Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/F

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

◄  E
G  ►
F

Faron (impasse Saint-).

Située dans la rue de la Tixéranderie, no 49. Les premiers numéros commencent au fond de l’impasse. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 51 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

En 1295 c’était la rue de l’Esguillerie (des marchands d’aiguilles). En 1313 on la nommait rue de la Violette, puis Cul-de-Sac et rue des Juifs, ruelle Barentin ; en dernier lieu impasse Saint-Faron, en raison de l’hôtel des abbés de Saint-Faron qui y était situé. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique.


Fauconnier (rue du).

Commence aux rues du Figuier, no 2, et des Barrés ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Paul, nos 13 et 15. Le dernier impair est 9 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par la caserne de l’Ave-Maria. Sa longueur est de 108 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Au mois d’avril 1265, les béguines acquirent une maison en la censive de Tiron, rue aux Fauconniers. Guillot la met au nombre des rues habitées, en 1300, par des filles publiques. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchateau, avait fixé la largeur de cette rue à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m. par une ordonnance royale du 4 août 1838. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. Portion d’égout du côté de la rue du Figuier.


Favart (rue).

Commence à la rue Grétry, nos 1 et 2 ; finit au boulevart des Italiens, nos 9 et 11. Le seul impair est 1 ; ce côté est bordé, en grande partie, par le théâtre de l’Opéra-Comique ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 147 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Des lettres-patentes, en date du 14 octobre 1780, autorisèrent et dénommèrent ce percement qui fut exécuté en 1781, sur les terrains appartenant à Étienne-François de Choiseul-Amboise, marquis de Stainville et de la Bourdaisière (voyez Opéra-Comique, théâtre de l’). La largeur de la rue Favart fut fixée à 30 pieds. Les constructions riveraines sont établies d’après cette dimension. — Portion d’égoût du côté de la rue Neuve-Saint-Marc. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Favart (Charles-Simon), poète dramatique, naquit le 13 novembre 1710, et mourut le 18 mai 1792.


Félibien (rue).

Commence à la rue Clément, no 1 ; finit à la rue Lobineau, no 2. Le dernier impair est 3. Pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le marché Saint-Germain. Sa longueur est de 74 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. Conformément à une décision ministérielle du 12 novembre 1817, la rue Félibien a été exécutée sur une largeur de 11 m. 50 c. qui a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. — Portion d’égout.

Félibien (Michel), religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, était né à Chartres le 14 septembre 1666. Les échevins de Paris, informés de son mérite, le choisirent pour écrire l’histoire de cette ville. Félibien mourut à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, le 25 septembre 1719.


Femme-sans-Tête (rue de la).

Commence à la rue Saint-Louis, nos 78 et 80 ; finit au quai de Bourbon, nos 19 bis et 21. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 63 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Construite de 1614 à 1646, on ne la distinguait point alors de la rue Regrattier. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne représentant une femme sans tête et tenant un verre à la main. Au-dessous on avait écrit ces mots : Tout en est bon. — Une décision ministérielle du 24 frimaire an XIII, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette dimension fut réduite à 7 m. par une autre décision ministérielle du 9 mai 1818. Enfin une ordonnance royale du 9 décembre 1838 a maintenu cette rue dans son état actuel. Sa moindre largeur est de 6 m. 80 c. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Louis jusqu’à la borne-fontaine.


Fer (galeries de).

Commencent à la rue de Choiseul, no 12 ; finissent au boulevart des Italiens, no 19. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

C’était autrefois le passage Boufflers, en raison de l’hôtel Boufflers, sur les dépendances duquel il avait été bâti. Incendié en 1828, il fut reconstruit en fer en 1829, par M. Lainé, entrepreneur. Depuis cette époque il porte la dénomination de Galeries de Fer.


Fer-à-Moulin (rue du).

Commence aux rues du Jardin-du-Roi, no 1, et des Fossés-Saint-Marcel, no 2 ; finit à la rue Mouffetard, nos 189 et 191. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 423 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue, qui faisait partie du bourg Saint-Marcel, fut construite au XIIe siècle. Elle porta quelque temps après le nom de rue au Comte-de-Boulogne, en raison des seigneurs de Boulogne qui possédaient un hôtel en cet endroit. Selon Sauval, elle a pris aussi la dénomination de rue de Richebourg, qu’elle a communiquée à un petit pont sur la Bièvre, nommé depuis pont aux Tripes. En 1713, cette rue divisée en deux parties avait deux dénominations : la première partie comprise entre la rue du Jardin-du-Roi et celle du Pont-aux-Biches, se nommait rue des Morts, parce qu’elle longeait le cimetière de Clamart ; la deuxième partie s’appelait rue Permoulin ; nous croyons que ce nom lui venait d’un propriétaire. En 1780, le nom de rue des Morts fut changé en celui de rue Muette ou de la Muette, et la dénomination de Permoulin fut remplacée parcelle de Fer-à-Moulin. À cette époque les marchandises destinées à l’hôpital général, arrivant ordinairement par eau, étaient déchargées sur un port situé près de la Gare. Pour les transporter à la maison Scipion, qui servait d’entrepôt à cet hôpital, on était obligé de prendre par la barrière Saint-Victor et de remonter ensuite plusieurs rues tortueuses du faubourg Saint-Marcel. Pour abréger la longueur du chemin, les administrateurs résolurent d’élargir la rue de la Muette, qui alors ne pouvait servir qu’aux piétons. À cet effet, ils proposèrent à l’administration de l’Hôtel-Dieu de leur laisser prendre sur le cimetière de Clamart autant de terrain qu’il leur serait nécessaire, pour donner à ladite ruelle 24 pieds de largeur, leur offrant en échange la même contenance à prendre sur l’emplacement qui leur appartenait, et qui était situé en face de la maison Scipion. Des lettres-patentes autorisèrent ainsi cet échange ; — « Louis, etc… — Article 1er. Approuvons et autorisons l’échange des terrains convenu entre les administrateurs de l’hôpital général de Paris, et les administrateurs de l’Hôtel-Dieu de la même ville, pour être exécuté aux clauses charges et conditions portées en leurs délibérations des 30 août, 5 septembre 1781 et 12 juin 1782. — Art. 2e. Il sera formé au lieu de la ruelle dite de la Muette, une nouvelle rue de même nom, pour l’établissement de laquelle il sera ajouté à l’emplacement et largeur actuelle de la d. ruelle, une lisière à prendre sur le terrain du cimetière de Clamart et sur celui appartenant à l’hôpital général, telle et ainsi qu’il est figuré au plan attaché sous le contr’scel des présentes, pour donner à la d. rue de ce côté, un alignement droit dans toute sa longueur, depuis la rue Saint-Victor (aujourd’hui du Jardin-du-Roi) jusqu’à la rue devant Scipion, et 24 pieds de largeur, etc. Donné à Versailles, le 14e jour de mars de l’an de grâce 1783, et de notre règne le 9e. Signé Louis. » — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de ces deux voies publiques à 10 m. En 1806, lors du nouveau numérotage de Paris, elles furent réunies sous la seule et même dénomination de rue du Fer-à-Moulin. Une partie de la propriété no 5, la maison no 6 et le mur de clôture du cimetière de Clamart sont à l’alignement. — Égout entre les rues du Pont-aux-Biches et Mouffetard. — Conduite d’eau.


Ferdinand (rue).

Commence à la rue des Trois-Couronnes, nos 15 et 17 ; finit à la rue de l’Orillon, nos 6 bis et 8. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 252 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

C’était en 1789 une ruelle sans dénomination. En 1809, elle portait le nom de rue Ferdinand, qu’elle devait sans doute à un propriétaire riverain, — Une décision ministérielle du 18 avril de la même année, signée Cretet, a fixé à 10 m. la largeur de cette voie publique, dont l’alignement est tracé en une seule ligne droite pour chaque côté. Depuis cette époque elle a été considérablement élargie. Les propriétés nos 5, 9, 11, 21, 21 bis, 23, et de 4 à la fin, sont alignées. Pour procurer à la rue Ferdinand un débouché direct dans la rue des Trois-Couronnes, il faudrait traverser la propriété portant le no 17 sur cette voie publique.


Fermes (passage de l’Hôtel-des-).

Commence à la rue de Grenelle-Saint-Honoré, no 51 ; finit à la rue du Bouloi, no 24. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Ce passage a été construit sur l’emplacement de l’ancien hôtel des Fermes. On lit dans Sauval, qu’Isabelle Gaillard, femme du président Baillet, vendit deux maisons rue de Grenelle, à Françoise d’Orléans, veuve de Louis de Bourbon, premier prince de Condé. Cette vente fut faite en 1573. Cet hôtel passa ensuite à Charles de Soissons. L’amoureux gentilhomme se plaisait à répandre de tous côtés, sur les vitres, les plafonds et les lambris, d’ingénieux emblèmes, de galantes devises et ses chiffres enlacés avec ceux de Catherine de Navarre, sœur de Henri IV. En 1605 cette propriété fut vendue à Henri de Bourbon, duc de Montpensier. Henriette de Joyeuse, sa veuve, s’étant remariée au duc de Guise, la revendit en 1612 à Roger de Saint-Larri, duc de Bellegarde, grand écuyer de France, ce courtisan si aimable, si poli, cet amant chéri de Gabrielle d’Estrées, de mademoiselle de Guise et de tant d’autres. Le chancelier Séguier fit, en 1633, l’acquisition de cette superbe demeure qui devint, après la mort du Cardinal de Richelieu, l’asile des muses. Là, s’assemblèrent, les Racan, les Sarrazin et tous les beaux-esprits de l’époque. Le duc de Bellegarde avait fait agrandir cette résidence par le célèbre architecte Androuet du Cerceau ; Séguier l’embellit encore. Ce magistrat eut plusieurs fois l’honneur d’y recevoir Louis XIV et la famille royale. Cet hôtel fut ensuite occupé par la ferme générale. « Je ne passe jamais devant l’hôtel des Fermes, disait Mercier, l’auteur du Tableau de Paris, sans pousser un profond soupir. Je me dis : Là, s’engouffre l’argent arraché avec violence de toutes les parties du royaume pour qu’après ce long et pénible voyage, il rentre altéré dans les coffres du roi. Quel marché ruineux ! quel contrat funeste et illusoire a signé le souverain ! Il a consenti à la misère publique, pour être moins riche lui-même. Je voudrais pouvoir renverser cette immense et infernale machine qui saisit à la gorge chaque citoyen, pompe son sang, sans qu’il puisse résister, et le dispense à deux ou trois cents particuliers qui possèdent la masse entière des richesses. Chaque plume de commis est un tube meurtrier qui écrase le commerce, l’activité, l’industrie. La Ferme est l’épouvantail qui comprime tous les desseins hardis et généreux. On ne songe plus dans cette anarchie qu’à se jeter dans le parti des voleurs ; et l’horrible finance se soutient par ses déprédations mêmes !… Là, enfin on tient école de pillages raffinés ! Là, on offre des plans plus oppressifs les uns que les autres. La finance est le ver solitaire qui énerve le corps politique. Ce ver absorbe les principaux sucs, fait naître de fausses faims et tue enfin le sein qui le renferme ! » — L’hôtel des Fermes devint propriété nationale et fut vendu le 19 fructidor an IV. Il est occupé maintenant par des messageries, par une imprimerie, et les bureaux du journal le Courrier Français.


Férou (impasse).

Située dans la rue Férou, no 24. Sa longueur est de 69 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était anciennement la rue Saint-Pierre, parce qu’elle conduisait à une chapelle de ce nom. En 1680, elle fut convertie en impasse. Sa dénomination actuelle lui vient de la rue Férou. — Une décision ministérielle du 16 octobre 1817, a fixé la largeur de cette impasse à 7 m. Elle est aujourd’hui fermée par une grille.


Férou (rue).

Commence à la place Saint-Sulpice, no 3 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 48 et 50. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 144 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Jusqu’en 1500, le bourg de Saint-Germain, du côté méridional, était limité par l’église Saint-Sulpice. Les vastes emplacements qui avoisinaient cet édifice consistaient alors en terres labourables, clos et jardins enfermés par des murs ou des haies. L’un de ces clos, qui se trouve aujourd’hui circonscrit par les rues Férou, de Vaugirard, du Pot-de-Fer et la place Saint-Sulpice, appartenait depuis longtemps à la famille Férou. En 1500, maître Étienne Férou, procureur, était encore propriétaire d’une grande partie de ce clos, sur lequel on forma peu de temps après la rue qui porte son nom. — Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa à 8 m., la largeur de cette rue, dont une assez grande partie a été supprimée pour l’agrandissement de la place Saint-Sulpice. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, la largeur de la rue Férou est portée à 12 m. Une partie de la propriété no 9 devra avancer sur ses vestiges actuels ; la maison no 11 devra reculer de 3 m. 20 c. environ. Les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement qui varie de 4 m. 20 c. à 7 m. 20 c. Sur le côté opposé, le séminaire est aligné, et le plus fort retranchement à opérer sur les autres propriétés n’excède pas 2 m. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).


Ferronnerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, no 87 ; finit aux rues des Déchargeurs, no 20, et de la Lingerie, no 2. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 120 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Avant saint Louis, c’était la rue de la Charonnerie (vicus Karonnorum). Ce roi ayant permis à de pauvres ferrons (marchands de fers) d’occuper les places qui régnaient le long des Charniers, la rue prit à cette occasion le nom de la Ferronnerie. Un titre de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, de 1229, constate cette dénomination. Ces ferrons bâtirent quelque temps après des boutiques en bois. En 1474, Louis XI accorda ce même emplacement aux marguilliers des Saints-Innocents, et leur permit d’y faire construire plusieurs petits bâtiments en bois, ayant la même largeur que les auvents qu’ils devaient remplacer. À ces constructions légères succédèrent bientôt de véritables maisons qui obstruèrent tellement cette rue, que le roi Henri II voulut y remédier par son édit du 14 mai 1554. La négligence des prévôt des marchands et échevins causa plus tard un grand malheur. Le vendredi 14 mai 1610, à quatre heures après midi, le roi Henri IV se rendait du Louvre à l’Arsenal, et passait par la rue de la Ferronnerie. Un embarras de voitures ayant arrêté son carrosse, ses valets de pied quittèrent la rue et passèrent par une des galeries du charnier des Innocents. Dans ce moment, le roi se penchait pour causer avec le duc d’Épernon ; alors un homme s’avance, monte sur les roues de la voiture, porte au roi, à l’endroit du cœur, un coup de couteau qui lui arrache ces mots, les derniers qu’il ait prononcés : « Je suis blessé ! » Sans se déconcerter, l’assassin donne un second coup ; le premier était mortel, le second ne l’était pas ; un troisième est encore porté, mais le roi parvint à l’esquiver. — « Chose surprenante (dit l’Estoile), nul des seigneurs qui étaient dans le carrosse n’a vu frapper le roi, et si ce monstre d’enfer eût jeté son couteau, on n’aurait su à qui s’en prendre, mais il s’est tenu là pour se faire voir et pour se glorifier du plus grand des assassinats. » — Par une coïncidence bizarre, l’édit de Henri II, qui prescrivait l’élargissement de la rue de la Ferronnerie, avait été rendu le 14 mai 1554, et Henri IV fut assassiné le 14 mai 1610. Cette perte cruelle ne servit pourtant pas de leçon, et la rue ne fut élargie qu’en 1671, conformément à l’arrêt du conseil dont nous transcrivons un extrait :

« Le roi ayant aucunement esgard aux requestes qui luy ont esté présentées par les doyens, chanoines et chappitre de Saint-Germain-l’Auxerrois, a ordonné et ordonne que suivant leurs offres, ils feront travailler incessamment à leurs dépens, à l’ouverture et eslargissement de la rue de la Ferronnerie en toute sa longueur, et à la construction des maisons qui termineront lad. rue du costé du cimetière des Saincts-Innocents, et pour cet effet, ordonne sad. Majesté, que lad. rue sera eslargie et conduitte en droitte alignement, depuis l’extrémité et encoignure de lad. rue de la Lingerie jusqu’à l’autre extrémité du costé de la rue Saint-Denis, à chacune desquelles extrémitez aura lad. rue trente pieds de largeur, et pour ce faire seront démolies les petites maisons, boutiques et échoppes qui sont en lad. rue de la Ferronnerie, adossées contre les murs du charnier dud. cimetière, etc…, et pour terminer lad. rue de la Ferronnerie, du costé dud. cimetière, sera faitte une fassade de bastiment de pierre de taille de douze corps de logis double, outre un demy qui sera à chaque bout, lesquels corps de logis seront de trente trois pieds de profondeur chacun hors d’œuvre par bas et outre ce auront trois pieds de saillie audedans dud. cimetière et au-dessus du charnier, desquels corps de logis la face du costé de la rue de la Ferronnerie sera accompagnée d’ornement d’architecture, conformément au plan et dessein qui sera paraphé, etc… Ordonne sad. majesté qu’au lieu des charniers qui sont présentement, en seront bastis d’autres au-dessous desd. corps de logis, etc. Fait au conseil d’État du roy, le 18e octobre 1669. Signé Pussort, Séguier, Colbert. »

Avant la révolution, près de l’endroit où l’assassinat de Henri IV fut commis, dans la rue Saint-Honoré, un propriétaire plaça sur sa maison, qui porte le no 3, le buste du Béarnais, au bas duquel il fit graver l’inscription suivante :

Henrici-Magni recreat presentia cives,
Quos illi æterno fœdere junxit amor.

Enlevée pendant la révolution, elle fut replacée vers 1816. — Une décision ministérielle du 28 messidor an V, signée Benezech, avait fixé à 12 m. la moindre largeur de la rue de la Ferronnerie. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette moindre largeur est portée à 16 m. 60 c. Les maisons de 1 à 15 devront reculer de 4 m. 10 c. à 6 m. 60 c. ; celles nos 17, la maison à l’encoignure gauche de la rue Sainte-Opportune et les propriétés 27, 33 et 35 ne sont pas soumises à retranchement. Toutes les constructions du côté des numéros pairs, exécutées suivant l’arrêt du 18 octobre 1669, sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Fers (rue aux).

Commence à la rue Saint-Denis, no 89 ; finit aux rues de la Lingerie et du Marché-aux-Poirées, no 2. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le marché des Innocents ; le dernier pair est 50. Sa longueur est de 118 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Cette rue comptait déjà quelques habitations en 1250. Plusieurs opinions ont été avancées sur son étymologie. Jaillot prétend que son véritable nom est celui de rue au Fèvre, qu’on écrivait rue au Feure ; la consonne v ne se distinguait point alors de la voyelle u ; dans ce sens, le mot fèvre signifiait un artisan, un fabricant, en latin faber. Un autre savant, Saint-Victor, a pensé que le mot feurre signifiait paille. Nous croyons devoir adopter cette seconde opinion ; en voici le motif : Lorsque Philippe-Auguste eut terminé la construction des halles sur le territoire de Champeaux, ces nouveaux marchés centralisèrent de ce côté tout le commerce parisien. D’anciennes rues ou plutôt d’anciens chemins où l’on ne voyait çà et là que de chétives habitations où se cachaient des Juifs, se peuplèrent tout à coup. De nouvelles rues furent bâties, et chacune d’elles, habitée par un corps, par une seule espèce de marchands, prit le nom de la marchandise qu’on y débitait ; de là, les dénominations de la Chanverrerie, de la Cordonnerie, de la Poterie, de la Fromagerie, de la Tonnellerie, etc… Nous croyons que la rue qui nous occupe, bâtie à peu près à la même époque que les précédentes, tira comme elles sa dénomination du genre de commerce qu’on y exploitait. On l’appela donc rue au Feurre ou Feure, parce qu’on y vendait alors du foin, de l’avoine et de la paille. — Une décision ministérielle du 5 mai 1812, signée Montalivet, a fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. Les propriétés de la rue aux Fers sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 30 c. à 3 m. 50 c. — Portion d’égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Feuillade (rue de la).

Commence à la place des Victoires, nos 4 et 6 ; finit aux rues de Lavrillière, no 10, et des Petits-Pères, no 2. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 55 m. — Les impairs sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque. Les pairs du 3e arrondissement, quartier du Mail.

On la nomma d’abord rue des Jardins. On lui donna, en 1685, le nom de la Feuillade, en l’honneur de François, vicomte d’Aubusson, duc de la Feuillade, pair et maréchal de France, auquel nous devons la construction de la place des Victoires. — Une décision ministérielle à la date du 3 fructidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 23 juillet 1828, ont fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. La maison no 5 est alignée. Les autres constructions de ce côté ne sont soumises qu’à un faible retranchement. Les propriétés du côté des numéros pairs devront reculer de 1 m. 20 c. environ. — Conduite d’eau depuis le passage des Petits-Pères jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compes Française et Anglaise).


Feuillantines (impasse des).

Située dans la rue Saint-Jacques, entre les nos 261 et 263. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 143 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Elle tire son nom des religieuses Feuillantines qui avaient leur couvent dans cette impasse, au no 12. Le 30 frimaire an XIV, le ministre Champagny a décidé que cette impasse serait convertie en une rue de 10 m. de largeur, qui déboucherait dans la rue à ouvrir en prolongement du petit axe du Panthéon (voyez l’article de la rue d’Ulm). — Cette disposition, confirmée par une décision ministérielle du 17 novembre 1818, n’est pas encore exécutée. Tout le côté droit et une partie du côté gauche sont à l’alignement.

Le couvent des Feuillantines fut fondé vers 1622. Anne Gobelin, veuve du sieur d’Estourmel de Plainville, capitaine des gardes du roi, forma le projet d’attirer des Feuillantines à Paris. Prévoyant les difficultés qu’elle éprouverait de la part des Feuillants, elle détermina la reine Anne d’Autriche à écrire à ces religieux. Cette lettre eut un plein succès. Le 30 juillet de cette année, les supérieurs firent partir de Toulouse six religieuses qui arrivèrent à Paris au mois de novembre suivant. Elles descendirent chez les Carmélites, d’où elles furent conduites en grande pompe par trente religieux Feuillants à la maison qui leur était destinée. Madame d’Estourmel acheva de consolider cet établissement par un don de 27,000 livres et une rente de 2,000 livres qu’elle leur assura. L’église fut bâtie et dédiée en 1719 et la dépense couverte au moyen d’une loterie accordée par arrêt du conseil du 29 mars 1713. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Une partie du jardin des Feuillantines a été vendue le 2 fructidor an IV, par le domaine de l’État. Les bâtiments furent cédés, sous le directoire, en échange de l’hôtel de Castries.


Feuillet (passages).

Le premier commence à la rue des Écluses-Saint-Martin, nos 22 et 24 ; finit à la rue du Canal-Saint-Martin, nos 7 et 9. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Le deuxième commence au quai de Jemmapes, no 175 ; finit au premier passage. Un seul impair, qui est 1 ; pas de numéro pair. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Vers 1830, M. Alceandre Delessert fit ouvrir sur ses terrains deux rues de chacune 12 m. de largeur. Ce propriétaire n’ayant pas exécuté les conditions imposées par l’administration municipale, les deux percements ont été fermés par des grilles. Ils ne sont pas reçus au nombre des voies publiques de Paris, et doivent leur dénomination actuelle à un propriétaire riverain.


Fèves (rue aux).

Commence à la rue de la Vieille-Draperie, nos 5 et 7 ; finit à la rue de la Calandre, nos 14 et 16. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 93 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Les plus anciens titres qui mentionnent cette voie publique sont des lettres de Saint-Louis, datées de 1260, par lesquelles il cède 30 sols de cens sur une maison rue aux Febvres près de Saint-Martial. En effet, cette voie publique était alors habitée par des marchands ou fabricants de draps, qu’on nommait les Febvres. C’est par corruption qu’elle porte aujourd’hui le nom de rue aux Fèves. — Une décision ministérielle à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La propriété située sur le côté des numéros impairs, à l’encoignure droite de la rue de Constantine, et la maison no 9 ne sont pas soumises à retranchement. Celle no 11 ne devra subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Vieille-Draperie jusqu’aux deux bornes-fontaines.


Feydeau (rue).

Commence aux rues Montmartre, no 153, et Saint-Marc, no 1 ; finit à la rue de Richelieu, nos 80 et 82. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 241 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1675, elle portait le nom de rue Neuve-des-Fossés-Montmartre. Quelques années après elle prit la dénomination de rue Feydeau, qu’elle doit à une famille célèbre dont plusieurs membres ont occupé les premières charges de la magistrature. — Une décision ministérielle à la date du 5 germinal an VI, signée Letourneux, et une ordonnance royale du 4 mai 1826, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés nos 1, 30, 32 et 34, sont seules soumises à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Fiacre (impasse Saint-).

Située dans la rue Saint-Martin, entre les nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 20 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Dans le censier de Saint-Merri, à l’année 1412, on lui donne le nom de ruelle Saint-Fiacre ; elle aboutissait alors à la rue de la Vieille-Courroirie, (aujourd’hui des Cinq-Diamants). Elle a été convertie en impasse en 1648. Il n’existe pas d’alignement pour cette voie publique, dont la largeur actuelle varie de 1 m. 70 c. à 2 m. Elle a été fermée par une grille, en vertu d’une décision ministérielle du 8 décembre 1843.


Fiacre (rue Saint-).

Commence à la rue des Jeûneurs, nos 4 et 6 ; finit au boulevart Poissonnière, nos 9 et 11. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 171 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Elle doit son nom au fief Saint-Fiacre, sur lequel elle a été bâtie. Déjà connue en 1630, on l’appelait quelquefois alors rue du Figuier. Nous rapportons ici le dispositif d’une permission accordée par les trésoriers de France, le 3 septembre 1699, relativement à la fermeture de cette voie publique. — « Nous, attendu qu’il nous appert que la rue Saint-Fiacre est peu praticable, qu’elle est remplie d’immondices et sert de retraite aux vagabonds, avons permis et permettons de la faire fermer par deux portes ou grilles de fer, l’une du costé du cours et l’autre environ à 12 toises de long de la d. rue où finit le pavé d’icelle, par la rue des Jeux-Neufs ; lesquelles portes ou grilles seront ouvertes pendant le jour et fermées tous les soirs, etc. Signé Rabouin. » Trois arrêts du conseil d’État, des 24 août 1715, 20 juin et 3 août 1716, prescrivirent de nouveau la fermeture de cette ruelle. Une délibération du bureau de la Ville, du 7 juin 1749, maintint cette disposition, et les grilles ne furent enlevées qu’à la fin du siècle dernier. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. Depuis cette année jusqu’en 1835, la rue Saint-Fiacre a été considérablement élargie. Les maisons nos 1, 3, 5, 7, 9, 16, 18 et 20 sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Jeûneurs. — Éclairage au gaz (compe Française).


Fidélité (place de la).

Située en face de l’église Saint-Laurent. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 10. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Un arrêté du Directoire exécutif, du 3 frimaire an VI, approuva la formation de cette place. Le 25 du même mois, le domaine de l’État aliéna un terrain faisant partie du cimetière Saint-Laurent. Dans le contrat de vente il est dit : « Que l’acquéreur sera tenu de se conformer aux alignements arrêtés par la commission des travaux publics, lorsqu’il en sera requis et ce sans indemnité. » Un deuxième contrat du 7 messidor an VI, pour la vente d’un terrain provenant de la cure Saint-Laurent, porte l’obligation suivante : « Par suite du percement de la nouvelle rue dans le terrain des ci-devant sœurs-grises et du projet de la place demi-circulaire, l’acquéreur sera tenu de fournir le terrain tel qu’il est déterminé sur le plan, etc… » — Cette voie publique a reçu le nom de place de la Fidélité, en vertu d’un arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 4 nivôse an VII. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).


Fidélité (rue de la).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 125 et 127 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 100 et 102. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 261 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

1re partie comprise entre la place de la Fidélité et la rue du Faubourg-Saint-Denis. — Elle a été ouverte sur les terrains et bâtiments formant autrefois la communauté des Filles de la Charité. Vincent de Paul et Louise de Marillac fondèrent cet établissement dans une maison située près de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ; cette communauté fut transférée à la Villette au mois d’avril 1636. Louise de Marillac désirant se rapprocher de la maison de Saint-Lazare, acheta, le 1er avril 1653, des supérieurs de cette congrégation, plusieurs propriétés situées dans la rue du Faubourg-Saint-Denis. Des lettres-patentes du 14 novembre 1757, registrées au parlement le 16 décembre 1758, confirmèrent cet établissement auquel l’humanité souffrante devait déjà de si grands soulagements. Ces religieuses, nommées vulgairement sœurs-grises, se consacraient au service des pauvres. Elles avaient établi dans un de leurs bâtiments une pharmacie où l’on pansait tous les blessés, et deux écoles pour les enfants de la paroisse. Ces saintes filles distribuaient aussi chaque semaine 1,200 livres de pain aux pauvres de tous les quartiers de Paris. Enfin leur maison servait de retraite aux sœurs que leur âge ou des infirmités rendaient incapables de continuer plus longtemps leurs pénibles travaux. Cette admirable institution fut supprimée en 1792. Malgré les efforts du bureau général de bienfaisance de la commune de Paris, qui désirait faire rentrer cette maison dans le domaine des pauvres, les bâtiments et dépendances, devenus propriétés nationales, furent mis en vente. Les actes d’aliénation des 27 brumaire et 4 frimaire an V, les procès-verbaux de mise en possession des 28 et 29 vendémiaire de la même année, imposèrent aux acquéreurs l’obligation de livrer sans indemnité le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une rue projetée. Le plan fut définitivement approuvé par un arrêté du directoire exécutif du 3 frimaire an VI, qui fixa la largeur de cette portion de rue à 9 m. 75 c.

2e partie comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Martin et la place de la Fidélité. — Elle a été formée sur l’emplacement de deux propriétés nationales provenant de la fabrique Saint-Laurent. Les actes de vente, qui portent les dates des 4 messidor an V et 7 messidor an VI, obligeaient les acquéreurs à livrer sans indemnité le terrain nécessaire au percement de cette partie de rue. En vertu d’un arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 4 nivôse an VII, cette voie publique reçut la dénomination de rue de la Fidélité, en raison de sa proximité de l’église Saint-Laurent, appelée alors temple de l’Hymen et de la Fidélité. En 1803, cette voie publique ne débouchait pas encore dans la rue du Faubourg-Saint-Martin, et le percement ne fut complété qu’en 1806. — Conduite d’eau depuis la place jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe de Belleville),

Il nous reste à dire quelques mots sur les sœurs de la Charité. Une maison, chef-lieu de leur ordre, fut dans la suite rétablie dans la rue du Vieux-Colombier, no 15, et en 1813, dans la rue du Bac, no 132, à l’ancien hôtel de la Vallière. On compte aujourd’hui 2,500 sœurs de la Charité. Elles sont distribuées dans les paroisses où elles dirigent gratuitement les écoles des jeunes filles, soignent les malades et portent des secours à domicile. Elles desservent aussi presque tous les hôpitaux de Paris.


Fidélité (rue Neuve-de-la).

Commence à la rue Neuve-Saint-Jean, nos 14 et 16 ; finit à la rue de la Fidélité, nos 7 et 9. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 268 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Lorsque la ville de Paris fit construire l’aqueduc Saint-Laurent, elle fut obligée de traiter avec plusieurs propriétaires, de l’acquisition des terrains que cet aqueduc devait traverser. Les constructions terminées, l’administration vendit les emplacements qu’elle n’avait point utilisés. Les acquéreurs des terrains compris entre la rue de la Fidélité et le passage du Désir, se hâtèrent de construire les maisons qui formèrent l’impasse de la Fidélité ; mais ces nouveaux propriétaires ne s’étaient point occupés de l’écoulement des eaux, et cette négligence compromettait la santé publique. L’administration alors forma le projet de convertir cette impasse en une rue, au moyen de son prolongement jusqu’à la rue Neuve-Saint-Jean. L’ordonnance royale qui autorisa cette amélioration est à la date du 2 décembre 1829 et renferme les dispositions suivantes : L’impasse de la Fidélité sera convertie en une rue de 10 m. de largeur, au moyen du prolongement de ladite impasse jusqu’à la rue Neuve-Saint-Jean. Le préfet du département est autorisé à accepter, au nom de la Ville, les offres faites par les propriétaires riverains et voisins de l’impasse, suivant les deux soumissions qu’ils ont souscrites : 1o de concourir pour une somme de dix-huit mille francs aux dépenses que l’exécution de ce projet exigera ; 2o à acquérir des sieurs Grouvelle, Margarittis, Julmasse, Ollive et Chevalier, aux prix portés dans leurs offres, les portions de terrains nécessaires à la prolongation de l’impasse. Le surplus de la dépense, évalué à la somme de cinquante-trois mille francs, sera supporté par la Ville, aux frais de laquelle sera construite en outre une portion d’égout, pour dessécher le puisard établi dans la propriété des sieurs Margarittis et Julmasse et en conduire les eaux jusqu’à l’aqueduc Saint-Laurent. Les propriétaires riverains, tant de l’impasse que de son prolongement, seront tenus de supporter, chacun devant sa propriété et en raison de l’étendue de sa façade, les frais des travaux de nivellement du sol et du premier établissement du pavage, etc… Ce prolongement fut immédiatement exécuté, et la nouvelle communication reçut, en vertu d’une décision ministérielle du 11 novembre 1833, le nom de rue Neuve-de-la-Fidélité. Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celle no 19 qui devra subir un faible retranchement. — Égout. — Conduite d’eau.


Figuier (rue du).

Commence aux rues de l’Hôtel-de-Ville, no 2, et du Fauconnier, no 1 ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Paul, nos 21 et 23. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 116 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Dès l’année 1300, cette rue était construite et habitée. Elle portait le nom de rue du Figuier, qu’elle conserve encore aujourd’hui. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Cette moindre largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 août 1838. L’hôtel de Sens est maintenu sur ses vestiges. Toutes les autres constructions devront subir un retranchement considérable.

On remarque au no 1 l’ancien hôtel de Sens. Le siège ecclésiastique de Paris n’était qu’un évêché dépendant de l’archevêché métropolitain de Sens ; les communications entre le haut clergé de cette ville et celui de la capitale durent être, pour ainsi dire, journalières. Étienne Bécard, archevêque de Sens, acheta, au commencement du XIVe siècle une maison sur le quai des Célestins et la légua par testament à ses successeurs. Cette maison, dans la suite, fut cédée à Charles V et servit, ainsi que plusieurs autres habitations, à former son hôtel royal de Saint-Paul. En échange de la maison abandonnée par l’archevêque, le roi donna à ce prélat l’hôtel d’Hestoménil, situé au coin de la rue du Figuier. Cet hôtel prit alors le nom d’hôtel de Sens, qu’il conserve encore aujourd’hui. Ce vieux manoir fut reconstruit au commencement du XVIe siècle, par l’archevêque Tristan de Salazar. Il servit dans la suite d’habitation à plusieurs prélats illustres, tels que l’archevêque Duprat, chancelier et premier ministre ; Louis de Bourbon, prince de la famille royale ; Louis de Guise, cardinal de Lorraine ; Jean Bertrandi, garde-des-sceaux, etc. Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, y résida plusieurs années. Les échos qui longtemps avaient répété les pieux cantiques des anciens archevêques, redisaient aux passants les refrains joyeux improvisés par la spirituelle Marguerite pour plaire à ses nombreux amants. Le jésuite Le Moine a composé l’épitaphe de cette princesse. Nous rapportons ici cette pièce de poésie qui nous a paru empreinte de grandeur et d’élégance.

Cette brillante fleur de l’arbre des Valois
En qui mourut le nom de tant de puissants rois,
Marguerite, pour qui tant de lauriers fleurirent,
Pour qui tant de bouquets chez les Muses se firent,
Vit bouquets et lauriers sur sa tête sécher !
Vit par un coup fatal, les lys s’en détacher
Et le cercle royal dont l’avait couronnée
En tumulte et sans ordre un trop prompt hyménée
Rompu du même coup devant ses pieds tombant,
La laissa comme un tronc dégradé par le vent.
Épouse sans époux et reine sans royaume,
Vaine ombre du passé, grand et noble fantôme,
Elle traina depuis les restes de son sort
Et vit jusqu’à son nom mourir avant sa mort. »

L’hôtel de Sens perdit plus tard de sa splendeur. En 1622, l’évêché de Paris fut érigé en archevêché, en faveur de Jean-François de Gondy. Alors les archevêques de Sens, dépouillés de leur autorité sur le clergé parisien, cessèrent peu à peu de résider dans la capitale. Leur hôtel fut alors aliéné. Il appartenait avant la révolution à l’archevêché de Paris. Devenu, en 1790, propriété nationale, il fut vendu le 1er ventôse an V.

En 1842, on a construit une maison sur les dépendances de cet hôtel. La façade, curieux débris de l’architecture du XVIe siècle, vient d’être dégradée par la brosse du badigeonneur, et sur la porte d’entrée de l’antique manoir des archevêques de Sens, on lit ces deux mots : Roulage général.


Filles-Dieu (impasse des).

Située boulevart Bonne-Nouvelle, entre les nos 20 et 24. Le dernier impair est 5 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 63 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Elle a été formée vers 1650, sur l’emplacement qui faisait anciennement partie du faubourg dit la Ville-Neuve. Ce faubourg avait été détruit par ordre du duc de Mayenne, lors du siège de Paris par Henri IV. Cette impasse a porté le nom de ruelle Couvreuse. Sa dénomination actuelle nous rappelle l’ancien enclos du couvent des Filles-Dieu, que ces religieuses abandonnèrent pour se mettre à l’abri dans la capitale, lorsque le régent, depuis Charles V, commença les fortifications de Paris, après la malheureuse bataille de Poitiers. — Une décision ministérielle du 1er avril 1808, signée Cretet, fixa la largeur de cette impasse à 7 m. Cette dimension a été portée à 8 m. en vertu d’une ordonnance royale du 15 mai 1832. Depuis cette époque jusqu’en 1836, l’impasse des Filles-Dieu a été complètement élargie, et les constructions riveraines sont toutes à l’alignement. — Éclairage au gaz (compe Française).


Filles-Dieu (rue des).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 337 et 339 ; finit à la rue de Bourbon-Villeneuve, nos 26 et 28. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 170 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

En 1520, le côté méridional de cette rue était bâti. Le censier de l’archevêché, de 1530, la nomme rue Neuve-de-l’Ursine ou des Filles-Dieu. Elle tirait cette dernière dénomination de sa proximité du couvent des religieuses Filles-Dieu. — Une décision ministérielle à la date du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Denis jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).


Fils (rue des Quatre-).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 91 et 93 ; finit aux rues du Chaume, no 12, et du Grand-Chantier, no 2. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 224 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Elle est nommée dans les anciens actes rue de l’Échelle-du-Temple (c’était aussi la dénomination affectée à la rue des Vieilles-Haudriettes dont elle fait le prolongement). En 1358, c’était la rue des Deux-Portes. Peu de temps après, une enseigne des Quatre-Fils-Aymon lui fit donner ce nom, qui fut abrégé dans la suite. Le ministre de l’intérieur, Laplace, approuva le 23 frimaire an VIII un alignement qui fixait à 10 m. la moindre largeur de cette voie publique. Une ordonnance royale du 12 juillet 1837 a porté sa largeur à 12 m. Les maisons nos 2, 4 et 14 sont alignées ; le surplus de ce côté n’est soumis qu’à un très faible retranchement ; les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 3 m. 40 c. à 4 m. — Conduite d’eau depuis la rue du Chaume jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Finances (ministère des).

Situé dans la rue de Rivoli. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

« Au palais de Trianon, le 26 août 1811. — Napoléon empereur, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit — Article 1er. Il sera construit un nouvel hôtel des Postes sur le terrain situé entre les rues de Rivoli, Neuve-du-Luxembourg, du Mont-Thabor et de Castiglione. — Art. 2e. Les dispositions générales du projet de l’hôtel des Postes, indiquées dans les plans annexés au présent décret, sont approuvées. — Art. 3e. Les plans détaillés et les devis estimatifs seront soumis à notre ministre de l’intérieur, avant le 1er octobre prochain. Les portions de terrains qui ont pu être aliénées sur l’emplacement affecté au nouvel hôtel des Postes, seront acquises pour cause d’utilité publique. — Art. 4e. Le dit hôtel sera construit en trois ans, etc… Signé Napoléon. » Les constructions furent commencées en 1811, sous la direction de M. Bénard, architecte. En 1822, le projet d’établir la poste en cet endroit fut abandonné ; on résolut alors d’y transférer le ministère des finances et le trésor royal, qui occupaient deux vastes hôtels dans la rue Vivienne. Les constructions ont coûté environ 10,400,000 francs. — Les principales attributions du ministère des finances sont : l’administration des revenus publics, de la dette inscrite et des monnaies, la comptabilité des finances et de l’État, le règlement du budget général de chaque exercice, la présentation au roi et aux chambres de tous les projets de loi sur les finances, l’assiette, répartition et perception des impôts directs et indirects, l’exploitation des domaines et des bois, des postes et des tabacs, etc. ; la vérification de la fabrication et du titre des monnaies, les inscriptions de rentes, pensions et cautionnements, etc.


Fléchier (rue).

Commence à la rue Ollivier, no 6 ; finit à la rue du Faubourg-Montmartre, no 77. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par l’église Notre-Dame-de-Lorette. Le dernier pair est 4. Sa longueur est de 68 m — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Cette rue a été ouverte conformément à l’ordonnance royale du 21 juillet 1824, relative aux abords de l’église Notre-Dame-de-Lorette. Sa largeur est de 10 m. ; toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (comp. Anglaise).

Fléchier (Esprit), naquit le 10 juin 1632, à Pernes, petite ville du diocèse de Carpentras. Il fut successivement évêque de Lavaur et de Nîmes, et mourut à Montpellier le 16 février 1710.


Fleurs (rue du Marché-aux-).

Commence à la rue de la Pelleterie, nos 13 et 15 ; finit à la rue de la Vieille-Draperie, nos 20 et 26. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 47 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette rue a été ouverte sur une partie de l’emplacement de l’église Saint-Pierre-des-Arcis, dont nous traçons ici l’origine. Elle fut fondée en 926, par Theudon, vicomte de Paris, sur le terrain d’une chapelle ruinée, qui portait aussi le nom de Saint-Pierre. L’origine de cette église est très peu connue, son surnom a exercé sans succès la sagacité des savants. Une bulle d’Innocent II la désigne ainsi : Ecclesia Sancti Petri de Arsionibus. Elle fut érigée en paroisse en 1130. On reconstruisit son bâtiment en 1424, et son portail en 1711, sur les dessins de Lachenu. Supprimée en 1790, l’église Saint-Pierre-des-Arcis devint propriété nationale, et servit quelque temps de dépôt de cloches destinées à la fabrication de la monnaie de cuivre. Les bâtiments furent vendus par l’État, le 13 ventôse an V, à la charge par l’acquéreur de démolir et de donner passage à la rue projetée la première réquisition de l’administration qui en sera chargée, le tout sans indemnité. — En vertu d’une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, la largeur de ce percement fut fixée à 10 m. Exécutée en 1812, cette voie publique a reçu le nom de rue du Marché-aux-Fleurs. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau.


Fleurs en la Cité (Marché-aux-).

Situé entre le quai Desaix et la rue de la Pelleterie. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

« Au palais impérial des Tuileries, le 21 janvier 1808. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. L’arrêté du gouvernement du 29 vendémiaire an XII, portant que le terrain vague bordant le nouveau quai Desaix sera vendu, à la charge d’y élever des constructions, est rapporté. — Art. 2e. Le terrain est cédé et abandonné à la ville de Paris, pour y transférer le marché aux fleurs et arbustes qui se tient maintenant sur le quai de la Mégisserie, à la charge par elle d’indemniser, s’il y a lieu et à dire d’experts, les sieurs Phalary et Balzac des portions du d. terrain dont ils se prétendent propriétaires, et en outre d’exécuter à ses frais toutes les dispositions nécessaires pour l’établissement du marché, lequel sera tenu à ciel découvert. — Art. 3e. L’ensemble du terrain énoncé aux articles précédents, se trouvera divisé en deux parties perpendiculairement au quai Desaix par la nouvelle rue projetée et déjà commencée à l’extrémité de l’ancien théâtre de la Cité, et devant déboucher au Marché-Neuf. Le Marché-aux-Fleurs sera circonscrit par des bornes isolées qui le sépareront tant du d. quai Desaix et de la rue de la Pelleterie que des rues de la Juiverie et de la Barillerie. Il sera planté des arbres, le tout suivant le plan qui sera arrêté par le ministre de l’intérieur. Signé Napoléon. » Ce marché a été inauguré le mercredi 16 août 1809, conformément à une ordonnance de police du 5 du même mois. Il tient les mercredi et samedi de chaque semaine. Deux bassins ornent ce marché dont l’emplacement occupe une superficie de 2,571 m.

En 1840, 41, 42 et 43, l’administration a fait reconstruire les deux bassins avec branchement d’égout, poser des bordures en granit autour du marché, un dallage en bitume, etc. La dépense occasionnée par ces améliorations s’est élevée à 66,023 fr. 89 c.

En 1842, le Marché-aux-Fleurs a produit à la ville 12,912 fr. 80.

Une délibération du conseil municipal du 29 janvier 1836, approuvée par le ministre de l’intérieur, le 28 mars suivant, a autorisé le stationnement dés pépiniéristes et maraîchers sur le quai Napoléon.


Fleurs (Madeleine) (Marché-aux-).

Situé sur la place de la Madeleine. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Ce marché n’est décoré d’aucune construction. Il a été créé en vertu d’une décision du ministre du commerce et des travaux publics, à la date du 28 août 1832. Son inauguration a eu lieu le 2 mai 1834, conformément à une ordonnance de police du 24 avril précédent. Il tient les mardi et vendredi.


Fleurs Saint-Martin (Marché-aux-).

Situé sur le boulevard Saint-Martin, près du Château d’Eau — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Ce marché, qui n’est décoré d’aucune construction, a été créé par une décision du ministre du commerce et des travaux publics, en date du 30 juin 1835. Il a été ouvert le 14 avril 1836, en vertu d’une ordonnance de police du 7 du même mois. Il ne tenait que le jeudi de chaque semaine, mais sur la réclamation du commerce, le ministre a décidé, le 15 juillet 1836, que la vente des fleurs aurait également lieu tous les lundis.


Fleurus (rue de).

Commence à l’une des grilles du jardin du Luxembourg ; finit à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 3 et 5. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 374 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Il existait autrefois dans la rue Notre-Dame-des-Champs une impasse portant le même nom que cette voie publique. Elle occupait une étendue de 104 m. Vers 1780, cette impasse fut prolongée sur les terrains dépendant du jardin du Luxembourg et appartenant alors à S. A. R. Monsieur. En 1797, on y construisit des maisons. À l’occasion de ce prolongement l’administration municipale du 11e arrondissement présenta une pétition aux administrateurs du département au sujet de la dénomination de la nouvelle voie publique. Cette pièce est ainsi conçue : — « 8 ventôse an VI de la république. Citoyens, il y avait près de la rue Notre-Dame-des-Champs, division du Luxembourg, un cul-de-sac qui portait le nom de cette rue. Ce cul-de-sac prétendu vient d’être ouvert, ainsi il a été transformé en rue, il ne peut plus porter le nom de cul-de-sac. Beaucoup d’autres raisons militent pour le débaptiser, indépendamment de celles qu’alléguait Voltaire contre les culs-de-sac en général, lorsqu’il disait que dans les culs-de-sac il n’y avait ni cul ni sac et qu’il fallait les appeler impasses. Il est certain que la dénomination du cul-de-sac Notre-Dame-des-Champs est extrêmement longue puisqu’elle renferme sept mots et qu’il faut, autant qu’on peut, ne pas multiplier les êtres sans nécessité et simplifier même les noms de rues pour faciliter aux étrangers et même aux citoyens les moyens de retenir les adresses, parce qu’il vaut mieux dire beaucoup en peu de mots que de dire peu en beaucoup de paroles. Nous avons appris, citoyens, que feu Loustalot avait longtemps habité dans le prétendu cul-de-sac Notre-Dame-des-Champs. Loustalot joignait les lumières au patriotisme ; il est mort martyr de son zèle pour la liberté. Ne croyez-vous pas, citoyens administrateurs, que pour venger et honorer en même temps la mémoire de Loustalot, on pourrait donner son nom au cul-de-sac Notre-Dame-des-Champs ; c’est le vœu des habitans de ce cul-de-sac et de ceux même de toute la division et des divisions voisines ; en supprimant d’ailleurs le nom de Notre-Dame, vous détruisez une dénomination féodale, religieuse, qui ne doit plus exister parmi les républicains, et vous éclaircieriez bien des malentendus qui naissent d’une dénomination trop longue et trop embrouillée. Si le nom de Loustalot ne vous convenait pas, citoyens, quoique le nom soit harmonieux et sonore, il est tant d’autres martyrs de la liberté, qui ne sont plus et qui ont des droits à notre reconnaissance et à nos hommages !… Choisissez celui qui vous plaira le plus, mais au moins débaptisez notre cul-de-sac qui n’est plus un cul-de-sac. Votre amour pour la vérité et votre patriotisme l’exigent ; ils nous sont de surs garants que vous ne rejetterez point notre demande. Salut et fraternité. » Suivent les signatures. Malgré toute son harmonie, le nom de Loustalot ne fut pas accepté. — « Administration centrale, séance du 12 floréal an VI. L’administration centrale du département, lecture faite de la lettre de l’administration municipale du 11e arrondissement de Paris, en date du 8 ventôse dernier et du rapport de l’inspecteur général de la voirie, relativement à la dénomination d’un cul-de-sac situé près la rue Notre-Dame-des-Champs, qui portait le nom de cette rue et qui vient d’être ouvert, en sorte qu’il y aurait deux rues du même nom dans un même quartier, si l’on n’en changeait la dénomination. Ouï le le commissaire du directoire exécutif. — Arrête que la rue nouvellement ouverte en prolongement du ci-devant cul-de-sac Notre-Dame-des-Champs, prendra le nom de rue de Fleurus. » Cette dénomination rappelle la célèbre bataille gagnée par le général Jourdan le 26 juin 1794. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 21 juillet 1843, ont fixé à 13 m. la largeur de la rue de Fleurus, pour la partie comprise entre le Luxembourg et la rue de l’Ouest, et à 10 m. pour le surplus. Les constructions de 1 à 11 inclusivement, 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, et second no 12, sont alignées. La propriété no 12 bis n’est soumise qu’à un léger redressement ; les autres immeubles devront subir un retranchement de 2 m. 10 c. environ. — Conduite d’eau.


Flore (passage de).

Commence à la rue de la Pelleterie, nos 19 ; finit à la rue de la Vieille-Draperie, no 30. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

La propriété que traverse ce passage, a été bâtie sur une partie de l’emplacement de l’église royale et paroissiale de Saint-Barthélemy. Une chapelle était déjà bâtie en cet endroit à la fin du Ve siècle, et portait le nom de Saint-Barthélemy. Vers 965 Hugues-Capet fit agrandir cette chapelle, qui devint en 1138 paroisse royale. Les bâtiments de cette église furent restaurés en 1730 et 1736 ; malgré ces réparations, le roi en 1772 ordonna qu’elle serait entièrement reconstruite. Le portail était déjà terminé, lorsque la révolution vint en arrêter les travaux. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 12 novembre 1791. Sur son emplacement on établit peu de temps après le théâtre de la Cité, et l’on forma deux passages dont l’un prit la dénomination de passage de Flore. Au théâtre de la Cité succéda la salle dite des Veillées, puis des Francs-Maçons s’y réunirent. Maintenant elle est occupée par un bal public connu sous le nom du Prado.


Florentin (rue de Saint-).

Commence à la place de la Concorde, no 2, et à la rue de Rivoli, no 58 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 377 et 379. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 165 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

À l’endroit où s’élèvent aujourd’hui les magnifiques hôtels de la rue Saint-Florentin, on voyait en 1640 une misérable impasse dont les chétives maisons servaient d’abris aux orangers du jardin des Tuileries.

Une partie de cette impasse, nommée cul-de-sac de l’Orangerie, appartenait en 1730 au roi Louis XV, l’autre portion était la propriété de Samuel Bernard, de ce riche banquier qui avait vu tous les grands de la cour défiler dans ses antichambres, et ramasser les pièces d’or qui tombaient de sa corne d’abondance. Un beau matin Samuel Bernard se réveilla chevalier de l’ordre de Saint-Michel, comte de Coubert, seigneur de Vitry, Cuignes et autres lieux, conseiller, secrétaire du roi et de ses finances.

Le gentilhomme de fraîche date mourait à Paris le 18 janvier 1739 à l’âge de 88 ans, et laissait une fortune qui dépassait quarante millions.

Le lendemain, le premier ministre du roi, le cardinal de Fleury écrivait la lettre suivante aux deux fils de Samuel Bernard.

« Quoique l’on dût s’attendre, Messieurs, à la perte que vous venez de faire, je ne laisse pas d’en être fort touché, et de partager bien sincèrement votre douleur. Vous connaissez l’estime particulière que je faisais de M. Bernard, votre père, et la justice que je lui ai toujours rendue auprès du roi sur son attachement pour l’État. Je ne puis que vous exhorter à honorer sa mémoire par les mêmes sentiments. Vous ne pouvez en donner une meilleure marque qu’en suivant son exemple, et en conservant entre vous la plus parfaite union. Je serai fort aise d’avoir des occasions de vous témoigner l’intérêt que je prends à tout ce qui regarde sa famille, et à vous donner des preuves, Messieurs, de la considération particulière que je conserve pour tous ceux qui la composent. »

Voyez la considération que donne la fortune, puisqu’un premier ministre à fait une pareille lettre.

Nous rencontrerons bientôt, en traversant ce terrain, des illustrations d’un autre genre, et peut-être regretterons-nous le financier Samuel Bernard ; mais avant il nous faut enregistrer la transformation que subit l’impasse de l’Orangerie.

Par lettres-patentes du 21 juin 1757, le roi fit don aux prévôt des marchands et échevins de la partie de l’impasse de l’Orangerie qui lui appartenait ; afin d’y établir les bâtiments en arrière-corps sur la place Louis XV, dont la formation était prescrite par les mêmes lettres-patentes. D’après le plan approuvé, le cul-de-sac de l’Orangerie devait être converti en une rue, et prendre le nom de Bourgogne. Il fut également ordonné que les constructions auraient des façades symétriques dans toute la longueur de la rue. Cette dernière disposition fut annulée par de nouvelles lettres-patentes du 30 octobre 1758, et cette voie publique reçut en vertu d’un arrêt du conseil d’État du roi, en date du 11 mars 1768, le nom de rue de Saint-Florentin.

Elle devait ce nouveau baptême à son excellence le ministre Phélypeaux, duc de Lavrillière et comte de Saint-Florentin, qui avait fait construire un magnifique hôtel dans cette rue. Un plaisant interprète des sentiments dû peuple composa, du vivant du noble duc, cette épitaphe :

Ci-git un petit homme, à l’air assez commun,
Ayant porté trois noms et n’en laissant aucun.

Cette habitation a changé de maître. Elle abrite un grand d’Espagne de première classe, le duc de l’Infantado. Avec quelle noblesse indolente il descend les degrés de son hôtel. Son front semble porter la trace de toutes les douleurs humaines. Le noble castillan va quitter la France, car la république a déclaré la guerre à l’Espagne. La révolution ne perd pas de temps. Pour tenir tête à l’Europe, il lui faut de l’argent, de la poudre et du fer. L’hôtel de l’Infantado lui convient, elle le prend et le transforme en magasin de salpêtre.

Vingt et un ans après nous retrouvons cette habitation bien restaurée, bien parfumée. Au dessus de la porte, sont gravés ces mots : hôtel de Talleyrand-Périgord.

Dans ses salons dorés, on aperçoit des empereurs, des rois, des princes, des espions et des traîtres qui cherchent à se tailler des habits d’emprunt dans l’immense et magnifique pourpre impériale. L’aigle de la France va mourir, et chaque personnage se presse, se heurte pour arracher plus vite une plume à l’oiseau des batailles. Sur le premier plan on voit un diplomate français qui s’apprête en souriant à lui porter le coup de grâce. La figure de cet homme semble avoir emprunté aux traditions du paganisme les deux faces symboliques de Janus, l’une pour regarder le passé, l’autre pour considérer l’avenir. Il boîte comme le spirituel démon de Lesage, et cependant il reste debout après tous les désastres. Sur son manteau d’arlequin on lit ces mots : évêque-législateur, royaliste-révolutionnaire, républicain-émigré, ministre-impérial. Mêlé à de grands événements, ce diplomate avec tout son esprit ne pouvait faire que des choses petites et misérables : le citoyen s’était évanoui…

Mais hâtons-nous d’indiquer l’état présent de la rue de Saint-Florentin, rien ne lui manque aujourd’hui. Elle est éclairée au gaz. Ses propriétés sont alignées en vertu d’une décision ministérielle du 22 prairial an V et d’une ordonnance royale du 24 août 1833, qui avaient fixé sa moindre largeur à 12 m. 40 c.


Foin-au-Marais (rue du).

Commence à la rue de la Chaussée-des-Minimes, nos 1 et 3 ; finit à la rue Saint-Louis, nos 8 et 8 bis. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 101 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Cette rue a été ouverte en 1597, sur un terrain en pâturages qui faisait autrefois partie du parc des Tournelles. Exécutée sur une largeur de 7 m., elle se prolongeait jusqu’au couvent des Hospitalières. Cette partie a pris le nom d’impasse des Hospitalières. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, maintint la largeur primitive qui a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834. Une partie de la propriété no 3 est alignée. Toutes les autres constructions devront reculer de 1 m. 50 c. — Égout du côté de la rue Saint-Louis — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Foin-Saint-Jacques (caserne de la rue du).

Située au no 14. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

C’était autrefois le collége de maître Gervais, dit aussi de Notre-Dame de Bayeux. Il fut fondé en 1370, par maître Gervais-Chrétien, souverain médecin et astrologue du roi Charles V, dit Simon de Phares, dans son catalogue des principaux astrologues de France. Le roi fit bâtir ce collège à ses frais, le dota et voulut, par respect pour son médecin, qu’il portât le nom de maître Gervais. Le pape Urbain V confirma cette fondation. Les boursiers de ce collége étaient qualifiés de boursiers du roi. En 1545, Jacques Tournebu, principal, fut assassiné par Raoul Lequin d’Archerie, greffier de la prévôté de Saint-Quentin. Le 19 novembre de cette année, le parlement rendit une sentence portant que le coupable aurait le poing coupé et serait pendu à la place Maubert. En 1699, deux docteurs de la Sorbonne vinrent diriger ce collége qui, en 1763, fut réuni à l’Université. — Un décret impérial du 3 thermidor an XIII affecta les anciens bâtiments du collége de maître Gervais à une caserne d’infanterie.


Foin-Saint-Jacques (rue du).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 48 et 52 ; finit à la rue de la Harpe, nos 53 et 55. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 171 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Guillot, dans son dit des rues de Paris, la désigne sous le nom de rue O Fain. En 1332 on la nommait de la Fennerie, à la fin du XIVe siècle c’était la rue aux moines de Cernay. — Une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette dimension a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. La largeur actuelle de la rue du Foin varie de 3 m. à 5 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau.


Folies-Dramatiques (théâtre des).

Situé boulevart du Temple, no 72. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette salle, construite par M. Allaux, architecte, sur l’emplacement de l’ancien théâtre de l’Ambigu-Comique, a été inaugurée le 22 janvier 1831. On y représente des vaudevilles et des drames. — Prix des places en 1844 : Avant-scène du rez-de-chaussée, avant-scène des 1res, 2 fr. 50 c. ; loges de face des 1res, 2 fr. 25 c. ; stalles des 1res de face, 1 fr. 75 c. ; balcon, baignoires grillées et avant-scène des 2es, 1 fr. 50 c. ; orchestre, avant-scène des 3e, 1 fr. ; parterre, 1er amphithéâtre, 75 c.


Fontaine (rue).

Commence aux rues Chaptal et Pigalle, no 25 ; finit à la place de la Barrière-Blanche. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 368 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Cette rue a été ouverte sur les terrains de MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon en vertu d’une ordonnance royale du 2 février 1826. Sa largeur est fixée à 12 m. Elle porte le nom de M. Fontaine, architecte du roi. — Éclairage au gaz (compe Anglaise). (Voyez Amsterdam, rue d’.)


Fontaine (rue de la).

Commence à la rue d’Orléans, nos 6 et 8 ; finit à la rue du Puits-l’Ermite, no 1. Le dernier impair est 7 ; le seul pair, 2 ; ce côté est presqu’entièrement bordé par l’hospice de la Pitié. Sa longueur est de 96 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

D’après les plans du XVIIe siècle, c’était la rue Jean Mesnard et de Jean Mole. Dès 1650, elle prit le nom qu’elle porte en raison d’une maison qu’on appelait la Grande-Fontaine. Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. par une ordonnance royale du 2 mai 1837. Les propriétés du côté des numéros impairs sont alignées. Les bâtiment et mur de clôture situés sur le côté droit, vis-à-vis du no 3, ne sont pas soumis à retranchement. Le surplus devra reculer de 4 m. 90 c.


Fontaine-au-Roi (rue de la).

Commence aux rues du Faubourg-du-Temple, no 32, et Folie-Méricourt, no 42 ; finit à la rue Saint-Maur, nos 29 et 31. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 514 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ce n’était encore au milieu du XVIIIe siècle qu’un chemin qui conduisait à celui de Ménilmontant et qu’on nommait, en raison de cette direction, le Chemin-du-Ménil. En 1770, il commença à se couvrir d’habitations, et forma une rue qu’on nomma jusqu’en 1792 Fontaine-au-Roi ou des Fontaines-du-Roi, en raison des tuyaux de fontaines qu’on y établit sous Louis XVI pour y amener les eaux de Belleville. De 1793 à 1806 c’était la rue Fontaine-Nationale. — Une décision ministérielle du 26 brumaire an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 août 1836, cette moindre largeur a été portée à 12 m. Les propriétés ci-après sont alignées : 1, 13, 37 ; 2, 4 ; la maison à l’encoignure gauche de la rue Pierre-Levée, 14, 14 bis, 16, 18, 20, 24 et 38. Celles nos 15 et 17 ne devront subir qu’un faible retranchement. — Conduite d’eau.


Fontaine-Molière (rue de la).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 246 et 248 ; finit aux rues du Hasard, no 1, et de Richelieu. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 253 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Cette rue longeait l’enceinte de Paris, construite sous les règnes de Charles V et Charles VI.

À l’endroit où elle prend naissance, on voyait une porte de ville nommée porte Saint-Honoré. Des titres du XVIe siècle désignent cette voie publique sous le nom de rue Traversière. En 1625, c’était la rue de la Brasserie ou du Bâton-Royal. Elle reprit au commencement du XVIIIe siècle la dénomination de rue Traversière. — Une décision ministérielle du 3 nivôse an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826. Conformément à une décision ministérielle du 12 mai 1843, la rue Traversière a dû prendre le nom de rue de la Fontaine-Molière. Les maisons nos 35, 37 et 39 sont alignées, les autres constructions de ce côté devront reculer de 2 m. 40 c. à 2 m. 60 c. ; les maisons nos 20 et 30 sont alignées, celles nos 2 et 4 devront reculer de 80 c. à 1 m. 40 c., le surplus est soumis à un retranchement qui n’excède pas 70 c. — Portion d’égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

De nobles souvenirs se rattachent à cette voie publique.

Le 8 septembre 1429, Jeanne-d’Arc, à la tête de l’armée royale, vint assiéger Paris du côté de la porte Saint-Honoré. Pour faire comprendre la position occupée par les troupes de Charles VII, il est nécessaire de tracer la ligne que décrivait le rempart dont la construction commencée sous le règne du roi Jean, puis continuée sous Charles V, fut terminée par Charles VI. La partie septentrionale de la ville, depuis l’achèvement des halles sous Philippe-Auguste, prenait chaque jour de nouveaux développements. Bientôt elle brisa la digue que lui opposait l’enceinte construite de 1198 à 1205.

L’accroissement de Paris avait été plus lent au midi de la ville, et de ce côté la population était à l’aise dans l’enceinte de Philippe-Auguste.

Sous le règne du roi Jean, après la malheureuse bataille de Poitiers, Étienne Marcel résolut de mettre Paris à l’abri des attaques des Anglais. À cet effet, le prévôt des marchands fit relever seulement les murailles de la partie méridionale, les flanqua de tours et creusa les fossés des remparts. Mais l’enceinte dut recevoir un accroissement considérable dans sa partie méridionale. Voici la courbe qu’elle traçait à l’époque du siége que nous allons décrire. De l’ancienne porte Barbelle, située à l’extrémité orientale du quai des Ormes, partait le nouveau rempart, puis il remontait en côtoyant le fleuve jusqu’à l’endroit où commence aujourd’hui le quai Morland. La muraille prenait alors la direction des fossés de l’Arsenal jusqu’à la rue Saint-Antoine, où fut construite une porte fortifiée qui devint plus tard la Bastille ; puis, laissant le boulevart actuel en dehors de la ville, elle prenait la direction de la rue Jean-Beausire, aboutissait à la rue du Temple, où fut bâtie une porte fortifiée nommée bastille du Temple. De là cette muraille suivait une ligne parallèle à la rue Meslay jusqu’à la rue Saint-Martin, où l’on construisit une porte, puis elle traversait la rue Sainte-Appoline et s’arrêtait à la rue Saint-Denis. En cet endroit se trouvait une porte fortifiée nommée bastille Saint-Denis. De cette bastille, le mur d’enceinte suivait la direction de la rue de Bourbon-Villeneuve, puis celle de la rue Neuve-Saint-Eustache. Sur l’emplacement où cette voie publique aboutit à la rue Montmartre, on voyait une porte fortifiée nommée porte Montmartre. Le mur d’enceinte suivait, à partir de cette porte, la ligne de la rue des Fossés-Montmartre, traversait la place des Victoires, coupait l’emplacement de l’hôtel de Toulouse (aujourd’hui la banque de France), celui des rues des Bons-Enfants et de Valois, et passait dans le jardin du Palais-Royal, vers le milieu de sa longueur. La ligne du mur d’enceinte continuait alors à travers la rue de Richelieu jusqu’à la rue du Rempart, qu’elle traversait pour aboutir à la rue Saint-Honoré, vers l’entrée de la rue Traversière où se trouvait la porte Saint-Honoré. Enfin de cet endroit le mur se prolongeait sur l’emplacement de la rue Saint-Nicaise, et s’arrêtait à la Tour de Bois, au bord de la Seine.

L’armée de Jeanne-d’Arc, composée de douze mille hommes, occupait la butte Saint-Roch, et le terrain entre ce monticule et la bastille Saint-Denis. Vers les onze heures du matin, le boulevart extérieur près de la porte Saint-Honoré fut emporté par les troupes commandées par la Pucelle et le duc d’Alençon. Jeanne voulut passer outre et assaillir le rempart, « mais elle n’estoit pas informée de la grande eaue qui estoit ès fossés ; et il y en avoit aucuns qui le sçavoient et qui eussent bien voulu par envie qu’il lui arrivast malheur. » Jeanne, une lance à la main, monta sur la contrescarpe pour sonder l’eau ; en ce moment, un trait d’arbalète lui perça la jambe, et son porte-étendard fut tué à côté d’elle. « Ce nonobstant elle ne vouloit partir de ce lieu, et, couchée sur le bord du fossé, elle continuoit d’exciter l’ardeur des assaillants, et faisoit toute diligence de faire apporter et jeter des fagots et du bois dans le fossé, espérant pouvoir passer jusqu’au mur ; mais la chose n’estoit pas possible, vu la grande eaue qui y estoit. »

Jeanne resta en cet endroit jusqu’au soir. Lorsque plusieurs capitaines vinrent pour l’emmener, la physionomie de l’héroïne leur parut empreinte d’un profond chagrin : Jeanne voulait mourir à son poste. Le duc d’Alençon fut obligé de venir lui-même la chercher.

Martial d’Auvergne, procureur à Paris, qui a composé une chronique rimée et connue sous le nom des Vigiles de Charles VII, raconte ainsi la tentative de Jeanne-d’Arc sur Paris.

D’un côté et d’autres, canons
Et coulleuvrines si ruoient,
Et ne voyoit-on qu’empanons
De flèches qui en l’air tiroient.

A donques Jehanne la Pucelle
Se mist dans l’arrière fossé,
Où fist de besogner mervelle
D’un courage en ardeur dressé.

Un vireton que l’on tira
La vint en la jambe asséner,
Et si point ne désempara
Ne s’en voult oncques tourner.

Bois, huis, fagots faisoit géter,
Et ce qu’es toit possible au monde,
Pour cuider sur les murs monter ;
Mais l’eau estoit trop parfonde.

Les seigneurs et gens de façon
Lui mandèrent s’en revenir,
Et y fust le duc d’Alençon
Pour la contraindre à s’en venir.

Après cet échec, Jeanne se rendit à la basilique de Saint-Denis, et à la manière des anciens, elle y appendit les armes dont elle s’était servie, puis elle s’agenouilla devant la châsse vénérée de l’apôtre de la France. Sa mission lui paraissant accomplie, la jeune fille manifesta le désir de retourner à son village ; mais les instances du roi parvinrent à triompher de sa résolution. Charles VII n’ayant pas assez de ressources pour continuer la guerre autour de Paris, repassa bientôt la Loire avec son armée.

Trois grands poètes ont chanté Jeanne, Schakespeare, Voltaire et Schiller. Dans Schakespeare, la Pucelle est une sorcière ; dans Schiller, c’est une femme divine inspirée du ciel. Quant à Voltaire, on sait ce qu’il a fait de l’héroïne de Vaucouleurs. Rendons hommage au temps où nous vivons, ce crime du génie, cette débauche du talent ne serait plus possible aujourd’hui ; Voltaire serait forcé d’être Français par ses sentiments comme par sa gloire. Les grandes insultes à la patrie ne peuvent avoir lieu maintenant, car la liberté est la sauvegarde de ces renommées nationales qui appartiennent à tous les citoyens.

Jeanne-d’Arc n’est pas la seule illustration qui se rattache à la voie publique dont nous esquissons l’histoire. À l’angle de la rue de Richelieu s’élève un monument consacré à Molière. Il y a quelques années, le conseil municipal avait voté là reconstruction d’une fontaine en cet endroit, et personne n’avait songé à l’illustre poète, lorsqu’un artiste dramatique, amoureux de son art comme sont tous les talents supérieurs, écrivit à M. le comte de Rambuteau la lettre que nous reproduisons :

« Monsieur le Préfet,

Le Journal des Débats, dans son numéro du 14 février, annonce la prochaine construction d’une fontaine à l’angle des rues Traversière et Richelieu. Permettez-moi, Monsieur le Préfet, de saisir cette occasion de rappeler à votre souvenir que c’est précisément en face de la fontaine projetée, dans la maison du passage Hulot, rue Richelieu, que Molière a rendu le dernier soupir, et veuillez excuser la liberté que je prends de vous faire remarquer que, si l’on considère cette circonstance et la proximité du Théâtre-Français, il serait impossible de trouver aucun emplacement où il fût plus convenable d’élever à ce grand homme un monument que Paris, sa ville natale, s’étonne encore de ne pas posséder.

Ne serait-il pas possible de combiner le projet dont l’exécution est confiée au talent de M. Visconti avec celui que j’ai l’honneur de vous soumettre ? Quand vos fonctions vous le permettent, vous venez assister à nos représentations, vous applaudissez aux chefs-d’œuvre de notre scène ; le vœu que j’exprime doit être compris par vous, et j’espère que vous l’estimerez digne de votre attention.

Les modifications que l’on serait obligé de faire subir au projet arrêté entraîneraient indubitablement de nouvelles dépenses, mais cette difficulté serait, je le crois, facilement écartée. N’est-ce pas à l’aide de dons volontaires que la ville de Rouen a élevé une statue de bronze à Corneille ? Assurément une souscription destinée à élever la statue de Molière n’aurait pas moins de succès dans Paris ; les corps littéraires et les théâtres s’empresseraient de s’inscrire collectivement ; les auteurs et les acteurs apporteraient leurs offrandes individuelles. Tous ceux qui aiment les arts et qui révèrent la mémoire de Molière accueilleraient cette souscription avec faveur, et s’intéresseraient à ce qu’elle fût rapidement productive. Du moins c’est ma conviction, et je souhaite vivement que vous la partagiez. D’autres que moi, Monsieur le Préfet, auraient sans doute plus de titres pour vous entretenir de ce projet, qui avait déjà préoccupé le célèbre Le Kain, mais si la France entière s’enorgueillit du nom de Molière, il sera toujours plus particulièrement cher aux comédiens. Molière fut, tout à la fois, leur camarade et leur père, et je crois obéir à un sentiment respectueux et presque filial, en vous proposant de réunir au projet de l’administration, celui d’un monument que nous serions si glorieux de voir enfin élever au grand génie qui, depuis près de deux siècles, attend cette justice.

J’ai l’honneur, etc.

Signé Régnier,
Sociétaire du Théâtre-Français.

Cette lettre rencontra de la sympathie. Une souscription fut ouverte, et le 15 janvier 1844 eut lieu l’inauguration de la fontaine Molière. Sur le soubassement s’élève un ordre corinthien accouplé, au centre duquel est une niche circulaire, ornée, dans sa partie supérieure, d’une clef portant une table de marbre sur laquelle est inscrit le monogramme de 1844. Le monument est terminé par un riche entablement dont la frise est ornée de mascarons et de branches de lauriers. Il est surmonté d’un fronton circulaire au centre duquel est assis un génie qui couronne le poète.

Les lignes des faces latérales viennent se raccorder à la façade principale, qui forme, pour ainsi dire, le frontispice au devant duquel est placé le piédestal en marbre blanc portant la statue en bronze de Molière. L’illustre poète est assis et parait plongé dans une profonde méditation. De chaque côté du piédestal sont deux figures, dont les regards se dirigent vers le poète ; elles portent une légende où se trouvent inscrites, par ordre chronologique, toutes les pièces de Molière ; ces deux statues représentent, l’une la muse grave, l’autre la muse enjouée, double expression de talent de Molière ; enfin un bassin octogone reçoit l’eau qui jaillit de trois têtes de lion. Ce monument a 16 m. de hauteur sur 6 m. 50 c. de largeur. Il a été composé par M. Visconti, architecte ; la statue de Molière est de M. Seurre aîné et les deux muses de M. Pradier.

La dépense s’est élevée pour la fontaine à 
 200,000 fr. environ.
Celle de l’acquisition de deux maisons, à 
 252,000 fr. environ.
_______ fr. environ.
Total 
 452,000 fr. environ.

sur lesquels la Ville de Paris a fourni 255,000 fr.

On ne saurait trop exalter la noble pensée qui a présidé à l’érection de la fontaine Molière. Il est utile de rappeler les beaux-arts à leur sainte mission. La statuaire devient une école de patriotisme et de sagesse, lorsqu’elle cherche à populariser l’héroïsme, les généreux dévouements et le culte des grands poètes ; lorsqu’elle place dans le cœur de tous les images de ces nobles intelligences qui répandent sur le monde des flots d’une lumière si pure.

Puisse le monument consacré à Molière perdre bientôt ce lustre éclatant de jeunesse qui nous rappelle deux siècles d’oubli !


Fontaines (cour des).

Située entre les rues des Bons-Enfants, nos 11 et 13, et de Valois, nos 4 et 6. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 31 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Elle dépendait autrefois du Palais-Royal et renfermait sans doute des réservoirs qui alimentaient les bassins du jardin. Une ordonnance royale du 22 août 1840 a maintenu les formes et dimensions actuelles de cette cour. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Fontaines (rue des).

Commence à la rue du Temple, nos 95 et 97 ; finit à la rue de la Croix, nos 4 et 6. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 196 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

On la trouve indiquée sous ce nom dès le commencement du XVe siècle. Quelques plans l’ont désignée sous la dénomination des Madelonettes parce que les Filles de la Madeleine y avaient leur couvent (voir l’article des Madelonettes). — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La maison no 7 est alignée ; les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 40 c. à 2 m. 60 c. Les maisons nos 4 bis, 6, celle qui forme l’encoignure de la rue de la Croix et une partie des constructions des Madelonettes, sont alignées. La propriété no 2 devra reculer de 1 m. 50 c. ; celle no 4, de 1 m. Les autres immeubles ne sont soumis qu’à un faible retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Fontarabie (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Charonne.

C’était autrefois la barrière de Charonne. Elle n’a qu’un bâtiment à trois arcades. (Voyez l’article Barrières.)

Fontarabie (chemin de ronde de la barrière de).

Commence à la rue de Charonne et à la barrière de Fontarabie ; finit aux rue et barrière des Rats. Pas de numéro. Sa longueur est de 412 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Voir l’article Chemins de ronde.

Fontenoi (place de).

Située avenue Lowendal, derrière l’École-Militaire. Le dernier numéro est 13. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Elle a été tracée vers 1770. Sa forme est demi-circulaire. Le nom qu’elle porte lui a été donné en mémoire de la bataille de Fontenoi, gagnée par les Français sous les ordres du maréchal de Saxe, le 8 mai 1745. Cette place a été cédée à la ville de Paris en vertu d’une loi du 19 mars 1838. — Conduite d’eau. (Voyez Bourdonnaye, avenue de La.)

Force (prison de la).

Située dans la rue du Roi-de-Sicile, no 2. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

L’histoire de cet hôtel remonte au XIIIe siècle. Il appartenait, en 1265, au frère de saint Louis, Charles-d’Anjou, qui fut depuis roi de Naples et de Sicile. Son fils hérita de cet hôtel, qu’il donna, en 1292, à Charles de Valois et d’Alençon, fils de Philippe-le-Hardi. Les comtes d’Alençon en furent propriétaires jusqu’en 1390. Cette habitation n’était séparée des lices de la culture Sainte-Catherine que par l’enceinte de Philippe-Auguste ; Charles VI, passionné pour les exercices de chevalerie, pensa qu’il serait commode pour lui d’avoir une semblable maison pour s’y préparer aux tournois. Il la fit demander en conséquence à Pierre d’Alençon, qui la lui céda le 26 mai 1390. Nous rapportons un extrait de l’acte de cession.

« Nous comte d’Alençon et du Perche, seigneur du Fougières et vicomte de Beaumont, savoir faisons à tous présents et à venir, que comme naguères pour ce que notre très redoutable seigneur le roi avoit affection et volonté de avoir en la ville de Paris un ostel auquel il se put princièrement ordonner pour les joûtes que faire se pourroient en la clousture Sainte-Catherine qui est la plus convenable place de Paris au plaisir de mon dit seigneur, pour joûter et faire telles fêtes ; icelui monseigneur nous eut rescript et prié par ses lettres closes que nous voulussions lui donner nostre ostel étant à Paris appelé l’ostel de Sécile, afin que par la clousture d’icelui qui est des anciens murs de la ville de Paris, il peust lui et ceulx que il voudroit être avecques lui entrer sur les rans quand joustes se feroient en la dite claustre, etc… Nous désirans sur toutes choses accomplir le bon plaisir de mon dit seigneur, à icelui monseigneur à ses hoirs, successeurs et aïans cause à toujours, mais de notre certaine science et propre mouvement, avons donné, transporté, délaissé, donnons, transportons, délaissons nostre ostel avec toutes ses appartenances quelconques, pleinement et absolument à en faire leur plaine volonté hault et bas comme de leur propre chose, etc. Donné à Argenthen, le 26e jour de may, l’an de grâce 1390 (Signé le Comte d’Alençon). Et scellées en cire verte, en lacs de soye rouge et verte, etc… » (Arch. q. 1236). — Cet hôtel appartint depuis aux rois de Navarre et aux comtes de Tancarville. Le cardinal de Meudon en étant devenu propriétaire, le fit rebâtir en 1559, mais il ne fut achevé que par René de Birague, aussi cardinal et chancelier de France. Après sa mort, arrivée en 1583, il fut acquis par Antoine Roquelaure, qui le revendit à François d’Orléans Longueville, comte de Saint-Paul, ce qui lui fit donner alors le nom d’hôtel de Saint-Paul, qu’il conserva encore lorsque le seigneur de Chavigni en devint propriétaire. Cette habitation passa ensuite à Henri Jacques Caumont, duc de la Force, par son mariage avec la petite-fille de Chavigni. Cette résidence prit alors le nom d’hôtel de la Force. À la fin du règne de Louis XIV, cette demeure fut partagée en deux parties : l’une forma l’hôtel de Brienne nommé depuis hôtel de la petite Force, et dont l’entrée se trouvait dans la rue Pavée ; l’autre partie, située dans la rue du Roi-de-Sicile, fut acquise en 1715, par les frères Pâris, qui y firent de grands embellissements, puis la vendirent à la demoiselle Toupel. Le sieur d’Argenson en fit l’acquisition le 12 septembre 1754 pour le compte du gouvernement, qui avait le dessein d’y établir l’École-Militaire ; ce projet n’eut pas de suite. Quelque temps après, le ministre Necker engageait Louis XVI à supprimer les prisons du Fort-l’Évêque et du Petit-Châtelet. — Une ordonnance du 30 août 1780, porte : « Que les prisonniers seront conduits dans l’hôtel de la Force. » Ils n’y furent transférés qu’au mois de juin 1782.

Avril 1785. Lettres-patentes concernant la suppression de la prison de Saint-Martin et sa réunion à celle de l’hôtel de la Force. — « Louis, etc… Le compte que nous nous sommes fait rendre de l’état actuel de la prison de Saint-Martin de notre bonne ville de Paris, nous ayant fait reconnaître que son défaut d’étendue ne permettait pas d’y faire des changements capables de procurer plus de commodité et de salubrité, nous nous serions déterminé à la supprimer et à la remplacer par un établissement qui serait formé à cet effet dans une portion de terrain et bâtiment dépendant de l’hôtel de Lamoignon, et attenant l’hôtel de la Force, auquel cet établissement serait réuni, etc… — Article 1er. Nous avons supprimé et supprimons la prison de Saint-Martin. Ordonnons qu’il sera incessamment formé un établissement pour la même destination, lequel sera et demeurera réuni à la prison de l’hôtel de la Force, etc. Données à Versailles, au mois d’avril l’an de grâce 1785, signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes). Archives du royaume, section administrative, S. E., no 3478, f. 19. — Les filles publiques qui étaient enfermées dans la prison de Saint-Martin furent conduites à la Petite-Force.

Pendant la Terreur la jeune et belle princesse de Lamballe fut jetée dans la prison de la Force. Les assassins, après avoir assouvi leur fureur à l’abbaye, manquant de victimes, se séparent en plusieurs bandes ; l’une d’elles se rend à la Force. Une espèce de tribunal est improvisé par ces hommes qui ne veulent que du sang. La jeune princesse est aussitôt appelée ; mourante, elle arrive jusqu’au terrible guichet ! « Qui êtes-vous ? » demande un de ces bourreaux ? « Louise de Savoie, princesse de Lamballe. — Faites serment d’aimer la liberté, l’égalité. — Je le jure, répondit la jeune femme. — Jurez de haïr le roi, la reine et la royauté. — Je ne ferai point ce serment, il n’est point dans mon cœur. — Emmenez madame, dit le chef du guichet. » À peine a-t-elle fait un pas hors de l’enceinte, qu’un premier coup de sabre fait jaillir le sang de sa tête, elle se soutient encore un moment, puis un second coup la fait rouler aux pieds de ses bourreaux !… Son corps est déchiré, on l’outrage, on le mutile, on s’en dispute les lambeaux !… Leur rage n’est point encore assouvie. Sa tête est coupée et mise au bout d’une pique. Ils vont la montrer à la famille royale. Ce sanglant trophée dut annoncer aux malheureux captifs le sort qu’on leur réservait. La mort de la princesse de Lamballe ne fut que le prélude des assassinats dont la prison de la Force devint le théâtre.

Depuis 1830, l’insuffisance et l’état de vétusté des bâtiments de la Force avaient éveillé l’attention de l’autorité, qui d’ailleurs voulait introduire un nouveau système dans le régime intérieur des prisons. La construction d’une maison d’arrêt, destinée à remplacer celle de la Force, fut décidée ; mais le choix de l’emplacement donna quelques difficultés. Elles furent enfin résolues par l’ordonnance suivante « Louis-Philippe, etc… Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Le périmètre d’une prison destinée à remplacer la maison d’arrêt de la Force à Paris, et les alignements des rues de Bercy, Traversière, des Charbonniers et du boulevart Mazas, aux abords de ce périmètre, sont arrêtés conformément au tracé des lignes rouges et noires portées sur le plan ci-annexé. — Art. 2e. Sont autorisés l’ouverture de trois rues sur une largeur de 12 m., dans tout leur parcours suivant le tracé du même plan où elles sont cotées A. B. C., et le prolongement du boulevard Mazas, ainsi que le tout est indiqué et compris dans le périmètre déterminé par l’article 1er ci-dessus. — Art. 3e. L’exécution de ce périmètre et des alignements présentement arrêtés est déclarée d’utilité publique. — Art. 4e. Le préfet de la Seine, agissant au nom de ce département, est en conséquence autorisé à acquérir, soit de gré à gré, soit par voie d’expropriation forcée, conformément à la loi du 7 juillet 1833, tous les terrains et autres immeubles nécessaires à la réalisation de ces projets, etc… Au palais des Tuileries, le 17 décembre 1840, signé Louis-Philippe. Par le roi, le ministre secrétaire d’État au département de l’intérieur, signé T. Duchâtel. » En ce moment les travaux de la nouvelle prison se poursuivent avec la plus grande activité sous la direction de MM. Lecointe et Gilbert aîné, architectes. Les constructions à l’entrée par le boulevart Mazas consisteront en un bâtiment d’administration avec dépendances et cours pour le déplacement des prisonniers. Ce bâtiment contiendra au rez-de-chaussée un portique de communication, la geôle, l’avant-greffe, le greffe, le cabinet du directeur, la salle de réunion de la commission des prisons et les salles de dépôt des prévenus ; au 1er étage, les logements du directeur et du greffier au 2e étage, la lingerie et les logements des employés. La prison proprement dite sera entièrement isolée par un chemin de ronde ; elle comportera cinq cours ou préaux, et six corps de bâtiments rayonnant autour d’une grande salle centrale destinée à la surveillance générale. Près de cette salle se trouveront les parloirs, le cabinet du médecin, la pharmacie, etc… ; un des six bâtiments contiendra l’infirmerie. Le système de la nouvelle maison d’arrêt étant l’isolement de jour et de nuit, les bâtiments seront disposés de manière former trois étages de cellules. Chaque bâtiment contiendra 200 prévenus, les six, 1,200. La dépense des constructions est évaluée à 3,389,496 fr. ; l’acquisition des terrains nécessaires à l’emplacement du nouvel édifice et à la formation de ses abords, s’est élevée à 937,000 fr. Les travaux seront terminés à la fin de l’année 1845. À cette époque, l’administration mettra en vente les terrains occupés aujourd’hui par la prison de la Force et dont la valeur est estimée 600,000 fr.


Forez (rue du).

Commence à la rue Charlot, nos 19 et 21 ; finit à la rue de Beaujolais, no 20, et à la place de la Rotonde du Temple, no 2. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 43 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1626, sur la culture du Temple, elle prit d’une de nos provinces le nom du Forez. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833. La maison no 1 est alignée ; celle qui forme l’encoignure de la rue Charlot devra reculer de 1 m. 10 c. ; la propriété à l’encoignure de la rue de Beaujolais ne devra subir qu’un léger redressement. Les constructions du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. 40 c. à 4 m. 40 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Forge-Royale (impasse de la).

Située dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, entre les nos 177 et 179. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6 bis. Sa longueur est de 38 m. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Bâtie vers 1770, elle doit son nom à une enseigne. Il n’existe pas d’alignement pour cette impasse, dont la largeur actuelle est de 6 m.


Forges (rue des).

Commence à la rue de Damiette, no 2, et à la cour des Miracles ; finit à la place du Caire, no 33, et à la rue du Caire, no 31. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 63 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue, qui forme retour d’équerre, été ouverte conformément à une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte. Sa largeur est fixée à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées. (Voyez Damiette, rue de.)


Fortin (rue).

Commence à la rue de Ponthieu, nos 64 et 66 ; finit à la rue des Écuries-d’Artois, no 7 et 9. Pas de numéro. Sa longueur est de 166 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

En vertu d’une ordonnance royale du 4 novembre 1829, M. Jean-Joseph Fortin, avocat, a été autorisé à ouvrir sur ses terrains une rue de 12 m. de largeur pour communiquer de la rue de Ponthieu à celle des Écuries-d’Artois. Cette autorisation a été accordée à la charge par l’impétrant de livrer gratuitement à la ville le terrain occupé par la nouvelle rue ; d’établir de chaque côté des trottoirs en pierre dure, suivant les dimensions qui lui seront indiquées ; de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, ainsi que des travaux à faire pour l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; enfin de se soumettre aux lois et règlements sur la grande voirie de Paris, etc. En 1837 seulement on a commencé à construire dans cette rue. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).


Fortunée (avenue).

Commence à l’avenue des Champs-Élysées, no 120 ; finit à l’avenue Châteaubriand. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été percée, en 1825, sur l’emplacement de l’ancien jardin Beaujon. Plusieurs habitants de cette avenue lui ont donné la dénomination de Fortunée qui est le prénom de madame Hamelin, propriétaire. Cette avenue, qui n’est point reconnue voie publique, est fermée par une grille.


Fouarre (rue du).

Commence à la rue de la Bucherie, nos 21 et 23 ; finit à la rue Galande, nos 38 et 40. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 92 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Dans un cartulaire de Sainte-Geneviève, on lit qu’en 1202 Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly, et Malhilde de Garlande, sa femme, donnèrent à cens à plusieurs particuliers leur vigne appelée le clos Mauvoisin ou de Garlande, à la charge par eux d’y bâtir des maisons. Bientôt furent construites les rues du Fouarre, Galande, des Trois-Portes, Jacinthe et des Rats (aujourd’hui de l’Hôtel-Colbert).

En 1260 la première de ces voies publiques s’appelait rue des Écoliers ; en 1264, rue des Écoles. Vers 1300, c’était la rue au Feurre. Cette dénomination, qui, en vieux langage signifiait paille, avait été donnée à cette rue, en raison des écoliers qui étaient assis sur la paille en prenant leurs leçons. Anciennement, les églises étaient jonchées de paille fraiche et d’herbes odoriférantes, surtout les jours de grandes fêtes. — En 1358, l’Université se plaignit au régent, depuis Charles V, « de ce que, dit Sauvai, la rue au Feurre étoit chaque nuit encombrée d’immondices et d’ordures fétides apportées par des hommes malfaisants ; que de plus, on enfonçoit les portes de l’école pour y introduire des filles publiques qui y passoient la nuit, et souilloient les lieux où se plaçoient les écoliers, ainsi que la chaire du professeur. Sur cette plainte, le régent ordonna qu’il seroit établi deux portes aux extrémités de la rue au Feurre, et que ces portes seroient fermées pendant la nuit. » Sous François Ier, cette rue prit la dénomination de rue du Feurre, puis par altération, celle de rue du Fouarre. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les dépendances de l’Hôtel-Dieu et les maisons nos 10 et 12 ne sont pas soumises à retranchement. La propriété no 14 ne devra éprouver qu’un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue Galande jusqu’à la borne-fontaine.

Au no 17 était situé le collége de Picardie. On comptait autrefois dans cette voie publique quatre écoles pour les quatre nations de l’Université. Celle de Picardie fut seule conservée jusqu’à la fin du siècle dernier. En 1487, elle avait obtenu la permission d’y faire construire une chapelle qui fut dédiée, en 1506, sous l’invocation de la Sainte-Vierge, de saint Nicolas et de sainte Catherine. Cette chapelle et ses dépendances devenues propriétés nationales furent vendues le 28 frimaire an IX.


Four-Saint-Germain (rue du).

Commence à la place Sainte-Marguerite, no 1, et la rue des Boucheries, no 65 ; finit aux rues du Vieux-Colombier, no 36, et du Dragon, no 35. Le dernier impair est 81 ; le dernier pair, 92. Sa longueur est de 442 m. — Les impairs sont du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; les pairs, du 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été ainsi appelée en raison du four banal de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, construit au coin de la rue Neuve-Guillemin. — En 1551, dit Sauval, cette rue n’était pas encore pavée, ainsi que plusieurs autres des environs. Les habitants s’en plaignirent souvent au prévôt de Paris, qui enfin condamna ces religieux à la faire paver à leurs frais. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 2 août 1843, cette moindre largeur est portée à 13 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 31, 33, 35, 37, 59 ; 26, 28, 36, 38, 40, 42, 44, 46, 48, 88 bis et 90. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Four-Saint-Honoré (rue du).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 72 et 76 ; finit aux rues Coquillière, no 4, et Traînée, no 17. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 220 m. — Les numéros impairs sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque ; les numéros pairs, du 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

En 1255, elle portait ce nom qu’elle devait au four banal que l’évêque de Paris avait au bout de cette rue, du côté de l’église Saint-Eustache. Cet endroit se nommait l’hôtel du Four, contre l’hôtel du grand pannetier de France. — Une décision ministérielle du mois de floréal an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. Les maisons nos 43, 45 et 47 sont alignées ; celles nos 19, 21 et 23 ne devront subir qu’un léger redressement. Les propriétés nos 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37 ; 2 et 4, sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 40 c. — Portion d’égout du côté de la rue Traînée. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Four-Saint-Jacques (rue du).

Commence à la rue des Sept-Voies, nos 14 et 18 ; finit à la rue d’Écosse, nos 8 et 9. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 41 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Le cartulaire de Sainte-Geneviève de 1248 en fait mention sous le nom de vicus ou de ruella Furni. En 1300, Guillot la nomme du Petit-Four, qu’on appelle le Petit-Four Saint-Ylaire. On lui avait donné cette dénomination en raison du four banal appartenant à l’église Saint-Hilaire qu’on voyait en cet endroit. — Une décision ministérielle, à la date du 13 juin 1807, signée Champagny, a fixé la largeur de la rue du Four à 7 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 20 c.


Fourcy-Saint-Antoine (rue).

Commence aux rues de Jouy, no 2, et des Prêtres-Saint-Paul, no 30 ; finit à la rue Saint-Antoine, nos 80 et 82. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 96 m. — 9e arrondissement ; les impairs sont du quartier de l’Hôtel-de-Ville ; les pairs, du quartier de l’Arsenal.

« Le roy s’estant faict représenter en son conseil le plan que les prévost des marchands et eschevins de sa bonne ville de Paris ont faict lever par ses ordres pour eslargir la rue des Nonnaindières et donner par l’ouverture d’un petit cul-de-sacq, estant entre la rue de Jouy et celle de Sainct-Anthoine, un passage fort commode et de communiquation du quartier de l’isle Nostre-Dame à celui de la d. rue Sainct-Anthoine et du Marais ; et sa majesté ayant été informée par les d. prévost des marchands et eschevins que la despence qui étoit à faire pour le d. élargissement et ouverture du d. cul-de-sacq, debvant estre considérable, etc. Sa majesté en son conseil a ordonné et ordonne que la d. rue des Nonnaindières sera eslargie, et le d. cul-de-sacq ouvert conformément au d. plan, et qu’à cet effet, les maisons de la d. rue et cul-de-sacq, marquées sur le d. plan, seront retranchez et les ouvrages nécessaires faits incessamment, et que les propriétaires des d. maisons retranchées seront remboursez de ce qui se trouvera leur estre deub pour leurs dédommagements par les d. des marchands et eschevins. Ordonne en outre sa majesté, que les propriétaires tant des autres maisons non retranchées de la d. rue et cul-de-sacq, que de celles des rues circonvoisines et des maisons de la d. isle Notre-Dame, contribueront les sommes pour les quelles ils seront employés dans le rolle qui sera arrêté à ceste fin au d. conseil, à proportion de l’avantage qu’ils recevront du d. élargissement et de la communication des d. quartiers, etc… À Versailles, le 16e décembre 1684. Signé Le Tellier. » (Extrait de l’arrêt du conseil.)

Cet arrêt fut immédiatement exécuté. On donna à la nouvelle communication, qui fut ouverte sur une largeur de 7 m. 80 c. environ, le nom de rue Fourcy, en l’honneur de Henri de Fourcy, chevalier, seigneur de Chessy, ancien président aux enquêtes, alors prévôt des marchands. Il remplit cette dernière fonction depuis le 16 août 1684 jusqu’au 16 août 1692. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Enfin une ordonnance royale, à la date du 6 mai 1827, a porté cette largeur à 12 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie, de 2 m. à 2 m. 30 c. La maison no 2 est alignée ; le surplus de ce côté devra reculer de 1 m. 95 c. à 2 m. 30 c. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Fourcy-Sainte-Geneviève (rue).

Commence aux rues Mouffetard, no 2, et Descartes, no 52 ; finit aux rues de la Contrescarpe et de la Vieille-Estrapade. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 80 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Bàtie sur les fossés qui furent comblés en exécution d’un arrêt du conseil du 17 avril 1685, elle prit la dénomination de rue Fourcy (voir l’article précédent). — Une décision ministérielle à la date du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 40 c.


Fourneaux (barrière des).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Elle a porté la dénomination de Barrière de la Voirie, en raison d’une voirie qui se trouvait dans le voisinage. Elle consiste en deux bâtiments avec colonnes surmontées d’un tambour. (Voyez l’article Barrières.)


Fourneaux (chemin de ronde de la barrière des).

Commence aux rue et barrière des Fourneaux ; finit aux rue et barrière de Vaugirard. Pas de numéro. Sa longueur est de 176 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Voyez l’article Chemins de ronde.


Fourneaux (rue des).

Commence à la rue de Vaugirard, nos 107 et 109 ; finit aux chemins de ronde des barrières du Maine et des Fourneaux. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 407 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Un plan de 1730 indique en cet endroit une tour dite des Fourneaux. Aux abords de cette tour, il existait plusieurs fabriques de fourneaux. La rue qui fut ouverte à la fin de ce siècle en a retenu la dénomination. — Une décision ministérielle à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les propriétés no 1, 3, 5, 7, 9, 15, 17, 19, 21 et les trois maisons situées en face des nos 5 et 7, sont alignées.


Fourreurs (rue des).

Commence à la rue des Lavandières, no 41, et à la place Sainte-Opportune, no 1 ; finit à la rue des Déchargeurs, nos 12 et 14. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 60 m. — 4e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier Saint-Honoré ; les pairs, du quartier des Marchés.

Elle était presqu’entièrement bordée de constructions vers 1250. On l’appelait alors rue de la Cordouannerie. Vers 1295, les cordonniers cédèrent la place aux pelletiers pour aller s’établir plus près de la halle. La voie publique qu’ils avaient abandonnée conserva longtemps encore son ancienne dénomination. Ce ne fut qu’au XVIIe siècle qu’elle prit le nom de rue des Fourreurs. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette largeur est portée à 10 m. Les maisons nos 2, 4 et 6 ont été démolies en 1839 pour l’élargissement de la place Sainte-Opportune. La propriété no 8 est alignée ; celles nos 16 et 18 ne sont soumises qu’à un léger redressement. Maison no 10, retranchement 70 c. ; no 12, retranchement 50 c. ; no 14, retranchement 20 c. ; no 20, retranchement 30 c. ; no 22, retranchement réduit 1 m. 10 c. La propriété no 1 devra subir un fort retranchement sur la rue des Lavandières ; no 3, retranchement réduit 2 m. ; de 5 à 19 inclus, retranchement 2 m. 60 c. à 4 m. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Foy (rue Sainte-).

Commence à la rue des Filles-Dieu, nos 20 et 22 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 377 et 379. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 172 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue était presqu’entièrement bordée de constructions en 1630 et portait le nom de rue du Rempart, en raison de sa proximité du mur d’enceinte construit sous Charles V et son successeur. Elle prit ensuite la dénomination de rue des Cordiers. Dès 1664, une enseigne représentant sainte Foy, lui avait fait prendre le nom qu’elle conserve aujourd’hui. — « Séance du 11 juillet 1793. Sur le rapport des administrateurs des travaux publics, le corps municipal arrête que la rue Sainte-Foy sera et demeurera alignée à 18 pieds de largeur, etc… » (Registre du corps municipal, vol. 40, page 6663). — Une décision ministérielle à la date du 23 brumaire an VIII, signée Quinette, et une ordonnance royale du 21 juin 1826, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. La maison no 1, retranchement réduit 40 c. Les propriétés nos 3, 5, 7, 9,11, 13, 15, 17, 19, 21, 23 et 25 sont alignées ; no 27, retranchement 2 m. ; no 29, retranchement 2 m. 50 c. ; no 31, retranchement qui varie de 2 m. 70 c. à 4 m. 70 c. Les constructions de 2 à 22, retranchement 1 m. 20 c. à 1 m. 80 c. ; maison no 24, retranchement 1 m. 70 c. à 3 m. 70 c. Celles qui portent les nos 26, 28 et 30 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Français (théâtre).

Situé dans la rue de Richelieu, no 6. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

L’enfance de l’art scénique offre chez tous les peuples anciens et modernes les mêmes traits de ressemblance. Des compositions ridicules et grossières, des parades obscènes et burlesques, telle fut l’origine des théâtres grec et romain, comme celle du Théâtre Français. Les arènes, les cirques, les amphithéâtres, dont nous possédons encore de précieux débris, nous indiquent que les Romains établirent, surtout dans le midi de la Gaule, les jeux et les spectacles en usage à Rome. Les emplacements réservés pour les luttes de gladiateurs, les jeux et les combats de bêtes féroces, étaient élevés en général par les soldats des légions. Ces jeux disparurent à peu près à la chute de l’empire romain ; cependant à l’est de la montagne Sainte-Geneviève, dans l’emplacement limité aujourd’hui par les rues Saint-Victor, Neuve-Saint-Étienne et des Boulangers, existait un terrain nommé clos des Arènes. Chilpéric le fit réparer en 577, et Saint-Foix rapporte que Pépin s’y rendait pour voir combattre des taureaux contre des ours. Plus tard des bouffons, des farceurs, des bateleurs, connus sous le nom général d’histrions, formèrent en France une espèce de corporation assez dangereuse par les obscénités qu’elle débitait, pour qu’on dût s’occuper de la détruire. Dans un capitulaire de l’an 789, Charlemagne met les histrions au nombre des personnes infâmes dont le témoignage n’est pas admis en justice. Les conciles de Mayence, de Tours, de Reims et de Châlons-sur-Saône, qui furent tenus en 813, défendirent aux évêques, ainsi qu’aux simples prêtres, d’assister à ces spectacles sous peine de suspension. Une ordonnance de Charlemagne de la même année autorisa cette disposition. Il est dit : « que pour se conserver l’âme pure de tous vices, il faut éviter de voir et d’entendre les insolences des jeux sales et honteux des histrions (histrionum turpium et obcænorum insolentias jocorum). » Le mépris public fut encore plus funeste pour les histrions dont le nombre diminua insensiblement. On les vit reparaître au milieu du XIIe siècle, mais avec une meilleure réputation. Les uns portaient le nom de trouvères ou troubadours, les autres étaient appelés conteours ou conteurs, plusieurs étaient connus sous la dénomination de jongleours ou jongleurs. Presque tous étaient nés en Provence, sous ce beau ciel dont le spectacle est un poème et la langue une musique. Les trouvères ou troubadours composaient des vers dont les sujets étaient tirés de l’histoire des grands hommes. Ils nommaient ces productions leurs gestes, du latin gesta ; parfois ils y mêlaient quelques traits satiriques dirigés contre les vices du siècle ; souvent aussi leurs compositions respiraient l’éloge de la vertu. Quelques uns récitaient des histoires fabuleuses en forme de dialogues entre amants et maîtresses, qu’ils nommaient tensons. Les conteours ou conteurs inventaient des historiettes en prose, que Boccace a depuis imitées. Les jongleours ou jongleurs jouaient de plusieurs instruments. Pour se rendre plus agréables, souvent ils réunissaient leurs talents qui servaient à divertir les princes et les grands seigneurs qui les récompensaient avec libéralité. Peu à peu les plus habiles d’entre les troubadours disparurent et furent remplacés par de moins capables. Tous ceux de cette profession se séparèrent, puis formèrent deux différentes espèces d’acteurs : les uns, sous l’ancien nom de jongleurs, joignirent aux instruments le chant ou le récit des vers ; les autres prirent simplement la dénomination de joueurs (joculatores). C’est ainsi qu’ils sont appelés dans les anciennes ordonnances. Les jeux de ces derniers consistaient en tours de force et d’adresse, qu’ils exécutaient eux-mêmes ou qu’ils faisaient faire par des singes. Les uns et les autres tombèrent dans un tel mépris, que leur profession donna naissance à cette épithète : lorsqu’on voulait parler d’une chose mal faite, mauvaise ou ridicule on disait : c’est une jonglerie. Philippe-Auguste n’imita point l’exemple de ses riches vassaux, qui accueillaient ces acteurs avec munificence. « Donner aux histrions, disait-il, c’est faire sacrifice au diable. » Saint Louis montra la même répugnance pour ces amusements profanes.

Cependant, malgré les excommunications des évêques et les ordonnances sévères des prévôts de Paris, les jongleurs se multiplièrent dans la capitale et se réunirent en confrérie en 1331. Dans une ordonnance du prévôt de Paris du 14 septembre 1395, il leur fut défendu de rien dire, représenter ou chanter qui pût causer quelque scandale, à peine de deux mois de prison, au pain et à l’eau. Ces jeux furent plus tard perfectionnés, et une troupe d’acteurs s’établit en 1398 à Saint-Maur-des-Fossés. Le prévôt de Paris voulut s’opposer à cette innovation et rendit le 3 juin de la même année une ordonnance portant défense à tous les habitants de Paris de représenter aucuns jeux de personnages, soit de vies de saints ou autrement, sans le congié du roy, à peine d’encourir son indignation et de forfaire envers lui. Ces acteurs s’adressèrent au roi, et pour se le rendre favorable, proposèrent d’ériger leur troupe en confrérie. Le roi approuva leur dessein et autorisa leur établissement par des lettres-patentes, dont nous citons un extrait : — « Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, etc… Nous avons reçu l’humble supplication de nos bienamez les maistres, gouverneurs et confrères de la confrairie de la Passion et Résurrection de notre Seigneur, fondée en l’église de la Trinité à Paris, contenant que comme pour le fait d’aucuns mystères de saints, de saintes, et mêmement du mystère de la Passion, qu’ils ont commencé dernièrement et sont près de faire encore devant nous, comme autrefois avoient fait, et lesquels ils n’ont pu bonnement continuer parce que nous n’y avons pu être lors présents, et pour quel fait et mystère la dite confrairie a moult frayé et dépensé du sien, et aussi ont fait les confrères chacun d’eux proportionnellement ; disans en outre que s’ils jouoient publiquement et en commun, que ce seroit le proufit de la dite confrairie ; ce que faire ils ne pouvoient bonnement sans notre congié et licence, requérons sur ce notre gracieuse provision. Nous qui voulons et désirons le bien, proufit et utilité de la dite confrairie et les droits et revenus d’icelle estre par nous accrus et augmentez de grâce et privilèges, afin qu’un chacun par dévotion se puisse adjoindre et mettre en leur compagnie, à iceux maistres, gouverneurs et confrères d’icelle confrairie de la Passion de notre dit Seigneur, avons donné et octroyé de grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale cette fois pour toutes et à toujours perpétuellement pour la teneur de ces présentes lettres, autorité, congié et licence, de faire jouer quelque mystère que ce soit, soit de la Passion et Résurrection, ou autre quelconque, tant de saints comme de saintes qu’ils voudront élire, et mettre sur toutes et quantes fois qu’il leur plaira, soit devant nous, nostre commun ou ailleurs, tant en recors qu’autrement ainsi par la manière que dit est, puissent aller et venir, passer et repasser paisiblement, vestus, habillez et ordonnez un chacun d’eux, en tel estat ainsi que le cas le désirera, et comme il appartiendra selon l’ordonnance du dit mystère, sans détourner ou empêcher et en pleine confirmation et seureté, nous iceux confrères, gouverneurs et maistres, de notre plus abondante grâce, avons mis en notre protection et sauvegarde durant le recors de iceux jeux et tant qu’ils joüeront seulement, sans pour ce leur méfaire ou à aucuns d’eux à cette occasion ne autrement, etc… Ce fut fait et donné à Paris, en nostre hostel lès Saint-Pol, au mois de décembre l’an de grâce 1402, de nostre règne, le 23e. Signé Charles. » Les confrères de la Passion, dirigés par des maîtres ou gouverneurs, donnèrent à la Trinité un grand nombre de mystères dont les plus celèbres sont le mystère du viel Testament, celui de la vengeance de la mort de Notre-Seigneur, la destruction de Jérusalem, la conception, nativité et mariage de la glorieuse Vierge-Marie. Les confrères de |a Passion n’étaient pas des comédiens proprement dits. Voici de quelle manière on recrutait les acteurs : la représentation des mystères exigeait un grand nombre de personnages, on faisait alors un cry et proclamation. La trompette ordinaire de la ville et le juré-crieur marchaient en tête, puis venaient les six trompettes aux armes du roi, les sergents et archers du prévôt de Paris, vêtus de leurs hoquetons paillez d’agent et armoriez, ensuite on voyait les officiers de ville à robes de couleur avec le navire d’argent brodé sur leurs habits ; puis montés sur deux beaux chevaux s’avançaient les deux hommes chargés de faire le cry et proclamation ; ils avaient une robe de velours noir avec des manches tricolores (jaune, gris et bleu). Les deux directeurs du mystère, vestus honnestement et bien montez selon leur estat, paraissaient ensuite. La marche était fermée par les quatre entrepreneurs à pourpoint de velours, les quatre commissaires du châtelet et un grand nombre de bourgeois. À chaque carrefour le cortège faisait une station, les trompettes sonnaient trois fanfares. Au nom du roi et du prévôt, le prieur réclamait le silence et faisait au peuple l’annonce du spectacle ; ensuite il invitait ceux qui voulaient jouer dans la pièce à se rendre à la Trinité ou ailleurs, pour être choisis par les directeurs qui devaient distribuer les rôles. Quelques bons bourgeois de Paris, des nobles, des magistrats, des ecclésiastiques composaient la confrérie de la Passion. Non seulement l’église protégeait leurs représentations, mais pour faciliter au peuple les moyens d’y assister, elle avançait tout exprès les heures du service divin. Ces mystères étaient divisés en plusieurs journées interrompues elles-mêmes par des épisodes d’une bouffonnerie souvent obscène. Jésus-Christ y prononçait quelquefois des sermons, moitié en français, moitié en latin ; s’il donnait la communion aux apôtres, c’était avec des hosties. Dans une de ces représentations, sainte Anne et la Vierge-Marie accouchaient dans une alcôve pratiquée sur le théâtre ; on prenait seulement la précaution de tirer les rideaux du lit. Dans une autre pièce, Judas tuait sans façon le fils du roi de Scarioth à la suite d’une querelle survenue en jouant aux échecs. Le même Judas assommait ensuite son père et devenait le mari de sa mère ; cette heureuse conclusion amenait une reconnaissance et une cinquantaine de vers boursouflés. Dans la même pièce, le gouvernement de Judée vendait les évêchés à l’enchère ; Satan priait Lucifer de lui rendre le service de lui donner sa bénédiction. Les bourreaux, les diables, les archers, les voleurs étaient les personnages qui avaient le privilège d’égayer le public. La décoration du théâtre restait toujours la même depuis le commencement jusqu’à la fin du mystère. Tous les acteurs paraissaient en même temps et ne sortaient plus de la scène qu’ils n’eussent achevé leur rôle. L’avant-scène était disposée d’une manière semblable à celle de nos théâtres modernes, mais le fond en était bien différent ; il était occupé par des estrades nommées établis, dont l’usage était indiqué par de grands écriteaux ; le plus élevé était le paradis. Le Père-Éternel, entouré des saints et des anges, s’y tenait assis ; l’établi qui se trouvait au-dessous était l’endroit le plus éloigné du lieu où la scène se passait ; le troisième en descendant représentait la maison de Pilate, etc… suivant le pièce que l’on jouait. Sur les parties latérales étaient élevés des gradins sur lesquels s’asseyaient les acteurs lorsqu’ils avaient terminé leur scène, ou qu’ils attendaient leur tour de parler. Un énorme dragon représentait l’enfer ; le monstre ouvrait et fermait ses mâchoires pour laisser entrer et sortir les diables. Que l’on ajoute à cette description une espèce de niche avec des rideaux formant une chambre où se passaient les choses qui ne devaient pas être vues du public, telles que l’accouchement de sainte Anne et de la Vierge-Marie, et l’on se fera une idée assez complète de l’appareil théâtral des confrères de la Passion. En 1542, ils jouèrent à l’hôtel de Flandre le mystère de l’Ancien-Testament. Le parlement crut devoir en interrompre les représentations. Les confrères s’adressèrent alors au roi qui leur donna des lettres-patentes portant autorisation de jouer ce mystère. Le parlement les enregistra, en imposant néanmoins l’obligation de ne mêler à cette représentation aucune chose profane, lascive ou ridicule ; de ne prendre que deux sous par personne, et pour la location de chaque loge, durant ledit mystère, que la somme de trente écus. Le spectacle devait commencer à une heure après midi et finir à cinq ; les entrepreneurs étaient en outre tenus de verser une somme de mille livres au profit des pauvres. — François Ier ayant ordonné par lettres-patentes du 20 septembre 1543, la démolition de l’hôtel de Flandre, les confrères de la Passion furent obligés de placer ailleurs leur théâtre. Le 18 juillet 1546, ils achetèrent une partie de l’hôtel de Bourgogne, situé dans la rue Mauconseil, et bâtirent un pouveau théâtre. Ils adressèrent ensuite une requête au parlement à l’effet d’y continuer leurs jeux. La cour rendit le 17 novembre de la même année un arrêt « qui inhibe et défend aux sieurs suppliants de jouer les mystères de la Passion de Notre-Sèigneur, ni autres mystères sacrés, sous peine d’amende arbitraire, leur permettant néanmoins de pouvoir jouer autres mystères profanes, honnêtes et licites, sans offenser ni injurier aucunes personnes, et défend la dite cour, à tous autres de jouer ou représenter dorénavant aucuns jeux ou mystères tant en la ville, faubourg que banlieue de Paris, sinon que sous le nom de la dite confrérie et au profit d’icelle. » Le plus important privilège, celui de jouer des mystères, fut donc enlevé aux confrères de la Passion, qui furent obligés de créer un nouveau répertoire composé seulement de pièces profanes. Ils s’associèrent avec les enfants sans souci, ou principauté de la sottise, dont le chef était connu sous le nom de prince des sots. Cette confrérie, formée sans doute par des comédiens de profession, avait pris naissance peu de temps après celle de la Passion ; c’était une troupe nomade qui donnait plusieurs fois dans l’année des représentations à Paris.

Sous le règne de Louis XII, le Mardi-Gras de l’an 1511, ces comédiens représentèrent aux halles une sotie ou pièce satirique dirigée contre le pape Jules II. Cette sotie était intitulée : Le Jeu du Prince des Sois et Mère-Sotte.

Le pape, sous le personnage de Mère-Sotte, s’exprime ainsi :

Si deussai-je de mort mourir
Ainsi qu’Abiron et Dathan,
Ou damnée être avec Satan,
Si me viendront-ils secourir ;
Je ferai chacun accourir
Après moi, et me requérir
Pardon et merci à ma guise,
Le temporel veux acquérir
Et faire mon nom florir,
En bref voilà mon entreprise.

Je me dis, Mère Sainte-Église,
Je veux bien que chacun le note,
Je maudis, j’anathématise ;
Mais sous l’habit pour ma devise
Porte l’habit de Mère-Sotte.

Bien sçais qu’on dit que je radotte
Et que suis folle en ma vieillesse,
Mais grumeler veux à ma porte
Mon fils le prince en telle sorte
Qu’il diminue sa noblesse.

Puis le pape ou plutôt Mère-Sotte parle ainsi des prélats de la cour :

Mais dessous les courtines,
Ont créatures féminines.
Tant de prélats irréguliers !
Tant de moines apostats !
Il y a un tas d’asniers
Qui ont bénéfices à tas.

Arrive un personnage nommé La Commune, qui représente le peuple français ; il s’exprime ainsi :

Les marchands et gens de mestier
N’ont plus rien, tout va à l’église.

Mais bientôt Mère-Sotte cherche à attirer les seigneurs français dans son parti ; et voyant qu’elle n’y peut réussir, elle excite les membres du clergé qu’elle a séduits à combattre la royauté, en leur disant :

Prélats, debout, allarme, allarme,
Abandonnez église, autel,
Que chacun de vous soit bien farme,
Que l’assaut aux princes on donne
J’y veux être en propre personne,

· · · · · · · · · ·

À l’assaut, prélats, à l’assaut !

Puis Mère-Sotte faisant allusion au roi de France, disait :

… Je vueil par fas ou néphas
Avoir sur lui l’autorité
De l’espiritualité
Je jouis, ainsi qu’il me semble ;
Tous les deux vueil mesler ensemble.

La commune déclare alors que les rois ne veulent plus souffrir que le pape s’empare du temporel. Le papp persiste et répond :

Veuillant on non, ils le feront,
Ou grande guerre à moi auront

· · · · · · · · · ·

Du temporel jouir voulons.

Un combat s’engage, Mère-Sotte est vaincue. Le roi de France s’aperçoit alors que le pape n’est pas l’Église, qu’il s’est déguisé et qu’il n’est que Mère-Sotte.

Peut-être que c’est Mère-Sotte,
Qui d’Église a vestu la cotte,
Par quoy il faut qu’on y pourvoie.


Le Prince

Je vous supplie que je la voie.


Gayeté

C’est Mère-Sotte, par ma foy.

Le roi se décide alors à détrôner le pape.

Mère-Suite, selon la loi,
Sera hors de sa chaire mise.

· · · · · · · · · ·

Pugnir la fault de son forfait ;
Car elle fut posée de fait
En sa chaire par symonie.

Les comédiens ne se faisaient pas faute de critiquer aussi les actes du gouvernement, de blâmer les profusions, les vices des nobles, et de railler l’ambition du clergé. Louis XII prenait plaisir à leurs représentations. Le roi disait qu’en y assistant il apprenait beaucoup de choses qui étaient faites en son royaume. Quelques courtisans s’étant plaints devant lui de la hardiesse des comédiens qui les jouaient sur leur théâtre, il leur répondit : « Que le théâtre n’était redoutable qu’à ceux dont la conduite n’était pas réglée ; qu’ils n’avaient qu’à se bien conduire, et qu’alors ils ne fourniraient plus matière à la satyre ; que son intention était d’ailleurs que ces gens-là pussent donner carrière à leur bile satyrique sur toutes sortes de sujets et de personnes, sans excepter la sienne, pourvu qu’il ne parlassent pas mal de sa femme, car il voulait que l’honneur des dames fût respecté. » — Un édit de décembre 1676, registré au parlement le 4 février 1677, supprima la confrérie de la Passion.

Nous retrouvons au temps de Molière les comédiens français à l’hôtel de Bourgogne, où ils s’étaient vus souvent forcés d’alterner avec les comédiens italiens. Le cardinal de Richelieu, qui ne se contentait pas d’être un grand ministre, et ambitionnait la gloire du poète, établit deux théâtres dans son palais, l’un destiné à une société choisie, l’autre au public. De jeunes acteurs de Paris, à la tête desquels était Molière, formèrent une troupe de comédiens ambulants.

Ils firent bâtir un théâtre dans le jeu de paume de la Croix-Blanche, situé dans la rue de Buci, et lui donnèrent le nom de Théâtre illustre. Après y avoir joué pendant trois ans, ils parcoururent la province, et revinrent à Paris en 1658. Molière et sa troupe débutèrent au mois d’octobre de cette année sur un théâtre élevé dans la salle des gardes au Louvre. Louis XIV honora ce théâtre de sa présence. La première représentation fut composéé de Nicomède et du Docteur amoureux. Satisfait des acteurs, le roi leur accorda une partie de l’hôtel du Petit-Bourbon, où ils débutèrent le 3 novembre suivant par l’Étourdi et le Dépit amoureux. En 1660 l’hôtel du Petit-Bourbon devant être abattu, la troupe de Molière fut logée au Palais-Royal ; elle y débuta le 5 novembre. Ce théâtre, déjà illustré par les chefs-d’œuvre de Corneille et de Racine, se maintint avec éclat jusqu’à la mort de Molière. C’est là que fut joué Tartufe. Le théâtre du Palais-Royal fut, après la mort de Molière, donné à l’Opéra. La troupe royale, privée de son illustre chef, promena tristement ses pénates dans tout Paris. En juillet 1673, elle jouait dans un local de la rue Mazarine, dans le jeu de paume du Bel-Air, où l’Opéra avait pris naissance. Peu de temps après elle construisit un théâtre dans la rue Guénégaud. Lors de la réunion du collège Mazarin à l’Université, les docteurs de Sorbonne exigèrent, comme condition préliminaire, l’éloignement du théâtre Guénégaud ; mais les réclamations des curés empêchant qu’ils ne s’établissent ailleurs, on fut obligé de les tolérer dans ce quartier. Lé roi, par lettres-patentes du 22 octobre 1680, réunit à la troupe de la rue Guénégaud celle de l’hôtel de Bourgogne. Trouvant le local trop étroit, les deux troupes achetèrent l’hôtel de Lussan et une maison voisine, dans la rue Neuve-des-Petits-Champs ; mais le roi annula cette acquisition, et permit aux comédiens de s’établir dans le jeu de paume de l’Étoile, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Ils occupèrent cette salle sous le titre de Comédiens ordinaires du roi, jusqu’à Pâques 1770. À cette époque les bâtiments menaçaient ruine. Ces acteurs allèrent jouer provisoirement sur le théâtre des machines, au palais des Tuileries. Après avoir occupé pendant dix années environ cette salle de spectacle, les comédiens ordinaires du roi s’installèrent dans le théâtre de l’Odéon, construit pour eux. Cette salle ayant été incendiée en 1799, ils prirent possession du théâtre du Palais-Royal, bâti de 1789 à 1790 sur les dessins de Moreau, pour le spectacle des Variétés, qui resta en cet endroit jusqu’au moment de la translation des comédiens français qui l’occupent encore aujourd’hui. — Un décret impérial daté de Moscou, le 15 octobre 1812, donna au Théâtre Français une organisation qui subsiste encore dans presque toutes ses parties. — Prix des places en 1844 : balcons, loges de la galerie du rez-de-chaussée, des 1res de face et avant-scène des 1res, 6 fr. 60 c. ; orchestre, 5 fr. ; 1res de côté et 1res galeries, 5 fr. ; 2mes loges, 4 fr. ; galeries des 2mes loges, 3 fr. ; 3mes loges et cintre, 2 fr. 75 c. ; parterre, 2 fr. 20 c. ; 2mes galeries, 1 fr. 80 c. ; amphithéâtre, 1 fr. 25 c.

Voici quelques renseignements relatifs à l’impôt perçu dans Paris sur les théâtres au profit des hospices.

Durant trente-cinq années, que nous divisons en périodes quinquennales, l’Opéra a versé pour sa part une somme de 2,573,000 fr. ; le Théâtre-Français 2,214,000 fr. En voici le détail :

1807-11. Opéra 293,000. Français 351,000.
1812-16. 305,000. 383,000.
1817-21. 282,000. 344,000.
1822-26. 314,000. 348,000.
1827-31. 309,000. 234,000.
1832-36. 498,000. 251,000.
1837-41. 572,000. 303,000.

On voit que les recettes de l’Opéra ont à peu près doublé depuis trente ans, tandis que celles des Français sont réduites d’un sixième ; encore se sont-elles relevées durant ces derniers temps. De 1832 à 1836 elles n’ont pu atteindre que la moitié de celles de l’Académie-Royale-de-Musique.

Si nous passons à d’autres théâtres, nous trouvons les résultats suivants :

1807-11. Opéra-Comique 334,000. Italiens »»
1812-16. 337,000. »»
1817-21. 323,000. 113,000.
1822-26. 306,000. 120,000.
1827-31. 243,000. 179,000.
1832-36. 215,000. 224,000.
1837-41. 302,000. 315,000.

Le Vaudeville, 193,000 fr. de 1837 à 1840 ; — Variétés, 238,000 fr. ; Ambigu-Comique, 162,000 fr. ; Gaité, 201,000 fr. ; Folies-Dramatiques, 124,000 fr. ; il est question ici de la période quinquennale 1837-41.

Le Gymnase paya aux hospices en 1821, première année de son existence, plus de 68,000 fr., ce fut la plus forte recette de tous les théâtres de Paris. Depuis, ce théâtre a perdu de sa vogue ; sa contribution qui avait été de 274,000 fr. en 1821-25, n’a pas dépassé 216,000 fr. en 1837-41.

Le Palais-Royal est en voie de prospérité ; de 1832 à 1836, il a donné 189,000 fr. ; de 1837 à 1841, 277,000 fr.

La Porte-Saint-Martin est demeurée à 180,000 fr. en 1837-41 ; elle était allée à 226,000 fr. en 1826-30.

Le Cirque-Olympique avait payé 329,000 fr. en 1827-31 ; 160,000 fr. en 1832-36 ; mais il a d’un élan vigoureux remonté à 356,000 fr. pour les cinq années 1837-41.

En 1842 l’impôt en faveur des indigents a présenté les résultats suivants : Académie-Royale-de-Musique, 113,427 fr. 68 c. ; Français, 52,305 fr. 60 c. ; Opéra-Comique, 66,366 fr. 84 c. ; Italiens, 73,370 fr. 22 c. ; Odéon, 16,599 fr. 27 c. ; Gymnase-Dramatique, 44,832 fr. 39 c. ; Vaudeville, 42,141 fr. 19 c. ; Variétés, 41,703 fr. 86 c. ; Palais-Royal, 48,844 fr. 97 c. ; Porte-Saint-Martin, 60,449 fr.30 c. ; Cirque-Olympique (les deux théâtres), 88,743 fr. 55 c. ; Ambigu, 30,885 fr. 86 c. ; Gaîté, 41,185 fr. 19 c. ; et Folies-Dramatiques, 25,796 fr. 36 c.


France (collége de).

Situé dans la place Cambrai, no 1. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

À François Ier, justement honoré du titre de Père des lettres, appartient l’honneur d’avoir fondé ce grand établissement. Il en conçut l’idée dès le commencement de son règne. Son dessein était de placer ce collége à l’hôtel de Nesle et d’y faire bâtir une chapelle qui devait étre desservie par quatre chanoines et quatre chapelains. Guillaume Petit, confesseur du roi, Guillaume Budé et plusieurs autres, appuyèrent fortement ce noble projet. François Ier faisait demander, en 1517, au célèbre Érasme de venir enseigner à Paris. Érasme refusa en proposant Henri Glareau dont il fit l’éloge. Mais la conquête de l’Italie qu’ambitionnait le rival de Charles-Quint, suspendit l’exécution de ce projet dont le roi ne put s’occuper qu’après le traité de Cambrai. Nos historiens varient sur l’époque de la fondation de ce collége : les uns la fixent à l’année 1529, les autres pensent qu’elle eut lieu seulement en 1530. Jaillot concilie ces deux opinions en disant que François Ier manifesta son dessein et sa volonté par ses lettres-patentes du 24 mars 1529, et par la commission du 19 décembre suivant pour le paiement des sommes nécessaires à la construction de ce collége, et qu’il fixa en 1530 le nombre et les honoraires des professeurs qu’il nomma et qu’il institua l’année suivante. Le plan de François Ier pour la formation de cet établissement était empreint d’un caractère grandiose et magnifique. Les sciences et les langues devaient être gratuitement enseignées. Il voulait que la dotation de ce collége fut fixée à 50,000 écus de revenu annuel pour la nourriture de 600 écoliers. Les professeurs, au nombre de douze, devaient avoir par année un traitement de 200 écus d’or, avec un logement dans le collége. François Ier ne put donner à ce projet qu’un commencement d’exécution. La commission suivante fut expédiée le 19 décembre 1539 pour le paiement des sommes nécessaires à la construction du collége royal. « Voulant donner toutes les commodités nécessaires aux lecteurs et aux professeurs pour vaquer à leurs lectures, avons résolu de leur construire en notre logis et place de Nesle à Paris, et autres places qui sont à l’entour, un beau et grand collége de trois langues (hébraïque, grecque et latine) accompagné d’une belle et somptueuse église avec autres édifices dont les dessins ont été faits. Avons commis Audebert Catin pour tenir le compte et faire les paiements de la dépense nécessaire pour les susdits bâtiments, voulant que les dits paiements soient passés et alloués par nos amés et féaux les gens tenant nos comptes. » Le cardinal Duprat fit, dit-on, avorter en partie ce grand dessein, et les professeurs royaux créés par François Ier furent longtemps obligés d’enseigner dans les salles du collége de Cambrai et dans d’autres établissements. Les premiers professeurs furent Pierre Danes, Parisien ; Jacques Tussan ou Toussain, né à Troyes, qui enseignait le grec ; Paul Paradis, dit le Canosse, né à Venise ; Agathio Guidacerio, Espagnol ; François Valable ou Vateblé, de Picardie, ce dernier enseignait la langue hébraïque ; Martin Problation, Espagnol, et Oronce Finé, Dauphinois, qui professaient les mathématiques ; Barthélemy Masson, Allemand, qui donnait des leçons d’éloquence ou de langue latine ; il eut pour adjoint Léger Duchesne, de Rouen ; la médecine fut d’abord enseignée par Vidius, Florentin, auquel succéda Jacques Dubois d’Amiens, ou Silvius. François Ier accorda une distinction honorable aux professeurs qu’il avait institués. Il leur donna, par ses lettres-patentes du mois de mars 1545, la qualité de conseillers du roi et le droit de committimus. Il les fit mettre en outre sur l’État, comme commensaux de sa maison. C’est à ce titre qu’ils prêtaient serment de fidélité entre les mains du grand aumônier. Après la mort du cardinal Barberini, qui remplissait cette place, Louis XIV donna la direction de ce collége au secrétaire d’État qui avait le département de la maison du roi. Les successeurs de François Ier s’imposèrent la glorieuse obligation d’augmenter l’importance du collége royal. Henri II créa une chaire de philosophie qui fut occupée par l’italien François Vicomercat, professeur du célèbre et malheureux Ramus. Henri III, en 1587, en créa une pour la langue arabe, qui fut donnée à Arnaud de Lile ou de Lisse, Allemand, et après lui à Étienne Hubert d’Orléans. Henri IV institua un professeur d’anatomie et de botanique. Louis XIII créa une deuxième chaire pour la langue arabe, et une pour le droit canon ; Louis XIV, une pour la langue syriaque, une deuxième pour le droit canon et une de droit français. Son successeur apporta dans l’enseignement de ce collége d’importantes modifications. Il ordonna par arrêt du conseil en date du 20 juin 1773, que les fonds de la chaire de langue syriaque seraient appliqués à l’établissement d’une chaire de mécanique ; ceux de la chaire de philosophie grecque et latine, aux frais d’une chaire de littérature française ; que la deuxième chaire de langue arabe serait convertie en une chaire de langue turque et persane. L’une des deux chaires de médecine pratique devint une chaire d’histoire naturelle, et l’une des deux chaires de droit canon fut changée en une chaire de droit de la nature et des gens. Il y eut donc dix-huit chaires de fondation royale. On comptait en outre une chaire de mathématiques, fondée en 1568 par Ramus. Elle ne rapportait que 500 livres au titulaire qui sortait victorieux de l’épreuve d’un concours. Une chaire de philosophie et une de médecine étant devenues vacantes, Louis XIV ordonna de les mettre au concours. On commença par celle de philosophie. Treize juges furent choisis parmi des savants et des professeurs ; et sa majesté donna la chaire à celui qui montra aux yeux de tous le plus de capacité pour la remplir. Cette amélioration ne subsista pas longtemps, et le roi nomma à ces chaires, sur la présentation du gentilhomme qui dirigeait ce collége ; il n’y eut plus alors, ajoute un écrivain, de concours que pour la brigue, la protection et la bassesse. Dans l’origine, les professeurs et lecteurs royaux dépendaient de l’Université, ils en furent ensuite séparés. En 1626, le recteur, en vertu d’un arrêt du parlement, enjoignit aux professeurs du collége de France de rentrer dans le sein de l’Université. Le grand aumônier, qui dirigeait alors ce collége, fit casser cet arrêt par le conseil du roi, et l’Université ne renouvela plus ses prétentions. On comptait sous Louis XVI, au collége de France, vingt-un professeurs. Nous avons aujourd’hui vingt-quatre cours, savoir : d’astronomie, de mathématiques, de physique expérimentale, de médecine, d’anatomie, de chimie, d’histoire naturelle, du droit de la nature et des gens, d’histoire et de philosophie morale, de langues hébraïque, chaldaïque et syriaque, de langue arabe, de langue turque, de langue persane, de langue et de littérature chinoises et tartare-mantchou, de langue et de littérature sanscrites, de langue et de littérature grecques, d’éloquence latine, de poésie latine et de littérature française, d’économie politique, d’archéologie, d’histoire des législations comparées et de droit constitutionnel. Les professeurs sont nommés par le roi, sur la présentation du ministre de l’instruction publique. Leur traitement inamovible est fixé à 6,000 fr.

Le grand dessein formé par François Ier pour la reconstruction d’un édifice destiné au collége royal, ne fut exécuté ni par lui ni par ses successeurs. Les professeurs royaux enseignèrent longtemps dans les classes des différents colléges. Vateblé professait au collége du cardinal Lemoine. Henri II ordonna qu’ils feraient successivement leurs leçons dans les colléges de Tréguier et de Cambrai. Mais en 1609, Henri IV, à la sollicitation du cardinal du Perron, du duc de Sully et du président de Thon, résolut de faire démolir le collége de Tréguier qui menaçait ruine et de faire construire sur son emplacement un bâtiment de 59 m. de longueur sur 39 de largeur. La mort de Henri IV retarda l’exécution de ce projet ; mais sa veuve, Marie de Médicis, fit acheter au nom du roi le collége de Tréguier, le 28 juin 1610, et Louis XIII, alors âgé de neuf ans, posa la première pierre du nouveau bâtiment le 28 août de la même année. Une des ailes de l’édifice fut seule bâtie, et les travaux ne furent poursuivis avec célérité qu’en 1774. Le 22 mars de cette année, le duc de Lavrillière posa la première pierre du nouveau bâtiment qui fut construit sur l’emplacement des colléges de Tréguier, de Cambrai, dé Kérambert ou de Léon, d’après les dessins de l’architecte Chalgrin. On avait distrait au commencement de la révolution le petit hôtel de Cambrai, qu’on avait rangé dans la classe des domaines à aliéner. — « Au Pont-de-Brique, le 11 thermidor an XII. Napoléon, etc… Sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, décrète : — Article 1er. Le petit hôtel Cambrai qui avait été rangé dans la classe des domaines aliénables, sera mis à la disposition du ministre de l’intérieur, pour être réuni au collége de France dont il faisait anciennement partie, etc… Signé Napoléon. Par l’empereur, le secrétaire d’État, signé H. B. Maret. » Le 30 avril 1831, le ministre du commerce et des travaux publics approuva un plan pour l’agrandissement du collége de France ; une maison située place Cambrai et trois autres dans la rue Saint-Jacques furent acquises en 1834 par l’État, et après leur démolition, M. Letarouilly, architecte, construisit les nouveaux bâtiments qui font aujourd’hui du collége de France un des monuments les plus remarquables de la capitale.

Colléges dont les emplacements ont servi à la formation du collége de France.

Collége de Tréguier. II fut fondé le 20 avril 1325, par le testament de Guillaume de Coatmohan, grand chancelier de l’église de Tréguier, pour huit écoliers de la famille du fondateur ou du diocèse de Tréguier. À cet établissement fut réuni en 1575 le collége de Kéramber ou de Léon, dont on ignore l’époque précise de la fondation. En 1610, on commença à jeter sur l’emplacement du collége de Tréguier, les fondements du collége de France.

Collége de Cambrai. Hugues de Pomare, évêque de Langres, Hugues d’Arci, évêque de Laon, et Guy d’Aussone, évêque de Cambrai, furent les fondateurs de cet établissement, qui porta d’abord le nom de collége des Trois-Êvêques. Il prit ensuite celui de Cambrai, parce qu’il fut bâti en 1348 sur l’emplacement de la maison de l’évêque de Cambrai, l’un des trois fondateurs. Ce collége était composé d’un maître, d’un chapelain qui faisait l’office de procureur, et de sept boursiers à la nomination du chancelier de l’église de Paris. Le maître ou principal était choisi lui-même par les boursiers. En 1612, le roi fit l’acquisition de ce collége et l’on commença à le démolir, mais ce ne fut qu’en 1776 qu’il fut entièrement abattu pour faire place aux bâtiments du collége de France.


François (cour du roi).

Située dans la rue Saint-Denis, no 328. — 6e arrondissement, quartier de la porte Saint-Denis.

Les écuries de François Ier étaient autrefois dans cette cour. Le nom de ce prince lui en est resté.


François (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Saint-Louis au Marais, nos 67 et 69 ; finit à la rue Vieille-du-Temple, nos 126 et 128. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 137 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Cette rue doit le nom qu’elle porte à François Lefebvre de Mormans, président des trésoriers de France, qui en donna l’alignement le 4 juillet 1620. — Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette largeur a été portée, savoir : depuis la rue Saint-Louis jusqu’à la rue Saint-Gervais à 12 m., et depuis cette dernière jusqu’à la rue Vieille-du-Temple à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; les maisons nos 2 et 4 sont soumises à un retranchement de 5 m. 70 c. ; le surplus de ce côté devra reculer de 2 m. 80 c. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Louis. — Conduite d’eau.


François-d’Assise (église Saint-).

Située dans la rue du Perche, à l’angle de la rue d’Orléans, au Marais. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

C’était l’église des Capucins du Marais. Ce couvent, le troisième de cet ordre à Paris, fut fondé en 1622, sur l’emplacement d’un jeu de paume, par le père Athanase Molé, frère du fameux Mathieu Molé, alors procureur général, et depuis premier président et garde-des-sceaux. Le grand crédit de ce magistrat servit à consolider cet établissement auquel l’archevêque de Paris et le grand prieur du Temple donnèrent leur consentement en 1623. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu en quatre lots, le 19 nivôse an VI, à la charge par l’acquéreur de se conformer aux alignements, sans indemnité, etc. En vertu d’un décret impérial dû 20 juin 1810, l’église, qui avait été comprise dans la vente, fut rachetée par la ville de Paris, les 24 octobre et 7 décembre 1811, moyennant 61,322 francs. Par suite du concordat de 1802, elle fut érigée en seconde succursale de la paroisse Saint-Merri, sous le vocable de Saint-François-d’Assise.


Françoise (rue).

Commence à la rue Mauconseil, nos 26 et 28 ; finit à la rue Pavée, nos 5 et 7. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 74 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Elle a été ouverte en 1543, sur une partie de l’emplacement de l’hôtel de Bourgogne, dont elle porta quelque temps le nom. On l’appela aussi rue Neuve, puis rue Neuve-Saint-François enfin rue Françoise, parce qu’elle a été construite sous le règne de François Ier. — Une décision ministérielle à la date du 28 pluviôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les maisons du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement de 1 m 40 c. ; celles du côté des numéros pairs devront reculer de 80 c. à 1 m. — Conduite d’eau depuis la rue Mauconseil jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).


François Premier (place).

Située à la jonction des rues de Bayard et Jean-Goujon. Pas de numéro. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette place, qui est circulaire et dont le diamètre est de 54 m, a été formée sur les terrains de la compagnie Constantin, en vertu de l’ordonnance royale du 23 juillet 1823, que nous avons citée à l’article de la rue de Bayard-Champs-Élysées. — Conduite d’eau.

François Ier, roi de France, naquit à Cognac le 12 septembre 1494, et mourut à Rambouillet le 31 mars 1547.


Franklin (barrière).

Située entre les Barrières de Passy et Sainte-Marie.

Cette barrière n’a qu’un petit bâtiment. Son nom est un hommage rendu à l’un dès fondateurs de la liberté américaine. Benjamin Franklin naquit à Boston le 17 janvier 1706 et mourut le 17 avril 1790. L’Assemblée Constituante, par un décret solennel, ordonna que les Français prendraient le deuil. Ce décret fut rendu par acclamation, sur la proposition de Mirabeau. Franklin demeura quelque temps à Passy, près de cette barrière. (Voyez l’article Barrières).

Franklin (chemin de ronde de la barrière).

Commence à la barrière Franklin ; finit à la barrière de Passy. Pas de numéro. Sa longueur est de 300 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Ce chemin de ronde n’est point bordé de constructions particulières. (Voir l’article Chemins de ronde.)


Frépillon (passage).

Commence au passage du Commerce ; finit à la rue Frépillon, no 14. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Il a été ouvert au commencement de ce siècle. (Voir pour l’étymologie l’article suivant.)


Frépillon (rue).

Commence à la rue au Maire, no 2, et à l’impasse de Rome ; finit à la rue Phelipeaux, nos 44 et 37. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 94 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Cette rue doit son nom à la famille Ferpillon, qui y demeurait au XIIIe siècle. Depuis, cette dénomination a été altérée, et l’on a écrit Ferpeillon, Serpillon et Frépillon. — Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Une ordonnance royale du 16 mai 1833, a porté cette largeur à 10 m. Les maisons de 6 à 14 inclus devront reculer de 40 c. à 1 m. Les autres constructions riveraines sont généralement soumises à un fort retranchement. — Égout. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Frères (rue des Trois-).

Commence à la rue de la Victoire, nos 40 et 42 ; finit à la rue Saint-Lazare, nos 41 et 43. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 171 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

« Louis, etc… Notre cher et bien amé le sieur Jean-Louis Magny de Maison-Neuve, avocat en Parlement, nous a fait représenter que par arrêt de notre conseil d’état du 26 septembre dernier, nous aurions ordonné que pour procurer un nouveau débouché utile à la circulation du quartier du Faubourg-Montmartre, il serait ouvert une nouvelle rue de 30 pieds de largeur pour avoir son débouché, d’un côté dans la rue Saint-Lazare, et de l’autre dans la rue Chantereine, etc… Avons ordonné et ordonnons qu’il sera ouvert sur l’emplacement figuré, et coté no 12 sur le plan annexé à la minute du d. arrêt, appartenant à l’exposant, une nouvelle rue de 30 pieds de largeur dont la direction pourra, dans la suite, être prolongée jusque dans la rue de Provence, en face de la rue Taitbout ; voulons et entendons, par ces présentes que la d. rue sera nommée rue des Trois-Frères, etc. Donné à Fontainebleau le 25e jour du mois d’octobre l’an de grâce 1777 et de notre règne le 4e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 14 avril 1778, et l’alignement de la nouvelle rue fut tracé le 3 septembre suivant. En 1781, cette rue n’était pas encore bordée de constructions. À cette époque, le sieur Duée de La Boulaye, propriétaire de terrains situés vis-à-vis du nouveau percement, conçut le projet de prolonger la rue des Trois-Frères jusqu’à celle de Provence ; mais, pour arriver à l’exécution de ce projet, il demanda que la direction de la rue des Trois-Frères fût légèrement modifiée. Des lettres-patentes, à la date du 17 février 1781, autorisèrent le sieur de La Boulaye à ouvrir une rue sous la dénomination de rue du Houssay, et prescrivirent en ces termes le changement de direction de la rue des Trois-Frères : « Art. 2. Dérogeant à ce qui est contenu en nos lettres-patentes du 25 octobre 1777, nous ordonnons que le débouché de la rue des Trois-Frères sur la rue Saint-Lazare, demeurera dans le même état que celui qui a été fixé et celui sur la rue Chantereine soit reporté de 30 pieds ou environ du côté du couchant, pour arriver en face de la nouvelle rue du Houssay. Annullons les procès-verbaux, opérations et plans qui ont été faits ; en conséquence, il sera procédé de nouveau à l’ouverture de la d. rue, sous la même autorisation et en conformité de ce qui est prescrit au présent article et au plan attaché sous le contre-scel de notre chancellerie, etc. » — Conformément à ces nouvelles lettres-patentes, la rue des Trois-Frères fut définitivement ouverte et construite. — Une ordonnance royale, à la date du 16 avril 1831, a maintenu la largeur primitive. Les constructions riveraines sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue de la Victoire. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Lazare jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Friperie (rue de la Grande-).

Commence à la rue du Marché-aux-Poirées, no 1 ; finit à la rue de la Tonnellerie, nos 16 et 18. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 118 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Dans une bulle de Callixte II, de l’année 1119, on voit que les Juifs étaient établis sur le territoire de Champeaux. Ils occupaient le terrain circonscrit aujourd’hui par les rues de la Lingerie, de la Tonnellerie et de la Cordonnerie. L’établissement des halles, terminé vers 1183, attira de ce côté des marchands qui bâtirent plusieurs voies publiques. Celle qui nous occupe, construite vers 1205, fut habitée par des fripiers et prit le nom de rue de la Grande-Friperie, qu’elle porte encore aujourd’hui. Il n’existe pas d’alignement pour cette rue, dont la largeur actuelle varie de 8 à 10 m. — Conduite d’eau depuis la rue du Marché-aux-Poirées jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).

Friperie (rue de la Petite-).

Commence aux rues de la Lingerie et du Marché-aux-Poirées ; finit à la rue de la Tonnellerie, nos 12 et 14. Pas de numéros impair ; ce côté est bordé par les bâtiments de la halle aux Draps ; le dernier pair est 30. Sa longueur est de 120 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Bâtie quelques années après la rue de la Grande-Friperie, on la qualifia de Petite, pour la distinguer de celle qui était déjà construite. — Il n’existe pas d’alignement pour cette rue, dont la largeur actuelle est d’environ 7 m. 80 c. — Conduite d’eau depuis la rue Jean-de-Beauce jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).


Frochot (rue).

Commence à la rue Laval, no 17 ; finit à la place de la barrière Montmartre. Les numéros continuent la série de la rue Breda. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 94 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

En vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1826, M. Brack a été autorisé à former sur son terrain et sur celui que la ville lui concéderait à titre d’échange, conformément à la délibération du conseil municipal du 1er janvier 1826 : 1o une rue de 12 m. de largeur depuis la rue Laval jusqu’à la barrière Montmartre ; 2o une place demi-circulaire au-devant de cette barrière. Cette autorisation a été accordée à la charge par l’impétrant — d’établir de chaque côté de la nouvelle rue des trottoirs en pierre dure de 2 m. de largeur, de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage de la rue, et pour moitié seulement avec la ville, ceux du pavage et de l’éclairage de la place ; de pourvoir également pour la rue nouvelle aux frais des travaux à faire pour l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales ou ménagères ; de se soumettre aux lois et règlements de la voirie de Paris, etc. Ce percement a été immédiatement exécuté. Il porta successivement les noms de rue Brack, de la Nouvelle-Athènes, Breda, et enfin, celui de rue Frochot. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Nicolas-Thérèse Benoit comte Frochot, né vers l’an 1760, fut élu en 1799 membre du Corps-Législatif ; il donna bientôt sa démission pour diriger la préfecture de la Seine, qu’il occupa pendant douze ans. Destitué en 1812, lors de la conspiration Malet, le comte Frochot mourut près de Chaumont le 30 juillet 1828. Il fut considéré à juste titre comme un excellent administrateur.


Fromentel (rue).

Commence aux rues Chartière, no 2, et Saint-Jean-de-Latran, no 1 ; finit à la rue du Cimetière-Saint-Benoit. Un seul numéro pair, qui est 2. Sa longueur est de 39 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue était presqu’entièrement construite en 1230. Le cartulaire de Sainte-Geneviève dé 1243 la mentionne ainsi : Vicus qui dicitur Frigidum Mantellum. Son nom actuel n’est qu’une altération de celui de Froid-Mantel. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VII, signée Quinette, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. (Voyez Benoît, rue du Cimetière-Saint-).


Frondeurs (rue des).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 248 et 250 ; finit aux rues de l’Évêque, no 1, et de l’Anglade, no 2. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 45 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Construite au XVe siècle, elle a pris son nom des Frondeurs, qui troublèrent le royaume en 1648. — Une décision ministérielle à la date du 3 nivôse an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826 ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 1 et 3 devront reculer de 40 c. environ ; celle no 5, retranchement réduit 3 m. 70 c. ; propriétés nos 2 et 4, retranchement 3 m. 20 c. ; no 6, retranchement 3 m. 20 c. à 4 m. 50 c. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Funambules (théâtre des).

Situé boulevart du Temple, no 62. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Anciennement occupé par des danseurs de corde, ce théâtre depuis 1830 offre au public des vaudevilles et des drames ; mais les pièces qui attirent la foule sont les pantomimes-arlequinades, dans lesquelles le célèbre Debureau remplit les rôles de Pierrot.


Furstenberg (rue).

Commence à la rue Jacob, nos 3 et 5 ; finit à la rue de l’Abbaye, nos 4 et 6. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 82 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Cette rue a été bâtie en 1699. On lui donna le nom de Furstenberg, en l’honneur du cardinal Furstenberg, alors abbé de Saint-Germain-des-Prés. En 1806, c’était la rue de Wertingen, en mémoire du célèbre combat de Wertingen, livré le 8 octobre 1805, où les Français détruisirent un corps considérable d’Autrichiens. En 1815, elle reprit son premier nom. — Une décision ministérielle en date du 21 août 1817 et une ordonnance royale du 29 avril 1839 ont maintenu les dimensions de cette rue ainsi qu’il suit : portion comprise entre la rue Jacob et la partie formant place à 7 m. 80 c. de largeur ; la place à 24 m., et le surplus à 11 m. Bassin d’égout.

Février 1844.


----