Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/T

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Tabletterie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 47 et 51 ; finit à la rue des Lavandières, no 32, et à la place Sainte-Opportune, no 2. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 56 m.4e arrondissement, quartier des Marchés.

Guillot, vers 1300, l’appelle rue de la Tabletterie. Dans un censier de l’évêché de 1495, elle est indiquée sous la dénomination de la Tabletterie aliàs de la Cordouannerie ou Sainte-Opportune. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 30 mai 1836. La même ordonnance a autorisé le préfet de la Seine à acquérir, soit de gré à gré, soit par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique, les bâtiments situés sur le côté droit de la rue de la Tabletterie. Cette amélioration a été terminée en 1838. Maison no 1, retranch. réduit 3 m. 50 c. ; 3, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 5, 7, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 15 c. ; 9, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 11, ret. réduit 2 m. 90 c. ; de 13 à la fin, ret. 3 m. à 3 m. 50 c. ; propriété à l’encoignure de la rue Saint-Denis, doit avancer d’un côté et reculer de l’autre ; de 4 à la fin, alignées. — Égout entre la place et la rue des Lavandières. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tacherie (rue de la).

Commence à la rue de la Coutellerie, nos 22 et 24 ; finit à la rue Jean-Pain-Mollet, nos 21 et 23. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 77 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dans les lettres de l’official de Paris, en 1261, elle est appelée la Juiverie-Saint-Bon. Il y avait alors dans cette rue une synagogue que Philippe-le-Bel, après l’expulsion des Juifs, donna en 1307 à un de ses valets nommé Pruvin. Dès l’année 1300 elle avait pris la dénomination de la Tacherie. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 4 m. à 7 m. 80 c. ; 2, ret. réduit 40 c. ; 4, ret. réduit 30 c. ; 6, ret. réduit 60 c. ; de 8 à la fin, alignées. — Conduite d’eau entre la rue Jean-Pain-Mollet et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Taille-Pain (rue).

Commence à la rue du Cloître-Saint-Merri, nos 10 et 18 ; finit à la rue Brisemiche, nos 3 et 5. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 74 m.7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

On l’a souvent confondue avec la rue Brisemiche, ainsi que nous l’avons dit à l’article de cette voie publique. Sur un plan manuscrit de 1512, elle est nommée Baillehoë. On lui donna ensuite le nom de Taille-Pain, parce qu’on y faisait la distribution des pains de Chapitre qu’on avait l’habitude de donner aux chanoines de la collégiale de Saint-Merri. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 8 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1836. La rue Taille-Pain qui forme équerre, est aujourd’hui fermée à ses deux extrémités. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. 2 m. 40 c. à 2 m. 80 c., à l’exception d’un bâtiment de 10 m. de face situé près de la rue Brisemiche, et qui est aligné ; propriétés du côté des numéros pairs, ret. 2 m. 50 c. à 3 m. 40 c.

Taitbout (rue).

Commence au boulevart des Italiens, nos 14 et 16 ; finit à la rue de Provence, nos 47 et 49. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 318 m.2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

« Louis, etc… Par arrêt aujourd’hui rendu en notre conseil d’état, nous y étant sur la requête de notre cher et bien amé Jacques-Louis-Guillaume Bouret de Vezelay, trésorier général de l’artillerie et du génie, etc., nous avons conformément à icelui par ces présentes signées de notre main, dit et ordonné, disons et ordonnons ce qui suit : Article 1er. Il sera ouvert aux frais du sieur Bouret de Vezelay, une rue de 30 pieds de largeur, dans le terrain par lui acquis à titre d’emphytéose, des religieux Mathurins, au quartier du Faubourg-Montmartre, la quelle aboutira d’un bout sur le rempart de la ville en face de la rue de Grammont, à travers un terrain dont le dit sieur Bouret de Vezelay est propriétaire, et par l’autre bout dans la rue de Provence, formant un coude dans le milieu ou environ de sa longueur, et au surplus alignée droite et les deux côtés parallèles. — Art. 2e. Voulons que la dite rue soit nommée rue Taitbout. — Donné à Compiègne le 13e jour d’août 1773, et de notre règne le 58e. Signé Louis. »

L’exécution de ces lettres-patentes rencontra une assez vive résistance de la part des trésoriers de France, en ce qui concernait le coude à former au milieu de la nouvelle rue. Ces lettres furent néanmoins registrées au parlement le 25 février 1775, et la rue Taitbout fut tracée et ouverte le 4 octobre de la même année, conformément aux dispositions arrêtées par le roi. Mais les trésoriers de France obligèrent M. Bouret de Vezelay à former une autre branche de rue qui, partant du coude de la rue Taitbout, devait aboutir au rempart. M. Bouret de Vezelay se soumit à cette condition, mais n’étant point propriétaire de tous les terrains que devait traverser le percement, il ne put établir qu’une impasse qui prit le nom d’impasse Taitbout, et qui plus tard, au moyen de son prolongement jusqu’au boulevart des Italiens, est devenue la rue du Helder (voyez cet article). — Une décision ministérielle du 10 prairial an XII, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 16 avril 1831, ont maintenu la largeur primitive de la rue Taitbout. — M. Taitbout était greffier du bureau de la Ville en 1775. — Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception d’une partie de la propriété no 1, qui devra reculer de 60 c. à 1 m. — Égout entre les rues du Helder et de Provence. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tannerie (rue de la).

Commence à la place de l’Hôtel-de-Ville, nos 7 et 7 bis ; finit à la rue de la Planche-Mibray, nos 8 et 10. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 156 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Dès l’année 1300, elle portait le nom de rue de la Tannerie, qu’elle tenait des tanneurs qui étaient venus l’habiter, en raison de sa proximité de la rivière. En 1348, selon Sauval, elle s’appelait ruelle de la Planche-aux-Teinturiers. Elle prit, dans la suite, le nom de l’Écorcherie, en raison des bouchers qui l’occupaient. Sa première désignation a prévalu. « Arrêt du conseil, 24 février 1673. — Le roy s’estant fait représenter en son conseil l’arrest rendu en iceluy le 28 octobre dernier, par lequel sa majesté auroit ordonné l’exécution de l’édit du 2 décembre 1577, et de l’arrest de la cour de parlement du 6e may 1623, rendu en conséquence pour la translation des tanneurs et tinturiers de la rue de la Tannerye, où ils sont à présent estably, en un autre lieu commode èz-environs de la d. ville, et qu’à cest effect, assemblée seroit faicte en l’Hostel de la d. ville des conseillers, quartiniers, et de tel nombre de notables bourgeois que les dits prevost des marchands et eschevins jugeroient à prospos de mander pour adviser aux moyens de pourvoir à la salubrité de la dite ville, et du lieu le plus proche èz-environs d’icelle où l’on pourroit placer les tanneurs, teinturiers et mégissiers, pour le procès-verbal faict et rapporté être par sa majesté ordonné ce qu’il appartiendroit ; et veu le procès-verbal de la d. assemblée du 7 février 1673, en laquelle les d. tanneurs et tinturiers qui sont logés dans la dite rue de la Tannerye, et ceux qui sont dans les autres quartiers de Paris sur le bord de la rivierre, seront tenus de se retirer dans un an du jour du présent arrest dans le quartier Saint-Marcel et Chalyot, aux maisons estant sur le bord de la rivierre, ou autres lieux qui seront par eux indiqués qui ne se trouveront point incommoder au publicq, nonobstant la quelle translation, les d. tanneurs et teinturiers qui se retireront de la dite rue de la Tannerye et autres du dedans de Paris conserveront tous leurs privilèges et exemptions de leurs mestiers, et en qualité de bourgeois de Paris, dont ils jouissent, à l’effect de quoy leur seront tous arrêts et lettres expédiés. Enjoignant sa majesté à tous ses officiers de les maintenir et garder en la jouissance des d. privilèges, et de favoriser en toutes choses la ditte translation, et aux dits prevost des marchands et eschevins de tenir la main à l’exécution du présent arrest qui sera exécuté nonobstant oppositions ou appellations quelconques et sans préjudice d’icelles, dont si aucunes interviennent, sa majesté s’est réservé et à son conseil la connaissance, icelle interdite à toutes ses autres cours et juges. Signé d’Aligre et Colbert. » (Archives du royaume, section administrative, série E, no 1,770.)

Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837. Propriétés de 1 à 7, retranch. 3 m. 40 c. à 4 m. 30 c. ; de 9 à 17, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. 30 c. ; de 19 à 27, ret. 1 m. 70 c. à 2 m. 40 c. ; de 29 à 35, seront supprimées presqu’entièrement, tant par l’alignement de la rue de la Tannerie que par celui de la rue des Teinturiers ; de 37 à la fin, ret. 4 m. 20 c. à 5 m. 30 c. ; de 2 à 18, alignées ; 20, ret. réduit 40 c. ; 22, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 24, ret. réduit 1 m. 80 c. ; 26, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 28, pas de retranch. ; 30, redress. ; 32, ret. réduit 80 c. ; de 34 à 40, ret. 1 m. 10 c. à 1 m. 90 c. ; 42, alignée. — Éclairage au gaz (compe Française).

Tannerie (rue de la Vieille-).

Commence aux rues de la Tuerie et de la Vieille-Lanterne ; finit à la rue de la Vieille-Place-aux-Veaux, nos 10 et 12. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 20 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Cette rue existait dès le XIIe siècle. Des tanneurs qui vinrent l’habiter lui firent également donner le nom de la Tannerie. Sauval dit qu’elle s’est appelée rue des Crénaux. — Deux décisions ministérielles : l’une du 11 octobre 1806, signée Champagny ; l’autre du 21 juin 1817, ont fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 80 c. à 2 m.

Taranne (grande rue).

Commence à la rue Saint-Benoît, nos 36 et 38 ; finit à la rue des Saints-Pères, nos 53 et 57. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 172 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Ouverte au milieu du XIVe siècle, elle était appelée indifféremment rue aux Vaches, rue de la Courtille, rue Forestier. En 1418, elle prit le nom de rue de Terrennes, en l’honneur de Simon de Terrennes, échevin en 1417, sous la prévôté de sire Guillaume Kiriasse. La dénomination actuelle de cette voie publique n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette rue à 9 m. 50 c. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette moindre largeur est portée à 12 m., et sa plus grande largeur à 23 m. Les maisons nos 1, 3, 5 et 7 sont seules soumises à retranchement, savoir : celle no 1, de 2 m. 50 c. à 3 m. 20 c. ; no 3, de 1 m. 80 c. à 2 m. 50 c. ; no 5, de 1 m. 30 c. à 1 m. 80 c. ; no 7, de 1 m. environ. — Portion d’égout du côté de la rue des Saints-Pères. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Taranne (petite rue).

Commence à la rue de l’Égout, nos 6 et 8 ; finit à la rue du Dragon, nos 15 et 17. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 119 m.10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été formée à la même époque que la grande rue du même nom. — Une décision ministérielle du 2 messidor an VIII signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 80 c. à 1 m. 30 c. — Conduite d’eau entre les rues du Sabot et du Dragon. — Éclairage au gaz (compe Française).

Teinturiers (rue des).

Commence à la rivière ; finit à la rue de la Vannerie, nos 31 et 35. Pas de numéro. Sa longueur est de 58 m.7e arrondissement, quartier des Arcis.

Elle était presqu’entièrement bordée de constructions sous le règne de Louis-le-Jeune. Tous les actes ne l’ont d’abord désignée que comme une ruelle allant de la Tannerie en la Vannerie. L’extrémité de cette rue s’est appelée de l’Archet, puis du Naret et des Trois-Bouteilles. Elle doit son nom actuel aux teinturiers qui vinrent l’habiter, en raison de sa proximité de la rivière. Un arrêt du conseil du 24 février 1673 ordonna aux teinturiers de quitter cette voie publique pour aller s’établir dans les quartiers Saint-Marcel et de Chaillot. — Une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 juin 1837, cette largeur a été portée à 10 m. Cette rue n’a encore aujourd’hui dans une partie de son étendue qu’une largeur de 1 m. 20 c., et n’est point éclairée. Sur le côté droit, la maison faisant l’encoignure de la rue de la Vannerie est alignée ; les autres propriétés devront généralement subir un retranchement considérable. La partie de la rue des Teinturiers qui communique à la rivière est fermée par une grille.

Temple (boulevart du).

Commence aux rues des Filles-du-Calvaire, no 29, et des Fossés-du-Temple, no 1 ; finit aux rues du Temple, no 108 bis, et du Faubourg-du-Temple, no 2. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 92. Sa longueur est de 527 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

La formation de ce boulevart a été ordonnée par un arrêt du conseil du 7 juin 1656. Situé près de l’enclos du Temple, ce boulevart en a retenu la dénomination. La largeur de la chaussée est de 20 m. Les constructions qui bordent le côté gauche de cette voie publique sont établies à 2 m. de distance du centre des arbres de la contr’allée et ne devront subir aucun retranchement. Celles qui longent le côté opposé ont été élevées d’après un alignement en plusieurs lignes qui donnent à ce boulevart une largeur irrégulière. Les maisons nos 30, 32, 86, 88 et 92, sont seules soumises à retranchement. Une ordonnance royale du 17 août 1825 a consacré les dispositions qui précèdent. — Bassin d’égout. — Conduite d’eau entre la rue de Saintonge et le passage Vendôme. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le boulevart du Temple rappelle de tristes souvenirs. Le 28 juillet 1835, le roi, entouré de ses fils, de ses maréchaux et de plusieurs ministres, passait la revue de la garde nationale. Le cortège arrivait devant le jardin Turc ; tout-à-coup le bruit d’une décharge se fait entendre. Un maréchal de France tombe mort, des officiers supérieurs, des femmes, des enfants sont frappés. Un hasard providentiel sauva le roi. La maison où Fieschi avait placé ses batteries meurtrières a été reconstruite en 1842 ; elle porte aujourd’hui le no 50.

Temple (chapelle du).

Située dans la rue du même nom, no 80. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ce petit monument sert d’oratoire aux religieuses Bénédictines de l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. Leur couvent a été fondé en 1814 par mademoiselle de Condé, dans l’ancien hôtel du grand prieur qui avait été restauré en 1812, pour loger le ministre des cultes. La chapelle a été construite en 1823, sa façade présente un portique formé de deux colonnes d’ordre ionique qui supportent un fronton triangulaire. On a mis sur la plinthe ces deux mots latins : Venite adoremus. L’ordre ionique règne également dans l’intérieur de cette chapelle. L’autel est décoré d’une sainte famille, d’un saint Louis et d’une sainte Clotilde, par Lafond. — La chapelle du Temple est le seul édifice qui nous rappelle l’ordre des Templiers dont nous allons retracer l’origine.

Fondé à Jérusalem, l’ordre des Templiers ne se composait que de six religieux et du grand-maître, lorsqu’ils quittèrent la Palestine pour venir faire des prosélytes en Europe. Ils se présentèrent en 1128, au concile de Troyes. Le pape Honoré II les accueillit avec une bienveillance extrême et confirma la fondation de l’ordre. Les chevaliers du Temple firent d’immenses progrès, et ne tardèrent pas à établir à Paris le siège de la puissance qu’ils exercèrent jusqu’à l’époque de leur suppression.

L’enclos du Temple était au XIIIe siècle d’une étendue si considérable qu’il renfermait tout l’espace compris entre le faubourg du Temple et la rue de la Verrerie, et occupait une partie du marais qu’on nommait aussi la Culture du Temple.

C’était au Temple que Philippe-Auguste et Philippe-le-Hardi déposaient leurs trésors. Les bâtiments habités par les chevaliers étaient aussi magnifiques que les résidences royales. Pendant le séjour qu’il fit à Paris en 1254, le roi d’Angleterre, Henri III, choisit le Temple pour sa demeure, de préférence à celle que saint Louis lui avait offerte dans son palais de la Cité.

Après l’extinction de l’ordre, en 1313, le manoir du Temple fut abandonné aux chevaliers de saint Jean de Jérusalem qui héritèrent de tous les biens des Templiers.

Le Temple devint ainsi le séjour des grands prieurs de l’ordre de Malte.

Philippe de Vendôme qui s’était distingué au siège de Candie, à la prise de Namur et dans le Piémont, fut en sa qualité de prince du sang et de chevalier de Malte, nommé grand prieur. La régence commençait alors, et Vendôme voulut surpasser dans son prieuré la licence de l’époque. Les soupers du Temple devinrent fameux et surpassèrent ceux du Palais-Royal, par le choix et l’esprit des convives. La Fare y brillait de tout l’éclat de sa gaité ; Chaulieu qui habitait dans l’enceinte du Temple une jolie maison, était le convive habituel du prieur ; le spirituel poète, presque octogénaire, y chantait encore l’amour et le vin. Mademoiselle de Launay venait y apporter ses réparties piquantes et un cœur sensible. Jean-Baptiste Rousseau fut admis à ces soupers, mais la manière dont il en parle fait croire qu’on ne le jugea pas digne d’une initiation complète, ou bien que l’ironie seule lui a dicté ce passage de son épître à Chaulieu :

____« Par tes vertus, par ton exemple,
» Ce que j’ai de vertu fut très bien cimenté,
____« Cher abbé, dans la pureté
____« Des innocents soupers du Temple. »

La pureté des soupers du grand prieur et de Chaulieu est une figure de rhétorique, dont Philippe de Vendôme a dû beaucoup rire. — À Philippe de Vendôme succéda le prince de Conti qui, en 1770, ouvrit la porte du Temple à Jean-Jacques Rousseau. Le philosophe de Genève, pauvre, poursuivi par des ennemis, obsédé par des fantômes que créait son imagination, vint cacher sous ces murs féodaux la célébrité qui suivait l’auteur d’Émile. Le prince eut l’insigne honneur de protéger l’écrivain.

Le Temple a été le dernier lieu d’asile ouvert aux criminels, aux prévenus politiques et aux débiteurs. Ce droit a subsisté jusqu’au commencement de la révolution. C’était pour le grand prieur la source d’un revenu très considérable, car tous les bâtiments de l’enclos étaient loués plus cher que les plus beaux hôtels de Paris. Les gardes du commerce, les agents d’affaires, les huissiers se mettaient continuellement aux aguets devant la porte. Le dimanche seulement on pouvait sortir de l’enceinte sans crainte d’être arrêté.

Ce fut dans le donjon du Temple que l’infortuné Louis XVI et sa famille furent conduits, le 14 août 1792, à une heure du matin, trois jours après que l’Assemblée nationale eût prononcé la déchéance du roi. Pendant que les augustes prisonniers gémissaient au Temple, l’orage éclatait au dehors. Un jour, une troupe de furieux, parmi lesquels on distinguait un homme portant au bout d’une pique la tête d’une femme, pénétra dans les jardins du Temple, en criant à la reine : « C’est la tête de la Zamballe que nous voulons te montrer. »

Louis XVI, dès le commencement de son procès, fut entièrement séparé des siens. Il fallut un décret de la Convention pour qu’il lui fût permis de faire à sa femme, à sa sœur et à ses enfants, un éternel adieu. Louis XVI sortit du Temple le 21 janvier 1793 pour monter sur l’échafaud. Quelques efforts désespérés furent tentés par des hommes généreux pour enlever les prisonniers du Temple ; mais les obstacles furent plus grands que le dévouement. On ne pouvait sauver que la reine ; mais elle refusa d’abandonner sa famille. Bientôt on lui enleva son fils, et le 16 octobre Marie Antoinette sortit du Temple pour aller au supplice.

Le 9 mai 1794, la sœur du roi, Madame Élisabeth, quitta le Temple pour aller à la Conciergerie. Fouquier la traduisit au tribunal révolutionnaire, avec vingt-quatre autres personnes accusées de contre-révolution. Tous les accusés furent condamnés à mort. Quand le sang des vingt-quatre fut épuisé, le bourreau s’empara rudement de Madame Élisabeth. Le fichu qui couvrait le sein de la jeune femme tomba : « Au nom de votre mère, monsieur, couvrez-moi ! » dit-elle avec émotion. Le bourreau obéit à sa voix ; alors la sainte de la révolution sourit, et mourut !

Ainsi de la famille royale il ne restait plus au donjon que deux jeunes enfants depuis longtemps séparés l’un de l’autre. Louis XVII avait été plus étroitement renfermé depuis les tentatives qui avaient été faites pour le sauver. Il fut enlevé à sa mère, puis livré à l’ignoble cordonnier Simon. Depuis ce moment l’existence du pauvre enfant ne fut plus qu’une lente agonie que la mort termina le 8 juin 1795. Sa sœur, la duchesse d’Angoulême, fut la seule qui sortit de cette prison funeste, après avoir été témoin pendant trois ans des souffrances de toute sa famille. Au mois de décembre 1795, elle quitta le Temple et fut échangée contre quatre commissaires de la Convention, prisonniers des Prussiens.

La tour du Temple fut habitée par d’autres personnages célèbres. — Sir William Sidney Smith, amiral anglais, fait prisonnier le 20 avril 1796, fut amené à Paris, puis enfermé au Temple, d’où ses amis l’enlevèrent le 10 mai 1798. — Toussaint Louverture, chef de l’insurrection de Saint-Domingue, entra au Temple le 7 août 1800. Il en sortit quelque temps après et fut conduit au fort de Joux, où il mourut en 1803.

Le général Pichegru, mis au Temple le 4 septembre 1797, fut le lendemain condamné à la déportation et partit immédiatement pour la Guyane. Arrêté une seconde fois à Paris, il fut de nouveau conduit au Temple ; il s’y étrangla avec sa cravate le 6 avril suivant. — Wright, capitaine de la marine anglaise, accusé d’avoir débarqué en 1803 et 1804 des Vendéens sur les côtes de France, fut arrêté et emprisonné au Temple, à la même époque que Pichegru. L’officier anglais se coupa la gorge avec un rasoir le 27 octobre 1805.

Moreau, Lajollais, Cadoudal, le marquis de Rivière, les frères Polignac, ont été également enfermés dans la tour du Temple, qui fut démolie vers 1811.

L’ordre de Malte avait été supprimé en 1790, et la vaste propriété du Temple qui lui appartenait fut séquestrée par la nation. Sur l’emplacement de cet immense terrain, on construisit en 1809 la halle au Vieux-Linge, la place de la Rotonde-du-Temple, les rues Caffarelli, Dupetit-Thouars, Dupuis, Perrée et de la Petite-Corderie.

Temple (place de la Rotonde-du-).

Commence à la rue de Beaujolais, nos 20 et 23 ; finit à la rue de la Petite-Corderie, no 4. Sa longueur est de 106 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle a été construite en 1809, sur une partie de l’enclos du Temple (voir l’article de la halle au Vieux-Linge). — Une décision ministérielle du 9 septembre 1809, signée Fouché, et une ordonnance royale du 31 mars 1835, ont déterminé pour cette place des alignements qui lui donnent la forme d’un carré long. Presque toutes les constructions sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Temple (rotonde du).

Située dans la place de ce nom. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle a été construite en 1781, par Pérard de Montreuil, sur une partie de l’enclos du Temple. Devenue propriété nationale, elle a été vendue par le domaine de l’État, le 21 frimaire an VI. Sa superficie est de 1,070 m.

Temple (rue des Fossés-du-).

Commence à la rue de Ménilmontant, no 1, et au boulevart du Temple ; finit à la rue du Faubourg-du-Temple, nos 2 et 4. Le dernier impair est 77 ; le dernier pair, 74. Sa longueur est de 631 m.6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette rue est ainsi dénommée parce qu’elle a été ouverte sur les fossés du Temple qui bordaient le rempart. Depuis une vingtaine d’années seulement cette voie publique est bordée de constructions importantes. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette rue à 10 m. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles ci-après : dépendances du théâtre des Folies-Dramatiques, nos 75, 77, encoignure de la rue du Faubourg-du-Temple, partie du no 6, 72 et 74. — Égout et conduite d’eau entre la rue Crussol et le théâtre de la Gaîté. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Temple (rue du).

Commence aux rues Michel-le-Comte, no 2, et des Vieilles-Haudriettes, no 14 ; finit aux boulevarts Saint-Martin, no 1, et du Temple, no 49. Le dernier impair est 139 ; le dernier pair, 108 bis. Sa longueur est de 812 m. — De 1 à 27, 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie ; de 29 à la fin, 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs ; de 2 à 78, 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété ; de 78 bis à la fin, quartier du Temple,

Elle doit son nom à la maison des Templiers qui existait déjà à la fin du XIIe siècle, et à laquelle elle conduisait. Dès 1235, on l’appelait rue de la Milice-du-Temple. En 1252, c’était la rue de la Chevalerie-du-Temple. — Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 28 juin 1826. Propriétés de 1 à 17, retranch. 2 m. 50 c. à 2 m. 80 c. ; 19, alignée ; de 21 à 27, ret. 2 m. 40 c. à 2 m. 70 c. ; 29, alignée ; du second no 29 à 33, ret. 2 m. 30 c. à 2 m. 90 c. ; 35, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 37, ret. réduit 1 m. 50 c. ; de 39 à 45, ret. 90 c. à 1 m. 60 c. ; de 47 à 61, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 60 c. ; 63, alignée ; de 65 à 69, ret. 1 m. 50 c. à 1 m. 70 c. ; 71, ret. 1 m. 80 c. ; 73, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 75, 77, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 40 c. ; de 79 à la fin, alignées ; de 2 à 10, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. ; 12, ret. réduit 2 m. ; de 14 à 18, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 10 c. ; 20, 22, alignées ; de 24 à 34, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. ; 36, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 38, ret. réduit 60 c. ; 40, ret. réduit 1 m. 10 c. ; de 42 à 46, ret. 1 m. 50 c. à 2 m. 20 c. ; 48, ret. réduit 2 m. 30 c. ; 50, ret. réduit 2 m. ; 52, ret. réduit 1 m. 70 c. ; 54, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 56, ret. réduit 1 m. 10 c. ; de 58 à 62, ret. 1 m. 30 c. à 2 m. 10 c. ; 64, alignée ; 66, 68, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 30 c. ; de 70 à 78, ret. 1 m. à 1 m. 80 c. ; de 78 bis à la fin, pas de ret. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le couvent des Pères de Nazareth ou Religieux-Pénitents du tiers ordre de Saint-François était situé dans cette rue, au no 117. Dès l’année 1613, ces religieux s’étaient procuré un établissement dans le voisinage des filles de Sainte-Élisabeth, dont ils avaient la direction. Leur existence légale ne date néanmoins que du 2 février 1642. Le chancelier Séguier reçut alors le titre de fondateur de cette communauté. Ces pères avaient pris possession, en 1630, de la maison que venaient de quitter les filles de Sainte-Élisabeth, pour en occuper une nouvelle. Ils firent construire une église qui fut achevée en 1632, par la générosité d’une personne inconnue qui leur fit parvenir une somme de 5,000 livres. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale et fut vendu le 21 nivôse an VII.

Temple (rue du Faubourg-du-).

Commence au boulevart du Temple, no 92, et à la rue de Bondy, no 2 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Belleville et Ramponeau. Le dernier impair est 137 ; le dernier pair, 132. Sa longueur est de 1 010 m. — Les numéros impairs sont du 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin ; les numéros pairs, du 6e arrondissement, quartier du Temple.

Des actes qui proviennent des archives de Saint-Merri prouvent que le territoire sur lequel cette rue a été bâtie s’appelait au XIIe siècle le clos de Malevart. En 1175, ce territoire fut donné à titre d’échange au chapitre de Saint-Merri. On n’y voyait que de rares constructions au commencement du règne de Charles IX, et ce n’était à cette époque qu’un simple chemin. Ce ne fut que sous les règnes de Henri IV et de Louis XIII qu’il se couvrit d’habitations, et forma un des faubourgs de Paris. On donna à la principale rue qui le traversait le nom de la voie publique qu’elle prolonge. — Une décision ministérielle du 3 germinal an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue du Faubourg-du-Temple à 12 m. Les propriétés ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 15 à 27, mur de clôture no 29, 31, 33, 35, 39, 41 ; de 45 à 75, 85, 87, 95 de 127 à la fin ; 16, 30, 32, premier no 40 bis ; de 40 ter à 48, 56, 58 ; de 70 à 88, 94, 106, 112 et 130. Celles nos 13, 37, 43, de 77 à 83, et de 107 à 125, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout dans plusieurs parties. — Conduite d’eau entre le boulevart et la rue Saint-Maur. — Éclairage au gaz : entre le boulevart et le quai de Valmy (compe Lacarrière) ; le surplus (compe de Belleville).

Temple (rue Vieille-du-).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 15 et 17 ; finit aux rues de Normandie, no 1, et Saint-Louis, no 89. Le dernier impair est 147 ; le dernier pair, 144. Sa longueur est de 940 m. — De 1 à 35 et de 2 à 66, 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; de 37 à 145, même arrondissement, quartier du Mont-de-Piété ; de 68 à la fin, 8e arrondissement, quartier du Marais ; no 147, 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette rue était en partie construite en 1250. Vers l’an 1300, le poète Guillot la nomme rue du Temple. On la trouve successivement appelée rue de la Couture, Culture et Clôture du-Temple. Quelques plans l’ont désignée aussi sous les noms de rue de l’Égout, en raison de l’égout qui y passait ; de porte Barbette, Poterne-Barbette, Barbette et Vieille-Barbette, parce qu’elle aboutissait à l’hôtel et à la porte Barbette qu’on voyait près de la rue de Paradis. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de la rue Vieille-du-Temple à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 juin 1830, sa moindre largeur est portée à 14 m. Maisons no 1, retranch. réduit 5 m. ; 3, ret. réduit 4 m. 30 c. ; 5, ret. réduit 3 m. 30 c. ; 7, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 9, 11, ret. 1 m. 90 c. à 2 m. 30 c. ; 13, ret. réduit 2 m. 80 c. ; 15, ret. réduit 3 m. 60 c. ; de 19 à 45, ret. 4 m. à 4 m. 80 c. ; 47, 49, ret. 4 m. 50 c. à 5 m. 50 c. ; 51 et 53, ret. 5 m. 50 c. à 10 m. 60 c. ; 55, 57, ret. 5 m. 60 c. à 10 m. ; 59, ret. réduit 5 m. ; de 61 à 65, ret. 3 m. 40 c. à 4 m. 30 c. ; 67, 69, ret. 2 m. 70 c. à 3 m. 40 c. ; 71, 73, ret. 2 m. 70 c. à 2 m. 90 c. ; de 75 à 85, ret. 2 m. 90 c. à 3 m. 90 c. ; bâtiments de l’Imprimerie royale, ret. réduit 1 m. 70 c. ; de 93 à 99, ret. 40 c. à 80 c. ; 101, alignée ; de 103 à 107, redress. ; 109 et 111, alignées ; de 113 à 123, ret. 30 c. à 60 c. ; 125 et 127, alignées ; de 129 à 139, ret. 45 c. à 60 c. ; 141, ret. 40 c. ; 143, 145, redress. ; 147, alignée ; 2, ret. réduit 2 m. 40 c. ; 4, ret. réduit 4 m. 20 c. ; de 6 à 14, ret. 4 m. 05 c. à 5 m. ; 16, 20, alignées ; 22, ret. 2 m. 45 c. ; 26, ret. réduit 2 m. 10 c. ; 30, 32, ret. 1 m. 70 c. à 1 m. 90 c. ; 34, 36 et 38, alignées ; de 40 à 50, ret. 1 m. 68 c. à 2 m. 40 c. ; 52, ret. réduit 1 m. 40 c. ; 54, ret. réduit 70 c. ; 56, ret. réduit 60 c. ; 64, 66, 68, ret. 5 m. 30 c. ; 70, ret. réduit 5 m. ; de 72 à 78, ret. 3 m. 90 c. à 4 m. 80 c. ; 80, 82, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 90 c. ; de 84 à 100, ret. 3 m. 80 c. à 4 m. 80 c. ; 102, ret. réduit 4 m. ; 104, 106, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. 10 c. ; de 108 à 120, ret. 1 m. 60 c. à 2 m. ; de 122 à 126, ret. 1 m. 20 c. à 1 m. 60 c. ; de 128 à 136, ret. 90 c. à 1 m. 20 c. ; de 138 à la fin, ret. 40 c. à 80 c. — Égout : 1o entre les rues Saint-Antoine et des Quatre-Fils ; 2o entre les rues du Perche et Saint-Louis. — Conduite d’eau dans plusieurs parties. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Au coin de cette rue et de celle des Blancs-Manteaux, devant la maison qui remplace l’ancien hôtel de Rieux, le 23 novembre 1407, vers huit heures du soir, le duc d’Orléans fut assassiné par Raoul d’Ocquetonville, gentilhomme Normand, suivi de dix-huit hommes armés. Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, qui avait commandé ce meurtre, et qu’on accuse d’avoir porté le dernier coup à la victime, fut lui-même massacré le 10 septembre 1419, sur le pont de Moutereau.

Terres-Fortes (rue des).

Commence à la rue de la Contrescarpe ; finit à la rue Moreau, no 13. Le dernier impair est 15 ; pas encore de numéro pair. Sa longueur est de 296 m. — Les numéros impairs sont du 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal ; le côté opposé dépend du 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

C’était autrefois le chemin des Marais. Sa dénomination actuelle lui vient de la nature des terres sur lesquelles elle a été formée. — Une décision ministérielle du 16 ventôse an XII, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette largeur est portée à 15 m. en vertu d’une ordonnance royale du 1er juin 1828. Propriétés de 1 a 7, alignées ; surplus aligné, sauf redressement. Sur le côté opposé, le bâtiment à l’encoignure de la rue Moreau devra reculer de 3 m. à 4 m. 45 c. ; les autres propriétés sont alignées, sauf redressement.

Tête (impasse de la Grosse-).

Située dans la rue Saint-Spire, entre les nos 2 et 4. Le dernier numéro est 8. Sa longueur est de 76 m.5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Ce nom, qu’elle porte depuis 1341, lui vient d’une enseigne de la Grosse-Tête. — Une décision ministérielle du 1er décembre 1808, signée Cretet, avait fixé à 6 m. la largeur de cette impasse. Elle a été portée à 8 m. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les constructions du côté gauche devront reculer de 5 m. à 5 m. 50 c. ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui n’excède pas 70 c.

Thérèse (rue).

Commence à la rue Sainte-Anne, nos 35 et 37 ; finit à la rue Ventadour, nos 1 et 3. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 43 m.2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Cette rue a été ouverte en 1667, sur une largeur de 9 m. 74 c., lorsqu’on aplanit la butte des Moulins. Le nom qu’elle porte lui fut donné en l’honneur de Marie Thérèse, épouse de Louis XIV. Cette rue ne fut pourtant dénommée qu’après la mort de la reine. Jusqu’en 1692, elle était confondue avec la rue du Hasard. — Une décision ministérielle du 3 frimaire an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont maintenu la largeur primitive. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau entre les rues Sainte-Anne et des Moulins. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Thévenot (rue).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 295 et 297 ; finit à la rue des Petits-Carreaux, nos 20 et 22. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 275 m.5e arrondissement : les numéros impairs sont du quartier Montorgueil ; les numéros pairs, du quartier Bonne-Nouvelle.

C’était, en 1372, une impasse située dans la rue des Petits-Carreaux. Des titres de cette époque la désignent sous le nom de cul-de-sac des Cordiers, de la Corderie, qu’elle devait sans doute à des cordiers qui l’habitaient. En 1676, la partie de cette impasse qui formait une ligne droite fut prolongée jusqu’à la rue Saint-Denis. La seconde partie, qui obliquait à gauche de la rue des Petits-Carreaux, existe encore aujourd’hui sous le nom d’impasse de l’Étoile. La nouvelle rue prit le nom de Thévenot en raison d’André Thévenot, ancien contrôleur des rentes de l’Hôtel-de-Ville, qui y fit bâtir plusieurs maisons. Un des ancêtres du contrôleur, Jean Thévenot, fut échevin de la ville de Paris en 1608, sous la prévôté de maître Jean Sanguin. — Une décision ministérielle du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Propriétés de 1 à 15 bis, retranch. 1 m. 60 c. à 2 m. 25 c. ; second no 15 bis, aligné ; de 17 à la fin, ret. 1 m. 80 c. à 2 m. 40 c. ; de 2 à 26, ret. 2 m. 30 c. à 2 m. 60 c. ; 28, ret. réduit 1 m. 60 c. ; 30, ret. 2 m. 30 c. — Portions d’égout du côté des rues Saint-Denis et des Petits-Carreaux. — Conduite d’eau entre la rue Saint-Denis et l’impasse de l’Étoile. — Éclairage au gaz (compe Française).

Thibault-aux-Dez (rue).

Commence à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 74 et 76 ; finit aux rues Boucher, no 16, et Bertin-Poirée, no 15. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 120 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle était complètement bâtie en 1230. Selon l’abbé Lebœuf, cette voie publique tire sa dénomination de Thibault-Odet, trésorier d’Auxerre en 1242, qui possédait à cette époque plusieurs maisons dans cette rue ; cependant plusieurs titres du XIIIe siècle l’appellent rue Thibault-aux-Dez, sans doute parce qu’un nommé Thibault y tenait une taverne où l’on jouait aux dés. — Par décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, la moindre largeur de cette voie publique fut fixée à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 avril 1839, cette moindre largeur a été portée à 10 m. Maison no 1, retranch. 1 m. ; de 3 à 9, et partie du no 11, alignées ; surplus du no 11, ret. réduit 1 m. ; 15, ret. réduit 1 m. 10 c. ; 17, ret. 1 m. 60 c. ; 19, ret. réduit 2 m. 90 c. ; 21, ret. réduit 3 m. 70 c. ; de 2 à 6, ret. 5 m. ; 8, ret. réduit 5 m. 30 c. ; 10, ret. réduit 5 m. 10 c. ; 12, ret. réduit 3 m. 50 c. ; 14, ret. réduit 3 m. 80 c. ; 16, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 18, ret. réduit 90 c. ; 20, ret. réduit 40 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Thierré (passage).

Commence à la rue de Charonne, no 23 ; finit à la rue de la Roquette, no 44 bis. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 24. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Il forme le prolongement du passage Sainte-Marie. Une issue existait depuis 1750 sur la rue de la Roquette. En 1837, M. Thierré fit l’acquisition de plusieurs maisons, changea la disposition de l’entrée qui est située dans la rue de la Roquette, et donna son nom à ce passage.

Thiroux (rue).

Commence à la rue Neuve-des-Mathurins, no 60 et 62 ; finit à la rue Saint-Nicolas, nos 45 et 47. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 123 m.1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Un arrêt du conseil d’état du roi, à la date du 12 septembre 1772, autorisa le percement de cette rue. Des lettres-patentes du 14 octobre de la même année portent ce qui suit : « Il sera ouvert aux frais du sieur Sandrier des Fossés, entrepreneur de nos bâtiments, une rue de 30 pieds de large, dans le terrain de 90 toises de face qu’il a acquis des Mathurins, sur la rue Neuve de ce nom, la quelle nouvelle rue portera le nom qui lui sera donné par les prévôt des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris que nous commettons à cet effet, etc… » — Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 23 août 1773, et reçurent leur exécution au mois de décembre de la même année. — Une décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés riveraines sont soumises à un léger redressement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Nicolas. — Conduite d’eau entre la rue Neuve-des-Mathurins et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Louis-Lazare Thiroux d’Arconville fut président de la première chambre des enquêtes depuis 1748 jusqu’en 1771.

Thomas (rue des Filles-Saint-).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Victoires, no 15 ; finit à la rue de Richelieu, nos 66 et 68. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 238 m. — De 1 à 13, 3e arrondissement, quartier du Mail ; de 15 à la fin, et tous les numéros pairs, 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Percée vers 1650 sur un terrain dont une partie appartenait aux Religieux-Augustins, et l’autre aux Filles-Saint-Thomas, cette rue prit d’abord le nom de Saint-Augustin, en raison de sa situation le long du mur de clôture des Religieux-Augustins, dits Petits-Pères. La dénomination qu’elle porte aujourd’hui lui vient du couvent des Filles-Saint-Thomas, dont nous avons parlé à l’article du palais de la Bourse. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette moindre largeur est portée à 10 m. Propriétés de 1 à 11, alignées ; 13, retranch. 1 m. ; de 15 à la fin, ret. 1 m. 30 c. à 1 m. 50 c. ; encoignure de la place, alignée ; 12, ret. réduit 30 c. ; 14, 16, alignées ; 18, ret. réduit 40 c. ; 20, redress. — Égout entre les rues Vivienne et de Richelieu. — Conduite d’eau entre les rues Notre-Dame-des-Victoires et Vivienne. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

En vertu d’une décision ministérielle du 21 juin 1844, la partie de cette voie publique comprise entre les rues Notre-Dame-des-Victoires et Vivienne doit prendre le nom de place de da Bourse.

Thomas-d’Aquin (église Saint-).

Située sur la place de ce nom. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Le général des Dominicains, Nicolas Rodolphi, vint à Paris au commencement du XVIIe siècle, dans le dessein de réformer les couvents de cet ordre. Il obtint l’autorisation de fonder une troisième maison de Jacobins sous le titre de Jacobins de l’ordre de Saint-Dominique en France. Le parlement, effrayé de l’accroissement des maisons religieuses à Paris, chercha à s’opposer au nouvel établissement, mais la volonté toute puissante du cardinal de Richelieu eut bientôt renversé cet obstacle, et le roi, par lettres-patentes du mois de juillet 1632, confirma cette fondation. Quatre Jacobins, tirés du couvent de la rue Saint-Honoré, vinrent habiter une petite maison du faubourg Saint-Germain. En 1682, ils augmentèrent leur modeste habitation d’un nouveau bâtiment du côté de la rue de l’Université. En 1740, plusieurs autres corps de logis avaient été élevés. L’église des Jacobins réformés, bâtie en 1682, est l’ouvrage de Pierre Bullet, l’un des meilleurs artistes de cette époque. Le couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Les bâtiments sont occupés par le Musée d’artillerie. En 1793, l’église prit le nom de temple de la Paix. Vers 1802, elle a été érigée en paroisse sous le vocable de Saint-Thomas-d’Aquin.

Thomas-d’Aquin (place Saint-).

Située devant l’église de ce nom. Un seul impair qui est 3 ; un seul pair, 6. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Formée en 1683, elle porta d’abord le nom de place des Jacobins. Sa dénomination actuelle lui vient de l’église Saint-Thomas-d’Aquin, dont nous avons parlé à l’article précédent. — En vertu d’une décision ministérielle du 13 thermidor an XII, signée Chaptal, cette place devait prendre la forme d’un carré. Cet alignement n’a pas été exécuté. — Une ordonnance royale du 29 avril 1839 a maintenu les constructions dans leur état actuel. — Éclairage au gaz (compe Française).

Thomas-d’Aquin (rue Saint-).

Commence à la place de ce nom ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 38 et 40. Un seul impair qui est 1 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 35 m.10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Elle portait avant la révolution la dénomination de passage des Jacobins. Depuis 1802, on la nomme rue Saint-Thomas-d’Aquin, en raison de sa proximité de l’église ainsi appelée. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an XII, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. Le côté gauche est aligné. Les constructions du côté opposé devront reculer de 2 m. 60 c. à 3 m. 20 c. — Éclairage au gaz (compe Française).

Thomas-d’Enfer (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Hyacinthe, nos 26 et 28 ; finit à la rue d’Enfer, nos 7 et 9. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 151 m.11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue a été construite de 1550 à 1585, sur un clos de vignes appartenant aux Dominicains dits Jacobins. Son nom rappelle l’un des saints en grande vénération en France. — Une décision ministérielle du 13 vendémiaire an VIII, signée Quinette, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette dimension est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 20 octobre 1831. Maison no 1, retranch. 80 c. ; 1 bis, alignée ; 3, 5, ret. 30 c. à 60 c. ; de 7 à 11, redress. ; 13, 15, ret. réduit 70 c. ; encoignure de la rue d’Enfer, alignée ; 12, alignée ; les autres constructions de ce côté, ret. 3 m. 20 c. à 3 m. 60 c.

Thomas-du-Louvre (rue Saint-).

Commence à la rue du Carrousel, nos 6 et 8 ; finit à la rue de Chartres, et à la place du Palais-Royal, no 233. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 152 m.1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Cette rue, construite vers 1230, tire son nom de l’église Saint-Thomas appelée depuis église Saint-Louis, qu’on voyait encore au commencement de notre siècle près de la galerie du Louvre. Cette voie publique, qu’on nomma aussi rue des Chanoines, a été en partie démolie pour faciliter le projet de réunion des palais du Louvre et des Tuileries. La rue Saint-Thomas-du-Louvre devant être supprimée entièrement pour l’exécution complète de ce projet, il n’existe point d’alignement arrêté pour cette voie publique, dont la largeur actuelle est de 6 m. environ. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Église Saint-Thomas-du-Louvre. — Le meurtre de l’archevêque de Cantorbéry excita l’indignation de l’Europe chrétienne. Lorsqu’il fut canonisé, saint Thomas devint dans notre pays l’un des martyrs les plus vénérés. Cette ferveur des fidèles était encore alimentée par l’orgueil national qui animait le peuple français contre le roi d’Angleterre. On vit à la fin du XIIe siècle plusieurs églises s’élever sous l’invocation de saint Thomas. Robert, comte de Dreux, quatrième fils du roi Louis-le-Gros et frère de Louis VII, fut le fondateur de Saint-Thomas-du-Louvre, qu’il érigea en collégiale en y créant quatre canonicats. Ce prince étant mort en 1188, Robert, son fils, confirma ces fondations et les fit approuver par Philippe-Auguste, dont les lettres-patentes sont de l’année 1192. Ces titres, ainsi que plusieurs autres, nous apprennent qu’à cette époque les principaux revenus de cette collégiale consistaient dans les dimes de Torcy, de Cailly et de Brie-Comte-Robert. Elle jouissait également d’une rente de cent sols parisis, et possédait une vigne et un arpent de terre. On voit aussi dans ces actes, que Robert de Dreux avait donné des maisons en y affectant des revenus pour loger et nourrir de pauvres étudiants. L’église collégiale de Saint-Nicolas-du-Louvre remplaça depuis cet hôpital. Jean, duc de Bretagne, comte de Montfort et de Richemond, donna le 2 février 1428, au chapitre de Saint-Thomas, son hôtel de la Petite-Bretagne, situé derrière l’église, dans la rue de Matignon. En 1733, l’église qui était construite depuis plus de six cents ans tombait en ruine. Le roi, sur la demande du cardinal Fleury, accorda pour sa reconstruction 50,000 écus assignés sur la ferme des poudres, et payables en neuf années. Dès que le premier paiement eut été effectué, on se mit à l’œuvre. L’office divin fut célébré dans le bas de l’église, et l’on éleva une charpente qui sépara les prêtres de la partie qu’on était forcé d’abandonner. On jeta les fondements du nouvel édifice du côté des rues Saint-Thomas et du Doyenné. Le 15 septembre 1739, sur les onze heures du matin, au moment où l’on s’assemblait pour tenir le chapitre, le clocher voisin de la salle capitulaire tomba avec fracas, écrasa la voûte et ensevelit six chanoines sous ses ruines. Il fallut après ce tragique événement pourvoir à l’érection d’un nouveau chapitre. Les chanoines de Saint-Thomas et ceux de Saint-Nicolas ne formaient, dans l’origine, qu’un même chapitre. Ils furent réunis une seconde fois par un décret du 10 mars 1740. La nouvelle église prit le nom de Saint-Louis-du-Louvre. Les plans en avaient été dressés par un orfèvre nommé Thomas Germain. En 1744, la veille de la fête de saint Louis, elle fut solennellement dédiée à saint Louis, roi de France. En 1749, un troisième chapitre, celui de Saint-Maur-des-Fossés, fut joint aux deux premiers. Après avoir servi pendant la révolution au culte protestant, Saint-Louis-du-Louvre fut démoli. Le terrain qu’elle occupait doit être compris dans la place du Carrousel.

Église Saint-Nicolas-du-Louvre. — Robert de Dreux, en fondant l’église Saint-Thomas, avait également établi un hôpital et un collége. Le pape Innocent III y fit entrer, en 1209, quelques pauvres écoliers. Les donations des comtes de Dreux amenèrent bientôt une contestation entre le proviseur et les écoliers d’une part et les chanoines de l’autre. Les biens avaient été jusqu’alors communs entre eux, et l’église Saint-Thomas servait aux uns et aux autres. En 1212, un partage fut fait entre les chanoines et l’hôpital, et l’on convint que la rue Saint-Thomas servirait de limite. Le proviseur et les écoliers désirèrent, en outre, avoir une église particulière. Des lettres leur furent accordées en 1217, par le pape, dans lesquelles le souverain pontife les qualifie de Recteur et de Frères-de-l’Hôpital de Saint-Thomas-du-Louvre. Il leur donna, en outre, le droit d’avoir une chapelle et un cimetière. Cette chapelle, dédiée à saint Nicolas, fut bâtie entre l’église Saint-Thomas et le palais du Louvre. Après cette contestation qui divisa ces deux établissements, la nouvelle maison prit le nom d’Hôpital des pauvres écoliers de Saint-Nicolas-du-Louvre. À la fin du XIIIe siècle, cette maison fut composée d’un maître ou proviseur, d’un chapelain et de quinze boursiers. On y ajouta un second chapelain, puis en 1350 trois nouveaux boursiers furent adjoints aux anciens. Le 25 juillet 1541, Jean du Bellay, évêque de Paris, supprima proviseur et boursiers, et érigea ce collége en un chapitre composé d’un prévôt et de quinze chanoines qui furent réunis en 1740 à ceux de Saint-Louis-du-Louvre. L’église Saint-Nicolas, dès lors totalement abandonnée, fut démolie avant la révolution.

Hôtel de Rambouillet. — Il ne faut pas confondre cet hôtel de Rambouillet avec celui qui fut vendu en 1624, moyennant 30,000 écus, au cardinal de Richelieu qui le fit abattre, puis élever sur son emplacement les constructions du Palais-Royal. Le second hôtel de Rambouillet, situé dans la rue Saint-Thomas-du-Louvre, près de l’hôtel de Longueville, s’étendait jusqu’au jardin de l’hôpital des Quinze-Vingts. Cette propriété qui avait été connue successivement sous les noms d’hôtel d’O, de Noirmoutiers, de Pisani, prit celui de Rambouillet lorsque Charles d’Angennes, marquis de Rambouillet, qui avait épousé mademoiselle de Vivonne, fille du marquis de Pisani, vint s’y établir après la mort de son beau-père. Cet hôtel fut presqu’entièrement rebâti par le marquis de Rambouillet. L’esprit, les grâces, les connaissances variées de Catherine de Vivonne, son goût pour les sciences et les lettres attirèrent dans son hôtel, nommé depuis le Parnasse Français, les meilleurs poètes et la fleur de la noblesse de l’époque. La société de l’hôtel de Rambouillet ne fut pas exempte des défauts qui déparent presque toujours ces sortes de réunions ; elle donna dans le pédantisme et dans une affectation de langage un peu ridicule ; néanmoins, cette brillante compagnie sut réveiller en France le goût des lettres, et montra le chemin aux hommes célèbres qui illustrèrent le plus beau siècle de notre histoire. L’hôtel de Rambouillet passa ensuite dans la maison de Sainte-Maur-Montauzier par le mariage de Charles de Sainte-Maur, duc de Montauzier, avec la célèbre Julie d’Angennes, fille de la marquise. Il fut ensuite possédé par les ducs d’Uzès, dont l’un avait épousé la fille unique et seule héritière du duc de Montauzier et de Julie d’Angennes. Sur une partie de l’emplacement qu’occupait cet hôtel, ont été élevés les bâtiments du Vauxhall d’hiver. Cette salle de danse avait été construite en 1784 pour remplacer celle de la foire Saint-Germain. On en fit depuis le Vaudeville qui a été incendié.

Thorigny (rue de).

Commence à la rue de la Perle, no 2 ; finit aux rues des Coutures-Saint-Gervais, no 1, et Sainte-Anastase, no 11. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 86 m.8e arrondissement, quartier du Marais.

Pour achever l’entreprise commencée sous Henri IV, en 1603, il ne restait plus à bâtir sur le marais du Temple, en 1656, qu’une place de 2,000 m. environ de superficie dans la culture Saint-Gervais. Cette même année, les religieuses hospitalières de Sainte-Anastase, ayant acheté l’hôtel d’O pour s’y loger, vendirent, après en avoir obtenu l’agrément du roi, l’ancienne place à Aubert de Fontenay, intéressé dans les gabelles. Sur ce terrain ont été formées deux rues qui prirent, au commencement du XVIIIe siècle, les noms de Thorigny et de la Perle. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la moindre largeur de la rue de Thorigny à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, sa largeur a été portée à 10 m. Maison no 1, retranch. 2 m. 10 c. à 2 m. 50 c. ; 3, alignée ; 5, ret. réduit 1 m. 20 c. ; 7, ret. réduit 80 c. ; 4, ret. réduit 2 m. 70 c. ; 6, 8, ret. 3 m. à 4 m. ; 10, 12, ret. 4 m. à 4 m. 50 c. ; 14, ret. réduit 3 m. 50 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Messire Jean-Baptiste-Claude Lambert de Thorigny fut président de la 1er chambre des requêtes du parlement de 1713 à 1727.

Tiquetonne (rue).

Commence à la rue Montorgueil, nos 41 et 43 ; finit à la rue Montmartre, nos 44 et 46. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 118 m.3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Complètement bâtie en 1320, cette rue s’appelait en 1372 rue Denys-le-Coffrier. Le nom de Tiquetonne lui vient par altération, de Rogier de Quiquetonne, riche boulanger qui y demeurait en 1339. — Une décision ministérielle du 25 ventôse an XIII, signée Champagny, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Propriétés de 1 à 5, retranch. 3 m. 40 c. à 4 m. ; de 7 à la fin, ret. 4 m. à 4 m. 60 c. ; de 2 à 6, ret. 90 c. à 1 m. 60 c. ; 8, 10, alignées ; 12, 14, ret. 40 c. ; 16, 18, alignées ; 20, redress. ; 22, ret. réduit 40 c. ; 24, ret. réduit 60 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Tirechape (rue).

Commence à la rue Béthisy, nos 12 et 14 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 59 et 61. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 127 m.4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Cette rue était bordée de constructions en 1233. Il est vraisemblable qu’elle doit son nom à l’importunité des Fripiers qui occupaient les petites boutiques de cette rue, et aux Juifs de la même profession qui tiraient les passants par leurs chapes (espèce de robes), pour les forcer à venir acheter chez eux. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840. Propriétés de 1 à 15, retranch. 3 m. à 3 m. 40 c. ; 17, 19, 21, alignées ; 23, ret. réduit 3 m. 20 c. ; 25, ret. réduit 2 m. 60 c. ; 27, ret. réduit 1 m. 40 c. ; de 2 à 6, ret. 5 m. 50 c. à 6 m. ; 8, 10, alignées ; de 12 à 20, ret. 5 m. 10 c. à 5 m. 70 c. ; 22, ret. réduit 5 m. 80 c. ; 24. ret. réduit 6 m. 50 c. ; 26, 28, ret. 6 m. 80 c. à 9 m. 30 c. — Conduite d’eau entre la rue Béthisy et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tiron (rue).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 47 et 51 ; finit à la rue du Roi-de-Sicile, nos 35 et 37. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 77 m.7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Elle était bordée de constructions en 1250. Dès 1270, elle portait le nom de rue Tiron, qu’elle tenait d’une maison appartenant à l’abbé de Tiron. Cette propriété renfermait une prison qui figura dans l’histoire du massacre du 12 juin 1418. Plus de soixante Armagnacs y furent égorgés par les Bourguignons. À la tête des assassins se trouvaient les bouchers Goys, Saint-Yon et Caboche, dont les familles étaient renommées dans les annales de la Boucherie de Paris. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 août 1836. Propriété no 1, retranch. réduit 3 m. 50 c. ; 3, ret. réduit 2 m. 20 c. ; 5, ret. réduit 2 m. ; 7, ret. réduit 4 m. ; 2, redress. ; 4, ret. réduit 3 m. 20 c. ; 6, alignée ; 8, ret. réduit 3 m. ; encoignure de la rue du Roi-de-Sicile, ret. réduit 1 m. 70 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Tison (rue Jean-).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 38 et 40 ; finit à la rue Bailleul, nos 11 et 13. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 110 m.4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Cette rue doit son nom à un des membres de la famille Tison, déjà connue à la fin du XIIe siècle ; Guillot appelle cette voie publique Jehan-Tison. — Une décision ministérielle du 23 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette rue à 6 m. Les maisons nos 7, 9, 17 et 19, sont alignées ; celles nos 11, 13 et 15, ne sont assujetties qu’à un léger redressement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tivoli (passage de).

Commence à la rue Saint-Lazare, no 110 ; finit à la rue de Londres, no 37. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 26. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Ce passage, bâti vers 1826 par plusieurs entrepreneurs, porta d’abord le nom de passage de Navarin. Lors de la faillite des constructeurs, cette dénomination fut remplacée par celle de passage Mandrin. En 1828, les nouveaux acquéreurs lui donnèrent le nom de Tivoli, en raison de sa proximité de cet établissement public.

Tivoli (rue de).

Commence à la rue de Clichy, nos 21 et 23 ; finit aux rues de Londres, no 38, et d’Amsterdam, no 2. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 211 m.1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue a été percée en 1826 sur les terrains appartenant à MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon. L’ordonnance royale qui autorisa l’ouverture de cette rue est à la date du 2 février 1826. Cette voie publique a 12 m. de largeur. Sa proximité du jardin de Tivoli lui a fait donner le nom qu’elle porte. (Voyez rue d’Amsterdam). — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Tixéranderie (rue de la).

Commence aux rues Jean-Pain-Mollet, no 2, et Jean-de-l’Épine, no 22 ; finit aux rues Renaud-le-Fèvre, no 1, et du Pourtour. Le dernier impair est 85 ; le dernier pair, 92. Sa longueur est de 352 m. — De 1 à 29 et de 2 à 22, 7e arrondissement, quartier des Arcis ; de 31 à la fin, 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; surplus, 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Cette rue était entièrement bâtie sous le règne de Louis-le-Jeune. De la rue Jean-Pain-Mollet à celle du Mouton, c’était la rue de la Vieille-Oreille ; le reste de cette voie publique, ainsi que l’indique un contrat de décembre 1263, inséré dans le Trésor des Chartres, se nommait rue de la Tixéranderie. Elle devait cette dénomination à des tisserands qui étaient venus l’habiter. Un arrêt du conseil, à la date du 25 février 1674, ordonna l’élargissement d’une partie de cette rue. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de la rue de la Tixéranderie à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 26 décembre 1830. Les propriétés nos 7, l’encoignure gauche de la rue des Coquilles, 25, 47, et l’encoignure gauche de la rue de Lobau, sont alignées ; celles nos 9, 11, 21, 23 et 27, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout entre les rues des Coquilles et du Mouton. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Au deuxième étage d’une propriété qui a été démolie pour l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville, on voyait encore en 1837 deux petites chambres qui ont reçu quelquefois la visite du grand Turenne, de madame de Sévigné, et qui sans bruit se sont ouvertes plus souvent à Villarceaux, au peintre Mignard et à Ninon de l’Enclos. C’était l’appartement du poète Scarron.

Tonnellerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 34 et 36 ; finit aux rues Pirouette, no 1, et des Piliers-aux-Potiers-d’Étain. Le dernier impair est 109 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 313 m. — De 1 à 79, 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache ; de 81 à la fin, 5e arrondissement, quartier Montorgueil ; les numéros pairs sont du 4e arrondissement, quartier des Marchés.

C’était au XIIe siècle un chemin où l’on voyait çà et là de chétives habitations occupées par des Juifs. La rue était formée en 1202. Elle portait alors le nom de la Tonnellerie, en raison des marchands de futailles, de tonneaux, qui vinrent s’y établir. En 1547, c’était la rue des Toilières, des marchandes de toiles. Plusieurs titres du XVIIe siècle la désignent sous le nom de rue des Grands-Pilliers-des-Halles. Sa dénomination primitive a prévalu. — « Le 13 brumaire an VIII par les soins du citoyen Lenoir, conservateur du musée Français, il a été placé au-dessus de la troisième boutique à gauche, sous les piliers des halles, en entrant par la rue Saint-Honoré, un marbre blanc avec cette inscription :

C’est dans cette maison
qu’est né
en 1620,
Jean-Baptiste Poquelin de Molière.
(Extrait du Moniteur du 8 pluviôse an VIII.)

Cette inscription a été replacée sur la maison no 5, reconstruite en 1830. — Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m., dans la partie comprise entre la rue Saint-Honoré et la place de la Pointe-Sainte-Eustache, — « Ordonnance de police concernant les passages tous les piliers des halles, du 18 février 1811, approuvée par le ministre de l’intérieur le 2 mars suivant. — Article 1er. À partir de la rue Saint-Honoré jusqu’à la pointe Saint-Eustache, il sera laissé entre l’alignement des piliers de la Tonnellerie et celui de la façade du rez-de-chaussée des maisons construites sur ces piliers, un espace de trois mètres de largeur pour l’usage du public. — Art. 2e. Cet espace sera mesuré à compter du nu du mur de face du rez-de-chaussée, etc… — Art. 5e. Il est défendu, soit aux propriétaires et locataires des maisons et boutiques situées sous les piliers et sous leurs galeries, soit aux propriétaires, locataires, tenanciers et usagers des places situées entre les piliers, d’anticiper, sous quelque prétexte que ce soit, sur les espaces réservés au passage public, et d’obstruer ce passage de quelque manière que ce soit, sous les peines portées aux lois et règlements en cette partie. » — Les maisons de 1 à 9 ; de 12 à 18 et 24, sont alignées ; celles de 81 à 105 seront prochainement expropriées afin de compléter le percement de la rue de Rambuteau (voyez cet article). — Égout entre la rue Saint-Honoré et le passage des Prouvaires. — Conduite d’eau entre la place de la Pointe-Saint-Eustache et la rue Pirouette. — Éclairage au gaz depuis la rue Saint-Honoré jusqu’à la place de la Pointe-Saint-Eustache (compe Anglaise) ; surplus (compe Française).

Tour (rue de la), voyez Delatour (rue).

Touraine-au-Marais (rue de).

Commence à la rue du Perche, nos 8 et 10 ; finit à la rue de Poitou, nos 15 et 17. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair 10. Sa longueur est de 107 m.7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Formée sur la culture du Temple vers 1626, elle reçut le nom d’une de nos anciennes provinces de France. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 20 c. à 1 m. 40 c. — Conduite d’eau entre la rue de Poitou et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Touraine-Saint-Germain (rue de).

Commence à la rue de l’École-de-Médecine, nos 23 et 25 ; finit à la rue Monsieur-le-Prince, nos 7 et 9. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 58 m.11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle fut ouverte à la fin du XVIIe siècle, sur le même alignement que la rue du Paon. On lui donna le nom de Touraine, en raison de l’hôtel de Tours situé dans la rue du Paon. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. 50 c. Toutes les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celle située sur le côté des numéros impairs à l’encoignure de la rue de l’École-de-Médecine. Cette propriété devra reculer de 80 c. environ.

Tour-d’Auvergne (rue de la).

Commence à la rue Rochechouart, nos 47 bis et 49 ; finit à la rue des Martyrs, nos 58 et 60. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 380 m.2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ce n’était qu’un chemin avant 1762. Le plan de Verniquet est le premier qui l’indique sous le nom de la Tour-d’Auvergne. Elle dut cette dénomination à sa proximité de l’hôtel ainsi appelé. — Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 16 novembre 1834, ont fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. On a procédé à la régularisation du numérotage de cette rue en vertu d’un arrêté préfectoral du 7 janvier 1840. Propriétés de 1 à 7, alignées ; 9, 11, retranch. 1 m. 40 c. ; 13, 15, alignées ; encoignure gauche de la rue Neuve-Coquenard, ret. réduit 80 c. ; 21, 23, alignées ; 25, ret. 60 c. ; 27, ret. 50 c. ; 29, ret. 40 c. ; 31, redress. ; 33, alignée ; de 35 à 39, redress. ; 41, et partie de 43, alignées, surplus ret. 30 c. ; de 2 à 14, alignées ; de 16 à 24, redress. ; second no 24, aligné ; 26, ret. 80 c. ; 30, 32, alignées ; de 34 à 38, ret. 1 m. 20 c. ; de 40 à la fin, alignées.

Tour-des-Dames (rue de la).

Commence à la rue de la Rochefoucauld ; finit à la rue Blanche, nos 12 et 14. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 161 m.2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Dès 1494, il est question d’un moulin aux Dames, situé en cet endroit. Sur le plan fait par les ordres de Turgot, une tour est figurée sur cet emplacement. — Une décision ministérielle du 26 brumaire au XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. Ce n’est que depuis 1820 que cette rue s’est couverte d’habitations. Une ordonnance royale du 1er juillet 1834 a porté sa largeur à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf un mur de clôture dépendant du no 13 ; les propriétés du côté opposé devront reculer de 2 m. 20 c. — Conduite d’eau.

Tournelle (pont de la).

Situé entre le quai de la Tournelle et ceux de Béthune et d’Orléans.

Un acte de 1371, rapporté par Sauval, indique vers cet endroit de l’île un pont qui était désigné sous le nom de pont de Fust de l’Île-Notre-Dame. Il est dit : « que le pont de Fust d’entre l’île Notre-Dame et Saint-Bernard fut planchié en septembre 1370 ; qu’en 1369 on y avait fait une tournelle carrée qui fut étoupée l’année suivante. » — D’après les engagements pris par le sieur Marie, en 1614, le pont de la Tournelle fut établi sur la ligne du pont Marie. Emporté par les glaces en 1637, il fut rebâti en bois. En 1648, il était en fort mauvais état ; en 1651, une grande partie fut détruite par les eaux de la Seine ; ensuite on le reconstruisit en pierre. Divers arrêts ou ordonnances prouvent qu’il n’était point encore terminé en 1654. Il le fut en 1656, comme l’indique une inscription placée sous une de ses arches. Ce pont, bordé de trottoirs, se compose de six arches à plein cintre ; sa longueur entre les culées est de 116 m. 58 c., sa largeur entre les têtes, de 14 m. 75 c.

Tournelle (quai de la).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Bernard, no 2 ; finit à la rue de Bièvre, no 1. Deux séries de numéros dont les derniers sont 53 et 11. Sa longueur est de 440 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

1re Partie comprise entre la rue des Fossés-Saint-Bernard et celle de Pontoise. — Corrozet l’indique sous le nom de rue et port Saint-Bernard, qu’elle portait dès 1380.

« Bureau de la Ville, 23 juin 1554. — Et le d. jour nous sommes party lestement et sommes allez jusques au port Saint-Gervais, où nous avons changez de robbes et sommes mis en batteaux pour flotter, accompagnez des archers et trompettes, où sommes allez au port des Bernardins pour l’assiette de la première pierre, ordonnez par le roy estre faicte au d. port, où estant descendus aux fondemens faicts et préparés pour la d. assiette, le maistre des œuvres de la ville a présenté à nous, prevost des marchands, un tablier de cuir blanc qu’il lui a sainct, et baillé une truelle avecque du mortier de chaulz et sable pour asseoir la d. première pierre, et après avoir faict le seigne de la croix sur la première pierre et dict ces mots : au nom du Père, du Fils et du benoist Sainct-Esprit ; ce faict, sommes retirez ayant avecque la d. truelle mis et apposé des truellées de mortier au long de la d. première pierre, le d. maistre des œuvres a commencé à massonner. » (Registre H, no 1782, folio 340.)

Le 12 août 1650, il fut ordonné que ce quai serait pavé sur une largeur de 10 toises. En 1738, il fut dégagé et agrandi au moyen de la démolition de plusieurs maisons. Vers 1750, il prit le nom de quai de la Tournelle. Le plan de Jaillot ne lui donne aucune dénomination.

2e Partie comprise entre la rue de Pontoise et celle de Bièvre. Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de quai des Miramiones, en raison du couvent dont nous donnerons ci-après l’historique. Jusqu’en 1835, on l’appela rue de la Tournelle. Conformément à un arrêté préfectoral du 3 septembre même année, cette voie publique a reçu le nom de quai de la Tournelle. — Une décision ministérielle du 29 thermidor an XI, signée Chaptal, a fixé l’alignement des deux parties du quai de la Tournelle. La propriété no 13 est alignée ; celles nos 9 et 53 ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout entre les rues des Fossés-Saint-Bernard et de Pontoise. — Conduite d’eau dans la plus grande partie. — Éclairage au gaz (compte Parisienne).

La Tournelle, qui subsistait encore à la fin du siècle dernier, joignait la porte de l’enceinte de Philippe-Auguste. Elle défendait le passage de la rivière au moyen d’une chaîne qui correspondait à une autre tour élevée dans l’île Notre-Dame (Saint-Louis). Sous le règne de Henri II, la Tournelle tombait en ruine. Ce monarque ordonna, en 1554, qu’elle fût reconstruite. Vers 1632, Vincent-de-Paul, dont la charité était inépuisable, obtint du roi l’autorisation d’enfermer dans cet édifice les condamnés aux galères qui attendaient dans les cachots malsains de la Conciergerie leur translation aux bagnes. La Tournelle servit de prison jusqu’en 1790.

La porte Saint-Bernard, la première de l’enceinte méridionale de Philippe-Auguste, était adossée à la Tournelle dons nous venons de parler. Reconstruite en 1606, elle a été démolie vers 1787.

Couvent des Miramiones. En 1636, mademoiselle Blosset fonda une petite communauté séculière dont le principal but était de soulager et d’instruire les pauvres. Les membres de cette association prirent le titre de Filles de Sainte-Geneviève, et s’établirent dans la rue des Fossés-Saint-Victor, à l’angle de celle des Boulangers. Vers la même époque, madame veuve Beauharnais de Miramion forma une institution toute semblable. L’union de ces deux communautés fut conclue le 14 août 1665, et confirmée par lettres-patentes du mois de mai 1674. En 1691, les Filles de Sainte-Geneviève, qui portèrent plus généralement le nom de Miramiones, s’installèrent dans la rue de la Tournelle. Cette communauté a été supprimée en 1790. Les bâtiments situés au no 53 sont occupés aujourd’hui par la pharmacie centrale des hôpitaux et hospices civils.

Tournelles (rue des).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 205 et 209 ; finit au boulevart de Beaumarchais, nos 57 et 59. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 84. Sa longueur est de 548 m.8e arrondissement, quartier du Marais.

1re Partie comprise entre les rues Saint-Antoine et Neuve-Saint-Gilles. — Cette voie publique portait en 1546 le nom de Jean Beausire ; quelques années après elle changea cette dénomination pour prendre celle des Tournelles, parce qu’elle longeait le palais des Tournelles. — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 8 juin 1834, ont fixé la moindre largeur de cette partie de rue à 10 m.

2e Partie comprise entre la rue Neuve-Saint-Gilles et le boulevart. Ouverte en 1637, on la nomma petite rue Neuve-Saint-Gilles, elle dut cette dénomination à la rue Neuve-Saint-Gilles (voyez cet article). — Une décision ministérielle du 3 thermidor an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette rue à 9 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834. Conformément à un arrêté préfectoral du 15 juillet 1839, cette voie publique a reçu le nom de rue des Tournelles. Ce même arrêté a prescrit la régularisation du numérotage de cette partie de rue.

Les propriétés nos 13, 17, 25, 31, encoignure droite de la rue Neuve-Saint-Gilles, 45 bis, 47, 49, 53, encoignure du boulevart 2, maison entre les nos 14 et 16, 56 et depuis le no 82 jusqu’au boulevart, sont alignées. Les constructions ci-après ne doivent subir qu’un léger redressement : 19, 21, 23, mur de clôture de la caserne des Minimes ; 4, 6, 8, 10, 70, 72, 74, 76 et 78. — Égout entre les rues du Pas-de-la-Mule et Neuve-Saint-Gilles. — Conduite d’eau depuis la rue du Pas-de-la-Mule jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le souvenir voluptueux d’un boudoir a rendu la rue des Tournelles plus célèbre que la tradition royale d’un palais. La belle Ninon de Lenclos, qui fut l’Aspasie de son époque, a longtemps habité une maison de cette rue. Elle y mourut le 17 octobre 1706, à l’âge de quatre-vingt-onze ans.

Tournon (rue de).

Commence aux rues du Petit-Lion, no 17 et du Petit-Bourbon, no 1 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 22 bis et 24. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 233 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était anciennement la ruelle Saint-Sulpice, puis la ruelle du Champ-de-la-Foire. Elle fut convertie en rue en 1541. On lui donna à cette époque le nom de rue de Tournon. La construction de cette voie publique n’était pas achevée en 1580, ainsi que nous en trouvons la preuve dans quelques titres de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Ces actes contiennent plusieurs ventes de terrains, à la charge par les acquéreurs d’élever des constructions pour border la rue de Tournon. — Un arrêté des consuls du 17 vendémiaire an XI ordonna le prolongement de cette voie publique jusqu’à la rue de Buci. (Voyez rue de Seine.) — Une décision ministérielle du 3 nivôse an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue de Tournon à 13 m. 50 c., et sa plus grande à 26 m. 70 c. Une partie de la propriété no 11 et toutes les constructions du côté des numéros pairs sont alignées — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

François de Tournon, né en 1489, fut l’un des principaux conseillers de François Ier. Successivement archevêque d’Embrun, d’Auch, de Bourges et de Lyon, cardinal en 1530, ambassadeur en Italie, en Espagne et en Angleterre, il mourut en 1562.

Au no 10 était un hôtel qui avait appartenu à l’infortuné maréchal d’Ancre. Louis XIII y demeura quelque temps. Les bâtiments furent ensuite affectés au logement des ambassadeurs. Cette propriété passa ensuite au duc de Nivernais. Devenue propriété nationale en 1790, cette maison fut vendue le 10 août 1819 par le domaine de l’État à la ville de Paris, moyennant 250,100 fr. C’est aujourd’hui une caserne affectée à la garde municipale.

Tourville (avenue de).

Commence à l’avenue de la Motte-Picquet, no 19 ; finit au boulevart des Invalides, no 2. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 601 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

La partie qui longe l’hôtel royal des Invalides fut tracée vers 1680 ; le surplus n’a été formé qu’en 1780. Cette avenue appartient à la ville de Paris, en vertu d’une loi du 19 mars 1838 (voyez avenue de la Bourdonnaye). Sa moindre largeur est de 35 m.

Anne-Hilarion-Cotentin de Tourville naquit au château de Tourville, diocèse de Coutances, en 1642. Il fut nommé chef d’escadre en 1677, et vice-amiral en 1690. Promu maréchal de France le 27 mars 1693, il mourut à Paris, le 28 mai 1701.

Toustain (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 68 et 70 ; finit à la rue Félibien, nos 1 et 3. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 16 m.11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés, en vertu d’une décision ministérielle du 12 novembre de la même année, qui a fixé sa largeur à 13 m. 50 c. Cette largeur a été maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout.

Charles-François Toustain, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, dont on a voulu honorer le savoir en donnant son nom à cette voie publique, naquit en 1700, dans le diocèse de Séez. Il s’occupa surtout d’un ouvrage intitulé : la Nouvelle Diplomatique. Toustain mourut en 1754.

Tracy (rue de).

Commence à la rue du Ponceau, nos 20 et 22 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 370 et 372. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 120 m.6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

« Louis, etc… Voulons et nous plaît ce qui suit : Il sera ouvert une nouvelle rue à travers l’hôtel de Saint-Chaumont, et d’une maison étant au fond du jardin du d. hôtel, sur la rue du Pontceau, pour communiquer de la d. rue à celle de Saint-Denis, aux dépens du sieur comte de Tracy au quel les d. hôtel et maison appartiennent. La d. rue sera nommée rue de Tracy, et sa largeur sera fixée à 24 pieds seulement. Donné à Versailles le 8e jour du mois de novembre de l’an de grâce 1782, et de notre règne le 9e. Signé Louis. » — Ces lettres-patentes registrées au parlement le 16 février 1784, reçurent immédiatement leur exécution. — Une décision ministérielle du 17 prairial an VI, signée Letourneux, maintint la largeur fixée par les lettres-patentes. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Propriétés du côté des numéros impairs, alignées ; de 2 à 14, retranch. 3 m. 50 c. ; encoignure de la rue Saint-Denis, ret. 70 c. — Conduite d’eau entre la rue du Ponceau et la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Antoine-Louis-Claude Destutt, comte de Tracy, successivement député aux États-Généraux, sénateur, pair de France, membre de l’Académie, etc., naquit à Paris le 20 juillet 1754, et mourut dans cette ville le 10 mars 1836.

Traînée (rue).

Commence à la place de la Pointe-Sainte-Eustache, no 15, et à la rue Montmartre, no 1 ; finit aux rues du Four, no 44, et du Jour. Le dernier impair est 17 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par l’église Saint-Eustache. Sa longueur est de 126 m.3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

En 1300, c’était la ruelle au Curé, et dans le rôle de 1313, on lit la ruelle au Curé de Saint-Huystace. En 1476, on la nommait rue de la Barillerie. Les censiers de 1489 et 1530 l’indiquent ainsi : rue devant le petit Huis-Saint-Eustache. Un titre du 2 mars 1574 la désigne pour la première fois sous la dénomination de Traînée. « Serait-ce, dit Jaillot, sa figure longue et étroite qui lui aurait fait donner ce nom ? » — Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique dont la largeur actuelle varie de 6 m. à 10 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Transnonnain (rue).

Commence aux rues Grenier-Saint-Lazare, no 2, et Michel-le-Comte, no 36 ; finit à la rue au Maire, nos 31 et 33. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 238 m. — De 1 à 23 et de 2 à 16, 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie ; surplus, 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Cette rue fut ouverte une des premières hors de l’enceinte de Philippe-Auguste. Son plus ancien nom est rue de Châlons, en raison de l’hôtel des évêques de Châlons, sur l’emplacement duquel on a bâti depuis le couvent des Carmélites, au coin de cette rue et de celle Chapon. La rue de Châlons, longtemps habitée par des filles publiques, prit le nom de Trousse-Nonnain, Trace-Put…, Tasse-Nonnain, enfin de Transnonnain. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, fixa la moindre largeur de cette rue à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829, cette moindre largeur a été portée à 12 m. Propriétés de 1 à 5, retranch. 3 m. 20 c. ; 7, alignée ; de 9 à 15, ret. 3 m. 10 c. à 3 m. 30 c. ; 17, redress. ; de 19 à 35, ret. 2 m. 20 c. à 3 m. ; de 37 à 45, ret. 2 m. à 2 m. 50 c. ; 47, 49, ret. 2 m. 50 c. à 3 m. 20 c. ; de 2 à 10, ret. 2 m. 40 c. à 3 m. ; 12, ret. 1 m. 60 c. ; 14, ret. 2 m. 50 c. ; 16, alignée ; encoignure droite de la rue Chapon, ret. 2 m. 55 c. ; de 18 à 26, ret. 2 m. 90 c. à 3 m. 30 c. ; de 26 à la fin, ret. 3 m. 50 c. à 3 m. 90 c. — Égout entre les rues Michel-le-Comte et des Gravilliers. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

La propriété no 12 rappelle un triste évènement. Les 13 et 14 avril 1834, une émeute ensanglanta Paris. Cette maison passa à tort ou à raison pour servir de retraite aux insurgés. Les soldats la forcèrent et tuèrent à coup de baïonnettes tout ce qui s’y trouvait, sans distinction d’âge ni de sexe.

Travaux Publics (ministère des).

Situé dans la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, no 58. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Les bureaux de ce ministère ont été établis dans les bâtiments de l’hôtel Molé, en vertu d’une ordonnance royale du 10 septembre 1839. Les principales attributions de ce ministère sont ainsi classées : routes, ponts, police du roulage, navigation et ports, usines, dessèchements des marais, chemins de fer, mines, bâtiments civils et monuments publics.

Traverse (rue).

Commence à la rue Plumet, nos 9 et 11 ; finit à la rue de Sèvres, nos 80 et 82. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 264 m.10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Sur le second plan de Bullet elle est appelée de Traverse ou de la Plume. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés no 5, 11, 13, 21 et 22 bis sont alignées. Les autres constructions devront reculer de 1 m. 10 c. environ.

Traversière (rue).

Commence au quai de la Rapée, nos 13 et 15 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 108 et 110. Le dernier impair est 49 ; le dernier pair, 70. Sa longueur est de 883 m.8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Elle est ainsi appelée parce qu’elle traverse du quai de la Rapée à la rue du Faubourg-Saint-Antoine. La partie comprise entre le quai et la rue de Bercy porta, jusqu’en 1806, la dénomination de rue des Chantiers. — Une décision ministérielle du 3 nivôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 1er juin 1828, cette moindre largeur est portée à 11 m. Propriétés de 1 à 7, retranch. 40 c. à 1 m. 10 c. ; 7 bis, 9, 9 bis, 9 ter, alignées ; 11, 13, ret. 1 m. 40 c. à 2 m. 50 c. ; 15, 15 bis et 15 ter, alignées ; trois maisons à l’encoignure gauche de la rue de Charenton, ret. 2 m. 80 c. ; 17, 19, alignées ; de 21 à la fin, ret. 2 m. 80 c. à 3 m. 10 c. ; 2, alignée ; de 4 à 8, ret. 60 c. à 1 m. 30 c. ; de 10 à 18, alignées ; 18 bis, redress. ; 20, 22, alignées ; 24, 26, ret. 50 c. à 70 c. ; de 26 bis à 52, alignées ; de 54 à 58, redress. ; 60, alignée ; de 62 à 68, redress. ; 70, alignée. — Égout. — Conduite d’eau entre la rue du Faubourg-Saint-Antoine et les deux bornes-fontaines.

Traversine (rue).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, nos 41 et 43 ; finit à la rue d’Arras, no 8. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 244 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue était presqu’entièrement bâtie vers l’année 1280. Le poète Guillot en parle ainsi en 1300 :

« Et puis la rue Traversainne,
» Qui siet en haut bien loin de Sainne. »

Elle fut ensuite nommée Traversière, puis Traversine. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les propriétés nos 3, 19, 21, 27, 29, 8, 10, le mur de clôture entre les nos 12 et 20, la maison no 38 et l’encoignure de la rue d’Arras, ne sont pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau.

Treille (impasse de la).

Située dans la rue Chilpéric, entre les nos 12 et 14. Pas de numéro. Sa longueur est de 32 m.4e arrondissement, quartier du Louvre.

Au XVe siècle c’était la rue de la Treille. On la désigna ensuite sous le nom de ruelle du Puits-du-Chapitre. Elle fut convertie en impasse en 1697. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette voie publique.

Treille (passage de la).

Commence à la rue des Boucheries, no 49 ; finit à la rue Clément, no 4. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ce passage fut vendu en 1489, à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Dans plusieurs titres et sur plusieurs plans il est appelé porte Gueffière ou plutôt Greffière, en raison du greffier de l’abbaye, qui y demeurait. Ce passage a pris sa dernière dénomination d’une belle treille qui lui servit longtemps d’ornement.

Trévise (cité de).

Commence à la rue Richer, nos 8 et 10 ; finit à la rue Bleue, no 5. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 24. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ouverte en 1840, par MM. Lebaudy, Panier et Mérintier, elle doit son nom à sa proximité de la rue de Trévise. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Trévise (rue de).

Commence à la rue Richer, nos 18 et 22 ; finit à la rue Bleue, nos 21 et 23. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 204 m.2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une ordonnance royale du 14 décembre 1836 porte ce qui suit : « Article 1er. Les sieurs Borniche et Crapez sont autorisés à ouvrir une nouvelle rue sur les terrains dont ils sont propriétaires, entre la rue Bleue et la rue Richer à Paris. Les alignements de cette rue dont la largeur est fixée à 11 mètres, sont arrêtés suivant le tracé des lignes noires sur le plan ci-annexé. — Art. 2e. L’autorisation résultant pour les sieurs Borniche et Crapez de l’article qui précède, ne leur est accordée qu’à la charge par eux ou leurs ayant-cause, de se conformer en tous points aux clauses et conditions exprimées dans les délibérations du conseil municipal de la ville de Paris, des 8 avril et 17 juin 1836. » — La délibération du conseil municipal du 17 juin 1836 porte entr’autres conditions : que les maisons à construire ne devront pas avoir plus de seize mètres cinquante centimètres de hauteur. — Cette rue fut immédiatement percée. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Édouard-Adolphe-Casimir-Joseph Mortier, duc de Trévise, né à Buvay (Nord), en 1768, créé maréchal d’empire le 8 avril 1804, périt le 28 juillet 1835, victime de la machine infernale de Fieschi.

Trinité (passages de la).

Commencent à la rue Greneta, no 38 ; finissent à la rue Saint-Denis, nos 268 et 280. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Ces passages servaient d’entrées à l’hôpital de la Trinité, dont nous rappelons ici l’origine. Presque tous les historiens ont fixé la fondation de cette maison à l’année 1202. Son existence est néanmoins antérieure à cette époque. Le cartulaire de Saint-Germain-l’Auxerrois renferme des lettres d’Eudes de Sully, évêque de Paris, dans lesquelles ce prélat déclare que, d’après son consentement, on avait bâti une chapelle dans la maison hospitalière de la Croix-de-la-Reine. Ces lettres qui sont à l’année 1202, et qui furent données pour terminer une contestation élevée entre cet hôpital et le chapitre de Saint-Germain, prouvent évidemment que la fondation de cet établissement était antérieure à cette contestation. Cette maison portait la dénomination d’hôpital de la Croix-de-la-Reine, en raison d’une croix ainsi appelée qu’on voyait au coin des rues Greneta et Saint-Denis. Jusqu’en 1210, cet hôpital fut administré par un chapelain. Des lettres de Pierre de Nemours, évêque de Paris, nous apprennent que Guillaume Escuacol et Jean Paâlée, son frère utérin, offrirent à Thomas, abbé d’Hermières, la direction de cette maison, à condition qu’il y mettrait au moins trois religieux de son ordre qui seraient chargés de donner l’hospitalité à des pèlerins, mais seulement à ceux qui traversaient Paris. Des actes de 1280 désignent cet établissement sous le nom de la Trinité-aux-Asniers. Vers la fin du XIVe siècle, ces religieux louèrent la plus grande salle de cet hôpital à des comédiens nommés les Confrères de la Passion. Le parlement ordonna le 14 janvier 1536, que les deux salles de la Trinité, dont la haute servait aux représentations des farces et jeux, seraient appliquées à l’hébergement de ceux qui étaient infectés de maladies vénériennes et contagieuses. Cet arrêt ne fut point exécuté. Ces malades furent placés à l’hôpital Saint-Eustache, en vertu d’un autre arrêt du 3 mars de la même année. Enfin, un troisième arrêt de janvier 1545, ordonna que les enfants mâles des pauvres, étant au-dessous de l’âge de sept ans, seroient ségrégés d’avec leurs pères et mères et mis à un lieu à part pour y être nourris, logés et enseignés en la religion chrétienne. On choisit pour cet établissement l’hôpital de la Trinité. Les administrateurs de cette maison étaient le curé de la paroisse Saint-Eustache et quatre bourgeois notables de la ville. Cet établissement était composé de trente-six filles et de cent garçons orphelins de père ou de mère. Les garçons donnaient en entrant 400 livres, les filles, 50. Cet argent leur était remis à leur sortie de la maison. Le frère et la sœur ne pouvaient être reçus que successivement. On leur apprenait à lire, à écrire, puis on leur donnait le métier pour lequel ils se sentaient le plus de dispositions. Grâce au zèle des administrateurs de cette maison, l’enclos devint bientôt un lieu privilégié. À la fin du XVIIIe siècle, des rues furent ouvertes et se peuplèrent d’ouvriers de diverses professions. Les artisans qui s’y établissaient gagnaient la maitrise. Cette qualité leur était accordée, à la charge par eux de montrer leur état aux enfants qui devenaient fils de maîtres. Les jeunes pensionnaires étaient connus sous le nom d’Enfants-Bleus, en raison de la couleur de leurs vêtements. Cet utile établissement fut supprimé au commencement de la révolution. L’église de la Trinité, dont le portail était l’ouvrage de François Dorbay, fut vendue le 20 novembre 1812, moyennant 63,600 francs, par l’administration des hospices. Elle a été abattue en 1817. Les propriétés formant cet enclos ont été aliénées par la même administration.

Triomphes (avenue des).

Commence à la place du Trône, no 5 ; finit au chemin de ronde de la barrière de Vincennes. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 157 m.8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Formée à la fin du XVIIe siècle, cette avenue est ainsi appelée parce qu’elle conduit à la place du Trône où l’on avait élevé un arc de triomphe en l’honneur de Louis XIV. — Une décision ministérielle du 23 pluviôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette avenue à 39 m. Les propriétés nos 1 et 3 devront reculer de 70 c. à 1 m. 70 c. ; le surplus de ce côté est aligné. Sur le côté des numéros pairs, la propriété formant l’encoignure de la place est soumise à un retranchement considérable ; un bâtiment de 8 m. 50 c. de longueur, près du chemin de ronde, devra reculer de 1 m. 20 c. ; le surplus est aligné.

Triperet (rue).

Commence à la rue de la Clé, nos 21 et 23 ; finit à la rue Gracieuse, nos 14 et 16. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 87 m.12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

C’était un chemin à la fin du XVIe siècle. Un propriétaire, nommé Jehan Triperet, possédait, en 1540, trois arpents de terre précisément à l’endroit sur lequel cette rue a été bâtie. Il est souvent question de la famille Triperet dans nos annales parisiennes. Hilaire Triperet, avocat au parlement, conseiller du roi et de la ville, fut échevin en 1747, sous la prévôté de messire Louis-Basile de Bernage. — Une décision ministérielle du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 7 janvier 1831. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. à 3 m. 30 c.

Triperie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Jean ; finit à la rue Malar. Pas de numéro. Sa longueur est de 75 m.10e arrondissement, quartier des Invalides.

Tracée sur le plan de Jaillot, mais sans dénomination, cette rue doit son nom actuel à sa proximité d’une triperie. Elle s’étendait, il y a quelques années, jusqu’au quai d’Orsay. Une grande partie de cette communication a été supprimée pour l’établissement de l’Entrepôt du Gros-Caillou, affecté aujourd’hui au service militaire. Il n’existe point d’alignement arrêté pour cette rue, qui n’est même pas éclairée. — Conduite d’eau.

Trognon (rue).

Commence à la rue d’Avignon, nos 7 et 9 ; finit à la rue de la Heaumerie, nos 5 et 7. Pas de numéro. Sa longueur est de 22 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Elle se nommait autrefois rue Jean-le-Cointe et cour Pierre-la-Pie. En 1399, c’était la rue Jean-Fraillon. Son nom actuel n’est probablement qu’une altération. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur a été portée à 7 m. Les constructions du côté gauche, en entrant par la rue d’Avignon, sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 4 m. 60 c. à 5 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue d’Avignon jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Tronchet (rue).

Commence à la place de la Madeleine, nos 23 et 28 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 67 et 69. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 267 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Un décret impérial date de Saint-Cloud, le 10 septembre 1808, porte : « Article 3e. II sera ouvert au fond de la place de la Madeleine jusqu’à la rue Neuve-des-Mathurins, et dans le prolongement de l’axe du Temple de la Gloire (église de la Madeleine), une rue égale en largeur à la rue de la Concorde (rue Royale). Signé Napoléon. » — Ce projet qui n’eut point alors de suite fut repris en 1824, et approuvé par une ordonnance royale du 2 juin de cette année, qui décida que cette voie publique serait appelée rue Tronchet. Les terrains qu’elle occupe provenaient de la maison conventuelle de Notre-Dame-de-Grâce dite de la Ville-l’Évêque. La largeur de cette rue est de 28 m. 60 c. Les propriétés riveraines sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

François-Denis Tronchet, né à Paris en 1726, devint avocat au parlement de cette ville. Il fut l’un des défenseurs de l’infortuné Louis XVI. Député au conseil des anciens, en 1800, nommé après le 18 brumaire premier président de la Cour de cassation, il fut charge de coopérer à la rédaction du Code civil. Tronchet mourut le 10 mars 1806.

Trône (place du).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine ; finit à l’avenue des Triomphes. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 18. — 8e arrondissement ; les numéros impairs sont du quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; les numéros pairs, du quartier des Quinze-Vingts.

Cette place doit son nom à un trône élevé aux frais de la ville de Paris, et sur lequel Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche se placèrent le 26 aout 1660, pour recevoir l’hommage et le serment de fidélité de leurs sujets. Sur cette même place, on résolut plus tard de construire un arc de triomphe qui devait surpasser en grandeur et en magnificence tous ceux des anciens. La première pierre en fut posée le 6 août 1670. Il fut élevé jusqu’à la hauteur des piédestaux des colonnes. Pour faire juger de l’effet de cette construction, on imagina de l’achever en plâtre. Louis XIV ayant pris peu d’intérêt à ce monument, les magistrats imitèrent l’indifférence du monarque. Après la mort du roi, le régent ordonna son entière destruction. Il fut démoli en 1716. Le dessin de cet arc de triomphe dû au talent du fameux architecte Perrault, était de la plus grande beauté. Ce monument avait coûté 513 735 livres. — La place qui est de forme circulaire, est ornée d’une belle plantation d’arbres. En 1793, on donna à cette voie publique le nom de place du Trône-Renversé. — Une décision ministérielle du 14 vendémiaire an V, signée Benezech, a déterminé l’alignement de cette place par une parallèle au centre de la dernière rangée d’arbres, et à 8 m. de distance. Les constructions no 3, et partie no 3 bis, sont seules soumises à retranchement.

Trou-à-Sable (rue du).

Commence à la rue des Quatre-Chemins ; finit à la rue de Reuilly et au chemin de ronde de la barrière de Picpus. Pas de numéro. Sa longueur est de 343 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Le plan de Verniquet l’indique comme un chemin sans dénomination. Son nom actuel lui vient d’un trou qui avait été pratiqué dans cette rue pour en extraire du sable. Plusieurs plans modernes l’appellent, par erreur, rue des Trois-Sabres. — De 1830 à 1834, la rue du Trou-à-Sable a été considérablement élargie et les propriétés riveraines sont presque toutes établies sur un alignement qui assigne à cette voie publique une moindre largeur de 13 m.

Trouvée (rue).

Commence à la rue de Charenton, nos 95 et 97 ; finit à la rue Cotte, no 1, et à la place du Marché-Beauveau, no 5. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 118 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Autorisée par lettres-patentes du 17 février 1777, registrées au parlement le 24 août de la même année, cette rue fut ouverte en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, et sa largeur fixée à 30 pieds. Elle a été exécutée d’après cette dimension qui a été maintenue par une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, et par une ordonnance royale du 30 juillet 1844. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau.

La dénomination de rue Trouvée assignée à cette voie publique, lui vient probablement du voisinage de l’hospice des Enfants-Trouvés. (Voyez marché Beauveau.)

Truanderie (rue de la Grande-).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 163 et 165 ; finit à la rue Montorgueil, nos 18 et 20. Le dernier impair est 61, le dernier pair, 62. Sa longueur est de 213 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Cette rue était construite en 1250. Son emplacement faisait anciennement partie du petit fief de Thérouenne, dont la moitié environ fut cédée à Philippe-Auguste par Adam, archidiacre de Paris, puis évêque de Thérouenne. L’emplacement qui n’était pas nécessaire à la construction des halles resta à l’évêque et fut bientôt envahi par des marchands de toutes espèces qui firent construire à peu près en même temps, des voies publiques aux abords de ces marchés. Sauval pense que le nom de Truanderie dérive de truand et truander, qui signifiaient dans notre vieux langage, gueux, gueuser, mendier. Robert Cenal nomme la rue de la Grande-Truanderie Via Mendicatrix major, et la rue de la Petite-Truanderie Via Mendicatrix minor. Jaillot, qui a combattu l’opinion de ces deux écrivains, croit que le nom de Truanderie a pris racine des vieux mots tru, truage, qui signifient tribut, impôt, subside ; en effet, dans le carrefour qu’on désignait sous le nom de place Ariane, se trouvait un bureau où l’on percevait les droits sur les marchandises qui entraient de ce côté dans Paris. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue de la Grande-Truanderie à 8 m. Les maisons nos 51, 16, l’encoignure gauche de la rue Saint-Jacques-l’Hôpital, et les propriétés nos 56, 58 et 62 sont alignées ; les constructions de 8 à 14 inclus ne devront subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau entre les rues Saint-Denis et Saint-Jacques-l’Hôpital. — Éclairage au gaz (compe Française).

Truanderie (rue de la Petite-).

Commence à la rue de Mondétour, nos 16 et 18 ; finit à la rue de la Grande-Truanderie, nos 13 et 15. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 52 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil

Construite à la même époque que la rue qui précède, elle a porté les noms de rue du Puits-d’Amour et de l’Ariane. — Une décision ministérielle du 28 prairial an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. 50 c. Propriétés du côté des numéros impairs, retranch. qui n’excède pas 70 c. ; constructions du côté opposé, ret. 6 m. à 6 m. 40 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

À la pointe du triangle que forment les rues de la Petite et de la Grande-Truanderie existait un puits célèbre dans les traditions du peuple parisien, et qu’on appelait le Puits-d’Amour. — Une jeune fille nommée Agnès Hellébic, dont le père tenait un rang à la cour de Philippe-Auguste, s’y était précipitée dans un accès de désespoir causé par l’infidélité de son amant. Trois cents ans après cette tragique aventure, un jeune homme que la froideur de sa maîtresse exaspérait, y chercha aussi la mort, mais sans parvenir à se la donner ; il tomba si heureusement qu’il ne se fit aucun mal ; par un bonheur plus grand encore cette démonstration toucha le cœur de la cruelle, qui le réconcilia promptement avec la vie en lui promettant sa main. L’amant, par reconnaissance, fit reconstruire le puits où l’on pouvait lire encore du temps de Sauval :

« L’amour m’a refait,
» En 1525, tout à fait. »

Le Puits-d’Amour était devenu une espèce d’autel où les amants allaient jurer de s’aimer toute la vie.

Trudaine (avenue).

Commence à la rue Rochechouart, no 71 ; finit à la rue des Martyrs, no 64. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4 ; ce côté est presqu’entièrement bordé par l’abattoir Montmartre. Sa longueur est de 454 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une décision ministérielle du 29 mai 1821 approuva la formation de cette avenue qui fut tracée quelque temps après. Une ordonnance royale du 23 août 1833 fixa définitivement la largeur de cette voie publique à 29 m. 75 c. Les constructions riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Charles Trudaine, conseiller d’état, fut élu prévôt des marchands le 16 août 1716. Il exerça cette importante magistrature jusqu’au 16 août 1720.

Trudon (rue).

Commence à la rue Boudreau, nos 1 et 2 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 43 et 45. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 77 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue a été ouverte en avril 1780, sur les terrains appartenant à MM. Charles-Marin Delahaye, fermier-général, et André Aubert, architecte. Les lettres patentes qui autorisent et dénomment ce percement sont à la date du 3 juillet 1779, et fixent à 30 pieds la largeur de la rue nouvelle (voyez rue Boudreau). — Une décision ministérielle du 26 brumaire an VI, signée Letourneux, a maintenu la largeur de 30 pieds. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Jacques-François Trudon, écuyer, fut échevin de la ville de Paris de 1774 à 1776, sous la prévôté de Jean-Baptiste-François Delamichodière.

Tuerie (rue de la).

Commence aux rues Saint-Jérôme et de la Vieille-Tannerie ; finit à la place du Châtelet, nos 2 et 4. Pas de numéro. Sa longueur est de 26 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Au XIIIe siècle, c’était l’Escorcherie. En 1512, on l’appelait rue des Lessives. Elle doit son nom actuel à une tuerie, qui existait dans cette rue près de la grande boucherie. — Une décision ministérielle du 11 octobre 1806, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Peu de temps après, elle fut alignée sur cette largeur qui a été maintenue par une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Les propriétés riveraines sont alignées.

Tuileries (palais et jardin des).

1re Partie. — Origine du palais. — Constructions.

Plusieurs documents anciens nous prouvent que la tuile qu’on employait à Paris se fabriqua d’abord au bourg Saint-Germain-des-Prés, dans l’emplacement qui a longtemps conservé le nom de rue des Vieilles-Tuileries. (Cette voie publique est confondue aujourd’hui avec celle du Cherche-Midi.) On éleva dans la suite, de l’autre côté de la Seine, plusieurs fabriques de tuiles sur un terrain appelé au XIVe siècle la Sablonnière. En 1372, on comptait en cet endroit trois tuileries. Près de ces fabriques, et à côté des Quinze-Vingts, Pierre des Essarts et sa femme occupaient en 1342, une maison nommée l’hôtel des Tuileries, qu’ils cédèrent à cet hôpital avec un grand terrain qui dépendait de leur propriété. En 1416, Charles VI ordonna que toutes les tueries ou escorcheries seraient transportées hors des murs de la ville, « près ou environ des tuileries Sainct-Honoré, qui sont sur la dite rivière de Seine, outre les fossés du château du Louvre. » (Ordonnances du Louvre, tome 10, page 374.) — Nicolas Neuville de Villeroy, secrétaire des finances et audiencier de France, possédait en cet endroit, au commencement du XVIe siècle, une grande habitation avec cours et jardin clos de murs. Louise de Savoie, mère de François Ier, se trouvant incommodée du séjour de son palais des Tournelles, environné d’eaux stagnantes, résolut de changer d’air. Elle jeta les yeux sur la maison de M. de Neuville qu’elle vint habiter. La santé de Louise de Savoie ne tarda pas à se rétablir. Cette heureuse circonstance engagea François Ier à faire l’acquisition de cet hôtel. Le propriétaire reçut en dédommagement la terre de Chanteloup, près de Montlhéry. Le contrat d’échange porte la date du 12 février 1518. Louise de Savoie s’ennuya bientôt dans sa nouvelle habitation. Cette princesse en fit don à Jean Tiercelin, maître d’hôtel du dauphin, et à Julie du Trot son épouse. Les lettres qui constatent cette donation ont été enregistrées à la chambre des comptes le 23 septembre 1527.

Henri II, blessé dans un tournoi par le comte de Montgommeri, mourut à l’hôtel des Tournelles le 15 juillet 1559. À dater de cette mort, ce palais devint comme un lieu de malédiction, et fut abandonné par Catherine de Médicis. Charles IX, par lettres-patentes du 28 janvier 1563, en ordonna la démolition.

Vers cette époque, la veuve de Henri II fit l’acquisition de la maison des Tuileries, de plusieurs propriétés voisines et d’un grand terrain qui appartenait à l’hôpital des Quinze-Vingts. Les jardins furent environnés d’un mur à l’extrémité duquel on fit commencer les fortifications, du côté de la rivière, par un bastion dont le roi posa la première pierre, le 11 juillet 1566. La reine mère avait chargé Philibert Delorme de la construction de son nouveau palais. Catherine ne se contentait pas de protéger et d’encourager les arts, souvent encore elle traçait elle-même les plans des bâtiments et surveillait leur exécution. Dans la dédicace que Philibert Delorme fit à la reine-mère de son traité d’architecture, on lit ce qui suit : « Madame, je voy de jour en jour l’accroissement du grandissime plaisir que votre majesté prend à l’architecture, et comme de plus en plus votre bon esprit s’y manifeste et reluit, quand vous-même prenez la peine de portraire et esquicher les bâtiments qu’il vous plaît commander estre faits, sans y omettre les mesures des longueurs et largeurs, avec le département des logis qui véritablement ne sont vulgaires et petits, ains fort excellents et plus que admirables comme entre plusieurs est celuy du palays que vous faictes bâtir de neuf en Paris, près la porte neufve, et le Louvre maison du roy, le quel palays je conduis de votre grâce, suivant les dispositions, mesures et commandements qu’il vous plaît m’en faire, etc … »

La demeure que Catherine de Médicis fit élever consistait en un bâtiment avec un pavillon au centre et deux aux extrémités ; ces constructions étaient composées d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Le pavillon du milieu dans lequel fut pratiqué le grand escalier, était couvert d’une coupole. Par sa forme, ses dimensions et les détails de son architecture, cette coupole était beaucoup plus en harmonie avec les corps de bâtiments adjacents que la toiture actuelle. L’ensemble de la façade du côté du jardin, telle qu’elle fut exécutée par Philibert Delorme, se composait du pavillon central, de deux portiques couverts de terrasses et surmontés d’un étage en mansardes, et se terminait par deux corps de bâtiments percés de trois fenêtres à chaque étage et décorés de deux ordres d’architecture.

Tel était le château des Tuileries dont Catherine de Médicis fit son habitation ordinaire. Le roi occupait le Louvre. À cette époque, un astrologue prédit à la reine mère qu’elle mourrait près de Saint-Germain. On la vit aussitôt déserter tous les endroits et toutes les églises qui portaient ce nom. Elle n’alla plus à Saint-Germain-en-Laye ; son palais des Tuileries, se trouvant sur la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, elle le quitta, et en fit bâtir un autre près de l’église Saint-Eustache. « Lorsqu’on apprit, dit Saint-Foix, que c’était Laurent de Saint-Germain qui l’avait assistée à ses derniers moments, les gens infatués de l’astrologie, prétendirent que la prédiction s’était accomplie. »

Les troubles qui agitèrent la France sous le règne de Henri III ne permirent pas de continuer les constructions des Tuileries. Henri IV, devenu paisible possesseur d’un trône qu’on lui avait disputé si longtemps, crut sa gloire intéressée à faire terminer un monument qui avait déjà coûté des sommes considérables. On construisit d’abord, de chaque côté des bâtiments achevés par Delorme, et sur le même alignement, deux autres corps de logis avec deux grands pavillons, et l’on commença vers l’année 1600, la superbe galerie qui joint les Tuileries au Louvre du côté de la rivière.

Les deux nouveaux corps de logis et les deux grands pavillons ne furent achevés que sous le règne de Louis XIII, sur les dessins de l’architecte du Cerceau, qui changea la décoration primitive. On lui attribue également la construction des deux corps de bâtiment, d’ordonnance corinthienne ou composite qui font suite aux deux pavillons du milieu, ainsi que les deux grands pavillons d’angle qui terminent chaque côté de cette longue ligne de façade.

Cette réunion de bâtiments de styles si différents, devait produire ces défauts d’ensemble et de proportions qui choquent encore aujourd’hui les regards. Ainsi le pavillon du milieu qui prêtait de l’élégance à la façade du palais de Catherine de Médicis, parait écrasé par le développement actuel des constructions. L’œuvre entière du premier architecte des Tuileries se trouve rapetissée par les grands pavillons des extrémités, sous lesquelles s’affaissent également les deux pavillons intermédiaires, et plus encore les deux premiers corps de bâtiment ou galeries.

Cette irrégularité était encore plus apparente sous le règne de Louis XIV. En regardant ce palais, on pouvait y compter alors cinq espèces de dispositions et de décorations et cinq sortes de combles, sans presque aucun rapport extérieur, soit dans la distribution, soit dans le style, ou dans la conception.

Louis XIV choqué de ces disparates, voulut les dissimuler en mettant de l’accord entre ces cinq parties. Levau, architecte du roi, fut chargé de cette restauration. On lui adjoignit Dorbay, comme constructeur. Levau supprima d’abord l’escalier bâti par Philibert Delorme ; cet escalier, chef-d’œuvre de construction, occupait l’emplacement du vestibule actuel. Ensuite il changea la forme et la disposition du pavillon du milieu qui, dans le principe, était, comme nous l’avons dit, surmonté d’une coupole. Il ne conserva de l’ancienne décoration que le premier ordre à tambour de marbre ; deux ordonnances : la première corinthienne, la seconde composite, surmontées d’un fronton et d’un attique, remplacèrent une partie de la décoration qui provenait de l’architecte Delorme, et une espèce de toit quadrangulaire prit la place de la coupole. Les architectes respectèrent les deux galeries collatérales du pavillon du milieu avec les terrasses qui les surmontaient ; mais ils jugèrent convenable de changer la devanture du corps de bâtiment qui s’élève en retraite des terrasses. Aux mansardes et aux cartels, qui s’y suivaient alternativement, ils substituèrent le rang de croisées et de trumeaux ornés de gaines qui subsiste encore aujourd’hui avec un attique.

Les pavillons de chaque côté de ces deux galeries, qui sont à deux ordres de colonnes, ont été conservés en leur entier ; ces pavillons, dont les dessins sont attribués à Bullant, n’ont eu à subir d’autre changement que celui de l’attique actuel substitué aux mansardes. Leur décoration resta aussi la même, à l’exception pourtant de la sculpture qui orne le fût des colonnes. Les deux pavillons d’angle qui terminent la façade furent également respectés. La hauteur de leur premier étage est plus élevée que la façade ; la différence, qui est de 1 m. 50 c. environ, donne lieu de penser que, lorsqu’ils furent construits, on avait déjà le projet de réunir, du côté du sud, les deux palais du Louvre et des Tuileries par une galerie couverte. C’est probablement à cette différence des deux niveaux qu’il faut attribuer ces croisées montant à travers l’architrave et la frise, jusque sous la corniche, et qui produisent un effet si désagréable.

Les architectes chargés de restaurer un palais dont ils étaient forcés de respecter les constructions premières, ont eu à exécuter un travail ingrat, qu’on ne saurait juger avec sévérité. Cependant il faut le dire, la partie du milieu a seule été heureusement remaniée ; il y règne un accord de lignes assez bien entendu, et la variété des masses, des retraites et des saillies qu’on y découvre, semble y être moins l’effet d’un raccommodement fait après coup, que celui d’une combinaison originale.

2e Partie. — Jardin des Tuileries.

Le plus beau jardin public d’Athènes se nommait les Tuileries ou le Céramique. Moins grand dans l’origine qu’il ne l’est aujourd’hui, le jardin des Tuileries était séparé du château par une rue qui régnait le long de la façade, et aboutissait à peu près à l’endroit où se trouve aujourd’hui la porte d’entrée, du côté du Pont-Royal. Dans ce jardin, on voyait un étang, un bois, une volière, une orangerie, un écho, un petit théâtre et un labyrinthe. La volière, située vers le milieu du quai des Tuileries, était composée de plusieurs bâtiments. L’écho se trouvait à l’extrémité de la grande allée. La muraille qui l’entourait avait près de 4 m. de hauteur. Elle était masquée par des palissades. À peu de distance de cet écho du côté de la porte Saint-Honoré, se trouvait l’orangerie, et tout auprès s’élevait une espèce de ménagerie. Dans le bastion qui touchait à la porte de la Conférence, on avait conservé un grand terrain qui servait de garenne, et à l’extrémité de ce terrain, entre la porte et la volière se trouvait un chenil, que Louis XIII donna le 20 avril 1630 au valet de chambre Renard, à condition de défricher le terrain qui l’entourait, et d’y planter des fleurs précieuses par leur rareté. Renard, en homme adroit, tira parti de son privilège. Indépendamment des fleurs dont il orna son jardin, il réunit dans un joli pavillon qu’il fit bâtir, des meubles d’un excellent goût, et des tapisseries d’une grande richesse. Son caractère obligeant et spirituel lui attira plus tard la bienveillance du cardinal Mazarin, qui venait quelquefois lui faire des acquisitions et se reposer dans ce jardin, des fatigues du ministère. L’isolement du jardin Renard, ses divers agréments en firent un lieu de délices. Il devint le rendez vous des jeunes seigneurs et des plus jolies dames de la cour. Il y avait aussi au milieu de ce parterre, des bâtiments qui servaient à loger les artistes que le roi honorait de sa protection. Leur plus grande illustration fut d’avoir abrité Nicolas Poussin. On trouve dans une des lettres de ce peintre célèbre le passage suivant. Poussin annonce à un de ses protecteurs son arrivée à Paris, et ajoute « Je fus conduit le soir, par ordre du roi, dans l’appartement qui m’avoit été destiné ; c’est un petit palais, car il faut l’appeler ainsi. Il est situé au milieu du jardin des Tuileries. Il est composé de neuf pièces en trois étages, sans les appartements d’en bas, qui sont séparés. Ils consistent en une cuisine, la loge du portier, une écurie, une serre pour l’hiver et plusieurs autres petits endroits où l’on peut placer mille choses nécessaires. Il y a en outre un beau et grand jardin rempli d’arbres à fruits, avec une quantité de fleurs, d’herbes et de légumes ; trois petites fontaines, un puits, une belle cour dans laquelle il y à d’autres arbres fruitiers. J’ai des points de vue de tous côtés, et je crois que c’est un paradis pendant l’été … En entrant dans ce lieu, je trouvai le premier étage rangé et meublé noblement, avec toutes les provisions dont on a besoin, même jusqu’à du bois et un tonneau de bon vin vieux de deux ans ; j’ai été fort bien traité pendant trois jours, avec mes amis aux dépens du roi. » — Tel était encore le jardin des Tuileries à la mort du cardinal Mazarin. — Colbert, qui savait deviner toutes les grandes passions de Louis XIV, avait senti que ce jardin ne complétait pas assez dignement le séjour d’un grand roi. On abattit aussitôt le logement de mademoiselle de Guise, la volière et les bâtiments qui s’étendaient du côté de la rivière jusqu’à la barrière de la Conférence. Le jardin Renard fut compris dans le nouvel enclos, et sur cet emplacement Lenôtre exerça son génie créateur. — « C’est un chef-d’œuvre de bon goût, d’adresse et de génie, disent MM. Percier et Fontaine ; l’artiste, en disposant ce jardin, a su cacher avec beaucoup d’art, la limite des clôtures. » — Considérant ensuite la vaste étendue de la façade, Lenôtre sentit également qu’une ligne aussi longue de bâtiments avait besoin d’une esplanade qui lui fût proportionnée ; et qui en développât complètement toutes les parties. Il eut l’heureuse idée de ne commencer le couvert de ce jardin qu’à 226 m. de la façade. — Tout le sol de la partie découverte fut orné de parterres à compartiments entremêlés de massifs de gazon, dont les dessins nobles et élégants ont été conservés religieusement jusqu’à nos jours. Ces parterres ont été dessinés de manière qu’on a pu y placer trois bassins circulaires qui offrent une agréable variété. Ces trois bassins forment un triangle terminé par le plus grand d’entr’eux, qui se trouve ainsi au milieu de la grande avenue. En face des parterres, et dans l’alignement du grand avant-corps de bâtiments, est plantée une belle allée de marronniers de l’Inde, de 272 m. de longueur. Admirable du côté des Tuileries, ce bois offre peut-être un coup-d’œil plus ravissant encore en entrant par la place de la Concorde. Le jardin se complète heureusement par une partie découverte, entourée par le fer à cheval que forment les terrasses, et au milieu duquel est placé un vaste bassin d’où s’échappe une gerbe d’eau qui domine les arbres les plus élevés. À l’extrémité du fer à cheval qui termine le jardin, on voyait avant la révolution, un pont tournant d’un dessin ingénieux qui servait de communication à la place Louis XV. Ce pont avait été construit en 1716, par un religieux Augustin, nommé Nicolas Bourgeois. À ces perfections que l’empereur Napoléon appréciait hautement, d’autres ont été ajoutées par ses ordres. La terrasse des Feuillants, que les dépendances de l’ancien manège, des couvents des Feuillants, des Capucins et de l’Assomption bordaient dans presque toute sa longueur, a été entièrement dégagée par suite de l’ouverture de la rue de Rivoli. Cette terrasse des Feuillants, cet heureux complément du jardin des Tuileries, présente, de la grille qui est en face de la rue de Castiglione, une riche perspective. La place Vendôme, sa colonne de bronze, l’homme qui est dessus la belle rue de la Paix, et les boulevarts ; toutes ces richesses heureusement groupées font naître de grandes et profondes émotions. Mais du haut de la terrasse qui borde le côté oriental de la place de la Concorde, quel superbe coup-d’œil ! Cette large voie publique avec ses fontaines, ses candélabres étincelants de dorure ; puis ces deux palais jumeaux ; à gauche la Chambre des Députés ; devant soi, la belle avenue des Champs-Élysées ; puis l’Arc-de-Triomphe si rayonnant de gloire. Devant cet imposant panorama, on peut dire avec orgueil : l’art et la nature n’iront jamais plus loin !…

3e Partie. — Faits historiques.

Si l’on considère le palais des Tuileries dégagé de son brillant entourage, les évènements dont il fut le théâtre ont imprimé sur ses pierres une teinte lugubre qui attriste profondément l’écrivain qui n’a pour ainsi dire que des malheurs à rappeler. Ce fut au palais des Tuileries, quatre jours avant le massacre de la Saint-Barthélemi, que la reine Catherine de Médicis donna une fête dont nous empruntons les détails aux mémoires de l’état de France, sous Charles IX : — « Premièrement, en la dite salle, à main droite, il y avoit le Paradis, l’entrée du quel était défendue par trois chevaliers armés de toutes pièces, qui étoient Charles IX et ses frères. À main gauche, étoit l’Enfer dans le quel il y avoit un grand nombre de diables et de petits diablotaux, faisant infinies singeries et tintamarres, avec une grande roue tournante dans le dit enfer, toute environnée de clochettes. Le Paradis et l’Enfer étoient séparés par une rivière qui étoit entre deux, sur la quelle il y avoit une barque conduite par Caron, nautonier d’Enfer. À l’un des bouts de la salle, et derrière le Paradis, étoient les Champs-Élysées, à sçavoir, un jardin embelli de verdure et de toutes sortes de fleurs ; et le ciel empirée, qui étoit une grande roue avec les douze signes du zodiaque, les sept placettes, et une infinitude petites étoiles faites à jour, rendant une grande lueur et clarté par le moyen des lampes et flambeaux qui étoient artistement accomodés par derrière. Cette roue étoit dans un continuel mouvement, faisant aussi tourner ce jardin dans le quel étoient douze nimphes fort richement parées. Dans la salle se présentèrent plusieurs troupes de chevaliers errans (c’étoient des seigneurs de la religion qu’on avoit choisis exprès). Ils étoient armés de toutes pièces, vêtus de diverses livrées, et conduits par leurs princes (le roi de Navarre et le prince de Condé), tous les quels tâchant de gagner ce Paradis, pour ensuite aller quérir ces nimphes au jardin, en étoient empêchés par les trois chevaliers qui en avoient la garde ; les quels, l’un après l’autre, se présentoient à la lice, et ayant rompu la pique contre les dits assaillants, et donné le coup de coutelas, les renvoyoient vers l’Enfer où ils étoient trainés par des diables et diablotaux. Cette forme de combat dura jusqu’à ce que les chevaliers errans eussent été combattus et traînés un à un dans l’Enfer, le quel fut ensuite clos et fermé. À l’instant descendirent du ciel Mercure et Cupidon portés sur un coq. Ce Mercure étoit cet Étienne le Roi, chantre tant renommé, le quel étant à terre, se vint présenter aux trois chevaliers, et près un chant mélodieux, leur fit une harangue, et remonta ensuite au ciel sur son coq, toujours chantant. Alors les trois chevaliers se levèrent de leurs sièges, traversèrent le Paradis, allèrent aux Champs-Élysées quérir les douze nimphes, et les amenèrent au milieu de la salle où elles se mirent à danser un ballet fort diversifié et qui dura une grosse heure. Le ballet achevé, les chevaliers qui étoient dans l’Enfer furent délivrés et se mirent à combattre en foule et à rompre des piques. Ce combat fini, on mit le feu à des traînées de poudre qui étoient autour d’une fontaine dressée presqu’au milieu de la salle, d’où s’éleva un bruit et une fumée qui fit retirer chacun. Tel fut le divertissement de ce jour, d’où l’on peut conjecturer qu’elles étoient, parmi telles feintes, les pensées du roi et du conseil secret. »

Jusqu’à l’époque de la révolution, le château des Tuileries ne fut le théâtre d’aucun événement important. Louis XIV avait abandonné cette habitation pour aller résider à Saint-Germain, puis à Versailles. Ses successeurs l’imitèrent. On donnait des fêtes publiques dans le jardin des Tuileries. L’une d’elles fut attristée le 1er février 1783 par un malheur. Les physiciens Charles et Robert voulurent y faire une expérience aérostatique ; mais le second périt victime de son audace.

Louis XVI habitait Versailles, lorsque le peuple ameuté alla l’y chercher. Le roi vint occuper les Tuileries le 6 octobre 1789. — Au mois de février 1790, le jardin fut le théâtre d’une émeute dont le départ des tantes du roi servit de prétexte. — Au mois d’avril suivant, un autre rassemblement s’y forma pour empêcher Louis XVI d’aller à Saint-Cloud. — Le 20 juin 1792, le peuple envahit les Tuileries, sous prétexte de présenter lui-même des pétitions au roi ; cette désastreuse journée servit de prélude à la sanglante révolution du 10 août. Cette fois, la populace pénétra dans le palais, le fer et le feu à la main. Les défenseurs du roi furent impitoyablement égorgés, tout fut pillé, saccagé. Quelques membres du département voyant le désordre qui régnait dans le château, conseillèrent au roi de se retirer au sein de l’Assemblée. Louis XVI s’y rendit avec sa famille ; quelques heures après son arrivée, fut rendu ce décret célèbre : « Louis XVI est provisoirement suspendu de la royauté ; un plan d’éducation est ordonné pour le prince royale. Une Convention est convoquée. »

Sous la république, les Tuileries prirent le nom de Palais-National. Sur l’emplacement occupé par le théâtre, connu sous le nom de Salle des Machines, on construisit la salle de la Convention. On y entrait par un perron qui donnait sur la terrasse des Feuillants. Dans cette salle fut prononcée, le 20 janvier 1793, la sentence de la Convention qui condamnait à mort l’infortuné Louis XVI.

La fameuse fête de l’Être-Suprême eut lieu dans le jardin des Tuileries, le 9 juin 1794. Nous en rappelons les principales circonstances.

Conquérante aux Alpes, aux Pyrénées, menaçante dans les Pays-Bas, d’une grandeur héroïque sur mer, la république voulait se laver aux yeux de l’Europe du reproche d’impiété. Après avoir administré, égorgé, détruit avec un ensemble effrayant, elle cherchait à recomposer la société en l’appuyant sur deux grandes vérités, la morale et Dieu. La Convention avait fixé au 20 prairial an II, la fête de l’Être-Suprême. Robespierre avait été nommé président. Le soleil s’était levé dans toute sa splendeur, et son éclat semblait favoriser cette fête. On se rassemble à chaque section pour se rendre au jardin des Tuileries. Robespierre parait à la tête de la Convention. Le nouveau pontife tient à la main, comme tous les représentants, un bouquet de fleurs, de fruits et d’épis de blés. Son visage ordinairement impassible est rayonnant de joie. Arrivés sur un vaste amphithéâtre dressé devant le château et adossé au pavillon du milieu, les membres de la Convention prennent place. Alors Robespierre adresse au peuple ce premier discours : « Français républicains, il est enfin arrivé le jour fortuné que le peuple Français consacre à l’Être-Suprême. Jamais le monde qu’il a créé, ne lui offrit un spectacle aussi digne de ses regards. Il a vu régner sur la terre la tyrannie, le crime et l’imposture ; il voit dans ce moment une nation entière aux prises avec tous les oppresseurs du genre humain, suspendre le cours de ses travaux héroïques pour élever sa pensée et ses vœux vers le grand Être qui lui donne la mission de les entreprendre et le courage de les imiter. » — Une symphonie succède à ces paroles. Robespierre descend de l’amphithéâtre, et s’avance, une torche enflammée dans la main, vers le bassin du milieu. En cet endroit s’élevait un groupe de figures représentant l’Athéisme, la Discorde et l’Égoïsme. Robespierre y met le feu. Du milieu des cendres apparaît la statue de la Sagesse, mais on remarque que la déesse a été noircie par les flammes. La musique et les applaudissements de la foule accompagnent Robespierre à la tribune, où il prononce un nouveau discours qui se termine ainsi : « Français ! vous combattez des rois, vous êtes donc dignes d’honorer la Divinité. Être des êtres, auteur de la nature, l’esclave abruti, le vil suppôt du despotisme, l’aristocrate perfide et cruel t’outrage en t’invoquant. Mais les défenseurs de la liberté peuvent s’abandonner avec confiance dans ton sein paternel. Être des êtres, nous n’avons point à t’adresser d’injustes prières, tu connais les créatures sorties de tes mains, leurs besoins n’échappent pas plus à tes regards que leurs plus secrètes pensées ! La haine de la mauvaise foi et de la tyrannie brûle dans nos cœurs avec l’amour de la justice et de la Patrie ; notre sang coule pour la cause de l’humanité voilà notre prière, voilà nos sacrifices, voilà le culte que nous t’offrons ! » — Le cortège s’ébranle ensuite, on se met en marche pour se rendre au Champ-de-Mars. Robespierre affecte de devancer ses collègues. Quelques uns indignés, se rapprochent de sa personne, et lui prodiguent les sarcasmes les plus amers. L’un lui dit, en faisant allusion à la statue de la Sagesse, qui avait paru enfumée, que sa Sagesse est obscurcie ; l’autre fait entendre les noms de Tyran, de César, et s’écrie : qu’il est encore des Brutus !… Bourdon de l’Oise lui dit ces mots : « La Roche Tarpéienne est près du Capitole ! » — « Robespierre, dit Lecointre, j’aime la fête, mais toi je te déteste ! » — Le cortège est arrivé au Champ-de-Mars. Au milieu de cette vaste enceinte, s’élève une immense montagne. Au sommet on voit un arbre. La Convention vient s’asseoir sous ses rameaux. Des groupes d’enfants, de vieillards, et de femmes, entourent cette montagne. On chante un hymne composé par le représentant Chénier. Puis une symphonie se fait entendre ; enfin, à un signal donné, les adolescents tirent leurs épées et jurent dans les mains des vieillards, de défendre la patrie et de mourir pour elle. Les mères élèvent leurs enfants dans leurs bras, tous les assistants tendent leurs mains vers le ciel, et rendent hommage à l’Être-Suprême. Les roulements des tambours, les décharges d’artillerie, annoncent la fin de la cérémonie, et les spectateurs reprennent en bon ordre le chemin de leurs sections.

Le Conseil des Anciens remplaça la Convention aux Tuileries, tandis que celui des Cinq-Cents alla s’installer dans la Salle du Manège, jusqu’à l’époque du 18 fructidor, où le gouvernement l’appela près de lui au Luxembourg.

Napoléon, consul et empereur, habita les Tuileries. La famille des Bourbons y demeura également pendant la restauration. — Le 29 juillet 1830, vers midi, le peuple attaqua les Tuileries. Après un combat qui dura une heure et demie, les troupes royales battirent en retraite par la place de la Concorde et se dirigèrent vers Rambouillet. — Depuis 1831, la famille régnante occupe le palais des Tuileries.

Tuileries (quai des).

Commence au guichet du Musée et au quai du Louvre ; finit aux pont et place de la Concorde. Pas de numéro. Sa longueur est de 1 280 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Jusqu’en 1730, c’était un chemin étroit qui séparait les fossés des Tuileries de la rivière. À cette époque, on démolit la porte de la Conférence, ainsi nommée parce qu’elle avait été construite dans le temps des fameuses conférences qui amenèrent la paix des Pyrénées. Cette porte, située à l’extrémité du jardin des Tuileries, gênait la circulation. Par lettres-patentes du 8 octobre 1731, le roi ordonna la formation d’un nouveau chemin de largeur convenable, ce qui fut exécuté. — « 26 février 1806. — Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Il sera construit un mur de quai dans le prolongement du port Saint-Nicolas. Les murs du quai, vis-à-vis le Louvre, seront réparés et élevés. » — La largeur du quai des Tuileries varie de 20 m. à 29 m. — Portion d’égout et de conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Turgot (rue).

Commence à la rue Rochechouart, nos 57 et 59 ; finit à l’avenue Trudaine. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 231 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une décision ministérielle du 29 mai 1821 approuva l’ouverture de cette rue ; mais il ne fut point alors donné suite à ce projet. Par une ordonnance royale du 23 août 1833, ce percement fut définitivement arrêté sur une largeur de 13 m. En 1836, cette rue n’était point encore livrée à la circulation, attendu qu’il fallait acquérir plusieurs propriétés particulières. Ces acquisitions ayant été faites, elle fut entièrement exécutée à la fin de cette même année. Les propriétés riveraines sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Michel-Étienne Turgot, chevalier, marquis de Sousmons, seigneur de Saint-Germain-sur-Eaulne, Vatierville, etc., naquit à Paris le 9 juin 1690. Il était président en la deuxième chambre du palais, lorsqu’il fut nommé prévôt des marchands le 14 juillet 1729. Dans cette honorable fonction qu’il remplit jusqu’au 16 août 1740, Turgot déploya une rare capacité et un zèle remarquable. La ville de Paris lui doit de notables améliorations. Nommé conseiller d’état, puis président du grand conseil en 1741, Turgot mourut dans la retraite le 1er février 1751.

Août 1844.