Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/E

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E

E.

Écharpe (rue de l’).

Commence à la place Royale, nos 19 et 24 ; finit aux rues du Val-Sainte-Catherine, no 18, et Saint-Louis, no 2. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 32 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Tracée en 1606 sur l’emplacement de l’ancien palais des Tournelles, elle fut d’abord appelée rue Henri IV. Une enseigne lui fit donner, en 1636, le nom de l’Écharpe-Blanche qu’on abrégea depuis. — Une décision ministérielle du 23 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834, cette largeur a été réduite à 9 m. 74 c. La maison no 1 devra reculer de 50 c. réduits ; celle no 2 est alignée. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Échaudé-au-Marais (rue de l’).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 131 et 133 ; finit à la rue de Poitou, nos 1 et 3. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 21 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Elle a été ouverte en 1626 sur la culture du Temple. Jaillot nomme Échaudé un îlot de maisons qui forme un triangle. En effet, cette voie publique figure un triangle avec les rues de Poitou et Vieille-du-Temple. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 80 c. à 2 m. 50 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 50 c. environ. — Conduite d’eau.

Échaudé-Saint-Germain (rue de l’).

Commence à la rue de Seine, nos 36 et 38 ; finit à la place Sainte-Marguerite, nos 2 et 6. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 205 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

En 1551, c’était une ruelle qui allait du guichet de l’abbaye à la rue de Seine. On la nomma ensuite cul-de-sac du Guichet. Vers 1669 cette impasse, par suite de l’ouverture de la rue de Bourbon-le-Château, fut séparée en deux parties. La première, comprise entre la rue de Seine et celle de Bourbon-le-Château, fut nommée de l’Échaudé (voir pour l’étymologie l’article qui précède). La deuxième partie resta dans son état d’impasse et porta les noms de cul-de-sac du Guichet et de l’Échaudé. En 1790, l’abbaye Saint-Germain-des-Prés devint propriété nationale ; la maison qui terminait l’impasse, et qui dépendait de cette abbaye, fut aliénée par l’État, le 14 thermidor an V. Une clause ainsi conçue fut insérée dans l’acte : « L’acquéreur sera tenu de fournir le terrain nécessaire pour le débouché du cul-de-sac de l’Échaudé et ce sans aucun recours en indemnité. » Cette condition fut exécutée, et l’ancienne impasse fait aujourd’hui partie de la rue de l’Échaudé. Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1806, la rue de l’Échaudé prit la dénomination de rue de Durnstein, pour rappeler la victoire de Durnstein, gagnée par les Français sur les Autrichiens le 11 novembre 1805. Depuis 1814, elle a repris son nom de l’Échaudé. — Conformément à un projet publié en vertu d’un arrêté préfectoral du 29 avril 1843, la moindre largeur de cette voie publique serait fixée à 12 m, et on supprimerait : 1o l’îlot situé entre cette rue et celles de Seine et Jacob ; 2o les deux îlots séparant la rue de l’Échaudé de la rue Cardinale et du passage de la Petite-Boucherie. Les propriétés nos 9, 11, 11 bis, 15, 17, 19 et 6 ne sont pas soumises à retranchement, d’après ce projet. — Conduite d’eau depuis la rue Jacob jusqu’à la place.

Échelle (rue de l’).

Commence à la rue de Rivoli, nos 8 et 10 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 277 et 279. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 67 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette rue, tracée sur le plan de Gomboust en 1652, ne porte aucune dénomination. Le Censier de l’archevêché de 1663 est le premier document qui la désigne sous le nom de l’Échelle. Autrefois les évêques de Paris avaient une échelle patibulaire dans cette rue. — Une décision ministérielle du 18 thermidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826 ; ont fixé la largeur de cette voie publique à 13 m. Les maisons nos 1, 3 ; 2, 4 et 6 ne sont pas soumises à retranchement ; celle no 8 devra reculer de 3 m. 30 c. — Bassin d’égout. — Conduite d’eau depuis la rue de Rivoli jusqu’aux deux bornes-fontaines. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Échiquier (impasse de l’).

Située dans la rue du Temple, entre les nos 24 et 26. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4 bis. Sa longueur est de 42 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Des titres constatent son existence dès 1305. Elle doit son nom à une enseigne. Il n’existe pas d’alignement pour cette impasse dont la largeur actuelle est de 5 m. 60 c.

Échiquier (rue de l’).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 37 et 39 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 16 et 18. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 396 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Un arrêt du conseil d’état du roi, à la date du 15 août 1772, autorisa les prieure et religieuses du prieuré royal des Filles-Dieu et Claude-Martin Goupy, entrepreneur des bâtiments de sa majesté, à ouvrir sur leurs terrains deux rues de 30 pieds de largeur au moins, l’une qui, formant le prolongement de la rue Bergère, traverserait la maison dite de l’Échiquier, et aboutirait à la rue du Faubourg-Saint-Denis ; la seconde, qui commencerait à la rue Basse-Saint-Denis et se terminerait à la rue de Paradis. Cet arrêt fut suivi de lettres-patentes, données à Fontainebleau le 14 octobre de la même année. Il est dit dans ces lettres patentes, que la rue nouvelle formant le prolongement de la rue Bergère prendrait le nom de rue d’Enghien, et que l’autre voie publique s’appellerait rue Delamichodière. Registrées au parlement le 23 juillet 1773, ces lettres-patentes ne reçurent pas alors d’exécution. Par d’autres lettres-patentes données au mois d’août 1779, les religieuses Filles-Dieu furent autorisées à vendre tous leurs terrains. En 1783, ces religieuses ayant reconnu que les deux rues dont il vient d’être parlé n’étaient point suffisantes pour donner au quartier les débouchés nécessaires et leur fournir les moyens de tirer un parti avantageux des terrains qui leur restaient, demandèrent à sa majesté l’autorisation d’ouvrir une troisième rue depuis la rue du Faubourg-Poissonnière jusqu’à celle du Faubourg-Saint-Denis ; ces religieuses pensaient que l’ouverture de cette troisième rue serait d’autant plus aisée à faire qu’elle serait entièrement prise sur leurs terrains. Elles demandèrent, en outre, que cette nouvelle voie portât le nom de rue d’Enghien, et que celle déjà appelée rue d’Enghien prit le nom de rue de l’Échiquier, afin de conserver le souvenir DE LA MAISON DE L’ÉCHIQUIER, qui avait toujours été le chef-lieu du fief de leur communauté. D’un autre côté, les prévôt des marchands et échevins remontrèrent au roi que la dénomination de rue Delamichodière, donnée à l’une des rues autorisées par les lettres-patentes du 14 octobre 1772, ne pourrait subsister sans inconvénient, une autre rue du même nom ayant été ouverte dans le quartier de Louis-le-Grand, ce qui produirait des méprises et de la confusion, tant sur les possessions que sur la demeure des citoyens, dans l’une ou l’autre de ces rues dont la situation est presque dans le même quartier. Sur cette demande, des lettres-patentes furent rendues à Versailles le 8 août 1783. En voici un extrait : — « Autorisons et confirmons l’ouverture et la formation de la rue ci-devant permise, en prolongation de la rue Bergère, à prendre depuis la rue du Faubourg-Poissonnière jusqu’à la rue du Faubourg-Saint-Denis, passant par la maison de l’Échiquier, et d’une autre rue à prendre depuis la rue Basse-Saint-Denis jusqu’à celle de Paradis, dans la forme et ainsi qu’il est prescrit par les lettres-patentes du 14 octobre 1772, à l’exception de la dénomination des d. deux rues, dont les circonstances nous ont déterminé à ordonner le changement, et que nous voulons être nommées, la rue d’Enghien rue de l’Échiquier, et la rue Delamichodière rue d’Hauteville, etc. — Art. 3. Interprétant et étendant en tant que de besoin le contenu aux d. lettres-patentes du 14 octobre 1772, autorisons les d. prieure, sous-prieure et religieuses à ouvrir une troisième rue parallèle à la rue de l’Échiquier, dans les terrains qui leur appartiennent ; la quelle rue aura l’un de ses débouchés dans la rue du Faubourg-Poissonnière, à 21 toises ou environ de la rue Bergère, la quelle nouvelle rue aura trente pieds de largeur et sera nommée rue d’Enghien, etc. » Ces lettres-patentes, en ce qui touche cette dernière rue, ne furent point immédiatement exécutées ainsi que nous le voyons dans un arrêté du bureau de féodalité en date du 9 septembre 1791, qui prescrit l’ouverture de cette rue et l’achèvement de celle d’Hauteville. À l’égard de la rue de l’Échiquier, elle était entièrement ouverte à cette époque. — Une décision ministérielle du 28 juillet 1821, a maintenu la largeur de 30 pieds, assignée à cette voie publique. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égoût depuis la rue du Faubourg-Saint-Denis jusqu’à la rue de Mazagran. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

École (impasse de l’).

Située dans la rue Neuve-Coquenard, no 17. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle a été formée en 1820. On y construisit en 1831 une école et l’année suivante, elle prit le nom d’impasse de l’École. Cette impasse n’est pas reconnue voie publique.

École (place de l’).

Commence au quai de l’École, nos 12 et 14 ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 9 et 11. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 31 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était en 1510 la place aux Marchands. Elle tire sa dénomination actuelle de l’école de Saint-Germain-l’Auxerrois. Cet établissement a donné aussi son nom au quai sur lequel il était situé. — Une décision ministérielle à la date du 13 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 22 m. En vertu d’une ordonnance royale du 3 novembre 1835, cette largeur à été réduite à 19 m. Les maisons nos 1, 6 et 8 devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

On remarque au milieu de cette place une fontaine monumentale construite en 1806, sur les dessins de M. Bralle.

École (quai de l’).

Commence au Pont-Neuf et à la place des Trois-Maries, no 1 ; finit aux quai et place du Louvre, no 2. Le dernier numéro est 34. Sa longueur est de 190 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était en 1290 la grande rue de l’École-Saint-Germain. Guillot, vers l’an 1300, l’appelle l’Escole ; ce quai a été redressé et élargi sous le règne de François Ier. Il fut restauré en vertu des lettres-patentes du 25 mars 1719. — Une décision ministérielle du 11 mai 1815, signée Carnot, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 17 m. En 1836, 37 et 38, l’administration a fait construire un nouveau parapet, niveler et planter ce quai, dont la moindre largeur a été portée à 27 m., en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. — Les constructions de 2 à 12 sont soumises un retranchement qui varie de 2 m. 10 c. à 3 m. 50 c. ; la maison no 14 doit avancer sur ses vestiges actuels, celle no 30 est alignée. Les nos 32 et 34 subiront un léger redressement. — Conduite d’eau entre les places des Trois-Maries et de l’École. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Écosse (rue d’).

Commence à la rue Saint-Hilaire, nos 3 et 5 ; finit à la rue du Four, nos 1 et 8. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 55 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle existait dès 1290. Au commencement du XIVe siècle on la nommait rue du Chaudron. Elle doit sa dénomination actuelle aux écoliers Écossais qui vinrent l’habiter, en raison de sa proximité de leur collège situé rue des Amandiers. — Une décision ministérielle du 13 juin 1807, signée Champagny, a fixé à 7 m. la largeur de cette voie publique. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 70 c.

Écouffes (rue des).

Commence à la rue du Roi-de-Sicile, nos 36 et 40 ; finit à la rue des Rosiers, nos 15 et 17. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est 130 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Cette rue était presqu’entièrement bâtie vers l’année 1200. En 1233, on l’appelait de l’Écofle ; au XIVe siècle, de l’Escoufle, des Escoufles ; au XVIe siècle, des Escoffles, et depuis des Écouffes. Nous pensons que cette voie publique doit son nom à l’enseigne d’un Milan, qu’on appelait autrefois Escofles. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette rue à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 août 1836. La maison no 1 est alignée ; les autres constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 50 c. à 3 m. 20 c. Les maisons nos 8 et 10 sont alignées ; le surplus de ce côté devra reculer de 1 m. 40 c. à 2 m. 30 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Écrivains (rue des).

Commence à la rue des Arcis, nos 9 et 11 ; finit aux rues de la Savonnerie, no 18, et de la Vieille-Monnaie, no 2. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 95 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

L’emplacement occupé par cette rue s’appelait la Pierre-au-Lait en 1254. En 1439 on la trouve indiquée sous le nom de rue de la Pierre-au-Lait, dite des Écrivains. Ce dernier nom lui vient des écrivains qui s’établirent dans de petites échoppes, près de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie. — Une décision ministérielle en date du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté des numéros impairs ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau entre les rues Marivaux et de la Vieille-Monnaie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Écuries (cour et passage des Petites-).

Commencent à la rue du Faubourg-Saint-Denis, no 67 ; finissent aux rues des Petites-Écuries, no 17, et d’Enghien, no 18. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ils ont pris leur nom de la rue des Petites-Écuries (voir l’article suivant). Dans le principe on avait, en cet endroit, établi des ateliers pour la confection des carrosses et harnais à l’usage de la maison du roi Louis XVI. Cette cour n’avait alors que deux issues ; depuis 1819 il en existe une troisième dans la rue d’Enghien.

Écuries (rue des Petites-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 77 et 79 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 42 et 44. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 486 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ouverte en 1780, elle reçut la dénomination de rue des Petites-Écuries, parce qu’elle longeait les bâtiments des petites écuries du roi. — Une décision ministérielle du 18 thermidor an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés ci-après sont alignées ; partie du no 3, 11 bis, 21, 25, 29, 39, 41, 41 bis, 41 ter, 47, 49, 51 ; de 2 à 32 inclusivement, 38 et 38 bis. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Écuries-d’Artois (rue des).

Commence à la rue d’Angoulême-Saint-Honoré, nos 25 et 27 ; finit à la rue de l’Oratoire, nos 62 et 66. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 380 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Partie comprise entre les rues d’Angoulême et Neuve-de-Berri. — En vertu des lettres-patentes du 4 avril 1778, S. A. R. Charles-Philippe, fils de France, comte d’Artois, avait été autorisé à ouvrir sur les terrains de l’ancienne Pépinière plusieurs rues, dont une de 30 pieds de large, qui communiquerait de la rue d’Angoulême à la rue Neuve-de-Berri, et serait nommée rue Neuve-de-Poitiers (voyez Berri, rue Neuve-de-). Le prince n’usa pas alors de cette autorisation. En 1793, le fief de la Pépinière ayant été déclaré domaine national, fut vendu les 21 prairial et 17 messidor an IV, à la charge par les acquéreurs de fournir le terrain nécessaire à l’ouverture de la rue autorisée par les lettres-patentes précitées.

Cette nouvelle rue fut approuvée le 6 nivôse an XII par le ministre de l’intérieur Chaptal. Diverses circonstances vinrent mettre obstacle à l’exécution de ce projet qui ne fut repris qu’en 1821. Par une décision ministérielle du 11 mai 1822, la largeur de la rue Neuve-de-Poitiers fut fixée à 13 m. Enfin, une ordonnance royale à la date du 8 janvier 1823 porte ce qui suit : — « Article 1er. L’élargissement de la rue Neuve-de-Poitiers est déclaré d’utilité publique. Art. 2. Cette rue prendra le nom de rue des Écuries-d’Artois, et sa largeur sera fixée à 13 mètres. L’excédant de 10 pieds environ qu’offre cette dernière largeur sur celle fixée par les lettres-patentes du 4 avril 1778, sera pris sur les propriétés qui bordent la rue du côté du midi, à charge par la Ville de payer aux riverains des indemnités, tant pour le terrain que pour le déplacement des murs, qui seront réglées conformément aux lois. » Ces dispositions furent immédiatement exécutées.

Partie comprise entre les rues Neuve-de-Berri et de l’Oratoire. — Elle est indiquée sur le plan de Verniquet et a été formée à la fin du siècle dernier sur des terrains appartenant aux religieux de l’Oratoire. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles qui bordent le côté droit entre les rues Neuve-de-Berri et de l’Oratoire. Ces propriétés sont soumises à un faible retranchement. — Égout et conduite d’eau entre les rues d’Angoulême et Fortin.

Écus (rue des Deux-).

Commence à la rue des Prouvaires, no 19 ; finit aux rues de Grenelle, no 24, et Mercier, no 15. Le dernier impair est 35 le dernier pair, 48. Sa longueur est de 245 m. — Les nos de 1 à 11, 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache ; le surplus dépend du 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Vers l’année 1300, le poète Guillot l’appelle rue des Escus. Au XVe siècle elle portait le nom de Traversaine ou Traversine, et de la rue des Étuves à celle d’Orléans, celui de la Hache ou des Deux-Haches. Quant à la partie qui s’étend de la rue d’Orléans à celle de Grenelle, elle a été ouverte en 1577 sur l’emplacement du monastère des Filles-Pénitentes. Voici la lettre adressée à ce sujet par Catherine de Médicis au prévôt des marchands : « Monsieur le prevost, pour ce que je désire faire fermer la rue qui est près ma petite maison et au mesme instant faire ouvrir celle que j’ay ordonné estre faicte où estoit la porte de l’hostel des Pénitantes, qui passera entre la rue de Grenelles ; j’ai donné charge à Marcel, mon receveur-général, de vous aller trouver et vous bailler la présente que je vous faict à ceste fin en vous priant de ma part comme je fais par ycelle de bailler incontinent la permission nécessaire pour fermer la dicte rue et ouvrir l’austre, et pour que vous entendiez par eun bien au long mon intention la dessus, je ne vous ferez la présente plus longue que pour prier Dieu, monsieur le prevost, vous tenir en sa saincte et digne garde : ce faict à Poictiers le 6je jour de septembre 1577. Signé Catherine. » Conformément aux ordres donnés par la reine-mère, on supprima la partie de la rue des Vieilles-Étuves comprise entre les rues des Deux-Écus et d’Orléans, et l’on prolongea la rue des Deux-Écus jusqu’à celle de Grenelle. — Une décision ministérielle à la date du 9 germinal an XIII, signée Champagny, a fixé la moindre largeur de la rue des Deux-Écus à 9 m. Les propriétés situées sur le côté gauche, entre les rues des Prouvaires et du Four, sont soumises à un retranchement réduit de 2 m. 40 c. Depuis la rue du Four jusqu’à celle des Vieilles-Étuves, retranchement 2 m. à 3 m. 20 c. ; de la rue des Vieilles-Étuves à celle d’Orléans, retranchement 1 m. 50 c. à 2 m. 10 c ; depuis la rue d’Orléans jusqu’à celle de Grenelle, retranchement réduit 1 m. 70 c. ; sur le côté droit, entre les rues du Four et Babille, retranchement 30 c. à l m. 50 c., et de la rue Babille à la rue Mercier, retranchement réduit 1 m. 50 c. — Égout. — Conduite d’eau du côté de la rue de Grenelle. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Église (rue de l’).

Commence à la rue Saint-Dominique, nos 191 et 193 ; finit à l’avenue La Motte-Picquet, no 8. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 431 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Partie comprise entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle. — Formée vers 1738, elle reçut d’abord le nom de rue Neuve, puis celui de l’Église, parce qu’elle conduit à l’église Saint-Pierre-Gros-Caillou. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Une partie de la propriété no 1 est alignée, le surplus de ce côté est soumis à un retranchement de 1 m. 10 c. Les constructions du côté opposé devront reculer de 1 m. 20 c. — Partie comprise entre la rue de Grenelle et l’avenue La Motte-Picquet. — Elle a été ouverte sur les terrains appartenant à M. Lutherott. Sa largeur est de 13 m. L’ordonnance royale d’autorisation, rendue le 9 août 1826, a imposé à l’impétrant les conditions suivantes : d’établir de chaque côté de la nouvelle rue des trottoirs en pierre dure dont les dimensions lui seront ultérieurement indiquées ; de pourvoir aux frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, et à ceux que pourront exiger les travaux à faire pour faciliter l’écoulement souterrain des eaux pluviales et ménagères de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. Ce percement a été immédiatement exécuté. — Conduite d’eau.

Église (rue du Chevet de l’).

Commence à la rue du Nord ; finit à la rue des Jardins. Pas de numéro. Sa longueur est de 192 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été ouverte en 1827, sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier ; cependant on n’a commencé à bâtir dans cette rue qu’en 1837. L’ordonnance royale qui a autorisé ce percement est à la date du 31 janvier 1827. Cette voie publique longe le chevet de la nouvelle église Saint-Vincent-de-Paul. Sa largeur est de 12 m. Cette rue se prolonge comme impasse dans une longueur de 31 m. — Les constructions riveraines sont alignées. — Égout. (Voyez Abattoir, rue de l’.)

Églises (rue des Deux-).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 252 et 254 ; finit à la rue d’Enfer, nos 55 et 57. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 10. Sa longueur est de 161 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Ouverte en 1567, on la nomma d’abord ruelle Saint-Jacques-du-Haut-Pas, parce qu’elle longeait un des côtés de l’église ainsi appelée. On la désigna également sous le nom de ruelle du Cimetière, parce qu’elle conduisait à un cimetière qui était situé sur l’emplacement occupé depuis par le jardin du séminaire Saint-Magloire. Sa dénomination dernière lui fut donnée en raison de sa situation entre les deux églises Saint-Jacques-du-Haut-Pas et Saint-Magloire. — Une décision ministérielle du 18 brumaire an XIV, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les bâtiments de l’institution des Sourds-Muets, l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas et les propriétés nos 4 6 et 8, ne sont pas soumis à retranchement.

Égout (impasse de l’).

Située dans la rue du Faubourg-Saint-Martin, entre les nos 21 et 23. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 78 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Elle est ainsi nommée en raison du voisinage d’une branche du grand égout. — Une décision ministérielle en date du 16 floréal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement.

Égout (rue de l’).

Commence aux rues Sainte-Marguerite, no 3, et Saint-Benoît, no 2 ; finit à la rue du Four, nos 52 et 54. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 99 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Son premier nom est rue Forestier. On l’appela ensuite rue de la Courtille, parce qu’elle conduisait à la courtille de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Au XVe siècle, c’était la rue de Tarennes, en raison de sa direction vers une grande maison dite l’hôtel de Tarennes, qui a donné depuis son nom à deux rues voisines (les grande et petite rues Taranne). Dès le commencement du XVIIe siècle, c’était la rue de l’Égout. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé à 8 m. la moindre largeur de cette voie publique. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. La maison située sur le côté gauche, à l’encoignure de la rue Sainte-Marguerite, et la propriété no 10 sont à l’alignement. — Égout. — Conduite d’eau.

Élisabeth (église Sainte-).

Située dans la rue du Temple, entre les nos 107 et 109. — 6e arrondissement, quartier du Temple

C’était autrefois l’église du couvent de Sainte-Élisabeth ou du Tiers-Ordre de Saint-François. Le père Vincent Mussart, qui rétablit en France la réforme du tiers-ordre de Saint-François, étendit également son zèle sur les monastères de femmes. Le premier couvent de la réforme fut fondé en 1604, à Verceil, près de Besançon, puis transféré à Salins en 1608. Les religieuses qui avaient suivi cette réforme mirent leur couvent sous le vocable de sainte Élisabeth, reine de Hongrie. Revenu à Paris, le père Mussart reçut plusieurs contrats de donation pour établir un couvent dans la capitale. Ayant obtenu en 1614 des lettres-patentes de Louis XIII, ce zélé religieux acheta une maison dans la rue Neuve-Saint-Laurent, afin d’y établir douze novices, à la tête desquelles il plaça la mère Marguerite Borrei ; ces religieuses augmentèrent ce nouvel emplacement, tirent construire le monastère et l’église de Sainte-Élisabeth. Marie-de-Médicis, qui s’était déclarée, en 1614, fondatrice de cette communauté, posa la première pierre de l’église et du monastère le 14 avril 1628, qui furent achevés en 1630. L’église fut dédiée le 14 juillet 1646, par le coadjuteur Jean-François-Paul de Gondi, sous les titre et invocation de Notre-Dame-de-Pitié et de Sainte-Élisabeth de Hongrie. — Ce couvent, supprimé en 1790, devint la propriété de l’État qui, sur une partie de son emplacement, fit ouvrir la rue Sainte-Élisabeth. L’église servit longtemps de magasin de farine. C’est aujourd’hui la seconde succursale de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs. — La ville de Paris a dépensé en 1831 et 1835, pour augmenter et embellir l’église Sainte-Élisabeth, 71,719 fr. 55 c.

Élisabeth (rue Sainte-).

Commence à la rue des Fontaines, nos 8 et 10 ; finit à la rue Neuve-Saint-Laurent, nos 7 et 9. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 113 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Le couvent de Sainte-Élisabeth, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Par suite d’une expertise, faite le 14 décembre 1792, l’État conçut le projet de percer une rue qui, partant de celle des Fontaines, passerait par la rue Neuve-Saint-Laurent, et de là, traversant le couvent des pères de Nazareth, irait aboutir à la rue Notre-Dame-de-Nazareth. Ce percement ne fut effectué que jusqu’à la rue Neuve-Saint-Laurent. Son ouverture et sa dénomination furent autorisées par une décision ministérielle du 25 avril 1807, signée Champagny. Sa largeur fut fixée à 10 m. Cette largeur a été maintenue par une ordonnance royale du 14 janvier 1829. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Éloi (rue Saint-).

Commence à la rue de la Vieille-Draperie, nos 23 et 25 ; finit à la rue de la Calandre, nos 20 et 22. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 110 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette rue a été ouverte sur une partie de l’église et du monastère bâtis par saint Éloi, orfèvre et trésorier du roi Dagobert. — Suivant un concordat passé entre Philippe-le-Hardi et l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés en 1280, cette rue s’appelait alors Savateria. Un plan de 1738 l’indique encore sous le nom de la Savaterie, auquel on a substitué celui de Saint-Éloi. — Une décision ministérielle à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 2, 4 et 6 devront avancer sur la voie publique. La propriété située entre les nos 6 et 16 et la maison no 4 sont alignées. — Conduite d’eau.

Dans cette rue était située l’église Saint-Martial. Elle fut bâtie sous le règne de Dagobert, devint paroisse en 1107 et fut démolie en 1722.


Élysée (palais de l’).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré, no 59. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Ce palais fut bâti par le comte d’Évreux en 1718, sur les dessins de l’architecte Molet. Madame de Pompadour en étant devenue propriétaire, l’augmenta, l’embellit et l’occupa jusqu’à sa mort. Louis XV l’acheta du marquis de Marigny, pour en faire l’hôtel des ambassadeurs extraordinaires. On changea ensuite sa destination, et cet hôtel servit de garde-meuble de la couronne en attendant qu’on eût achevé le bâtiment de la place Louis XV (aujourd’hui de la Concorde). Enfin, en 1773, il eut pour propriétaire M. de Beaujon, qui en fit son séjour ordinaire et y réunit tout ce que les arts et le luxe pouvaient produire de plus exquis. Nicolas Beaujon le vendit, le 12 août 1786, au sieur Joseph Durney, qui l’acheta pour le compte de sa majesté. Il est dit dans l’arrêt du 3 novembre de la même année : « que le roi destine ce palais pour loger les princes et princesses que leurs voyages amèneront à Paris, ainsi que les ambassadeurs extraordinaires. » — Au commencement de la révolution, ce palais devint propriété nationale et fut vendu le 25 ventôse an VI. — Napoléon Bonaparte et plusieurs membres de sa famille ont successivement habité cet hôtel. L’empereur de Russie y logea en 1815, et le duc de Berri au commencement de la restauration. — Le palais de l’Élysée appartient à la liste civile.


Empereur (passage de l’).

Commence à la rue Saint-Denis, no 41 ; finit à la rue de la Vieille-Harengerie, no 2. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Dès l’année 1372 il est fait mention de ce passage qui doit son nom à une enseigne.


Enfant-Jésus (impasse de l’).

Située dans la rue de Vaugirard, entre les nos 134 et 136. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 137 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Celle de l’Enfant-Jésus lui a été donnée en raison de sa proximité de l’hôpital des Enfants-Malades, nommé autrefois de l’Enfant-Jésus. — Une décision ministérielle du 26 avril 1808, signée Cretet, a fixé la largeur de cette impasse à 8 m.


Enfants (rue des Bons-).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 192 et 194 ; finit aux rues Neuve-des-Bons-Enfants, no 1, et Baillif, no 2. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 242 m. — Les numéros impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal ; les numéros pairs, du 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Au XIIe siècle on la nommait chemin qui va à Clichy. Au commencement du XIIIe, elle portait la dénomination de ruelle par où l’on va au collége des Bons-Enfants. Au XIVe siècle c’était la rue aux Écoliers-Saint-Honoré, et en dernier lieu, la rue des Bons-Enfants. — « Arrêt du conseil d’état du roi (8 janvier 1680). Sa majesté estant en son conseil, a ordonné et ordonne que les propriétaires de la rue des Bons-Enfants, des deux côtés d’ycelle, seront tenus de faire retrancher leurs bastimens suivant les alignemens marquez au plan, et les propriétaires remboursez à cause du retranchement. Ordonne en outre sa majesté, que le bastiment dépendant du Palais-Royal et faisant enclave sur la d. rue, sera desmoly et retranché dans toute l’étendue de la place nécessaire pour l’élargissement de la d. rue des Bons-Enfants, suivant le d. plan, et que les propriétaires des maisons de la d. rue et celles des rues Neuve-des-Bons-Enfants et Saint-Honoré, qui sont à l’opposite des deux bouts de la d. rue, seront tenus de contribuer suivant les advantages qu’ils en retireront. Fait au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, tenu à Saint-Germain-en-Laye, le 8 janvier 1680. » (Extrait). — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de la rue des Bons-Enfants à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828, cette largeur est portée à 10 m. Les maisons nos 28, 34 et 36 ne sont pas soumises à retranchement. — Égoût entre les rues Saint-Honoré et de Montesquieu. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Périnet-le-Clerc ayant livré dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, la porte de Buci aux troupes Bourguignonnes, le connétable Bernard d’Armagnac, chef du parti opposé à Jean-Sans-Peur, se sauva déguisé dans la maison d’un maçon de la rue des Bons-Enfants. Trahi par ce misérable, d’Armagnac fut pris et enfermé à la Conciergerie. Le 12 juin, la populace força cette prison, se rua sur le connétable et le perça de mille coups ; son cadavre, traîné dans les rues de Paris, fut ensuite jeté à la voirie. Telle fut la fin d’un des descendants de Clovis par Charibert, frère de Dagobert.

Le collége des Bons-Enfants était dans cette rue. En 1208, à l’époque où l’on achevait l’église Saint-Honoré, fondée par Renold Chereins, un bourgeois de Paris, nommé Belot, et Ada, sa femme, résolurent de former un collége à côté de cette église. Ils firent construire en conséquence une maison pour servir à treize pauvres étudiants de Paris, qu’ils confièrent à un chanoine de Saint-Honoré. Ce collège reçut d’abord la dénomination d’Hôpital des pauvres Écoliers ; ce nom indiquait la triste situation de ces élèves qui allaient quêter leur nourriture dans les rues de la capitale. La pièce intitulée les Crieries de Paris nous en fournit ainsi la preuve :

« Les bons enfants orrer crier,
Du pain nes veuil pas oublier. »

L’établissement des Bons-Enfants acquit peu-à-peu une aisance suffisante, grâce aux libéralités de plusieurs personnes, entr’autres de Jacques-Cœur, l’argentier de Charles VII. Ce collége fut réuni, en 1602, à l’église Saint-Honoré. On voyait près de la maison des Bons-Enfants une chapelle qui en dépendait et dont on attribue l’érection à Jacques-Cœur. Elle fut d’abord placée sous l’invocation de la Vierge, mais une confrérie qui s’y établit le 29 octobre 1486, choisit Sainte-Claire pour patronne. Supprimée en 1790, cette chapelle, qui contenait en superficie 89 m. 34 c., devint propriété nationale, et fut vendue le 17 avril 1792.


Enfants (rue Neuve-des-Bons-).

Commence aux rues des Bons-Enfants, no 31, et Baillif ; finit aux rues Neuve-des-Petits-Champs, no 1, et de Lavrillière, no 3. Le dernier impair est 37 ; le seul pair, 2 ; ce côté est bordé par les dépendances de la Banque. Sa longueur est de 183 m. — Les numéros impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal ; le côté opposé dépend du 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Elle été ouverte en 1640, sur un terrain de 1,422 m. de superficie, que le cardinal de Richelieu avait acheté en 1634, et qu’il céda en 1638 au sieur Barbier. La qualification de Neuve lui a été donnée pour la distinguer de la rue des Bons-Enfants, beaucoup plus ancienne. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, sa moindre largeur est portée à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 30 c. à 3 m. — Conduite d’eau entre la rue Neuve-des-Petits-Champs et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Enfants-malades (hôpital des).

Situé dans la rue de Sèvres. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

C’était autrefois la communauté des Filles de l’Enfant-Jésus. — « Bureau de la ville (19 mai 1752). Veu au bureau de la ville les lettres-patentes du roy données à Versailles au mois de décembre dernier (1751), signées Louis, obtenues par Jean-Joseph Languet, archevêque de Sens, portant confirmation de l’établissement de la maison de l’Enfant-Jésus en cette ville, ainsi qu’il est plus au long porté aux dites lettres-patentes ; l’arrêt du dit présent mois, par lequel la cour a ordonné que les lettres-patentes nous seroient communiquées pour donner notre avis sur le contenu en icelles. Veu aussi la requeste à nous présentée à cet effet. Nous croyons avoir lieu de penser que la cour sera très satisfaite de l’établissement qui lui est proposé. Il présente deux objets prétieux qui sont les seuls qui soient à désirer ; d’une part, la subsistance et l’éducation d’un nombre considérale de personnes du sexe que la misère et le défaut d’occupations pourroient plonger dans le désordre, et d’autre, l’éducation d’un nombre de seize demoiselles d’extraction noble, aux quelles leurs parents ne pourroient en procurer une convenable à leur naissance, sans que les unes et les autres soient attachées à la maison par aucun vœu ou autre lien quelconque. C’est ainsi que, bien loin de présumer qu’il en puisse résulter aucun inconvénient, il nous paroît au contraire du bien de la religion et de celui de l’État, que cet établissement soit rendu stable. La seule observation que nous nous sentions obligés de faire à la cour sur ce point de stabilité en ce qui concerne la seconde vue de cet établissement, est l’obstacle que la succession des temps nous semble pouvoir apporter à l’admission des demoiselles dans cette maison ; elles y seront reçues aujourd’hui en prouvant deux cents ans de noblesse ; mais si dans un ou deux siècles, il étoit exigé des preuves de trois ou quatre cents ans, il pourroit être alors à craindre de voir dégénérer un établissement aussi utile ; du moins est-ce l’idée que nous a paru offrir l’époque de 1550, déterminément fixée par l’art. 5e des lettres-patentes. Nous devons toutes fois soumettre cette simple réflexion aux lumières de la cour. Sous ces observations, nous estimons, sous le bon plaisir de la cour, que les lettres-patentes portant confirmation de l’établissement de la maison de l’Enfant-Jésus en cette ville, peuvent être registrées pour être exécutées selon leur forme et teneur. Signé de Bernage, Gillet et Moriau. » — Cette maison fut dans la suite convertie en hospice d’orphelins. — Au mois de juin 1802, le conseil général des hospices destina cette maison à des enfants malades. On ne put d’abord y admettre que ceux qui étaient atteints de maladies aiguës et 300 lits furent établis pour eux. Le nombre des lits s’accrut rapidement jusqu’à près de 600. Les enfants attaqués de maladies qui paraissent contagieuses, sont renfermés dans des bâtiments isolés et séparés de l’hôpital par de grands jardins. Il y a 212 lits pour ceux qui sont atteints de maladies aiguës, 129 pour les garçons et 83 pour les filles. Pour les maladies qui réclament les secours de la chirurgie, il y a 70 lits, dont 40 pour les garçons, et le reste pour les maladies chroniques, la teigne et les scrofules. En 1834 la mortalité a été de 1 sur 6-18, en 1842 de 1 sur 6-29.


Enfants-Rouges (marché des).

Situé dans la rue de Bretagne, no 39. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Il a été établi en 1628. Dans les lettres de permission du roi il est dit : « Que ce marché sera construit sur une place contenant 263 toises ou environ, tenant d’un côté à la maison de M. Claude Charlot, rue de Bretagne, et de l’autre à la grande rue de Berri. » Il prit d’abord le nom de petit marché du Marais. Son nom actuel lui vient de sa proximité de l’hôpital des Enfants-Rouges. C’est encore une propriété particulière.


Enfants-Rouges (rue des).

Commence aux rues Pastourelle, no 2, et d’Anjou, no 10 ; finit aux rues Portefoin, no 1, et Molay, no 2. Le dernier impair est 13  bis ; le dernier pair, 10 bis. Sa longueur est de 92 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Elle faisait anciennement partie de la rue du Chantier-du-Temple. En 1536 elle prit le nom de rue des Enfants-Rouges en raison de la fondation de cet hôpital, situé rue Portefoin. Cet établissement ayant été réuni en 1772 à l’hospice des Enfants-Trouvés, cette rue reprit sa première dénomination de rue du Grand-Chantier, sous laquelle le plan de Verniquet l’indique encore. Vers 1805, on la trouve désignée de nouveau sous le nom de rue des Enfants-Rouges. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. 50 c. Cette largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. La maison no 4 est alignée. — Conduite d’eau depuis la rue Portefoin jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Enfants-Trouvés (hospice des).

Situé dans la rue d’Enfer, no 74. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

L’établissement des Enfants-Trouvés est un bienfait dont l’honneur appartient à la charité chrétienne. « Dans cette Rome payenne (dit Saint-Victor), dans cette Rome si fière de sa police et de ses lois, des pères dénaturés exposaient leurs enfants, et un gouvernement non moins barbare les laissait impitoyablement périr. Des hommes qui exerçaient un infâme métier allaient quelquefois recueillir ces innocentes victimes, et les élevaient pour les prostituer. »

L’évêque de Paris et le chapitre de Notre-Dame pourvurent les premiers à l’établissement d’un hospice pour les enfants trouvés. Ils donnèrent pour cet usage un bâtiment situé au Port-l’Évêque, qu’on appela maison de la Crèche. On plaça dans la cathédrale un vaste berceau dans lequel on mettait ces enfants pour faire un appel à la pieuse libéralité des fidèles. Ce dernier asile fit appeler ces innocentes créatures les pauvres enfants trouvés de Notre-Dame. Isabelle de Bavière, femme de Charles VI, leur fit un legs de huit francs par son testament du 2 septembre 1431. Suivant un ancien usage, les seigneurs hauts-justiciers devaient contribuer à l’entretien des enfants trouvés ; mais plus tard, on les vit refuser leur cotisation, en donnant pour excuse que cette charge devait être supportée par l’archevêque et le chapitre de Notre-Dame.

Un arrêt du parlement, en date du 13 août 1552, ordonna que les enfants trouvés seraient mis à l’hôpital de la Trinité, et que les seigneurs donneraient une somme de 960 livres par an, répartie entre eux d’après l’étendue de leur justice. Toutefois on dut conserver à Notre-Dame le bureau établi pour recevoir ces enfants et les aumônes qu’on leur faisait. En 1570, ils furent transférés dans deux maisons situées au port Saint-Landry, et qui appartenaient au chapitre de Notre-Dame ; mais le sort de ces infortunés ne fut guère amélioré. Les servantes chargées de veiller sur eux se fatiguaient de leur donner dès soins. Tantôt, elles les vendaient à des femmes qui avaient besoin de se faire sucer un lait corrompu, souvent elles en tiraient profit en les remettant à des nourrices qui voulaient remplacer les enfants qu’elles avaient laissé mourir par leur négligence. Ce trafic infâme ne s’arrêtait pas là ; ces femmes vendaient également ces pauvres enfants à des bateleurs, à des mendiants qui, pour exciter la charité publique, mutilaient ces innocentes créatures ; enfin, dans les maisons du port Saint-Landry, le prix courant des enfants trouvés était de 20 sols. Le petit nombre de ceux qui survivaient dans cet établissement, garçons ou filles, allaient grossir la multitude des mendiants, des voleurs et des femmes perdues qui infestaient la capitale : en sorte que l’on pouvait dire que la misère et le vice se perpétuaient ainsi par leurs propres œuvres.

Le fils d’un pauvre paysan des Landes, Vincent-dePaul, vint mettre un terme à ces scandaleux désordres. Plusieurs dames pieuses, touchées des vertus du saint homme, voulurent s’associer à son œuvre de charité. Vincent-de-Paul les rassembla dans l’église Notre-Dame, où se trouvaient exposés ces enfants abandonnés. Après avoir fait une peinture énergique des vices de la société : « Or sus, mesdames, s’écria-t-il, voyez si vous voulez délaisser à votre tour ces petits innocents dont vous êtes devenues les mères selon la grâce, après qu’ils ont été abandonnés par leurs mères selon la nature. » Saint Vincent-de-Paul fonda, en 1638, un nouvel hospice près de la porte Saint-Victor, pour les enfants trouvés, et mit à la tête de cet établissement les Dames de la Charité ; mais les ressources étaient encore insuffisantes, et les administrateurs prirent le parti de tirer au sort les enfants qui devaient être nourris, les autres (dit l’historien de saint Vincent-de-Paul) étaient abandonnés, c’est-à-dire qu’on les laissait mourir faute de nourriture. Vincent-de-Paul, à force de zèle et de patience, parvint à assurer le sort de ces pauvres enfants. En 1641, le roi leur donna 4,000 livres de rente ; trois ans après, cet établissement reçut une nouvelle rente de 8,000 livres, et en 1648 le château de Bicêtre fut affecté au logement des enfants trouvés. L’air trop vif étant nuisible à leur santé, ils furent transférés dans une maison près de Saint-Lazare, et placés sous la direction des sœurs de la Charité. — Un arrêt du parlement du 3 mai 1667 ordonna que les seigneurs hauts justiciers seraient obligés de payer annuellement pour l’entretien des enfants trouvés la somme de 15,000 livres ; cet arrêt fut confirmé par le conseil d’état le 20 novembre 1668. On acheta enfin l’année suivante une maison et un vaste terrain situés dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, où l’on plaça l’établissement des Enfants-Trouvés.

Lettres-patentes en forme d’édit, portant établissement de l’hôpital des Enfants-Trouvés, et union d’icelui à l’hôpital général. — « (Juin 1670). Louis, etc…, comme il n’y a pas de devoir plus naturel, ni plus conforme à la piété chrétienne, que d’avoir soin des pauvres enfants exposés que la faiblesse et leur infortune rendent également dignes de compassion, les rois nos prédécesseurs ont pourvu à l’établissement et à la fondation de certaines maisons et hôpitaux, où ils pussent être reçus pour y être élevés avec piété ; en quoi, leurs bonnes intentions ont été suivies par notre cour de parlement de Paris, qui, conformément aux anciennes coutumes de notre royaume, auroit ordonné par son arrêt du 13 août 1552, que les seigneurs hauts-justiciers, dans l’étendue de notre bonne ville de Paris et ses faubourgs, contribueroient chacun de quelque somme, aux frais nécessaires pour l’entretien, subsistance et éducation des enfants exposés dans l’étendue de leur haute justice ; et depuis, le feu roi notre très honoré seigneur et père, voyant combien il étoit important de conserver la vie de ces malheureux destitués des secours des personnes mêmes desquelles ils l’auroient reçue, leur auroit donné la somme de 3,000 livres et 1,000 livres aux sœurs de la Charité qui les servent, à prendre chaque année par forme de fief et aumône sur le domaine de Gonesse ; et considérant combien leur conservation étoit avantageuse, puisque les uns pouvoient devenir soldats et servir dans nos troupes, les autres, ouvriers et habitans des colonies que nous établissons pour le bien de notre royaume, nous leur aurions encore donné par nos lettres-patentes du mois de juin 1644, 8,000 livres à prendre chacun an sur nos cinq grosses fermes, etc… Mais comme l’établissement de cette maison n’a point été spécialement autorisé par nos lettres-patentes, quoique nous l’ayons approuvé par les dons que nous y avons faits, étant bien aise de maintenir et confirmer une si bonne œuvre, et de l’établir le plus solidement qu’il nous sera possible ; à ces causes et autres bonnes considérations, à ce nous mouvant, nous avons par ces présentes signées de notre main, dit, déclaré, statué et ordonné, disons, déclarons, statuons et ordonnons : l’hôpital des Enfants-Trouvés, l’un des hôpitaux de notre bonne ville de Paris, pourra agir, contracter, vendre, aliéner, acheter, acquérir, comparoir en jugement et y procéder, recevoir toutes donations et legs universels, particuliers, et généralement faire tous autres actes dont les hôpitaux de notre ville et faubourgs de Paris sont capables, confirmons, etc… Ordonnons que la direction du d. hôpital des Enfants-Trouvés sera faite par les directeurs de l’hôpital général auquel nous l’avons uni, etc… Voulons que notre premier président et notre procureur général en notre parlement de Paris, en prennent soin avec quatre directeurs du d. hôpital général qui seront nommés au bureau d’icelui, ainsi que les commissaires des autres maisons du d. hôpital général, et y serviront pendant trois ans, etc… ; et comme plusieurs dames de piété ont pris très grand soin jusqu’à présent des d. enfants trouvés, et contribué notablement à leur nourriture et éducation, nous les exhortons, autant qu’il nous est possible, de continuer leur zèle et charités et soins envers les d. enfants trouvés, pour avoir part à la d. administration suivant les articles de règlement ci attaché sous le contr’scel de notre chancellerie, que nous voulons être exécutées selon leur forme et teneur. Donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1670. » — On construisit dans le faubourg Saint-Antoine pour les enfants trouvés, un vaste bâtiment et une église dont la reine Marie-Thérèse d’Autriche posa la première pierre en 1676. Étienne d’Aligre, chancelier de France, Élisabeth Luillier, sa femme, et le président de Bercy, enrichirent cette maison. — Le gouvernement républicain voulut aussi pourvoir aux besoins de ces infortunés.

Loi du 27 frimaire an V, relative aux enfants abandonnés. — « Le conseil des Cinq-Cents, après avoir entendu dans ses séances des 13 messidor, 2 thermidor et 11 fructidor, les trois lectures d’un projet de résolution présenté par la commission de l’organisation des secours, déclare qu’il n’y a pas lieu à l’ajournement, et prend la résolution suivante : — Article 1er. Les enfants abandonnés nouvellement nés seront reçus gratuitement dans les hospices civils de la république. — Art. 2e. Le trésor national fournira à la dépense de ceux qui seront portés dans les hospices qui n’ont pas de fonds affectés à ce sujet. — Art. 3e. Le Directoire est chargé de faire un règlement sur la manière dont les enfants abandonnés seront élevés et instruits. — Art. 4e. Les enfants abandonnés seront jusqu’à majorité ou émancipation sous la tutelle du président de l’administration municipale, dans l’arrondissement de laquelle sera l’hospice où ils auront été portés. Les membres de l’administration seront les conseils de la tutelle. — Art. 5e. Celui qui portera un enfant abandonné ailleurs qu’à l’hospice civil le plus voisin, sera puni d’une détention de trois décades, par voie de police correctionnelle ; celui qui l’en aura chargé sera puni de la même peine. — Art. 6e. La présente résolution sera imprimée, etc. »

30 ventôse an V, Arrêté du Directoire exécutif concernant la manière d’élever et d’instruire les enfants abandonnés. — « Le Directoire exécutif, considérant que par la loi du 27 frimaire dernier, il est chargé de déterminer par un règlement la manière dont seront élevés et instruits les enfants abandonnés ; considérant également combien il importe de fixer promptement la marche des autorités constituées sur cette partie de l’administration générale de l’état ; arrête ce qui suit : — Article 1er. Les enfants abandonnés et désignés par la loi du 27 frimaire an V, ne seront point conservés dans les hospices où ils auront été déposés, excepté le cas de maladies ou d’accidents graves qui en empêchent le transport ; ce premier asile ne devant être considéré que comme un dépôt en attendant que ces enfants puissent être placés, suivant leur âge, chez des nourrices, ou mis en pension chez des particuliers. — Art. 2e. Les commissions administratives des hospices civils, dans lesquels seront conduits des enfants abandonnés, sont spécialement chargées de les placer chez des nourrices ou autres habitants des campagnes et de pourvoir, en attendant, à tous leurs besoins sous la surveillance des autorités dont elles dépendent. — Art. 3e. Les nourrices ou autres habitants chargés d’enfants abandonnés, seront tenus de représenter tous les trois mois les enfants qui leur auront été confiés, à l’agent de leur commune, qui certifiera que ces enfants ont été traités avec humanité, et qu’ils sont instruits et élevés conformément aux dispositions du présent règlement ; ils seront en outre tenus de les représenter à la première réquisition du commissaire du Directoire exécutif, près l’administration municipale du canton ou des autorités auxquelles leur tutelle est déléguée par la loi. — Art. 4e. Les nourrices et autres personnes qui représenteront les certificats mentionnés dans l’article précédent, recevront, outre le prix des mois de nourrice, une indemnité de 18 francs, payable par tiers de trois mois en trois mois. Ceux qui auront conservé des enfants jusqu’à l’âge de douze ans et qui les auront préservés jusqu’à cet âge d’accidents provenant de défaut de soins, recevront à cette époque une autre indemnité de 50 francs, à la charge par eux de rapporter un certificat ainsi qu’il est dit en l’article précédent. — Art. 5e. Les commissions des hospices civils pourvoiront pour des enfants confiés à des nourrices ou à d’autres habitants des campagnes, au paiement des prix déterminés par la fixation approuvée pour les départements dans l’arrondissement desquels ces enfants seront placés, etc… » (Extrait du Bulletin des Lois). — Depuis 1800, l’hospice des Enfants-Trouvés a été transféré rue d’Enfer, dans les bâtiments construits de 1650 à 1657, et primitivement occupés par l’institution de l’Oratoire, qui servait de noviciat aux personnes qui se destinaient à cette congrégation.

La dépense des Enfants-Trouvés est à la charge des fonds départementaux ; néanmoins les communes doivent contribuer pour un cinquième de cette dépense. Les Enfants-Trouvés figurent par an au budget de la Ville, pour une somme de 
 200,000 fr.
Les fonds départementaux fournissent de leur côté 
 400,000 fr.
Enfin le revenu des biens provenant de fondations en faveur des Enfants-Trouvés et celui des amendes qui leur sont attribuées, s’élèvent à 
 260,000 fr.

Total des fonds spéciaux 
 860,000 fr.

Mais cette somme ne pouvant suffire à la dépense qui excède 1,800,000 fr., le surplus est pris sur les fonds généraux.

Le nombre toujours croissant des enfants trouvés, des enfants abandonnés et des orphelins, dont l’administration devrait prendre soin, allait annuellement au-delà de 6,000. Dans le but de diminuer ce chiffre, le conseil général prit, le 25 janvier 1837, un arrêté qui fut approuvé par le ministre de l’intérieur. Cet arrêté, qui rappelle dans ses dispositions plusieurs lois et décrets antérieurs, porte : qu’aucun enfant ne pourra être admis à l’hospice que sur un procès-verbal d’un commissaire de police, constatant les circonstances de son exposition ou de son abandon. Ce même arrête oblige les femmes qui accouchent dans les hôpitaux à nourrir leurs nouveau-nés, à moins d’impossibilité reconnue par les médecins.

Le conseil-général, en prenant cet arrêté, avait l’espoir de réduire de moitié, le nombre de ces enfants mis à la charge de l’administration. Les mesures prescrites ont été rigoureusement observées, et cependant le nombre des abandonnés dépasse déjà 4,000. On attribue avec raison une partie de cet accroissement au grand nombre d’ouvriers employés aux travaux des fortifications et des chemins de fer, ainsi qu’à l’augmentation de la troupe qui compose la garnison de Paris.

Le nombre des enfants trouvés en 1842 a été de 4,095, savoir

Enfants provenant de la maison d’accouchement 
 1,333
Enfants provenant de la préfecture de police 
 134
Enfants provenant des hôpitaux de Paris 
 342
Nés à Paris avec leur acte de naissance 
 1,967
Nés à Paris sans acte de naissance 
 » »
Nés hors de Paris et déposés avec leur acte de naissance 
 221
Nés hors de Paris et déposés sans acte de naissance 
 » »
Déposés sans renseignements 
 98

4,095

Sur ce nombre de 4,095 enfants, 199 sont présumés légitimes et 3,896 sont supposés naturels.

La mortalité en 1842 a été de 1 sur 4-17.


Enfer (barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue d’Enfer.

Elle se compose de deux pavillons (voyez l’article Barrières).


Enfer (boulevart d’).

Commence au boulevart du Mont-Parnasse, no 28 ; finit aux rue et barrière d’Enfer. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 850 m. — De 1 à 7 et de 2 à 12, 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; le surplus dépend du 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Dès l’année 1707 on s’occupa de l’établissement des boulevarts du midi. Cette grande opération, ajournée durant plus de 50 années, fut reprise en vertu des lettres-patentes ci-après : — « Louis, etc… Par arrêt aujourd’hui rendu en notre conseil d’état, nous y étant, nous avons ordonné l’établissement et la construction d’un nouveau rempart au midi de notre bonne ville de Paris, pour la commodité des abords et l’embellissement de cette partie de la capitale de notre royaume, et pour cet effet, après avoir donné nos ordres aux prévôt des marchands et échevins de la d. ville, en exécution desquels ils nous ont fait remettre le plan qu’ils ont fait dresser, des alignements à donner au d. nouveau rempart, relativement à la situation actuelle des rues et bâtiments de la partie méridionale de la d. ville, ensemble le devis de différents ouvrages d’art, de terrasse, plantation d’arbres et autres à y faire ; au bas duquel devis est la soumission du sieur Outrequin, en date du 15 avril, acceptée par délibération du bureau de la Ville du 22 juillet 1760 ; nous avons pourvu à tout ce qui concerne l’exécution des d. plan et devis et au paiement des indemnités qui seront dues aux propriétaires des différentes parties de terrains sur lesquelles passera le d. rempart, et des murs, bâtiments, édifices qui se trouveront dans son alignement, et qu’il sera nécessaire d’abattre ; et voulant que le d. arrêt ait sa pleine et entière exécution, nous avons dit, déclaré et ordonné, et par ces présentes signées de notre main, disons, déclarons et ordonnons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera incessamment ouvert et construit un nouveau rempart au midi de Paris, suivant les plan et devis par nous approuvés, et ce sous les ordres du prévôt des marchands et échevins de notre d. ville, et par le sieur Outrequin dont nous avons agréé et agréons la soumission. Article 2. Le dit rempart, commencera à la barrière de la rue de Varennes, du côté des Invalides, et finira au bord de la rivière de Seine sur le port hors tournelle, en suivant les alignements et dimensions tracés au d. plan. – Art. 3. Conformément aux d. alignements, la partie du d. rempart, depuis la rue de Varennes jusqu’à la rue d’Enfer, sera plantée de quatre rangées d’arbres et le surplus, à commencer de l’embranchement qui sera pris sur le d. rempart à l’endroit appelé la butte du Mont-Parnasse, en continuant jusqu’au bord de la rivière sur le port hors tournelle, sera seulement plantée de deux rangées d’arbres, et ce par provision jusqu’à ce qu’il en ait été par nous autrement ordonné. — Art. 4. Les propriétaires des terrains sur lesquels sera construit le d. rempart, ensemble des murs de clôture, bâtiments et autres édifices qui se trouveront sur la ligne d’icelui et qu’il sera nécessaire d’abattre, seront indemnisés par les d. prévôt des marchands et échevins, suivant l’estimation de leurs propriétés portées au d. devis, et en cas de contestations de leur part, suivant la nouvelle estimation qui en sera faite par l’un de nos architectes, conjointement avec le maître général des bâtiments de la Ville. — Art. 5. Ordonnons que l’alignement du d. nouveau rempart formera à l’avenir l’enceinte et les limites de la ville de Paris, dans la partie depuis la rue de Varennes jusqu’à la rue d’Enfer, etc… Données à Versailles le 9e jour d’août l’an de grâce 1760 et de notre règne le 45e. Signé Louis. »

« Le roi étant informé que l’établissement du rempart entrepris par les prévôt des marchands et échevins de sa bonne ville de Paris, au midi de la d. ville, conformément aux arrêt du conseil et lettres-patentes du 9 août 1760, ayant eu l’exécution la plus conforme aux vues de commodité et de décoration publiques, et par les quelles sa majesté s’est déterminée à favoriser cette entreprise ; les habitants de la capitale de son royaume, et les étrangers qui y arrivent fréquemment de ce côté, commenceraient à jouir des avantages et du progrès des plantations et de la disposition de ce rempart, si les particuliers dont les terrains y ont face, en établissant des clôtures et édifices de l’un et de l’autre côtés, n’en resserraient trop la largeur, et si par l’élévation, la forme et l’étendue de ces constructions, l’aspect de la campagne se trouvait borné et les arbres trop gênés pour parvenir à l’effet qu’on en peut attendre ; connaissant aussi que pour l’achèvement entier et la plus grande perfection de ce rempart, il conviendrait que dans toute son étendue il fût planté de quatre rangs d’arbres, comme il l’est en partie ; et sur ce qui a été représenté à sa majesté par les prévôt des marchands et échevins, qu’ils ne se croyaient pas suffisamment autorisés par les d. arrêt et lettres-patentes, pour s’opposer à ces entreprises dont la continuation préjudicierait essentiellement à un établissement si utile et si agréable, et pour procurer au rempart la perfection qui y semble nécessaire ; à quoi voulant pourvoir, sa majesté étant en son conseil a ordonné et ordonne : — Article 1er. Que les alignements des bâtiments qui pourront être élevés le long du d. rempart, du côté de la ville, dans la partie plantée de quatre rangs d’arbres, depuis la rue de Grenelle jusqu’à la rue d’Enfer, conformément à l’art. 5 des lettres-patentes du 9 août 1760, et les clôtures en cette partie du côté de la campagne seront fixées à 10 pieds 1/2 de distance du point milieu du rang d’arbres extérieur des contr’allées. — Art. 2. Veut et entend sa majesté que la partie du d. rempart, depuis le lieu dit le Mont-Parnasse jusqu’à la rivière, qui n’est aujourd’hui plantée que de deux rangs d’arbres, le soit à l’avenir de quatre rangs, dans les mêmes distances et dispositions qui ont été suivies pour la première partie, à l’effet de quoi les particuliers sur les terrains desquels il serait nécessaire de prendre du terrain, et qui jouissent de l’avantage de cet établissement, seront tenus de les fournir sans pouvoir prétendre aucun paiement, indemnité pour raison de la d. superficie, etc… Fait au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, tenu à Marly le 19 mai 1767. Signé Louis. » (Extrait).

Le côté droit du boulevart d’Enfer est bordé en grande partie par le mur d’enceinte. Les propriétés particulières sont presque toutes à l’alignement.


Enfer (chemin de ronde du poste d’observation de la barrière d’).

Commence au boulevart d’Enfer ; finit aux rue et barrière du Mont-Parnasse. Pas de numéro. Sa longueur est de 436 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Voir l’article Chemins de ronde.


Enfer (place de la barrière d’).

Située à l’extrémité de la rue d’Enfer. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Elle a été établie lors de la construction du mur d’enceinte. — Une ordonnance royale du 19 juillet 1840 a maintenu les formes et dimensions actuelles de cette voie publique.


Enfer (rue d’).

Commence aux rues Saint-Hyacinthe, no 2, et des Francs-Bourgeois, no 16 ; finit aux boulevarts Saint-Jacques, no 16, et d’Enfer. Le dernier impair est 109 ; le dernier pair, 102. Sa longueur est de 1 608 m. — Les nos de 1 à 15 et de 2 à 30 sont du 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne ; les autres numéros dépendent du 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Ce n’était au XIIIe siècle qu’un chemin nommé de Vanves et d’Issy parce qu’il conduisait à ces deux villages. Plus tard on le désigna sous la dénomination de Vauvert, parce qu’il se dirigeait vers le château sur l’emplacement duquel les Chartreux bâtirent leur couvent. Cette voie publique fut ensuite connue sous les noms de rue de la Porte-Gibard, de rue Saint-Michel et du Faubourg-Saint-Michel. Plusieurs opinions ont été émises sur l’étymologie de cette rue. Nous ne citerons que celles qui ne choquent pas la vraisemblance. Huet, évêque d’Avranches, prétend qu’elle a été ainsi dénommée parce qu’elle fut longtemps un lieu de débauches et de voleries. La seconde opinion, qui nous parait plus sérieuse, est celle-ci : On sait que la rue Saint-Jacques parallèle à celle d’Enfer, s’est nommée via superior ; cette dernière, par opposition, fut désignée sous le nom de via inferior, via infera, dont la dénomination actuelle peut bien n’être qu’une altération. — Une décision ministérielle en date du 3 germinal an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 5, 63, 65, 67, 69, 71, 73, 75, 77, 79, 81, 83, 85, l’École des Mines ; 30, 48, 50, 52, 54, 56, 58, 60, 62, 64, 66, 68, 70, 74, 76, 80, 80 bis, 82, 84, 86, 92, 94, 96, 98, 100 et.102. — Égoût dans une partie de cette rue. — Éclairage au gaz entre la place Saint-Michel et la rue Saint-Dominique (compe Parisienne).

Au no 2 était situé le collège du Mans. Il fut fondé dans la rue de Reims en exécution du testament du cardinal Philippe de Luxembourg, évêque du Mans, en date de 1519. Il fut transféré dans la rue d’Enfer en 1683, et occupa l’emplacement de l’hôtel de Marillac. On le réunit à l’Université en 1764.

Au no 8 était situé le séminaire Saint-Pierre et Saint-Louis. Il doit sa fondation à François de Chansiergues, diacre. Il fut d’abord installé dans une maison de la rue du Pot-de-Fer, puis en 1687 dans une propriété de la rue d’Enfer. Cet établissement fut confirmé par lettres-patentes du mois de décembre 1696, registrées le 28 février suivant. Ce séminaire fut supprimé en 1790. Les bâtiments qui sont encore aujourd’hui propriétés de l’État ont été affectés à une caserne.

Au no 45 était situé le couvent des Feuillants, c’était le second établissement de cet ordre à Paris. Autorisés par l’archevêque, ces religieux achetèrent en 1630 un emplacement situé dans la rue d’Enfer, sur lequel ils firent construire un monastère dont la première pierre fut posée le 21 juin 1633. D’abord instituée pour servir de noviciat aux Feuillants de la rue Saint-Honoré, cette maison cessa bientôt d’avoir cette destination. Le 18 juin 1659, la première pierre de leur église fut posée ; elle n’offrait rien de remarquable. Supprimé en 1790, ce couvent, qui contenait en superficie 2,015 m., devint propriété nationale et fut vendu le 21 thermidor an IV.


Enghien (rue d’).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 49 et 51 ; finit à la rue du Faubourg-Poissonnière, nos 20 et 22. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 414 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Autorisée et dénommée par lettres-patentes du 8 août 1783, cette rue n’était point encore ouverte en 1791 ; elle le fut en 1792 sur une largeur de 9 m. 74 c. (voyez l’article de la rue de l’Échiquier). À cette époque on lui donna le nom de rue de Mably, en mémoire de Gabriel Bonnot de Mably, ancien chanoine de l’église abbatiale de l’île Barbe, né à Grenoble le 14 mars 1709, mort à Paris le 23 avril 1785. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle reprit la dénomination de rue d’Enghien. Louis-Antoine-Henri de Bourbon, duc d’Enghien, fils de Louis-Henri-Joseph de Bourbon et de Louise-Thérèse-Mathilde d’Orléans, naquit à Chantilly le 2 août 1772 ; condamné à mort, il périt fusillé dans les fossés du château de Vincennes. — Une décision ministérielle à la date du 8 juillet 1821, a maintenu la largeur primitive de la rue d’Enghien. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celle qui porte le no 2. — Égoût du côté des rues d’Hauteville et du Faubourg-Poissonnière. — Conduite d’eau entre le passage des Petites-Écuries et la rue d’Hauteville. — Éclairage au gaz (compe Française).


Entrepôt (rue de l’).

Commence à la rue Neuve-Sanson, no 3 ; finit à la rue Lacasse, no 1. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 10 ; ce côté est bordé par les bâtiments de la Douane et de l’Entrepôt. Sa longueur est de 251 m. — 5e arrondissement, quartier de la porte Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 20 février 1825, relative aux abords du canal Saint-Martin, prescrivit l’ouverture de cette voie publique dont la largeur fut fixée à 12 m. On a commencé à bâtir dans cette rue en 1828. Les constructions riveraines sont établies d’après un alignement à 15 m. de largeur. Cette rue a été dénommée en 1840. — Conduite d’eau depuis la rue Neuve-Sanson jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).


Épée-de-Bois (rue de l’).

Commence à la rue Gracieuse ; finit à la rue Mouffetard, nos 89 et 91. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 141 m. — 12e arrondissement. Les impairs sont du quartier Saint-Marcel ; les pairs, du quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue, qui aboutissait au champ d’Albiac, a porté le nom de rue du Petit-Champ. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une autre décision ministérielle du 2 germinal an XIII, signée Champagny, la place dite du Petit-Champ-d’Albiac, située sur le côté gauche de la rue de l’Épée-de-Bois à l’angle de celle du Noir (aujourd’hui Gracieuse), a été supprimée. Une partie de la propriété no 4 est alignée.


Éperon (rue de l’).

Commence à la rue Saint-André-des-Arts, nos 51 et 53 ; finit à l’impasse de la cour de Rouen et la rue du Jardinet, no 12. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10 bis. Sa longueur est de 109 m. – 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle est désignée en 1269 sous le nom de Gaugain. En 1636 elle prit le nom de rue de l’Éperon qu’elle doit à une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 15 floréal an V, signée Benezech, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles nos 3, 4 et 6. — Conduite d’eau entre la rue Saint-André-des-Arts et celle du Cimetière.


Épine (rue Jean-de-l’).

Commence à la rue de la Vannerie, no 4, et à la place de l’Hôtel-de-Ville, no 19 ; finit aux rues de la Coutellerie, no 1, et de la Tixéranderie, no 2. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 74 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dès 1280, elle portait ce nom qu’elle doit à Jean de l’Épine, bourgeois de Paris, dont la maison, suivant un cartulaire de Saint-Maur, avait une sortie sur la place de Grève (aujourd’hui de l’Hôtel-de-ville). Au XVe siècle c’était la rue Philippe-de-l’Épine. Une décision ministérielle en date du 14 juillet 1816, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. 20 c. à 6 m. ; la maison no 20 est alignée, le surplus de ce côté devra subir un retranchement qui n’excède pas 70 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Erfurth (rue d’).

Commence à l’église Saint-Germain-des-Prés ; finit à la rue Sainte-Marguerite, nos 21 et 26. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 52 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le cardinal de Bissy, abbé de Saint-Germain-des-Prés, fit ouvrir cette rue en 1715. On lui donna le nom de Petite rue Sainte-Marguerite, qu’on changea en 1807 en celui d’Erfurth, afin de rappeler la célèbre capitulation conclue le 16 octobre 1806. — Une décision ministérielle du 21 août 1817 et une ordonnance royale du 29 avril 1839 ont fixé la largeur de cette rue à 10 m. En vertu d’une autre ordonnance du 13 mai 1841, l’élargissement de la rue d’Erfurth, au moyen de la démolition des échoppes situées sur le côté des numéros impairs, a été déclaré d’utilité publique. Cette amélioration a été exécutée en 1842. Les constructions qui bordent le côté droit à l’encoignure de la rue Sainte-Marguerite sont seules soumises à un retranchement. — Égout et conduite d’eau.


Ermites (rue des Deux-).

Commence à la rue des Marmousets, nos 13 et 15 ; finit à la rue de Constantine. Pas de numéro. Sa longueur est de 13 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette voie publique était construite au XIIe siècle. En 1300 on l’appelait rue de la Confrérie-Notre-Dame. En 1640 elle est indiquée dans les rôles des commissaires de ce quartier, sous la dénomination des Deux-Serviteurs. Les serfs ou serviteurs de la Vierge-Marie étaient sans doute de cette confrérie. Le nom de rue des Deux-Ermites lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées. Une grande partie de cette voie publique a été supprimée pour le percement de la rue de Constantine. — Conduite d’eau.


Essai (rue de l’).

Commence à la rue Poliveau, nos 23 et 25 ; finit au Marché-aux-Chevaux. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 87 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Percée au XVIIe siècle, elle prit le nom de rue Maquignonne, en raison de sa proximité du Marché-aux-Chevaux. Depuis 1806 elle est appelée rue de l’Essai, parce qu’elle est voisine de l’endroit où l’on essaie les chevaux. — Une décision ministérielle du 18 octobre 1808, signée Cretet, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 40 c. ; celles du côté opposé sont alignées.


Est (rue de l’).

Commence à la rue d’Enfer, nos 46 et 48 ; finit au carrefour de l’Observatoire. Le dernier impair est 33. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le mur du jardin du Luxembourg. Sa longueur est de 352 m. — Les impairs sont du 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire ; le côté opposé dépend du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte sur une partie de l’emplacement du couvent des chartreux.

Le fondateur de cet ordre célèbre, saint Bruno, naquit à Cologne vers 1060. Il fit ses premières études à Paris, fut nommé chanoine à Cologne, puis à Reims. Bientôt on le jugea digne d’occuper les fonctions de chancelier de cette dernière église. L’archevêque Mannassès, qui la gouvernait en tyran, força l’illustre chanoine à se démettre de son emploi. Des lors, saint Bruno prit la résolution de quitter le monde. La première solitude qu’il vint habiter fut Saisse-Fontaine, dans le diocèse de Langres. Il quitta cet endroit, vers l’an 1084, pour aller se réfugier dans le désert de la Chartreuse, près de Grenoble. Saint Bruno ne fit point de règles particulières pour ses disciples, mais il leur donna celle de saint Benoit, qu’ils observèrent dans toute sa rigueur. Les Chartreux ont donné au monde l’unique exemple d’une congrégation qui a duré sept siècles, sans avoir besoin de réforme.

On sait que le roi saint Louis signala sa piété par la fondation d’un grand nombre d’établissements religieux. Le récit de la vie pénitente et solitaire des disciples de saint Bruno fit une impression si vive sur l’esprit du roi, qu’en 1257 il demanda à dom Bernard de La Tour, prieur de la grande Chartreuse, quelques-uns de ses frères pour les établir près de Paris. Le prieur envoya cinq religieux qui vinrent occuper une propriété sise à Gentilly. Un an après, les chartreux prièrent Louis IX de leur céder un vaste château appelé Vauvert ou Valvert, en raison des prairies verdoyantes qui l’entouraient. Cette habitation avait été construite au commencement du XIe siècle pour le prince Robert, fils de Hugues Capet. Des diables, assurait-on, avaient établi leur séjour dans le château. En effet, depuis l’arrivée des religieux on entendait tous les soirs d’affreux hurlements. On y voyait des spectres épouvantables qui traînaient des chaînes, et qui paraissaient obéir à un monstre vert, dont le corps hideux se terminait en queue de serpent. Les villageois ne passaient qu’en tremblant près des hautes murailles de ce château redoutable, et le souvenir de la terreur qu’il inspirait se conserva dans un proverbe : ainsi, lorsqu’on voulait se débarrasser d’une personne qui fatiguait, on se servait de ces mots : Allez au diable Vauvert, comme on dit aujourd’hui, par altération, allez au diable Auvert.

Les chartreux en possession du château de Vauvert, bâtirent à la hâte quelques cellules. La chapelle, qui tombait en ruine, ne pouvait servir longtemps leur pieux exercices. Saint Louis alors posa la première pierre d’un nouveau temple. Les constructions furent faites sur les dessins du célèbre Eudes de Montreuil. Cette église, achevée en 1324, fut dédiée l’année suivante, sous l’invocation de saint Jean-Baptiste et de la Sainte-Vierge. L’ancienne chapelle de Vauvert servit depuis de réfectoire : les religieux y mangeaient ensemble les dimanches, les fêtes et les jeudis ; les autres jours, chacun prenait ses repas en particulier dans sa cellule. Le grand portail de l’église était situé dans la rue d’Enfer. Une avenue conduisait à la porte intérieure de la maison. On entrait alors dans la première cour où l’on remarquait à gauche une chapelle assez vaste, qu’on nommait la Chapelle des femmes, parce que c’était le seul endroit du couvent où il leur fut permis de pénétrer. Sur la porte de la seconde cour, on avait sculpté un bas-relief, dont le fond était orné de fleurs-de-lis il représentait saint Jean-Baptiste et l’agneau, saint Hugues et le cygne, saint Antoine et le porc. On y voyait aussi le roi Louis XI offrant six chartreux à la Vierge. Les fameux tableaux sur bois de Lesueur, représentant la vie de saint Bruno, étaient encastrés dans les arcs du petit cloitre, qui était orné de pilastres d’ordre dorique. En 1648, Lesueur exécuta ses vingt-cinq tableaux sur bois qui furent donnés au roi par les chartreux. On les plaça d’abord dans la galerie du Luxembourg, puis au Louvre où ils sont aujourd’hui. Vers 1750, on comptait en France soixante dix-sept couvents de chartreux. Cet ordre religieux fut supprimé en 1790. Les biens qui lui appartenaient devinrent propriétés nationales et furent successivement vendus pendant la révolution.

Loi du 27 germinal, l’an VI de la république française une et indivisible. — « Le conseil des Anciens, adoptant les motifs de la déclaration d’urgence qui précède la résolution ci-après, approuve l’acte d’urgence. Suit la teneur de la déclaration d’urgence et de la résolution : — Du 23 frimaire an VI. Le conseil des Cinq-Cents adoptant, après avoir entendu le rapport d’une commission spéciale chargée d’examiner le message du Directoire exécutif du 29 germinal an V, sur la distribution et l’emploi de l’enclos des ci-devant chartreux de Paris, et relatif à plusieurs soumissions faites de partie de ce terrain. Considérant que la vente des portions de ce domaine non utiles au service public étant suspendue, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le plan général proposé pour la distribution et percement de cet enclos, et les communications plus commodes qu’ils procureront entre la route d’Orléans et le faubourg Saint-Germain, sans dépense notable, et même avec avantage, par l’augmentation du produit des ventes des différents domaines nationaux situés dans la partie méridionale de Paris déclare qu’il y a urgence et prend la résolution suivante : — Article 1er. Conformément au plan annexé à la présente, il sera formé une place circulaire au pourtour de l’Observatoire de Paris. — Art. 2. L’avenue du palais directorial, du côté du jardin, sera prolongée jusqu’à la place de l’Observatoire, et passera à travers les boulevards dits du Mont-Parnasse. — Art. 3. En deçà des boulevards, il sera établi une place triangulaire au point marqué sur le même plan. Une rue parallèle à celle dite d’Enfer sera ouverte dans la même direction, et communiquera de la place triangulaire à celle dite Saint-Michel. Une autre rue partant de la même place, et dans la direction de celle de Notre-Dame-des-Champs, communiquera à la rue de Vaugirard. — Art. 4. Le terrain qui se trouve entre les deux rues neuves et le jardin du palais directorial, ne sera point vendu, il sera conservé pour être employé à des pépinières ou autres établissements pour l’instruction des citoyens, l’amélioration ou l’encouragement de l’agriculture, etc… Après une seconde lecture le conseil des Anciens approuve la résolution ci-dessus. Le 27 germinal an VI de la république française. Signé Mollevaud, président, J.-H. Artauld, Mailly, Havin, secrétaires. — Le Directoire exécutif ordonne que la loi ci-dessus sera publiée, exécutée et qu’elle sera munie du sceau de la république. Fait au palais national du Directoire exécutif, le 28 germinal an VI de la république française une et indivisible. Pour expédition conforme, le président du Directoire exécutif : signé Merlin. » En vertu de cette loi, on a percé les rues de l’Est et de l’Ouest, qui doivent ces dénominations à leur situation, par rapport au jardin du Luxembourg. L’avenue de l’Observatoire a été également formée, mais la place circulaire n’a pas été exécutée. La place triangulaire porte aujourd’hui le nom de carrefour de l’Observatoire. Les autres terrains provenant des chartreux ont été réunis au jardin du Luxembourg. La rue de l’Est a été exécutée sur une largeur de 14 m. ; cette largeur a été maintenue par une décision ministérielle du 3 décembre 1817.


Estienne (rue).

Commence à la rue Boucher, nos 1 bis et 3 ; finit à la rue Béthisy, nos 11 et 13. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 52 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle a été ouverte sur l’emplacement de l’ancien hôtel des Monnaies, en vertu des lettres-patentes du mois d’août 1776, que nous avons citées à l’article de la rue Boucher. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur est portée à 12 m. Les constructions du côté gauche sont soumises à un retranchement de 5 m. ; celles du côté droit devront reculer de 2 m. — Conduite d’eau depuis la rue Béthisy jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Henry-Isaac Estienne, écuyer, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats au parlement de Paris, fut échevin de 1773 à 1775.


Estrapade (rue de la Vieille-).

Commence aux rues Neuve-Sainte-Geneviève, no 2 et Fourcy ; finit aux rues des Postes, no 1 et des Fossés-Saint-Jacques, no 19. Le dernier impair est 29. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par des murs de clôture. Sa longueur est de 204 m. — 12e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier de l’Observatoire ; le côté opposé dépend du quartier Saint-Jacques.

Bâtie sur l’emplacement du mur d’enceinte de Philippe-Auguste, elle prit d’abord le nom de rue des Fossés-Saint-Marcel. On la désigna ensuite sous le nom de rue de l’Estrapade, en raison du supplice barbare de l’estrapade qu’on y infligeait autrefois aux soldats. Ce supplice consistait à lier les mains du condamné derrière le dos et à l’élever à une certaine hauteur d’où on le laissait tomber violemment près de la terre ; cette secousse lui disloquait les bras. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue de la Vieille-Estrapade à 9 m. 60 c. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Diderot a demeuré dans cette rue. Son modeste logement fut ensuite occupé par l’ingénieuse Biheron qui, sans maître, était parvenue à créer avec une pâte de sa composition toutes les pièces d’un système complet d’anatomie.

La porte Papale était située à la jonction des rues des Fossés-Saint-Jacques, des Postes et de la Vieille-Estrapade. Elle faisait partie de l’enceinte de Philippe-Auguste. Au commencement du XVIIe siècle elle fut démolie.


Estrées (rue d’).

Commence au boulevart des Invalides, nos 6 et 8 ; finit à la place de Fontenoy, nos 1 et 3. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 521 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

La partie comprise entre la place de Fontenoy et l’avenue de Breteuil est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Dès l’année 1800, elle prit le nom de rue Neuve-de-Babylone, parce qu’elle prolonge la rue de Babylone. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m., et prescrivit sa continuation depuis l’avenue de Breteuil jusqu’au boulevart des Invalides. Ce percement a été effectué en 1817 sur les terrains appartenant à l’État et au sieur Juliot. En 1819, cette voie publique a reçu dans toute son étendue la dénomination de rue d’Estrées. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre le boulevart des Invalides et l’avenue de Breteuil. — Conduite d’eau depuis le boulevart jusqu’à l’avenue de Villars.

Jean d’Estrées, duc et pair, maréchal de France, vice-amiral et vice-roi d’Amérique, naquit en 1624, et mourut le 19 mai 1707.


Étienne-Bonne-Nouvelle (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Beauregard, nos 5 et 7 ; finit au boulevart Bonne-Nouvelle, nos 31 et 35. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 123 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue était bâtie au milieu du XVIe siècle. Ses maisons furent abattues en 1594, lorsque le roi Henri IV vint assiéger Paris. Rebâtie en 1630, cette voie publique prit d’une enseigne le nom de Saint-Ëlienne. Le corps municipal, dans sa séance du 11 juillet 1793, arrêta que la rue Neuve-Saint-Étienne aurait 6 m. de largeur. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, confirma cet arrêté. — En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette dimension est portée à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront éprouver un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 50 c. Les maisons nos 2, 4, 6, 8, 14 et 16 sont alignées ; les autres constructions ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau. — Éclairage au (gaz, compe Française).


Étienne-des-Grés (rue Saint-).

Commence à la place du Panthéon, nos 6 et 8 ; finit à la rue Saint-Jacques, nos 141 et 143. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 99 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle est désignée en 1230 sous le nom de rue par où l’on va de l’église Sainte-Geneviève à celle Saint-Étienne. En 1243, c’était la rue des Grés, en raison de l’ancienne église Saint-Étienne-des-Grés dont nous traçons ici l’origine. — Le titre le plus ancien qui atteste l’existence de cet édifice est un acte de donation plusieurs fois mentionné, par lequel Henri Ier accorde en 1031 à l’évêque de Paris plusieurs églises abandonnées, parmi lesquelles il comprend Saint-Étienne. Il parait que des degrés qui de la rue Saint-Jacques conduisaient à cette église, lui ont fait donner ce surnom de Saint-Étienne-des-Grés. Elle devint collégiale au XIe siècle. En 1300, elle était entourée de vignes, et près de son bâtiment on voyait le pressoir du roi où l’on vendait les vendanges recueillies dans le Clos-le-Roi et le Clos-Mureaux. Cette église, qui n’offrait rien de remarquable, fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue en deux lots les 16 et 17 avril 1792 et abattue peu de temps après. La maison qui porte aujourd’hui le no 9 a été bâtie sur son emplacement. — Une partie du côté gauche de la rue Saint-Étienne-du-Grés a été démolie pour l’agrandissement de la place du Panthéon. — Une décision ministérielle du 13 juin 1807, signée Champagny, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Sur le côté des numéros impairs, les dépendances de l’École-de-Droit et la maison no 9 sont alignées ; le surplus devra reculer de 1 m. environ. Sur le côté opposé, les constructions situées à l’encoignure gauche de la rue des Cholets sont alignées ; le surplus est soumis à un retranchement de 3 m. à 5 m. 30 c.


Étienne-du-Mont (église Saint-).

Située carré Sainte-Geneviève. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Avant la construction de l’enceinte de Paris, sous Philippe-Auguste, cet emplacement était couvert de vignes. La crypte ou église inférieure de Sainte-Geneviève suffisait alors aux besoins religieux. Mais après l’achèvement de la nouvelle clôture, les Parisiens bâtirent en cet endroit un grand nombre d’habitations, et bientôt on sentit la nécessité de construire une nouvelle église paroissiale. À cet effet les chanoines de Sainte-Geneviève cédèrent un terrain contigu à leur église, sur lequel on éleva une chapelle pour servir de paroisse. Cette chapelle était dédiée à Saint-Étienne en 1221 ainsi que nous l’apprend Guillaume-le-Breton. L’historien de Philippe-Auguste en parle ainsi : « La foudre tomba en 1221 sur une maison de charité située devant l’église Saint-Étienne-du-Mont. »

Cette paroisse resta longtemps sous la dépendance de Sainte-Geneviève. Il fallait traverser un passage pratiqué dans cette église pour entrer dans Saint-Étienne-du-Mont dont les fonts baptismaux existèrent pendant quatre siècles dans Sainte-Geneviève.

La reconstruction de la chapelle Saint-Étienne-du-Mont date de François Ier, vers 1517. On éleva d’abord les parties orientales ; en 1588 on bâtit l’aile et les chapelles méridionales ; enfin, sous les règnes de Henri II et Charles IX, on construisit les parties occidentales de l’édifice ; mais l’architecte, gêné par le portail de Sainte-Geneviève, fut forcé de donner à la nef de l’église Saint-Étienne un axe différent de celui du chœur. La chapelle de la communion et les charniers sont de l’année 1606 ; et ce fut Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, qui posa vers 1610 la première pierre du portail.

Cette église est un des plus curieux monuments de Paris, il offre un mélange heureux des deux styles gothique et de la renaissance. Les voûtes en ogive de la nef et les bas-côtés sont pleins de hardiesse et d’élégance. Le magnifique jubé sert de modèle à nos artistes. On remarque aussi les deux beaux escaliers qui se roulent en spirale autour du fût de deux colonnes, et qui conduisent aux galeries et au sommet du jubé. Le crucifix qui décore le jubé était attribué à Jean Goujon : on a reconnu qu’il était l’ouvrage de Biart père. La chaire, l’une des plus belles que nous ayons, a été sculptée par Claude Lestocard d’Arras, sur les dessins de Laurent de la Hire.

Des vitraux, d’un coloris remarquable, décorent également Saint-Étienne-du-Mont. Les plus beaux sont dus à Nicolas Pinaigrier, verrier du XVIe siècle. Ils représentent le jugement dernier ; enfin, parmi les tableaux qui ornent cette église, nous citerons celui de de Troy, un tableau de Largillière, et un Saint-Étienne prêchant l’Évangile dû au pinceau de M. Abel de Pujol. Dans cette église avaient été inhumés Eustache Lesueur, l’un des plus grands peintres de l’école française, mort en 1655 ; Blaise Pascal, mort en 1662 ; Jean Racine, mort en 1699, et Joseph Pitton de Tournefort, célèbre botaniste décédé en 1708.

La nouvelle église de Sainte-Geneviève (aujourd’hui le Panthéon) était depuis 1822 la paroisse du 12e arrondissement ; mais en 1830 le Panthéon cessa d’être consacré au culte. L’église Saint-Étienne-du-Mont sert aujourd’hui de paroisse à cet arrondissement.


Étienne-du-Mont (impasse saint-).

Située dans la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève entre les nos 84 et 86 ; Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 13 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Elle tire son nom de sa proximité de l’église Saint-Étienne-du-Mont. Sa largeur est de 7 m. 80 c. Cette impasse devra être supprimée lors de l’exécution des alignements de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et du carré Sainte-Geneviève.


Étienne-du-Mont (rue des Prêtres Saint-).

Commence à la rue Descartes, nos 24 et 26 ; finit à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, no 85. Le seul impair est 1, ce côté est bordé presqu’entièrement par le mur de l’église ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 76 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

En 1248 c’était la rue du Moutier (monastère). En 1267 on la désignait sous le nom de ruelle Sainte-Geneviève. Sa dénomination actuelle lui vient des prêtres de l’église Saint-Étienne-du-Mont qui y demeuraient autrefois. — Une décision ministérielle à la date du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Sur le côté gauche la maison no 1 est seule soumise à retranchement. Les constructions du côté des numéros pairs devront reculer de 3 m. environ.


Étienne-du-Mont (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Copeau, nos 8 et 10 ; finit à la rue de la Contrescarpe, nos 5 et 7. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 358 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

On la désignait autrefois sous les noms de chemin du moulin à vent, parce qu’elle conduisait à un moulin ; de rue du Puits-de-Fer, en raison d’un puits public qu’on voyait en 1539. Son nom actuel lui vient de l’église Saint-Étienne-du-Mont située près de cette rue. — Une décision ministérielle du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 18 et 20 sont à l’alignement ; celles nos 8, 10, 12, 14 et 16 ne sont soumises qu’à un très faible retranchement.

Au no 6 était située la maison des filles de la congrégation de Notre-Dame. — Bureau de la Ville. — « Veu les lettres-patentes obtenues au mois de janvier 1645 par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, par les quelles sa majesté auroist permis aux dites religieuses de s’établir en cette ville de Paris, et d’y construire un monastère suivant les conditions et consentement donnez par l’archevesque de Paris ; les lettres de surannation d’icelle du 2 août 1664 et les contrats de donation et fondation du d. monastère. Veu l’arrest de la cour du parlement du 3 mars 1667, par lequel la cour, avant de procéder à l’enregistrement des d. lettres-patentes, a ordonné qu’elles nous seraient communiquées pour donner notre advis, et la requeste à nous présentée par les dites religieuses aux fins du d. advis. Sommes d’advis, sous le bon plaisir de la cour, qu’il y a lieu d’accorder aux dites religieuses l’enregistrement des d. lettres patentes, leur rétablissement estant assez ancien, puis ce qu’il paroist qu’elles se sont établies en cette ville depuis plus de 22 ans, joint à ce que le public en reçoit quelqu’utilité pour l’instruction qu’elles donnent gratuitement aux jeunes filles et qu’elles sont obligées de continuer par leurs vœux et institut. Fait au bureau de la Ville le 7 décembre 1667. » Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale, et fut vendu le 12 messidor an IV.

La maison no 14 a été longtemps habitée par Rollin. On fit encore au-dessus d’une porte intérieure ce distique qu’il avait fait placer :

Ante alias dilecta domus quâ ruris et urbis
Incola tranquilles trieque Deoque fruor.

Rollin nous a donné la description de cette demeure qu’il occupa pendant près d’un demi-siècle. Il écrivait en 1697 à M. Le Pelletier, le protecteur de sa jeunesse, devenu son ami. « Je commence à sentir et à aimer plus que jamais la douceur de la vie rustique, depuis que j’ai un petit jardin qui me tient lieu de maison de campagne. Je n’ai point de longues allées à perte de vue, mais deux petites seulement, dont l’une me donne de l’ombre sous un berceau assez propre, et l’autre, exposée au midi, me fournit du soleil pendant une bonne partie de la journée. Un petit espalier couvert de cinq abricotiers et de dix pêchers, fait tout mon fruitier. Je n’ai point de ruches à miel, mais j’ai le plaisir tous les jours de voir les abeilles voltiger sur les fleurs de mes arbres, et attachées à leur proie, s’enrichir du suc qu’elles en tirent sans me faire aucun tort. Ma joie n’est pourtant pas sans inquiétude, et la tendresse que j’ai pour mon petit espalier et pour mes millets, me fait craindre pour eux le froid de la nuit que je ne sentirais pas sans cela. »

Nous avons visité la maison de Rollin. Maintenant le petit jardin est inculte et la propriété, mal tenue, est occupée par un nourrisseur de bestiaux.


Étoile (barrière de l’).

Située à l’extrémité de l’avenue des Champs-Élysées.

Elle a été construite en 1787 sur les dessins de Ledoux. Elle est décorée de deux bâtiments ornés chacun dans leur pourtour de vingt colonnes. Un couronnement circulaire termine ces édifices. Cette barrière porte le nom de l’Étoile, parce qu’elle est située à l’entrée d’une grande place coupée en forme d’étoile par plusieurs avenues et boulevarts. On l’appelle aussi barrière de Neuilly. (Voir l’article Barrières.)

Au milieu de la place de l’Étoile s’élève avec majesté l’un des plus beaux monuments dont la France puisse s’enorgueillir. — Un décret impérial du 18 février 1806 ordonna la construction de cet édifice destiné à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises. Le ministre de l’intérieur confia à MM. Raymond et Chalgrin les travaux de l’Arc-de-Triomphe de l’Êtoile. Ces artistes distingués présentèrent chacun un projet ; celui de M. Raymond obtint la préférence. Mais le système de concurrence et d’association devait amener des différences d’opinions entre les deux architectes. Cette espèce de lutte et les variations d’idées qui en furent la suite affectèrent vivement M. Raymond, dont l’opinion, comme artiste, était fixée. Il ne se plaignit pas, mais il donna en cette occasion une nouvelle preuve de son désintéressement et de l’amour qu’il avait pour son art. Au commencement de 1810, il se démit du titre d’architecte de l’Arc-de-Triomphe de l’Étoile. Par suite de cette démission, M. Chalgrin dirigea seul les travaux qui furent interrompus en 1814. Ils ne furent repris qu’en vertu d’une ordonnance royale du 9 octobre 1823. Alors on décida que cet arc triomphal consacrerait la mémoire de l’expédition d’Espagne. MM. Huyot et Goust devaient diriger les nouveaux ouvrages, mais M. Huyot ayant présenté un projet qui s’écartait du plan primitif, M. Goust fut chargé de la direction sous la surveillance d’une commission composée de MM. Fontaine, Debret, Gisors et Labarre. L’Arc-de-Triomphe fut élevé alors jusqu’à la première assise de l’architrave de l’entablement. L’édifice ne se poursuivait qu’avec lenteur, lorsque la révolution de juillet éclata. Le nouveau gouvernement le rendit à sa destination première. M. Blouet, architecte, fut chargé de la direction des travaux. L’Arc-de-Triomphe fut inauguré le 29 juillet 1836. Tous les frais depuis sa fondation se sont élevés à près de dix millions. Les proportions colossales de ce monument surpassent de beaucoup celles de tous les arcs connus. Sa hauteur est de 49 m., sa largeur de 45 m., les faces latérales ont 22 m. Le grand arc, qui s’élève sur l’axe de la route de Neuilly, a 29 m. de hauteur sur 14 m. 50 c. de largeur. Les arcs latéraux ont 28 m. 50 c. de hauteur sur 8 m. 50 c. Les fondations ont 8 m. de profondeur au-dessous du sol sur 35 m. de longueur et 38 m. de largeur. Parmi les bas-reliefs qui ornent cet édifice on distingue celui qui rappelle le départ des volontaires en 1792. L’Arc-de-Triomphe doit être entouré de statues représentant les principales illustrations militaires de la république et de l’empire.


Étoile (chemin de ronde de la barrière de l’).

Commence à l’avenue des Champs-Élysées et à la barrière de l’Étoile ; finit à la barrière des Bassins et au chemin de ronde de cette barrière. Sa longueur est de 630 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Voir l’article Chemins de ronde.


Étoile (rue de l’).

Commence aux quais des Ormes, no 2, et Saint-Paul, no 22 ; finit aux rues de l’Hôtel-de-Ville, no 1, et des Barrés, no 23. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 43 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

On la trouve désignée sous ces différents noms : des Barrés, parce qu’elle fait la continuation de cette rue ; des Barrières, dénomination affectée également à la rue des Barrés ; de Petite ruelle descendant au Chantier du Roi, de l’Arche-Doré et de l’Arche-Beaufils. Elle tient sa dénomination actuelle d’une maison nommée le Château de l’Étoile, qui y était située. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale en date du 4 août 1838. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; toutefois la maison no 3 devra subir un fort retranchement pour l’exécution de l’alignement de la rue de l’Hôtel-de-Ville. Les maisons du côté opposé sont soumises à un retranchement de 5 m. 30 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Étoile-Bonne-Nouvelle (impasse de l’).

Située dans la rue Thévenot entre les nos 26 et 28. Le dernier impair est 7 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 77 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

C’était en 1372 le cul de sac des Cordiers, de la Corderie. La rue Thévenot fut ouverte en 1676 sur une partie de cette impasse. La portion qui resta prit le nom de l’Étoile qu’elle doit à une enseigne. — Arrêt du conseil. « Le roy ayant esté informé que le cul-de-sac de l’Étoile, au quartier Montorgueil près la Ville-Neuve, servoit de retraite presque toutes les nuits à toutes sortes de gens de mauvaise vie, et qu’il s’y commettoit quantité de désordres au préjudice de la sûreté publique et des bourgeois qui y ont leurs entrées et issues, et qu’il seroit très facile d’y remédier en l’élargissant pour y mettre une porte de fer à son entrée, dont les propriétaires qui y ont des maisons, auroient chacun une clef ; à quoy voulant remédier. Le roy étant en son conseil, de l’avis du duc d’Orléans, régent, a ordonné et ordonne que par les prévôt des marchands et échevins, il sera donné avis à sa majesté de la commodité ou incommodité de l’élargissement et de la fermeture par une porte de fer du dit cul-de-sac de l’Étoile, proposez par les habitants du quartier Montorgueil ; pour le d. avis être veu et rapporté à sa majesté et être par elle ordonné ce qu’il appartiendra. Fait au conseil d’État, sa majesté y estant, tenu à Versailles, le 11e jour de may 1716. Signé Louis. » (Bureau de la Ville, registre H, no 1846.) Cette impasse n’a jamais été alignée. Sa largeur actuelle est de 4 m. environ.


Étuves (impasse des).

Située dans la rue Marivaux, entre les nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 20 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Au XVe siècle, c’était une rue qui aboutissait à celle de la Vieille-Monnaie. Elle doit son nom à des étuves, ou bains qu’on y voyait alors. — Une décision ministérielle du 23 floréal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette impasse à 6 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 2 m. 30 c. environ.


Étuves-Saint-Honoré (rue des Vieilles-).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 96 et 98 ; finit à la rue des Deux-Écus, nos 23 et 25. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est 79 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette rue, construite au milieu du XIIIe siècle, doit son nom à des étuves ou bains établis en cet endroit. En 1350, on l’appelait rue des Vieilles-Estuves.

Cette voie publique aboutissait anciennement à la rue d’Orléans (nommée de Nesle). La partie de la rue des Vieilles-Étuves, comprise entre la rue d’Orléans et celle des Deux-Écus, fut supprimée vers 1577, pour agrandir l’hôtel de Catherine de Médicis (voir les articles de la Halle-au-Blé et de la rue des Deux-Écus). — Une décision ministérielle du 3 germinal an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue des Vieilles-Étuves à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 2 m. 60 c. environ sauf la maison no 2, qui n’est assujétie qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Paris a subi de si nombreuses transformations, qu’il devient difficile aujourd’hui d’esquisser son ancienne physionomie : chaque jour une nouvelle couche efface le Paris du moyen-âge ; heureux encore lorsqu’il reste un nom à l’aide duquel on évoque des souvenirs !

En sortant de la rue du Chastiau-Fétu (nom que portait la partie de la rue Saint-Honoré située entre la rue Tirechape et celle de l’Arbre-Sec), en quittant ses hautes maisons à pignons historiés, aux façades couvertes de gracieuses figurines, on entrait, en tournant à droite, dans la rue des Vieilles-Estuves. Le matin, une heure après l’ouverture des boutiques, on entendait le barbier étuviste qui vous criait :

Seignor, quar vous allez baingner ;
Et eztuver sanz délayer,
Li bains sont chaut, c’est sans mentir.

En ce moment, de joyeux étudiants, couverts de capes ou de mantes déchirées, entraient dans ces étuves en fredonnant l’acrostiche suivant, composé sous le règne de Louis XII, pour-le blason de la ville de Paris :

Paisible domaine,
Amoureux vergier,
Repos sans dangier,
Iustice certaine,
Science hautaine,
C’est Paris entier.

D’autres clercs s’arrêtaient devant un homme portant un broc d’une main et tenant de l’autre un panier rempli de cornes semblables à celles des moissonneurs. Le marchand hurlait à tue-tête :

Bon vin à bouche bien espicé.

Puis des femmes de la halle, aux larges épaules, aux manches retroussées, criaient de toute la force de leurs poumons :

J’ai châtaignes de Lumbardie.
J’ai roisin d’outremer — roisin !
J’ai porées et j’ai naviaux,
J’ai pois en cosse tous noviaux.

Plus loin on voyait une grosse et joyeuse commère qui portait sur le ventre tout l’attirail d’un restaurateur. Elle arrêtait les passants, en leur débitant cette petite chanson :

Chaudes oublées renforcies,
Galètes chaudes, eschaudez,
Roinssolles, ça denrée aux dez.

Parfois de jeunes et jolies filles de la campagne venaient offrir les plus belles fleurs et les meilleurs fruits de la saison, en murmurant d’une voix douce :

____Aiglantier…
Verjux de grain à fère aillie.
__Alies i a d’alisier.

Souvent on voyait quelques fripiers échappés de la rue Tirechape qui arrêtaient les clercs aux mantes râpées, en leur disant :

Cote et surcot rafeteroie (je raccommode).

Et comme ces écoliers avaient plus de trous aux genoux et aux coudes que de blancs d’Angelots ou de sols Parisis dans leurs surcots, ils s’esquivaient tout honteux pour se soustraire à l’importunité de ces chevaliers de l’aiguille.

Telle était, aux XIVe et XVe siècles, la physionomie de la rue des Vieilles-Étuves.

Le droit de tenir des bains appartenait à la communauté des maîtres barbiers et perruquiers. On lisait sur leur enseigne : Céans, on fait le poil proprement et l’on tient bains et estuves.

Dans la haute société, les personnes que l’on priait à dîner ou à souper étaient en même temps invitées à se baigner. « Le roi et la reine (dit la Chronique de Louis XI) firent de grandes chères dans plusieurs hôtels de leurs serviteurs et officiers de Paris, entr’autres le dixième de septembre 1467, la reine, accompagnée de Madame de Bourbon, de Mademoiselle Bonne de Savoie, sa sœur, et de plusieurs autres Dames, soupa en l’hôtel de maître Jean Dauvet, premier président au parlement, où elles furent reçues et festoyées très noblement, et on y fit quatre beaux bains richement ornés, croyant que la reine s’y baignerait, ce qu’elle ne fit pas, se sentant un peu mal à l’aise et aussi parce que le temps était dangereux, et en l’un des dits bains se baignèrent Madame de Bourbon et Mademoiselle de Savoie et dans l’autre bain, à côté, se baignèrent Madame de Monglat et Perrette de Châlons, bourgeoises de Paris… Le mois suivant, le roi soupa à l’hôtel de sire Denis Hesselin, son panetier, où il fit grande chère et trouva trois beaux bains richement tendus pour y prendre son plaisir de se baigner, ce qu’il ne fit pas parce qu’il était enrhumé et qu’aussi le temps était dangereux. »

La cérémonie du bain était une de celles qu’on observait le plus exactement à la réception d’un chevalier. Charles VI voulant faire chevaliers Louis et Charles d’Anjou, « ces deux princes (dit la Chronique) parurent d’abord comme de simples écuyers, n’étant vêtus que d’une longue tunique de drap gris-brun sans aucun ornement. On les mena dans leur chambre où leurs bains étaient préparés ; ils s’y plongèrent. On leur donna ensuite l’habit de chevalier, de soie vermeille (cramoisie), fourré de menu-vair (petit-gris) ; la robe traînante avec le manteau fait en manière de chappe. Après le souper on les conduisit à l’église pour y passer la nuit en prières, selon la coutume. Le lendemain matin, le roi revêtu du manteau royal entra dans l’église, précédé de deux écuyers qui portaient deux épées nues, la garde en haut et d’où pendaient deux paires d’éperons d’or ; il leur donna l’accolade et leur ceignit le baudrier de chevalerie. Le sire de Chauvigni leur chaussa les éperons et l’évêque leur donna la bénédiction. »

« Pendant le repas (dit une ancienne ordonnance), le nouveau chevalier ne mangera, ni ne boira, ni ne se remuera, ni ne regardera ça et là non plus qu’une nouvelle mariée. »

Les étuves ou bains publics servaient de rendez-vous, et les femmes galantes venaient y cacher leurs dérèglements. On aurait pu donner à ces lieux de plaisir et de prostitution un nom moins honnête. Maillard, dans un sermon remarquable par une énergique crudité d’expressions, s’éleva contre ces désordres. « Mesdames (dit-il), n’allez-vous pas aux estuves et n’y faites-vous pas ce que vous savez. »

Les bains se maintinrent longtemps. On cessa cependant d’y aller vers la fin du XVIIe siècle et auparavant les estuves élaient si communes (dit Sauvai) qu’on ne pouvait faire un pas sans en trouver.


Étuves-Saint-Martin (rue des Vieilles-).

Commence à la rue Beaubourg, nos 11 et 13 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 64 et 66. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 110 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette rue était déjà construite en 1280. Son nom lui vient des estuves aux femmes, qu’on voyait au coin de la rue Beaubourg. Ces bains, dont il est fait mention dans des lettres de Philippe-le-Bel en 1313, avaient pour enseigne le Lion d’Argent. En 1350 c’était la rue Geoffroy-des-Bains ou des Estuves. On voyait autrefois dans cette rue une petite maison vieille et sans apparence. Sur la porte était scellée une table de marbre noir portant cette inscription :

Dieu tient le cœur des rois en ses mains de clémence,
Soit chrétien, soit payen, leur pouvoir vient d’en haut,
Et nul mortel ne peut (c’est un faire le faut)
Dispenser leurs sujets du joug d’obéissance.

D’après une tradition populaire, cette maison avait été bâtie par un architecte de Henri IV. — Une décision ministérielle du 15 messidor an XII, signée Chaptal, a fixé à 7 m. la largeur de la rue des Vieilles-Étuves. Les maisons du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 70 c. à 2 m. 80 c. Celles du côté opposé devront reculer de 90 c. à 2 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Europe (place d’).

Située à la jonction des rues de Berlin, de Constantinople, de Londres, de Madrid, de Rome, de Saint-Pétersbourg et de Vienne. Pas de numéro. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

La formation de cette place, sur les terrains de MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon, a été autorisée par une ordonnance royale du 2 février 1826. Elle est octogone et a 130 m. de diamètre. On lui a donné la dénomination de place d’Europe, parce que plusieurs rues portant les noms des capitales de cette partie du monde viennent y aboutir. Parmi les conditions imposées par l’ordonnance royale, il en est une qui oblige MM. Hagerman et Mignon à établir sur le terrain réservé au milieu de la place un jardin entouré de grilles, dont lesdits entrepreneurs conserveront la propriété, si mieux n’aime le conseil municipal de la ville de Paris se faire concéder ledit terrain, en se chargeant de la dépense d’établissement et d’entretien. Dans le premier cas il est entendu que les entrepreneurs ne pourront jamais changer la destination dudit jardin. Cette condition n’est pas encore exécutée ; l’espace réservé pour le jardin est entouré par un mur de clôture. (Voyez Amsterdam, rue d’.)


Eustache (église paroissiale de Saint-).

Située dans les rues Traînée et du Jour. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Plus les âges qui ont élevé nos églises ont eu de piété, plus ces monuments ont été frappants par la grandeur et la noblesse de leur caractère. On a beau construire aujourd’hui des temples grecs, superbes au dehors, bien dorés au dedans, le peuple préférera toujours ces basiliques moussues, toutes remplies des générations des décédés et des âmes de ses pères.

En pénétrant dans cette sombre et vaste église dont nous allons tracer l’histoire, on éprouve une sorte de frémissement, un sentiment vague de la Divinité.

Au commencement du XIIIe siècle, s’élevait en cet endroit une petite chapelle dédiée à Sainte-Agnès. En février 1214, une sentence arbitrale rendue par l’abbé de Sainte-Geneviève et le doyen de Chartres, la qualifie de chapelle neuve de Sainte-Agnès. Elle était alors sous la dépendance des chanoines de Saint-Germain-l’Auxerrois. Dès 1223 cette chapelle était remplacée par une église sous le vocable de Saint-Eustache, « apparemment (dit Jaillot) à l’occasion de quelques reliques de Saint-Eustache qu’elle obtint de l’abbaye de Saint-Denis, où le corps du martyr avait été déposé.»

Vers cette époque, le prêtre qui desservait cette chapelle, voulut prendre le titre de curé. Cette qualité lui fut vivement contestée par le doyen de Saint-Germain-l’Auxerrois. Alors les prérogatives dont jouissait l’église Saint-Eustache, disparurent une à une, et son état de sujétion donna naissance à ce proverbe longtemps en usage « Il faut être fou pour être curé de Saint-Eustache. »

Dans cette église fut jouée une des scènes de la fameuse croisade des Pastoureaux. Cet étonnant épisode de l’histoire du moyen-âge mérite d’être ici raconté. On appelait Pastoureaux les hommes possédés d’un enthousiasme fanatique ; les gens simples de la campagne, les petits cultivateurs et surtout les bergers éprouvèrent les effets de cette contagion. Louis IX avait quitté son royaume pour aller conquérir la Palestine, la France était alors dégarnie de troupes. L’association de ces paysans fut la suite des exhortations d’un moine appelé Jacob, échappé des cloîtres de Cîteaux. Le visage décharné de cet homme paraissait inspiré, son éloquence mâle et sauvage lui gagna la multitude. « Je suis l’homme de Dieu, disait-il, je suis le maître de Hongrie ; j’ai vu les anges, la Vierge Marie, ils m’ont ordonné de prêcher une croisade ! Je ne veux pas de gentilshommes : Dieu méprise leur orgueil ! Aux pauvres et aux petits est réservé l’honneur de délivrer le roi et les Lieux-Saints. » Ce nouveau prophète, environné de disciples, traina bientôt à sa suite plus de cent mille hommes. Il leur distribua des drapeaux chargés de devises, leur donna des chefs, tous exaltés comme lui. Jacob alla prêcher à Orléans. Un clerc ayant eu la hardiesse de vouloir réfuter le maître de Hongrie, un des satellites du moine fendit d’un coup de hache la tête de l’imprudent. La régente toléra d’abord le rassemblement de ces nouveaux croisés, elle espérait en tirer de prompts secours pour son fils. Mais les disciples de ce moine se donnèrent bientôt comme lui la licence d’exercer, quoique laïcs, des fonctions sacerdotales. Ils confessèrent, dépéçairent les mariages, et accommodèrent la morale chrétienne à leurs idées et à leurs intérêts. Jacob, à la tête de sa troupe, vint à Paris, puis se rendit dans l’église Saint-Eustache ; là, il fit poignarder plusieurs prêtres et chasser ceux qu’il ne craignait pas. Certain alors de trouver dans la multitude une obéissance aveugle, son langage devint plus terrible. « Votre riche clergé, disait-il, est semblable à une brebis galeuse. Vos prêtres, ces papelards qui ne sont bons qu’à boire du vin de Pierrefitte, communiquent à toute la France la contagion de leurs exemples pernicieux. Ils corrompent les habitants, les dévorent et les entraînent dans l’abime ! tuez-les !… » Puis en parlant des nobles : « Avez-vous une maison ? les nobles vous la prennent ! Avez-vous une fille ? malheur si elle est belle ; un noble la souillera. Ce champ cultivé par vous, que vos sueurs vont féconder, qui viendra recueillir ses produits ? un noble, toujours un noble ! Et pourtant combien faut-il au bûcheron de coups de cognée pour abattre le chêne le plus fort ! dix au moins ! Enfants, il n’en faut qu’un pour trancher la tête d’un seigneur. » Ces recommandations furent malheureusement suivies. Nobles et manants se firent une guerre acharnée, des flots de sang furent répandus. Ces excès réveillèrent enfin la régente qui s’empara des chefs de la croisade, et les fit exécuter. Blanche en même temps donna des ordres pour laisser passer ceux qui voulaient quitter le royaume.

Après la mort de leurs chefs, les bergers et les paysans se dispersèrent, et bientôt s’écoula ce torrent qui menaçait de tout envahir.

Cent soixante-huit ans après la révolte des Pastoureaux, Paris assistait à un drame lugubre. Les Anglais et les Bourguignons étaient maîtres de la capitale. Les agents du duc de Bourgogne, dans le but de diriger plus facilement les Parisiens, voulurent les réunir sous une même bannière. Dans l’église Saint-Eustache fut instituée une confrérie de Saint-André ; chaque associé devait orner sa tête d’une couronne de roses ; on en fabriqua soixante douzaines dans l’espace d’une heure ; ce nombre était trop petit pour satisfaire le zèle des associés ; néanmoins ces fleurs furent assez abondantes pour parfumer l’église. La tête couverte de ces roses printanières, les bouchers de Paris, qui formaient le noyau de cette confrérie redoutable, coururent égorger les prisonniers Armagnacs.

Mais quittons cette funeste époque, pour nous occuper un moment de l’architecture de cet édifice. À différentes époques, cette église avait été agrandie et réparée. Au commencement du XVIe siècle, elle ne pouvait contenir le nombre toujours croissant de ses paroissiens. On résolut alors de la reconstruire sur un plan beaucoup plus vaste. Là première pierre de l’église que nous voyons aujourd’hui fut posée le 19 août 1532 par Jean de la Barre, comte d’Étampes, prévôt de Paris. On ne conserva de l’ancien monument qu’une partie du pilastre de la tour qui était surmontée d’une pyramide. Ce débris existe encore sur le côté du portail méridional de la croisée. Grâce à la libéralité du surintendant Bullion et du chancelier Séguier, l’édifice était achevé vers 1642, à l’exception du portail actuel dont nous parlerons bientôt.

Après la cathédrale, Saint-Eustache est l’église la plus vaste de Paris ; mais placée au centre d’un quartier populeux, elle perd de sa grandeur et de sa beauté. Cependant on admire les grandes roses des deux portails de la croisée, les tourelles de l’escalier et les ornements pleins d’élégance qui décorent le portail méridional.

Le portail actuel commencé en 1752, sur les dessins de Mansart de Jouy, fut repris en 1772 et continué jusqu’en 1788 par Moreau. La tour du nord est complètement achevée, mais celle du midi est encore à construire.

Un auteur moderne a jugé de la manière suivante le portail de Saint-Eustache : « Cette composition n’a pour tout mérite que d’être exécutée sur une grande échelle ; la largeur beaucoup trop grande de ses entre-colonnements, surtout au second ordre, entraînera sa destruction ; et déjà le poids énorme de la plate-bande qui supporte le fronton la fait se rompre, et semble écraser les maigres colonnes qui la soutiennent. Le genre de cette architecture massive, qui n’est ni antique ni moderne, n’a aucune espèce de rapport avec le reste de l’édifice, etc… »

Mais lorsqu’on entre dans l’église Saint-Eustache, la critique se tait et l’émotion vous gagne en présence de cette large nef, de ces nombreux piliers qui supportent une voûte pleine de hardiesse et de grandeur ; puis, si la pensée descend aux détails, on admire ces sculptures élégantes et capricieuses qui grimpent, se poursuivent, se perdent en jouant sur les piliers.

Le chœur surtout est merveilleusement orné. Un pendentif splendide, supporté par des anges, décore le sanctuaire. Les vitraux des fenêtres représentent les douze apôtres. La chaire a été construite sur les dessins de Lebrun, et l’œuvre a été exécutée par Le Pautre, d’après Cartaud. Le maître-autel est orné d’un corps d’architecture supporté par quatre colonnes de marbre d’ordre corinthien. Les dix statues groupées autour de l’autel sont de Jacques Sarrazin. Cet artiste a représenté saint Louis sous les traits de Louis XIII, la Vierge sous la figure d’Anne d’Autriche, et le petit Jésus, qu’elle porte dans ses bras, rappelle le jeune Louis XIV ; plus haut, on aperçoit les statues de saint Eustache et de sainte Agnès ; enfin, sur le dernier plan, ont été placés deux anges en adoration.

La chapelle de la Vierge, reconstruite au commencement de notre siècle, a été consacrée par le pape Pie VII, le 28 décembre 1804. Elle est décorée de plusieurs tableaux représentant le martyre de sainte Agnès ; le baptême de Jésus-Christ, par Stella ; Moïse dans le désert, par Lagrenée ; la guérison des lépreux, par Vanloo ; enfin, une statue en marbre de la Vierge, par Pigalle, complète les ornements de cette chapelle.

En 1834, on a placé à l’entrée du portail au nord de l’église, un bénitier qui représente le pape Alexandre II, distribuant l’eau bénite. Deux anges soutiennent le pontife, qui foule aux pieds le démon exorcisé. Ce morceau de sculpture est dû au ciseau de M. Eugène Bion.

Saint-Eustache est sans contredit la plus riche église de Paris, en œuvres des grands-maîtres. Mais nous sortirions des limites que nous nous sommes tracées, en analysant ici tant de productions remarquables.

D’illustres personnages ont leurs monuments funèbres dans cette église ou y furent inhumés. Nous devons citer : Anne-Hilarion de Cotentin, comte de Tourville, vice-amiral et maréchal de France, mort en 1701, à l’âge de 59 ans.

Dans le mur de la façade intérieure à droite, on voit le tombeau et le buste de Chevert. Son épitaphe, composée par d’Alembert, mérite d’être rapportée : — « Ci-gît François Chevert, commandeur, grand’croix de l’ordre de Saint-Louis, chevalier de l’Aigle-Blanc de Pologne, gouverneur de Givet et de Charlemont, lieutenant-général des armées du roi.

Sans aïeux, sans fortune, sans appui, orphelin dès l’enfance, il entra au service à l’âge de onze ans ; il s’éleva malgré l’envie, à force de mérite, et chaque grade fut le prix d’une action d’éclat. Le seul titre de maréchal de France a manqué, non pas à sa gloire, mais à l’exemple de ceux qui le prendront pour modèle. — Il était né à Verdun-sur-Meuse, le 2 février 1699. Il mourut à Paris, le 24 janvier 1769. »

Un autre monument plus somptueux, et qui porte aussi le nom d’un grand homme, décore la chapelle de la Vierge. C’est le mausolée de Colbert, exécuté par Baptiste Tuby et Antoine Coysevox, sur les dessins de Lebrun. — En face de la tombe du grand ministre, on voyait un petit monument bien simple ; c’était celui de Marin Cureau de La Chambre, médecin ordinaire de Louis XIV. Les traits du savant docteur étaient reproduits dans un médaillon que portait le génie de l’immortalité. On lisait dans un cartouche cette inscription :

Spes illorum immortalitate plena est.

et plus bas :

Marinus de La Chambre, obiit 1669, ætatis 75.

Le roi consultait toujours son médecin sur le choix de ses ministres. Il existait entre Louis XIV et Cureau de La Chambre une correspondance secrète sur cet objet. On y lisait cette phrase du docteur : « Si je meurs avant sa majesté, elle court grand risque de faire à l’avenir de mauvais choix. »

Saint-Eustache compte plusieurs curés célèbres parmi lesquels on cite le fameux René Benoit, que ses paroissiens appelaient le pape des halles ; le savant jurisconsulte Cosme Guymier et Jean Balue, parent du cardinal de ce nom.

L’attachement des habitants de cette paroisse pour leurs pasteurs était si grand, qu’il était souvent impossible de les changer de cure. L’histoire nous fournit un exemple de cette tendresse. Vers le milieu du XVIIe siècle, le curé de Saint-Eustache, appelé Merlin, tomba malade et mourut. L’archevêque de Paris nomma bientôt un successeur, qui vint pour prendre possession de sa cure. Le neveu de Merlin, simple prêtre, crut devoir s’y opposer, et donna pour raison que cette cure lui appartenait en vertu d’une résignation que son oncle lui avait faite.

Cet argument n’était pas des meilleurs ; cependant fortifié par la bienveillance des dames de la halle, comptant sur l’appui des paroissiens, le neveu de Merlin persista. Bientôt toute la population du quartier s’assemble en tumulte pour le protéger, met en fuite les soldats, puis installe le neveu de l’ancien curé.

Ce désordre dura trois jours. Enfin, les dames de la halle envoyèrent une députation à la reine.

L’orateur en jupons, après avoir expliqué les causes de l’émeute, résuma ainsi son discours : « Le bon curé Merlin a reconnu son neveu pour successeur ; d’ailleurs, les Merlin ont toujours été curés de Saint-Eustache, de père en fils, et les paroissiens n’en souffriront pas d’autres. »

La reine ne put leur promettre une entière satisfaction. Alors l’émeute devint sérieuse. Déjà les bourgeois commençaient à barricader les rues, lorsqu’on apprit que l’archevêque venait de céder.

Merlin remplaça son oncle et le calme se rétablit. Le lendemain, quelques plaisants firent placarder sur l’église une affiche ainsi conçue :

AVIS.
La cure de Saint-Eustache est à la nomination des dames de la halle.


Eustache (impasse Saint-).

Située dans la rue Montmartre entre les nos 1 et 3. Pas de numéro. Sa longueur est de 37 m. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Elle a été formée vers 1642 et doit son nom à l’église Saint-Eustache. Sa largeur actuelle est de 5 m. Il n’existe pas d’alignement pour cette impasse.


Eustache (place de la Pointe-Saint-).

Commence à la rue de la Tonnellerie, nos 79 et 81 ; finit aux rues Traînée, no 1 et Montorgueil, no 8. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 48 m. — Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache. Les pairs du 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Son nom lui vient du clocher de l’église Saint-Eustache qui est bâti en pointe ou pyramide. Le poète Guillot, en 1300, parle ainsi de ce carrefour :

Ving à la pointe Saint-Huitasse
Droit et avant sui ma trace.

Cette place a été élargie en vertu de lettres-patentes du mois de juillet 1779. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 22 m. Les maisons, nos 2, 4 et 6 sont alignées. Celles du côté opposé sont soumises à un fort retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Eustache (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Montmartre, nos 92 et 96 ; finit à la rue des Petits-Carreaux, nos 41 et 43. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 248 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Cette rue fut ouverte au mois d’août 1634, en vertu d’un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet de l’année suivante. Elle fut bâtie sur l’emplacement des fossés de l’enceinte de Paris, construite sous les rois Charles V et Charles VI. En 1636 cette rue était presqu’entièrement bâtie. En 1641 elle prit le nom de rue Neuve-Saint-Eustache en raison de sa proximité du Petit-Saint-Eustache appelé depuis chapelle Saint-Joseph. — Une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. La maison no 5 est alignée. Les autres propriétés de ce côté devront subir un retranchement qui varie de 1 m. à 1 m. 50 c. Les constructions du côté des numéros pairs devront reculer de 1 m. 20 c. à 1 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Évêque (rue de l’).

Commence aux rues des Frondeurs, no 5, et de l’Anglade, no 1 ; finit à la rue des Orties, nos 4 et 6. Le dernier impair est 21 le dernier pair, 20. Sa longueur est de 120 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Plusieurs titres provenant des archives de l’archévêché, constatent que cette rue était en partie construite au commencement du règne de Louis XIII. Elle était alors désignée sous le nom de Culloir. Celui de l’Évêque lui a été donné, parce qu’elle fut ouverte sur la haute voirie qui appartenait à l’évêque de Paris. — Une décision ministérielle, à la date du 18 fructidor an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette largeur a été portée à 9 m. La maison no 4 est alignée. — Éclairage au gaz (compe Anglaise)


Février 1844.


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