Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/S

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S.


Sabot (rue du).

Commence à la petite rue Taranne, nos 11 et 13 ; finit à la rue du Four-Saint-Germain, nos 68 et 70. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 74 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Dès le XVe siècle, on voyait en cet endroit un clos appelé le Clos Copieuse, et depuis de l’Ermitage. Ce nom de Copieuse venait d’un propriétaire. Dans le terrier de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, de 1523, on lit : Maison rue du Four faisant le coin de la rue Copieusepend le sabot. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839. Maison no 1, retranch. réduit 1 m. 50 c. ; 3, ret. réduit 2 m. 50 c. ; 5 et 7, alignées ; 2, ret. réduit 3 m. 60 c. ; 4, ret. réduit 3 m. 50 c. ; 6, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 8, ret. 2 m. ; 10, ret. réduit 1 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Saint (rue du Demi-).

Commence à la rue Chilpéric, nos 16 et 18 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 39 et 41. Pas de numéro. Sa longueur est de 41 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.


En 1271, c’était la rue du Tronc de Bernard (Vicus qui dicitur Truncus Bernardi). En 1300 et 1313, on l’appelait par corruption Trou-Bernard. À la fin du XVe siècle elle prit le nom de rue du Demi-Saint, en raison d’une statue de saint à demi-mutilée, qu’on avait placée à son entrée pour interdire le passage aux chevaux. Cette rue ou plutôt cette ruelle est depuis 1832 fermée par une grille à ses deux extrémités. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette rue dont la largeur actuelle varie de 1 m. à 1 m. 40 c.

Sainte-Croix (rue).

Commence à la rue Saint-Nicolas, nos 42 et 44 ; finit à la rue Saint-Lazare, nos 105 et 107. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair 22. Sa longueur est de 167 m.1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue, autorisée et dénommée par lettres-patentes du 9 juin 1780, a été ouverte sur les terrains appartenant à M. de Sainte-Croix. La largeur assignée à ce percement fut fixée à 5 toises (voyez rue Joubert). — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, a porté la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés riveraines sont soumises à un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sainte-Marthe (rue).

Commence au passage Saint-Benoît ; finit à la rue Childebert, nos 10 et 13. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 38 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le cardinal de Bissy, abbé de Saint-Germain-des-Prés, la fit ouvrir en 1715, dans l’enclos de l’abbaye. — Une décision ministérielle du 21 août 1817, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celle no 2, qui devra reculer de 70 c.

Denis de Sainte-Marthe, général des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, naquit à Paris en 1650, et mourut en 1725. Ses principaux ouvrages sont l’Histoire de Grégoire le Grand et la Vie de Cassiodore.

Saintonge (rue de).

Commence à la rue de Bretagne, nos 16 et 18 ; finit au boulevart du Temple, nos 19 et 21. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 277 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1626 sur la culture du Temple, elle tire son nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Maisons de 1 à 15, retranch. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c., ; 17, 19, ret. 90 c. à 1 m. 20 c. ; 19 bis, alignée ; 21, ret. 80 c. ; 23, alignée ; 25, ret. 80 c. ; 27, alignée ; 29, 31, ret. 80 c. à 1 m. 30 c. ; de 2 à 24., ret. 90 c. à 1 m. 5 c. ; 26, alignée ; de 30 à 34, ret. 1 m. à 1 m. 30 c. ; 36, ret. réduit 1 m. 15 c. ; de 38 à la fin, ret. 65 c. à 1 m. 5 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Saint-Sabin (impasse de).

Située dans la rue du même nom, entre les nos 10 et 14. Pas de numéro impair ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 297 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

Cette impasse est tracée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. La rue de Saint-Sabin dans laquelle elle est située lui a donné son nom. — Une décision ministérielle signée Quinette, rendue d’après un rapport du conseil des bâtiments civils, en date du 23 floréal an VII, fixa la largeur de cette impasse à 8 m. Cette dimension est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827. Une partie du côté gauche et presque toutes les constructions du côté opposé sont à l’alignement. Cette impasse qui n’est pas éclairée, a été prolongée sans autorisation en 1844, jusqu’à la rue Popincourt, entre les nos 9 et 11.

Saint-Sabin (rue de).

Commence aux rues Daval, no 25, et de la Roquette, no 17 ; finit à la rue du Chemin-Vert, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 382 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

C’était anciennement le chemin de la Contrescarpe. Des lettres-patentes du mois de mai 1777 portent ce qui suit : « Art. 8e. La partie du chemin de la Contrescarpe, en l’étendue cottée 4 sur le plan, sera formée et alignée suivant les contours qui y sont désignés, en supprimant les coudes les plus défectueux. La dite rue aura 30 pieds de largeur ; elle sera nommée rue de Saint-Sabin, et débouchera rue de la Roquette, le long du jardin de l’Arquebuse. » — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 6 mai 1827, ont fixé la largeur de la rue de Saint-Sabin à 10 m. Cette voie publique est coupée par le canal Saint-Martin. La propriété située après le no 3, celle no 7, et toutes les constructions du côté des numéros pairs sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue Daval jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz entre la rue du Chemin-Vert et le quai de Valmy (compe Lacarrière).

Charles-Pierre Angelesme de Saint-Sabin, écuyer, avocat au parlement, fut échevin de la ville de Paris depuis 1775 jusqu’à 1777.

Salembrière (impasse).

Située dans la rue Saint-Séverin, entre les nos 4 et 6. Pas de numéro. Sa longueur est de 41 m. 50 c.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette impasse portait anciennement le nom de Saille en bien. (Saliens in bonum.) On la trouve ainsi indiquée dans un acte du cartulaire de Sorbonne, de l’année 1239, et dans plusieurs titres postérieurs. — Une décision ministérielle du 4 octobre 1817 a fixé la largeur de cette impasse à 6 m. Les constructions du côté gauche devront reculer de 2 m. 20 c. à 3 m. Celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 2 m. 80 c. Cette impasse est fermée par une grille.

Salle-au-Comte (rue).

Commence à la rue Saint-Magloire, no 3 bis ; finit à la rue aux Ours, nos 37 et 39. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 112 m.6e arrondissement, quartier des Lombards.

Ce n’était au commencement du XIVe siècle qu’une impasse aboutissant à une des portes de l’abbaye Saint-Magloire. Le cartulaire de cette église l’énonce, en 1312, « place ou voie qui n’a point de chief, qui vient de la rue où l’on cuit les hoës (oies), devant la maison du comte de Dampmartin. » — Le long de cette impasse, depuis la rue aux Ouës (nommée par altération aux Ours) jusqu’aux jardins de Saint-Magloire, se trouvait un hôtel qui appartenait à la fin du XIIIe siècle, au comte de Dammartin. Cette propriété passa depuis au chancelier de Marle qui fit bâtir la fontaine qui porte son nom. À peu près à cette même époque, c’est-à-dire au commencement du XVe siècle, cette impasse fut convertie en rue, et nommée rue au Comte de Dammartin, puis rue de la Salle du Comte et enfin Salle au Comte.

Le chancelier de Marle habitait en 1413 l’hôtel dont nous venons de parler. À cette époque, le chef de la justice, le chancelier, n’était pas regardé comme un simple ministre du roi, c’était alors le premier magistrat de la nation. Cette magistrature était élective, ainsi que le prouve le fait suivant. — Le roi Charles VI avait assemblé dans la chambre du conseil, pour l’élection d’un chancelier, le dauphin, les ducs de Berri, de Bourgogne, de Bavière et de Bar, plusieurs barons, des chevaliers et membres du parlement qui jurèrent sur l’Évangile et sur la vraie croix, de nommer celui qu’ils jugeraient le plus digne d’exercer cette importante magistrature. Arnaud de Corbie eut 18 voix ; Simon de Nanterre, président au parlement, 20 ; Henri de Marle, premier président, 44. La voix du roi n’était comptée que pour une. Henri de Marle fut élu le 9 août 1413. — Lors des troubles qui s’élevèrent, en 1418, entre les deux maisons de Bourgogne et d’Orléans, le chancelier prit parti pour le duc d’Orléans. Le duc de Bourgogne s’étant rendu maître de Paris, Henri de Marie fut arrêté, enfermé à la grande tour du palais, puis massacré avec son fils, le 12 juin 1418, par les partisans du duc de Bourgogne qui avaient brisé les portes de sa prison. La rue Salle-au-Comte ne rappelle plus d’autres souvenirs historiques. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, la moindre largeur de cette voie publique est portée à 10 m. — Maisons nos 1 et 3, retranch. 5 m. à 6 m. 20 c. ; 5, ret. 1 m. 50 c. environ ; 7, ret. 25 c. ; 9, ret. réduit 30 c. ; 11, pas de ret. ; 13, ret. réduit 30 c. ; 15, ret. 1 m. ; 4, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 6, 8 ret. de 3 m. à 5 m. 50 c. ; surplus, ret. 5 m. 10 c. à 7 m. 10 c. — Conduite d’eau depuis la rue aux Ours jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française.)

La rue Salle-au-Comte a été prolongée en 1843, sur l’emplacement de l’ancienne impasse Saint-Magloire, jusqu’à la rue de Rambuteau. Ce prolongement n’est point encore dénommé.

Salpêtrière (hôpital de la), voyez Vieillesse-Femmes (hospice de la).

Sandrié (impasse).

Située dans le passage de ce nom. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Elle n’est pas reconnue voie publique et doit son nom à M. Sandrié, propriétaire, qui la fit construire.

Sandrié (passage).

Commence à la rue Basse-du-Rempart, no 38 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, no 29. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Ce passage a été formé en 1775. (Voyez l’article précédent.) — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sanson (rue).

Commence à la rue de Bondy, nos 12 et 14 ; finit à la rue des Marais, no 5. Le dernier impair est 9 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 93 m.5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

« À la Muette, le 25 octobre 1782. — Louis, etc. À nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre cour de parlement à Paris, salut. — La dame douairière de Fourcy, les sieurs Gilbert, de Caumartin, de la Porte, de Gaucourt, Sanson et autres particuliers habitants ou propriétaires de terrains en marais, situés au faubourg du Temple, nous ont fait exposer qu’il serait utile d’établir de nouvelles communications du rempart à l’hôpital Saint-Louis et hauteur du faubourg du Temple, auxquels points on ne parvient de ce côté que par la rue de Carême-Prenant, tellement étroite, que deux voitures ne peuvent s’y croiser, et qu’il serait convenable d’élargir ; que le debouché de la rue Saint-Nicolas dans la rue de Bondy, favoriserait l’ouverture de nouvelles rues pour lesquelles les exposants destineraient volontiers la portion nécessaire de leurs terrains et marais ; que l’une de ces rues serait établie et se poursuivrait jusques à la rue des Marais et au-delà, se diviserait ensuite en deux branches, dont l’une conduirait à la porte de l’hôpital Saint-Louis et l’autre au carrefour des rues du Faubourg-du-Temple et de la Fontaine-au-Roi, conformément à ce qui est figuré sur le plan qu’ils en ont fait dresser, et que ces nouveaux débouchés, en procurant des facilités pour la rentrée du peuple dans l’intérieur de la ville, après les promenades extérieures auxquelles il se livre les fêtes et dimanches, et en rendant la circulation moins tumultueuse, opéreraient en même temps le bien public et l’avantage des propriétaires, etc. Voulons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera établi une nouvelle rue à prendre du débouché de la rue Saint-Nicolas, sur la rue de Bondy, se dirigeant parallèlement à celle du Faubourg du Temple, à travers les jardins du sieur Sanson jusques à la rue des Marais et au-delà, dans les emplacements appartenant aux sieurs Gilbert, de Caumartin et consorts pour le fond, et à la dame présidente de Fourcy pour l’usufruit, jusqu’à 40 toises ou environ de distance de la rue de Carême-Prenant, auquel lieu ladite nouvelle rue se divisera en deux branches : l’une vers l’hôpital Saint-Louis, et l’autre vers le carrefour des rues du Faubourg-du-Temple et de la Fontaine-au-Roi, la première desquelles rues, depuis le rempart jusqu’à la rue des Marais, sera nommée rue Sanson, le surplus au-delà et jusqu’au lieu et carrefour où elle se divisera en deux branches, sera nommée rue Saint-Ange ; la branche du côté de l’hôpital Saint-Louis, rue de Gaucourt, et celle du carrefour de la Fontaine-au-Roi, rue Gilbert, lesquelles rues seront droites et alignées et leurs côtés parallèles. La largeur des dites rues sera fixée à 30 pieds, etc. — Art. 2e. La partie de surface en plus grande largeur au-delà de l’alignement de la d. rue Sanson, qui se trouve à son entrée du côté de la rue de Bondy, restera vague, pour faciliter le tournant des voitures à l’entrée de ladite rue et pour conserver à l’usage du public et des particuliers voisins les avantages du d. élargissement, etc. » (Extrait des lettres-patentes.) — Ces lettres-patentes, registrées au parlement le 5 septembre suivant, donnèrent lieu à un procès-verbal d’alignement, dressé par le bureau de la Ville, le 25 juin 1784. Toutefois, la rue Sanson fut seule ouverte. Environnée de marais, elle dut présenter des dangers sous le rapport de la circulation. L’administration, dans l’intérêt de la sûreté publique, la fit barrer à ses deux extrémités. — Une ordonnance royale du 17 octobre 1826 fixa à 20 m. la moindre largeur de la partie de la rue Sanson qui forme évasement depuis la rue de Bondy jusqu’à la rue Neuve-Saint-Nicolas, et maintint pour le surplus la largeur de 30 pieds. En 1841, lorsque l’administration voulut reprendre possession de cette rue, les riverains contestèrent les droits de la ville. Ces difficultés donnèrent lieu à une transaction qui fut confirmée par l’ordonnance suivante :

« Louis-Philippe, etc. — Vu la demande formée par le préfet de la Seine, à l’effet, 1o de rapporter l’ordonnance royale du 17 octobre 1826, qui a fixé les alignements de la rue Sanson et d’arrêter les nouveaux alignements de cette voie publique, de manière à en porter la largeur à 12 m., etc. Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Les alignements de la rue Sanson, dans la ville de Paris, sont arrêtés conformément au tracé des lignes noires, sur le plan ci-annexé et au procès-verbal des points de repère inscrit sur led. plan. — Art. 2e. La ville de Paris est autorisée à traiter avec les sieurs Sanson de Sansal, Claret de Fleurieu et Lucy, pour l’ouverture, l’élargissement et la propriété du sol de la rue Sanson, suivant le plan arrêté, le tout aux clauses et conditions exprimées dans la délibération du conseil municipal du 22 juillet 1842, et consenties par lesdits propriétaires, etc. Donné au palais de Neuilly, le 2 août 1843. Signé, Louis-Philippe. » Cette ordonnance a été exécutée en partie, et les constructions situées sur le côté droit, depuis la rue de Bondy jusque vis-à-vis de la rue Neuve-Saint-Nicolas, sont seules soumises à retranchement. — Égout entre les rues Neuve-Saint-Nicolas et des Marais. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Philippe-Robert Sanson, maître de la chambre aux deniers, est mort à Paris, le 1er mai 1807.

Santé (barrière de la).

Cette barrière, qui est sans décoration d’architecture, a pris son nom de la rue de la Santé. (Voir l’article Barrières.)

Santé (rue de la).

Commence aux rues des Bourguignons et du Champ-des-Capucins, no 33 ; finit au boulevart Saint-Jacques, no 4. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 678 m.12e arrondissement. La partie du côté des numéros impairs, comprise entre la rue de Lourcine et le boulevart Saint-Jacques, est du quartier Saint-Marcel ; le surplus dépend du quartier de l’Observatoire.

Elle a été ainsi appelée parce qu’elle conduisait à la maison de santé (ci-devant hôpital fondé par Anne d’Autriche). Cette voie publique se nommait originairement le chemin de Gentilly. — Une décision ministérielle en date du 6 pluviôse an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de la rue de la Santé à 10 m. Cette largeur est portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Sur le côté gauche, le mur de clôture à l’angle du boulevart est aligné ; sur le côté opposé, le mur de clôture, à l’encoignure gauche de la rue Méchain, et la propriété située entre la rue Biron et le boulevart, sont à l’alignement.

Sarrazin (rue Pierre-).

Commence à la rue de la Harpe, nos 72 et 74 ; finit à la rue Hautefeuille, nos 21 et 23. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 97 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle doit son nom à un bourgeois appelé Pierre Sarrazin, qui possédait au XIIIe siècle plusieurs maisons en cet endroit. Dans un compte de 1511, elle est appelée rue Jean-Sarrasin, mais depuis on l’a toujours indiquée sous le nom de rue Pierre-Sarrazin. — Une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840. Les maisons nos 3 et 15 sont soumises à un faible redressement. Les autres constructions de ce côté sont alignées. Les propriétés du côté des numéros pairs devront reculer de 5 m. à 5 m. 40 c. — Conduite d’eau depuis la rue de la Harpe jusqu’à la borne-fontaine.

Sartine (rue).

Commence à la rue de Viarme, nos 27 et 29 ; finit à la rue Coquillière, nos 15 et 17. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 36 m.4e arrondissement, quartier de la Banque.

Cette rue ouverte en avril 1765, sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons, avait été autorisée par lettres-patentes du 25 novembre 1762, registrées au parlement le 22 décembre suivant. Sa largeur fut fixée à 24 pieds, dimension qui a été maintenue par une décision ministérielle du 9 germinal an XIII, signée Champagny. (Voir l’article de la Halle au Blé.) Les constructions riveraines qui sont assujetties à une décoration symétrique sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Antoine-Raymond-Jean-Guilbert-Gabriel de Sartine, comte d’Alby, naquit à Barcelone, en 1729, d’une famille française. Il était conseiller au Châtelet en 1752, lieutenant-criminel en 1755, maître des requêtes en 1759. La grande capacité de ce magistrat le fit nommer lieutenant-général de police le 21 novembre de la même année. Il exerça cette importante fonction jusqu’au 24 août 1774. Dans ce poste difficile, Sartine sut se concilier l’estime et l’affection des Parisiens. Il améliora le service de la police et se montra excellent administrateur. Appelé au ministère de la marine au mois de septembre, il eut à conduire la guerre d’Amérique. Des discussions avec Necker le forcèrent d’abandonner le ministère en 1780. Au commencement de la révolution, Sartine quitta la France et se réfugia à Tarragone, où il mourut le 7 septembre 1801.

Saucède (passage).

Commence à la rue Bourg-l’Abbé, no 13 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 224 et 226. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Il a été bâti en 1825, par M. Saucède, sur l’emplacement de l’ancien passage de la Croix-Blanche.

Saulnier (passage).

Commence à la rue Richer, no 24 ; finit à la rue Bleue, no 25. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 16. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ce passage, qui n’est point couvert, a été construit en 1787 par Rigoulot Saulnier. — Éclairage au gaz (compe Anglaise)

Saumon (passage du).

Commence à la rue Montorgueil, entre les nos 65 et 71 ; finit à la rue Montmartre, no 80. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Ce passage qui est indiqué sur le plan de Jaillot (1773), a été reconstruit entièrement de 1825 à 1830, par M. Rohault de Fleury, architecte. Il doit son nom à une enseigne.

Saunerie (rue de la).

Commence au quai de la Mégisserie, nos 2 et 4 ; finit à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 11 et 13. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 56 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

En 1256, on la désignait sous le nom de Saulnerie. Le poète Guillot, qui écrivait en 1300, en parle ainsi :

« La rue de la Saunerie
» Trouvai, et la Mesgueiscerie. »

Elle devait cette dénomination à la maison de la marchandise de sel qu’on voyait près de cette rue, à côté du grand Châtelet. Cette maison, nommée depuis le Grenier à sel, ne fut transférée dans la rue Saint-Germain-l’Auxerrois qu’en 1698. — Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signée Champagny, fixa la moindre largeur de la rue de la Saunerie à 7 m. Cette moindre largeur est portée à 12 m. 70 c., en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Maison no 1, retranch. 8 m. 40 c. ; 3, alignée ; 5, ret. réduit 1 m. 80 c. ; 7, alignée ; 9, ret. réduit 70 c. ;11, redressement ; 2, 4, alignées ; 6, ret. réduit 40 c. ; 8, ret. 7 m. 60 c. à 8 m. 30 c. ; 10, ret. 8 m. 30 c. à 9 m. 10 c. — Portion d’égout du côté du quai. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Saussaies (rue des).

Commence à la place Beauveau et à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 84 et 86 ; finit aux rues de Surène, no 41, et de la Ville-l’Évêque, no 27. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 146 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

C’était, dans l’origine, un chemin qu’on désigna au commencement du XVIIe siècle sous le nom des Carrières. Plus tard, on le nomma de la Couldraie, des Saussaies, en raison des coudriers, des saules qu’on voyait près de son emplacement. On ne construisit des maisons dans cette rue qu’au milieu du XVIIIe siècle. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 novembre 1837, cette moindre largeur est portée à 10 m. — Propriétés de 1 à 13, retranch. 60 c. à 80 c. ; 15, ret réduit 1 m. 05 c. ; propriété à l’encoignure de la rue de la Ville-l’Évêque, ret. réduit 1 m. 30 c. ; de 2 à 10, alignées ; 12, ret. réduit 5 m. 80 c. ; 14, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 16, ret. réduit 30 c. ; 18, alignée. — Égout. — Conduite d’eau entre la rue de Surène et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sauveur (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue de Damiette, nos 1 et 3 ; finit à la rue des Petits-Carreaux, nos 36 et 38. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 72 m.5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

En 1590, c’était la rue de la Corderie, en raison des cordiers qui l’habitaient alors. Elle prit ensuite d’un propriétaire qui y demeurait le nom de Pierre Boyer. En 1603, c’était la rue des Corderies aliàs la cour des Miracles. En 1622, on l’appelait rue Neuve-Saint-Sauveur, anciennement dite Boyer. On lui donna cette qualification de neuve, en raison de sa proximité de la rue Saint-Sauveur, et parce qu’on avait le projet d’ouvrir alors une nouvelle voie qui devait traverser la rue de Bourbon-Villeneuve, pour aboutir à la rue Saint-Sauveur. Ce projet ayant été abandonné, on donna à l’ancienne rue Boyer le nom de Neuve-Saint-Sauveur qui avait été destiné à la rue projetée. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs ne sont assujetties qu’à un faible redressement ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 10 c. à 1 m. 30 c. — Portion d’égout du côté de la rue des Petits-Carreaux.

Sauveur (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 275 et 277 ; finit aux rues Montorgueil, no 112, et des Petits-Carreaux, no 2. Le dernier impair est 63 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 250 m.5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Elle existait dès 1285. Son nom lui vient de l’église Saint-Sauveur qu’on voyait autrefois dans la rue Saint-Denis. Cette église occupait l’emplacement sur lequel on a construit la maison qui porte aujourd’hui le no 277. — Une décision ministérielle du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur a été portée à 10 m. Maisons nos 1, 3, retranch. 2 m. 70 c. à 3 m. ; de 5 à 11, ret. 2 m. à 2 m. 20 c. ; 13, ret. 3 m. 10 c. ; 15, 17, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. ; de 19 à 23, ret. 2 m. 50 c. à 2 m. 80 c. ; de 25 à la fin, ret. 2 m. à 2 m. 30 c. ; 2, 4, alignées ; de 6 à 24, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. ; second no 24, ret. 1 m. 50 c. ; de 28 à la fin, ret. 2 m. 50 c. — Conduite d’eau entre les rues des Deux-Portes et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).

Savoie (rue de).

Commence à la rue Pavée, nos 6 et 8 ; finit à la rue des Grands-Augustins, nos 13 et 15. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 104 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

L’hôtel d’Hercule, ainsi nommé parce qu’on y avait peint les travaux de ce demi-dieu, fut d’abord occupé par le comte de Sancerre et par Jean le Visle. Jean de la Driesche, président en la chambre des comptes, l’ayant acquis, le fit rebâtir, et peu de temps après le vendit à Louis Hallevin, seigneur de Pienne, chambellan du roi. Charles VII l’acheta, moyennant 10,000 livres, par contrat passé le 25 juin 1493. Sous le règne de Louis XII, cet hôtel était occupé par Guillaume de Poitiers, seigneur de Clérieu. Le chancelier Duprat l’habita ensuite. En 1573, il appartenait à Antoine Duprat, petit-fils du chancelier et seigneur de Nantouillet. Cette habitation était alors très vaste et s’étendait jusqu’à la seconde maison, en deçà de la rue Pavèe, et en profondeur, jusqu’aux jardins de l’abbé de Saint-Denis. — Sur une partie de l’emplacement de l’hôtel d’Hercule, l’hôtel de Savoie ou de Nemours fut construit. En 1671, cette dernière propriété fut abattue, et sur son emplacement on construisit la rue de Savoie, sur une largeur de 7 m. 90 c. ; dimension qui a été maintenue par une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal. Les propriétés riveraines sont alignées.

Savonnerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, nos 34 et 36 ; finit aux rues de la Heaumerie, no 1, et des Écrivains, no 7. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 73 m.6e arrondissement, quartier des Lombards.

Entièrement construite en 1260, elle porta dès l’année 1300 le nom de la Savonnerie. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Maisons nos 1, 3, retranch. 4 m. 50 c. à 5 m. 50 c. ; 5, 7, ret. 3 m. 60 c. à 4 m. 50 c. ; 9, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 13, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 15, ret. réduit 1 m. 70 c. ; maisons nos 17, 19 et 21 seront supprimées entièrement pour l’exécution d’un pan coupé à l’angle des rues de la Heaumerie et d’Avignon ; maison à l’encoignure de la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, ret. 1 m. 60 c. ; 2, 4, ret. 1 m. 30 c. à 2 m. 20 c. ; 6, 8, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 70 c. ; 10, 12, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 80 c. ; de 14 à la fin, ret. 3 m. 80 c. à 4 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Jacques-la-Boucherie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Saxe (avenue de).

Commence à la place de Fontenoi, nos 3 bis et 5 ; finit à la rue de Sèvres, nos 114 et 116. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 684 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

Formée vers 1780, cette avenue a été cédée à la ville de Paris en vertu d’une loi du 19 mars 1838. (Voyez avenue de La Bourdonnaye.) — Sa largeur varie de 37 m. à 39 m. 50 c. — Conduite d’eau.

Maurice, comte de Saxe, fils naturel de Frédéric-Auguste Ier, électeur de Saxe, roi de Pologne, et de la comtesse de Kœnigsmarck, Suédoise, naquit à Dresde le 19 octobre 1696, et mourut en 1750. Successivement lieutenant-général, maréchal de France, et commandant-général des Pays-Bas, Maurice s’illustra à Malplaquet, à Tournay, à Ostende, à Fontenoi, etc… Ce guerrier, dont le nom avait retenti dans toute l’Europe, comparait en mourant sa vie à un rêve : « M. de Sénac, disait-il à son médecin, j’ai fait un beau songe. » — Maurice avait été élevé et mourut dans la religion luthérienne. « Il est bien fâcheux, disait-on à la cour, qu’on ne puisse réciter un de Profundis pour un homme qui a fait chanter tant de Te Deum. »

Saxe (impasse de).

Située dans l’avenue du même nom, no 11. Le dernier numéro est 11. Sa longueur est de 72 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette impasse, qui n’est pas reconnue voie publique, a été construite au commencement de ce siècle. Sa largeur moyenne est de 4 m. 60 c..

Scipion (place).

Située entre les rues Scipion et du Fer-à-Moulin. Pas de numéro. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle a été formée sur l’emplacement de deux terrains acquis par l’Hôpital-Général les 5 septembre 1764 et 18 septembre 1781. Vers 1835, cette place a été plantée d’arbres. Le sol appartient aux hospices civils de Paris. (Voir pour l’étymologie l’article suivant.)

Scipion (rue).

Commence à la place Scipion et à la rue du Fer-à-Moulin ; finit à la rue des Francs-Bourgeois, nos 6 et 8. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 174 m.12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette voie publique, en partie construite dés 1540, portait le nom de rue de la Barre, en raison d’une barrière qu’on avait établie du côté de la rue des Francs-Bourgeois. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Le nom qu’elle porte depuis 1806 lui vient de l’hôtel que Scipion Sardini, gentilhomme italien, y fit construire sous le règne de Henri III. Dès 1622, l’hôtel Scipion était converti en hôpital. — En vertu de l’édit du roi du 27 avril 1656, cet établissement fit partie des propriétés affectées à l’Hôpital-Général. Aujourd’hui les bâtiments sont occupés par la Boulangerie des hôpitaux et hospices civils de Paris. Conformément à une ordonnance royale du 24 avril 1837, la largeur de la rue Scipion est portée à 10 m. Propriétés de 1 à 9 inclus, retranch. 90 c. à 1 m. 70 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 13, ret. réduit 3 m. 80 c. ; 2, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 4, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 6, ret. réduit 3 m. 90 c. ; 8, ret. 1 m. 30 c. ; 10, ret. réduit 2 m. 50 c.

Sébastien (impasse Saint-).

Située dans la rue du même nom, entre les nos 28 et 30. Une seule série de numéros dont le dernier est 26. Sa longueur est de 121 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

« Bureau de la ville, 18 juin 1779. — Sur la demande à nous faite par les différents propriétaires des maisons formant un cul-de-sac nouvellement construit dans la rue Neuve-Saint-Sébastien, qu’il nous plût dénommer le dit cul-de-sac ou permettre qu’il porte le nom de cul-de-sac Saint-Sébastien. — Nous ouï, et ce consentant le procureurs roi et de la ville, nous avons dénommé le dit cul-de-sac, cul-de-sac Saint-Sébastien. En conséquence, permettons aux dits propriétaires de l’inscrire ainsi à son entrée et autres endroits qu’ils aviseront. Signé Caumartin, Chauchat et Jollivet. » — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 9 m. en vertu d’une ordonnance royale du 28 juin 1826. — L’impasse Saint-Sébastien forme équerre. — Propriétés entre la rue Saint-Sébastien et le no 2, retranch. 3 m. 30 c. ; de 2 à 10, alignées ; de 14 à 20 et partie du no 22, ret. 3 m. 60 c. surplus du no 22, 24 et 26, alignées.

Sébastien (rue Saint-).

Commence aux rues Saint-Pierre-Popincourt, no 2, et Amelot, no 68 ; finit à la rue Popincourt, nos 65 et 67. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 455 m.8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formée vers le milieu du XVIIe siècle, elle porta jusqu’en 1718 le nom de rue Saint-Étienne. À cette époque, on la désigna sous la dénomination de rue Neuve-Saint-Sébastien. On dit simplement aujourd’hui rue Saint-Sébastien. Elle doit ce nom à une enseigne. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés no 5 bis, partie des nos 11, 19, 21, 23, 25, 29 ; 16, 18, 18 bis, 20, 30, 32, de 38 à 46 et 54, sont alignées ; le surplus devra reculer de 25 c. à 70 c. — Portion d’égout du côté du quai de Jemmapes. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz entre la rue Saint-Pierre et le quai de Valmy (compe Lacarrière) ; surplus (compe de Belleville).

Ségur (avenue de).

Commence à la place Vauban finit à l’avenue de Saxe. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 452 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette avenue, qui n’est pas reconnue voie publique, a été formée vers 1780. (Voyez avenue de La Bourdonnaye.) — Sa largeur actuelle varie de 38 m. à 41 m.

Philippe-Henri, marquis de Ségur, maréchal de France, né le 20 janvier 1724, appartenait à une famille illustre dans les armes. À la bataille de Raucoux, en 1746, le jeune de Ségur fut blessé d’un coup de feu à la poitrine. Colonel au combat de Laufeld (1747), une balle lui traversa le bras ; malgré sa blessure, il voulut rester à la tête de son régiment et l’on fut obligé, après la bataille, de lui faire l’amputation. À Varburg, de Ségur était lieutenant-général et sauvait un corps d’armée. Près de Minden, il fit au milieu de l’ennemi une retraite honorable, et ramena dix mille hommes que l’on croyait entièrement perdus. À Closter-Camp sa bravoure fut admirable : il reçut deux coups de baïonnette à la gorge et trois coups de sabre sur la tête. Nommé maréchal de France et ministre de la guerre en 1751, le marquis de Ségur mourut à Paris le 8 octobre 1801.

Seine (préfecture de la), voyez Hôtel-de-Ville.

Seine (rue de).

Commence au quai Malaquais, no 1 ; finit aux rues du Petit-Lion, no 18, et du Petit-Bourbon, no 2. Le dernier impair est 101 ; le dernier pair, 72. Sa longueur est de 678 m. — De 1 à 83 et de 2 à 60, 10e arrondissement, quartier de la Monnaie ; le surplus dépend du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Partie comprise entre le quai Malaquais et la rue de Buci. — Ce n’était anciennement qu’un chemin nommé chemin du Pré-aux-Clercs, de la porte de Buci à la Seine, de la porte de Buci au Pré-aux-Clercs. Vers 1510, on la nomma rue de Seine. Cette voie publique ne fut pavée qu’en 1545. Sauval nous apprend qu’elle porta le nom de Dauphine, en raison de l’hôtel Dauphin qui avait été habité par Louis de Bourbon, dauphin d’Auvergne. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 12 m.

Partie comprise entre la rue de Buci et celles du Petit-Lion et du Petit-Bourbon. — Dès l’année 1662, on avait conçu le projet de prolonger la rue de Seine jusqu’à la rue de Tournon. Un avis du bureau de la Ville du 16 juillet de cette année nous en fournit la preuve. Dans les lettres-patentes du 22 avril 1769, il est dit : « Nous nous réservons d’ordonner par la suite une communication de la rue de Seine avec la rue de Tournon, qui se trouvent l’une et l’autre dans la même direction vers notre palais dit Luxembourg. » — Cette amélioration reçut un commencement d’exécution sous le consulat.

« Extrait des registres des délibérations des Consuls de la république. — Saint-Cloud le 17 vendémiaire an XI. — Les Consuls de la république, sur le rapport du ministre de l’intérieur, arrêtent ce qui suit : Article 1er. Les maisons qui existent sur l’alignement du prolongement de la rue de Tournon à la rue de Seine, et qui ont été condamnées par mesure de voirie, ainsi que les bâtiments qui se trouvent compris dans le plan adopté pour la formation d’une place demi-circulaire, en avant du portail de l’église paroissiale de Saint-Sulpice, seront achetés et démolis dans le cours de six mois, etc… — Art. 2e. À cet effet, la commune de Paris fournira annuellement, sur le produit de l’octroi, jusqu’à concurrence de 100,000 fr, etc. Le premier consul, signé Bonaparte. » Ce prolongement ne fut point alors exécuté.

« Au palais des Tuileries, le 21 février 1811 : — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons… Article 31e. Le prolongement de la rue de Tournon et la formation de la place Saint-Sulpice seront achevés dans le cours de 1811. » — Ce percement fut terminé à la fin de cette année, mais seulement jusqu’à la rue des Boucheries. L’année suivante il atteignit la rue de Buci, et fut confondu avec la rue de Seine dont il prit la dénomination. — Une décision ministérielle du 28 février 1818 a fixé la moindre largeur de cette partie de rue à 12 m.

Propriété no 1, alignée ; 3, retranchement réduit 40 c. ; de 5 à 11, ret. 60 c. à 70 c. ; 13, alignée ; de 15 à 31, ret. 40 c. à 57 c. ; de 33 à 39, ret. 28 c. à 40 c. ; 41, alignée ; 43, 45, redress. ; 47, alignée ; 49, 51, ret. 20 c. à 43 c. ; 53, alignée ; de 55 à 59, redress. ; de 61 à 95, alignées ; 97, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 99, ret. réduit 2 m. ; 101, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 2, ret. réduit 4 m. 30 c. ; 4, ret. réduit 3 m. 70 c. ; 6, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 8, ret. réduit 1 m. 80 c. ; de 10 à 14 bis, alignées ; de 16 à 36, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 80 c. ; de 38 à 44, seront supprimées pour la formation d’une place sur ce point ; 46, alignée ; de 48 à 52, ret. 3 m. 33 c. à 3 m. 60 c. ; de 54 à la fin, alignées. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau : 1o entre le quai et la rue Mazarine ; 2o depuis la rue des Boucheries jusqu’à celle du Petit-Lion. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dans la 2e partie de la rue de Seine ont été confondues : 1o la rue du Brave, qui communiquait de la rue des Quatre-Vents à celle du Petit-Lion. Son étymologie est inconnue ; 2o l’impasse des Quatre-Vents qui avait son entrée dans la rue du même nom. Elle aboutissait à la foire Saint-Germain.

Sentier (rue du).

Commence aux rues des Jeûneurs, no 2, et Saint-Roch, no 18 ; finit au boulevart Poissonnière, nos 7 et 9. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 177 m.3e arrondissement, quartier Montmartre.

Elle a remplacé dès le XVIIe siècle un sentier qui conduisait au rempart. Quelques plans la désignent sous le nom de rue du Chantier ; d’autres ne la distinguent point de la rue du Gros-Chenet, dont elle forme le prolongement. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette largeur est portée à 10 m. Propriétés nos 1, 3, retranch. 40 c. environ ; pas de nos 5 et 7 ; partie du no 9, alignée ; surplus du no 9 et maison no 11, ret. 35 c. à 50 c. ; 13, ret. réduit 40 c. ; de 15 à la fin, alignées, sauf redress. ; 2, alignée, pas de no 4 ; de 6 la fin, ret. 1 m. 50 c. à 2 m. — Éclairage au gaz (compe Française).

Serpente (rue).

Commence à la rue de la Harpe, nos 38 et 40 ; finit à la rue Hautefeuille, nos 7 et 9. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 98 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette voie publique, ouverte en 1179, prit le nom de rue Serpente, en raison des sinuosités qu’elle décrivait. Un acte du mois de juin 1263 l’appelle Vicus Tortuosus qui est ab oppositis Palatii Termarum. Le poète Guillot écrivait en 1300, rue de la Serpent. — Une décision ministérielle du 26 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les deux maisons situées après le no 13, sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Harpe jusqu’à la borne-fontaine.

Le collége de Tours était situé dans cette rue au no 7. Il fut fondé en 1330, par Étienne de Bourgueil, archevêque de Tours, en faveur d’un principal et de six boursiers. Il a été réuni à l’Université en 1763. Les bâtiments qui contenaient en superficie 200 m. 74 c., devinrent propriétés nationales en 1790, et furent vendus le 21 août 1793.

Servandoni (rue).

Commence à la rue Palatine, no 5 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 42 et 44. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 170 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

La partie comprise entre la rue Palatine et celle du Canivet s’appelait au XVIIe siècle rue du Pied-de-Biche ; le surplus portait le nom de rue du Fer-à-Cheval. Vers 1710, ces deux parties étaient confondues sous la seule et même dénomination de rue du Fossoyeur, parce que le fossoyeur de la paroisse Saint-Sulpice y demeurait. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1806, elle reçut le nom de rue Servandoni. — Une ordonnance royale du 3 septembre 1843 a porté sa moindre largeur à 10 m. Propriétés nos 1 et 3, alignées ; 5, retranch. réduit 1 m. 80 c. ; 7, ret. réduit 90 c. ; 11, ret. réduit 2 m. ; de 13 à 19, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 21, ret. réduit 3 m. 20 c. ; 23, ret. 3 m. 40 c. ; 25, ret. réduit 3 m. ; 27, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 29, ret. réduit 2 m.10 c. ; 31, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 33, ret. réduit 1 m. ; 4, 6, ret. 2 m.10 c. à 2 m. 50 c. ; 8, ret. réduit 1 m. 90 c. ; 10, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 12, ret. 1 m. 20 c. ; de 14 à 22, ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 70 c. ; de 24 à 28, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 20 c. ; 30, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 32, ret. réduit 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Jean-Jérôme Servandoni, peintre et architecte, naquit à Florence en 1695. Étant venu se fixer en France, il fut reçu membre de l’académie. En 1732, Servandoni l’emporta sur tous ses rivaux pour l’exécution du portail Saint-Sulpice qui avait été mis au concours. Quelque temps après il fut nommé peintre décorateur du roi. Servandoni mourut à Paris, le 19 janvier 1766.

Séverin (église Saint-).

Située dans la rue du même nom. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Un voile mystérieux entoure le berceau de cet édifice. Quelques écrivains prétendent qu’il occupe la place d’une chapelle dédiée sous le nom de Saint-Clément ; d’autres savants font honneur de sa fondation à saint Séverin, abbé d’Agaune, que Clovis fit venir à Paris, dans l’espoir d’obtenir par l’intercession de ce pieux personnage la guérison d’une fièvre, qui le consumait depuis deux années. Ne pouvant mentionner ici toutes les discussions que l’ancienneté de cette église a soulevées, nous nous bornerons à rappeler l’opinion de Jaillot, qui nous parait très vraisemblable : « Sous le règne de Childebert, dit cet écrivain consciencieux, il y avait à Paris un saint solitaire, nommé Séverin, qui s’était retiré dans un endroit, près de la porte méridionale. Sa sainteté fut reconnue dès son vivant ; elle détermina même Saint-Cloud à se mettre sous sa discipline et à recevoir de lui l’habit monastique. Il est probable que la vénération que ses vertus avaient inspirée aux Parisiens les engagea à bâtir sous son nom un oratoire au lieu même qu’il avait habité, ou à donner son nom à celui qui pouvait y avoir été dès lors érigé. » — Une charte du roi Henri Ier, qui l’appelle Saint-Séverin le solitaire, semble confirmer l’opinion de Jaillot. Cette église, ainsi que les principaux édifices de la capitale, éprouva, dans le IXe siècle, toute la fureur des Normands. Avant cette époque, on avait levé le corps de saint Séverin, pour le transporter à la cathédrale qui conserva ces précieuses reliques. Cependant l’église dédiée au pieux solitaire ne fut pas complètement dévastée par les barbares, car nous la trouvons énoncée dans la charte du roi Henri Ier, parmi les édifices que ce monarque abandonne à l’église de Paris. Saint-Séverin fut rebâti, sans doute, après la mort du prêtre Girauld qui en avait la jouissance pendant sa vie. La population de ce quartier s’étant rapidement augmentée, l’église fut érigée en cure, et le titre d’archiprêtre conféré à celui qui la desservait. Ce titre attribuait au pasteur qui en était honoré, une sorte de prééminence sur toutes les cures de ce district. Le document le plus ancien qui mentionne la cure de Saint-Séverin, est une sentence arbitrale rendue en 1210 ; cette sentence fixe la juridiction spirituelle de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l’étendue de la paroisse Saint-Séverin. Cette église a été rebâtie à différentes époques. Dès l’an 1347, le pape Clément VI avait accordé des indulgences pour faciliter sa reconstruction. Elle fut agrandie en 1489, et le 12 mai de cette année, on posa la première pierre de l’aile droite et des chapelles qui sont derrière le sanctuaire. Saint-Séverin se révèle aux yeux de l’observateur par sa tour dont la flèche et les huit clochetons chargés de dentelures dominent les maisons d’alentour. C’est du haut de cette tour que la cloche sonnait autrefois le couvre-feu pour le quartier de l’Université. Le portail de cette église était presque sans ornements. Sur la pierre on lisait deux inscriptions gravées en caractères gothiques ou scolastiques ; la première était ainsi conçue :

» Bonnes gens qui par cy passez,
» Priez Dieu pour les trespassez !… »

Des lions de pierre avaient été sculptés de chaque côté du portail ; ils remplaçaient sans doute d’autres lions de pierre qui soutenaient autrefois le siège où l’archiprètre venait s’asseoir pour rendre la justice. Nous avons lu plusieurs sentences portant cette formule : Datum inter Leones. Les portes de l’église, étaient autrefois chargées de fers à cheval ; ils attestaient une des pratiques pieuses de nos aïeux. « Quand un chrétien, dit Charles Nodier, se disposait à partir pour un voyage lointain, il venait invoquer le noble chevalier saint Martin, dans sa chapelle particulière, faisait rougir la clef de la chapelle au feu des thuriféraires, en marquait les flancs de sa haquenée, et clouait le fer à cheval votif à la porte du saint édifice. » — L’intérieur de Saint-Séverin doit exciter la curiosité des artistes. Il présente un ensemble régulier, surtout remarquable par la belle ordonnance de l’abside éclairée par un double rang de croisées. Les chapiteaux des colonnes, les nervures des voûtes à leurs points de jonction et d’arrêt, sont surchargés de culs-de-lampe et de sculptures de toutes espèces. Ces ornements admirables par leur grâce ou leur originalité, se composent de plusieurs sujets dont l’entrain et la vivacité sont inimitables. Les colonnes de la galerie inférieure du chœur, qui semblent appartenir au XVe siècle, se recommandent par le fini et la légèreté de leur exécution. Aux bas-côtés de la nef, plusieurs colonnes au lieu de chapiteaux, sont surmontées de figures de religieux couchés et réunis par la tête ; ils tiennent des banderoles. D’autres personnages grotesques ou comiques sont sculptés sur les arêtes des nervures dans les voûtes. Des vitraux d’un magnifique travail décorent l’abside. Le chœur subit d’importants changements en 1683 : le maître-autel dont on voit les restes maintenant, a coûté 24,400 livres, et a été exécuté par le fameux sculpteur Baptiste Tubi, d’après les dessins de Charles Lebrun. — Saint-Séverin est une des premières églises de Paris qui ait possédé des orgues. Un nécrologe manuscrit nous offre le passage suivant : « L’an 1358, le lundi après l’Ascension, maistre Regnault de Douy, eschollier en théologie à Paris, et gouverneur des grandes escholles de la parouesse de Saint-Severin, donna à l’église unes bonnes orgues et bien ordenées. » — Le magnifique buffet que nous voyons aujourd’hui, date de 1747. — On lisait autrefois une inscription singulière, sous la porte du passage qui communiquait à la rue de la Parcheminerie, près du cimetière Saint-Séverin ; la voici :

« Passant, penses-tu passer par ce passage,
____» Où pensant j’ai passé ;
» Si tu n’y penses pas, passant, tu n’es pas sage,
» Car en n’y pensant pas, tu te verras passé. »

Deux autres vers étaient gravés sur la porte même du cimetière. Ils avaient été composés par le fameux imprimeur Vitré, alors marguillier de Saint-Séverin :

« Tous ces morts ont vécu ; toi qui vis, tu mourras !
» L’instant fatal approche, et tu n’y penses pas ! »

Une sorte de célébrité était attachée à ce cimetière. Au mois de janvier 1474, les médecins et chirurgiens de Paris représentèrent à Louis XI : « que plusieurs personnes de considération étaient travaillées par la pierre, colique, passion et mal de côté ; qu’il serait très utile d’examiner l’endroit où s’engendraient ces maladies, qu’on ne pouvait mieux s’éclairer qu’en opérant sur un homme vivant, et qu’ainsi ils demandaient qu’on leur livrât un franc-archer, qui venait d’être condamné à être pendu pour vol, et qui avait été souvent fort molesté des dits maux. Louis XI accéda à leur demande, et la première opération de la pierre se fit publiquement dans le cimetière de Saint-Séverin. Après qu’on eut examiné et travaillé, ajoute la chronique, on remit les entrailles de dans le corps du dit franc-archer, qui fut recousu, et par l’ordonnance du roi, très bien pansé, et tellement qu’en quinze jours il fut guéri et eut rémission de ses crimes sans dépens, et il lui fut donné de l’argent. » — Nous ne devons pas omettre, en parlant de Saint-Séverin, une particularité touchante. Lorsque les nouvelles accouchées venaient entendre à cette église leur messe de relevailles, on leur posait sur les épaules un manteau fourré pour les préserver du froid.

L’église Saint-Séverin ne fut pas épargnée pendant la révolution.

7 pluviôse an II (26 janvier 1794). — « Sur la demande de la régie des poudres et salpêtres, le département charge le citoyen Dupont son commissaire, de se transporter sur le champ à la ci-devant église Saint-Séverin, à l’effet de vérifier les objets qui existent dans cette église, et qui gênent les opérations que la régie des poudres doit y faire pour l’exploitation du salpêtre, livrer sur le champ au ministre de la guerre, tous les effets qui y sont contenus ; les faire transporter dans le bâtiment national le plus voisin, à l’exception de l’orgue qui sera conservé, et mettra la dite église à la disposition de la régie des poudres, l’autorisant à faire à cet effet toutes levées et réappositions de scellés nécessaires. Signé Houzeau, Damesme, Lachevardière, Momoro, Dupin et Luilier, agent national. » — Depuis 1802, l’église Saint-Séverin est la seconde succursale de la paroisse Saint-Sulpice. Lors de la formation de la rue d’Arcole, sur l’emplacement des rues Saint-Pierre-aux-Boeufs et du chevet Saint-Landry, la petite église Saint-Pierre-aux-Bœufs dut être abattue. On eut l’heureuse idée d’appliquer, de greffer son joli portail sur l’église Saint-Séverin, qui est aujourd’hui l’un des monuments les plus curieux de Paris. — Depuis 1841, on a exécuté, sous la direction de MM. Lassus et Gréterin, architectes, des travaux de réparations à la façade occidentale de cet édifice. La dépense s’est élevée à 77,000 fr.

Séverin (rue des Prêtres-Saint-).

Commence à la rue Saint-Séverin, no 7 ; finit à la rue de la Parcheminerie, nos 16 et 20. Pas de numéro impair ; le dernier pair est 16. Sa longueur est de 79 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

C’était en 1244, la ruelle devant ou près Saint-Séverin. En 1260 et 1264, les titres de Sorbonne la nomment Vicus strictus Sancti-Severini, les actes du même temps ruelle ou ruellette Saint-Séverin. En 1489, on l’appelait ruelle de l’Archi-Prêtre. Le curé de Saint-Séverin, archiprêtre-né de l’église de Paris, y demeurait alors. Vers 1508, on disait simplement, ruelle au Prêtre ; enfin elle fut désignée sous la dénomination de rue des Prêtres-Saint-Séverin, parce que les prêtres qui desservaient cette église vinrent l’habiter. — Deux décisions ministérielles des 8 nivôse an IX, et 15 messidor an XII, signées Chaptal, fixèrent la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1837. Depuis cette époque elle a été considérablement élargie. L’église et les maisons nos 4,14 et 16, sont à l’alignement. Au milieu de cette rue on a établi un escalier qui empêche la circulation des voitures.

Séverin (rue Saint-).

Commence aux rues Saint-Jacques, no 2, et du Petit-Pont, no 24 ; finit aux rues de la Harpe, no 1, et de la Vieille-Bouclerie, no 23. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 117 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue dont la construction remonte à une haute antiquité, doit son nom à l’église Saint-Séverin. Cette voie publique a été élargie en vertu d’un arrêt du conseil du 7 janvier 1678. — Une décision ministérielle 8 nivôse an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 3 mars 1825, ont fixé la largeur de cette rue à 10 m. Propriété no 3, alignée ; 7, retranch. réduit 1 m. 60 c. ; 9, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 13, ret. réduit 2 m. 50 c. ; 15, ret. réduit 90 c. ; 17, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 2, ret. 3 m. 10 c. à 3 m. 60 c. ; 4, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 50 c. ; 6, ret. 3 m. 60 c. ; 8, ret. réduit 4 m. 20 c. ; 10, ret. réduit 4 m. 80 c. ; 12, ret. réduit 5 m. 20 c. ; 14, ret. réduit 4 m. 80 c. ; 16, ret. 3 m. 30 c. ; 18, ret. réduit 3 m. 40 c. ; 20, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 22, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 24, ret. réduit 1 m. 40 c. ; 26, 28, ret. réduit 3 m. ; 30, ret. réduit 4 m. 50 c., — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Sèvres (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de ce nom.

Cette barrière se compose d’un bâtiment orné sur ses quatre faces de porches formés chacun de trois arcades sur colonnes accouplées. Ce bâtiment est terminé par un petit étage en attique éclairé par des mezzanines. (Voir l’article Barrières.)

Sèvres (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Sèvres ; finit à la barrière des Paillassons. Pas de numéro. Sa longueur est de 463 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

(Voir l’article Chemins de ronde.)

Sèvres (rue de).

Commence aux rues du Cherche-Midi, no 2, et de Grenelle, no 1 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Sèvres et de Vaugirard. Le dernier impair est 171 ; le dernier pair, 132. Sa longueur est de 1,571 m. — 10e arrondissement. Tous les impairs et les pairs de 2 à 104 sont du quartier Saint-Thomas-d’Aquin, le surplus dépend du quartier des Invalides.

On la trouve désignée, au XIIIe siècle, dans des titres de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, sous le nom de la Maladrerie, parce que l’hôpital ainsi appelé y était situé. En 1641, on la nommait rue de l’Hôpital-des-Petites-Maisons. Elle doit sa dénomination actuelle au village de Sèvres, auquel elle conduit. — Deux décisions ministérielles des 23 frimaire an IX et 15 messidor an XII, signées Chaptal, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 11, 13 ; de 23 à 45, de 49 à 85, chapelle Saint-Vincent-de-Paul, partie du no 95, 97, 99, de 109 à 145 ; hôpital des Enfants-Malades, et de l’hôpital Necker à la fin ; 14, dépendances de l’Abbaye-aux-Bois, partie de l’hospice des Ménages ; de 28 à 50, de 54 à 76, 80, 84 ; de 92 à 104, dépendances des Jeunes-Aveugles, et de 116 à 126. — Égout : 1o entre la Petite-rue-du-Bac et la rue Saint-Maur ; 2o entre les rues des Brodeurs et Rousselet. — Conduite d’eau dans presque toute son étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

À l’angle de la rue du Cherche-Midi était situé le couvent des Prémontrés réformés. L’ordre des Prémontrés, fondé par saint Norbert, au XIIe siècle, avait à peu près perdu la bonne réputation que son ancienne discipline lui avait acquise, lorsque le père Daniel Picart, abbé de Sainte-Marie-aux-Bois, en Lorraine, conçut le dessein d’y introduire la réforme. Aidé par Gervais Lairuel, abbé de Saint-Paul-de-Verdun, il fit de nouveaux statuts, auxquels les papes donnèrent leur approbation. Alors une nouvelle congrégation se forma sous le titre de la Réforme de Saint-Norbert. Quoique confirmée par lettres-patentes de 1621, elle ne possédait point encore en 1660 d’établissement à Paris. Le chapitre général tenu cette même année à Saint-Paul-de-Verdun, résolut de créer une maison dont tous les couvents de l’ordre partageraient la dépense. Le père Paul Ferrier fut choisi pour faciliter l’exécution de ce projet. La reine Anne d’Autriche lui accorda sa protection, et ses libéralités permirent aux Prémontrés d’acheter en 1661, dans la rue de Sèvres, un grand terrain et une maison qu’on appelait les Tuileries. Ils obtinrent, en 1662, le consentement de l’abbé de Saint-Germain, et de nouvelles lettres-patentes, dans lesquelles le roi se déclare leur fondateur, et les qualifie de chanoines réguliers de la Réforme de l’étroite observance de l’ordre de Prémontré. La première pierre de l’église fut posée le 13 octobre 1662, par la reine-mère. Cet édifice devint bientôt trop petit, et fut rebâti en 1719, sur les dessins de Simonet, architecte. Supprimée en 1790, cette maison religieuse devint propriété nationale, et fut vendue le 1er prairial an V.

Au no 27 est la maison dite de l’Association des dames de Saint-Thomas-de-Villeneuve. Cette communauté fut fondée en 1659, par le père Ange Proust, augustin réformé de la province de Bourges et prieur du couvent de Lamballe. Cette fondation avait pour but de desservir les hôpitaux. L’utilité d’un tel établissement fut bientôt constatée. Louis XIV, auquel on en rendit compte, le confirma par lettres-patentes données en 1661. Cette bienfaisante institution répandit bientôt son heureuse influence dans toute la Bretagne. Paris possédait déjà plusieurs maisons de ce genre mais la misère, qui tend toujours à s’accroître dans les grandes villes, fit penser que les Filles-de-Saint-Thomas-de-Villeneuve pouvaient donner d’utiles secours aux malades. Le 16 août 1700, Jeanne de Sauvageot, dame de Villeneuve, acheta de Jacques-Joseph Guille une maison et un jardin situés dans la rue de Sèvres, et en passa déclaration au profit des Filles-de-Saint-Thomas. Cette communauté fut confirmée de nouveau par lettres-patentes du mois de juin 1726, et on lui permit alors d’acquérir jusqu’à 20,000 livres de rente. Ces religieuses étaient hospitalières et suivaient la règle de Saint-Augustin. Après la mort du père Ange, elles choisirent pour supérieur-général le curé de Saint-Sulpice. En 1793 on voulut assimiler leur maison à une communauté religieuse et s’emparer des biens qu’elle possédait. Quelques voix reconnaissantes protestèrent et obtinrent la conservation de cet établissement, uniquement consacré à l’éducation des pauvres et au soulagement des malades. Les pieuses dames de Saint-Thomas poursuivent encore aujourd’hui leur œuvre de charité.

Simon-le-Franc (rue).

Commence à la rue Sainte-Avoie, nos 25 et 27 ; finit aux rues du Poirier, no 16, et Beaubourg, no 2. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 147 m.7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette rue est très ancienne. Sauval parle d’un Simon Franque mort avant 1211. Ce qu’il y a de certain, dit Jaillot, c’est que suivant le cartulaire de saint Maur et saint Éloi, il y avait une rue de ce nom en 1237. Dès 1350, on disait rue Simon-le-Franc. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, sa moindre largeur a été portée à 10 m. Propriété no 1, ret. réduit 30 c. ; 3, 5, ret. réduit 1 m. ; 7, 9, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 20 c. ; de 13 à 17, ret. 2 m. 40 c. à 2 m. 80 c. ; de 19 à la fin, ret. 2 m. 60 c. à 3 m. ; 2, ret. réduit 4 m. 50 c. ; 4, ret. réduit 4 m. ; 6, 8, ret. réduit 3 m. ; 10, 12, ret. 2 m., 20 c. ; 14, alignée ; de 16 à 20, ret. 1 m. 58 c. à 2 m. 20 c. ; 22, ret. réduit 1 m. 70 c. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Singes (rue des).

Commence à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 10 et 12 ; finit à la rue des Blancs-Manteaux, nos 1 et 3. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 90 m.7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette voie publique, entièrement bordée de constructions en 1250, portait, en 1269, le nom de rue Pierre-d’Estampes. En 1300, Guillot l’appelle rue à Singes ; elle tenait ce nom d’une propriété dite la Maison aux Singes. — Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837. Propriétés du côté des numéros impairs, retranchement 2 m. 50 c. à 3 m. 40 c. ; propriétés du côté opposé, retranch. 2 m. à 2 m. 60 c. — Conduite d’eau depuis la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Sœurs (impasse des).

Située dans la rue des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel, entre les nos 4 et 6. Pas de numéro. Sa longueur est de 19 m. 50 c.12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette impasse, qui est indiquée sur le plan de Verniquet, doit son nom aux sœurs de charité qui vinrent s’y établir. Elle n’est pas reconnue voie publique. Sa largeur actuelle varie de 2 m. 10 c. à 3 m. 10 c.

Sœurs-Faubourg-Montmartre (cour des Deux-).

De la rue du Faubourg-Montmartre, no 44, à la rue Coquenard, no 7. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 16. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Formée à la fin du siècle dernier, on la nomma successivement impasse des Chiens et Coypel. Elle doit sa dénomination actuelle aux deux sœurs Deveau.

Sœurs-Faubourg-Saint-Antoine (cour des Deux-).

Située dans la rue de Charonne, no 24. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Cette cour fut bâtie en 1793. En 1800, les sœurs Lapille en firent l’acquisition et lui donnèrent le nom de cour des Deux-Sœurs.

Soleil-d’Or (passage du).

Commence à la rue de la Pépinière, no 10 ; finit à la rue Delaborde, no 1. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Ce passage, commencé en 1838, a été terminé en 1839. Il a pris sa dénomination d’un soleil doré placé à chaque porte.

Soly (rue).

Commence à la rue de la Jussienne, nos 5 et 7 ; finit à la rue des Vieux-Augustins, nos 32 et 34. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 78 m.3e arrondissement, quartier du Mail.

Cette rue, ouverte en 1548, doit son nom à sire Antoine Soly, échevin en 1549, sous la prévôté de maître Claude Guyot. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 8 m. en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 1 m. 60 c. à 2 m. ; de 2 à 12, ret. 3 m. à 3 m. 60 c. ; 14, 16, ret. 2 m. ; 18, ret. 3 m. 50 c. — Conduite d’eau depuis la rue de la Jussienne jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Sorbonne (église).

La Sorbonne, qui joua un si grand rôle dans notre histoire, ne devait être, dans l’esprit de son fondateur, qu’un modeste asile offert aux écoliers dont la pauvreté était reconnue. — Robert dit de Sorbon, parce qu’il était né à Sorbon, village près de Rhétel, fut le fondateur de ce collége, auquel il donna son nom. Cette fondation eut lieu au mois de février 1250. On lit dans la vie de saint Louis, par le confesseur de la reine Marguerite : « Le Benoict roy fit acheter mesons qui sont en deux rues assises à Paris, devant le palés des Thermes, esquelles il fit faire mesons bonnes et grandes, pour ce que écoliers étudiants à Paris demorassent là à toujours. » La fondation de ce collége fut confirmée par lettres du Saint-Siège, données par Alexandre IV, en 1259. Le but du fondateur avait été de rétablir au sein de l’Université l’ancienne école du Parvis, et de rendre à cette institution théologique toute l’illustration qui l’entourait au temps d’Abailard. L’Université, qui jalousait l’influence monacale, laissa aux membres de la Sorbonne autant de liberté et d’indépendance que leur profession pouvait en comporter. Les sorbonistes étaient divisés en sociétaires, sodales, et en simples hôtes, hospites. Le premier titre appartenait aux licenciés : plus tard il fut réservé aux docteurs. Le nombre des professeurs de la Sorbonne s’est élevé jusqu’à sept. Celui des auditeurs n’est pas connu, on sait seulement qu’il y en avait des quatre nations. Cette maison portait le nom de Congrégation des pauvres maîtres de la Sorbonne. Les sorbonistes conservèrent cette humble dénomination, jusqu’au moment où ils cessèrent de former un corps. La première dignité de cette congrégation était celle de proviseur. Son autorité était réglée par la communauté. Le prieur était le second dignitaire. Chargé de la police de la maison, il présidait les assemblées. Les bacheliers concouraient à son élection. Le soin de conserver les règles de l’institution était confié à quatre docteurs choisis parmi les plus âgés, on les appelait seniores. Les procureurs, procuratores, s’occupaient de la dépense et de la recette de la maison dont ils rendaient compte aux seniores. Il y avait en outre un bibliothécaire et des professeurs. Parmi ces derniers, on distinguait les lecteurs qui se chargeaient d’expliquer les textes d’enseignement ; les conférenciers qui présidaient aux discussions entre les clercs ; enfin les docteurs qui enseignaient en chaire la science théologique. — Cette bonne administration et l’excellence des études furent les causes de l’influence de la Sorbonne. Souvent elle dominait le peuple, les rois et les papes. Malheureusement sa puissance ne tourna pas toujours au profit de la France. Des noms flétrissants furent même donnés plusieurs fois à la Sorbonne ; ainsi, sous le règne de Charles VI, on l’appelait Sorbonne bourguignonne. En 1407, les ducs d’Orléans et de Bourgogne se disputaient le gouvernement de la France. Jean-sans-Peur se débarrassa de son antagoniste, en le faisant assassiner. Un docteur de la Sorbonne, Jean Petit, osa se charger de l’apologie de ce crime. Une assemblée fut convoquée à cet effet, le 8 mars 1408, à l’hôtel Saint-Paul. Le roi, le dauphin, les princes du sang et les notables y assistaient. L’assassin Jean-sans-Peur comparut, appuyé sur le bras du docteur Jean Petit. Le sorboniste raconta en chaire, et divisa l’éloge de l’assassinat en douze parties. Après avoir lâchement outragé la mémoire du duc d’Orléans, il soutint que la mort du tyran était une action vertueuse, plus méritoire dans un chevalier que dans un écuyer, et beaucoup plus admirable encore dans un prince que dans un chevalier. Pas une voix né s’éleva pour repousser l’affreuse doctrine de ce fanatique, et l’assemblée se sépara frappée de stupeur ! — Ce fut encore la Sorbonne qui pressa le plus vivement la mise en jugement de l’héroïque Jeanne d’Arc. En 1130, le duc de Bedfort adjugea la vierge de Vaucouleurs au docteur Jean Cauchon, sorboniste, qui la fit périr dans les flammes.

Les bâtiments et la chapelle Sorbonne tombaient en ruine, lorsque le cardinal de Richelieu se chargea de les faire reconstruire sur un plan beaucoup plus riche et plus vaste. Les bâtiments du collége furent commencés en 1629, et la chapelle en 1635. Le portail de l’église est de deux ordres, le premier, corinthien avec des colonnes engagées, et le second, composite, mais formé seulement par des pilastres qui répondent aux colonnes. Le portail, du côté de la cour, n’a qu’un seul ordre de dix colonnes isolées, élevé sur un perron d’environ dix marches, et couronné d’un fronton à l’imitation des anciens. Le dôme est accompagné comme celui du Val-de-Grâce de quatre campanilles et de statues. La coupole, peinte par Philippe de Champagne, est très bien conservée. Au milieu de la nef, on admire le tombeau en marbre du cardinal de Richelieu. C’est un des plus beaux ouvrages de Girardon. Le corps du ministre avait été déposé dans un caveau, au-dessous du mausolée. Le czar Pierre-le-Grand avait une si haute idée du génie de Richelieu, qu’à la vue de son tombeau il s’écria, transporté d’enthousiasme : « Oh grand homme ! si tu vivais, je te donnerais la moitié de mon empire pour apprendre de toi à gouverner l’autre. » — Pendant la révolution on voulut établir, dans l’église Sorbonne, un amphithéâtre pour les séances de l’école normale. Ce projet resta sans exécution. Le bâtiment fut endommagé, puis abandonné. Cette église après avoir été restaurée, a été rendue au culte le 10 juillet 1825. Choron, fondateur et chef de l’institution de musique religieuse, y conduisait ses élèves tous les dimanches. Depuis 1831, époque de la mort de Choron, les chants ont cessé. On dit cependant une messe, tous les jours, à huit heures du matin dans l’église Sorbonne. — Les bâtiments de l’ancien collége servent aujourd’hui aux facultés de l’écologie, des lettres et des sciences de l’académie.

Sorbonne (place).

Commence aux rues de Cluny, no 2, et Sorbonne, no 16 ; finit aux rues Neuve-de-Richelieu, no 1, et des Maçons. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 44 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Elle a été construite en 1639. En 1793, on lui donna le nom de Chalier, fougueux révolutionnaire décapité à Lyon. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 35 m. 50 c. Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celle no 5 qui devra subir un faible retranchement.

Au no 3 se trouvait une des entrées du collége de Cluny. Il fut fondé en 1269 par Yves de Vergy, abbé de Cluny, pour les religieux de son ordre. La chapelle était d’une belle architecture. Ce collége, qui occupait l’espace circonscrit par le passage des Jacobins (aujourd’hui rue des Grés), les rues de Cluny, de la Harpe et la place Sorbonne, a été supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut aliéné le 24 fructidor an V. La chapelle servit longtemps d’atelier au peintre David. C’est là que furent exécutées les belles pages du sacre de Napoléon, de la distribution des aigles, et du Léonidas. Elle a été démolie en 1834.

Sorbonne (rue).

Commence à la rue des Mathurins, nos 5 et 9 ; finit à la place Sorbonne, no 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 193 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Presqu’entièrement construite vers 1250, on la nommait alors rue des Portes ou des Deux-Portes. En l’année 1300, le poète Guillot l’appelle rue aux Hoirs-de-Sabonnes ; depuis, c’est la rue Sorbonne, en raison de sa proximité de la maison de Sorbonne. — Séance du jeudi soir (18 octobre 1792). « Vu la demande du procureur de la commune, tendant à ce que la rue de Sorbonne qui rappelle un corps aussi astucieux que dangereux, ennemi de la philosophie et de l’humanité, un corps enfin qui ne voulait voir que des docteurs là où l’on ne doit voir que des hommes, que cette rue porte désormais le nom de Catinat, nom d’un fameux guerrier, honnête homme né dans cette rue ; le conseil général arrête que cette rue portera désormais le nom de rue de Catinat ; qu’en conséquence le présent arrêté sera envoyé au procureur de la commune pour qu’il en suive l’exécution. » (Extrait des registres de la commune, tome 2, p. 171). — Une décision ministérielle en date du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1802, elle a repris la dénomination de rue Sorbonne. Le mur de clôture situé sur le côté des numéros impairs, à l’encoignure de la rue des Mathurins, une partie des dépendances de la Sorbonne et la propriété no 14, sont à l’alignement.

Soufflot (rue).

Commence à la place du Panthéon ; finit à la rue Saint-Jacques, no 149. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 83 m.12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Le plan annexé aux lettres-patentes de 1757, relatives à la construction de l’église Sainte-Geneviève et à la formation de ses abords, ne fait pas mention de cette rue. Cependant elle a été exécutée quelques années après sur l’emplacement d’une partie du collége de Lisieux. (Voir pour l’historique de ce collége l’article de la rue Jean-de-Beauvais.) Jaillot indique cette voie publique, mais sans dénomination. Le plan de Verniquet la désigne sous le nom de rue du Panthéon français. Le 24 frimaire an XIII, le ministre de l’intérieur Champagny approuva le prolongement de cette voie publique jusqu’au jardin du Luxembourg. La largeur de ce percement était fixée à 12 m. En 1807, la rue qui fait l’objet du présent article portait le nom de rue Soufflot. — Conformément à une décision ministérielle du 13 juin de la même année, la largeur de cette voie publique est déterminée ainsi qu’il suit, savoir : à 37 m. 56 c. à son entrée par la place, et à 31 m. du côté de la rue Saint-Jacques. Les propriétés nos 1, 3, 3 bis et 10 ne sont pas soumises à retranchement. — Une ordonnance royale du 9 août 1826 porte : « Article 1er. Il sera ouvert dans notre bonne ville de Paris 1o une rue de 14 m. de largeur en prolongement de la rue Soufflot, dans l’axe de l’église Sainte-Geneviève, depuis la rue Saint-Jacques jusqu’au jardin du Luxembourg. La portion de ladite rue, comprise entre la rue d’Enfer et le Luxembourg, sera plantée d’arbres et fermée la nuit par une grille, etc… » — En vertu d’une loi du 2 juillet 1844, relative à l’amélioration des abords du Panthéon, le prolongement de la rue Soufflot doit être exécuté en quatre années, à partir de la promulgation de cette loi.

Jacques-Germain Soufflot, célèbre architecte, naquit à Irancy, près d’Auxerre, en 1714. Dès son enfance il manifesta un penchant si prononcé pour l’architecture, que son père, qui s’était d’abord opposé à sa vocation, le laissa bientôt libre de la suivre. Il lui donna les meilleurs maîtres, et l’envoya en Italie pour étudier les œuvres des grands artistes. — Après trois années de laborieuses études à Rome, Soufflot envoya à Lyon son esquisse pour le dôme de l’église des Chartreux. Ce projet avait été reconnu tellement supérieur à tous les autres, qu’il fut adopté par acclamations. La ville de Lyon chargea bientôt l’artiste, dont elle avait apprécié le mérite, de construire l’Hôtel du Change, la Salle de Spectacle et l’Hôtel-Dieu. Soufflot mit le sceau à sa réputation en élevant la basilique de Sainte-Geneviève, connue aujourd’hui sous le nom de Panthéon. Nommé intendant des bâtiments du roi, Soufflot mourut le 29 août 1781.

Sourdière (rue de la).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 306 et 308 ; finit à la rue de la Corderie, nos 1 et 3. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 256 m.2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ce n’était au commencement du XVIIe siècle qu’une allée qui longeait le jardin de M. de la Faye, sieur de la Sourdière. En 1663, elle fut convertie en rue. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 9 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826. Propriétés de 1 à 9, retranch. 2 m. 80 c. à 3 m. 20 c. ; de 11 à 15, ret. 2 m. 30 c. à 2. m. 80 c. ; de 17 à la fin, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 30 c. ; de 2 à 8, redress. ; de 10 à la fin, alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La Fontaine a quelque temps habité la rue de la Sourdière. Aucun renseignement positif n’est venu jusqu’à présent signaler à l’hommage de ses concitoyens la demeure du grand fabuliste.

Sourdis (impasse).

Située dans la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, entre les nos 29 et 31. Pas de numéro. Sa longueur est de 11 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était au XIIe siècle la rue Chardeporc. Elle aboutissait alors à la rue de l’Arbre-Sec. Elle forma deux impasses lors de la reconstruction du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois. La première est connue aujourd’hui sous le nom d’impasse Courbaton (voir cet article). La seconde est l’impasse Sourdis. Elle tire son nom de l’hôtel ainsi appelé, qui appartenait, à la fin du XVIe siècle, à la marquise de Sourdis, tante de Gabrielle d’Estrées. On sait que la maîtresse de Henri IV mourut le 9 avril 1599, dans sa maison dite du Doyenné. Cet hôtel, situé devant le portail de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, communiquait à l’hôtel Sourdis par une porte qui ouvrait sur le cloître. — Il n’existe pas d’alignement arrêté pour l’impasse Sourdis dont la largeur actuelle est de 6 m. 80 c.

Sourdis (ruelle).

Commence à la rue d’Orléans, nos 3 et 5 ; finit à la rue d’Anjou, nos 19 et 21. Pas de numéro. Sa longueur est de 213 m.7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Cette ruelle, construite vers 1631, doit son nom à l’hôtel de Sourdis qui avait appartenu au cardinal de Retz, à ce prélat qui portait, pendant la guerre civile de la Fronde, un poignard en guise de bréviaire. Cette propriété, située dans la rue d’Orléans, no 9, appartenait avant la révolution à la maison de Cambis. Les bâtiments ont été entièrement reconstruits en 1840. Ils sont occupés aujourd’hui par les vastes ateliers de M. Denière, fondeur en bronze. — La ruelle Sourdis, qui forme équerre, est fermée à ses deux extrémités. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette ruelle dont la largeur actuelle est de 3 m.

Sourds-Muets (institution des).

Située dans la rue Saint-Jacques, no 254. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

1re Partie. — Hôpital Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Religieux de Saint-Magloire et Séminaire Saint-Magloire.

Les bâtiments de l’institution des Sourds-Muets, ayant été construits sur la plus grande partie de l’emplacement occupé autrefois par le séminaire Saint-Magloire, nous parlerons d’abord de cet ancien établissement. C’était dans l’origine un hôpital connu sous le nom de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Il fut fondé par des religieux qui lui donnèrent leur nom. Cet ordre parait être le même que celui de ces moines nommés Pontifices ou faiseurs de ponts. Ce ne fut d’abord qu’une société qui prit naissance en Italie, au milieu du XIIe siècle, et dont tous les membres s’étaient voués à l’occupation pénible de faciliter aux pélerins le passage des rivières, en faisant eux-mêmes des bacs et des ponts pour cet usage. « Aussi, dit le P. Hélyot dont nous rappelons ici l’opinion, ces religieux portaient-ils, comme marque distinctive, un marteau brodé sur la manche gauche de leur habit. » Cet institut qui trouva de nombreux protecteurs, forma dans la suite une espèce de congrégation religieuse dont le chef-lieu fut le grand hôpital de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, situé dans le diocèse de Lucques, en Italie. Ces religieux avaient sans doute pris leur nom d’un endroit appelé Haut-Pas ou Maupas, situé sur la rivière d’Arno, où fut créé le premier établissement de leur ordre. Jaillot pense qu’ils vinrent se fixer à Paris à la fin du XIIe siècle. Ces hospitaliers ne pouvant rendre au pays qu’ils venaient d’adopter tous les services auxquels ils s’étaient obligés par leur institut, cherchèrent d’autres moyens d’être utiles. Ils élevèrent un hôpital où ils reçurent les pélerins des deux sexes et leur prodiguèrent tous les secours de l’humanité et de la religion. Malgré la suppression de cet ordre par Pie II, en 1459, et la réunion de ses revenus à celui de Notre-Dame-de-Bethléem, la considération dont il jouissait en France engagea les hauts dignitaires ecclésiastiques à demander leur conservation. Antoine Canu, qui en était commandeur en 1519, avait fait reconstruire l’hôpital et une partie de la chapelle. Au mois de juillet de cette année, elle fut dédiée sous l’invocation de Saint-Raphaël-Archange et de Saint-Jacques-le-Majeur. Les habitants des faubourgs Saint-Jacques et Saint-Michel se trouvant trop éloignés des églises Saint-Médard, Saint-Hippolyte et Saint-Benoît, leurs paroisses, désiraient depuis longtemps l’érection de la chapelle Saint-Jacques-du-Haut-Pas en succursale. L’official accéda à leur demande en 1566. L’hôpital se trouvait alors, à ce qu’il paraît, dans le domaine du roi ; on voit qu’en 1554 il fut destiné à recevoir les soldats blessés. Vers 1561, le roi en faisait acquitter les dettes. L’ordre de Saint-Jacques-du-Haut-Pas allait s’éteindre en France, lorsque Catherine de Médicis, en 1572, fit transférer à Saint-Jacques-du-Haut-Pas les religieux de Saint-Magloire. Cette translation qui ne s’opéra que difficilement, et contre le gré de ces moines, fit naître de nombreuses contestations, et amena un tel relâchement des principes constitutifs de cet ordre, que Pierre de Gondi, évêque de Paris et abbé de ce monastère, se crut obligé de recourir à l’autorité du parlement qui, par son arrêt du 13 février 1586, ordonna que cette abbaye serait réformée, et nomma deux commissaires à cet effet. La réforme eut d’abord quelque succès, mais le nombre des religieux diminua successivement, et à un tel point, que Henri de Gondi, cardinal de Retz, résolut d’y établir un séminaire, ainsi qu’il en avait déjà manifesté l’intention. Il obtint au mois de juillet 1618 des lettres-patentes qui autorisèrent la fondation de cet établissement. Le cardinal confia aux pères de l’Oratoire la direction du nouveau séminaire. On a vu sortir de cette école pendant près de deux siècles, des sujets les plus distingués ; plusieurs ont su obtenir et mériter les plus hautes dignités ecclésiastiques. Par une transaction passée le 7 mars 1620, les oratoriens convinrent de laisser les religieux de Saint-Magloire habiter leur ancienne maison, et d’accorder à chacun d’eux une pension de 414 livres, ainsi que la prébende de l’église Notre-Dame qu’on avait affectée à leur mense. Le dernier de ces religieux y mourut en 1669. Les bâtiments de l’ancien hôpital de Saint-Jacques-du-Haut-Pas avaient été en partie reconstruits par les oratoriens. L’église n’avait rien de remarquable. Le séminaire de Saint-Magloire, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Une faible portion de ses bâtiments fut vendue les 2e jour complémentaire de l’an IV, et 24 germinal an VI. La presque totalité de cet établissement demeura dans les mains de l’État, qui affecta ces constructions aux Sourds-Muets.

2e Partie. Institution des Sourds-Muets.

Quelques essais avaient été tentés en Europe pour l’instruction de ces pauvres créatures. Pierre-Ponce et Jean Bonnet, en Espagne ; Wallis et Burnet, en Angleterre ; Emmanuel Ramirez de Cortone ; Pierre de Castro de Mantoue ; Conrad Amman, en Hollande ; Van Helmont, en Allemagne ; Pereire et Ernaud, en France, avaient instruit quelques sourds-muets isolément ; mais les travaux de ces premiers maîtres s’étaient arrêtés au bienfait d’une éducation individuelle, et n’avaient obtenu aucun de ces résultats que l’humanité proclame grands et utiles. En 1774, un homme sans protection, un prêtre sans bénéfice, s’efforçait de pénétrer dans l’âme du sourd-muet, de renverser la barrière que la privation d’un sens avait élevée entre lui et le reste des hommes. Il voulait créer à ces enfants une société où chacun pût apporter sa part d’intelligence à la ruche commune. Lui seul avait deviné toutes les ressources que le langage mimique pouvait offrir dans l’éducation des sourds-muets ; il s’empara de ce langage, l’étendit, le perfectionna, le construisit sur le modèle de nos langues conventionnelles, et le fit bientôt servir au développement intellectuel de ses élèves et à l’interprétation des mots. Une circonstance heureuse pour l’humanité révéla l’existence de l’abbé de l’Épée et de son intéressante école. Pendant son séjour à Paris, l’empereur Joseph II voulut assister aux leçons du vénérable ecclésiastique. Frappé d’admiration, il lui offrit une riche abbaye dans ses états. « Je suis déjà vieux, répondit de l’Épée, si votre majesté veut du bien aux sourds-muets, ce n’est pas sur ma tête déjà courbée vers la tombe qu’il faut le placer, c’est sur l’œuvre même. » L’empereur saisit la pensée de cet homme de bien, lui envoya l’abbé Storck qui, après avoir recueilli ses leçons, retourna en Allemagne fonder l’institution des Sourds-Muets de Vienne. Joseph II sut aussi faire partager ses sentiments d’admiration à la reine Marie-Antoinette, sa sœur, qui voulut voir l’abbé de l’Épée. Bientôt la foule se porta au modeste établissement des Sourds-Muets, et un arrêt du conseil du 21 novembre 1778 ordonna que cette école serait établie dans le couvent des Célestins. La constance de l’abbé de l’Épée devait supporter de nouvelles épreuves. Ce ne fut que sept ans après que le gouvernement s’occupa réellement de l’exécution de ce projet. En 1780, l’ambassadeur de Russie venait s’incliner devant l’abbé de l’Épée, le féliciter de la part de Catherine II, et lui offrir de riches présents. « Monsieur l’ambassadeur, répondit le pauvre prêtre, dites à sa majesté que je ne lui demande pour toute faveur que de m’envoyer un sourd-muet que j’instruirai. » — L’école de l’abbé de l’Épée fut transférée dans les bâtiments des Célestins en 1785. Alors cet établissement fut doté d’une gratification annuelle de 3,400 livres. L’abbé de l’Épée mourut à l’âge de 77 ans, en 1789, le 23 décembre, jour anniversaire de la naissance de Montyon. L’oraison funèbre de l’instituteur des Sourds-Muets fut prononcée le 23 février 1790, par l’abbé Fauchet, prédicateur ordinaire du roi, en présence d’une députation de l’assemblée nationale. L’école des Sourds-Muets à laquelle on affecta bientôt une dotation de 12,700 francs, fut transférée dans une partie des bâtiments du séminaire Saint-Magloire.

Loi du 26 ventôse an XI. — « Les bâtiments situés rue du Faubourg-Saint-Jacques, attenant le ci-devant séminaire Saint-Magloire, affecté à l’établissement des Sourds-Muets ; savoir : ceux sous les nos 346 (114), occupés par un corps-de-garde et le citoyen Adam ; et ceux sous les nos 358 (112) et 349 (113), habités par le citoyen Lepetit, marchand de charbon, sont et demeurent abandonnés à cet établissement pour les démolir et agrandir la porte d’entrée, à la charge par le dit établissement de supporter les indemnités auxquelles les locataires qui occupent les dits bâtiments pourraient avoir droit… » — Les nouveaux bâtiments de l’école des Sourds-Muets ont été construits en 1823, sur les plans de M. Peyre, architecte.

Spire (rue Saint-).

Commence à la rue des Filles-Dieu, nos 18 et 20 ; finit à la rue Sainte-Foy, nos 6 et 8. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 46 m.5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Les plans de la Grive et de Robert de Vaugondy, publiés, le premier en 1753, le second en 1760, ne donnent à cette rue aucune dénomination. Elle existait pourtant un siècle avant leur publication. En 1765, c’était la rue du Cimetière, en raison du cimetière Saint Sauveur qui y était situé. Elle prit plus tard, d’une enseigne, le nom de Saint-Spire, qui n’est qu’une altération de saint Exupère, premier évêque de Bayeux, au IVe siècle. — Une décision ministérielle, signée Laplace, et rendue sur le rapport du conseil des bâtiments civils du 28 brumaire an VI, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, cette largeur est portée à 8 m. Propriétés du côté des numéros impairs, alignées ; propriétés du côté opposé, retranch. 2 m. 80 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Stanislas (collége).

Situé dans la rue Notre-Dame-des-Champs, no 34. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ce n’était autrefois qu’un établissement particulier, sous la direction de M. Liautard. En 1822, il fut érigé en collége. Le 13 février de la même année, Louis XVIII désirant montrer tout l’intérêt qu’il portait à cet établissement, voulut bien permettre qu’on lui donnât un de ses noms. Ce collége, dirigé par des ecclésiastiques, occupe les bâtiments de l’hôtel Terray. — La ville de Paris a fait l’acquisition du collége Stanislas en vertu d’une ordonnance royale du 15 juin 1825.

Stanislas (rue).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 24 et 24 bis ; finit au boulevart du Mont-Parnasse, no 47. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 245 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Une ordonnance royale du 1er mars 1826 porte ce qui suit : « Article 1er. Le sieur Terray est autorisé à ouvrir sur son terrain une rue de 12 m. de largeur, pour communiquer de la rue Notre-Dame-des-Champs jusqu’au boulevart Mont-Parnasse, à Paris. — Art. 2e. Cette autorisation est accordée à la charge par l’impétrant : 1o de border la nouvelle rue de trottoirs en pierre dure d’une largeur qui sera déterminée par l’administration ; 2o de supporter les frais du premier établissement du pavage et de l’éclairage ; 3o de supporter également les dépenses des travaux à faire pour l’écoulement souterrain ou à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; 4o de se soumettre aux lois et règlements sur la voirie de Paris, etc. » La rue fut immédiatement ouverte, mais sans dénomination. — Une décision ministérielle du 24 décembre 1834, signée Thiers, a donné à cette voie publique le nom de rue Stanislas, en raison de sa proximité du collége ainsi appelé.

Stockolm (rue de).

Commence aux rues d’Amsterdam et de Londres ; finit aux rues de Vienne et du Rocher. Pas encore de numéro. Sa longueur est de 377 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Une ordonnance royale du 24 juin 1831, porte ce qui suit : « Article 1er. M. Hagerman, madame veuve et les héritiers Mignon sont autorisés à ouvrir sur les terrains dont ils sont propriétaires dans le nouveau quartier de Tivoli, à Paris, une rue de 12 m. de largeur, conformément au plan ci-annexé ; ladite rue communiquant du carrefour de Tivoli à la rencontre des rues de Vienne, du Rocher et de la Bienfaisance ; — Art. 2e. L’autorisation accordée aux impétrants pour l’ouverture de cette rue leur est donnée à la charge par eux d’exécuter toutes les conditions stipulées dans la délibération du conseil municipal de Paris du 20 octobre 1830, etc. » — Cette délibération impose aux impétrants les conditions suivantes : 1o de livrer gratuitement le terrain nécessaire à la formation de la rue ; 2o de faire établir à leurs frais des trottoirs de 1 m. 72 c. de largeur ; 3o de supporter les premiers frais d’établissement de pavage et d’éclairage de ladite rue ; 4o de pourvoir, si la chose est reconnue possible par l’administration, au moyen d’aqueduc ou d’égout, à l’écoulement des eaux pluviales et ménagères ; 5o de diriger par des chaîneaux et des conduits les eaux pluviales sur la rue. » — Cette voie publique fut immédiatement ouverte, et reçut le nom de rue de Stockolm, en raison de sa situation dans le quartier d’Europe. Stockolm est la capitale de la Suède. — Conduite d’eau depuis la rue d’Amsterdam jusqu’à la borne-fontaine.

Stuart (rue Marie-).

Commence à la rue des Deux-Portes, nos 5 et 7 ; finit à la rue Montorgueil, nos 70 et 72. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 114 m.– — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Des titres de 1390 prouvent que cette rue était alors complètement bâtie. Des filles publiques qui l’habitaient, lui firent donner le nom de rue Tire-V… Dès 1419, cette dénomination obscène était changée, et la rue s’appelait Tire-Boudin. Au sujet du changement de son ancien nom en celui de Tire-Boudin, Saint-Foix raconte sans examen l’anecdote suivante : « Marie-Stuart, femme de François II, passant dans cette rue, en demanda le nom ; il n’était pas honnête à prononcer. On en changea la dernière syllabe, et ce changement a subsisté. » Celui qui a fourni ce petit conte à cet écrivain a manqué d’exactitude. Marie-Stuart, reine d’Écosse, fut mariée à François II en 1558 ; dès 1419, le censier de l’évêché indique cette rue sous le nom de Tire-Boudin ; elle porte la même dénomination dans le compte des confiscations pour les Anglais, en 1420 et 1121. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m.

« Paris, le 25 juillet 1809. — Le ministre de l’intérieur par intérim, comte de l’empire, à M. le préfet de la Seine. Vous m’avez prévenu de la demande que forment les habitants de la rue Tire-Boudin, d’être autorisés à changer le nom de cette rue : j’accède très volontiers à leur demande ; mais il me semble que le nom de la rue du Grand-Cerf, qu’ils proposent de substituer à l’ancien, a quelque chose d’ignoble : ce nom de Grand-Cerf rappelle plutôt l’enseigne d’une auberge que le nom d’une rue. Je pense qu’il est plus convenable de lui donner le nom de la princesse à qui la rue Tire-Boudin dut son premier changement. Le nom de Marie-Stuart rappellera une anecdote citée dans tous les itinéraires de Paris. Ce changement devra s’effectuer, comme il est d’usage, aux frais des propriétaires des maisons qui bordent la rue. Signé, Fouché. » — Une ordonnance royale du 21 juin 1826 a fixé la largeur de la rue Marie-Stuart à 10 m. Maison no 1, retranch. 1 m. 55 c. ; 3, 5, alignées ; 7, ret. réduit 90 c. ; 9, ret. réduit 80 c. : 11, alignée ; 13, redress. ; 15, alignée ; 17, ret. 40 c. ; 19, ret. réduit 90 c. ; 21, ret. réduit 1 m. 30 c. ; 23, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 2, ret. 2 m. ; de 4 à 10, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. 30 c. ; 12, 14, ret. 3 m. 30 c. à 3 m. 80 c. ; 16, 18, ret. 3 m. 80 à 4 m. ; 20, ret. réduit 3 m. 70 c. ; 22, ret. réduit 3 m. 10 c. ; 24, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 26, ret. réduit 2 m. 40 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Suffren (avenue de).

Commence au quai d’Orsay, no 73 ; finit à l’avenue Lowendal, no 4. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le Champ-de-Mars ; le dernier pair est 16. Sa longueur est de 1,200 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Formée vers 1770, cette avenue a été cédée à la ville de Paris, en vertu d’une loi du 19 mars 1838. (Voyez avenue de La Bourdonnaye.) Sa largeur varie de 38 m. à 56 m. — Conduite d’eau entre la rue Dupleix et l’avenue Lowendal.

Pierre-André de Suffren, vice-amiral, bailli de l’ordre de Malte, naquit au château de Saint-Cannat, en Provence, le 13 juillet 1726, et mourut à Paris le 8 décembre 1788. Pour rendre hommage à la valeur de Suffren, les états de Provence avaient fait frapper une médaille à son effigie avec cette inscription qui résume ses glorieux exploits :

« LE CAP PROTÉGÉ, TRINQUEMALE PRIS,
» GONDELOUR DÉLIVRÉ, L’INDE DÉFENDUE,
» SIX COMBATS GLORIEUX.
» LES ÉTATS DE PROVENCE
» ONT DÉCERNÉ CETTE MÉDAILLE
» L’AN MDCCLXXXIV. »

Sully (rue de).

Commence à la rue de l’Orme ; finit au boulevart Morland et à la rue du Petit-Musc. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 248 m.9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Dès la fin du XVIIIe siècle, il était question de percer des rues dans l’enclos de l’Arsenal ; le document suivant nous en fournit la preuve :

« Louis, etc… Il sera incessamment et sans délai, à la diligence du procureur du roi et de la ville de Paris, fait un état des terrains, bâtiments et logements qui sont renfermés dans l’enclos de l’Arsenal, et de tous les terrains et bâtiments, et celui des fossés qui le bordent seront divisés par plusieurs rues de largeur suffisante, formées dans la direction la plus utile et la plus convenable, conformément aux plans qui nous seront présentés et qui seront par nous agréés, etc. Donné à Versailles au mois d’avril, l’an de grâce 1788, et de notre règne le 14e. » (Extrait de l’édit portant suppression de l’Arsenal de Paris, de son gouvernement et de sa juridiction.) — Ce projet n’eut point alors de suite. Le ministre de l’intérieur, Champagny, approuva, le 20 juin 1807, le projet d’une place à l’extrémité des quais Morland et des Célestins et le percement d’une rue de 12 m. de largeur qui, partant de celle place, devait aboutir au boulevart Bourdon.

« Au palais de Bayonne, le 16 juin 1808. — Napoléon, etc… Article 1er. Le préfet du département de la Seine est autorisé à traiter au nom de notre bonne ville de Paris, avec le sieur Carpentier, dans les formes prescrites par la loi du 16 septembre 1807, de l’acquisition d’une maison dont il est propriétaire à l’Arsenal, et dont la démolition devient nécessaire pour la formation de la nouvelle rue de Sully, etc… » — L’emplacement occupé par cette rue faisait anciennement partie de la cour du grand Arsenal. — Une ordonnance royale du 21 septembre 1841 a maintenu la largeur de 12 m., en modifiant toutefois les dispositions de l’alignement ministériel. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. Le numérotage de cette voie publique est irrégulier.

Maximilien de Béthune, duc de Sully, l’un des ministres dont la mémoire est restée chère à la France, naquit à Rosny le 15 décembre 1560, et mourut à Villebon le 21 décembre 1641.

Sulpice (église Saint-).

Située sur la place du même nom. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

L’époque de la fondation de Saint-Sulpice a donné lieu à de nombreuses discussions. Quelques écrivains en font remonter l’origine au commencement de la seconde race ; d’autres l’ont mise au rang des paroisses les plus modernes de Paris. Nous avons déjà constaté, dans le cours de cet ouvrage, l’ancienne habitude de bâtir des chapelles ou oratoires près des basiliques. Ainsi la chapelle Saint-Symphorien était située au midi et près de l’église Saint-Vincent, depuis Saint-Germain-des-Prés. — Une semblable chapelle, sous le nom de Saint-Pierre, existait au nord de cette basilique. Cet oratoire étant devenu trop petit pour la population qui s’augmentait chaque jour, on construisit une autre chapelle sous le vocable de Saint-Sulpice. Le premier acte qui la mentionne comme paroisse, est une sentence arbitrale du mois de janvier 1210. Au XVIe siècle, le faubourg Saint-Germain avait pris un tel développement, que Saint-Sulpice ne pouvait suffire au nombre toujours croissant de ses paroissiens.

Une nef fut ajoutée, sous le règne de François Ier, et six chapelles latérales en 1614. Ces additions ne donnèrent point encore à cette église les dimensions nécessaires. En 1643, il fut arrêté dans une assemblée de marguilliers qu’un nouvel édifice serait construit. Le 20 janvier 1646, Anne d’Autriche, régente du royaume, en posa la première pierre. La construction de cette église fut commencée sur les dessins de Christophe Gamart, qui fut bientôt remplacé par Louis Leveau. Ce dernier étant mort en 1670, la direction des travaux fut confiée à Daniel Gittard. Il acheva la chapelle de la Vierge, d’après le plan de son prédécesseur, construisit le chœur, les bas-côtés qui l’environnent, les deux croisées et le portail de gauche. Mais les dettes considérables contractées par la fabrique forcèrent, en 1678, d’interrompre tout à coup les travaux. En 1683, le curé et les marguilliers présentèrent au roi une requête pour demander des secours et la permission de réunir les paroissiens, pour aviser aux moyens de payer les dettes et d’achever les bâtiments de leur église. Les travaux ne purent être repris qu’en 1718, par les soins du curé de cette paroisse M. Languet de Gergy, qui déploya dans cette grande entreprise un zèle et une activité remarquables. Il ne possédait qu’une somme de 300 livres qu’il affecta à l’achat de quelques pierres, puis il annonça pompeusement la continuation des travaux. Son exemple, ses exhortations firent le reste. Il parvint à émouvoir ses nombreux et riches paroissiens. La piété de quelques uns, peut-être la vanité de plusieurs autres, surtout l’exemple si contagieux sur les hommes, lui ouvrirent toutes les bourses. Le roi ajouta, en 1721, le bénéfice d’une loterie. Ce monument fut d’abord continué sous la conduite de Gille-Marie Oppenord, directeur-général des bâtiments et jardins du duc d’Orléans. Cet architecte avait mis en usage ces ornements capricieux dont la profusion caractérise presque tous les ouvrages exécutés sous le règne de Louis XV. Les travaux de Saint-Sulpice se trouvèrent heureusement trop avancés pour qu’il en surchargeât davantage cet édifice.

Le portail, élevé sur les dessins de Servandoni, était presque terminé en 1745. Le 30 juin de cette année, l’église fut consacrée et dédiée sous l’invocation de la Sainte-Vierge, de Saint-Pierre et de Saint-Sulpice.

La beauté du portail, son caractère noble et imposant, l’harmonie qui règne dans toutes ses parties, attestent le goût et le génie de l’architecte. La longueur de ce portail est de 118 m. Il se compose de deux ordres, le dorique et l’ionique.

Aux deux extrémités, sont deux corps de bâtiments carrés qui servent de basé à deux tours ou campanilles qui ont 70 m. d’élévation, c’est-à-dire 3 m. de plus que les tours de l’église Notre-Dame.

Il paraît que Servandoni échoua dans la composition des tours. Elles étaient moins hautes qu’elles ne le sont aujourd’hui, et n’avaient qu’une ordonnance. Le curé et les marguilliers décidèrent qu’il fallait les reconstruire. Leur exécution fut confiée à un architecte médiocre, nommé Maclaurin, qui les éleva sur une double ordonnance ; la première était octogone et reposait sur un plan quadrangulaire, la seconde était de forme circulaire. Celle qui est située à l’angle méridional est de cet architecte.

En 1777, Chalgrin fut chargé de la reconstruction de ces deux tours, mais celle du nord a seule été rebâtie. Elle est composée de deux ordonnances : l’une sur un plan quadrangulaire et l’autre plus élevée sur un plan circulaire, quoique reposant sur un socle carré. Cette disposition est plus en harmonie avec l’architecture de la façade.

Entre les deux tours, Servandoni avait placé un fronton ; mais la foudre l’ayant dégradé en 1770, on le remplaça par une balustrade. Suivant l’opinion de plusieurs critiques, ces deux tours nuisent par leur aspect et leur isolement à l’effet général de l’édifice, et ressemblent assez aux jambages d’un meuble renversé.

À l’aplomb des tours sont deux chapelles : l’une est un baptistaire, et l’autre le sanctuaire du viatique. Elles sont ornées de statues allégoriques, sculptées par Boisot et Mouchi.

L’intérieur de Saint-Sulpice est d’un grand et noble effet. La longueur de l’édifice, depuis la première marche de la façade principale jusqu’à l’extrémité de la chapelle de la Vierge, est de 140 mètres. Sa hauteur, depuis le pavé jusqu’à la voûte, a 33 mètres. Les portes latérales offrent des niches extérieures où sont placées des statues de saints qui ont 3 mètres environ de proportion ; elles sont dues au ciseau de François Dumont.

Le chœur, entièrement construit sur les dessins de Gittard, est entouré de sept arcades dont les pieds droits sont ornés de pilastres corinthien ; cette ordonnance est aussi celle de la nef. En 1732 on posa solennellement la première pierre de l’autel principal.

La chapelle de la Vierge est remarquable entre toutes les autres par l’exécution de la statue et des groupes qui l’accompagnent, par son magnifique dôme et la manière ingénieuse dont il est éclairé.

Adroite, dans la chapelle de Saint-Maurice, sont des peintures à fresque exécutées par MM. Vinchon et de George.

On remarque également les bénitiers de cette église qui sont formés de deux coquilles dont la république de Venise fit présent à François Ier. On cite encore la chaire placée en 1789, comme une merveille de hardiesse et d’élégance, la tribune du buffet d’orgues qui est soutenue par des colonnes d’ordre composite. Ces orgues ont été fabriquées par Cliquot, célèbre facteur.

La ligne méridienne, établie au milieu de la croisée, est tracée sur le pavé avec les signes du zodiaque. À son extrémité septentrionale, elle se prolonge et s’élève sur un obélisque de 8 mètres de hauteur. Cette ligne méridienne fut établie en 1723, par Henri de Sully, pour fixer d’une manière certaine l’équinoxe du printemps et le dimanche de Pâques.

Cette église renfermait plusieurs monuments sépulcraux, parmi lesquels nous citons ceux de Barthélemy d’Herbelot, savant orientaliste, et de Jean Jouvenet, peintre.

En 1793, l’église Saint-Sulpice reçut le nom de Temple de la Victoire. Sous le Directoire Exécutif, les théophilanthropes y tinrent leurs séances, sous la présidence de La Réveillère-Lepaux, leur grand pontife. Le 15 brumaire an VIII (9 novembre 1799), on donna dans cet édifice un banquet au général Bonaparte ; enfin, en 1802, l’église Saint-Sulpice fut érigée en paroisse du 11e arrondissement. Elle a pour succursales Saint-Germain-des-Prés et Saint-Séverin.

Sulpice (place Saint-).

Située entre les rues Férou, du Pot-de-Fer, du Vieux-Colombier et du Petit-Bourbon. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 12. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette place a été formée sur une partie du terrain occupé par l’ancien séminaire Saint-Sulpice, dont nous allons rappeler l’origine. Jean-Jacques Ollier, abbé de Pébrac, avait établi, en 1611, un séminaire à Vaugirard. Nommé curé de Saint-Sulpice l’année suivante, il emmena avec lui ses associés, les logea dans son presbytère, et plaça dans une maison de la rue Guisarde quelques autres ecclésiastiques qui désiraient entrer dans cet établissement. Leurs exercices eurent lieu en commun ; mais le nombre des prosélytes devint si considérable, que le fondateur résolut d’en faire deux communautés distinctes. Au mois de mai 1645, il acheta une maison et un jardin situés dans la rue du Vieux-Colombier. Ce fut sur leur terrain que, du consentement de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, on construisit les bâtiments nécessaires à ces deux communautés. Le premier de ces établissements fut autorisé cette même année par lettres-patentes, enregistrées au grand conseil le 6 septembre 1646, à la chambre des comptes le 30 décembre suivant, et au parlement le 2 décembre 1650. La chapelle fut bénite le 18 novembre de cette dernière année : elle était remarquable par les belles peintures dont Lebrun l’avait décorée. — Le petit séminaire était situé dans la rue Férou. Il porta dans le principe le nom de Saint-Joseph, et fut fondé en 1686, dans une maison de cette rue, que la construction du portail Saint-Sulpice força de démolir. On transféra le 10 juin de l’année suivante, cet établissement dans une autre propriété, achetée par le séminaire, dans le haut de la rue Férou. On avait réuni, en 1694, à ce petit séminaire, une autre communauté, connue sous le nom de Sainte-Aure. Les sulpiciens furent supprimés en 1792, et les bâtiments de leur communauté devinrent propriétés nationales.

Projets qui se rattachent à la formation et à l’alignement de la place Saint-Sulpice.

1o D’après un plan dressé par Servandoni, la largeur de cette place était fixée à 120 m. sur 208 m. de longueur, et les constructions à élever devaient avoir des façades symétriques. On a seulement construit, d’après cette disposition, les bâtiments situés à l’encoignure de la rue des Canettes. La première pierre en fut posée le 2 octobre 1754. 2o Un plan adopté par le ministre de l’intérieur, L. Bonaparte, le 26 thermidor an VIII, indiquait de nouvelles dispositions qui consistaient à réduire les dimensions de la place et à terminer le côté opposé à l’église par une portion circulaire. — Un arrêté des consuls du 16 vendémiaire an XI prescrivit l’exécution de ce plan dans le délai de six années. « Au palais de Saint-Cloud, le 25 juin 1806. — Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er. L’arrêté du gouvernement, du 16 vendémiaire an XI, portant adoption d’un plan y annexé pour la formation d’une place demi-circulaire en avant de l’église paroissiale de Saint-Sulpice de la ville de Paris, est rapporté. — Art. 2e. Il sera substitué au plan indiqué par l’article ci-dessus un nouveau plan donnant à la place une forme rectangulaire d’une exécution moins coûteuse, mais pourtant symétrique, et susceptible de s’allier avec les embellissements de l’art, etc. Signé, Napoléon. » Un plan fut approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny, le 19 octobre 1806, en conformité de ce décret. 4o Un plan fut encore adopté par le ministre de l’intérieur, le 19 juillet 1808, qui maintint la forme rectangulaire, mais qui assigna une plus grande dimension à la place. 5o Une décision ministérielle du 20 décembre 1810 prescrivit les dispositions suivantes : 1o La place Saint-Sulpice sera portée jusqu’à la rue du Pot-de-Fer, et cette rue sera redressée et rendue parallèle au portail, par mesure de grande voirie, c’est-à-dire au fur et à mesure de la reconstruction des maisons ; 2o le système de décoration de la maison curiale construite au nord-est de cette place sera répété au sud-est, et la commune de Paris fera construire la nouvelle façade, sauf à revendre ensuite à son profit ces mêmes constructions avec le terrain ; 3o le surplus des bâtiments à construire au pourtour de la place Saint-Sulpice sera décoré à la volonté des propriétaires. — 6o Un décret du 24 février 1811 ordonna l’achèvement de cette place dans le courant de la même année. Les dispositions arrêtées en 1810 ont été confirmées par une décision ministérielle du 9 mai 1812. — Les constructions de 2 à 12 et celles qui dépendent du séminaire ne sont pas soumises à retranchement. — En 1838, la place Saint-Sulpice a été nivelée et plantée d’arbres. On construit en ce moment une fontaine monumentale d’après les dessins de M. Visconti, architecte. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Sulpice (séminaire Saint-).

Situé sur la place du même nom. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Nous avons dit à l’article précédent que les Sulpiciens furent supprimés en 1792. Rétablis en 1802, ils occupèrent la maison située à l’angle des rues de Vaugirard et du Pot-de-Fer, propriété qui appartenait autrefois aux Filles-de-l’Instruction-Chrétienne ou de la Très-Sainte-Vierge. « — Louis, etc… Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Il est fait abandon au séminaire diocésain de Paris, pour l’agrandissement de ce séminaire, du terrain libre ayant appartenu au séminaire de Saint-Sulpice, y formant un triangle qui se prolonge le long de la place Saint-Sulpice, de la rue Férou à celle du Pot-de-Fer ; ledit terrain placé entre les murs de clôture de l’ancien Petit Séminaire et les limites de la place Saint-Sulpice, etc. Donné au château des Tuileries, le 11 avril de l’an de grâce 1816, et de notre règne le 21e. Signé, Louis. » En 1820, on a commencé à construire, sur les dessins de M. Godde, architecte, un nouveau séminaire qui a été terminé dans ces dernières années par l’établissement d’une grille en fer qui entoure la façade principale de l’édifice. L’état a acquis en 1835 trois maisons situées dans l’impasse Férou, portant les nos 3, 5 et 7, pour servir d’emplacement à la construction d’une chapelle affectée au séminaire.

Surêne (rue de).

Commence à la place et à la rue de la Madeleine ; finit aux rues des Saussaies, no 18, et de la Ville-l’Évêque, no 25. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 350 m.1er arrondissement : les propriétés nos 7, 9 et 11, sont du quartier de la Place-Vendôme ; toutes les autres propriétés dépendent du quartier du Roule.

Elle a été alignée à la fin du siècle dernier, sur un chemin qui conduisait à Surêne. — Une décision ministérielle du 23 germinal an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 27 septembre 1836, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Le numérotage de cette rue est irrégulier. Les propriétés nos 7 et 9 devront être supprimées en grande partie pour l’exécution de l’alignement du boulevart de Malesherbes. La propriété située entre les nos 13 et 21, la maison faisant l’encoignure droite de la rue d’Anjou, celle à la suite, les propriétés nos 27, 29, 33, 35, 37, 37 bis, 41, la maison située sur le côté droit à l’encoignure de la rue de la Madeleine, et celles nos 18 et 22, sont à l’alignement. — Égout entre la place et la rue d’Anjou. — Conduite d’eau entre cette rue et celle des Saussaies. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Août 1844.


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