armes continue la série des belles actions qui, de tout temps, ont honoré l’armée française, et lui ont mérité le respect de l’étranger, et la reconnaissance de la patrie. Le pair de France, ministre secrétaire d’état de la guerre, signé Cubières. »

Mazarine (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 3 et 5 ; finit aux rues Dauphine, no 58, et de Buci, no 2. Le dernier impair est 57 ; le dernier pair, 86. Sa longueur est de 414 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle doit son nom à l’ancien collége Mazarin (aujourd’hui palais de l’Institut), dont les dépendances occupent une partie de cette voie publique. On la nomma d’abord rue du Fossé. Presque tous les plans représentant Paris à la fin du XVIIe siècle, la désignent sous cette dénomination. Elle n’a point été bâtie sur le fossé même de l’enceinte de Philippe-Auguste, ainsi que l’ont avancé plusieurs historiens, mais sur le chemin qui bordait le fossé, et qu’on appelait anciennement chemin des Buttes, en raison des monticules formés en cet endroit, par les débris de plusieurs tuileries voisines. En 1540, le retour d’équerre, du côté de la rue de Seine, portait le nom de rue Traversine. Dans le procès-verbal de 1636, il est nommé rue de Nesle ou Petite rue de Nesle, parce qu’il conduisait directement à la porte de Nesle, qui se trouvait à l’endroit où nous voyons aujourd’hui le pavillon Est du palais de l’Institut. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons de 1 à 15 inclus, 45, 47 sont alignées. Le surplus de ce côté est soumis à un retranchement qui n’excède pas 40 c. Partie des nos 30, 32, 34, 60, 62, 64, 66, et de 72 à la fin, sont alignées. Celles de 44 à 62 inclus ne sont assujetties qu’à un faible redressement. — Portion d’égout du côté de la rue de Seine. — Conduite d’eau entre les rues Guénégaud et Dauphine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Le fameux girondin Barbaroux demeurait dans cette rue, au no 20.

Mazas (boulevart).

Commence au quai de la Rapée ; finit à la rue Traversière. Pas de numéro. Sa longueur est de 120 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Une ordonnance royale du 15 octobre 1814 porte ce qui suit : — « Article 1er. La promenade publique projetée le long de la place Mazas, en face du pont du Jardin du Roi, dont la formation avait été ordonnée par décret du 24 février 1811, est définitivement supprimée. — Art. 2. La portion de terrain acquise du sieur Sellier pour la formation de la d. promenade supprimée par l’article précédent, sera vendue par adjudication publique, par devant le préfet du département de la Seine, suivant les formes accoutumées, au profit de notre bonne ville de Paris. — Art. 3. La direction d’un boulevart qui doit joindre les deux places Mazas et du Trône, et dont l’axe unique et rectiligne vient aboutir au centre de cette dernière place, est adoptée, conformément au projet approuvé par notre directeur des ponts-et-chaussées. Les travaux resteront néanmoins ajournés jusqu’à ce que la ville de Paris, qui doit supporter la dépense à faire pour la formation du boulevart, ait acquitté les indemnités des diverses propriétés à acquérir pour son exécution, au moyen des fonds qui pourront être alloués dans son budget, tant pour les indemnités que pour les travaux. — Art. 4. Toute construction nouvelle sur l’emplacement que doit occuper ce boulevart est interdite à compter de ce jour, mais cette interdiction ne pourra point préjudicier aux propriétaires des terrains situés sur la ligne du projet approuvé, et ceux qui se croiraient lésés auront la faculté de contraindre la ville de Paris à faire l’acquisition de leurs propriétés, d’après une expertise contradictoire, et conformément à la loi du 8 mars 1810, etc. Signé Louis. » — Cette ordonnance n’a encore reçu qu’un commencement d’exécution. La largeur du boulevart est fixée à 31 m. 80 c. La prison dite de la nouvelle Force est établie sur le côté gauche de cette voie publique entre la rue de Bercy et celle des Charbonniers.

Suivant un projet publié en vertu d’un arrêté préfectoral du 11 mai 1843, et adopté par délibérations du conseil municipal des 16 avril 1841 et 21 janvier 1842, le boulevart Mazas doit être remplacé par une rue de 15 m. de largeur.

Mazas (place).

Située entre le quai de la Rapée et le pont d’Austerlitz. Pas de numéro. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

« Au palais des Tuileries, le 14 février 1806. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit — Article 4, § 1er. Il sera formé vis-à-vis le pont du Jardin-des-Plantes, sur la rive droite, une place terminée en arc de cercle, d’un rayon de 55 m., dont le centre est pris à 29 m. du parement extérieur de la culée. Cette place communiquera provisoirement à la rue de Charenton par le cul-de-sac Saint-Claude. Cette place sera nommée place du colonel Mazas, en mémoire du colonel du 14e régiment de ligne, tué à Austerlitz, etc. Signé Napoléon. » Ce décret ne reçut pas son exécution. Il y a quelques années, le terrain compris entre le quai de la Rapée et le pont d’Austerlitz a été nivelé, et planté d’arbres pour servir de promenade. Cet emplacement a pris le nom de place Mazas. (Voyez l’article précédent.)

Mécaniques (rue des).

Située dans l’enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

C’était en 1790 la rue Saint-Jean. Depuis 1793 on la nomme des Mécaniques. (Voyez passages de la Trinité.)

Méchain (rue).

Commence à la rue de la Santé, nos 10 et 12 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Jacques, nos 45 et 47. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 282 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de ruelle des Capucins. — Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Vers 1806, elle reçut la dénomination de rue Méchain, en l’honneur de Pierre-François-André Méchain, célèbre astronome, né à Laon en 1744, mort à Castellon de la Plana, en 1805. — En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, la largeur de cette rue est portée à 12 m. Les constructions devront subir des retranchements inégaux dont la quotité la plus forte est, pour le côté des numéros impairs, de 2 m. 40 c., et pour le côté opposé, de 6 m. 20 c.

Médard (église Saint-).

Située dans la rue Mouffetard. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Ce n’était encore au XIIe siècle qu’une chapelle qui dépendait de l’abbaye de Sainte-Geneviève. Cette chapelle devint par la suite l’église paroissiale d’un bourg ou village appelé Richebourg, village de Saint-Mard ou de Saint-Médard. Ce bourg ne se composait, au XIIe siècle, que d’un petit nombre d’habitations, et ne fut réellement peuplé qu’au XVIe siècle. Les clos du Chardonnet, du Breuil, de Copeau, de Gratard, des Saussayes, de la Cendrée (ou Locus Cinerum), étaient compris dans son territoire. Les bâtiments de l’église Saint-Médard réparés, agrandis à différentes époques, présentent plusieurs genres d’architecture. Le grand autel a été entièrement reconstruit en 1655. En 1784, l’architecte Petit-Radel, voulut décorer cet édifice en ajoutant à sa construction primitive des ornements grecs et en transformant ses piliers en colonnes cannelées. — Olivier Patru, célèbre avocat, et Pierre Nicole, connu par des essais de morale, ont été enterrés dans cette église. C’est aujourd’hui la troisième succursale de la paroisse Saint-Étienne-du-Mont.

À côté de l’église Saint-Médard, on remarquait au milieu de son petit cimetière, une tombe modeste ; c’était celle de François Pâris. Fils d’un conseiller au parlement, Pâris fit à son frère l’abandon de tout ce qui lui revenait dans la succession paternelle ; il était diacre, et, par humilité, il ne voulut jamais prétendre à la prêtrise. Renonçant au monde, Pâris se retira dans une maison du faubourg Saint-Marcel ; là, se livrant à la plus austère pénitence, il soulageait les pauvres, instruisait leurs enfants et encourageait les ouvriers en travaillant avec eux. Cet excellent homme mourut le 1er mai 1727, dans un temps où les Jansénistes cherchant à repousser la bulle Unigenitus, gémissaient sous l’oppression la plus rigoureuse. La mémoire du diacre Pâris devint chère à ces hommes persécutés ; il avait partagé leurs opinions et leurs maux, il s’était distingué par ses vertus modestes : ils voulurent l’honorer comme un saint. Quand un sentiment généreux au fond devient exagéré, on est sûr que la contagion commence par les femmes. Parmi ces enthousiastes, on voyait quelques jeunes filles qui, fortement émues par la persécution qu’exerçait le gouvernement, ou déjà atteintes de convulsions naturelles à leur âge, en éprouvèrent d’extraordinaires en priant Dieu sur cette tombe. Dans le commencement, le nombre des actrices qui piétinaient sur ce théâtre sépulcral fut peu considérable ; il augmenta tellement dans la suite, qu’en 1729 plus de huit cents personnes se dirent atteintes de convulsions sur ce tombeau. À peine les jeunes filles avaient-elles touché la pierre de ce monument qu’elles éprouvaient de violentes agitations, faisaient des mouvements extraordinaires qui nuisaient un peu à l’harmonie de leur costume. Il y avait alors, comme aujourd’hui, des libertins dont les regards profitaient du désordre produit par cette exaltation religieuse. À ces filles qui gambadaient ainsi, on donnait le nom de Sauteuses ; celles qui hurlaient et poussaient des cris étranges, ou imitaient l’aboiement des chiens, le miaulement des chats, reçurent les qualifications d’aboyeuses ou de miaulantes. Le remède à un tel mal devait être l’indifférence ou le ridicule.

Voltaire usa de ce dernier moyen et composa ces vers :

« Un grand tombeau, sans ornement, sans art,
» Est élevé non loin de Saint-Médard ;
» L’esprit divin, pour éclairer la France,
» Sous cette tombe enferme sa puissance.
» L’aveugle y court, et d’un pas chancelant
» Aux Quinze-Vingts retourne en tâtonnant ;
» Le boiteux vient, clopinant sur la tombe,
» Crie : Hozanna !… Saute, gigotte et tombe ;
» Le sourd approche, écoute et n’entend rien.
» Tout aussitôt de pauvres gens de bien
» D’aise pâmés, vrais témoins du miracle,
» Du bon Pâris baisent le tabernacle. »

Le quatrain suivant attribué à la spirituelle duchesse du Maine, fut publié sur le même sujet :

« Un décrotteur à la royale,
» Du talon gauche estropié,
» Obtint par grâce spéciale
» D’être boiteux de l’autre pied. »

Le gouvernement, instruit de ces scènes ridicules, employa, à tort, la force pour les faire cesser. Par ordonnance du 27 janvier 1733, il prescrivit la fermeture du cimetière Saint-Médard. Le lendemain on trouva sur la porte du cimetière l’épigramme suivante :

« De par le roi, défense à Dieu
» De faire miracle en ce lieu. »

Les convulsionnaires tombèrent alors dans l’oubli, et l’épigramme y contribua bien plus que l’ordonnance.

Médard (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Gracieuse, nos 13 et 15 ; finit à la rue Mouffetard, nos 37 et 39. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 150 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue a été percée en 1635 sur le territoire d’Ablon, dont les vignes célèbres au XIIe siècle appartenaient l’abbaye Sainte-Geneviève. Cette voie publique porta, en raison de sa situation, le nom de rue d’Ablon. Elle prit à la fin du XVIe siècle le nom de rue Neuve-Saint-Médard parce qu’elle aboutit à la rue Gracieuse, appelée en 1589, dans plusieurs titres, rue Saint-Médard. — Une décision ministérielle à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. La propriété située sur le côté des numéros pairs, à l’encoignure de la rue Gracieuse, et celles nos 8 et 20 sont alignées. Les autres constructions, à l’exception des nos 21 et 23, ne sont soumises qu’à un faible retranchement.

Médecine (école de).

1re Partie. — Hôtel de Bourgogne. — École de Médecine. — Documents administratifs.

L’École de Médecine a été construite sur l’emplacement du collége de Bourgogne, dont nous rappelons l’origine. Jeanne de Bourgogne, reine de France, comtesse d’Artois et de Bourgogne, épouse de Philippe de Valois, donna, par son testament de l’an 1332, son hôtel de Nesle, et voulut que le produit de sa vente fut employé à la fondation d’un collége destiné aux pauvres écoliers séculiers et réguliers du comté de Bourgogne. Les exécuteurs testamentaires firent en conséquence l’acquisition d’une propriété située vis-à-vis du couvent des Cordeliers. On appela cette propriété la maison des écoliers de madame Jehanne de Bourgogne, reine de France. Le collége de Bourgogne fut, en 1763, réuni à l’Université.

Arrêt du conseil (7 décembre 1768). — « Vu au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, le plan levé par M. Le Camus de Mézières, architecte de la maison appelée le collége de Bourgogne, rue des Cordeliers, aboutissant au cul-de-sac du Paon, et de quatre maisons y contiguës appartenant au dit collége réuni à celui de Louis-le-Grand, par lettres-patentes du 21 novembre 1763 ; desquelles quatre maisons, trois ont leur situation rue des Cordeliers, et la quatrième a son entrée dans le dit cul-de-sac du Paon. Vu la délibération prise le 1er décembre 1768, par laquelle, sur la proposition faite de céder au roi, pour l’emplacement des écoles de chirurgie, les terrains et bâtiments appelés le collége de Bourgogne, et les quatre maisons y contiguës, moyennant une rente en grains. Le roi étant en son conseil ; considérant la nécessité qu’il y a de transporter ailleurs les écoles de chirurgie placées aujourd’hui dans une rue fort resserrée, sur un terrain dont l’étendue n’est pas suffisante pour contenir le grand nombre d’étudiants que la célébrité de ces écoles y attire de toutes les provinces du royaume, et même des pays étrangers ; et voulant donner à l’académie royale de chirurgie, rétablie par les lettres-patentes du 8 juillet 1748, de nouveaux témoignages de sa bienveillance pour les services qu’elle rend journellement au public, a ordonné et ordonne que sur les terrains de la maison du collége de Bourgogne et des quatre maisons y contiguës situées sur la rue des Cordeliers et le cul-de-sac du Paon, appartenant au dit collége, dont l’étendue est déterminée dans le plan qui en a été levé, il sera élevé un amphithéâtre pour servir aux leçons d’anatomie, et il sera fait toutes les constructions de bâtiments nécessaires pour la tenue des assemblées de la dite académie royale et pour les écoles de chirurgie, et ce suivant les plans qui en seront arrêtés et approuvés. Ordonne sa majesté que les lods et ventes, droits d’indemnité et tous autres qui pourraient être dus par la dite académie, à l’occasion de l’établissement et transport du dit chef-lieu et des écoles de chirurgie, seront acquittés des deniers qu’elle destinera à cet effet. » (Archives du royaume, section administrative, regist. 2445). — L’exécution de ce monument, commencée en 1769, fut confiée à Gondouin, qui s’acquitta de sa tâche en architecte habile. L’édifice se compose de quatre corps de bâtiments, au milieu desquels se trouve une cour de 21 m. de profondeur sur 31 de largeur. La longueur de la façade sur la rue est de 57 m. ; cette façade présente une galerie à quatre rangs de colonnes ioniques, dont l’ordonnance règne sur toute la longueur. Ces colonnes sont en partie isolées, en partie engagées dans les deux massifs qui accompagnent la porte d’entrée, et dans les pieds-droits des trois arcades qui s’ouvrent à chaque extrémité du bâtiment. Sur l’entablement qui couronne cette colonnade, s’élève un étage en manière d’attique de douze fenêtres interrompues au-dessus de la porte par un grand bas-relief. La même ordonnance de colonnes ioniques appuyées sur les pieds-droits des arcades, règne dans l’intérieur de la cour. Elles supportent également un rang de fenêtres, qui n’est interrompu dans la façade du fond de la cour que par le beau frontispice corinthien dont nous allons nous occuper. Cette partie de l’édifice est très remarquable ; elle comprend le grand amphithéâtre qui peut contenir 1200 personnes, et qui reçoit le jour d’en haut ; il est précédé d’un fort beau péristyle de six colonnes corinthiennes. Un magnifique fronton dont la base se trouve au niveau de l’entablement général de la cour, vient couronner noblement ce péristyle. Le tympan du fronton se trouve rempli par un bas-relief d’une exécution pleine de pureté, et le mur du fond du péristyle est orné dans sa partie supérieure de cinq médaillons accompagnés d’un feston continu, qui supportent les portraits de cinq chirurgiens célèbres ; en un mot l’édifice de l’École de Médecine est l’ouvrage le plus classique du XVIIIe siècle.

Décret de la Convention, 12 frimaire an III. — « La Convention Nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités de salut public et d’instruction publique réunis, décrète ce qui suit : Article 1er. Il sera établi une École de Santé à Paris, à Montpellier et à Strasbourg. Ces trois écoles seront destinées à former des officiers de santé pour les hôpitaux et hospices, et spécialement des hôpitaux militaires et de la marine. — Art. 2e. Les bâtiments destinés jusqu’ici aux écoles de médecine et de chirurgie dans les communes de Montpellier et de Strasbourg, seront consacrés à ces écoles. Celles de Paris seront placées dans le local de la ci-devant académie de chirurgie, auquel on réunira le ci-devant couvent des Cordeliers, etc. — Art. 7e. Les écoles de santé de Paris, de Montpellier et de Strasbourg seront ouvertes dans le courant de pluviôse prochain, etc. — Art. 8e. Les écoles de chirurgie situées à Paris, à Montpellier et à Strasbourg, seront supprimées et refondues avec les nouvelles écoles de santé qui vont y être établie d’après notre décret, etc. — Art. 10e. Les écoles de santé seront placées sous l’autorité de la commission d’instruction publique qui en fera acquitter les dépenses sur les fonds qui seront mis à sa disposition, etc. » (Extrait du Moniteur du 6 décembre 1794.)

2e Partie. — Médecins, chirurgiens et barbiers.

Dans les premiers temps de la monarchie, tous ceux qui exerçaient la profession de médecins étaient clercs, et forcés de garder le célibat. Cet art tomba bientôt en discrédit, et ne fit point partie des sciences libérales. L’église le frappa de ses redoutables censures. En 1131, défense fut faite aux moines d’étudier la médecine. Dans Je concile tenu à Tours en 1163, le pape Alexandre III déclara qu’on devait regarder comme excommuniés tous les religieux qui prenaient des leçons de droit et de médecine. De pauvres clercs raillés, bafoués par les poètes satyriques étaient les seuls praticiens. Cependant sous Philippe-Auguste cette faculté faisait partie de l’Université, mais il n’y avait point à cette époque d’établissement affecté aux écoles de médecine. Les professeurs donnaient leurs leçons chez eux. « Le nombre des écoliers s’étant augmenté, dit Jaillot, on loua des maisons particulières pour les y rassembler. J’ai quelque peine à croire qu’on ait enseigné la médecine dans les écoles de la cathédrale, encore moins à l’entrée de l’église. On a pu s’assembler et prendre des décisions près le bénitier, sans conclure qu’on y donnât des leçons. Il en est de même de l’église de Sainte-Geneviève des Ardents, de Saint-Éloi, de Saint-Julien-le-Pauvre, des Bernardins, des Mathurins, de Saint-Yves, etc… Tous ces endroits ne me paraissent pas devoir être considérés comme des écoles, mais comme des lieux d’assemblée de la faculté, où elle se réunissait pour traiter des affaires de son corps, ou pour faire des actes de religion. Jusqu’au milieu du XIIIe siècle, toutes les facultés qui composaient l’Université ne formaient qu’un corps dont les membres réunis n’étaient distingués que par la différence des études auxquelles ils s’étaient consacrés. Ce fut alors qu’ils se formèrent en compagnies distinctes et qu’ils eurent des écoles spécialement affectées. La théologie dut les siennes à Robert Sorbon ; les professeurs en droit eurent les leurs au Clos-Bruneau (rue Saint-Jean-de-Beauvais). La faculté des arts tint les siennes rue du Fouarre ; comme aucun acte ne nous indique où la faculté de médecine eut les siennes, on peut conjecturer qu’étant unie et comprise dans celle des Arts, elle eut aussi ses écoles dans la rue au Feurre depuis nommée rue du Fouarre. » — Le crédit des médecins augmenta vers le XVe siècle ; ils résolurent alors d’avoir des écoles spéciales. Dans une assemblée du 20 mars 1469, ils arrêtèrent l’acquisition d’une vieille maison située dans la rue de la Bûcherie et voisine d’une autre propriété que possédait déjà la faculté. Les Chartreux cédèrent cette maison moyennant 10 livres tournois de rente. De nouvelles constructions, commencées en 1472, furent achevées en 1477 ; les exercices eurent lieu en 1481 ; plusieurs acquisitions successives rendirent les logements plus convenables et permirent à la faculté d’avoir un jardin pour les plantes médicinales. — Autorisé par lettres-patentes données par Henri IV, en 1608, Nicolas Jabot, doyen de la faculté, fit l’acquisition d’une maison ayant pour enseigne : l’Image de Sainte-Catherine, et qui formait le coin des rues du Fouarre et de la Bûcherie. En 1617, on y construisit un amphithéâtre plus solide et plus spacieux que celui qui avait été bâti en 1604. En 1678, on reconstruisit les bâtiments de cette école, et en 1774, on éleva un nouvel amphithéâtre qui reçut le jour par les fenêtres d’un dôme. Cet amphithéâtre, aliéné par le domaine de l’État en 1810, subsiste encore au no 13, rue de la Bûcherie. On voit au-dessus de la porte qui donne sur une petite cour, l’inscription suivante en partie cachée par des constructions élevées depuis peu :

Amphitheatrum… collapsus ære suo restituerunt Medici Parisienses… 1774.
M. Eliacol de Villars, Decano (doyen).

L’ancienne porte d’entrée de l’école subsiste encore ; sa construction date du XVe siècle. On lit au-dessus en caractères gothiques :

Scholæ Medicorum.

Les bâtiments devenus trop étroits, la faculté transféra, en 1778, sa bibliothèque dans l’ancienne école de droit située alors dans la rue Saint-Jean-de-Beauvais. On fit également plusieurs cours en cet endroit ; cependant les professeurs d’anatomie et d’accouchement fréquentèrent, ainsi que leurs élèves, pendant quelques années encore, l’ancien amphithéâtre de la rue de la Bûcherie.

Le plus ancien document qui mentionne les chirurgiens ou mires, est un arrêté du prévôt de Paris. Cet acte, qui remonte au XIIIe siècle, nous démontre qu’avant cette époque ils n’avaient point de maîtres jurés. Jean Pitard, chirurgien de saint Louis, obtint du roi la permission d’établir une confrérie de chirurgiens, en les soumettant toutefois à des règlements dont la sévérité devait prévenir les nombreux abus qui s’étaient glissés dans la pratique de cet art. Les confrères étaient tenus de visiter, le premier lundi de chaque mois, tous les pauvres qui se présentaient à l’église de Saint-Côme, où se réunissait leur corporation, et ils juraient de se soumettre aux règles établies par les statuts. Les privilèges de la corporation de Saint-Côme furent confirmés par les successeurs de saint Louis. Philippe-le-Bel défend, au mois de novembre 1311, « à quelque homme ou femme que ce soit d’exercer l’art de chirurgie en public ou en particulier, s’ils n’ont esté auparavant examinez et approuvez par les chirurgiens-jurés de Paris, appelez par maître Jean Pitard, chirurgien du roy au Chastelet de Paris, ou par ses successeurs dans cet office. » En 1437, les maitres-chirurgiens furent admis au nombre des écoliers et suppôts de l’Université, pour jouir de ses immunités et privilèges, à condition d’assister, comme les autres écoliers, aux leçons qui se faisaient chaque jour aux écoles de médecine, et de prendre des attestations des professeurs. En 1544, Guillaume Vavasseur, chirurgien ordinaire de François Ier, obtint du roi des lettres-patentes qui unissaient plus intimement la confrérie à l’Université, à condition que personne ne pourrait prendre les degrés de bachelier, de licencié et de maître en chirurgie qu’il ne fût bien instruit des règles de la grammaire et de la langue latine. En participant aux privilèges universitaires, les chirurgiens durent subir des examens plus sévères. Un arrêt du parlement, du 10 février 1552, fit défense aux chirurgiens du roi au Châtelet de Paris, de procéder à la réception et maîtrise de chaque aspirant, sans en avertir au préalable la faculté de médecine, qui choisissait quatre docteurs pour participer à l’examen. Ces privilèges accordés aux médecins les rendirent plus exigeants encore. Les docteurs firent peser un joug de fer sur la chirurgie ; cette branche de l’art de guérir était trop faible pour résister au despotisme des médecins. Enfin apparut un puissant génie qui devait relever la chirurgie et la faire briller d’un vif éclat. Dans un petit hameau nommé le Bourg-Hersent, près de Laval, ville de l’ancienne province du Maine, naquit, au commencement du XVIe siècle, un enfant dont le nom devait passer à la postérité cet enfant, c’était Ambroise Paré. L’humanité souffrante fut redevable à ce chirurgien des plus importantes améliorations. À cette époque presque toutes les opérations étaient plus dignes d’un barbare que d’un chirurgien. Les malades préféraient souvent mourir plutôt que de se soumettre à ces tortures. Paré simplifia le pansement des plaies, bannit de leur traitement les emplâtres, les onguents, les huiles bouillantes, détruisit les erreurs relatives aux plaies d’armes à feu, que l’on croyait généralement empoisonnées et accompagnées de brûlure. On pansait toutes ces plaies avec des huiles de sambuc, des caustiques actifs et d’autres applications irritantes. Les chirurgiens avaient l’habitude, pour prévenir ou arrêter les hémorragies après les amputations, de plonger le membre dans l’huile bouillante pour le cautériser. Paré supprima cette coutume barbare et la remplaça par la ligature des vaisseaux. Le premier il fit l’amputation dans l’articulation de l’épaule. La réduction des luxations était opérée d’une manière cruelle, Ambroise Paré la réforma. Il avait sur les fractures des membres les idées les plus justes, et en cela, comme en beaucoup d’autres choses, il devançait son siècle. Son génie se rehaussait encore par sa modestie. Lorsqu’on félicitait Ambroise Paré d’un pansement difficile, d’une cure merveilleuse, il répondait : « Je le pansay, Dieu le guarit ». Ambroise Paré fut chirurgien de Henri II, de François II, de Charles IX, et de Henri III. On sait que Charles IX le sauva pendant l’affreuse nuit de la Saint-Barthélemy. « Le roi n’en voulut jamais sauver aucun, dit Brantôme, sinon maistre Ambroise Paré, son premier chirurgien et le premier de la chrétienté, et l’envoya quérir et venir le soir dans sa chambre et garde-robe, lui commandant de n’en bouger, et disoit qu’il n’estoit raisonnable qu’un qui pouvoit servir à tout un petit monde fust ainsi massacré. »

Les lettres-patentes accordées par François Ier aux chirurgiens, furent confirmées en 1576 par Henri III, en 1594 par le pape Clément VIII, et en 1611 par Louis XIII. Ce dernier prince, qui était né le jour de la saint Côme et saint Damien, se fit inscrire parmi les membres de la confrérie, et ajouta aux armes de la corporation une fleur de lys rayonnante.

Les barbiers, au moyen-âge, étaient presque tous chirurgiens, ce qui souvent fit naître des querelles entre les deux corporations. Les chirurgiens, protégés par le prévôt, firent signer, en 1301, à tous les barbiers, au nombre de vingt-six, la déclaration suivante : « L’an de grâce mil trois cens et un, le lundi après la mi-aoust, furent semons tuit li barbier qui s’entremêtent de cirurgie dont les noms sont ci deseuz escritz, et leur fust desfendu suz peine de cors et de avoir, que cil qui se dient cirurgier barbier que ils ne ouvreront de l’art de cirurgie, devant ce que il soit examinez des mestres de cirurgie savoir ou non, se il est suffisant au dit mestier faire ; item que nul barbier se ce n’est en aucun besoin, d’estancher le blescié, il ne s’en pourra entremestre du dit mestier, et si tost que il aura atenchié ou afeté, il le fera à sçavoir à joustice, c’est à sçavoir au prévost de Paris ou à son lieutenant, sus la peine desus dite. » En 1597, Jean de Pracontal, premier barbier du roi, était leur chef. La faculté de médecine reconnut alors deux espèces de chirurgiens : ceux de robe longue et ceux de robe courte, qui s’étaient enfin réunis, lorsqu’en 1660 un arrêt du parlement défendit aux barbiers-chirurgiens de prendre la qualité de bacheliers, licenciés, docteurs, etc. ; on les autorisa seulement à porter le titre d’aspirants. On lisait autrefois sur les enseignes des barbiers : Céans on fait le poil proprement et l’on tient bains et étuves. Le barbier du roi a été longtemps considéré comme son premier chirurgien, et cette place lui donnait la primauté sur tous ceux de sa profession. En 1731, Maréchal, premier chirurgien du roi, et la Peyronie, arrêtèrent le règlement qu’on voulait établir pour la chirurgie. Le 31 décembre eut lieu la première séance académique. On y lut le règlement, ainsi qu’une lettre de M. de Maurepas, qui annonçait l’approbation du roi, puis une déclaration où l’on reconnaît le style et le bon esprit de M. Daguesseau. D’autres édits complétèrent cet utile établissement. La compagnie fut composée d’un directeur et d’un vice-directeur, d’un secrétaire et d’un commissaire pour la correspondance, de huit conseillers-vétérans, de quarante conseillers du comité, de vingt adjoints, de douze associés régnicoles, et de seize associés étrangers. La Peyronie légua un fonds nécessaire pour les jetons de présence de quarante membres et les appointements d’un secrétaire perpétuel. Il fonda en outre sept prix. Houstel, ancien directeur de l’Académie, créa ensuite huit prix pour les jeunes gens de l’école pratique de chirurgie. Quatorze professeurs donnaient des leçons de physiologie, de pathologie, d’hygiène, d’anatomie, de maladie d’yeux et d’accouchement. Louis XVI nomma un professeur pour la chimie.

Académie de Médecine. — C’est une institution fondée le 20 décembre 1820 par le roi Louis XVIII. Cette Académie est spécialement établie pour répondre aux demandes du gouvernement sur tout ce qui peut intéresser la santé publique, et principalement sur les épidémies, les maladies particulières à certaines contrées, les épizooties, les différents cas de médecine légale, la propagation de la vaccine, l’examen des remèdes nouveaux. Elle est en outre chargée de continuer les travaux de la Société royale de Médecine et de l’Académie royale de Chirurgie ; elle s’occupe de tous les objets qui peuvent faciliter les progrès des différentes branches de l’art de guérir. Elle se compose de soixante-quinze académiciens titulaires, soixante honoraires, trente associés libres, et d’environ quatre-vingts associés ordinaires. Elle se divise en trois sections consacrées à la médecine, à la chirurgie, à la pharmacie. Les séances ont lieu le premier mardi de chaque mois.

Faculté de Médecine. — La Faculté de Médecine, constituée au moment de la réorganisation universitaire, avait été supprimée en 1822 par ordonnance du roi. Rétablie quelque temps après, une nouvelle ordonnance royale du 2 février 1823 la réforma. La Faculté de Médecine se compose de vingt-trois professeurs, chargés des diverses parties de l’enseignement, de trente-six agrégés dont un tiers en stage et deux tiers en exercice, et d’un nombre indéterminé d’agrégés libres. Les agrégés en exercice sont appelés à suppléer les professeurs. Le grade d’agrégés n’est conféré qu’à des docteurs en médecine et en chirurgie, âgés de 25 ans au moins. Le doyen est chef de la Faculté. Les chaires de la Faculté sont divisées ainsi qu’il suit : 1o anatomie, 2o physiologie, 3o chimie médicale, 4o physique médicale, 5o histoire naturelle médicale, 6o pharmacologie, 7o hygiène, 8o pathologie médicale, 9o opérations et appareils, 10o thérapeutique et matière médicale, 11o médecine légale, 12o accouchements, maladies des femmes en couche et des enfants nouveau-nés. Deux professeurs sont attachés à la chaire de pathologie chirurgicale, deux à la chaire de pathologie médicale, et un seul à chacune des autres. Indépendamment des cours que nous venons de nommer, quatre professeurs sont chargés de la clinique médicale et un de la clinique des accouchements.

Hôpital et Clinique de la Faculté de Médecine. — Cet établissement a été formé sur une partie de l’emplacement de l’ancien couvent des Cordeliers. Son entrée, qui a remplacé la fontaine en cascade, se trouve en face du portique de l’École de Médecine. Le péristyle est décoré d’une statue d’Esculape. L’intérieur de cet hôpital présente, au rez-de-chaussée, quatre galeries au milieu desquelles se trouve un jardin. Les salles renferment cent quarante lits ; soixante-dix pour les hommes, autant pour les femmes. Les élèves peuvent acquérir, en fréquentant assidûment cet hôpital, une excellente instruction pratique. Plusieurs pavillons sont affectés aux travaux anatomiques. On a aussi construit plusieurs amphithéâtres pour les cours particuliers.

Médecine (place de l’École-de-).

Située au-devant de l’École de Médecine. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette place a été formée au commencement de notre siècle, lors de la démolition d’une partie de l’église du couvent des Cordeliers, dont nous traçons ici l’origine. Cet ordre religieux fut institué en 1208, par saint François d’Assise. Ces moines avaient pris d’abord le nom de Prédicateurs de la Pénitence, mais leur instituteur voulut, par humilité, qu’ils s’appelassent Frères mineurs. Plus tard, on les désigna sous le nom de Cordeliers, parce qu’à l’exemple de leur patron, ils portaient une corde en guise de ceinture. Ils arrivèrent à Paris en 1217, et parvinrent à obtenir de l’abbaye Saint=Germain-des-Prés un modeste emplacement, sous la condition expresse qu’ils n’auraient ni cloches, ni cimetière, ni autel consacré. Ces religieux passèrent plusieurs années dans cet état assujettissant ; ils s’adressèrent à saint Louis qui détermina l’abbé de Saint-Germain-des-Prés à se montrer moins rigoureux. Louis IX fournit également aux frais de la construction de leur église en leur accordant une partie de l’amende de dix mille livres, à laquelle avait été condamné Enguerrand de Coucy, pour avoir fait pendre, sans autre forme de procès, trois jeunes gens qui avaient chassé sur ses terres. Le pieux monarque leur permit, en outre, de couper dans ses forêts tous les bois nécessaires à la charpente de cette église, qui fut dédiée, en 1262, sous le nom de Sainte-Madeleine. En 1580, l’église des Cordeliers devint la proie des flammes. Un novice, étourdi par le vin, s’endormit dans une stalle du chœur, laissant à ses côtés un cierge allumé ; le feu atteignit la boiserie du jubé qui s’enflamma ; en moins de trois heures l’édifice fut réduit en cendres. Le feu calcina les marbres des tombeaux, fondit les bronzes et les cloches. Henri III donna des sommes considérables pour la reconstruction de cette église. L’ordre du Saint-Esprit, nouvellement institué par ce monarque, contribua au rétablissement du reste de l’édifice. Dans la chaleur de la reconnaissance, les Cordeliers firent placer au-dessus du grand hôtel la figure de Henri III. L’ingratitude et la haine étouffèrent bientôt ce noble sentiment. Le 5 juillet 1589, les Cordeliers, enrichis par Henri III, renversèrent sa statue et lui coupèrent la tête !… — L’église avait 97 m. de longueur et 26 m. de largeur. Le chapitre de l’ordre de Saint-Michel se tenait dans une des salles de ce couvent. Dans une autre pièce, qui servait d’école aux jeunes religieux, fut établi au commencement de la révolution, le fameux district des Cordeliers qui balança, pour un temps, le club des Jacobins. Quand les Cordeliers s’élevèrent, les Jacobins étaient déjà puissants par le nombre et l’énergie, aussi leur rivalité fut-elle permanente jusqu’au moment où la métropole étouffa la colonie.

Près du club des Cordeliers, on voyait la demeure du fougueux rédacteur de l’Ami du Peuple. Le 13 juillet 1793, à huit heures du soir, une jeune femme, Charlotte Corday, entrait dans cette maison : elle monte au deuxième étage, et demande à parler à Marat, ayant, disait-elle, d’importants secrets à lui révéler. Elle est introduite ! Restée seule avec Marat, elle raconte ce qu’elle a vu à Caen. — « Quels sont les noms des députés présents dans cette ville, demande aussitôt Marat ? » Charlotte Corday les nomme et lui prenant un crayon, se met à les écrire en disant froidement : — « Ils iront tous à la guillotine ! » — À la guillotine ! répète la jeune fille indignée ; alors tirant un couteau de son sein, elle en frappe ce tribun, qui expire presque aussitôt. Le rapport de la Commune sur les honneurs funèbres rendus à Marat, est un document si curieux, qu’il nous a paru convenable de le reproduire en entier. — Obsèques de Marat. — 16 juillet 1793. « La dépouille mortelle de Marat a été portée en pompe jusque dans la cour des Cordeliers ; mais cette pompe n’avait rien que de simple et de patriotique ; le peuple, rassemblé sous les bannières des sections, les suivait paisiblement et avec un désordre touchant d’où résultait le tableau le plus pittoresque. Il n’est rien arrivé dans la marche du cortège, si ce n’est qu’elle a duré depuis environ six heures du soir jusqu’à minuit. Cette marche était composée des citoyens des sections, des membres de la Convention, de ceux de la Commune, de ceux du département, des électeurs et des sociétés populaires. Arrivé dans le jardin des Cordeliers, le corps de Marat a été déposé sous les arbres dont les feuilles tremblantes réfléchissaient et multipliaient une douce lumière. Le peuple a environné le sarcophage et s’est tenu autour de lui debout en silence et avec respect. Le président de la Convention a d’abord fait un discours éloquent, dans lequel il a annoncé que le temps arriverait bientôt où Marat serait vengé, mais qu’il ne fallait pas par des démarches hâtives et inconsidérées, s’attirer des reproches de la part de nos ennemis ; il a dit que la liberté ne pouvait périr, et que la mort de Marat ne ferait que la consolider au lieu de la détruire. Dufourmy, membre du département, après avoir payé à Marat le tribut de douleur qui lui était dû, après avoir interprété éloquemment les regrets du peuple, a demandé que ses œuvres qui avaient été cause de sa mort, fussent ensevelies avec lui, afin que la postérité pût juger s’il méritait une mort aussi cruelle. Varlet a parlé ensuite. Son discours qui a été couvert des plus vifs applaudissements, a été terminé de la manière la plus heureuse et la moins attendue. Citoyens, dit-il, lorsque Marat, décrété d’accusation, revenait en triomphe aux Jacobins, après avoir couvert de honte ses calomniateurs, à peine entré dans la salle, des enfants lui présentèrent des couronnes. — Elles ne sont faites, dit Marat en les refusant, que pour les morts illustres et qui ont bien mérité de la patrie ! — Citoyens, a repris Varlet, Marat n’est plus ! Marat a bien mérité de la patrie, et je dépose la couronne sur le front de Marat !… — Tous les discours ont été fort applaudis et n’ont été interrompus que par les cris de vive la République !… Le corps de Marat a été enfin déposé dans la fosse, et des larmes ont coulé de tous les yeux. Le chirurgien qui avait embaumé son corps a dit qu’il avait embaumé son cœur à part, et l’avait confié au citoyen Berger. Deux boîtes étaient à côté du corps de Marat, et le chirurgien a ajouté : dans l’une de ces boîtes sont les entrailles de Marat et dans l’autre ses poumons. Il a dit, et la terre a couvert les restes de ce grand homme ! Il a été inhumé à l’endroit même où, rassemblant le peuple autour de lui, il lui lisait les feuilles, et faisait passer dans tous les cœurs le patriotisme qui l’enflammait. — Signé Dorat-Cubières et Bernard. » (Registre 31, fo 61.) — Quelques années après cette cérémonie le corps de Marat fut exhumé, puis jeté dans l’égout de la rue Montmartre.

Il ne reste presque rien aujourd’hui des bâtiments du couvent des Cordeliers. On a utilisé les jardins en y élevant plusieurs pavillons de dissection. Le réfectoire qui était situé en face de la rue Hautefeuille, a été heureusement transformé en un beau musée médical qui porte le nom de Musée Dupuytren. Sur une partie de l’emplacement du cloître, on a établi divers bâtiments : un hôpital où se fait un cours de clinique chirurgicale, un cours de chimie, d’anatomie et de chirurgie. Ces bâtiments ont été réparés et agrandis en 1834. — Une ordonnance royale du 27 septembre 1836, a fixé la moindre largeur de la place de l’École-de-Médecine à 23 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (cormpe Parisienne).

Médecine (rue de l’École-de-).

Commence aux rues Racine, no 2, et de la Harpe, no 78 ; finit au carrefour de l’Odéon, no 1, et à la rue de l’Ancienne-Comédie, no 1. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 342 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

C’était, en 1300, la rue des Cordèles (Cordeliers). Le couvent de ces religieux était situé dans cette rue. En 1304, c’était la rue Saint-Côme et Saint-Damien, en raison de l’église ainsi appelée qu’on voyait au coin de la rue de la Harpe. Jusqu’en 1672, on la désigna sous la dénomination de rue Saint-Germain ; elle conduisait à la porte de ce nom. De 1672 à 1790, c’était la rue des Cordeliers. Elle prit alors le nom de rue de l’École-de-Médecine, qu’elle conserva jusqu’en 1793.

« Séance du 25 juillet 1793. — Une députation de la section du théâtre Français (Odéon) demande que la rue des Cordeliers soit appelée maintenant du nom de Marat. Elle annonce, en outre, l’offre du citoyen Palloi de plusieurs pierres de la Bastille pour l’exécution de ce projet. Le conseil adopte à l’unanimité cette demande, et arrête en conséquence que la rue nommée des Cordeliers, s’appellera rue Marat, et la rue de l’Observance place de l’Ami du Peuple. Signé Pache et Dorat-Cubières. » (Registre de la Commune, tome 19, page 88.) — Marat demeurait dans cette rue au no 18. — Depuis le 9 thermidor, époque de la chute de Robespierre jusqu’au 1er floréal an IV, elle prit le nom de rue de l’École de Santé. Une lettre émanée du bureau central du canton de Paris, constate néanmoins qu’à cette époque cette rue portait encore le nom de Marat. Elle prit peu de temps après le nom de rue de l’École-de-Médecine. — Une décision ministérielle du 24 messidor an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’un arrêté préfectoral du 15 septembre 1836, le numérotage de cette voie publique a été régularisé. — Une ordonnance royale du 27 du même mois, a porté la moindre largeur de cette rue à 10 m. Propriété no 1, alignée ; de 3 à 13, retranch. 2 m. 05 c. à 2 m. 80 c. ; 15 et 17, alignées ; 19, ret. 4 m. 40 c. à 5 m. 50 c. ; 21, ret. réduit 4 m. ; 23, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 25, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 27, 29, 31, alignées ; 33, ret. 2 m. ; 35 et 37, ret. 1 m. 30 à 1 m. 90 c. ; 39, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 41 et 43 doivent être supprimées pour l’exécution de l’alignement du carrefour de l’Odéon ; de 2 à 6, alignées ; 8, ret. 2 m. ; 10, ret. réduit 1 m. 70 c. ; École de Médecine, alignée ; 12 et 14, ret. réduit 30 c. ; 16, ret. réduit 50 c. ; 18, ret. réduit 1 m. 40 c. ; 20, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 40 c. ; de 22 à 34, ret. 1 m. à 2 m. 20 c. ; 36 et 38, ret. 1 m. — Égout entre la place et le carrefour de l’Odéon. — Conduite d’eau depuis la rue Hautefeuille jusqu’à la place. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

À l’angle de la rue de l’École-de-Médecine et de celle de la Harpe était située l’église Saint-Côme et Saint-Damien dont nous rappelons ici l’origine. La nouvelle enceinte de Paris dont Philippe-Auguste avait ordonné la construction, morcelait les propriétés et les terres seigneuriales. Des différends s’élevèrent entre l’évêque de Paris et l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. Ces contestations furent terminées par une sentence arbitrale, rendue au mois de janvier de l’an 1210, par laquelle il fut dit que la juridiction spirituelle appartiendrait à l’évêque de Paris, dans l’étendue du territoire qui venait d’être compris dans la nouvelle enceinte, mais que l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, par compensation, y pourrait faire bâtir deux églises ; l’une fut celle de Saint-André-des-Arts et l’autre devint l’église Saint-Côme et Saint-Damien.

En vertu d’un arrêt du parlement, à l’année 1343, l’Université nommait à la cure de Saint-Côme. Quoique les dépendances de cette église fussent peu étendues, on y voyait cependant un cimetière, des charniers, ainsi qu’un petit bâtiment construit en 1561. Le lundi de chaque semaine, les chirurgiens y venaient visiter les pauvres blessés auxquels ils donnaient des consultations gratuites.

« En 1255 fut érigée, dit Sauval, la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien, patrons des chirurgiens. » En 1555, Nicolas Langlois, prévôt des chirurgiens, affecta une rente de cinquante livres à cet utile établissement. Un mémorial en caractères gothiques, rappelant cette pieuse fondation, était placé sous les charniers. Ces chirurgiens avaient succédé aux chanoines qui exerçaient cet office charitable à l’entrée de la cathédrale.

Parmi les personnages célèbres enterrés dans cette église, on remarquait le tombeau d’Omer Talon, avocat au parlement, auteur de mémoires très curieux, mort en 1652, et celui de La Peyronie, créateur de l’Académie de chirurgie, mort en 1747. — On voyait aussi dans cette église une épitaphe assez curieuse que nous citons d’après Saint-Foix :

« Dans ce petit endroit, à part,
Gît un très singulier cornard ;
Car il l’étoit sans avoir femme ;
Passants, priez Dieu pour son âme !

» Le malheureux que l’on avait ainsi bafoué, ajoute le même historien, était un pauvre diable que les gens du maréchal de Beaumanoir lui avaient amené pendant qu’il chassait dans une forêt du Maine, en 1599. Ils l’avaient rencontré endormi dans un buisson, et trouvant sa figure fort singulière, ils l’avaient conduit au maréchal. En effet, il avait au haut du front deux cornes faites et placées comme celles d’un bélier ; il était fort chauve, et avait au bas du menton une barbe rousse et par flocons, comme on peint celle des satyres. Le maréchal le présenta à Henri IV, qui le donna, dit Pierre l’Estoile, à un de ses valets pour en tirer profit. L’infortuné Trouillac, promené de foire en foire, en conçut tant de chagrin, qu’il mourut au bout de trois mois. »

L’église Saint-Côme et Saint-Damien supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue, ainsi que son cimetière, le 12 nivôse an V. La clause suivante est insérée dans l’acte : « L’acquéreur sera tenu de donner le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une nouvelle rue projetée, sans pouvoir exiger aucune indemnité ni diminution sur le prix de la présente vente. » — Jusqu’en 1836, l’église fut occupée par un atelier de menuiserie. À cette

époque, on la détruisit pour faciliter le prolongement de la rue Racine. Sur ses dépendances ont été bâties les maisons portant aujourd’hui les nos 1, 3 et 5 de la rue de l’École-de-Médecine.

Au no 4 était situé le collége de Daimville. Il fut fondé, en 1380, par Michel de Daimville, archidiacre de l’église d’Arras, clerc ou chapelain de Charles V, pour douze écoliers ; six du diocèse d’Arras et six de celui de Noyon. En 1762, il fut réuni à l’Université. Devenus propriétés nationales, les bâtiments et dépendances de ce collége furent vendus le 28 prairial an X ; démolis en 1820, ils ont été remplacés par une maison particulière.

La porte Saint-Germain, nommée successivement porte des Cordèles, des Frères Mineurs, était située un peu au-dessus de la rue du Paon, où se trouve maintenant une fontaine. Cette porte faisait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste. On voit dans les registres de la ville qu’en 1586, on ordonna de la fermer, et d’ouvrir celle de Buci. Elle ne fut abattue néanmoins qu’en 1672.


Mégisserie (quai de la).

Commence à la place du Châtelet, no 1, et au Pont-au-Change ; finit à la place des Trois-Maries, no 2 et au Pont-Neuf. Le dernier numéro est 84 ; Sa longueur est de 338 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Ce quai a été construit, en 1369, sous le règne de Charles V. On le nomma d’abord de la Saunerie, en raison de sa proximité du grenier à sel. Il fut reconstruit en 1529. On exécuta cette année de grands travaux sur toute cette ligne de quais. — On lit en effet dans Sauval : « Des registres de l’Hôtel-de-Ville, dressés sous François, on apprend qu’alors le prévôt des marchands fit faire et paver les quais larges de cinq toises, qui sont entre le Pont-au-Change et le pont des Tuileries. » — La partie qui, de la place du Châtelet s’étend à la rue de l’Arche-Pépin, se nommait de la Vallée de Misère où de la Poulaillerie. L’autre partie se nommait de la Mégisserie, en raison des mégissiers qui étaient venus l’habiter, et qui l’occupèrent jusqu’en 1673, époque où l’on parvint à les reléguer au faubourg Saint-Marceau. Ce quai fut élargi en avril 1769. On le désigna plus tard sous le nom de la Ferraille, en raison des marchands de vieux fers qui étalaient leurs marchandises le long du parapet. — Une décision ministérielle en date du 24 frimaire an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de ce quai à 9 m. De 1833 à 1835, on a construit un nouveau mur de parapet, qui a procuré à cette voie publique un élargissement convenable. On a exécuté aussi des travaux de nivellement, de trottoirs, de plantation, etc… Ces opérations importantes ont occasionné une dépense de 700,000 fr. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, la moindre largeur du quai de la Mégisserie est portée à 23 m. 40 c. — Maison no 2, alignée ; 4 doit être supprimée pour l’exécution de l’alignement de la rue de la Saunerie ; de 6 à 18, retranch. 50 c. à 1 m. 34 c. ; de 24 à 46, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 44 c. ; 52, ret. réduit 1 m. 30 c. ; 54, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 56, ret. réduit 60 c. ; de 58 à 66, redress. ; 68, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 70, ret. réduit 1 m. 80 c. ; de 72 à 76, ret. 2 m. 05 à 3 m. 75 c. ; de 78 à la fin, ret. 3 m. 75 c. à 4 m. 60 c. — Égout et conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sous la régence du duc d’Orléans et sous Louis XV, ce quai avait une physionomie toute particulière. Les racoleurs avaient placé en cet endroit le siège de leur commerce. Ils achetaient et revendaient publiquement les hommes vingt ou trente livres la pièce, suivant leur taille ou la force de leurs muscles. Ce trafic, plus infâme encore que grotesque, était autorisé, appuyé par le gouvernement. En usant d’un moyen aussi odieux, on espérait peupler et défendre nos colonies. Le racoleur se promenait fièrement le chapeau sur le coin de l’oreille, l’épée sur les hanches, et fredonnait une chanson guerrière, avec un accent qui trahissait les bords de la Garonne. Appelant tout haut les jeunes gens qui passaient, il employait, pour les attirer à lui, tout le miel de son éloquence. Quelques racoleurs avaient des boutiques, des cabanes de toile. Au-dessus de la porte flottait un drapeau. Mercier dit avoir vu une de ces boutiques sur laquelle était inscrit ce vers de Voltaire :

« Le premier qui fut roi fut un soldat heureux ! »

À toute heure du jour un cercle de curieux entourait le racoleur. Il pérorait perché ordinairement sur un tonneau qui portait cette inscription : vin d’Arbois. L’assemblée en plein vent était toujours composée de jeunes gens curieux et ignorants, d’étudiants flâneurs et débauchés, de filles publiques payées par le recruteur, et d’ouvriers trop pauvres pour acheter des maîtrises. Après avoir promené lentement un regard de protection sur son nombreux auditoire, l’orateur commençait ainsi : « Avec l’autorisation de sa majesté, je viens vous expliquer les avantages qu’elle daigne accorder en vous admettant dans ses colonies. Jeunes gens qui m’entourez, et qui êtes tous lettrés, vous avez entendu parler du pays de Cocagne ; c’est dans l’Inde, mes amis, que vous trouverez ce fortuné pays. Souhaitez-vous de l’or, des perles, des diamants : les chemins en sont pavés, il n’y a qu’à se baisser pour en prendre ; je me trompe, les sauvages vont les ramasser pour vous !… Je ne vous parlerai pas ici des grenades, des oranges, des ananas, de mille fruits savoureux qui viennent sans culture dans ce paradis terrestre ; je laisse tout cela… Je m’adresse à des hommes. Fils de famille, je connais tous les efforts que font ordinairement vos parents pour vous détourner de la voie qui seule peut vous conduire en peu d’instants à la fortune et surtout à la gloire. Je respecte leur faiblesse, mais soyez plus raisonnables, plus forts que les papas et surtout que les mamans !… Ils vous diront que les sauvages mangent les Européens à la croque-au-sel ! Erreur, erreur complète !… Ce sont des balivernes. Tout cela était bon du temps de Christophe Colomb ou de Robinson Crusoé !… Aujourd’hui les sauvages sont doux comme des agneaux et nous aiment comme des frères !… Je ne vous en dirai pas davantage ; ceux qui veulent se rafraîchir n’ont qu’à parler ! »

Méhul (rue).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 44 et 46 ; finit aux rues Marsollier, no 1, et Dalayrac, no 2. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 20 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Ouverte en 1826, conformément à une ordonnance royale du 8 octobre de la même année, cette voie publique n’a été dénommée qu’en 1829. (Voyez rue Dalayrac.) Sa largeur est de 12 m. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Étienne-Henri Méhul, célèbre compositeur de musique, né à Laval, en 1763, mort à Paris en 1818, était élève de Gluck. Son premier opéra Euphrosine et Coradin, représenté en 1790, eut un brillant succès. Ses autres ouvrages ne firent qu’ajouter à sa réputation.

Ménages (hospice des).

Situé dans la rue de la Chaise, no 28. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Cet emplacement fut occupé, dès le XIe siècle, par l’hôpital connu sous le nom de la Maladrerie Saint-Germain. Il était affecté aux lépreux. En 1544, le parlement nomma quatre commissaires pour inspecter les hôpitaux. Ces membres ayant déclaré que cette maladrerie n’avait plus de revenus, la cour ordonna que les bâtiments seraient détruits. En 1557, l’Hôtel-de-Ville racheta les matériaux et l’emplacement, et y fit bâtir la maison que nous voyons aujourd’hui. Elle fut d’abord destinée à renfermer les mendiants incorrigibles, les indigents vieux et infirmes, les femmes sujettes au mal caduc, les teigneux et les fous. Cette dernière destination donna naissance à un proverbe encore en usage : quand on parle d’un extravagant, d’un fou, on dit : « C’est un échappé des Petites-Maisons. » — Jean Luillier de Boulencourt, président de la chambre des comptes, contribua par ses libéralités à soutenir ce pieux et charitable établissement. Non seulement il lui affecta des rentes, lui donna des meubles, mais encore il fit élever à ses frais plusieurs bâtiments. La forme de leur construction les fit nommer les Petites-Maisons. La chapelle fut rebâtie en 1615. — Une ordonnance du 10 octobre 1801, décida que cet hospice serait désormais affecté aux ménages. L’année suivante, les malades et les fous furent transférés dans d’autres maisons. Pour être admis aujourd’hui dans l’Hospice des Ménages, l’un des époux doit avoir au moins 60 ans et l’autre 70. Les veufs et les veuves y sont reçus à l’âge de 60 ans. On leur donne, outre une certaine quantité de pain et de viande crue, trois francs en argent tous les dix jours, deux stères de bois et quatre de charbon tous les ans. L’habillement est à leurs frais. Par un arrêté du 11 avril 1804, cet établissement doit contenir 160 grandes chambres pour des ménages ; 100 petites chambres pour les veufs et les veuves, et 250 lits dans les chambres des dortoirs. — En vertu d’une ordonnance royale du mois de mars 1817, la chapelle, qui avait servi d’orangerie pendant la révolution, fut rendue à sa véritable destination. — En 1842, la mortalité dans cet hospice a été de 1 sur 6/86. La dépense s’est élevée à 264,457 fr. 56 c.

Ménars (rue).

Commence à la rue de Richelieu, nos 89 et 91 ; finit à la rue Grammont, nos 6 et 8. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 141 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1726, c’était une impasse qui avait été formée sur les terrains de l’hôtel du président Ménars. Des lettres-patentes, à la date du 19 février de la même année, ordonnèrent que cette impasse serait prolongée sur l’emplacement de l’hôtel de Grammont ; que cette nouvelle rue porterait la dénomination de rue de Ménars et aurait une largeur de 4 toises. Cette disposition n’eut point alors de suite, mais renouvelée par lettres-patentes du 1er juillet 1765, elle reçut son exécution le 30 septembre suivant. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, avait maintenu la largeur primitive de cette voie publique. En vertu d’une ordonnance royale du 16 avril 1831, cette largeur a été portée à 10 m. (Voyez rue Grammont.) Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement de 2 m. 50 c. environ. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Ménilmontant (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Cette barrière est ornée de deux bâtiments ayant chacun trente-deux colonnes avec arcades. Elle tire son nom du village de Ménilmontant. (Voir l’article Barrières.)

Ménilmontant (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Ménilmontant ; finit aux rue et barrière des Trois-Couronnes. Pas de numéro. Sa longueur est de 248 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

(Voir l’article Chemins de Ronde.)

Ménilmontant (impasse de).

Située dans la rue du même nom, no 100. Le dernier numéro est 15. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formée vers 1805, elle tire son nom de la rue où elle est située.

Ménilmontant (rue de).

Commence aux rues des Fossés-du-Temple, no 2, et Saint-Pierre, no 24 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Ménilmontant et des Amandiers. Le dernier impair est 101 ; le dernier pair, 128. Sa longueur est de 1,234 m. — Les numéros impairs sont du 6e arrondissement, quartier du Temple ; les numéros pairs du 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Elle est ainsi nommée parce qu’elle conduit au village de Ménilmontant. Mesnil signifiait une habitation, une maison de campagne ; on s’est servi souvent du mot latin masnilium, pour indiquer un hameau, un petit village. Tous les titres anciens qui indiquent ce hameau, situé au nord-est de Paris, l’appellent le Mesnil-Maudan. Il devait sa dénomination à un riche propriétaire, qui possédait sans doute une grande partie de ce territoire. Si l’on a changé son nom primitif en celui de Ménilmontant, cette altération se trouve en quelque sorte justifiée par la position élevée de ce village. Le chemin qui y conduisait était également raide et escarpé ; la pente en fut adoucie en 1732. — En vertu d’une ordonnance du bureau de la ville du 30 janvier 1733, il fut redressé et élargi. Avant 1777, le rempart touchait à la naissance de ce chemin ; des lettres-patentes, dont nous citons un extrait, constatent l’agrandissement de cette voie par suite du nivellement du rempart. « Le chemin désigné sous le nom de chemin de Ménilmontant, sera continué sur le rempart, et la dite rue sera nommée rue Chapus, depuis la rue Popincourt jusqu’au rempart. » (Mai 1777.) — Guillaume-Gabriel Chapus fut échevin de la ville de Paris de 1776 à 1778. — Le prolongement fut effectué, mais le nom de Chapus ne fut jamais inscrit. À cette époque et jusqu’en 1806, la rue de Ménilmontant avait trois dénominations distinctes. La première partie comprise entre le boulevart et les rues Folie-Méricourt et Popincourt, s’appelait rue du chemin de Ménilmontant. — La deuxième partie se terminant à la rue Saint-Maur, où l’on voyait autrefois une barrière, était nommée rue de la Roulette. Ce titre lui venait des anciens commis des fermes qui étaient montés sur des roulettes, afin d’être transportés plus rapidement d’un endroit à un autre. — La troisième partie portait le nom de la Haute-Borne, qu’elle devait à un lieu dit la Haute-Borne, connu par quelques cabarets dans l’un desquels le fameux Cartouche fut pris. Depuis 1806, cette voie publique porte dans toute sa longueur la dénomination de rue de Ménilmontant. — Deux décisions ministérielles, signées Chaptal, des 13 germinal et 23 floréal an X, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 17 ter inclus ; de 21 à 47 bis ; de 53 à 67 inclus ; 79, 81, et de 85 à la fin ; — de 16 à 32 inclus ; 46 bis (46), 48, 50, 56, 58 bis, 62, 64 ; de 68 à 80 inclus ; de 84 à 90 inclus ; tous les nos 98, 100, 104 et de 108 à la fin. — Égout entre le quai de Jemmapes et la rue Neuve d’Angoulême. — Conduite d’eau depuis la rue de Malte jusqu’à la barrière. — Éclairage au gaz : de la rue des Fossés-du-Temple au quai de Valmy (compe Lacarrière) ; le surplus (compe de Belleville).

Ménilmontant (rue Neuve-de-).

Commence à la rue Saint-Louis-au-Marais, nos 78 et 80 ; finit au boulevart des Filles-du-Calvaire, nos 11 et 13. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 170 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Cette rue a été ouverte sur une partie du couvent des Filles-du-Calvaire, dont nous rappelons l’origine. Nous aurons l’occasion de parler, à l’article de la rue de Vaugirard, de la création du premier couvent de cet ordre, établi à Paris en 1620. Ce fut le père Joseph, ce capucin si fameux par les négociations importantes auxquelles l’employa le cardinal de Richelieu, qui conçut le projet de fonder une seconde maison de cet ordre à Paris. Il choisit, à cet effet, une grande propriété qu’on appelait l’hôtel d’Ardoise. Cette demeure, située vers l’extrémité de la rue Vieille-du-Temple, fut achetée 37,000 livres par la congrégation des Bénédictines du Calvaire. L’établissement de ces religieuses, dans cette seconde maison, date de 1633. La première pierre de leur église fut posée en 1635, et douze religieuses, tirées du couvent du Calvaire, vinrent habiter leur nouveau couvent le 10 avril 1637. Cette maison devait porter le nom de Crucifixion, pour la distinguer de celle de la rue de Vaugirard ; pour cette raison fut placée sur la porte cette inscription :

Jésus amor noster crucifixus est.

Cependant l’église fut consacrée, en 1650, sous le titre de la Transfiguration. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale et fut vendu le 8 vendémiaire an V. Deux rues furent percées sans autorisation, en 1804, sur une partie de son emplacement. Le ministre de l’intérieur décida, le 23 août 1806, que ces deux rues seraient considérées comme voies publiques, et auraient une largeur uniforme de 10 m. Celle dont nous nous occupons ne fut exécutée que sur une largeur de 9 m. 70 c., qui a été maintenue par une décision ministérielle du 1er décembre 1821. Cette voie publique reçut le nom de rue Neuve-de-Ménilmontant, parce qu’elle débouche vis-à-vis de la rue de Ménilmontant. Elle ne fut entièrement bordée de constructions que vers 1810. — Bassin d’égout. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Mercier (rue).

Commence à la rue de Viarme, nos 11 et 13 ; finit aux rues des Deux-Écus, no 48, et de Grenelle, no 26. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 53 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.


Elle a été ouverte en avril 1765, sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons. Les lettres-patentes autorisant ce percement sont à la date du 25 novembre 1762 ; elles furent registrées au parlement le 22 décembre suivant. Sa largeur était fixée à 24 pieds. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. Les constructions riveraines, qui sont assujetties à une décoration symétrique, sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Deux-Écus. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Louis Mercier, écuyer, conseiller du roi en l’Hôtel-de-Ville, fut échevin de la ville de Paris, pendant les années 1761 et 1762, sous la prévôté de Camus de Pontcarré, seigneur de Viarme. (Voyez Halle au Blé.)

Méricourt (rue de la Folie-).

Commence à la rue de Ménilmontant, nos 23 et 25 ; finit aux rues du Faubourg-du-Temple, no 30, et Fontaine-au-Roi, no 2. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 52 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle tire son nom d’un propriétaire qui possédait en cet endroit une folie (maison de campagne). Ce nom a varié ; on disait d’abord rue Folie-Marcaut, et d’altération en altération, on a fini par écrire rue Folie-Méricourt. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 1 à 25 inclus ; encoignure droite de la rue Delatour, de 31 à 41 inclus, 51 ; de 2 à 24 inclus et de 30 à la fin. — Portions d’égout et de conduites d’eau.

Merri (église Saint-).

Située dans la rue Saint-Martin, entre les nos 2 et 4. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette église a été bâtie sur l’emplacement d’une ancienne chapelle dédiée à saint Pierre. On ignore l’origine et le nom du fondateur de cet oratoire. Cependant on lit dans la vie de saint Merri ou Médéric, que ce pieux personnage, après avoir quitté le monastère de Saint-Martin d’Autun, vint habiter, à Paris, avec Frodulfe, son disciple, une cellule construite à côté de la chapelle Saint-Pierre. Saint-Merri demeura pendant trois années en cet endroit, y mourut en odeur de sainteté et fut inhumé dans cette chapelle. Son historien fixant la date de sa mort au 29 août de l’an 700, cette époque établit nécessairement l’existence antérieure de cet oratoire. En 884, ce saint lieu fut doté par un comte nommé Adalard. Cette dotation, confirmée, en 885, par le roi Carloman et, en 936, par Louis d’Outre-Mer, procura bientôt un peu d’aisance aux desservants de cette chapelle, qui fut à peu près en ce même temps érigée en collégiale. L’édifice fut alors reconstruit aux frais d’un nommé Odon-le-Fauconnier, qui y reçut la sépulture. Sous le règne de François Ier, lorsqu’on abattit une partie de ce monument, pour en construire un nouveau sur des proportions plus vastes, on découvrit, en 1520, dans un tombeau de pierre, le corps d’un guerrier dont les jambes étaient recouvertes de bottines de cuir doré. Une inscription qui se trouvait sur ce cercueil était ainsi conçue : Hic jacet vir bonæ memoriæ Odo Falconarius, fundalor hujus ecclesiæ. On croit que cet Odon ou Eudes-le-Faucon nier était le même guerrier qui, avec Godefroi, défendit, en 886, Paris contre les attaques des Normands.

L’église Saint-Merri fut terminée en 1612.

À l’époque où l’on exécutait la reconstruction de cet édifice, le genre grec commençait à prévaloir en France ; cependant le style gothique, si bien en harmonie avec la destination de nos monuments chrétiens, lui fut heureusement préféré.

L’architecture de Saint-Merri est gracieuse, élégante. L’édifice se développe sur cinq nefs en ogives qui viennent aboutir à la croisée. L’hémicycle du chœur est formé de treize ogives. La tour carrée qui s’élève à gauche du portail, construite dans le style de la renaissance, paraît un peu lourde, et les ornements encore inachevés qui la décorent n’ont pas la légèreté de la petite tourelle gothique de droite. Des clochetons, des gorges feuillées qui courent le long du portail à trois portes, complètent la façade du monument. Ce portail, dont l’ensemble est d’un excellent style, était couronné par un grand clocheton qui portait douze statues et deux cordons ogivaux de saints et d’anges, détruits pendant la révolution.

La nef ogivale est formée de grosses colonnes à fûts multiples, mais à angles à vive arête, et à colonnettes concaves et inégales sans chapiteaux ; dans le fût viennent se confondre les nervures des voûtes, toutes anguleuses, à vive arête, et ordinairement concaves ainsi que les colonnes, au lieu d’être cylindriques comme les colonnettes et nervures du style catholique du XIe au XIVe siècle. Les clefs, où viennent se rejoindre les nervures des voûtes, sont larges, plates, ornées de feuillages ou d’armoiries sculptées ; un pendentif qui descend au centre de la croisée, complète la décoration. Toutes ces compositions semblent appartenir au XVIe siècle. On y cherche vainement la puissance noble et bien posée du XIe et du XIIe siècles, la grâce naïve et élégante des XIIIe et XIVe siècles, la richesse d’ornements et la hardiesse des sculptures du XVe siècle ; néanmoins ce style qui, par ses ornements, conserve encore la forme générale chrétienne, est très utile à l’étude de l’art architectonique.

« Devant l’église, il y avoit autrefois, dit Sauval, une espèce de parvis qui ressentoit fort la primitive église ; surtout ces deux lions qui en gardoient les deux côtés de l’entrée, étoient une auguste et terrible marque de ce saint lieu, et donnoient une certaine terreur et respect aux passants. »

Les fenêtres en ogives, ouvertes-sur la nef principale, et qui sont coupées de meneaux entrelacés en lignes ondulées, étaient autrefois ornées de vitraux exécutés par Pinaigrier et Parray. D’autres vitraux, représentant l’histoire de Suzanne, étaient dus à Jean Nogase ; mais vers le milieu du siècle dernier, le chapitre eut la maladresse de les remplacer en grande partie par des vitres blanches. Parmi les fragments qui restent, on remarque une vitrière mutilée dans la chapelle de saint Vincent de Paul ; elle représente l’ensevelissement de Jésus-Christ. Les figures sont d’une noble et belle expression.

Vers la même époque, les frères Slodtz ont décoré le chœur, et construit la chaire. Les travaux ne manquent pas de goût, mais il est à regretter que pour revêtir de stuc les colonnes, il ait fallu briser leurs moulures.

En 1742, le chapitre fit percer le mur de la nef et élever la chapelle de la communion, qui communique avec l’église par deux ogives transformées en plein cintre. Sur les quatre faces de la croisée, on éleva quatre autels dédiés à saint Pierre, à la Sainte-Vierge, à saint Charles et à saint Merri. Ces autels sont surmontés de frontons grecs qui reposent sur des colonnes de marbre ; enfin, à l’entrée du chœur, on admire deux tableaux de Carle Vanloo, représentant, le premier, la Vierge et l’Enfant-Jésus ; le second, saint Charles Borromée, archevêque de Milan.

L’église saint Merri, qui portait le nom de Temple du Commerce en 1793, est aujourd’hui la paroisse du 7e arrondissement.

Merri (rue du Cloître-Saint-).

Commence à la rue du Renard, nos 3 et 5 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 4 et 6. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 132 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Le cloitre Saint-Merri comprenait autrefois dans son périmètre, les rues Brisemiche et Taillepain. Du côte de la rue Saint-Martin on voyait une porte ou barrière qui avait fait donner à cet endroit le nom de la Barre Saint-Merri. Cette dénomination venait sans doute de la juridiction temporelle que les chanoines de Saint-Merri y faisaient exercer. Les prisons du chapitre étaient situées en cet endroit ; on y tenait également les assemblées capitulaires. La partie de cet emplacement qui avoisine la rue Saint-Merri se nommait rue des Consuls. La maison affectée à la juridiction consulaire y était située, à l’angle de la rue de la Verrerie ; nous en parlerons dans le cours de cet article. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En 1837, la partie qui débouche dans la rue Saint-Martin fut prolongée jusqu’à celle du Renard. Un traité passé entre l’administration et le sieur Guelle, propriétaire, a facilité cette amélioration. — Une ordonnance royale du 13 juin 1839, a fixé à 12 m. de largeur la partie comprise entre les rues Saint-Martin et du Renard. Le surplus, qui prend naissance à la rue de la Verrerie, doit former une place pour dégager le chevet de l’église Saint-Merri, et sa largeur est fixée à 14 m. Les constructions du côté droit de cette partie sont alignées. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 9 m. 50 c. à 10 m. 50 c. À l’égard du percement exécuté en 1837, les maisons riveraines sont alignées. Enfin, pour l’ancienne partie débouchant dans la rue Saint-Martin, les constructions du côté des numéros impairs ne sont pas soumises à retranchement. Celles du côté opposé devront reculer de 4 m. 50 c. à 8 m. 80 c. — Conduite d’eau du côté de la rue de la Verrerie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la maison des consuls était située dans le cloître Saint-Merri. La première juridiction des consuls en France fut établie à Toulouse, par édit du mois de juillet 1549. La ville de Paris n’obtint cet avantage qu’en 1563. Cette justice connaissait de toutes les causes ou procès concernant le commerce et le fait de marchandise. Les appels étaient portés en parlement. La juridiction consulaire fut toujours exercée par cinq marchands ; le premier se nommait juge et les autres consuls. Ces fonctions étaient électives et les magistrats renouvelés tous les ans, le 28 janvier. Le juge devait avoir quarante ans, et les consuls vingt-sept.

Merri (rue Neuve-Saint-).

Commence aux rues Barre-du-Bec, no 29, et Sainte-Avoie, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 26 et 28. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 231 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Elle était déjà bâtie en 1210, peu de temps après la nouvelle enceinte dont Philippe-Auguste avait ordonné la construction. On donna à cette voie publique la qualification de Neuve, non seulement parce qu’elle était nouvellement bâtie, mais encore pour la distinguer de la rue de la Verrerie qu’on appelait rue Saint-Merri dans sa partie occidentale. Par un arrêt du conseil du 7 janvier 1677, le roi ordonna l’élargissement de la rue Neuve-Saint-Merri, dans la partie comprise entre celles du Renard et Saint-Martin. — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 28 février 1837. Propriétés de 1 à 15, retranchement 2 m. 50 c. à 3 m. 40 c. ; 19, alignée ; de 21 à 31, ret. 2 m. 60 c. à 3 m. ; encoignure droite de la rue Brisemiche et maison no 37, alignées ; de 39 à 43, ret. 3 m. 40 c. à 3 m. 80 c. ; 45, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 47, alignée ; 49, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 51, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 53, ret. réduit 70 c. ; 55, redress. ; de 2 à 40, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 20 c. ; de 42 à 46, ret. 2 m. à 3 m. 20 c. ; de 48 à la fin, ret. 3 m. 20 c. à 4 m. 50 c. — Portion d’égout du côté de la rue Barre-du-Bec. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Meslay (rue de).

Commence à la rue du Temple, nos 123 et 125 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 258 et 260. Le dernier impair est 71 ; le dernier pair, 64. Sa longueur est de 556 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Un arrêt du conseil, en date du 22 décembre 1696, qui prescrivit l’ouverture de la rue Vendôme, porte ce qui suit : « À l’endroit où se terminera cette nouvelle rue, il en sera formé une autre vis-à-vis, de pareille largeur de 6 toises, traversant de la rue du Temple à celle de Saint-Martin, sur le terrain de la place, d’entre le cours et le derrière des maisons de la rue Neusve-Saint-Martin, à l’effet de quoy seront, les terres de la bulle Saint-Martin, transportées sur les lieux qui seront à ce destinez. » En 1723, cette rue n’était point encore ouverte entièrement, et portait déjà le nom de Meslay qu’elle devait au sieur Rouillé de Meslay, l’un des principaux propriétaires riverains. Le 6 mars de la même année, un arrêt du conseil prescrivit l’acquisition de deux maisons, afin de déboucher cette rue du côté de la rue Saint-Martin. Pour couvrir les frais de cette acquisition, un rôle arrêté au conseil royal des finances, détermina une contribution à laquelle dut concourir chaque propriétaire de la rue de Meslay. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. 50 c. Presque toutes les constructions riveraines sont alignées ; la maison no 71 devra reculer de 1 m. 50 c. Le surplus n’est soumis qu’à un léger redressement. — Portion d’égout du côté de la rue du Temple. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Martin jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Messageries (rue des).

Commence à la rue d’Hauteville, nos 73 et 75 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 72 et 74. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 181 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

C’était, en 1792, un passage de 21 pieds de largeur formant retour d’équerre et communiquant de la rue de Paradis à celle du Faubourg-Poissonnière. Il était fermé à ses deux extrémités par des grilles en fer, et portait le nom de passage des Messageries. À cette époque les propriétaires riverains sollicitèrent de l’autorité, la conversion de ce passage en rue. Cette autorisation fut accordée par le corps municipal dans sa séance du 18 juin 1792. « Le corps municipal a arrêté : 1o que le passage des Messageries qui communique de la rue de Paradis à celle Poissonnière (du faubourg), sera converti en rue, et qu’à cet effet, les pavillons et les grilles qui en ferment les extrémités, seront supprimés aux frais des propriétaires ; 2o que la dite rue sera portée à trente pieds de largeur, et qu’à cet effet les propriétaires sur l’un et l’autre côtés ne pourront faire aucunes constructions ou reconstructions, ni ouvrages tendant à réconforter le mur de face, au préjudice du retranchement de quatre pieds et demi que chacun d’eux sera obligé de subir gratuitement, et à fur et à mesure des dites constructions, reconstructions ou confortations pour donner trente pieds à la dite communication qui n’en a que vingt-un dans l’état actuel. Que le présent arrêté sera renvoyé au bureau municipal, pour donner le nom à la rue. » — Les conditions résultant de cet arrêté ayant été acceptées par les propriétaires, la conversion du passage en rue fut définitivement accordée, et les grilles furent supprimées. — Une ordonnance royale à la date du 27 septembre 1826, fixa à 10 m. la largeur de cette voie publique. La même ordonnance ayant autorisé le prolongement de la rue d’Hauteville jusqu’à la place de La Fayette, la partie de la rue des Messageries faisant suite à la dite rue d’Hauteville, dut prendre la dénomination de cette dernière voie publique (voyez rue d’Hauteville). Les propriétés riveraines de la rue des Messageries devront fournir gratuitement l’élargissement à 30 pieds, prescrit par le corps municipal. Les maisons portant les nos 11, 13, 29 ; 14, 16, 18 et 28, ont été rebâties à l’alignement approuvé par ordonnance royale ; les autres constructions devront subir un retranchement qui varie de 1 m. 60 c. à 1 m. 70 c. — Conduite d’eau depuis la rue d’Hauteville jusqu’à la borne-fontaine.

Messageries-Générales (passage des).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 128 et 130 ; finit à la rue de Grenelle, no 18. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Ce passage qui traverse la cour des Messageries-Générales, a été construit ainsi que cet établissement, dans le courant de l’année 1828 (voir l’article suivant). — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Messageries-Royales (passage des).

Commence à la rue Montmartre, nos 107 et 109 ; finit à la rue Notre-Dame-des-Victoires, no 22. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

L’Université, lors de sa première institution, avait établi des messagers qui se chargeaient d’aller chercher dans les provinces et de conduire à Paris, les jeunes gens qui désiraient étudier dans la capitale. Il s’établit aussi une correspondance entre les écoliers et leurs familles. Le public prit confiance dans ces messagers, alors l’Université exploita plus en grand cette entreprise, qui lui valut des bénéfices considérables ; l’Université a constamment joui du droit des postes et messageries jusqu’en 1719, époque où fut établie l’administration des messageries et postes royales. Pour l’indemniser on accorda à l’Université le 28e du bail général des postes, qui alors se montait à 120,000 livres. — « Versailles, 27 octobre 1784. — Arrêt du conseil. Sa majesté étant informée que le sieur Ducessois, fermier général des messageries, en se conformant au plan adopté en 1775, a réuni à l’hôtel de Boulainvilliers, rue Notre-Dame-des-Victoires, la totalité des bureaux de messageries, situés précédemment dans différents quartiers de Paris ; qu’il résulte de cette réunion un avantage considérable pour cette exploitation, plus de commodité pour le public et beaucoup plus d’exactitude dans le service. Sa majesté désirant consolider cet établissement, et pour éviter à l’avenir des déplacements des bureaux des messageries, toujours gênants pour le public, a jugé convenable d’accepter l’offre que lui a faite le sieur de Boulainvilliers, de vendre le dit hôtel avec les terrains et bâtiments en dépendant pour rester affectés au service des messageries ; à quoi sa majesté voulant pourvoir, ouï le rapport du sieur de Calonne, conseiller ordinaire au conseil royal, contrôleur général des finances, le roi étant en son conseil a commis et commet les sieurs Gojart, premier commis des finances, et Gondouin, architecte du roi, auxquels sa majesté a donné pouvoir d’acquérir en son nom du sieur Bernard de Boulainvilliers, prévôt de Paris, les grand et petit hôtels de Boulainvilliers à lui appartenant, sis rue Notre-Dame-des-Victoires et rue Saint-Pierre, avec les circonstances et dépendances, etc…, ce moyennant le prix et somme de 600,000 livres, etc. Signé Hue de Miroménil, et de Calonne.» (Archives du royaume, section administ., reg. E, no 2603.) Depuis la révolution, l’ancien état de choses a été modifié. Des compagnies particulières autorisées par le gouvernement exploitent concurremment le service des messageries.

Messine (rue de).

Commence à la rue de Plaisance ; finit aux rues de Valois-du-Roule, et de Lisbonne. Pas de numéro. Sa longueur est de 196 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle a été tracée en 1826, sur les terrains appartenant à MM. Hagerman et Mignon. Sa largeur est fixée à 12 m. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 2 février 1826 (voyez rue d’Amsterdam). — Le nom assigné à cette voie publique est celui d’une des principales villes de la Sicile.

Métiers (rue des).

Située dans l’enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

C’était, en 1790, la rue Saint-Louis. Depuis 1793, on la nomme des Métiers. (Voir l’article passages de la Trinité.)

Mézières (rue de).

Commence à la rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice, nos 10 et 12 ; finit à la rue Cassette, nos 21 et 23. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 136 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle a pris son nom de l’hôtel de Mézières, dont les jardins régnaient le long de cette voie publique. — Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juillet 1843, cette largeur est portée à 12 m. Les propriétés du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 6 m. 40 c. à 7 m. 60 c. — Égout entre les rues du Pot-de-Fer et Madame.

Michel (place du Pont-Saint-).

Commence aux quais Saint-Michel, no 25, et des Grands-Augustins, no 1 ; finit aux rues de la Huchette, no 42, et Saint-André-des-Arts, no 4. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 52. Ces numéros suivent la série de ceux de la rue de la Barillerie. — 11e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier de la Sorbonne ; les numéros pairs dépendent du quartier de l’École-de-Médecine

Elle doit son nom à la chapelle Saint-Michel, située dans la rue de la Barillerie. — Une décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 32 m. En 1809 on a commencé à élargir cette place qui était alors étroite et bordée de misérables constructions. Une ordonnance royale du 22 août 1840, confirmant le plan de l’an VIII, maintint cette place dans son état actuel. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Les ventes par autorité de justice se faisaient autrefois sur la place du Pont-Saint-Michel. Dans le sol de cette voie publique se trouve confondue une petite ruelle qui descendait à la rivière. On la nommait ruelle du Cagnard.

Michel (place Saint-).

Située entre les rues de la Harpe, Saint-Hyacinthe et d’Enfer. Le dernier numéro est 16. — 11e arrondissement : de 2 à 6, quartier de l’École-de-Médecine ; de 8 à 16, quartier de la Sorbonne.

Elle doit son nom à la porte Saint-Michel dont nous avons parlé à l’article de la rue de la Harpe. Les alignements approuvés par le ministre Chaptal, le 23 frimaire an IX, ne font subir que de légers redressements aux propriétés riveraines. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Michel (pont Saint-).

Situé entre les quais du Marché-Neuf et des Orfèvres, et les quais Saint-Michel et des Grands-Augustins.

« En 1378 (dit Sauval) on proposa de faire le pont Saint-Michel. L’Élu de Sens, et Ferry de Metz, conseillers de la cour, furent nommés commissaires par le roi, pour avoir l’avis là dessus, aussi bien du parlement, du chapitre Notre-Dame, que du prévôt de Paris et des bourgeois. On s’assembla au palais où se trouvèrent deux présidents, soixante-sept conseillers, le doyen, le chantre, le pénitencier, avec quatre chanoines, et de plus cinq bourgeois. » D’un commun accord il fut décidé qu’il était utile d’entreprendre ce pont, et sur-le-champ il fut ordonné au prévôt de Paris d’en commencer les travaux. On y employa les vagabonds, les joueurs et les escrocs. Ce pont, construit en pierre, ne fut terminé qu’en 1387, sous Charles VI. Il fut d’abord appelé Petit-Pont, ensuite Petit-Pont-Neuf, et simplement Pont-Neuf. Cet édifice, mal construit, fut le 31 janvier 1408 entraîné par les glaçons, qu’un hiver rigoureux avait amoncelés. Les registres du parlement mentionnent ainsi cet accident : « Iceux glaçons par leur impétuosité et heurt ont aujourd’hui rompu et abattu les deux petits ponts (le Petit-Pont et le pont Saint-Michel). L’un étoit de bois, joignant le petit Chastelet, l’autre de pierre appelé le Pont-Neuf, qui avoit été fait puis 27 ou 28 ans, et aussi toutes les maisons qui estoient dessus, qui estoient plusieurs et belles en lesquelles habitoient moult ménagiers de plusieurs états et mestiers, comme tainturiers, escrivains, barbiers, cousturiers, esperonniers, fourbisseurs, fripiers, tapissiers, chasubles, faiseurs de harpes, libraires, chaussetiers et autres. N’y a eu personnes de périllées, Dieu merci ! » — Ce pont fut rebâti en pierre cette même année. En 1424, il prit la dénomination de pont Saint-Michel, en raison de sa proximité de la chapelle de ce nom. En 1547 il fut emporté par les glaces et rebâti en bois ; détruit une troisième fois le 30 janvier 1616, une compagnie se présenta pour le reconstruire ; elle s’engageait à bâtir le pont en pierre, à faire élever de l’un et de l’autre côté trente-deux maisons, à condition qu’elle jouirait des revenus de ces propriétés pendant 60 années. Cette compagnie promettait en outre de payer un écu d’or de redevance annuelle. À l’expiration de cette concession, la propriété devait retourner au roi. En 1657, on modifia les termes de cette convention. En 1672, le roi abandonna la propriété de ce pont moyennant une somme de 200,000 livres 12 deniers de cens et 20 sous de rente par chacune des trente-deux maisons. Un édit du roi, de septembre 1786, rappelant un autre édit de 1769, porte : que les maisons élevées sur les ponts de Paris, seront abattues. — « Au camp de Tilsit, le 7 juillet 1807. Napoléon, empereur des Français et roi d’Italie. Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, nous avons décrété et décrétons : Article 1er. Les maisons domaniales et autres qui couvrent le pont Saint-Michel, celles qui obstruent les abords du petit cours de la Seine, sur les rues Saint-Louis, du Hurepoix et de la Huchette, ainsi qu’en retour sur le Marché-Neuf, seront démolies. — Art. 2e. Les démolitions commenceront par les maisons qui couvrent le pont Saint-Michel, le 1er septembre prochain, et pour les autres maisons désignées dans l’article ci-dessus, le 1er janvier 1808. Signé Napoléon » — Cette amélioration n’a été exécutée qu’en 1809. Ce pont se compose de quatre arches à plein cintre. Sa longueur entre les culées est de 57 m. 60 c. ; sa largeur entre les têtes est de 25 m. 10 c.

Michel (quai Saint-).

Commence à la place du Petit-Pont, no 2 ; finit à la place du Pont-Saint-Michel, no 43. Le dernier numéro est 25. Sa longueur est de 162 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

« Bureau de la ville, 4 août 1561. Aujourd’huy a esté imposé la première pierre du fondement du quai Sainct-Michel, en la présence de Monsieur le prévost des marchands, de Marie, Messieurs Godefroy et Sanguin, eschevins, et les entrepreneurs du bâtiment du d. quay, et ont mesdicts sieurs magnné lad. première pierre avec la truelle et la chaulz, et ont donné aus d. entrepreneurs 3 escus pour le vin et 1 petit escu pour les peauvres. » Il parait que la première pierre fut seule posée, car un arrêt du conseil en date du 25 avril 1767, ordonna la formation de ce quai. Le bureau de la ville, dans sa séance du 23 juillet suivant, approuva le devis estimatif de la dépense montant à la somme de 680,624 livres, et demanda que ce percement reçût le nom de quai Bignon. Des lettres-patentes furent rendues le 31 du même mois, en voici un extrait : « Article 1er. Il sera formé un quai de cinquante pieds de largeur entre le Petit-Pont et le pont Saint-Michel, le quel sera établi de ligne droite, à prendre depuis le milieu de l’arcade actuelle du petit châtelet au point marqué A, sur le plan à nous présenté, jusqu’au dehors de l’angle en saillie près la rue des Trois-Chandeliers au point marqué B sur le plan ; auquel lieu le mur du d. quai formera coude et retraite de 8 pieds, et il y sera établi un escalier pour descendre à la rivière, du quel point B le d. mur suivra la fondation actuelle des maisons qui bordent la rivière jusqu’au Cagnard de la Boucherie, etc… — Art. 3. La ruelle des Trois-Canettes sera supprimée, etc… » — Des lettres-patentes à la date du 22 avril 1769, portent ce qui suit : « Article 18. Le quai Bignon, parallèle à la rue de la Huchette, dont la formation a été ordonnée par lettres-patentes du 31 juillet 1767, sera exécuté, ainsi que l’égout qui doit être pratiqué sous la voie publique, et les autres ouvrages relatifs à la commodité de ce quartier. » — Ces lettres patentes ne furent pas encore exécutées.

« Au palais des Tuileries, le 25 mars 1811, Napoléon, etc… — Article 2. Il sera construit un quai en maçonnerie sur la rive gauche de la Seine, entre le pont Saint-Michel et le pont de la Tournelle. Ce quai portera le nom de Montebello. » Les travaux de construction furent commencés en 1812, dans la partie comprise entre le pont Saint-Michel et le Petit-Pont. — Une décision ministérielle du 22 octobre 1813 fixa la largeur de ce quai à 15 m. Cette voie publique a été livrée à la circulation en 1816 (Moniteur du 20 août). Elle reçut alors le nom de quai Saint-Michel, en raison de sa proximité du pont ainsi appelé. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau depuis la place du Petit-Pont jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Michel (rue du Grand-Saint-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 178 et 180 ; finit au quai de Valmy. Le dernier impair est 9, le dernier pair, 12 bis. Sa longueur est de 253 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

C’était dans l’origine une impasse qui avait été formée au commencement du siècle dernier. Elle dut sa dénomination à une enseigne.

Partie comprise entre la rue Marqfoy et le quai de Valmy. — Une ordonnance royale du 22 mai 1825, dont nous avons cité un extrait à la rue Marqfoy, porte : « Article 3. Il sera ouvert aussi, conformément au plan ci-joint, une rue de douze mètres de large, depuis l’extrémité de l’impasse du Grand-Saint-Michel jusqu’au canal, sur le terrain appartenant au sieur Marqfoy, sauf toute réserve que de droit pour les décisions à intervenir, soit relativement aux obligations de ce dernier résultant de son contrat d’acquisition du d. terrain, soit relativement aux indemnités qu’il pourrait se croire fondé à réclamer, etc… » — Cette ordonnance fut immédiatement exécutée.

Partie autrefois occupée par l’impasse. — Une ordonnance royale du 16 décembre 1829, renferme les dispositions suivantes : « Article 1er. Les sieurs Lelogeais, Demière, Darsac, Clique, Mirault, Marqfoy, Saulnier, Marchand, Sanejouand et Bégé, tous propriétaires riverains ou voisins de l’impasse du Grand-Saint-Michel, faubourg Saint-Martin, à Paris, sont autorisés à convertir ce passage en une rue de dix mètres de largeur, faisant suite à la rue Marqfoy, conformément au plan ci-annexé. — Art. 2. Cette autorisation est accordée, à la charge par les impétrants, 1o d’exécuter sans délai et simultanément le nouvel alignement sur toute son étendue de chaque côté, excepté seulement en ce qui concerne la maison d’encoignure, appartenant au sieur Sanejouand et qui pourra subsister dans son état actuel jusqu’au 15 avril 1832 ; 2o de ne donner aux maisons à élever sur la nouvelle rue que quinze mètres de hauteur à partir du pavé jusqu’au-dessus de l’entablement, y compris attique ou mansarde ; 3o de supporter la moitié des frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, l’autre moitié, ainsi que l’établissement des trottoirs demeurant à la charge de la ville ; 4o de pourvoir l’écoulement des eaux pluviales et ménagères, etc… » — Cette ordonnance a reçu sa complète exécution, et les constructions riveraines sont toutes établies à l’alignement.

Michel (rue Saint-).

Commence à la rue d’Astorg, nos 49 et 51 ; finit à la rue Saint-Jean-Baptiste, nos 10 et 11. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 63 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, ouverte en 1788, doit son nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 50 c. — Conduite d’eau depuis la rue d’Astorg jusqu’à la borne-fontaine.

Michel-le-Comte (rue).

Commence aux rues Sainte-Avoie, no 73, et du Temple, no 1 ; finit aux rues Beaubourg, no 64, et Transnonnain, no 2. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 204 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Des actes de 1250 indiquent que cette rue était bordée de constructions à cette époque, et qu’on l’appelait vicus Micaëlis comitis. Elle avait été alignée près des fossés de l’enceinte de Philippe-Auguste. De 1793 à 1808, on la nommait Michel-Lepelletier en l’honneur de Michel Lepelletier de Saint-Fargeau, assassiné, au commencement de la révolution, par un garde-du-corps appelé Pâris. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette largeur a été portée à 12 m. Propriétés nos 1 et 3, retranch. réduit 50 c. ; de 5 à 13, alignées ; 15 et 17, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. ; 19 et 21, ret. réduit 3 m. 60 c. ; de 23 à la fin, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. 40 c. ; de 2 à 8, ret. 4 m. 40 c. à 5 m. 90 c. ; de 10 à 14, ret. 3 m. 30 c. à 4 m. 40 c. ; de 16 à 20, ret. 2 m. 30 c. à 3 m. 30 c. ; 22, ret. réduit 2 m. ; de 24 à 28, ret. 1 m. 60 c. à 2 m. 20 c. ; 30, ret. réduit 1 m. 60 c. ; de 34 à la fin, ret. 2 m. 50 c. à 2 m. 80 c. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Transnonnain jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Midi (hôpital du).

Situé rue du Champ-des-Capucins. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cet hôpital a été formé sur l’emplacement du couvent des Capucins, dont nous donnons ci-après l’historique. François Godefroi, sieur de la Tour, par son testament du 27 avril 1613, légua aux Capucins de la rue Saint-Honoré, une grande maison située au faubourg Saint-Jacques, afin d’y fonder un second établissement. Des lettres-patentes du mois d’octobre de la même année, autorisèrent ce nouveau couvent. La grange de la maison de Godefroi servit de chapelle jusqu’à ce que le cardinal de Gondi, évêque de Paris, eût fourni les sommes nécessaires à la construction d’un édifice plus convenable. La communauté des Capucins fut confirmée par lettres-patentes du 16 février 1688. Par acte du chapitre provincial tenu le 7 juillet 1779, ces religieux exprimèrent le désir de transférer leur établissement dans le quartier de la Chaussée-d’Antin. Le roi accueillit favorablement leur demande. Deux arrêts du conseil des 6 août 1779 et 18 février 1780, prescrivirent l’acquisition de terrains considérables situés dans ce nouveau quartier, afin d’y faire construire les bâtiments nécessaires, ainsi qu’une église et deux nouvelles rues. (Voyez rues Joubert et Sainte-Croix.) En 1782, les constructions étant terminées, des lettres-patentes du mois de novembre de la même année autorisèrent les Capucins à prendre possession de leur nouvel établissement, et prescrivirent la vente des bâtiments qu’ils abandonnaient. Pour faciliter cette aliénation, d’autres lettres-patentes du 7 décembre 1783, confirmées le 23 octobre 1785, ordonnèrent la formation de quatre rues sur cet emplacement. Toutefois, ce projet ne fut pas exécuté ; car un édit donné à Versailles au mois de janvier 1785, avait arrêté la disposition suivante : « Voulons qu’il soit incessamment formé dans un des faubourgs de notre bonne ville de Paris, un établissement gratuit et public, dans lequel seront traités gratuitement les pauvres de tout âge, de l’un et de l’autre sexes, attaqués du mal vénérien, et qui sont présentement admis et traités tant en la maison de Bicêtre qu’en l’hospice de Vaugirard et que le dit hospice soit réuni au dit établissement, nous réservant de donner tels règlements que nous estimerons convenables pour le régime et l’administration intérieure du dit hospice, lesquels réglements nous adresserons à notre parlement, etc… » — En 1785, on jeta les yeux sur l’ancien couvent des Capucins, dont les bâtiments furent convenablement disposés pour leur nouvelle destination. Diverses circonstances empêchèrent l’exécution immédiate de ce projet qui fut repris par l’Assemblée Nationale, et les vénériens furent transférés, le 12 mars 1792, dans l’emplacement autrefois occupé par les Capucins. L’hospice du Midi, dont les règlements primitifs ont subi d’importantes modifications, contient 650 lits, et reçoit annuellement près de 4,000 malades. Depuis 1836, il est spécialement affecté aux hommes. En 1812, la mortalité a été de 1 sur 65/38. La dépense s’est élevée à 167,597 fr. 22 c.

Nous ne terminerons pas cet article sans emprunter quelques détails à l’excellent ouvrage de Parent Duchâtelet (de la Prostitution, Paris, 1836). — L’existence de la maladie vénérienne fut constatée, à Paris, d’une manière officielle, le 6 mars 1497. On en trouve la preuve dans un arrêt du parlement qui ordonne à tous les étrangers atteints de la grosse v… de retourner dans leur pays, aux habitants aisés de ne pas sortir de leurs maisons et aux habitants pauvres de se retirer dans les bâtiments qu’on allait construire pour les recevoir. Ceux qui ne se conformèrent pas à cette prescription furent punis de la potence. Cet établissement, fondé dans le faubourg Saint-Germain, devint bientôt insuffisant. En 1498, le prévôt de Paris renouvela l’ordonnance du parlement dont il diminua la sévérité. Il se contenta de menacer les délinquants d’être jetés à la rivière ; toutefois on venait de se convaincre que cette maladie se communiquait par un contact immédiat, et non par l’intermédiaire de l’air. On ne commença à sentir la nécessité de soigner les malades que vers l’année 1505. Plusieurs arrêts du parlement rendus à ce sujet ne furent point exécutés. En 1535, on nomma des commissaires afin de trouver un local destiné au traitement des hommes attaqués du gros mal. Plusieurs emplacements furent proposés, on choisit un petit hôpital dépendant de la paroisse Saint-Eustache ; une gestion inhabile força les malades à quitter cet hôpital ; ils s’introduisirent furtivement à l’Hôtel-Dieu. Cet abus toléré pendant quelque temps, excita l’indignation du parlement qui fit assembler les prévôt des marchands et échevins, ainsi que les curés de Paris, afin d’aviser aux moyens de réprimer des inconvénients aussi graves. Il fut alors décidé que tous les malades se rendraient dans une maison de la rue de Lourcine. — Une mesure barbare qui fut en vigueur jusqu’en 1700, était employée à l’égard de ces malheureux ; avant et après leur traitement, ils étaient châtiés et fustigés très rigoureusement. À la fin du XVIIIe siècle, on relégua dans une partie de l’hôpital de la Salpétrière, les prostituées atteintes du mal vénérien, et peu de temps après elles furent transférées à Bicêtre. On y admit aussi les hommes. En 1730, on comptait à Bicêtre 400 malades attaqués de syphilis ; ils occupaient un local très étroit, peu aéré et sale. Les malades s’y trouvaient dans le plus triste état ; ceux qui attendaient leur tour étaient couverts d’ulcères. Maréchal, premier chirurgien de Louis XV, visita Bicêtre et en fit un rapport qui contenait des détails effrayants. Aucun remède ne fut apporté à cette situation. En 1784, M. de Breteuil, ministre de l’intérieur, visita également cet hospice. Il fut indigné de l’état affreux dans lequel se trouvaient les vénériens à Bicêtre. Laissons parler M. Cullerier. « Le nombre des malades, comparé à l’étendue des salles, est à peine croyable. On serait tenté de révoquer en doute la possibilité de vivre avec de l’air en aussi petite quantité et d’une qualité si préjudiciable à la santé, si le fait n’était pas aussi notoire. Dans les salles d’expectants, la moitié des malades se couchaient depuis huit heures du soir jusqu’à une heure après minuit, et les autres depuis ce moment jusqu’à sept heures du matin. Il n’y avait qu’un lit pour huit malades, etc. » — Ce rapport fit une vive impression sur le cœur de Louis XVI, qui s’empressa d’ordonner la fondation d’un hospice spécial. Cette disposition ne fut point immédiatement exécutée ; mais dès cette époque on introduisit de sensibles améliorations dans le traitement des malades ; aujourd’hui l’on trouve dans l’Hôpital du Midi tous les soulagements que réclame l’humanité souffrante.

Mignon (rue).

Commence à la rue du Battoir-Saint-André, nos 9 et 11 ; finit à la rue du Jardinet, nos 1 et 2. Le dernier impair est 7 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 52 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Ouverte en 1179, elle fut alors nommée rue des Petits-Champs. On la désigna ensuite sous le nom de la Semelle. Depuis le milieu du XIVe siècle, elle porte le nom de rue Mignon, en raison du collége Mignon qui y fut établi. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Les maisons nos 1 et 3 ne sont soumises qu’à un léger redressement ; celles nos 5 et 7 sont alignées. Les constructions du côté opposé devront reculer de 6 m. environ. — Conduite d’eau.

Le collége Mignon fut fondé en 1343 par Jean Mignon, archidiacre de Blois et maître des comptes à Paris, pour douze écoliers de sa famille. La fondation, suspendue par la négligence des exécuteurs testamentaires, n’eut son effet qu’en 1353. Réformé en 1539 cet établissement fut donné, en 1584, sous Henri III, à l’abbé de Grandmont, en échange du prieuré que les religieux de Grandmont possédaient à Vincennes, et qui fut cédé dans la suite aux Minimes. Ce collége, rebâti vers 1747, devint propriété nationale en 1790, servit en 1820 de dépôt aux Archives du trésor royal, et fut vendu par l’État le 12 octobre 1824. C’est aujourd’hui une maison particulière portant le no 2.

Milan (rue de).

Commence à la rue de Clichy, nos 31 et 33 ; finit à la rue d’Amsterdam. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 179 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue a été percée sans autorisation, en 1831, sur les terrains appartenant à M. Jonas Hagerman. Une ordonnance royale du 18 mars 1836 porte ce qui suit : — Article 1er. Le sieur Jonas Hagerman est autorisé à ouvrir sur les terrains dans le quartier d’Europe, à Paris, une rue de douze mètres de largeur, pour communiquer de la rue de Clichy à la rue d’Amsterdam ; les alignements de la nouvelle rue, dite de Milan sont arrêtés conformément au tracé des lignes noires sur le plan ci-annexé. — Art. 2. L’autorisation résultant de la disposition qui précède n’est accordée au sieur Hagerman qu’à la charge par lui ou ses ayant-cause, 1o de livrer gratuitement à la ville de Paris le sol occupé par la nouvelle voie publique ; 2o de supporter les premiers frais de pavage et d’éclairage de cette rue ; 3o d’y établir des trottoirs en pierre dure, de la largeur qui sera fixée par l’autorité municipale ; 4o de pourvoir à l’écoulement des eaux pluviales et ménagères ; le tout conformément à la délibération du conseil municipal de la ville de Paris, du 4 septembre 1835. » Ces conditions furent exécutées. La dénomination affectée à cette voie publique est celle de la capitale du royaume Lombardo-Vénitien. — Conduite d’eau.

Militaire (barrière de l’École-).

Située à l’extrémité de l’avenue de Lowendal.

Voisine de l’École-Militaire, cette barrière consiste en deux bâtiments ayant chacun deux pavillons. (Voir l’article Barrières.)

Militaire (chemin de ronde de la barrière de l’École-).

Commence à l’avenue de Lowendal et à la barrière de l’École-Militaire ; finit à la barrière de Grenelle et à la rue Dupleix. Pas de numéro. Sa longueur est de 809 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

(Voir l’article Chemins de ronde.)

Militaire (école).

Située entre les avenues de Lowendal, de La Bourdonnaye, de Suffren et le Champ-de-Mars. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Dans les lettres-patentes, dans les édits, dans les arrêts du conseil, l’intervention de la royauté était pleine de noblesse et de dignité. Le préambule de l’édit du roi, de janvier 1751, portant création de l’École-Militaire est ainsi conçu : « Après l’expérience que nos prédécesseurs et nous avons faite de ce que peuvent sur la noblesse française les seuls principes de l’honneur, que ne devrions-nous pas attendre, si tous ceux qui la composent y joignoient les lumières acquises par une heureuse éducation ? Mais nous n’avons pu envisager sans attendrissement que plusieurs d’entre eux, après avoir consommé leurs biens à la défense de l’État, se trouvassent réduits à laisser sans éducation des enfants qui auroient pu servir d’appui à leurs familles, et qui éprouvassent le sort de périr et de vieillir dans nos armées, avec la douleur de prévoir l’avilissement de leur nom, dans une postérité hors d’état d’en soutenir le lustre, etc… Nous avons résolu de fonder une école militaire, et d’y faire élever sous nos yeux cinq cents gentilshommes, nés sans biens, dans le choix desquels nous préférerons ceux qui en perdant leurs pères à la guerre sont devenus les enfants de l’État. Nous espérons même que le plan qui sera suivi dans l’éducation des cinq cents gentilshommes que nous adoptons, servira de modèle aux pères qui sont en état de la procurer à leurs enfants ; en sorte que l’ancien préjugé qui a fait croire que la valeur seule fait l’homme de guerre, cède insensiblement au goût des études militaires que nous aurons introduit. Enfin nous avons considéré que si le feu roi a fait construire l’hôtel des Invalides pour être le terme honorable où viendroient finir paisiblement leurs jours ceux qui auroient vieilli dans la profession des armes, nous ne pouvons mieux seconder ses vues, qu’en fondant une école où la jeune noblesse, qui doit entrer dans cette carrière, puisse apprendre les principes de la guerre, etc… C’est sur des motifs si puissants que nous nous sommes déterminé à faire bâtir auprès de notre bonne ville de Paris et sous le titre d’École Royale Militaire, un hôtel assez grand, et assez spacieux pour recevoir non seulement les cinq cents gentilshommes nés sans biens pour lesquels nous le destinons, mais encore pour loger les officiers de nos troupes, auxquels nous en confierons le commandement ; les maîtres en tous genres qui seront préposés aux instructions et exercices, et tous ceux qui auront une part nécessaire à l’administration spirituelle et temporelle de cette maison. À ces causes, etc… Signé Louis. » — Les conditions déterminées par cet édit de création divisaient les aspirants en huit classes : 1o orphelins dont les pères avaient été tués au service, ou qui étaient morts de leurs blessures soit au service, soit après s’en être retirés ; 2o orphelins dont les pères étaient morts au service, d’une mort naturelle, ou qui ne s’en étaient retirés qu’après trente ans de commission ; 3o enfants qui étaient restés à la charge de leurs mères, leur pères ayant été tués au service, ou étant morts de leurs blessures, soit au service, soit après s’en être retirés pour cause de blessures ; 4o enfants qui étaient également à la charge de leurs mères, leur pères étant morts au service, d’une mort naturelle, ou après s’être retirés du service au bout de trente ans de commission ; 5o enfants dont les pères étaient morts au service ; 6o enfants dont les pères avaient quitté le service, à raison de leur âge, de leurs infirmités, ou pour quelque autre cause légitime ; 7o enfants dont les pères n’avaient pas été militaires, mais dont les ancêtres avaient servi ; 8o les enfants de tous le reste de la noblesse qui, par leur indigence, se trouvaient dans le cas d’avoir besoin des secours du roi.

Le produit des droits sur les cartes à jouer, le bénéfice d’une loterie et les revenus de l’abbaye de Saint-Jean-de-Laon, furent les seules ressources financières qui servirent aux frais de cet établissement. La construction de l’édifice fut commencée en 1752, sous la direction de Gabriel, architecte du roi. L’École-Militaire est sans contredit un des plus beaux monuments de la capitale. Elle a deux entrées : l’une, au midi, est fermée par une grille en fer ; l’autre, d’une architecture plus riche, a été ouverte sur le Champ-de-Mars. On traverse deux vastes cours avant d’arriver au principal corps de bâtiment ; le surplus consiste en cours de service, jardins et constructions d’un goût plus simple. On remarque sur les deux faces des bâtiments en ailes, qui s’avancent jusqu’à la première grille, deux frontons enrichis de peintures en grisaille à fresque exécutés par Gibelin. La peinture à droite représente deux athlètes, dont l’un cherche à dompter un cheval fougueux ; la peinture à gauche est une allégorie de l’étude accompagnée des sciences et des arts. Le principal corps de bâtiment est décoré d’un ordre de colonnes doriques, surmonté d’un ordre ionique ; au milieu s’élève avec majesté un avant-corps d’ordre corinthien dont les colonnes embrassent les deux étages : il est couronné d’un fronton et d’un attique, avec un dôme orné de sculptures exécutées par d’Huez. La façade du côté du Champ-de-Mars ne possède qu’un avant-corps de colonnes corinthiennes semblables au précédent. Au centre est un vestibule magnifique orné de quatre rangs de colonnes d’ordre toscan. On y voyait les statues de Turenne, par l’artiste Pajou ; du grand Condé, par Lecomte ; du maréchal de Luxembourg, par Mouchy ; et du maréchal de Saxe, par d’Huez. L’emplacement occupé par l’École-Militaire forme un parallélogramme de 429 m. de longueur sur 243 de largeur.

L’École-Militaire, dissoute en vertu de la déclaration du 1er février 1776, fut rétablie et réorganisée l’année suivante sur un plan plus vaste et mieux entendu. L’aliénation de l’hôtel et des biens provenant de cette école, fut ajournée ; mais en 1778 le gouvernement remplaça son revenu par une dotation de 15 millions. Enfin un arrêt du conseil du 9 octobre 1787 supprima définitivement cette école ; les élèves furent placés dans les régiments ou envoyés dans les douze colléges militaires établis dans les provinces, en vertu du règlement du 28 mars 1776. En 1788, l’École-Militaire était au nombre des quatre édifices qu’on destina à remplacer l’Hôtel-Dieu. L’architecte Brongniart fut chargé d’y exécuter les changements nécessaires. La révolution vint encore modifier ces nouvelles dispositions. La Convention nationale décréta, le 13 juin 1793, la vente de tous les biens formant la dotation de l’hôtel, que l’on transforma en quartier de cavalerie et en dépôt de farine. Bonaparte en fit son quartier-général, et pendant quelques années, on a lu sur la frise de la façade de l’École-Militaire, du côté du Champ-de-Mars, ces deux mots : quartier Napoléon. Devenu empereur, il y établit des régiments de sa garde, qui furent remplacés en 1814 par la garde royale. Aujourd’hui les vastes bâtiments de cet édifice servent de caserne à différents corps de la garnison de Paris. Il y a constamment un parc d’artillerie et une ou plusieurs batteries de cette arme. L’École-Militaire a été le théâtre de plusieurs événements qui presque tous se rattachent à l’histoire du Champ-de-Mars. Nous devons cependant rappeler ici, que ce fut dans cette caserne qu’eut lieu, en 1797, l’arrestation des conspirateurs royalistes, Duverne de Presle, Brottier et la Villeheurnois, au moment où ils développaient leur plan au chef d’escadron Malo.

Minimes (caserne des).

Située dans la rue de la Chaussée-des-Minimes, no 6. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Cette caserne, affectée à la garde municipale, occupe les bâtiments de l’ancien couvent des Minimes dont nous traçons ici l’origine. L’ordre des Minimes fut fondé en 1436, dans la Calabre, par François de Paule. Le pieux fondateur voulut par humilité que ces religieux s’appelassent Minimes, c’est-à-dire les plus petits, les plus humbles des hommes. Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine de la fondation du couvent des Minimes de Paris. Le plus grand nombre présume qu’Ange de Joyeuse légua, vers 1589, son hôtel de la rue Saint-Honoré à ces religieux, sous la condition de faire bâtir un couvent de leur ordre dans le faubourg, et d’y entretenir un maître d’école pour l’instruction des enfants de ce quartier. Il survint des difficultés qui empêchèrent l’exécution de ce projet. Olivier Chaillou, chanoine de Notre-Dame, et descendant d’une sœur de saint François de Paule, faisait partie de l’ordre des Minimes, il voulut lui léguer tous ses biens. Ces religieux se trouvant en état de fonder un établissement, achetèrent, le 27 octobre 1609, une partie des jardins de l’ancien palais des Tournelles ; Henri IV approuva cette acquisition par lettres de janvier 1610. Les Minimes se contentèrent d’abord de quelques bâtiments élevés à la hâte et d’une petite chapelle où la messe fut célébrée pour la première fois le 25 mars 1610, jour de l’Annonciation, ce qui fit désigner quelquefois cette maison sous le nom de l’Annonciade. Marie de Médicis voulant se déclarer fondatrice de ce couvent, fit rembourser aux Minimes le montant de leur acquisition. Ses libéralités, jointes à celles de plusieurs autres personnes de distinction, leur permirent de faire construire un grand couvent. La première pierre de l’église fut posée au nom de Marie de Médicis par l’évêque de Grenoble. Les événements politiques qui agitèrent la France suspendirent les travaux. La première pierre du grand autel ne fut posée que le 4 mai 1630, et l’église dédiée seulement le 29 août 1670, sous l’invocation de saint François de Paule, par Bouthillier de Chavigny, évêque de Troyes. Cet édifice était remarquable, son portail avait été élevé par François Mansart. Il était composé de deux ordres d’architecture : le premier, dorique, consistait en huit colonnes ; le second était formé de quatre colonnes composites. Dans le tympan du fronton, on voyait un bas-relief représentant Sixte IV au milieu de ses cardinaux, ordonnant à François de Paule de se rendre auprès de Louis XI. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu les 16 pluviôse, 11 et 13 thermidor an VI. Les bâtiments furent rachetés par l’État qui résolut d’y établir le collége Charlemagne. Ce projet n’eut pas de suite ; plus tard ils furent affectés à une caserne acquise moyennant 241,700 fr. par la ville de Paris. Cette acquisition a été faite le 30 octobre 1823, en vertu d’une ordonnance royale du 11 décembre 1822. — L’église, qui resta propriété particulière, fut démolie. Sur son emplacement on prolongea, en 1805, la rue de la Chaussée-des-Minimes, dont nous nous occuperons à l’article suivant.

Minimes (rue de la Chaussée-des-).

Commence à la place Royale, nos 25 et 28 ; finit à la rue Neuve-Saint-Gilles, no 3. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 181 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

La partie de cette voie publique comprise entre la place Royale et la rue des Minimes, a été ouverte en 1607, sur des terrains appartenant aux seigneurs de Vitry, et qui faisaient autrefois partie du parc des Tournelles. Elle prit d’abord le nom du Parc-Royal, qui indiquait l’emplacement sur lequel elle avait été ouverte. On lui donna ensuite la dénomination de rue de la Chaussée-des-Mïnimes parce qu’elle conduisait au couvent des religieux de ce nom. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette partie de rue à 13 m. 75 c.

Le surplus de la rue de la Chaussée-des-Minimes a été percé en 1805, sur l’emplacement de l’église de ces religieux. Après la suppression de la communauté, cet édifice avait été vendu comme propriété nationale (voyez l’article précédent). Cette partie de rue a été fixée aussi à 13 m. 75 c. de largeur par une décision ministérielle du 4 mai 1822. Plusieurs propriétés riveraines sont soumises à un léger redressement. Le surplus est aligné. — Égout entre les rues des Minimes et Neuve-Saint-Gilles. — Conduite d’eau depuis la rue du Foin jusqu’à celle des Minimes. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Minimes (rue des).

Commence à la rue des Tournelles, nos 37 et 43 ; finit à la rue Saint-Louis, nos 12 et 14. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 206 m. — 5e arrondissement, quartier du Marais.

Ouverte en 1607, cette rue tire son nom du couvent des Minimes qui y était situé. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance du 8 juin 1834, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés nos 8 et 12 sont alignées. Un bâtiment dépendant de la caserne et une partie de la propriété no 10 devront reculer de 1 m. Les autres constructions ne sont soumises qu’à un très faible retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Louis. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Miracles (cour des).

Située entre l’impasse de l’Étoile, les rues de Damiette et des Forges. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette cour existait déjà au XIIIe siècle. Son nom était commun à tous les endroits qui servaient de retraites aux mendiants et vagabonds qui encombraient les rues avant l’établissement des hôpitaux. Les gueux et gens sans aveu contrefaisaient les malades et les estropiés, pour attirer la commisération publique. Rentrés dans leurs repaires, ils opéraient le miracle d’une guérison parfaite. Il n’existe pas d’alignement pour cette cour qui n’est pas reconnue voie publique.

Miracles (passage de la cour des).

Commence à la rue des Tournelles, no 26 ; finit à l’impasse Jean-Beausire, no 21. — 8e arrondiss., quartier du Marais.

Une cour des miracles, peuplée comme celle du quartier Bonne-Nouvelle, existait en cet endroit dès la fin du XIVe siècle. Ce passage est également connu sous le nom de Jean-Beausire.

Miroménil (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, no 94, et à la place Beauveau, no 92 ; finit à la rue de Valois. Le dernier impair est 79 ; le dernier pair, 68. Sa longueur est de 942 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

1re Partie comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et la Grande rue Verte. — Elle fut percée en vertu des lettres-patentes du 18 juillet 1776, sur les terrains appartenant à M. Camus (Armand-Gaston), avocat en parlement. Ces lettres-patentes ordonnèrent que la nouvelle voie publique prendrait le nom de rue de Miroménil, et aurait une largeur de 30 pieds. Ce percement fut immédiatement effectué ; toutefois il n’existait, en 1778, qu’une seule maison dans cette rue, dont la direction dut être modifiée, ainsi qu’il sera expliqué ci-après.

2e Partie comprise entre la Grande-rue-Verte et celle Delaborde (autrefois des Grésillons). Les sieurs de Senneville, fermier-général, Aubert, garde des diamants de la couronne, et de Lettre, entrepreneur de bâtiments, étaient, en 1778, propriétaires de vastes terrains situés entre la rue Verte et le chemin de Monceau. Ces trois personnes exposèrent à sa majesté — « que les terrains dont il s’agit étant devenus, par l’extension successive de la ville, propres à former des habitations aussi commodes qu’agréables, et que la pureté de l’air, la promenade des Champs-Élysées et le nouveau percement de la rue de Miroménil faisant désirer à nombre de citoyens l’ouverture d’une nouvelle rue, en continuité de ladite rue, à, travers lesdits terrains, pour y construire de nouveaux hôtels et de nouvelles habitations, ils se seraient volontiers portés à proposer ladite nouvelle rue en face et en continuité de celle de Miroménil, mais que n’étant pas propriétaires d’un terrain et bâtiment qui se trouvent au débouché qui serait nécessaire sur la rue Verte, ils n’ont pu surmonter les difficultés qui leur sont opposées ; qu’ils se trouvent forcés de proposer que le débouché de la nouvelle rue soit établi à 35 pieds ou environ de celui de ladite rue de Miroménil, sur ladite rue Verte, du côté du Levant, sauf à rectifier par la suite, si le cas y échet, l’alignement de ladite rue de Miroménil, dans la disposition figurée au plan qu’ils ont fait présenter, ce qu’ils ne peuvent faire sans en avoir obtenu l’autorisation. » — Des lettres-patentes furent rendues à ce sujet. Elles sont datées de Versailles, le 7 novembre 1778, et portent : « Article 1er. Il sera ouvert aux frais des sieurs de Senneville, Aubert et de Lettre, une rue de trente pieds de large, nommée rue Guyot, à prendre de la rue Verte, et continuée à travers les terrains qui leur appartiennent jusqu’au chemin de Mousseaux, en l’étendue de 280 toises ou environ, dont le milieu du débouché sur la rue Verte sera placé à 35 pieds du milieu du débouché de la rue de Miroménil sur la même rue, et dont la direction sera prise de manière que la prolongeant jusqu’à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, elle arrive au milieu de l’ouverture de ladite rue de Miroménil. — Art. 2e. Autorisons lesdits sieurs de Senneville, Aubert et de Lettre, à traiter avec les propriétaires des terrains le long de la rue de Miroménil, dans laquelle une seule maison est bâtie, pour opérer le changement des alignements de la d. rue, de manière que la dirigeant en continuité de la dite nouvelle rue, elle débouche à la même ouverture sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré, etc… » — Les sieurs de Senneville et autres s’entendirent avec les propriétaires de la rue de Miroménil, pour le changement de direction de la partie ouverte en 1776, et procès-verbal des nouveaux alignements fut dressé par le bureau de la ville le 21 juin 1779. Le nom de rue Guyot, affecté à cette deuxième partie, et dont l’inscription ne fut point posée, avait été donné en l’honneur de Michel-Pierre Guyot, avocat en parlement, conseiller du roi, commissaire au Châtelet, alors échevin de la ville de Paris. Guyot occupa cette fonction depuis le 16 août 1777 jusqu’au 16 août 1779. — Une décision ministérielle à la date du 15 messidor an XII, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 27 septembre 1836, ont maintenu la largeur de 30 pieds assignée à ces deux parties de la rue de Miroménil.

3e Partie comprise entre les rues Delaborde et de la Bienfaisance. Cette partie fut ouverte, en 1813, lors de la construction de l’abattoir du Roule, sur l’emplacement des terrains appartenant à la ville de Paris, et provenant de divers particuliers. La largeur assignée à ce percement est de 20 m. ; et il existe sur le côté droit une plantation de deux rangées d’arbres.

4e Partie comprise entre les rues de la Bienfaisance et de Valois. — Par une ordonnance royale en date du 2 février 1826, relative aux rues du nouveau quartier d’Europe, MM. Hagerman et Mignon furent autorisés à en ouvrir une de 12 m. de largeur, en prolongement de la rue de Miroménil jusqu’à celle de Valois (voyez rue d’Amsterdam). Dans le courant de la même année on a commencé à bâtir dans cette partie de rue.

Les propriétés riveraines de la rue de Miroménil sont alignées, à l’exception de celle no 2, qui devra subir un retranchement réduit de 70 c. — Égout et conduite d’eau dans toute l’étendue de la rue.

Armand-Thomas Hue de Miroménil naquit en 1723, fut nommé garde-des-sceaux de France le 24 août 1774, et mourut le 6 juillet 1796.

Missions-Étrangères (église des).

Située rue du Bac, no 134. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, rempli les périlleuses fonctions de missionnaire dans la Perse, résolut d’établir un séminaire où l’on formerait des élèves pour aller porter au loin la foi chez les infidèles. Dans l’acte de donation du 16 mai 1663, il imposa pour conditions que la maison serait nommée séminaire des Missions-Étrangères, et que la chapelle prendrait le titre de la Sainte-Famille. L’emplacement appartenait à ce même évêque de Babylone, dont une rue voisine porte encore le nom. Cette fondation fut approuvée par lettres-patentes du mois de juillet suivant, enregistrées le 7 septembre de la même année. L’abbé de Saint-Germain-des-Prés y consentit également. Jusqu’en 1683, une salle de cette maison servit de chapelle. À cette époque, on commença la construction d’une église, et le 24 avril de cette même année, l’archevêque de Paris, au nom du roi, en posa la première pierre. Ce séminaire fut supprimé le 5 avril 1792 ; les bâtiments devinrent propriétés nationales et furent vendus le 25 vendémiaire an V, à la charge par l’acquéreur de livrer sans indemnité le terrain nécessaire au percement d’une rue projetée.

« Paris, le 2 germinal an XIII. — Napoléon, etc… Sur le rapport du ministre des cultes, décrète : — Article 1er. Les établissements des Missions, connues sous les dénominations des Missions-Étrangères et du Saint-Esprit, sont rétablis. — Art. 2. M. de Billière, supérieur du séminaire dit des Missions-Étrangères, rue du Bac, est autorisé à accepter des tiers acquéreurs, la donation de l’édifice, autrefois consacré à ce séminaire, et les revenus et biens qui y étaient attachés, etc… Signé Napoléon. » — Par suite du concordat du 9 avril 1802, l’église des Missions fut choisie pour être la seconde succursale de Saint-Thomas-d’Aquin.

Parmi les édifices consacrés au culte catholique, il y en a cinq dont la ville n’est pas propriétaire, et qu’elle tient à location, savoir : Saint-Vincent-de-Paul (bientôt remplacée par l’église en construction), les Missions-Étrangères, l’Abbaye-aux-Bois, Sainte-Valère et les Quinze-Vingts. La ville a payé en 1840, pour le loyer de ces cinq églises, la somme de 33,520 fr. 80 c.

Moine (rue du Petit-).

Commence à la rue Scipion, nos 2 et 4 ; finit à la rue Mouffetard, nos 201 et 203. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 202 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle est ainsi nommée dès 1540. Une enseigne du petit Moine lui a fait donner cette dénomination. — Une décision ministérielle du 18 fructidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 24 avril 1837, cette largeur est portée à 10 m. — Conduite d’eau depuis la rue Mouffetard jusqu’à la borne-fontaine.

Moineaux (rue des).

Commence aux rues des Orties, no 3, et des Moulins, no 1 ; finit à la rue Neuve-Saint-Roch, nos 20 et 22. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 177 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Cette rue était presqu’entièrement bâtie en 1560, et portait déjà le nom de rue des Moineaux, en raison d’une propriété appelée la Maison-des-Moineaux. En 1635, on la trouve nommée rue de Monceau, probablement parce qu’elle conduit au Monceau, petit mont où l’on voyait des moulins à vent. Une voie publique de ce quartier a conservé ce nom des Moulins. — Une décision ministérielle du 18 fructidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue des Moineaux à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette largeur est portée à 10 m. Propriétés nos 1 retranchement 2 m. 10 c. à 2 m. 60 c. ; 3, ret. réduit 1 m. 90 c. ; 5, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 7, ret. 90 c. ; 9, ret. 1 m. ; 11, ret. réduit 60 c. ; 13, redress. ; 15, 17, 19, alignées ; 21, 23, 25, redr. ; 27, ret. 25 c. ; 29, ret. 40 c. ; 31, alignée ; second no 31, ret..60 c. ; 33, ret. 80 c. ; — de 2 à 6, ret. 2 m. 10 c. à 2 m. 80 c. 8, ret. réduit 3 m. ; 10, 12, ret. 3 m. 30 c. à 3 m. 80 c. ; 14, alignée ; de 16 à 20, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. 50 c. ; 22, ret. réduit 2 m. 50 c. ; 24, ret. 2 m. ; 26, ret. 2 m. à 2 m. 70 c. ; 28, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 60 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Molay (rue).

Commence aux rues Portefoin, no 2, et des Enfants-Rouges, no 10 ; finit à la rue de la Corderie, nos 7 et 9. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 42 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette rue a été ouverte sur une partie de l’ancien hôpital des Enfants-Rouges, dont nous rappelons l’origine. À la sollicitation de Marguerite de Valois, sa sœur, François Ier consentit à la fondation de cet établissement. Une somme de 3,600 livres fut remise, par ce monarque, à Jean Briçonnet, président de la chambre des comptes, qui chargea Robert de Beauvais d’acheter dans les environs du Temple, une maison avec cour et jardin. Cette acquisition, qui date du 24 juillet 1534, coûta 1,200 livres. Dans les lettres patentes de janvier 1536, François Ier se déclare fondateur de cet établissement, spécialement destiné aux orphelins originaires de Paris. Il est dit aussi : qu’on y recevra les pauvres petits enfants qui ont été et seront dores en avant trouvés dans l’Hôtel-Dieu, fors et excepté ceux qui sont orphelins natifs et baptisés à Paris et èz faubourgs, que l’hôpital du Saint-Esprit doit prendre selon l’institution et fondations d’icelui et les bâtards que les doyen, chanoines et chapitres de Paris ont à coutume de recevoir et faire nourrir pour l’honneur de Dieu. Il est ordonné, en outre, par ces mêmes lettres patentes, que ces pauvres petites créatures, perpétuellement appelées Enfants-Dieu, seront vêtues d’étoffe rouge, pour marquer qu’elles doivent leur subsistance à la charité. Cet hôpital fut supprimé par lettres-patentes du mois de mai 1772, enregistrées au parlement 5 juin suivant. Alors on plaça les jeunes pensionnaires à l’hospice dit des Enfants-Trouvés, auquel furent donnés tous les biens de l’ancien établissement. Les prêtres de la Doctrine Chrétienne, autorisés par lettres-patentes de mars 1777, achetèrent de l’hospice des Enfants-Trouvés les anciens bâtiments de l’hôpital des Enfants-Rouges et s’y installèrent aussitôt. Leur communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale ; la maison et ses dépendances furent vendues le 25 brumaire an V, avec la condition « de fournir le terrain nécessaire pour le prolongement de la rue du Grand-Chantier (aujourd’hui des Enfants-Rouges) jusqu’à celle de la Corderie. » — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la largeur de cette rue à 8 m. 30 c. Ce percement, commencé en vertu d’un arrêté du département du mois de brumaire de la même année, fut terminé en l’an IX, et reçut, en raison de sa proximité du Temple, le nom de Molay, en l’honneur de Jacques de Molay, dernier grand-maître de l’ordre des Templiers. — Une ordonnance royale, à la date du 31 mars 1835, a porté la largeur de cette voie publique à 11 m. Propriétés nos 1 et 3, retranch. 2 m. à 2 m. 60 c. ; 2 et 4, ret. réduit 80 c. ; 6, ret. réduit 50 c. ; 8, ret. réduit 30 c. ; 10, redress. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Molière (passage).

Commence à la rue Saint-Martin, no 107 ; finit à la rue Quincampoix, no 60. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Ce passage doit son nom au théâtre Molière, dont l’ouverture eut lieu le 4 juin 1791, par la représentation du Misanthrope. La décoration de cette salle était d’un luxe inconnu jusqu’alors. Le fond des loges était orné de glaces. Ce théâtre changea souvent son répertoire et ses acteurs. En 1793, la salle Molière porta le nom de théâtre des Sans-Culottes. Cette dénomination fut également affectée au passage. Ce théâtre a été supprimé en vertu du décret du 8 août 1807. La salle Molière existe encore : on y donne des fêtes et des bals et l’on y joue la comédie bourgeoise.

Molière (rue).

Commence à la place de l’Odéon, no 6 ; finit à la rue de Vaugirard, no 22. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le théâtre de l’Odéon ; le dernier pair est 6. Sa longueur est de 52 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle a été ouverte sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, en vertu des lettres-patentes du 10 août 1779, registrées au parlement le 7 septembre suivant. Sa largeur était fixée à 30 pieds. Cependant elle ne fut exécutée que sur une largeur de 9 m. 70 c. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et par une ordonnance royale en date du 12 mai 1841. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Jean-Baptiste Poquelin de Molière naquit à Paris, le 15 janvier 1622, et y mourut le 18 février 1673. (Voyez l’article du théâtre de l’Odéon.)

Monceau (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue du Rocher.

Celle barrière, ornée d’un bâtiment à deux péristyles avec colonnes à bossage, tire son nom du village de Monceau, bati sur une hauteur. (Voir l’article Barrières.).

Monceau (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-du-Roule, nos 46 et 46 bis ; finit aux rues de Chartres, no 1, et de Courcelles, no 67. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 215 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Ouverte en 1785, cette rue doit sa dénomination au parc de Monceau vers lequel elle se dirige. — Une décision ministérielle du 11 ventôse an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Propriétés de 1 à 23, alignées ; 25, faible retranch. ; de 2 à 12, alignées ; les autres constructions sans numéro jusqu’à la rue de Courcelles, ret. 1 m. 90 c. à 3 m. 30 c.

Moncey (rue).

Commence à la rue Blanche, nos 35 et 39 ; finit à la rue de Clichy, nos 52 et 58. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 8. Sa longueur est de 158 m. — 2e arrrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale du 15 novembre 1841 porte ce qui suit : « Article 1er. Est approuvé le projet présenté par la ville de Paris, pour l’ouverture d’une rue de 12 m. de large, devant communiquer de la rue Blanche à celle de Clichy. Les alignements de cette rue sont arrêtés conformément aux lignes rouges tracées sur le plan ci-joint, lesquelles déterminent un pan coupé de 15 m. de face au droit de la propriété située à l’angle de la rue Blanche. — Art. 2e. L’exécution immédiate des alignements arrêtés ci-dessus est déclarée d’utilité publique. En conséquence, le préfet de la Seine, agissant au nom de la ville de Paris, est autorisé : 1o à acquérir, soit à l’amiable, soit par voie d’expropriation, s’il y a lieu, les immeubles ou portions d’immeubles dont l’occupation sera nécessaire ; 2o à accepter les souscriptions offertes par divers propriétaires pour contribuer à la dépense du projet. — Art. 3e. Toutefois il sera procédé à l’égard de l’alignement formant le pan coupé précité, conformément aux lois et règlements en vigueur en tout ce qui pourra concerner, soit les réparations d’entretien, soit la démolition pour cause de vétusté, des bâtiments qui excèdent les alignements ainsi arrêtés, soit les terrains à occuper par la voie publique ou par les particuliers, soit enfin les indemnités qui seront dues de part et d’autre pour la cession de ces terrains. — Art. 4e. Le préfet de la Seine est en outre autorisé à affecter aux frais d’ouverture de la voie nouvelle, les 10,000 fr. qui, en exécution de notre ordonnance du 27 février 1839, ont été soumissionnés et versés par le sieur Boursault, dans le but de contribuer à la dépense devant résulter de l’exécution du d. pan coupé, lequel sera effectué aux frais seuls de la ville de Paris, etc… » — Ce percement fut immédiatement commencé. — L’article 2 d’une délibération du conseil municipal du 3 février 1843 est ainsi conçu : « La rue nouvelle portera le nom de rue Moncey, pour rappeler les services rendus par M. le maréchal duc de Conegliano, à la barrière de Clichy. »

Moncey (Rose-Adrien-Jeannot), duc de Congliano, grand’croix de la Légion-d’Honneur, pair et maréchal de France, gouverneur de l’hôtel royal des Invalides, naquit à Besançon, le 31 juillet 1754. Son père, avocat au parlement, le destinait à la magistrature ; mais à l’âge de quinze ans, Moncey quitta le collége et s’engagea dans le régiment de Conti (infanterie). En 1791, il était capitaine de dragons ; en 1794, général de brigade ; deux mois après, sa fermeté et ses talents lui valaient le grade de général de division. En 1800, Moncey fut chargé du commandement d’un corps de 20,000 hommes, franchit le Saint-Gothard, et s’empara de Plaisance. À Marengo, son nom fut mis à l’ordre du jour de l’armée, et à la paix de Lunéville, il reçut le commandement des départements de l’Oglio et de l’Adda. Le 19 mai 1804, Napoléon comprit ce général dans la première promotion des maréchaux de l’empire, et le 1er février suivant lui donna le grand cordon de la Légion-d’Honneur. En 1808, le maréchal Moncey fut envoyé en Espagne ; dans cette lutte meurtrière, il déploya les talents les plus distingués. Nommé en 1814 major-général, commandant en second la garde nationale de Paris, il fit preuve d’une grande fermeté pendant le combat livré sous les murs de cette ville. Le 1er avril, le maréchal Moncey fut nommé membre du conseil d’État provisoire, puis pair de France. En 1823, il commanda le quatrième corps de l’armée d’Espagne. Appelé après 1830 au gouvernement de l’hôtel royal des Invalides, le maréchal termina, le 21 avril 1842, au milieu des vieux soldats dont il avait toujours été le protecteur et l’ami, une vie glorieuse et honorée de tous.

Mondétour (rue de).

Commence à la rue des Prêcheurs, nos 30 et 32 ; finit à la rue Mauconseil, nos 5 et 7. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 193 m. — Les numéros de 1 à 17 et de 2 à 6 sont du 4e arrondissement, quartier des Marchés ; le surplus dépend du 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

La partie de cette voie publique comprise entre la rue des Prêcheurs et celle du Cygne, était complètement bâtie en 1250. Dans un acte de 1205, rapporté par Jaillot, il est dit : que Burchard d’Orsay délaisse à l’évêque de Paris les dîmes d’Orsay et de Mondétour. Il est fait mention également dans un acte de vente à la date du 2 juin 1540, d’une maison située rue Pyrouet (Pirouette), aboutissant des deux côtés aux héritiers de Claude Foucault, seigneur de Mondétour. Ce Claude Foucault, seigneur de Mondétour, était échevin de la ville de Paris en 1525, sous la prévôté de maître Jean Morin. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m.

La partie de la rue de Mondétour qui s’étend de la rue du Cygne à la rue Mauconseil a été percée vers 1815, sur l’emplacement du cloître Saint-Jacques-l’Hôpital ; ce prolongement avait été autorisé par une décision ministérielle du 2 novembre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, qui fixa la largeur de cette partie de rue à 7 m.

La propriété située sur le côté gauche à l’encoignure droite de la rue de Rambuteau, celles nos 33, 37 et 32 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Mondovi (rue de).

Commence à la rue de Rivoli, nos 52 et 54 ; finit à la rue du Mont-Thabor, nos 43 et 58. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 73 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette voie publique a été ouverte sur l’emplacement du couvent de l’Assomption, en vertu d’un arrêté des consuls du 1er floréal an X, dont nous citons ici un extrait. — « Les Consuls de la république arrêtent : Article 1er. Les terrains appartenant à la république, situés dans le cul-de-sac du Manège, longeant la terrasse des Feuillants, tous les terrains occupés par les Feuillants, les Capucins et l’Assomption, seront mis en vente. — Art. 2e. Le plan annexé au présent arrêté sera suivi et exécuté dans toutes ses parties et servira de base pour dresser le cahier des charges ; etc… Le premier consul, signé Bonaparte. » — D’après le plan dressé le 2 frimaire an XI, par MM. Percier et Fontaine, architectes du palais des Tuileries, la largeur de la rue projetée fut fixée à 10 m. Elle devait aboutir à la rue Saint-Honoré ; elle n’a été exécutée que jusqu’à la rue du Mont-Thabor, avec laquelle elle forme équerre. — Une ordonnance royale en date du 24 août 1833, a maintenu la largeur de 10 m. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Le nom assigné à cette voie publique consacre le souvenir du brillant fait d’armes de Mondovi, où les Autrichiens furent battus, le 22 avril 1796, par les Français commandés par Bonaparte.

Monnaie (rue de la).

Commence aux rues des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, no 2, et Saint-Germain-l’Auxerrois, no 90 ; finit aux rues des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, no 1, et Béthisy, no 21. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 146 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1245, c’était la rue au Cerf. En 1387, on la nommait rue de la Monnaie, en raison de l’hôtel des Monnaies qui y était situé à l’endroit où fut ouverte la rue Boucher. Un arrêt du conseil de janvier 1689 ordonna l’élargissement de la rue de la Monnaie. Dans un autre arrêt du 24 février 1693, on voit que cet élargissement était alors presqu’entièrement effectué. — Une décision ministérielle du 20 mai 1817 fixa la largeur de cette voie publique à 11 m. En vertu d’une ordonnance royale du 15 janvier 1844, cette largeur est portée à 13 m. Propriétés de 1 à 5, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 30 c. ; 7, ret. 1 m. 80 c. ; 9, 11, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 32 c. ; 13, alignée ; pas de numéros 15 et 17 ; de 19 à 25, ret. 2 m. 40 c. ; de 2 à 8, ret. 70 c. à 95 c. ; 10, ret. réduit 55 c. ; 12, ret. réduit 30 c. ; 14, ret. réduit 70 c. ; de 16 à 32, alignées. — Égout entre les rues Boucher et Béthisy. Bassin d’égout dans le surplus. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Monnaie (rue de la Vieille-).

Commence aux rues de la Heaumerie, no 2, et des Écrivains, no 30 ; finit à la rue des Lombards, nos 27 et 29. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 101 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Des actes du XIIe siècle indiquent que l’on battait monnaie dans cette rue, qui dès le XIIIe siècle portait le nom de Vieille-Monnaie. En 1636, on l’appelait également rue Passementière. Elle a été élargie en vertu d’un arrêt du conseil du 2 juillet 1686. — Une décision ministérielle à la date du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, sa largeur a été portée à 10 m. Propriétés nos 1 et 3, ret. réduit 3 m. 60 c. ; 5, ret. réduit 1 m. 60 c. ; 7, ret. réduit 2 m. ; 9, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 11, ret. réduit 70 c. ; 13, 15, ret. 50 c. ; 17, ret. réduit 90 c. ; de 19 à 23, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c. ; 25, alignée ; 27, 29, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 40 c. ; 2, ret. réduit 2 m. 40 c. ; de 4 à 8, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 10 c. ; de 10 à 28, ret. 2 m. 30 c. à 2 m. 60 c. ; 30 ret. 1 m. 60 c. ; 32, ret. 2 m. — Portion d’égout du côté de la rue des Lombards. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Monnaies (hôtel des).

Situé sur le quai de Conti, no 11. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Dans un édit de Charles-le-Chauve de l’année 864, Paris se trouvait au nombre des villes ayant le droit de fabriquer des monnaies. Le bâtiment affecté à cette fabrication devait faire partie du palais de la Cité. Dès que le faubourg septentrional fut défendu par une enceinte, on y transféra la maison de la monnaie. Dans le quartier des Lombards, on voit encore aujourd’hui une rue nommée de la Vieille-Monnaie. Un acte de 1227 indique une de ses maisons sous le nom de Monetaria et de Veteri Moneta. Quelque temps après, cette fabrication fut transportée dans une maison où s’établirent plus tard les religieux de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Dans l’acte de fondation de ce couvent il est dit : « que saint Louis donna aux religieux une propriété appelée de la Monnaie. » Au commencement du XIVe siècle, un Hôtel des Monnaies était établi dans la rue qui en porte encore aujourd’hui le nom ; les bâtiments y subsistèrent jusqu’à l’entière construction de l’édifice du quai de Conti. L’ancien Hôtel des Monnaies, tombant en ruine, fut alors abattu. En vertu des lettres-patentes du mois d’août 1776, on ouvrit sur son emplacement les rues Boucher et Estienne. — « Louis, etc… Par nos lettres-patentes du 7 janvier 1765, nous aurions ordonné, attendu la vétusté de notre hôtel actuel des Monnaies à Paris, qu’il en serait construit un autre sur le terrain vague entre la rue Royale et celle des Champs-Élysées (ci-devant appelée de la Bonne-Morue), derrière les façades qui servent de décoration à la place où est posée notre statue équestre ; ils nous aurait été représenté par nos chers et amés les prévôt des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris, que l’exécution de nos lettres-patentes pourrait ralentir l’activité du commerce de l’orfèvrerie, en ce que l’emplacement destiné pour ce nouvel hôtel des Monnaies se trouverait considérablement éloigné du centre de notre capitale, et que les orfèvres et autres correspondants aux monnaies seraient obligés de perdre un temps considérable pour y porter leurs ouvrages et matières, et comme nous n’avons en vue que le plus grand avantage des habitants de notre bonne ville de Paris, et la facilité et commodité du commerce, nous avons estimé convenable de déférer aux représentations qui nous ont été faites à cet égard, en assignant au nouvel hôtel des Monnaies, qu’il est nécessaire de construire, un autre emplacement plus à la portée des orfèvres et autres commerçants et trafiquants des matières d’or et d’argent, et en ordonnant tous les autres arrangements que ce changement exige ; nous y avons pourvu par arrêt rendu en notre conseil, le 18 septembre dernier, sur lequel nous avons jugé nécessaire de faire expédier nos lettres patentes ; à ces causes, etc. — Article 1er. Le nouvel Hôtel des Monnaies, qui devait être à la place où est notre statue équestre, sera établi et incessamment construit aux anciens grand et pelit hôtels de Conti, appartenant à notre d. ville de Paris, et qui sont actuellement occupés par notre garde-meuble, suivant le plan que nous avons agréé ; la construction duquel nouvel Hôtel des Monnaies fait partie des ouvrages que nous avons énoncés par notre édit du mois de juillet dernier, avoir ci-devant ordonné. — Art. 2. Ordonnons que l’acquisition des dits anciens grand et petit hôtels de Conti sera incessamment faite pour nous et en notre nom par les commissaires que nous nommerons à cet effet. — Art. 3. Ordonnons pareillement que les prévôt des marchands et échevins acquerront pour nous et en notre nom les maisons particulières, situées même quai de Conti, attenantes le petit hôtel de Conti, jusques et compris celle faisant l’encoignure de la rue Guénégaud, dont le terrain est nécessaire à la construction du dit nouvel Hôtel des Monnaies ; les propriétaires desquelles maisons ne pourront se dispenser de les vendre, etc… — Données à Versailles, le 16e avril l’an de grâce 1768, et de notre règne le 53e. Signé Louis. »

Ce monument remarquable par ses nobles proportions, a été construit sous la direction de Jacques-Denis Antoine, architecte. Le principal corps de l’édifice, dont la façade se développe sur le quai de Conti, renferme : un magnifique vestibule orné de vingt-quatre colonnes doriques ; un bel escalier que décorent également seize colonnes ioniques ; un vaste cabinet de minéralogie richement ordonné ; plusieurs pièces où sont placées des machines ; des salles pour l’administration, accompagnées de grands logements.

Au fond de la grande cour est située la salle du monnayage. Elle a 20 m. de longueur sur 13 m. environ de largeur. L’architecte a pris soin de l’isoler afin d’éviter aux autres bâtiments les effets de l’ébranlement produit par le jeu des balanciers. Au dessous on trouve la salle des ajusteurs ; le surplus des constructions est employé aux fonderies, aux laminoirs, etc…

La décoration de la façade principale, percée de vingt-sept fenêtres, consiste en un avant-corps de six colonnes ioniques, élevées sur un soubassement de cinq arcades, ornées de refends en bossages. Un grand entablement avec consoles et modillons, couronne l’édifice dans toute sa longueur. Au-dessus de l’avant-corps est un attique au-devant duquel ont été placées six statues : la Loi, la Prudence, la Force, le Commerce, l’Abondance et la Paix.

La seconde façade, sur la rue Guénégaud, a son soubassement enrichi de bossages. L’avant-corps du milieu est orné de quatre statues représentant les quatre éléments. La cour principale, entourée d’une galerie, a 36 m. de profondeur sur 30 de largeur. La salle des balanciers s’annonce par un péristyle de quatre colonnes doriques. La voûte intérieure s’appuie sur quatre colonnes dont le style se rapproche de l’ordre toscan. Au fond de celle-ci s’élève une statue de la Fortune.

Le cabinet de minéralogie qui occupe l’avant-corps du milieu, au premier étage, est décoré de vingt colonnes corinthiennes d’un grand module, qui supportent une tribune régnant au pourtour, dans la hauteur du deuxième étage. Ce cabinet est orné de bas-reliefs et d’arabesques. Les corniches, les chambranles des portes et des croisées sont enrichis d’ornements dorés dont les sculptures sont distribuées avec un goût dont la délicatesse est pleine d’harmonie et de pureté.

On a placé en 1839, sur le palier de l’escalier d’honneur de l’hôtel des Monnaies, le buste en bronze de l’architecte Antoine. C’est un juste hommage rendu à la mémoire d’un homme qui de simple maçon, est devenu l’égal des plus grands artistes du XVIIIe siècle.

Monsieur (rue).

Commence à la rue de Babylone, nos 39 et 41 ; finit à la rue Plumet, nos 12 et 14. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 204 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

« Notre très cher et très amé frère, Louis-Stanislas-Xavier, comte de Provence, Monsieur, nous a fait exposer qu’ayant acquis un terrain considérable situé à Paris, faubourg Saint-Germain, entre les rues Plumet et de Babylone, il se proposait d’y faire construire les écuries nécessaires pour le service de sa personne et de sa maison, mais que ce projet qui l’intéresse essentiellement, ne pouvait avoir lieu qu’en formant sur ce terrain une nouvelle rue, qui communiquerait par un bout à la dite rue Plumet, et par l’autre à la d. rue de Babylone ; permettons et autorisons ce qui suit : Il sera formé et ouvert une nouvelle rue sous le nom de Monsieur, sur le terrain ci-devant en marais, situé au faubourg Saint-Germain à Paris, entre les rues Plumet et de Babylone, aboutissant au rempart, laquelle aura trente pieds de largeur. Donné à Versailles, le 7e jour du mois de novembre, l’an de grâce 1778, et de notre règne le 5e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent exécutées en août 1779. Pendant quelques années cette rue porta le nom de Fréjus, qui est celui d’un port du département du Var, où Napoléon débarqua le 9 octobre 1799, en revenant d’Égypte. — Une décision ministérielle du 7 août 1810, signée Montalivet, a maintenu la largeur primitive. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, cette voie publique a repris la dénomination de rue Monsieur. Les constructions riveraines sont alignées.

Louis-Stanislas-Xavier, comte de Provence, Monsieur, naquit à Versailles le 17 novembre 1755, régna sous le nom de Louis XVIII, et mourut le 16 septembre 1824.

Monsieur-le-Prince (rue).

Commence au carrefour de l’Odéon, nos 15 et 17, et à la rue de l’Odéon ; finit aux rues des Francs-Bourgeois, no 1, et de Vaugirard, no 2. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 363 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

On commença vers 1315 à bâtir sur cette partie de l’ancien Clos-Bruneau. L’une des voies principales prit le nom des Fossés, parce qu’elle fut alignée sur les fossés qu’on venait de combler. On la nomma ensuite des Fossés-Monsieur-le-Prince, parce que l’hôtel du prince de Condé s’étendait jusqu’à cette voie publique. En 1793, elle reçut le nom de rue de la Liberté. Depuis 1806, on la désigne sous la dénomination de rue Monsieur-le-Prince. — Une décision ministérielle à la date du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 février 1844, cette largeur est portée à 12 m. Propriétés, de 1 à 7, retranch. 4 m. 50 c. à 5 m. 30 c. ; 9, ret. réduit 4 m. ; 11, ret. réduit 3 m. 50 c. ; 13, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 15, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 17, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 19, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 21, ret. réduit 1 m. ; de 23 à 27, ret. 2 m. ; 29 et 29 bis, ret. 50 c. ; de 31 à 45, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 40 c. ; 45 bis, ret. 1 m. 10 c. ; de 47 à la fin, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 50 c. ; 2 et 4, alignées ; 6, ret. réduit 1 m. 20 c. ; de 8 à 12, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 40 c. ; 14, ret. 1 m. 30 c. ; 16, 18, ret. 2 m. 10 c. ; 20, ret. 1 m. 10 c. ; de 22 à la fin, ret. 1 m. 80 c. — Conduite d’eau depuis le carrefour de l’Odéon jusqu’à la rue Racine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Monsigny (rue).

Commence aux rues Marsollier, no 17, et Dalayrac, no 50 ; finit à la rue Neuve-Saint-Augustin, nos 19 et 21. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 72 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette rue, ouverte conformément à une ordonnance royale du 8 octobre 1826, a été dénommée en 1829. Sa largeur est de 12 m. Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise). (Voyez rue Dalayrac.)

Pierre-Alexandre de Monsigny, célèbre compositeur de musique, membre de l’Institut, né à Fauquembert, dans l’Artois, le 17 octobre 1729, est mort à Paris le 14 janvier 1817. Il a laissé de nombreux ouvrages dont les principales qualités consistent dans la simplicité, l’expression et la mélodie.

Montaigne (rue de).

Commence au Rond-Point des Champs-Élysées, no 2 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 109 et 109 bis. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 306 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Charles-Philippe d’Artois (depuis Charles X) était, en 1790, propriétaire d’un vaste terrain qui faisait partie de l’ancien Colisée. Ce terrain, devenu propriété nationale, fut vendu en dix lots le 6 thermidor an III. La rue qui nous occupe fut tracée sur une partie de son emplacement. Dès le 6 thermidor an XII, le ministre de l’intérieur en fixa la largeur à 14 m. 40 c., et lui assigna le nom de Montaigne. — En vertu d’une décision ministérielle du 18 ventôse an XIII, la largeur de cette voie publique a été réduite à 10 m. 80 c. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues de Ponthieu et du Faubourg-Saint-Honoré. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Michel de Montaigne, l’un des plus célèbres philosophes de son temps, naquit le 28 février 1533, au château de Montaigne, en Périgord. En 1572, il commença son livre des Essais, qui est à la fois l’un des chefs-d’œuvre de la littérature française et de l’esprit philosophique. Cet ouvrage parut en 1580, portant pour épigraphe ces trois mots : Que sais-je ? Montaigne mourut le 13 septembre 1592.

Mont-de-Piété (le).

Situé dans les rues des Blancs-Manteaux, no 18, et de Paradis, no 7. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

« Versailles, le 9 décembre 1777. — Louis, etc… Les bons effets qu’ont produits et produisent encore les Monts-de-Piété chez différentes nations de l’Europe, et notamment ceux formés en Italie, ainsi que ceux érigés dans nos provinces de Flandres, Hainault, Cambrésis et Artois, ne nous permettent pas de douter des avantages qui résulteraient en faveur de nos peuples, de pareils établissements dans notre bonne ville de Paris, et même dans les principales villes de notre royaume. Ce moyen nous a paru le plus capable de faire cesser les désordres que l’usure a introduits, et qui n’ont que trop fréquemment entraîné la perte de plusieurs familles. Nous étant fait rendre compte du grand nombre de mémoires et de projets présentés à cet effet, nous avons cru devoir rejeter tous ceux qui n’offraient que des spéculations de finance, pour nous arrêter à un plan formé uniquement par des vues de bienfaisance, et digne de fixer la confiance publique, puisqu’il assure des secours d’argent peu onéreux aux emprunteurs dénués d’autres ressources, et que le bénéfice qui résultera de cet établissement sera entièrement appliqué au soulagement des pauvres et à l’amélioration des maisons de charité. À ces causes, etc… Ordonnons, voulons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera incessamment établi dans notre bonne ville de Paris un Mont-de-Piété ou bureau général d’emprunt sur nantissement, tenu sous l’inspection et administration du lieutenant-général de police ; qui en sera le chef, et de quatre administrateurs de l’Hôpital-Général nommés par le bureau d’administration du dit Hôpital-Général et dont les fonctions seront charitables et entièrement gratuites. — Article 2e. Toutes personnes connues et domiciliées ou assistées d’un répondant connu et domicilié, seront admises à emprunter les sommes qui seront déclarées pouvoir être fournies, d’après l’estimation qui sera faite des effets offerts pour nantissement, et ces sommes leur seront prêtées des deniers et fonds qui seront mis dans la caisse du dit bureau, savoir : pour la vaisselle et les bijoux d’or et d’argent, à raison des quatre cinquièmes du prix de la valeur au poids, et pour tous les autres effets à raison des deux tiers de l’évaluation faite par appréciateurs du dit bureau, etc… On percevra des emprunteurs à à l’instant du prêt, pour droit de prisée, un denier pour livre du montant de la somme prêtée. — Article 3e. Permettons aux administrateurs d’établir aussi, s’ils le jugent nécessaire, dans notre bonne ville de Paris, sous la dénomination de prêt auxiliaire, différents bureaux particuliers, etc… — Article 4e. Il ne pourra être perçu ou retenu pour frais de garde, frais de régie, et pour subvenir à toutes les dépenses et frais généralement quelconques relatifs au dit établissement, sous quelque prétexte ou dénomination que ce puisse être, autres que pour les frais de prisée, par nous ci-dessus réglés, et pour ceux de vente dont il sera parlé ci-après, au-delà de deux deniers pour livre par mois du montant des sommes prêtées, et le mois commencé sera payé en entier quoique non fini. — Art. 5e. Les effets mis en nantissement seront au plus tard, à l’expiration de l’année du prêt révolue, retirés par les emprunteurs ou par les porteurs de la reconnaissance qui aura été délivrée au d. Mont-de-Piété ; sinon, dans le mois qui courra, les dits effets seront vendus par ordonnance du lieutenant-général de police, et par le ministère d’un des huissiers commissaires-priseurs de notre Châtelet de Paris, etc… — Art. 6e. Les deniers qui proviendront de la vente des effets mis en nantissement seront remis aux propriétaires après le prélèvement fait de la somme empruntée, et des deux deniers par livre par chaque mois, échu depuis le jour du prêt jusqu’à celui de la vente, etc… Donné à Versailles, le 9 décembre, l’an de grâce 1777, et de notre règne le 4e. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes.) — La construction des bâtiments du Mont-de-Piété a été achevée en 1786.

La loi du 16 vendémiaire an V avait conféré aux hospices de Paris la propriété du Mont-de-Piété. Le 8 ventôse de la même année, la commission administrative arrêta ainsi son organisation : 1o que le Mont-de-Piété serait administré par la commission des hospices ; 2o que cette commission s’adjoindrait cinq administrateurs faisant chacun cent mille francs de fonds, représentant dix actions ; 3o qu’il serait créé dix mille actions de 10,000 francs chacune, ou cinq mille de 20,000 francs ; 4o que les actions produiraient cinq pour 0/0 d’intérêt, et que les actionnaires jouiraient en outre de la moitié des bénéfices ; 5o que l’autre moitié appartiendrait aux hospices. Ces clauses, approuvées le 3 prairial an V, par le Directoire exécutif, furent converties en acte de société le 2 messidor an V. Il fut alloué à tous les administrateurs un droit de présence de 15 francs par jour. Cette rétribution forma le traitement des administrateurs jusqu’au 1er fructidor an XII.

Par délibération du 12 prairial an VII, il fut décidé que les arrérages de la dette du Mont-de-Piété seraient payés sur les produits de l’établissement, avant aucun partage de bénéfice. L’administration des hospices avait fait déposer à la caisse du Mont-de-Piété presque tous ses revenus, sous la condition d’un intérêt. Un décret du 8 thermidor an XIII ordonna la clôture des maisons de prêt à Paris, et réorganisa l’établissement, sur de nouvelles bases. Le règlement porte : 1o que les actions du Mont-de-Piété seront remboursées sans délai ; 2o que le Mont-de-Piété sera administré sous l’autorité du ministre de l’intérieur, et celle du préfet du département de la Seine, par le conseil d’administration établi par le décret du 25 messidor an XII, et conformément au règlement annexé au décret ; 3o que les délibérations du conseil seront soumises au ministre de l’intérieur par le préfet du département.

Il nous reste maintenant à donner quelques détails sur les opérations de cet établissement.

Dans ces dernières années les engagements ont présenté les chiffres ci-après :

Articles. Sommes.
1838 . . . . . . 1,124,411. 17,098,817 fr.
1839 . . . . . . 1,175,327. 18,254,666 fr.
1840 . . . . . . 1,220,692. 18,576,020 fr.
1841 . . . . . . 1,109,667. 17,587,279 fr.
1842 . . . . . . 1,183,224. 19,451,197 fr.

La moyenne des prêts effectifs, qui était en 1840 de 15 fr. 21 c. ; en 1841, de 15 fr. 85 c. ; s’est élevée en 1842 à 16 fr. 44 c.

Il est à remarquer que la classe ouvrière est généralement animée d’un esprit d’ordre et de conservation. Ainsi les jours ordinairement consacrés à la dissipation sont ceux où cette classe intéressante applique ses salaires et ses économies à retirer les effets dont le dépôt au Mont-de-Piété lui a procuré des secours dans ses moments de gène.

Les dégagements opérés les samedis et les dimanches sont de beaucoup supérieurs aux engagements ; l’excédant sur les autres jours de la semaine a été, en 1842, de 95,264 articles pour une somme de 722,642 fr.

La perception des droits s’est élevée pendant le cours de l’année 1842 :

Par les dégagements, à 1,717,790 fr. 90 c.
Par les renouvellements, à 1,593,148 fr. 40 c.
Par les ventes, à 1,145,445 fr. 45 c.

Total 1,456,384 fr. 75 c.

Les bénéfices versés dans la caisse des hospices ont produit, savoir :

1838 . . . . . . 198,712 fr. 32 c.
1839 . . . . . . 195,541 fr. 86 c.
1840 . . . . . . 334,215 fr. 58 c.
1841 . . . . . . 429,979 fr. 85 c.
1842 . . . . . . 334,452 fr. 41 c.

Montebello (quai de).

Commence à la rue des Grands-Degrés, no 16, et au pont de l’Archevêché ; finit à la place du Petit-Pont et au Petit-Pont. Le dernier numéro est 29. Sa longueur est de 278 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Un procès-verbal dressé par le conseil des bâtiments civils dans sa séance du 13 floréal an VII, porte ce qui suit : « Nouveau quai à établir depuis l’extrémité de celui de Miramiones jusqu’au Petit-Pont. » — Ce quai aura quinze mètres de largeur à compter du parement extérieur du parapet qui terminera le mur de revêtement ; il sera dirigé sur une seule ligne droite depuis la nouvelle place du Petit-Pont jusqu’en deçà de la rue Perdue, où il se terminera par un pan coupé de 6 m. 33 c. de face formant des angles égaux, etc… En conséquence, le bâtiment de l’hospice d’Humanité (Hôtel-Dieu) qui en occupe l’emplacement, et toutes les maisons qui se trouvent à la suite jusques et compris le bâtiment de la fontaine épuratoire, placée vers l’extrémité du quai des Miramiones, seront démolis tant pour augmenter le port aux tuiles, qui est insuffisant, que pour former le débouché du d. quai, dont la construction fait partie des travaux ordonnés par l’édit de 1786 (V. S.) non abrogé. Il sera formé une ouverture de 62 m. de large vis-à-vis la culée du pont Charles qui pourra être rendu public après la translation de l’hospice dans un autre local. Cette ouverture, qui est commandée par le peu d’espace qui resterait dans cette partie pour bâtir des maisons, entre le quai et la rue de la Bûcherie, formera d’ailleurs un débouché commode pour cette rue, et pourra concourir à l’assainissement de cette partie de la commune de Paris. » — Ces dispositions, approuvées par le ministre de l’intérieur Chaptal, le 20 fructidor an XI, ne furent pas alors exécutées. — « Au palais des Tuileries, le 25 mars 1811. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 2e. Il sera construit un quai en maçonnerie sur la rive gauche de la Seine, entre le pont Saint-Michel et le pont de la Tournelle. Ce quai portera le nom de Montebello, etc… » — Ce décret ne reçut son exécution que pour la partie comprise entre le pont Saint-Michel et le Petit-Pont. Cette partie a reçu le nom de quai Saint-Michel (voyez cet article). Un mur de parapet fut construit, en 1817, depuis la rue des Grands-Degrés jusqu’au Pont-au-Double. — Une décision ministérielle du 5 octobre 1818 modifia les dispositions de l’alignement approuvé en l’an XI, en maintenant toutefois la largeur de 15 m. ; et donna au quai dont il s’agit la dénomination de quai de la Bûcherie. — Une ordonnance royale du 29 avril 1839 est ainsi conçue : — « Article ler. Le prolongement du quai de la Bûcherie, sur l’emplacement occupé par les maisons portant les nos 2, 4, 6, 8, 10, 12 et 14 sur la rue des Grands-Degrés est déclaré d’utilité publique. » Cette amélioration a été réalisée en 1840. Dans le courant de l’année 1843, l’administration municipale a exécuté le décret de 1811, en restituant à cette voie publique le nom de Montebello.

La partie de ce quai, comprise entre le Pont-au-Double et le Petit-Pont, a été formée en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837, qui contient les dispositions suivantes : « Le projet d’un nouveau quai en prolongement du quai de la Bûcherie, sur l’emplacement des bâtiments de l’Hôtel-Dieu, est approuvé. L’exécution de ce projet est déclarée d’utilité publique. » Ce percement a été réalisé en 1840, au moyen du dédoublement du bâtiment Saint-Charles.

Les constructions riveraines du quai de Montebello sont alignées, à l’exception de celles nos 15 et 17. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Jean Lannes, duc de Montebello, né à Lectoure le 11 avril 1769, exerçait la profession de teinturier, lorsqu’en 1792 il partit pour l’armée des Pyrénées-Orientales en qualité de sergent-major. Quoique chef de brigade dès 1795, il se rendit comme simple volontaire à l’armée d’Italie, où sa valeur fixa l’attention de Bonaparte. Le grade de général avait récompensé ses faits d’armes quand il alla cueillir de nouveaux lauriers en Égypte. Nommé maréchal d’empire en 1804, Lannes se distingua par son intrépidité dans les campagnes d’Autriche, de Russie et d’Espagne. La bataille d’Essling fut son dernier succès. Blessé mortellement, il vécut jusqu’au 31 mai 1809, dans les douleurs produites par une double amputation. Napoléon fut vivement affecté de cette mort. Il disait en parlant de ce général : « Je l’ai pris pygmée, je l’ai perdu géant. »

Montesquieu (passage de).

Commence au cloître Saint-Honoré, no 5 ; finit à la rue de Montesquieu, no 5. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Il a été construit de 1810 à 1811.

Montesquieu (rue de).

Commence à la rue Croix-des-Petits-Champs, nos 13 et 15 ; finit à la rue des Bons-Enfants, nos 16 et 18. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 76 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Le chapitre Saint-Honoré, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Le 27 octobre de la même année, la section de la halle au Blé sollicita l’ouverture d’une rue qui, partant de la rue Croix-des-Petits-Champs, en face de celle du Pélican et traversant l’emplacement du cloître Saint-Honoré, irait aboutir vis-à-vis de l’entrée de la cour des Fontaines. Le département des travaux publics, auquel ce projet fut soumis, donna son assentiment à l’ouverture de cette rue, mais fut d’avis d’en modifier la direction. Le corps municipal, dans sa séance du 13 août 1793, approuva le plan présenté par le département des travaux publics. Les maisons et terrains qui dépendaient du chapitre Saint-Honoré, furent adjugés le 25 messidor an IV. Une clause ainsi conçue fut insérée dans l’acte de vente : « L’acquéreur sera tenu, dans le plus bref délai possible, d’ouvrir une rue depuis celle des Bons-Enfants, en face de la porte de la cour des Fontaines du Palais-Égalité (Royal), jusqu’au carrefour de la rue Croix-des-Petits-Champs, aboutissant à la rue du Bouloi, en se conformant au plan général annexé à la minute de la délibération des commissaires-artistes, pour la division, l’embellissement, l’assainissement de la commune de Paris ; desquels délibération et plan il lui a été donné copie, et qui au surplus resteront annexés à la présente minute, et encore, conformément à l’alignement qui lui sera donné par la commission exécutive des travaux publics, sur sa réquisition ; 2o de donner trente pieds de large au moins à cette rue, et de se conformer, pour l’élévation des nouveaux bâtiments, à la hauteur prescrite par les règlements ; 3o d’acquérir, d’après les formes prescrites par les lois existantes et pour son compte, sans aucun recours ni répétition envers le gouvernement, une maison appartenant au citoyen Amelin, sise rue des Bons-Enfants, vis-à-vis l’arcade de la cour des Fontaines du Palais-Égalité, dont partie de ladite maison se trouvera même comprise dans l’emplacement de la nouvelle rue. » — Le 7 prairial an X, le ministre Chaptal fixa définitivement la largeur de cette rue à 9 m. 74 c. et décida qu’elle porterait le nom de Montesquieu. Ce percement fut exécuté peu de temps après. Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu, naquit au château de la Brède, près de Bordeaux, le 18 janvier 1689. En 1716, il était président à mortier au parlement de Bordeaux. Le célèbre auteur de l’Esprit des Lois et des Lettres Persanes mourut le 10 février 1755.

Montfaucon (rue).

Commence à la rue du Four, nos 1 et 3 ; finit à la rue Clément, nos 8 et 10. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 50 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette localité servait autrefois d’entrée à la foire Saint-Germain-des-Prés. C’est ainsi qu’elle est indiquée sur le plan de Verniquet. Elle a été convertie en rue en 1817. — Une décision ministérielle à la date du 12 novembre de cette année, fixa la largeur de cette voie publique à 12 m. 50 c. Cette dimension a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. Les maisons nos 1 et 3 devront reculer de 1 m. 30 c. ; celles nos 5 et 7 sont alignées. La propriété no 2 devra avancer sur ses vestiges actuels. Les maisons nos 4 et 6 sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 1 m. 70 c. La maison no 8 est à l’alignement. — Portion d’égout du côté de la rue du Four. — Éclairage au gaz (compe Française).

Bernard de Montfaucon, prêtre et religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit le 17 janvier 1655, au château de Soulange, en Languedoc. Il mourut à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés le 21 décembre 1741, et fut enterré dans la chapelle Notre-Dame. Cette abbaye étant devenue propriété nationale, il fut exhumé le 3 vendémiaire an VIII et transporté au Musée des Monuments Français. Le 26 février 1819, ses cendres, ainsi que celles de Mabillon et de Descartes, furent recueillies et déposées en grande pompe dans l’église Saint-Germain-des-Prés. Ses principaux ouvrages sont : la Collection des Saints Pères et les Antiquités expliquées.

Montgallet (rue).

Commence à la rue de Charenton, no 141 ; finit à la grande rue de Reuilly, nos 68 et 70. Le dernier impair est 7. Le dernier pair, 26. Sa longueur est de 343 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

C’était autrefois la rue du Bas-Reuilly. Sa dénomination actuelle lui vient d’un propriétaire riverain. — Une décision ministérielle du 28 pluviôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées sauf redressement. Celles de 2 à 14 ne sont pas soumises à retranchement. Le surplus de ce côté devra reculer de 1 m. 30 c. à 1 m. 70 c. Cette rue n’est pas encore pavée.

Montgolfier (rue).

Commence à la rue Conté et à la place de l’ancien Marché-Saint-Martin, no 12 ; finit à la rue du Vertbois, nos 5 et 9. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé en grande partie par le Marché-Saint-Martin. Le dernier pair est 22. Sa longueur est de 154 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

La partie de cette voie publique comprise entre les rues Conté et Ferdinand-Berthoud, a été ouverte au commencement de l’année 1817, en vertu d’une décision ministérielle du 9 octobre 1816, qui fixa sa largeur à 10 m. — Une ordonnance royale du 23 juillet 1817 prescrivit le prolongement de cette rue jusqu’à cette du Vertbois, et autorisa le préfet du département à traiter, soit de gré à gré, soit dans les formes prescrites par la loi du 8 mars 1810, de l’acquisition des bâtiments qui se trouvaient sur ce prolongement. Cette ordonnance reçut immédiatement son exécution. — Le ministre de l’intérieur décida, le 27 septembre suivant, que cette voie publique prendrait, dans toute son étendue, le nom de rue Montgolfier. — Une ordonnance royale du 14 janvier 1829 a maintenu la largeur de 10 m. ; les propriétés riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière). (Voyez Marché-Saint-Martin).

Joseph-Michel Montgolfier, célèbre pour avoir accrédité en France, avec son frère Étienne, les ballons aérostatiques, naquit à Vidalon-lez-Annonay, le 26 août 1740. Il fut l’inventeur du Bélier hydraulique, du Calorimètre, d’une presse hydraulique et perfectionna la fabrication du papier. Nommé en 1807 membre de l’Institut et conservateur-administrateur de l’établissement des arts et métiers, Montgolfier mourut aux eaux de Balaruc, le 26 juin 1810.

Montholon (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 57 et 57 bis ; finit aux rues Cadet, no 35, et Rochechouart, no 40. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 299 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

« Louis, etc… Permettons, autorisons, voulons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert aux frais des sieurs Lenoir et compe, trois nouvelles rues de trente pieds de large chacune, sur le terrain qui leur appartient entre les rues Rochouard, d’Enfer, la barrière Sainte-Anne et la rue Bellefond, la principale desquelles rues traversera ledit terrain dans toute sa longueur débouchera d’un côté dans la rue Sainte-Anne, et de l’autre dans la rue Rochouard et sera nommée rue de Montholon. — Art. 2e. Au milieu de ladite rue de Montholon sera formé un carrefour par la réunion de deux autres rues, l’une nommée rue Papillon, qui débouchera au carrefour de ladite rue Sainte-Anne et de ladite rue d’Enfer, et l’autre nommée rue Riboutté, qui débouchera au milieu ou environ de ladite rue d’Enfer, etc. Donné à Versailles le 2e jour de septembre l’an de grâce 1780, et de notre règne le 7e. Signé Louis. » — Les alignements de ces trois rues furent tracés le 22 juin 1781. — La largeur de 30 pieds a été maintenue en vertu d’une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, et d’une ordonnance royale du 23 août 1833. Les constructions riveraines sont alignées. — Portions d’égout du côté des rues du Faubourg-Poissonnière et Rochechouart. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

M. de Montholon qui a donné son nom à cette voie publique, était conseiller d’état en 1780. Son hôtel était situé sur le boulevart Poissonnière.

Montmartre (abattoir).

Situé avenue Trudaine, entre les rues Rochechouart et Bochart-de-Saron. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Cet abattoir, dont la première pierre a été posée le 2 décembre 1808, occupe un espace de 34,500 m. superficiels. Sa construction, confiée d’abord à M. Bellanger, puis à M. Poidevin, comme architectes, et à MM. Clochard et Guénepin comme inspecteurs, a été commencée dès 1809 ; c’est à cette circonstance, ainsi qu’à la forme particulière du terrain, qu’est due la différence qu’on remarque dans sa disposition générale et dans quelques-unes de ses dispositions de détail, avec les autres établissements de cette nature. (Voir l’article Abattoirs.)

Montmartre (barrière).

Située à l’extrémité de la rue Pigalle.

On la nommait autrefois barrière Royale. Cette barrière est décorée d’un bâtiment à quatre façades avec colonnes et massifs vermiculés. (Voir l’article Barrières.)

Montmartre (boulevart).

Commence aux rues Montmartre, no 181, et du Faubourg-Montmartre, no 1 ; finit aux rues de Richelieu, no 112, et Grange-Batelière, no 2. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 215 m. — 2e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier Feydeau ; les numéros pairs dépendent du quartier de la Chaussée-d’Antin.

Ce boulevart, formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676, tire son nom de sa proximité de la porte Montmartre. La largeur de la chaussée est de 19 m. Une ordonnance royale en date du 1er mai 1826 a déterminé l’alignement de ce boulevart. Maison à l’encoignure de la rue Montmartre, retranchement réduit 70 c. Les autres constructions de ce côté sont alignées ; 2, alignée ; 4 et 6, redressement ; surplus, aligné. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Montmartre (chemin de ronde de la barrière).

Commence à la rue Pigalle et à la barrière Montmartre ; finit à la rue Fontaine et à la barrière Blanche. Pas de numéro. Sa longueur est de 364 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Une ordonnance royale à la date du 28 février 1837, a maintenu la largeur de 11 m. 69 c., d’après laquelle ce chemin de ronde est presqu’entièrement exécuté. (Voyez l’article Chemins de ronde.)

Montmartre (place de la barrière).

Située au débouché des rues Pigalle et Frochot. Pas de numéro. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Cette place, dont la forme est demi-circulaire, a été construite en 1827, sur les terrains appartenant à M. Brack. L’ordonnance royale d’autorisation est à la date du 27 septembre 1826. (Voyez rue Frochot.) — Bassin d’égout.

Montmartre (rue).

Commence aux rues Traînée et Montorgueil, no 1 ; finit aux boulevarts Montmartre, no 1, et Poissonnière, no 31. Le dernier impair est 181 ; le dernier pair, 182. Sa longueur est de 939 m. — De 1 à 49 et de 2 à 72, 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache ; de 51 à 141, 3e arrondissement, quartier du Mail ; de 143 à la fin, 2e arrondissement, quartier Feydeau ; de 74 à la fin, 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Pour indiquer les agrandissements successifs de cette voie publique, nous dirons que la première porte Montmartre, que l’on nommait également porte Saint-Eustache, faisait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste. Elle avait été construite vers l’an 1200, en face des maisons nos 15 et 32. Vers l’année 1380, Paris s’était alors considérablement agrandi, et le torrent commençait à déborder. L’ancienne porte fut alors démolie et reconstruite dans la même rue, aux coins méridionaux des rues des Fossés-Montmartre et Neuve-Saint-Eustache, en face des maisons nos 81 et 92. Le mur d’enceinte, ou le rempart, passait entre les rues des Fossés-Montmartre et l’impasse Saint-Claude, qui s’appelait alors rue du Rempart. Cette deuxième porte fut abattue en 1633, et vers la fin du règne de Louis XIII, une troisième fut construite entre la fontaine et la rue des Jeûneurs, presqu’en face de la rue Neuve-Saint-Marc. Cette dernière porte fut démolie vers l’année 1700. Au mois de mai 1812, on en découvrit les fondations en face des nos 153 et 162. — Une décision ministérielle, en date du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons ci-après sont alignées : 1, 21, 23, 47, 51, 79, 109, 115, 125, 143, 145, 147, 149, 155, 157, 171, 181 ; 22, 38, 40, 74, 76, 80, 94, 96, 98, 100, 102, 104, 106, 108, 112, de 116 à 130, 144, 146, de 166 à la fin. Les propriétés de 31 à 45, 141 ; 72, 110, 114, de 132 à 142, de 148 à 158, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz depuis la rue Traînée jusqu’à celles du Mail et de Cléry (compe Française) ; le surplus (compe Anglaise).

Conformément à un projet publié en vertu d’arrêtés préfectoraux des 4 mai et 17 décembre 1842, la moindre largeur de la rue Montmartre doit être portée à 15 m.

Montmartre (rue des Fossés-).

Commence aux rues Vide-Gousset, no 2, et du Petit-Reposoir, no 6 ; finit à la rue Montmartre, nos 81 et 83. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 21. Sa longueur est de 209 m. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

On la désigna d’abord sous le nom de rue des Fossés, puis des Fossés-Montmartre, parce qu’elle fut alignée sur l’emplacement des fossés qui régnaient le long des murs de clôture construits sous Charles V et Charles VI. La porte Montmartre, démolie en 1633, était située dans la rue Montmartre, presqu’en face des coins méridionaux des rues Neuve-Saint-Eustache et des Fossés-Montmartre. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette dimension est portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Propriétés du côté des numéros impairs, retranchement, 1 m. 40 c. à 1 m. 65 c. ; maison no 2, retranchement, 1 m. 45 c. ; second no 2 et no 4, alignées ; surplus de ce côté, retranchement, 1 m. 45 c. à 1 m. 70 c. — Conduite d’eau depuis la rue Vide-Gousset jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).

Montmartre (rue du Faubourg-).

Commence aux boulevarts Montmartre, no 2, et Poissonnière, no 22 ; finit aux rues Fléchier, no 4, et Coquenard, no 43. Le dernier impair est 77 ; le dernier pair, 80. Sa longueur est de 635 m. — 2e arrondissement : les impairs sont du quartier de la Chaussée-d’Antin ; les pairs dépendent du quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle est ainsi nommée parce qu’elle fait la continuation de la rue Montmartre. — Une décision ministérielle du 28 messidor an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 10 mai 1840, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 15 m. Les maisons portant les numéros ci-après sont alignées 1, 5, 7, 9, 51 ; de 2 à 20 inclus, 28, 30, 32, 34, 36, 36 bis, et de 38 à 76 inclus. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Entre les nos 60 et 62 était située la chapelle Saint-Jean. Bâtie vers 1760, cette chapelle dépendait du cimetière de la paroisse Saint-Eustache. Elle fut supprimée en 1793, et vendue comme propriété nationale le 14 messidor an V. Rachetée par la ville de Paris, on y transféra, lors de la démolition de la chapelle des Porcherons, le culte de Notre-Dame-de-Lorette.

Montmorency (rue de).

Commence à la rue du Temple, nos 15 et 17 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 142 et 144. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 363 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette rue qui existait dès le commencement du XIIIe siècle, doit son nom à Mathieu de Montmorency qui y fit construire un hôtel en 1215. On la trouve aussi indiquée sous le nom de rue du Seigneur-de-Montmorency. De la rue du Temple à celle Transnonnain, elle s’est nommée Cour-au-Villain, dont on a fait par corruption Courtauvillain. En 1768, cette partie a pris également le nom de Montmorency. De 1793 à 1806, on l’appela rue de la Réunion, dénomination affectée à la section dont cette voie publique faisait partie. En 1806, elle reprit son ancien nom. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, et une ordonnance royale du 14 janvier 1829, ont fixé à 10 m. la largeur de la rue de Montmorency. Les maisons nos 4 bis, 6, 14, 18, 20, 32, 34, 36, 38 et 38 bis sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue Transnonnain jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Montmorency (Mathieu II, duc de), surnommé le Grand-Connétable, se distingua dans toutes les guerres de Philippe-Auguste, prit la plus grande part à la conquête de la Normandie sur Jean-sans-Terre (1203), et décida de la célèbre victoire de Bouvines (1214). L’année suivante, Montmorency fit la guerre aux Albigeois et fut nommé connétable en 1218. Sous le règne de Louis VIII, il eut le commandement en second de toutes les armées que le roi conduisait en personne ; à la mort de ce prince, Montmorency prit parti pour Blanche de Castille, lui assura la régence et mourut le 24 novembre 1230.

Montmorency (rue Neuve-de-).

Commence à la rue Feydeau, nos 12 et 14 ; finit à la rue Saint-Marc, nos 9 et 15. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 29 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Louis, etc… Voulons et nous plait ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert aux frais du sieur duc de Montmorency, et sur le terrein à lui appartenant, une rue de 24 pieds de large au moins, laquelle sera nommée rue Neuve-de-Montmorency, et communiquera de la rue Saint-Marc en face de l’hôtel dudit sieur duc de Montmorency à la rue Feydeau, etc. Donné à la Muette, le 13e jour du mois de septembre, l’an de grâce 1782, et de notre règne le 9e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes reçurent immédiatement leur exécution, mais la rue ne fut percée que sur une largeur de 23 pieds. — Une décision ministérielle du 5 germinal an VI, signée Letourneux, et une ordonnance royale du 4 mai 1826, ont maintenu cette largeur. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Marc jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Montorgueil (rue).

Commence à la rue Montmartre et à la place de la Pointe-Saint-Eustache ; finit aux rues du Cadran, no 1, et Saint-Sauveur, no 63. Le dernier impair est 77 ; le dernier pair, 112. Sa longueur est de 351 m. — De 1 à 59, 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache ; de 61 à la fin, 3e arrondissement, quartier Montmartre. Tous les numéros pairs dépendent du 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

La première partie de cette voie publique qui prend naissance à la Pointe-Saint-Eustache, et se termine à la rue Mauconseil et à l’impasse de la Bouteille, se nommait anciennement rue du Comte-d’Artois, de la Porte à la Comtesse-d’Artois ; en dernier lieu, simplement Comtesse-d’Artois. Elle tirait ces dénominations de Robert II, comte d’Artois, neveu de saint Louis, qui avait son hôtel entre les rues Pavée et Mauconseil. À la fin du XIIIe siècle fut ouverte une fausse porte qui prit le nom de Porte-au-Comte-d’Artois. On y voyait également une tour qui gênait le passage conduisant aux halles. Sur la requête des habitants de la rue Comtesse-d’Artois, et de Nicolas Janvier, marchand de poissons, la Ville ordonna, le 17 décembre 1498, de la démolir. En 1792 la rue Comtesse-d’Artois fut confondue avec la rue Montorgueil. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. — Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 lui rendit son premier nom. Depuis 1830 elle fait partie de la rue Montorgueil, dont elle porte la dénomination. Quant à la seconde partie de la rue Montorgueil, qui finit aux rues du Cadran et Saint-Sauveur, elle se nommait au XIIIe siècle, Vicus Montis superbi (rue du Mont-Orgueilleux). Elle conduisait effectivement à un monticule ou butte dont la rue Beauregard occupe aujourd’hui le sommet. Cette voie publique s’étendait autrefois, sous le nom de Montorgueil, jusqu’au boulevart. (Voyez rues des Petits-Carreaux et Poissonnière.) Les maisons ci-après sont alignées de 1 à 7 inclus, 11, 13, 15, 67, 69, de 20 à 28 inclus, de 40 à 56 inclus, de 72 à 80 inclus, de 100 à 108 inclus. Les propriétés nos 9, 17, 19, 21, 31, 43, 45, de 60 à 70 inclus, de 82 à 98 inclus, 110 et 112 ne devront subir qu’un faible redressement. — Égout depuis la rue Mauconseil jusqu’à celle du Cadran. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Mont-Parnasse (barrière du).

Située à l’extrémité de la rue de ce nom.

Elle consiste en deux bâtiments ayant chacun deux péristyles avec colonnes. C’était sur un monticule voisin de cette barrière que les écoliers de l’Université s’assemblaient pour discuter sur la poésie, et pour lire leurs ouvrages. Cette butte, dont les échos ont sans doute répété plus de chansons grivoises que de discours latins, fut décorée par ces joyeux étudiants du titre pompeux de Mont-Parnasse. (Voir l’article Barrières.)

Mont-Parnasse (boulevart du).

Commence à la rue de Sèvres, nos 143 et 147 ; finit à la rue d’Enfer, no 60. Le dernier impair est 85 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 1733 m. — De 1 à 13 et de 2 à 8, 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin ; de 15 à 85 et de 10 à 50, 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; second no 40, 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Il a été formé ainsi que tous les boulevarts du midi, en vertu des lettres-patentes du 9 août 1760. (Voyez boulevart d’Enfer.) D’après une décision ministérielle du 14 vendémiaire an IX, signée Chaptal, les constructions riveraines doivent être établies à 4 m. de distance du centre des arbres des contr’allées. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 9, 13, 15, 21, 23, 29, 33, 35, 37, 47, 51, 53, 55, 57, 59, 69, 71, 73 ; 2, partie du no 8, 12, 22, 24, 26, 26 bis, et de 34 à 50 inclus. — Égout entre la rue du Cherche-Midi et l’avenue du Maine. — Conduite d’eau depuis la rue de Sèvres jusqu’à celle de Vaugirard. — Éclairage au gaz (compe Française).

En 1839, on a exécuté dans cette voie publique d’importants travaux de pavage et de trottoirs qui ont occasionné une dépense de 150,000 fr.

Mont-Parnasse (chemin de ronde de la barrière du).

Commence aux rue et barrière du Mont-Parnasse ; finit aux avenue et barrière du Maine. Pas de numéro. Sa longueur est de 327 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

(Voyez l’article Chemins de Ronde.)

Mont-Parnasse (impasse du).

Située boulevart de ce nom, entre les nos 31 et 33. Pas de numéro. Sa longueur est de 87 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle a été formée au commencement de ce siècle. Sa largeur est fixée à 7 m. par une décision ministérielle du 3 décembre 1817. Les constructions riveraines devront reculer de 1 m. 20 c.

Mont-Parnasse (rue du).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 18 et 20 ; finit aux chemins de ronde des barrières d’Enfer et du Mont-Parnasse. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 501 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.


1re Partie comprise entre la rue Notre-Dame-des-Champs et le boulevart du Mont-Parnasse.

« Louis, etc… Ordonnons, voulons et nous plaît ce qui suit : Article 1er. Nous avons autorisé et autorisons le sieur Roussel, curé de Vaugirard, à passer le traité avec le sieur Morel, conformément au projet ci-attaché sous le contre-scel de notre chancellerie, à faire avec l’Hôtel-Dieu, l’échange de 300 toises de terrains faisant partie du marais de la cure, situé au Mont-Parnasse, à prendre derrière le terrain que le sieur Morel tient à vie de l’Hôtel-Dieu, etc… — Art. 4e. Il sera ouvert aux frais du d. sieur Morel, une rue de trente pieds de largeur, conformément à notre déclaration du 16 mai 1769, sous la dénomination de rue du Mont-Parnasse, pour communiquer de la rue Notre-Dame-des-Champs aux nouveaux boulevarts, laquelle traversera le marais de la rue et les deux parties de terrain appartenant à l’Hôtel-Dieu ; l’ouverture de la d. rue et le pavé d’icelle, établi pour la première fois aux frais des propriétaires, conformément aux clauses du pavé de Paris et aux pentes qu’il conviendra, demeureront déchargés pour l’avenir de l’entretien et renouvellement du pavé de la d. rue, qui seront employés sur l’état du pavé de la ville, faubourgs et banlieues de Paris, etc. Donné à Fontainebleau au mois d’octobre 1773, et de notre règne le 5e. Signé Louis. » Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 5 septembre 1775, mais la rue ne fut ouverte que sur une largeur de 9 m. 58 c. Cette dimension a été maintenue par deux décisions ministérielles, la première du 2 thermidor an X ; la deuxième du 28 octobre 1817. Les propriétés riveraines-sont alignées.

2e Partie comprise entre le boulevart du Mont-Parnasse et les chemins de ronde.

Elle a été formée vers 1786, sur des terrains appartenant aux hospices civils de Paris. Le plan de Verniquet l’indique, mais sans dénomination. La décision ministérielle précitée du 28 octobre 1817, a fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. On n’a commencé à bâtir des maisons dans cette partie de rue qu’en 1822. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Montpensier-Palais-Royal (rue de).

Commence à la rue de Richelieu, nos 6 et 8 ; finit à la rue de Beaujolais, nos 13 et 20. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 320 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ouverte en 1784, sur une partie du jardin du Palais-Royal, elle fut exécutée d’après une moindre largeur de 8 m. ; on lui donna d’abord le nom de passage de Montpensier en l’honneur du duc de Montpensier, second fils du duc d’Orléans. Dans sa séance du 2 thermidor an VI, le conseil général du département de la Seine arrêta que cette communication s’appellerait rue Quiberon. Cette dénomination avait pour but d’éterniser le souvenir du combat de Quiberon, livré par les soldats républicains contre les émigrés, les Chouans et les Vendéens réunis, le 2 thermidor an III (20 juillet 1795). — En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, cette rue a repris le nom de rue de Montpensier. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Montpensier-Saint-Honoré (rue de).

Commence à la rue de Valois, nos 1 et 2 ; finit à la rue de Rohan, nos 10 et 12. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 24 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Formée sur l’emplacement de l’Hôpital royal des Quinze-Vingts, en vertu des lettres-patentes du 16 décembre 1779, registrées au parlement le 31 du même mois, cette rue prit le nom de rue de Montpensier (voyez l’article précédent et la rue de Beaujolais-Saint-Honoré). — Elle fut exécutée sur une largeur de 7 m. qui a été maintenue par une décision ministérielle du 3 messidor an IX, signée Chaptal. Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Montreuil (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Montreuil.

Elle est décorée d’un bâtiment ayant deux façades de six colonnes à bossages. Cette barrière tire son nom du village de Montreuil qui en est éloigné de 3,000 m. (Voyez l’article Barrières.)

Montreuil (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Montreuil ; finit à la rue de Charonne et à la barrière de Fontarabie. Pas de numéro. Sa longueur est de 636 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

(Voir l’article Chemins de ronde.)

Montreuil (rue de).

Commence aux rues du Faubourg-Saint-Antoine, no 233, et Saint-Jules ; finit aux chemins de ronde des barrières de Montreuil et de Vincennes. Le dernier impair est 149 ; le dernier pair, 106. Sa longueur est de 1,064 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Il est fait mention du village de Montreuil dès le XIIe siècle. Le chemin qui de Paris conduisait à ce hameau, se couvrit d’habitations vers la fin du règne de Louis XIII. Il forma, en 1750, une rue qu’on indiqua sous le nom de Montreuil. — Une décision ministérielle du 27 fructidor an XI, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 6 mai 1827, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 1, 27, 41, 81 bis, 101, 107, de 111 à 121 inclus, de 129 à 135 inclus, et la maison à l’encoignure du chemin de ronde ; 12, 14, 28, 32, 40, de 44 à 52 inclus, de 66 à 72 inclus, 84, et de 90 à 98 inclus. Les propriétés nos 7, 9, 11, 85, 103, 109, 123, 125, 127, 137, 139 ; 34, 36, 74, 76, 78, 80, 86, 88, ne devront subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue des Boulets jusqu’aux deux bornes-fontaines.

Mont-Thabor (rue du).

Commence à la rue d’Alger, nos 5 et 9 ; finit à la rue de Mondovi, nos 5 et 6. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 415 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette rue a été ouverte sur l’emplacement des couvents de l’Assomption, des Feuillants et des Capucins. Nous avons parlé du couvent de l’Assomption à l’article de l’église qui en a retenu le nom. La rue de Rivoli ayant été ouverte sur la plus grande partie de l’emplacement autrefois occupé par la maison des Feuillants, nous rapporterons à l’article de cette voie publique tous les faits qui se rattachent à cette communauté religieuse. Nous n’avons plus qu’à tracer ici l’historique du couvent des Capucins. — Le cardinal de Lorraine, à son retour du concile de Trente, amena en France plusieurs religieux de l’ordre des Capucins et les établit dans son parc de Meudon. Après la mort du cardinal, ces moines retournèrent en Italie. En 1574, Pierre Deschamps, cordelier, qui s’était fait capucin, établit cette même année un petit couvent de capucins à Picpus. Quelque temps après le général de l’ordre envoya de Venise le frère Pacifique, commissaire-général, avec douze religieux et deux frères laïques ; ils descendirent au couvent de Picpus. Catherine de Médicis réunit tous ces religieux, et les établit dans la rue Saint-Honoré. Henri III, par lettres du mois de juillet 1576, les prit sous sa protection et sauvegarde spéciales. Ce couvent était situé dans l’origine sur l’emplacement occupé aujourd’hui par la partie de la rue Saint-Honoré qui se trouve à l’ouest de la place Vendôme. La construction de l’église, commencée en 1601, fut achevée en 1610. Vers 1731, les Capucins firent rebâtir le portail et le mur du cloître du côté de la rue Saint-Honoré. En 1735, le chœur de l’église fut reconstruit. Dans la nef on voyait la tombe du père Ange ; ce singulier personnage, qui se nommait Henri de Joyeuse, porta le titre de marquis d’Arques, qu’il quitta pour prendre celui de comte Dubouchage. En 1587, le duc de Joyeuse perdit sa jeune épouse et se fit capucin. Ce fut lui qui dans la fameuse procession de Chartres, représentait le Sauveur montant au Calvaire. Il s’était laissé lier les bras et peindre sur le visage des gouttes de sang qui semblaient découler de sa tête couronnée d’épines ; il paraissait ne traîner qu’avec peine une longue croix de carton, et se laissait tomber par intervalles, poussant des gémissements lamentables. En voyant défiler devant la Cour, dans la cathédrale de Chartres, la pieuse mascarade, Crillon, brave guerrier, allié de Joyeuse, s’écria : « Frappez tout de bon ; fouettez, c’est un lâche qui a endossé le froc pour ne plus porter les armes. » Le père Ange ayant perdu successivement ses trois frères, quitta l’habit de capucin, sous prétexte qu’il pouvait rendre des services à la religion pendant la guerre de la Ligue. Redevenu duc de Joyeuse, il vendit sa soumission au roi Henri IV, qui le créa maréchal de France. Ce seigneur était souvent l’objet des plaisanteries du roi, d’humeur un peu caustique. Un jour que le duc de Joyeuse, placé près de Henri IV sur le balcon du Louvre, attirait les regards de plusieurs hommes du peuple, le roi lui dit : « Mon cousin, vous ignorez le motif de la surprise de ces bonnes gens : c’est de voir ensemble un renégat et un apostat. » Ces paroles firent une grande impression sur l’esprit du nouveau maréchal. Joyeuse se retira brusquement aux Capucins, en reprit l’habit, se soumit à leur règle et redevint le père Ange. Dans un accès de dévotion, il lui prit fantaisie de faire un voyage à Rome : il voulut y aller pieds nus ; cette folie lui coûta la vie. Il mourut à Rivoli, près de Turin, le 27 septembre 1608. Son corps fut rapporté en France et déposé dans l’église des Capucins. C’est sans doute le caractère inconstant de ce personnage que Boileau a voulu peindre dans ces deux vers :

« Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc,
» Aujourd’hui dans un casque et demain dans un froc. »

C’est de Joyeuse que Voltaire a dit :

« Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire. »

Auprès de la tombe du père Ange était celle du terrible père Joseph. Il était fils aîné de Jean Leclerc du Tremblay, ambassadeur à Venise, chancelier du duc d’Alençon et président aux requêtes du parlement de Paris. Le génie de ce capucin, qu’on appelait l’éminence grise, maîtrisa souvent la politique du cardinal de Richelieu. Le père Joseph venait d’être promu au cardinalat lorsqu’il mourut à Ruel, le 18 décembre 1638. Le voisinage du tombeau du père Ange de celui du père Joseph inspira ce distique :

« Passant, n’est-ce pas chose étrange
» De voir un diable auprès d’un ange ? »

Le couvent des Capucins, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Par un arrêté du 6 juillet de cette année, l’Assemblée Nationale chargea la municipalité de Paris de rendre libres les bâtiments des Capucins voisins de la salle des séances de cette assemblée ; et, par un autre arrêté du 30 du même mois, elle y établit ses bureaux. — « Paris, le 1er floréal, l’an X de la république, etc… Les Consuls de la république arrêtent : Article 1er. Les terrains appartenant à la république, situés dans le cul-de-sac du Manège, longeant la terrasse des Feuillants ; tous les terrains occupés par les Feuillants, les Capucins et l’Assomption seront mis en vente. — Art. 2. Le plan annexe au présent arrêté sera suivi et exécuté dans toutes ses parties, et servira de base pour dresser le cahier des charges. — Art. 7. Tous les fonds provenant des ventes ordonnées par le présent arrêté seront versés dans la caisse du trésorier du gouvernement, à la charge de pourvoir à toutes les dépenses que nécessiteront ces travaux. Le ministre des finances et le gouverneur du palais sont chargés de l’exécution du présent arrêté. Le premier consul, signé Bonaparte. » — Le plan dressé le 2 frimaire an XI, par MM. Percier et Fontaine, donnait à la rue projetée une largeur de 10 m. Son nom du Mont-Thabor consacre le souvenir de la glorieuse bataille gagnée en Syrie, le 16 avril 1799, par les Français sur les Turcs et les Mamelucks. — Jusqu’en 1832 le prolongement de la rue du Mont-Thabor formait impasse dans la rue de Castiglione. Cette impasse a été convertie en rue conformément à une ordonnance royale du 28 mai 1832 qui porte : « Article 1er. MM. Casimir-Pierre Périer, Louis Barthélemy et Valery Chéronnet, propriétaires des terrains de l’ancien hôtel de Noailles, à Paris, sont autorisés à prolonger sur leurs terrains l’impasse Mont-Thabor jusqu’à la rue d’Alger, sur une largeur de 10 mètres, conformément au plan ci-annexé, à la charge, tant par ces propriétaires que par les autres propriétaires riverains, de se conformer en tous points aux clauses et conditions énoncées dans la délibération du conseil municipal de la ville de Paris, du 14 mai 1830, relative à la rue d’Alger, établie sur le terrain de l’ancien hôtel de Noailles. » — Ce prolongement a été immédiatement exécuté. Les constructions de la rue du Mont-Thabor ne sont point soumises à retranchement. — Conduite d’eau dans une grande partie. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Montyon (rue de).

Commence aux boulevarts d’Enfer et du Mont-Parnasse ; finit à la barrière du Mont-Parnasse. Pas de numéro. Sa longueur est de 300 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle a été ouverte en 1839 sur les terrains appartenant aux Hospices civils de Paris. Sa largeur est de 13 m. Cette rue, qui n’est pas encore classée parmi les voies publiques de la capitale, a été dénommée en vertu d’une délibération du conseil municipal du 22 mai 1840.

Antoine-Jean-Baptiste-Robert Auget, baron de Montyon, naquit à Paris, le 23 décembre 1733. À vingt-deux ans, il était avocat du roi au Châtelet. Successivement maitre des requêtes, conseiller au grand conseil, intendant d’Auvergne, de Marseille, de la Rochelle ; chancelier du comte d’Artois, Montyon émigra en Suisse, puis en Angleterre. De retour à Paris, en 1814, il s’occupa de plusieurs fondations d’utilité publique. Mais de tous les bienfaits de cette âme charitable, le plus grand, sans contredit, est l’établissement qu’il créa en faveur des convalescents des hospices.

Le 29 décembre 1820, la mort vint enlever Montyon aux malheureux dont il était le père. Son testament porte à trois millions huit cent mille francs ses donations aux hospices, et à un million deux cent soixante-quinze mille francs celles qui doivent servir à tous les prix qu’il avait fondés et que distribuent, chaque année, l’Académie française et l’Académie des sciences.


Moreau (rue).

Commence à la rue de Bercy, nos 13 et 15 ; finit à la rue de Charenton, nos 46 et 48. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 66. Sa longueur est de 494 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Elle doit sans doute cette dénomination à l’un des propriétaires riverains. On la trouve souvent indiquée sous le nom de rue des Filles-Anglaises, en raison du couvent ainsi appelé, dont les bâtiments bordaient une partie de cette voie publique. (Voir l’article de la rue de Charenton.) — Une décision ministérielle du 16 ventôse an XII, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 1e juin 1828 ont fixé la largeur de la rue Moreau à 12 m. Depuis 1831 cette voie publique a été considérablement élargie. Le numérotage des maisons situées sur le côté gauche est très irrégulier. Les propriétés ci-après sont alignées : nos 3, 7, 9, 23, 25, 27, partie du no 15, de 4 à 66. — Conduite d’eau depuis la rue des Terres-Fortes jusqu’à celle de Charenton.


Morgue (la).

Située quai du Marché-Neuf. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.
historique.

S’il faut en croire Vaugelas, cet écrivain d’un purisme si rigoureux, morgue serait un vieux mot français qui signifiait visage. À l’entrée des prisons, on trouvait autrefois un endroit portant le nom de Morgue, où l’on retenait quelquefois les prisonniers, au moment où on les écrouait, pour que les gardiens pussent bien voir leur morgue ou visage, afin de les reconnaitre en cas de tentative d’évasion. Plus tard, on exposa dans les Morgues, les cadavres dont la justice s’était saisie et qu’on voulait faire reconnaitre ; à cet effet, le public était admis à venir regarder par un guichet pratiqué dans la porte. À Paris, les corps inconnus furent exposés, jusqu’en 1804, dans la Basse-Geôle ou Morgue dépendant de la prison du grand Châtelet. À cette époque fut construit le bâtiment qu’on voit aujourd’hui à l’extrémité nord-est du pont Saint-Michel.

Ordonnance de Police du 9 floréal an VIII. — Cet acte intitulé : Ordonnance concernant la levée des cadavres, bien qu’il traite de beaucoup d’autres choses, entr’autres (art. 2 et 3) des secours à procurer aux cadavres qui donnent des signes de vie, et des primes à payer pour les noyés rappelés à la vie, règle le service intérieur de la Basse-Geôle à laquelle l’établissement de la Morgue a été substitué par l’ordonnance du 29 thermidor an XII. Plusieurs de ses dispositions sont tombées en désuétude ; voici les plus importantes de celles qui subsistent encore :

« Article 6. Aussitôt la réception du cadavre à la Basse-Geôle, il sera exposé nu aux regards du public, avec les précautions dues à la décence et aux mœurs ; ses vêtements seront suspendus à côté pour aider à la reconnaissance. Cette exposition durera trois jours.

» Art. 8. En cas de reconnaissance du cadavre à la Basse-Geôle, ceux qui le reconnaitront en feront leur déclaration devant le juge-de-paix ou le commissaire de police le plus voisin, qui leur en délivrera expédition. Sur le vu de cette déclaration, le préfet de police ordonnera la remise du cadavre et son inhumation en la manière accoutumée, sous les noms indiqués pour lui appartenir. Les réclamants paieront, s’ils en ont la faculté, les frais de repêchage et visite du cadavre, ceux de son transport à la Basse-Geôle et de son inhumation, sinon ils seront acquittés ainsi qu’il est dit en l’art. 13. Les vêtements et autres effets trouvés sur le cadavre leur seront remis.

» Art. 9. Tous les procès-verbaux relatifs aux cadavres envoyés à la Basse-Geôle, ainsi que les ordres d’inhumation, seront inscrits sur un registre tenu à cet effet à la préfecture de police.

» Art. 10. Il sera aussi tenu à la Basse-Geôle un registre où seront inscrits, jour par jour, la date de l’entrée des cadavres, leur signalement et les causes présumées de leur mort, ainsi que la date de leur sortie, soit pour être inhumés, soit pour être remis aux réclamants.

» Art. 12. Lorsqu’il sera repêché dans la rivière des portions de cadavre, celui qui les aura repêchées en donnera sur-le-champ avis au commissaire de police le plus voisin, et il sera procédé de la même manière que pour un cadavre entier.

» Art. 15. Il est expressément enjoint au greffier de la Basse-Geôle de vérifier, aussitôt l’arrivée d’un cadavre à la Basse-Geôle, si son signalement ne se trouverait pas conforme à l’un de ceux portés aux déclarations mentionnées en l’article précédent, auquel cas il en fera prévenir de suite la personne qui aura fait ladite déclaration, avec invitation de venir reconnaitre le cadavre pour être ensuite procédé ainsi qu’il est dit en l’art. 8. »

Ordonnance de police du 29 thermidor an XII. — Cette ordonnance portant affectation spéciale du nouveau bâtiment de la Morgue, renferme les dispositions suivantes :

» Article 1er. À compter du 1er fructidor prochain, la Basse-Geôle du ci-devant Châtelet de Paris sera et demeurera supprimée.

» Art. 2. À compter du même jour, les cadavres retirés de la rivière où trouvés ailleurs, dans le ressort de la préfecture de police, et qui n’auraient pas été réclamés, seront transportés et déposés dans la nouvelle Morgue, établie sur la place du Marché-Neuf (aujourd’hui quai du Marché-Neuf), quartier de la Cité. Ils y resteront déposés pendant trois jours, à moins qu’ils n’aient été reconnus et réclamés dans un moindre délai. Ils ne pourront être inhumés sans un ordre du préfet de police. »

Description du monument. — Détails sur le service intérieur.

Le monument de la Morgue, dont les dispositions intérieures ont reçu depuis peu d’années d’importantes améliorations, forme saillie, de toute sa profondeur, sur l’alignement du parapet qui borde le petit bras de la Seine. Une grande porte cochère donne accès à un immense vestibule. À gauche, en entrant, se trouve la Salle d’Exposition, que sépare du vestibule, dans toute sa longueur, un vitrage protégé par une barrière et derrière lequel s’étendent deux rangées de tables en marbre noir, inclinées vers les pieds et garnies chacune, vers l’endroit le plus élevé, d’une espèce d’oreiller ou pupitre, recouvert d’une feuille de cuivre qui maintient la tête dans une position convenable pour être bien vue. À droite, est le bureau du préposé de l’administration qui, sous le titre de greffier-concierge, et sous l’inspection d’un médecin, dirige l’établissement. À côté du bureau se trouve la salle d’autopsie, contenant deux tables de dissection, dont la plus neuve, la seule à peu près qui serve pour ces opérations, est garnie d’un appareil désinfectant, qui la met en communication avec un fourneau d’appel de près de 2 m. de haut, qui est placé dans la pièce voisine. Plus loin est la remise, qui renferme la voiture, en forme de caisson, dans laquelle on transporte au cimetière, sans pompe et roulés dans une serpillière, les corps qui ne sont pas reconnus ou qui ne sont pas réclamés. Dans une pièce voisine, que nous appellerons salle de lavage, et qui est dallée dans toute son étendue, se trouve une espèce de bassin long, en pierre dure et à large margelle, dans lequel on nettoie les effets apportés avec les cadavres. Près de ce bassin est placé un gros robinet, ordinairement garni d’un tuyau de pompe, et qui sert à laver les corps avant de les exposer. Dans une salle de dégagement, aussi dallée dans toute son étendue, et qui est située entre la précédente et la salle d’exposition, on dépose provisoirement sur des tables de pierre, et à l’abri des insectes, au moyen de demi-cylindres en toile métallique, les corps dont la reconnaissance a été opérée ou ceux qui sont dans un état de décomposition trop avancé pour être exposés, en un mot tous ceux qui attendent l’inhumation ; enfin, dans les combles se trouve un réduit dans lequel doit coucher celui des deux garçons de service qui passe la nuit dans l’établissement pour recevoir à toute heure les cadavres qui peuvent y être apportés.

But de l’institution. — Améliorations opérées.

L’établissement de la Morgue est spécialement destiné à l’exposition publique des individus sur l’état civil et le domicile desquels on n’a pu se procurer de renseignements suffisants pour faire dresser leurs actes de décès. — Le but que l’administration s’est proposé d’atteindre par l’institution de la Morgue est évidemment d’arriver à ce que le plus grand nombre possible des corps qu’on y transporte soit reconnu. Une exposition publique prolongée serait sans doute le meilleur moyen d’arriver à ce résultat, mais de puissantes considérations de salubrité ne permettent pas, dans l’état actuel de la science, de s’arrêter sérieusement à ce moyen, et il est aujourd’hui reconnu que les cadavres ne peuvent sans inconvénient séjourner plus de trois jours à la Morgue. C’est donc dans ce délai assez restreint qu’il s’agit d’obtenir les reconnaissances, puisqu’au-delà elles ne pourraient être opérées que sur le vu des effets seulement, et présenteraient dès lors plus de difficultés et surtout moins de certitude.

C’est dans ce sens qu’ont été dirigés jusqu’à présent les efforts de l’administration et, grâce à l’intelligente activité du greffier actuel de la Morgue, grâce à la promptitude des démarches officieuses faites pour faciliter et hâter les reconnaissances, le service de cet établissement a subi depuis quelques années d’importantes améliorations.

Ainsi, en 1830, quatre corps seulement étaient reconnus sur dix qu’on apportait à la Morgue, et aujourd’hui les reconnaissances s’élèvent à près des 9/10es ; autrefois les corps séjournaient en moyenne quatre à cinq jours à la Morgue avant d’être inhumés ou reconnus ; aujourd’hui la moyenne du séjour qu’ils y font n’est que de vingt-quatre heures environ.

Statistique sur la Morgue. — Développement sur les accidents et les suicides.

Nous allons terminer cette notice par une statistique détaillée qui donnera une idée de l’importance de l’établissement.

La Morgue de Paris reçoit en moyenne chaque année : 1o des quarante-huit quartiers de Paris ; 2o des soixante-dix-huit communes de la banlieue ; 3o des communes de Sèvres, Saint-Cloud et Meudon, comprises dans le ressort de la préfecture de police quoique faisant partie du département de Seine-et-Oise ; 4o de quelques autres communes environnantes, telles qu’Argenteuil, Saint-Germain, etc.

1o Portions de cadavres (10 à 12 chaque année) 11
2o Fœtus 38
3o Nouveau-nés à terme 26
4o Cadavres d’adultes (hommes 238, femmes 51) 289

Ce nombre de 289 adultes se divise en quatre catégories principales :

Hommes Femmes Total
Homicides 3 2 5
Morts subites ou par maladie 34 11 45
Blessures accidentelles suivies de mort 66 4 70
Suicides 134 35 169

Ces deux derniers articles méritent quelques développements que nous allons donner sous forme de tableaux synoptiques et qui, nous l’espérons, n’offriront pas moins d’intérêt au moraliste qu’au simple curieux. Nous devons toutefois faire observer que, malgré l’exactitude presque rigoureuse des documents que nous donnons, on n’aurait qu’une idée imparfaite du nombre des accidents et des suicides dont le département de la Seine est chaque année le théâtre, si nous n’y faisions figurer que le nombre des corps apportés à la Morgue. On le comprendra facilement si l’on veut bien remarquer que les individus blessés, tués ou suicidés dans leur domicile ou dans d’autres endroits où ils sont connus, ne sont presque jamais conduits à la Morgue, puisqu’on possède généralement sur leur état civil les renseignements nécessaires pour faire dresser leur acte de décès ; nous avons donc cru indispensable de compléter nos tableaux en y ajoutant le chiffre des victimes d’accidents et de suicides dont les corps ne sont pas transportés à la Morgue.

Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, p.469.png
Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, p.470.png

Les genres de mort suivant l’âge, sont à peu près dans la même proportion pour les corps qui ne sont pas transportés à la Morgue.

Morland (boulevart).

Commence au boulevart Bourdon ; finit à la rue de Sully et au quai des Célestins. Le côté gauche n’est pas encore bordé de constructions ; le seul pair est 2. Sa longueur est de 454 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

On le nommait autrefois quai du Mail, en raison d’un mail dont la construction avait été ordonnée par Henri IV, et qui fut supprimé au milieu du XVIIIe siècle. — « Au Palais des Tuileries, le 14 février 1806. Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit… : Art. 3e. Le quai du Mail, qui sera appelé le quai du colonel Morland, en mémoire du colonel des chasseurs de la garde de ce nom, tué à Austerlitz, sera porté à une largeur de 17 m. 50 c. etc… »

Jusqu’en 1843, cette voie publique longeait le petit bras de la Seine, qui bordait l’île Louviers. Par suite du comblement du bras du Mail et de la construction d’un nouveau quai, celui qui nous occupe a été transformé en boulevart dont la largeur doit être de 20 m. Ce boulevart a été nivelé et planté en 1844 (Voyez l’article de l’île Louviers).

Mortagne (impasse).

Située dans la rue de Charonne, entre les nos 39 et 41. Pas de numéro. Sa longueur est de 47 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Elle doit son nom à sa proximité de l’hôtel Mortagne, depuis hôtel Vaucanson. Cette impasse a porté aussi la dénomination d’impasse des Suisses. Une ordonnance royale à la date du 4 avril 1831, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 20 c. à 3 m. 10 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 20 c.

Moscou (rue de).

Commence aux rues de Berlin et d’Amsterdam ; finit au chemin de ronde de la barrière de Clichy. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 475 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Elle a été ouverte, en 1840, sur les terrains appartenant à MM. Riant, Mignon et Mallet frères. Sa largeur est de 12 m. Cette rue, qui n’est pas encore autorisée par l’administration, porte le nom de l’ancienne capitale de la Russie.

Motte-Picquet (avenue de la).

Commence à la rue de Grenelle, no 151 ; finit au chemin de ronde de la barrière de l’École-Militaire. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 34. Sa longueur et de 1 358 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

La partie comprise entre la rue de Grenelle et les avenues de la Bourdonnaye et de Tourville, fut tracée vers 1680 ; le surplus n’a été formé qu’en 1775. Cette avenue appartient à la ville de Paris en vertu d’une loi du 19 mars 1838. — Conduite d’eau dans une partie. (Voyez avenue de La Bourdonnaye.)

Toussaint-Guillaume Picquet de la Motte, connu sous le nom de La Motte-Picquet, né à Rennes (Ille et Vilaine) vers 1720, entra au service à l’âge de quinze ans. Il avait déjà fait neuf campagnes, lorsqu’il s’embarqua, en 1745, sur la Renommée, commandée par le capitaine Kersaint. L’année suivante, cette frégate qui avait livré aux Anglais plusieurs combats glorieux, revenait pour la troisième fois du Canada en Europe, lorsqu’elle tomba pendant la huit au milieu de l’escadre de l’amiral Anson. Le commandant anglais détache aussitôt contre elle une frégate de 36 canons. La Renommée la démâte et l’oblige de se retirer. Une deuxième frégate entre aussitôt en lice, elle éprouve le même sort ; l’amiral Anson envoie alors un vaisseau de 70, qui couvre la Renommée de mitraille. Le capitaine Kersaint tombe grièvement blessé. Croyant avoir assez combattu pour l’honneur de son pavillon, il fait appeler ses officiers et leur propose de se rendre. « Est-ce pour cela que vous m’avez fait venir ? demande La Motte-Picquet ; en ce cas je retourne à mon poste. » Il prend le commandement de la frégate et l’action recommence plus terrible encore. La mitraille lui déchire la joue, un boulet de canon lui enlève son chapeau ; l’intrépide marin conserve son sang-froid au milieu de l’ouragan de fer, et manœuvre avec tant de précision et d’habileté qu’il parvient à gagner le Fort-Louis en tenant tête à l’ennemi.

Au commencement de la guerre d’Amérique, nous retrouvons La Motte-Picquet chef d’escadre. Au combat d’Ouessant, en 1778, il montait le Saint-Esprit, et combattit sans désavantage contre des forces supérieures. Ensuite il alla croiser sur les côtes d’Angleterre avec dix vaisseaux ; un mois après l’intrépide marin rentrait à Brest conduisant treize prises faites sur l’ennemi. En 1779, La Motte-Picquet rejoignit le comte d’Estaing et contribua par sa valeur à la prise de la Grenade, ainsi qu’à la victoire remportée à la fin de juin sur le vice-amiral Byron. L’Annibal serre-file de la ligne Française eut beaucoup à souffrir dans ce combat.

La Motte-Picquet fut ensuite chargé d’effectuer avec une escadre de sept vaisseaux le débarquement des troupes qui attaquèrent Savannah. Le siège ayant été levé, il fit voile avec trois vaisseaux seulement pour la Martinique. La Motte-Picquet y faisait réparer ses bâtiments, lorsque le 18 décembre les signaux de la côte annoncèrent qu’un convoi de vingt-six voiles françaises, escorté par une frégate, était poursuivi par une flotte anglaise de quinze vaisseaux. L’officier que La Motte avait envoyé au marquis de Bouillé, gouverneur de la Martinique, pour lui en donner avis, n’eut que le temps de revenir pour s’embarquer. Déjà les voiles de l’Annibal était enverguées, les câbles coupés ; La Motte se porta seul en avant pour attaquer la tête de l’escadre ennemie. Le Vengeur et le Réfléchi ayant embarqué avec une promptitude inespérée les munitions dont ils étaient dépourvus, vinrent joindre l’Annibal qui se défendait comme un lion. La lutte dura quatre heures ; enfin l’amiral anglais fit signe de ralliement à ses vaisseaux, et La Motte-Picquet rentra au Fort-Royal avec la plus grande partie du convoi. Le lendemain l’amiral anglais Parker écrivit à La Motte-Picquet pour le complimenter sur sa brillante valeur. La Motte-Picquet fut fait cordon rouge en 1780, à l’occasion de ce brillant combat du Fort-Royal, et lieutenant général en 1782. Nommé grand’croix en 1784, il mourut à Brest le 11 juin 1791.

Mouffetard (caserne).

Située dans la rue Mouffetard, no 61. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette caserne a été construite en 1824, sur l’emplacement de l’ancienne communauté des religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, dites de Saint-Julien et de Sainte-Basilisse. Ce couvent fut fondé d’abord à Gentilly, en 1652, par Jacques le Prévost d’Herbelai, maître des requêtes, qui assura aux Hospitalières, chargées de donner des soins aux filles et femmes malades, une rente de 1 500 livres. Ces religieuses vinrent s’établir, en 1653, dans la rue Mouffetard. La maison qu’elles occupaient fut réparée en 1710. Cette communauté religieuse a été supprimée en 1790. Les bâtiments ont été en grande partie démolis, et de 1824 à 1830, on construisit sur leur emplacement une caserne de gendarmerie, qui fut vendue le 26 mars 1840, par l’administration des hospices à la ville de Paris, moyennant 154 366 francs. Cette caserne est aujourd’hui occupée par un détachement de la garde municipale.

Mouffetard (rue).

Commence aux rues des Fossés-Saint-Victor, no 41, et Fourcy, no 1 ; finit au boulevart de l’Hôpital et à la place de la barrière d’Italie. Le dernier impair est 329 ; le dernier pair, 304. Sa longueur est de 1 540 m. — 12e arrondissement, de 1 à 89, quartier du Jardin-du-Roi ; de 2 à 14, quartier Saint-Jacques ; de 16 à 154, quartier de l’Observatoire ; de 91 à la fin et de 156 à la fin, quartier Saint-Marcel.

Ce n’était au XIIIe siècle qu’un chemin qui traversait un territoire appelé dans les titres de cette époque, Mons Cetarius et Mons Cetardus. L’abbé Lebœuf en a conclu avec raison que le nom de Mont-Cétard a été changé en celui de Mouffetard. Elle a été aussi nommée au commencement du XVIIe siècle rue Saint-Marcel, Grande rue Saint-Marcel et Vieille rue Saint-Marcel. La partie comprise entre la rue Croulebarbe et la barrière, s’appelait au XVIIIe siècle rue Gautier-Renaud, du nom d’un propriétaire qui y demeurait. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 8 juillet 1839. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : La caserne de la garde municipale, les nos 65, 177, 179, 255, 307, 309, 315, 321, 323, 325, 327 et 329 ; 62, 140, encoignure droite de la rue Pascal, 158, 166, 168, 178 ; 180, 266, 268, l’entrée des Gobelins, 272, 274, 278, 286, 288, 292, et les constructions situées entre la rue du Petit-Gentilly et la place de la barrière d’Italie. — Égout : 1o entre les rues de l’Arbalète et Censier ; 2o entre les rues du Fer-à-Moulin et du Petit-Moine. — Conduite d’eau depuis la rue de l’Arbalète jusqu’à celle des Gobelins. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Une ordonnance royale du 15 janvier 1844, a déclaré d’utilité publique la démolition de la maison no 156, formant l’encoignure de la rue de Lourcine.

Moulin-du-Temple (rue du Haut-).

Commence à la rue Delatour, no 11 ; finit à la rue du Faubourg-du-Temple, nos 12 et 14. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 6 bis. Sa longueur est de 244 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ce n’était qu’un chemin au commencement du XVIIIe siècle ; on le nommait alors des Marais, parce qu’il avait été tracé sur des terrains en marais. On le désigna ensuite sous la dénomination de Merderet, parce qu’on y déposait toutes sortes d’immondices. Son nom actuel lui vient des moulins construits sur une élévation qui se trouvait entre cette voie publique et le boulevart. — Une décision ministérielle à la date du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette rue à 10 m. Les constructions voisines de la rue Delatour, et la propriété située sur le côté gauche vers le milieu de la rue sont alignées ; le surplus est soumis à un fort retranchement. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Moulin-en-la-Cité (rue du Haut-).

Commence à la rue Glatigny, no 6 ; finit à la rue de la Cité, no 1, et au quai Napoléon, no 33. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 72 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

En 1204, on la nommait rue Neuve-Saint-Denis. Guillot l’appelé, vers 1300, rue Saint-Denis de la Chartre, parce qu’un des côtés latéraux de l’église Saint-Denis de la Chartre bordait cette voie publique. Au XVIe siècle, une partie se nommait des Hauts-Moulins, en raison de quelques moulins construits sur la Seine qui coule près de cette rue ; l’autre partie était désignée sous la dénomination de Saint-Symphorien, parce que la chapelle Saint-Symphorien, dite plus tard chapelle Saint-Luc, y était située. — Une décision ministérielle à la date du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les propriétés nos 5, 7, 9 et 10, sont alignées ; une partie de la maison no 11, et celle no 13, devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Conduite d’eau depuis la rue de la Cité jusqu’à la borne-fontaine.

Au no 11 était située la chapelle Saint-Luc. À la place qu’elle occupait, existait autrefois un oratoire sous le titre de Sainte-Catherine. Son origine est inconnue. Elle tombait en ruine lorsque Mathieu de Montmorency résolut de faciliter sa reconstruction. Ce seigneur, qui n’avait pas accompli le vœu d’aller en Palestine, voulut expier sa faute en abandonnant à l’évêque Eudes de Sully les droits qu’il avait sur cet oratoire. L’acte relatif cet abandon est de 1206. Éliénor, comtesse de Vermandois, et plusieurs autres personnes d’une grande piété, ajoutèrent bientôt de nouvelles dotations qui permirent d’établir dans cette chapelle restaurée quatre chapelains desservants. Quelques années après elle quitta le nom de Saint-Denis qu’on lui avait donné d’abord pour prendre celui de Saint-Symphorien. Les chapelains obtinrent le titre de chanoines en 1422. Depuis on transféra dans cette église la paroisse Saint-Leu et Saint-Gilles. Cette réunion ne subsista que jusqu’en 1698 ; le chapitre et la paroisse passèrent alors à l’église de la Madeleine de la Cité. Cette chapelle, cédée en 1704, à la communauté des peintres, sculpteurs et graveurs, prit alors le nom de Saint-Luc, leur patron. Devenue propriété nationale en 1790, la chapelle Saint-Luc fut vendue le 4 brumaire an IV.

Moulin-Joli (impasse du).

Située dans la rue des Trois-Couronnes, no 35. Pas de numéro. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de rue du Moulin-Joli. Elle aboutissait alors à un chemin qui conduisait au mur d’enceinte. La dénomination de Moulin-Joli lui vient d’un moulin à vent près duquel un sieur Joli avait établi un restaurant. Il n’existe point d’alignement pour cette impasse.

Moulins Barrière de Reuilly (rue des Deux-).

Commence au chemin de ronde de la barrière de Reuilly ; finit à la rue de Picpus, no 72. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 4. Sa longueur est de 234 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Cette rue, tracée à la fin du siècle dernier, tire sa dénomination de son voisinage de quelques moulins à vent. Il n’existe point d’alignement ministériel pour cette voie publique dont la largeur actuelle varie de 7 m. 80 c. à 8 m. 80 c.

Moulins-Saint-Marcel (rue des Deux-).

Commence au chemin de ronde de la barrière de la Gare ; finit à la Grande Rue d’Austerlitz, et au boulevart de l’Hôpital. Pas de numéro. Sa longueur est de 468 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle faisait autrefois partie du village d’Austerlitz et devait sa dénomination à deux moulins qui existaient encore il y a quelques années. Plusieurs constructions ont été élevées dans cette rue d’après un alignement qui lui donne 13 m. de largeur. (Voyez Grande Rue d’Austerlitz.)

Moulins-Saint-Roch (rue des).

Commence aux rues des Orties, no 7, et des Moineaux, no 2 ; finit à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 49 et 51. Le dernier impair est 25 ; le dernier, pair, 32. Sa longueur est de 191 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Un grand nombre de constructions bordait cette voie publique en 1624. On l’a ainsi nommée parce qu’elle se dirige sur une hauteur où l’on voyait encore des moulins au milieu du XVIIe siècle. De la rue Neuve-des-Petits-Champs à la rue Thérèse on l’appela d’abord rue Neuve-de-Richelieu, ensuite rue Royale. En 1793 le nom des Moulins lui fut assigné dans toute sa longueur. — Une décision ministérielle à la date du 3 frimaire an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les propriétés du côté des numéros impairs et celles de 2 à 18 inclus sont alignées. Les autres constructions ne devront subir qu’un léger redressement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La maison qui porte le no 14 fut quelque temps habitée par le vénérable abbé de l’Épée.

En parcourant aujourd’hui nos rues nouvelles, on cherche en vain le nom de l’instituteur des sourds-muets. C’est un oubli fâcheux que l’administration municipale s’empressera sans doute de réparer.

Moussy (rue de).

Commence à la rue de la Verrerie, nos 8 et 10 ; finit à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 21 et 23. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 137 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Sous le règne de Philippe-Auguste cette voie publique était presqu’entièrement bâtie. Au XIIIe siècle on la nommait rue du Franc-Mourier, Morier et Meurier. Le libraire Corrozet la désigne ainsi ruelle descendant à la Verrerie. Elle doit sa dénomination actuelle, qu’elle porte depuis le commencement du XVIe siècle, à Jean de Moussy, échevin en 1530, sous la prévôté de maître Jean Luillier. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Par arrêté du préfet de police, du 17 juillet 1819, on a établi des grilles qui interceptent la circulation dans cette rue. En vertu d’une ordonnance royale du 6 décembre 1827, sa largeur est fixée à 10 m. La maison no 5 est alignée. Toutes les autres constructions devront subir un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Verrerie jusqu’à la borne-fontaine.

Mouton (rue du).

Commence à la place de l’Hôtel-de-Ville, no 39 ; finit à la rue de la Tixéranderie, no 22. Le dernier impair est 13. Pas de numéro pair. Sa longueur est de 59 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dès 1263 une propriété de cette rue était indiquée sous le nom de la Maison du Mouton. Un arrêt du conseil du 24 mars 1679, ordonna l’élargissement de cette voie publique. Par décision ministérielle, en date du 20 septembre 1817, la largeur de cette rue devait être de 7 m. 50 c. En vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836, cette largeur fut fixée à 10 m. Au mois de mai 1844, on a démoli les bâtiments qui bordaient le côté droit, en sorte que la rue du Mouton est confondue aujourd’hui avec la place de l’Hôtel-de-Ville. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 2 m. 60 c. environ. — Égout. — Éclairage au gaz, (compe Lacarrière).

Muette (rue de la).

Commence à la rue de Charonne, nos 133 et 135 ; finit à la rue de la Roquette, nos 104 et 106. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 443 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Elle doit cette dénomination au territoire sur lequel elle fut construite. Le lieu dit la Muette est indiqué dans la déclaration des censitaires du grand chambrier de France, en 1540. Une ordonnance royale du 6 mai 1827 a fixé la largeur de cette voie publique à 13 m. Maison à l’encoignure de la rue de Charonne, retranch. réduit 50 c. ; 1, alignée ; 3, ret. réduit 1 m. 50 c. ; de 5 à 11, ret. 1 m. 90 c à 2 m. 30 c. ; 13, en partie alignée, surplus ret. 1 m. 80 c. ; de 17 à 27, ret. 2 m. 30 c. à 2 m. 60 c. ; 29, alignée ; 31, ret. réduit 2 m. ; encoignure gauche de la rue des murs de la Roquette, alignée ; 33, ret. réduit 50 c. ; 35, pas de ret. ; encoignure de la rue de la Roquette, ret. 1 m 10 c. à 2 m. 50 c. ; de 2 à 22, ret. 2 m. 80 c. à 4. m. ; 24, alignée ; 26, ret. 3 m. 70 c. à 5 m. 40 c. ; terrain à la suite, ret. 1 m. 60 c. — Conduite d’eau.

La communauté des Filles-de-Sainte-Marthe était située dans cette rue, au no 10. Elle fut instituée en 1713, par madame veuve Théodon, dans le but de procurer une instruction convenable aux jeunes filles du faubourg Saint-Antoine. Le siège de cet établissement fut d’abord placé dans la grande rue de ce faubourg. En 1719 il fut transféré dans la rue de la Muette. Cette communauté a été supprimée en 1790.

Mulets (rue des).

Commence à la rue d’Argenteuil, nos 32 et 34 ; finit à la rue des Moineaux, nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 22 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Le premier acte qui la mentionne est de l’année 1663. Elle doit sa dénomination aux mulets qui transportaient les sacs de blé aux moulins situés dans le voisinage. — Une décision ministérielle, à la date du 18 fructidor, an IX, signée Chaptal fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette dimension est portée à 8 m. La largeur actuelle est de 1 m. 10 c. à 1 m. 30. Cette voie publique est depuis longtemps fermée à ses deux extrémités. Les constructions du côté gauche, en entrant par la rue d’Argenteuil, sont alignées. Celles du côté opposé devront reculer de 6 m. 70 c. à 6 m. 90 c.

Mulhouse (rue de).

Commence à la rue de Cléry, nos 27 et 29 ; finit à la Petite-rue-Saint-Roch, nos 5 et 9. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 78 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Une ordonnance royale du 24 janvier 1843, porte « Article 1er. Les sieurs Périer frères sont autorisés à ouvrir sur l’emplacement d’un hôtel qui leur appartient à Paris, rue de Cléry, no 27, et sur les jardins joignant la rue Saint-Roch qui en dépendent, une rue de 12 m. de largeur, destinée à établir une communication de l’une à l’autre de ces voies publiques, etc. — Art. 2e. L’autorisation résultant de l’article précédent est accordée à la charge par les sieurs Périer ou leurs ayant cause, de céder gratuitement à la ville de Paris le sol de la nouvelle voie publique et de se conformer aux charges, clauses et conditions exprimées dans la délibération du conseil municipal, en date du 8 avril 1842. Les conditions imposées par le conseil municipal sont celles ci-après : « De faire établir le premier pavage de ladite rue en chaussée bombée et en pavés durs d’échantillon ; de supporter les frais d’établissement des bornes nécessaires au lavage des ruisseaux, même dans le cas où le sommet des pentes exigerait qu’elles fussent posées dans les rues voisines ; de supporter pareillement les frais d’établissement depuis la conduite publique la plus voisine, des tuyaux nécessaires à l’alimentation de ces bornes-fontaines et à la distribution des eaux dans toute la longueur de la rue ; de faire établir dans la rue Saint-Roch l’embranchement et les bouches d’égout indispensables pour l’absorption des eaux de la nouvelle rue. Les divers travaux de pavage, de bornes-fontaines de tuyaux et d’égouts seront exécutés sous la direction des ingénieurs, conformément aux plans et dans les dimensions qui seront arrêtés par l’administration ; de supporter les frais d’établissement et de pose du matériel pour l’éclairage au gaz ; de faire établir de chaque côté de la nouvelle rue des trottoirs en granit, avec ruisseaux refouillés dans les bordures, suivant le plan qui en sera arrêté par l’administration ; d’assurer à toujours, par les soins d’un cantonnier, le balayage de la chaussée, des trottoirs et des ruisseaux aux frais des propriétaires riverains et conformément aux prescriptions de la police ; de se conformer à tous les règlements de voirie, de se soumettre à la surveillance des agents de l’administration pendant le cours des constructions, et d’acquitter les droits de voirie auxquels les nouvelles constructions donneront lieu ; de tenir la nouvelle rue close de barrières à ses points de jonction avec les rues anciennes, jusqu’au jour où elle aura été reçue par l’administration ; de livrer la rue entièrement nivelée, pavée et éclairée avant le 1er juillet 1844. » — Ce percement a été immédiatement exécuté. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Mulhouse, l’une des principales villes du département du Haut-Rhin, est renommée par ses draperies, ses mousselines et ses toiles peintes. On a donné son nom à la voie publique dont nous nous occupons, parce qu’elle est située dans un quartier habité par des négociants qui vendent les produits manufacturés à Mulhouse.

Murier (rue du).

Commence à la rue Saint-Victor, nos 133 et 135 ; finit à la rue Traversine, nos 9 et 11. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 83 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Les cartulaire de Sainte-Geneviève, de 1243 à 1249, l’indiquent sous la dénomination de rue Pavée. Ce nom se trouve aussi dans tous les terriers postérieurs jusqu’au XVe siècle. Guillot l’avait appelée Pavée-Goire. Du temps du libraire Gilles Corrozet, c’était déjà la rue du Murier. — Une décision ministérielle, à la date du 28 pluviôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 juillet 1831. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 60 c. Celles du côté opposé devront reculer de 2 m. 60 c. à 2 m. 90 c.

Musc (rue du Petit-).

Commence au quai des Célestins, no 10, et à la rue de Sully ; finit à la rue Saint-Antoine, nos 210 et 212. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 333 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Cette rue occupe une partie de l’emplacement d’une voirie et de l’ancien champ au plâtre ; située hors de l’enceinte de Philippe-Auguste, on la nomma rue Put-y-Musse. Ces mots Put-y-Musse signifiaient fille publique ou put… s’y cache. En effet, cette rue sale et étroite servit longtemps de repaire aux femmes de mauvaise vie. C’est à tort que Germain Brice avance que la rue du Petit-Musc était ainsi appelée du mot latin petimus, parce que, dit-il, Charles VI avait fait construire, sur l’emplacement qu’elle occupe, un logement pour le maître des requêtes dont les exploits commençaient toujours, suivant l’usage d’alors, par petimus, nous demandons, etc. Cette assertion est inexacte : l’hôtel des maîtres des requêtes était situé dans la rue Saint-Paul. On lui donna plus tard le nom de rue aux Célestins, en raison du couvent des ces religieux, qui bordait une partie de cette voie publique. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette rue à 9 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 5 décembre 1830. De 1 à 15, retranch. 3 m. 10 c. à 4 m. 50 c. ; 17 et 19, ret. 4 m. 50 c. à 5 m. 10 c. ; 21, ret. réduit 3 m. 80 c. ; la caserne, ret. réduit 3 m. 20 c. ; de 4 à 8, ret. 1 m. 40 c. à 1 m. 70 c. ; encoignure droite de la rue de la Cerisaie, ret. 25 c. ; 10 et 12, ret. réduit 40 c. ; 14 ret. réduit 1 m. 20 c. ; 16, ret. réduit 2 m. 50 c. — Égout depuis le quai des Célestins jusqu’à la rue Neuve-Saint-Paul. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à la borne-fontaine.

Musée (place du).

Située entre le Louvre, les rues du Carrousel et du Musée. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle tire son nom du Musée, dont l’entrée est sur cette place. On lui a donné sous l’empire la dénomination d’Austerlitz. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette place. — Égout.

Musée (rue du).

Commence à la place du Musée ; finit à la place du Palais-Royal, nos 231 et 233. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 117 m. — Les numéros impairs sont du 1er arrondissement, quartier des Tuileries ; les numéros pairs dépendent du 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Elle est ainsi désignée en 1290 : Vicus de Fromentel et de Frigido-Mantello. En 1313 et depuis, elle est appelée indifféremment Froit-Mantel, Froid-Manteau, Froit-Mantyau, etc. Cette voie publique a été longtemps habitée par des filles de mauvaise vie. La rue Froidmanteau se prolongeait autrefois jusqu’à la galerie méridionale du Louvre, et débouchait sur le quai par un guichet qui existe encore. — En vertu d’une décision ministérielle du 16 février 1839, signée Montalivet, et rendue sur la demande des propriétaires riverains, cette voie publique a reçu le nom de rue du Musée. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette rue dont la largeur actuelle est de 4 m. 90 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Musées (les).

Parmi les établissements les plus curieux de la capitale, les musées doivent être placés au premier rang. Mais pour analyser les beautés qu’il renferment, un volume suffirait à peine. Nous nous bornerons à rappeler ici l’époque de leur fondation en indiquant seulement leurs principales richesses.

musée d’artillerie.
Situé place Saint-Thomas-d’Aquin. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Cet établissement a été fondé par une loi du 24 floréal an II (14 mai 1794). On commença par rassembler les armes rares et curieuses qui avaient été recueillies dans les maisons provenant d’émigrés, et dans quelques dépôts établis pendant la révolution. Ces richesses furent placées jusqu’en 1796 dans le couvent des religieux Feuillants ; mais ce musée passa bientôt sous la direction de l’artillerie et les armes furent transportées dans les bâtiments des Jacobins réformés, appartenant au domaine national. Les conquêtes de la France en Italie, en Espagne et en Allemagne, augmentèrent successivement le musée d’artillerie.

Les diverses collections dont se compose ce magnifique établissement, sont distribuées dans cinq grandes galeries. Les anciennes armes défensives, telles que cottes de mailles, cuirasse, casques, boucliers et autres sont placées dans la pièce la plus vaste, qu’on nomme galerie des Armures. Les collections d’armes offensives, les modèles de tous les systèmes d’artillerie, une grande quantité d’autres modèles d’armes de toute espèce, de machines et d’instruments servant à l’artillerie, occupent les quatre autres galeries.

Dans chacune de ces quatre galeries, on a établi en face des croisées, un râtelier garni d’armes portatives tant anciennes que modernes, depuis l’arquebuse à mèche jusqu’au fusil à platine percutante.

Cette curieuse collection a éprouvé de grandes pertes dans deux circonstances politiques bien différentes, à l’époque de l’invasion étrangère, en 1814 et 1815, et dans les journées de juillet 1830.

Les ennemis nous enlevèrent plusieurs caisses énormes d’armes précieuses qui sont restées la proie du vainqueur. En 1830, le peuple prit pour sa défense la plus grande partie des anciennes armes du musée, mais après la lutte presque toutes furent rendues.

musée dupuytren.
Situé dans la rue de l’École-de-Médecine, en face de la rue Hautefeuille. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

En octobre 1834, M. Orfila, doyen de la faculté de médecine de Paris, fut consulté par Dupuytren sur une clause du testament olographe par lequel ce dernier léguait à la faculté une somme de 200 000 francs, pour fonder une chaire d’anatomie pathologique interne et externe. M. Orfila engagea le célèbre chirurgien à modifier cette clause du testament. « Votre legs, lui dit-il, sera plus utile à l’enseignement et plus honorable à votre famille, si vous déclarez que vous léguez à la faculté les 200 000 fr. pour l’établissement d’un Muséum d’anatomie pathologique, à la condition que le ministre et le conseil royal de l’Université, en acceptant ce legs, consentiront à créer une chaire pour l’enseignement de cette science. Ce Muséum portera votre nom, et la postérité la plus reculée ne pourra oublier votre bienfait. »

Dupuytren qui d’abord ne goûta pas cette idée, l’accueillit ensuite avec faveur. « Si je suis assez heureux pour guérir, avant un an vous aurez la chaire et le Musée ; si je ne me rétablis pas, je compte sur vous, dit-il à l’honorable doyen. » — Le double vœu de Dupuytren a été fidèlement rempli par son digne collègue. La clause n’ayant pas été modifiée, l’Université n’était tenue qu’à créer une chaire. Les 200 000 fr. légués pour cet objet furent versés le 20 juillet 1835, par les héritiers de Dupuytren, sa fille et son gendre (M. et Mme de Beaumont) qui eurent la générosité d’acquitter de leurs propres deniers les droits de mutation, afin que la somme restât complète. Mais en même temps, le ministre et le conseil royal de l’Université, sur la proposition de M. Ortila, donnaient la somme nécessaire pour la création du Muséum.

Le savant Cruveilhier, selon le vœu de son illustre ami, fut appelé à la chaire nouvelle, et le 2 novembre 1835, le docteur Broussais, en séance publique de la Faculté de Médecine, prononça le discours d’inauguration du Musée Dupuytren.

musées du louvre.

Par décret du 27 juillet 1793, la Convention ordonna l’établissement d’un Musée National, et fixa son ouverture au 10 août suivant ; 537 tableaux des plus grands maîtres furent exposés dans une des galeries du Louvre.

Sous le consulat et l’empire, cette collection précieuse s’augmenta d’un grand nombre d’ouvrages conquis sur l’ennemi et présentait, en 1814, un total de 1 224 tableaux.

Les désastres de 1815 nous obligèrent à restituer une partie de ces richesses. Néanmoins cette collection est encore unique dans le monde entier. Le Musée du Louvre ne renferme que les ouvrages des artistes morts.

Dans la grande galerie méridionale de ce palais a lieu tous les ans l’exposition des tableaux. En 1740, le directeur-général des bâtiments reçut du roi l’ordre de faire exposer les ouvrages exécutés dans le courant de l’année par les membres de l’académie de peinture et de sculpture. Ce monopole fut détruit par la révolution. Un décret du 21 août 1791 autorisa tous les artistes français et étrangers à prendre part aux expositions.

Le palais du Louvre contient plusieurs autres musées ; celui des Dessins, formé en 1797 ; le Musée des Antiques ou des Sculptures, ouvert le 9 novembre 1800 ; le Musée des Antiquités Égyptiennes et Romaines, fondé en 1827 ; le Musée Naval ; le Musée du Moyen-âge et de la Renaissance ; enfin le Musée Espagnol ; ces trois établissements formés depuis 1830, par sa majesté Louis-Philippe.

musée du luxembourg.

Marie de Médicis commença cette précieuse collection qui fut transférée au Louvre en 1780. Napoléon la fit replacer au Luxembourg en 1805, et l’augmenta d’un grand nombre de tableaux. Louis XVIII ordonna qu’on transportât au Louvre les productions de Lesueur, de Vernet et d’autres grands-maîtres, et les fit remplacer par des ouvrages d’artistes vivants.

Ce Musée, qui occupe une partie des deux ailes septentrionales du palais du Luxembourg, a été rendu public en 1818, et il est en général destiné à l’exposition des tableaux des peintres modernes, lorsque ces ouvrages ont été acquis par le gouvernement.

musée des thermes et de l’hôtel de cluny.
Situé dans la rue des Mathurins-Saint-Jacques. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

La dispersion des monuments rassemblés par Alexandre Lenoir dans l’ancien couvent des Petits-Augustins, excitait depuis longtemps de profonds regrets. Les amis de nos antiquités nationales souhaitaient que le gouvernement fit choix d’un local destiné à recueillir toutes les œuvres de sculpture, tous les débris historiques, tous les fragments du moyen-âge que d’heureux hasards pouvaient faire découvrir ou que de pieuses intentions pouvaient léguer aux générations futures.

Ce désir vient d’être exaucé. Le gouvernement a fait l’acquisition de l’hôtel de Cluny, et la ville de Paris abandonne à l’État la propriété du palais des Thermes. Ces deux monuments réunis viennent de recevoir un Musée archéologique, dont le noyau provient de la collection formée par feu Du Sommerard.

Avant de parler des objets curieux que renferme ce Musée, il n’est pas inutile de rappeler l’origine des deux édifices dont le gouvernement vient de faire l’acquisition.

Palais des Thermes.

Ce curieux débris d’un vaste monument élevé pendant la période romaine, conserve encore aujourd’hui le nom de Palais des Thermes.

À Rome on donnait cette dénomination à des établissements destinés à des bains chauds ; mais par la suite, ces édifices devinrent des palais où séjournaient les empereurs.

On attribue la fondation du palais des Thermes à Constance Chlore, qui durant quatorze années de règne paisible, de 292 à 306, gouverna les Gaules. Les bâtiments et les cours qui dépendaient de cet édifice, se prolongeaient du côté du sud jusqu’à la Sorbonne ; au-delà et du même côté, se trouvait la place d’Armes (campus), où Julien fut proclamé empereur. En cet endroit passait la voie romaine qui partait d’Orléans ; cette voie conduisait à deux points différents : au palais, par les arènes et les cours ; à l’île de la Cité en se dirigeant par une route qui existait anciennement entre les églises de la Sorbonne et de Saint-Benoît, et aboutissait au petit Pont ; au nord, les bâtiments de ce palais se prolongeaient jusqu’à la rive gauche du petit bras de la Seine.

De tout cet immense édifice il ne reste qu’une salle qui offre dans son plan deux parallélogrammes contigus formant une seule pièce. Le plus grand a 20 m. environ de longueur sur 14 de largeur ; le plus petit a 10 m. sur 6 m. Les voûtes sont à arêtes et à plein cintre et s’élèvent à 14 m. au-dessus du sol.

Ces voûtes ont été si bien construites, qu’elles ont résisté à l’action de quinze siècles. L’architecture de cette salle est simple et majestueuse. Les arêtes des murs en descendant se rapprochent et s’appuient sur une console qui représente la poupe d’un vaisseau. Cette poupe, symbole des eaux, servait à caractériser un édifice destiné à des bains.

La propriété du palais des Thermes appartenait en 1781 à l’ordre de Cluny. Par bail passé devant Mes Bro et Trutat, notaires au Châtelet de Paris, les 27 janvier et 6 mai de la même année, le cardinal de La Rochefoucauld, alors abbé de Cluny, loua pour 99 années à titre d’emphytéose au sieur Jean-Laurent Falaise, maître tonnelier, et à Marguerite Perrel son épouse, le palais des Thermes et ses dépendances, moyennant 1800 livres tournois de redevance emphytéotique, payables aux quatre termes ordinaires de l’année.

En 1790, cet édifice devint propriété nationale et fut cédé par l’État à la maison de Charenton, en vertu des décrets des 1er jour complémentaire de l’an XIII, et 9 septembre 1807, pour remplacer au profit de l’administration des hospices, ceux de ses biens qui avaient été aliénés pendant la révolution. Suivant acte administratif passé à la préfecture de la Seine, le 1er juillet 1819, en exécution, d’une ordonnance royale du 19 mai précédent, le sieur Jean-Laurent Falaise consentit la résiliation et la rétrocession du bail emphytéotique. Les renseignements suivants complètent la partie administrative consacrée à cet édifice.

« Paris, le 15 novembre 1837. — Louis-Philippe, etc… : Article 1er. Le directeur de la maison royale de Charenton est autorisé à vendre à la ville de Paris le palais des Thermes de Julien appartenant à cet hospice, moyennant une rente de 2 340 francs en 3 p.% sur l’État, et le paiement des frais de la vente. »

« Paris, le 27 avril 1844. Louis-Philippe, etc… : Vu la délibération du conseil municipal de la ville de Paris, en date du 27 janvier 1843. Vu la loi du 27 juillet 1843… qui ouvre un crédit pour l’acquisition de l’hôtel de Cluny et de la collection Du Sommerard, dans le but de fonder un Musée d’Antiquités Nationales, etc. — Article 1er. La ville de Paris est autorisée à céder gratuitement à l’État l’ancien palais des Thermes de Julien, contigu à l’hôtel de Cluny et destiné à l’établissement du Musée, aux clauses et conditions indiquées dans la délibération du conseil municipal sus-énoncée, etc. »

Hôtel de Cluny.

Vers le milieu du XIVe siècle, un abbé de l’ordre célèbre de Cluny, Pierre de Chaslus, fit l’acquisition d’une partie de l’ancien palais des Thermes et bâtit sur cet emplacement le premier hôtel de Cluny. Cette demeure était habitée par les abbés de cet ordre, lorsque leurs affaires les attiraient à Paris. Jean de Bourbon voulut entreprendre plus tard la reconstruction de cet hôtel ; la mort l’empêcha d’accomplir son dessein. En 1505, Jacques d’Amboise, l’un des neuf frères du vertueux ministre de Louis XII, mit ce projet à exécution. — Ce monument résume en lui trois âges d’architecture ; romain par la base élevé et décoré en partie par les dernières inspirations de l’art gothique, il a été terminé sous la gracieuse influence du style de la renaissance. L’édifice tout entier repose sur des fondements pétris de ce ciment qui a survécu au peuple-roi ; c’est sur ce rocher que l’artiste catholique a brodé et découpé tant de capricieuses fantaisies. Tous ceux qu’impressionnent les élégances de l’art architectonique admirent les bandeaux, les dentelures des fenêtres, la tourelle hardie et coquette avec son hélice de pierre.

La chapelle surtout est d’un style admirable quoique dépouillée de ses riches vitraux et des douze statues de saints qui remplissaient les niches de son pourtour si élégamment historié. Les armes de Jacques d’Amboise et les attributs de son patron indiqués par des coquilles et des bourdons de pèlerins, sont encore empreints sur les murs de ce charmant édifice qu’on ne saurait louer d’une manière plus exacte et plus poétique qu’en disant comme madame de Staël : c’est la prière fixée.

Dans une chambre qui existe encore, François Ier surprit Marie, veuve de Louis XII, en tête à tête avec le duc de Suffolck, et fit légitimer immédiatement leurs amours clandestins par un cardinal qu’il avait eu la précaution d’amener. — Sous le règne de Henri III, des comédiens s’établirent à l’hôtel de Cluny. Ils formaient une troupe récemment arrivée d’Italie. Leurs représentations attirèrent une telle affluence que les quatre meilleurs prédicateurs de Paris, dit l’Estoile, n’en avoient tous ensemble autant quand ils préchoient. Un arrêt du parlement, à la date du 6 octobre 1584, suspendit ces représentations. Les nonces du pape habitèrent ensuite l’hôtel de Cluny. Cette demeure leur était très commode en raison de la proximité de la Sorbonne où se tenaient les assemblées de la faculté de théologie.

Les religieuses de Port-Royal, ces pieuses femmes qui eurent l’honneur d’avoir Racine pour historien, habitaient l’hôtel de Cluny en 1625 ; elles restèrent en cet endroit jusqu’à l’achèvement de la maison qu’on leur bâtissait dans la rue de la Bourbe.

La tourelle servit aux observations astronomiques de Delisle, de Lalande et de Meslier que Louis XV nommait le Furet des Comètes. Néanmoins l’hôtel de Cluny fut toujours possédé par les abbés de cet ordre.

En 1790, ce charmant édifice devint propriété nationale. L’État, peu soucieux alors de la conservation de nos monuments historiques, vendit l’hôtel de Cluny le 23 pluviôse an VIII, avec la clause suivante : « En cas de nouvelles constructions des faces sur la rue, ou si le gouvernement ordonnait le redressement de la dite rue, l’adjudicataire sera tenu de se conformer aux alignements qui en seront donnés, et de fournir sans indemnité le terrain nécessaire pour cet effet. » — Le gouvernement actuel, en rachetant cet édifice, l’a préservé sans aucun doute d’une ruine prochaine.

Les appartements du premier et du second étages ont été successivement occupés par les grands établissements typographiques de MM. Moutard, Vincent Fusch, Leprieur. Ainsi la politique, la religion, l’art dramatique, les sciences, l’imprimerie revendiquent une part dans les annales de l’hôtel de Cluny.

De tous les habitants de ce manoir vénérable, feu Du Sommerard est celui qui a fait le plus pour en assurer la conservation, en indiquant le parti que la science en pouvait tirer. Conseiller-maître à la cour des comptes, il employa durant trente années tous les loisirs que lui laissaient ses fonctions à recueillir des objet d’art. Après la mort de ce savant et laborieux archéologue, le gouvernement s’empressa d’acheter cette précieuse collection qui fut rendue publique le 17 mai 1844.

Indépendamment de la chapelle, ce musée occupe huit ou dix salles du rez-de-chaussée et du premier étage de l’hôtel de Cluny. On y entre par cette merveilleuse porte qui donne sur la rue des Mathurins. Il faudrait un volume, un gros in-folio pour énumérer les richesses que renferme cet établissement. — Nous parlerons d’abord des étriers que portait François Ier à la bataille de Pavie. Conservés comme un trophée par le comte de Lannoy, qui fit prisonnier le roi de France, ils ont été achetés à sa famille par M. Du Sommerard. Ils sont en cuivre doré, maintenus par des barres d’acier, et représentent sur la face les lettres F Rex et sur les tranches la couronne de France, avec les salamandres des Valois. Au bas dans un lambrequin, on lit cette devise : Nutrisco et extinguo.

Nous recommandons aux disciples de Philidor l’échiquier du roi saint Louis dont les cases et les pièces sont en cristal de roche et montées en argent doré. La bordure d’encadrement est creuse et renferme des figurines en bois sculpté représentant des tournois. Cet échiquier précieux a été apporté aux Tuileries sous la Restauration ; et Louis XVIII en fit don à son valet-de chambre le baron de Ville-d’Avray, qui le vendit 1 200 fr. à M. Du Sommerard.

On admire aussi dans ce musée les belles faïences de Flandre et d’Italie, et plusieurs magnifiques plats ronds représentant des sujets mythologiques, ou peuplés en relief d’écrevisses, de coquillages, de poissons et d’herbes marines. Ces poteries sont de Bernard Palizzi, de ce grand artiste dont le génie persévérant lutta contre la matière rebelle jusqu’au jour où, pour sa dernière expérience, il fut réduit à chauffer son four avec son dernier meuble.

Le gouvernement recueillera bientôt le fruit de son patriotique sacrifice. L’on adoptera sans doute les plans de M. Albert Lenoir, couronnés par l’Institut en 1833. Une galerie intermédiaire unira les Thermes à l’hôtel de Cluny. Alors ces deux édifices seront débarrassés des vieilles maisons qui leur disputent l’air et le soleil, et la collection Du Sommerard, convenablement classée, augmentée par de nouvelles acquisitions, deviendra le plus beau musée archéologique de l’Europe.

Musique (académie royale de).

Située rue Le Peletier. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Au commencement du XVIe siècle, deux Florentins, Ottavio Rinucci, poète, et Giacomo Corsi, gentilhomme et très bon musicien, firent représenter avec un immense succès, sur le théâtre de la cour du grand duc de Toscane, une pièce lyrique à grand spectacle, intitulée les Amours d’Apollon et de Circée.

En France, le poète Baïf forma, sous le règne de Charles IX, dans une maison de la rue des Fossés-Saint-Victor, une société de musiciens dont le roi se déclara le protecteur. Jacques Mauduit, greffier des requêtes et virtuose distingué, fut le successeur de Baïf. Son établissement reçut le nom de Société et Académie de Cécile. Ces artistes s’occupaient spécialement de Sainte-musique religieuse. L’opéra ne fut réellement introduit en France que sous le ministère du cardinal Mazarin, mais alors avec de la musique et des paroles italiennes. L’abbé Perrin hasarda le premier des vers d’opéra en français ; il débuta par une Pastorale, en cinq actes, qui fut représentée à Vincennes, puis l’hôtel de Nevers en 1659. La musique était de la composition de Gambert, organiste de Saint-Honoré et surintendant de la musique de la reine-mère. Le 26 juin 1669, l’abbé Perrin obtint des lettres-patentes qui lui permettaient « d’établir en la ville de Paris d’autres du royaume des académies de musique pour chanter en public, pendant douze années, des pièces de théâtre, comme il se pratique en Italie, en Allemagne et en Angleterre. » — Les premiers musiciens et les meilleurs chanteurs du grand Opéra français furent tirés principalement des églises de la Provence ; ainsi ce spectacle éminemment profane, qu’on a regardé depuis comme un lieu de perdition, fut inauguré par un abbé et par des chantres de lutrin. Au mois de mars 1671, l’abbé Perrin ouvrit une salle dans le jeu de paume de la rue Mazarine ; on y représenta l’opéra de Pomone ; mais la nouvelle entreprise se vit au bout de quelques mois, menacée d’une chute complète : un certain marquis de Sourdéac, mécanicien ou plutôt chevalier d’industrie, participait à la direction de ce théâtre. Sous le prétexte de se rembourser des avances qu’il avait faites, il mit la main sur la caisse et l’emporta. — Louis XIV ne pouvait rester indifférent à la ruine d’une entreprise qui, bien conduite, lui paraissait utile aux progrès de la musique. Au mois de mars 1682, le grand Roi donna des lettres-patentes qu’on peut regarder en quelque sorte comme l’état civil de l’Opéra. Ces lettres sont trop remarquables, elles portent à un trop haut point le cachet de splendeur qui marquait tous les actes de ce règne glorieux pour ne pas être reproduites.

« Louis, etc… Les sciences et les arts étant les ornements les plus considérables des États, nous n’avons point eu de plus agréables divertissements depuis que nous avons donné la paix à nos peuples, que de les faire revivre en appelant près de nous tous ceux qui se sont acquis la réputation d’y excèler, non seulement dans l’étendue de notre royaume, mais aussi dans les pays étrangers, et pour les y obliger davantage à s’y perfectionner, nous les avons honorés de notre bienveillance et de notre estime, et comme entre les arts libéraux la musique y tient un des premiers rangs, nous aurions dans le dessein de la faire réussir avec tous ses avantages, par nos lettres-patentes du 26 juin 1669, accordé au sieur Perrin une permission d’établir en notre bonne ville de Paris et autres de notre royaume, des académies de musique pour chanter en public des pièces de théâtre, comme il se pratique en Italie, en Allemagne et en Angleterre, pendant l’espace de douze années ; mais ayant été depuis informé que les peines et les soins que le sieur Perrin a pris pour ces établissements n’ont pu seconder pleinement notre intention et élever la musique au point que nous nous l’étions promis, nous avons cru, pour y mieux réussir, qu’il était à propos d’en donner la conduite à une personne dont l’expérience et la capacité nous fussent connues, et qui eût assez de suffisance pour former des élèves, tant pour bien chanter et actionner sur le théâtre qu’à dresser des bandes de violons, flûtes et autres instruments. À ces causes, bien informé de l’intelligence et grande connaissance que s’est acquis notre très cher et bien-amé Jean-Baptiste Lully, au fait de la musique dont il nous a donné et donne journellement de très agréables preuves depuis plusieurs années qu’il s’est attaché à notre service, qui nous ont convié de l’honorer de la charge de surintendant et compositeur de la musique de notre chambre, nous avons audit sieur Lully permis et accordé, permettons et accordons par ces présentes d’établir une Académie royale de musique dans notre bonne ville de Paris qui sera composée de tel nombre et qualité de personnes qu’il avisera bon être, que nous choisirons et arrêterons sur le rapport qui nous en sera fait, pour faire des représentations par-devant nous, quand il nous plaira, des pièces de musique qui seront composées tant en vers français qu’autres langues étrangères, pareille et semblable aux académies d’Italie, pour en jouir sa vie durant et après lui celui de ses enfants qui sera pourvu et reçu en survivance de ladite charge de surintendant de la musique de notre chambre, avec pouvoir d’associer avec lui qui bon lui semblera, pour l’établissement de ladite académie, et pour le dédommager des grands frais qu’il conviendra faire pour lesdites représentations, tant à cause des théâtres, machines, décorations, habits, qu’autres choses nécessaires, lui permettons de donner en public toutes les pièces qu’il aura composées, même celles qui auront été représentées devant nous, sans néanmoins qu’il puisse se servir pour l’exécution desdites pièces des musiciens qui sont à nos gages, comme aussi de prendre telles sommes qu’il jugera à propos, et d’établir des gardes et autres gens nécessaires aux portes des lieux où se feront lesdites représentations, faisant très expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de quelque qualité et condition qu’elles soient, même les officiers de notre maison, d’y entrer sans payer ; comme aussi de faire chanter aucune pièce entière en musique, soit en vers français ou autres langues étrangères, sans la permission par écrit dudit sieur Lully, à peine de 10 000 liv. d’amende et de confiscation des théâtres, machines, décorations, habits et autres choses, applicable un tiers à nous, un tiers à l’hôpital général et l’autre tiers audit sieur Lully, lequel pourra aussi établir des écoles particulières de musique en notre bonne ville de Paris, et partout où il jugera nécessaire pour le bien et l’avantage de ladite académie royale, et d’autant que nous l’érigeons sur le pied de celles des académies d’Italie, où les gentil hommes chantent publiquement en musique sans déroger, nous voulons et nous plait que tous gentil hommes et demoiselles puissent chanter auxdites pièces et représentations de notre dite académie royale de musique, sans que pour ce ils soyent censés déroger audit titre de noblesse, ni à leurs privilèges, charges, droits et indemnités. Révoquons cassons et annulons par ces présentes, toutes permissions et privilèges que nous pourrions avoir ci-devant donnés et accordés, même celui dudit sieur Perrin pour raison desdites pièces de théâtre, en musique, sous quelques noms, qualités conditions et prétexte que ce puisse être, etc. Donné à Versailles au mois de mars l’an de grâce 1672, et de notre règne le 29e, signé Louis. » — En possession de ce privilège Lulli transféra son théâtre au jeu de paume du Bel-Air, rue de Vaugirard, près du palais du Luxembourg. L’ouverture eut lieu le 15 novembre 1672 par la première représentation des Fêtes de l’Amour et de Bacchus. La salle du Palais-Royal étant restée inoccupée par suite de la mort de Molière, Lulli vint y établir son théâtre. De nombreux succès récompensèrent le zèle et les talents de Lulli qui mourut en 1687.

Avant de rappeler les autres changements survenus dans cet établissement, nous allons donner une idée de la position financière des artistes de l’Opéra au commencement du XVIIIe siècle. Ce document règlementaire porte la date du 11 janvier 1713 ; il est intitulé :

ÉTAT

du nombre de personnes, tant hommes que femmes, dont le roi veut et entend que l’Académie royale de Musique soit toujours composée, sans qu’il puisse être augmenté ni diminué.

ACTEURS POUR LES ROLLES.
basse-tailles.
Premier acteur. 1 500 liv.
Second acteur. 1 200 liv.
Troisième acteur. 1 000 liv.
hautes-contres.
Premier acteur. 1 500 liv.
Second acteur. 1 200 liv.
Troisième acteur. 1 000 liv.
ACTRICES POUR LES ROLLES.
Première actrice. 1 500 liv.
Deuxième actrice. 1 200 liv.

(Suit une proportion décroissante jusqu’à la sixième actrice dont les appointements sont fixés à 700 liv.)

pour les chœurs.

Vingt-deux hommes à 400 livres et deux pages à 200 livres.

Douze femmes à 400 livres.
danseurs.

Deux premiers danseurs à 1 000 liv. chacun ; dix autres à 800, 600 et 400 livres.

Deux premières danseuses à 900 livres chacune ; huit autres à 500 et 400 livres.

orchestre.

Batteur de mesure (chef d’orchestre) à 1 000 livres.

(Suit la nomenclature de quarante-six instrumentistes dont les appointements varient de 600 à 400 liv.)

Deux machinistes à 600 livres.

De cet état officiel il résulte que le personnel de l’Opéra s’élevait, en 1713, à cent vingt-six artistes ou employés, le tout coûtant chaque année soixante-sept mille cinquante francs.

Francine, gendre et successeur de Lulli, avait hérité de son privilège ; mais, en 1712, ses créanciers s’en étant emparés, Guinet, syndic, administra ce théâtre jusqu’en 1724. L’Académie devait alors 300 000 liv. Le roi la fit gérer en son nom et appela Destouches à la direction. Un nouveau changement eut lieu en 1730 ; le privilège fut accordé à un nommé Gruer, qui en fut dépossédé l’année suivante. Son successeur, Lecomte, éprouva le même sort pour avoir refusé une double gratification à la demoiselle Mariette, danseuse singulièrement protégée par le prince de Carignan. Lecomte fut mis à la retraite par le ministre de la maison du roi le 1er avril 1733. Louis-Armand-Eugène de Thuret, ancien capitaine au régiment de Picardie, le remplaça ; onze ans après il obtint sa retraite avec une pension viagère de 10 000 livres. Son successeur, François Berger, ancien receveur général des finances, géra trois ans et greva l’Académie de Musique d’une dette de 450 000 livres.

Tout annonçait la ruine de l’Académie royale de musique ; dans cette extrémité, le gouvernement ne vit point d’autre parti à prendre que d’en confier l’administration à la prévôté des marchands. Un arrêt du conseil, à la date du 26 août 1749, en remit la direction à ces magistrats, sous la seule condition d’en rendre compte au ministre de la maison du roi. Ce mode d’administration dura jusqu’au mois d’avril 1757.

L’Académie fut alors affermée pour trente années à Francœur et Rebel. Le 6 avril 1763, un terrible incendie dévora la salle de l’Opéra et, le 24 janvier suivant, les acteurs prirent possession du théâtre des Machines qui faisait partie du palais des Tuileries. Aucun changement n’eut lieu jusqu’en 1769. Le 3 juillet de cette année fut rendu un nouveau règlement dont il est utile de reproduire les principales dispositions :

« Les sujets composant l’Académie royale de musique seront et demeureront fixés, savoir pour les hommes, de 16 basses-tailles, 8 tailles, 8 hautes-contres pour les femmes ; de 8 premières-dessus, 8 secondes-dessus et 4 surnuméraires. Les ballets, de 82 personnes toutes dansantes, tant hommes que femmes, savoir pour les hommes, de 10 danseurs seuls, et en double 24 figurants, 6 surnuméraires ; et pour les femmes, de 6 danseuses seules, et en double 24 figurantes et 12 surnuméraires. L’orchestre de 76 musiciens, savoir 2 maîtres de musique, 2 clavecinistes, 4 contrebasses, 12 violoncelles, 24 violons, 4 violons surnuméraires, 6 flûtes et hautbois, 6 bassons, 4 altos, 4 cors-de-chasse, 2 clarinettes, 2 trompettes, 2 cimballes, 1 tambour et 1 musette. »

Des lettres-patentes du 11 février 1764 avaient ordonné la reconstruction du théâtre du Palais-Royal, dont l’inauguration eut lieu le 26 janvier 1770, par la reprise de Zoroastre, opéra de Rameau.

Au commencement de l’année 1776, le bureau de la ville obtint d’être débarrassé de l’administration de l’Opéra, et le roi nomma bientôt une commission qui commença sa gestion à la nouvelle année théâtrale. Le Breton fut nommé directeur-général, et le corps de la ville resta propriétaire du privilège. Cette gestion ne dura pas longtemps ; un arrêt du conseil d’état du roi à la date du 18 octobre 1777, accorda la concession de l’entreprise pour douze années, au sieur de Vismes, à partir du 1er avril 1778, avec tous les droits conférés autrefois au bureau de la ville. De Vismes quitta l’administration de l’Opéra au commencement de l’année 1780, et par arrêt du conseil d’état du roi, du 17 mars, le privilégie que possédait le corps municipal dut cesser à compter du 1er avril, et les dettes de l’établissement contractées jusqu’à cette époque furent mises à la charge de la ville. Le Breton reprit la direction et mourut le 14 mai suivant ; il eut pour successeurs Dauvergne et le musicien Gossec. À cette époque, le prix des places du parterre fut porté de 40 à 48 sols, le caissier assujetti à un cautionnement, et la régie confiée à un comité nommé par le roi.

Ce théâtre commençait alors à jeter un vif éclat. Voltaire en fit ainsi l’éloge :

« Il faut se rendre à ce palais magique,
Où les beaux vers, la danse, la musique,
L’art de charmer les yeux par les couleurs,
L’art plus heureux de séduire les cœurs,
De cent plaisirs font un plaisir unique. »

C’était le temps où brillaient Vestris, Gardel, Dauberval, mademoiselle Guimard et Sophie Arnould. Malgré les talents de ces artistes, l’administration se trouvait obérée, et dans les années 1778 et 1779, la dépense avait dépassé la recette de 700 000 livres.

Le 8 juin 1781, un embrasement subit détruisit en quelques heures la salle de l’Opéra. — « Une corde de l’avant-scène dit Mercier, s’alluma dans un lampion, mit le feu à la toile, la toile embrasa les décorations et les décorations portèrent l’incendie dans le pourtour des loges. Tout le théâtre fut consumé… Des débats parmi les administrateurs avaient fait négliger les précautions les plus indispensables. Quatorze personnes ont été réduites en charbon. »

En soixante-quinze jours une salle provisoire était construite sur le boulevart Saint-Martin, sous la direction de Lenoir, architecte. Elle fut ouverte au public le 27 octobre de la même année, par une représentation gratuite, en réjouissance de la naissance du dauphin ; on y joua pour la première fois Adèle de Ponthieu, opéra en trois actes, paroles de Saint-Marc, musique de Piccini. Après le spectacle, on donna un bal, et les quadrilles furent exécutés par les dames de la halle, les forts et les charbonniers.

La révolution n’épargna pas l’Académie de Musique. Son nom lui fut enlevé, puis remplacé par celui d’Opéra. Presque toutes les anciennes actrices quittèrent le théâtre. Quelques unes tâchèrent de faire oublier leur ancienne intimité avec la noblesse, en allant vivre obscures et isolées dans un coin de la province, loin de leurs anciens amis de cour que l’ouragan révolutionnaire avait dispersés. Sophie Arnould avait fait l’acquisition du couvent de Saint-François, à Luzarches, et, malgré cette preuve de civisme, la célèbre danseuse avait été dénoncée comme suspecte. Les membres du comité de surveillance de l’endroit envahirent sa retraite pour procéder à une visite domiciliaire. Sophie Arnould les reçut en souriant : « Mes amis, leur dit-elle, je suis bonne citoyenne, j’ai fait partie de l’Opéra pendant quinze années, et je connais par cœur les droits de l’homme. »

En 1794, l’Opéra quitta le boulevart, et fut installé dans le théâtre que la demoiselle Montansier avait fait construire dans la rue de Richelieu, en face de la Bibliothèque Royale. L’inauguration eut lieu par une pièce mêlée de chants et de danses, intitulée la Réunion du 10 août. Ce fut à cette représentation qu’on vit pour la première fois le parterre garni de banquettes.

Un décret du 8 novembre 1807 détermina le règlement de l’Opéra qui prit le titre d’Académie impériale de Musique. L’établissement fut administré pour le compte du gouvernement. Le directeur était nommé par l’Empereur, sur la présentation de son premier chambellan.

La musique et la danse trônèrent dans la rue de Richelieu pendant vingt-quatre années. Après la mort du duc de Berri, assassiné le 13 février 1820, par Louvel, au moment où le prince, quittant le théâtre, reconduisait la duchesse à sa voiture, la salle fut immédiatement fermée, puis démolie. On s’occupa d’en reconstruire une autre sur l’emplacement de l’hôtel de Choiseul. Commencés au mois d’août, les travaux furent terminés en août 1821 sous la direction de M. Debret, architecte.

Ce théâtre est sans contredit le premier de l’Europe, tant par la splendeur du spectacle que par la réunion des grands talents qui concourent à son exécution. Depuis 1830, l’Opéra est conduit par un directeur auquel on accorde une subvention. Ce directeur gère à ses risques et périls, et fournit un cautionnement de 300 000 fr. Les actes de son administration sont soumis au contrôle d’une commission nommée par le roi, et qui ressort du ministère de l’intérieur.

L’Opéra contient 1 950 personnes ; le prix des places en 1844 est fixé ainsi qu’il suit : 1res loges de face et d’avant-scène, et baignoires d’avant-scène, 9 fr. ; orchestre, balcon des 1res, 2mes de face et d’avant-scène, galeries des 1res, amphithéâtre des 1res, 7 fr. 50 c. ; 1res loges de côté, baignoires de côté, 6 fr. ; 2mes loges de côté, 3mes loges de face, 5 fr. ; 3mes loges de côté et d’avant-scène, 4mes loges de face, 3 fr. 50 c. ; parterre, 4 fr. ; 4mes loges de côté, 5mes loges de face, amphithéâtre des 4mes, 2 fr. 50 c.

Myron (rue François-).

Commence à la rue de Lobau, nos 4 et 6 ; finit aux rues du Pourtour-Saint-Gervais, no 1, et Jacques-de-Brosse, no 13. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 67 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

C’était autrefois la rue du Monceau-Saint-Gervais, en raison de sa direction vers l’église Saint-Gervais, bâtie sur une petite éminence qu’on appelait anciennement Monceau. Ce monceau (moncellum) était un fief qualifié dont il est fait mention sous Louis-le-Jeune, en 1141. Au XIIIe siècle, c’était la rue entre Saint-Gervais et Saint-Jean. On l’appela ensuite rue du Cimetière (elle était alors confondue avec celle du Pourtour). En vertu d’un arrêt du conseil d’État du 31 mars 1674, la rue du Monceau fut élargie. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Conformément à une ordonnance royale du 4 mars 1836, cette largeur est portée à 26 m. — « Paris, le 22 décembre 1838. — Monsieur le préfet, sa majesté a approuvé, ainsi que vous l’aviez proposé, que la rue du Monceau-Saint-Gervais portât le nom de François-Myron, célèbre prévôt des marchands sous Henri IV, etc. » (Extrait d’une lettre du ministre de l’intérieur). — Conformément à un arrêté préfectoral du 7 septembre 1843, une enquête a été ouverte sur le projet d’élargissement immédiat de cette rue. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Mai et Juin 1844.


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