Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/G

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G

Gabriel (avenue).

Commence à la place de la Concorde et à la rue des Champs-Élysées, no 1 ; finit à l’avenue Matignon. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par les Champs-Élysées ; le dernier pair est 38. Sa longueur est de 695 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

La partie de cette avenue comprise entre la rue des Champs-Élysées et l’avenue Marigny était confondue autrefois dans les Champs-Élysées. Formée en 1818, elle doit son nom à Jacques-Ange Gabriel, célèbre architecte, qui naquit à Paris en 1710 et mourut dans la même ville vers 1782. On sait que la place Louis XV, aujourd’hui de la Concorde, où cette avenue prend naissance, a été tracée en 1763 sur les dessins de Gabriel. Le monument qui fait le plus d’honneur au talent de cet artiste est sans contredit l’École-Militaire, dont il commença la construction en 1751. — Il résulte d’un alignement approuvé le 13 messidor an VII par le ministre de l’intérieur Quinette, que les constructions bordant cette partie d’avenue sont soumises à un retranchement considérable. Le surplus de l’avenue Gabriel était formé dès 1670. Il n’existe point d’alignement pour cette deuxième partie. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).


Gaillard (passage).

Commence à l’allée des Veuves ; finit à la rue Marbeuf, no 8. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Le terrain sur lequel a été ouvert ce passage était connu en 1789 sous le nom de Marais des Gourdes ; il appartenait alors aux religieuses de la Visitation-Sainte-Marie de Chaillot. Leur communauté ayant été supprimée en 1790, leurs biens devinrent propriétés nationales. Le terrain dont il s’agit fut vendu en 1792. En 1825 le passage fut formé par M. Gaillard.


Gaillon (rue).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 52 et 54 ; finit à la rue Neuve-Saint-Augustin, nos 27 et 31. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 151 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1495 c’était la ruelle Michaut-Riegnaut ; en 1525 la rue Michaut-Regnaut en raison d’un voiturier ainsi appelé qui y possédait une grande maison et un jardin. On lui donna en 1578 la dénomination qu’elle conserve encore aujourd’hui, en raison de l’hôtel Gaillon, remplacé depuis par l’église Saint-Roch ; elle prenait naissance sous ce nom à la rue Saint-Honoré et aboutissait à la Porte Gaillon, près de l’endroit où est maintenant le boulevart, en face de la rue Delamichodière. En 1700, cette porte fut abattue et l’on supprima, en vertu d’un arrêt du conseil du 3 juillet 1703, une partie de la rue Gaillon, qui ne s’étendit plus à partir de cette époque que jusqu’à la rue Neuve-Saint-Augustin. La partie entre la rue Saint-Honoré et la rue Neuve-des-Petits-Champs prit au XVIIe siècle le nom de Lorges, en raison de l’hôtel de Lorges qui était situé au coin nord-est de cette rue et de la rue Neuve Saint-Augustin, et ensuite celui de rue Neuve-Saint-Roch, parce que l’église Saint-Roch y est située. — Une décision ministérielle en date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue Gaillon à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette dimension est portée à 12 m. : de 1 à 11 inclus, retranchement 1 m. 20 c. à 2 m. ; de 13 à 17 inclus, retranchement 70 c. à 1 m. 20 c. ; 19, retranchement 60 c. ; 21, retranchement 50 c. ; 23, retranchement 40 c. ; 25, aligné ; de 2 à 10, retranchement 2 m. 40 c. à 3 m : 30 c. ; de 12 à 20 inclus, retranchement 3 m. 30 c. à 4 m. 25 c. ; 22, aligné. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Gaîté (théâtre de la).

Situé boulevart du Temple, no 68. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Nicolet, directeur d’une troupe de sauteurs qui desservaient les foires Saint-Germain et Saint-Laurent, vint en 1759 s’établir sur le boulevart. Il y fit construire un théâtre où l’on représentait des pièces grivoises et des pantomimes-arlequinades qui furent accueillies avec la plus grande faveur. Taconnet, le meilleur acteur de cette troupe, composait des pièces qui lui valurent le surnom de Molière des boulevarts. Il attirait tout Paris au théâtre de Nicolet lorsqu’il jouait un rôle d’ivrogne ou de savetier. Quand il voulait exprimer le dernier degré de son mépris pour quelqu’un, il disait : Je te méprise comme un verre d’eau. Cet excellent comédien mourut gaiment à l’hospice de la Charité. — En 1769 les directeurs de l’Opéra, jaloux des succès obtenus par Nicolet, firent interdire la parole aux acteurs de ce théâtre. Cet ordre rigoureux ne fut pas longtemps en vigueur. En 1772 la troupe de Nicolet joua quelques représentations devant la cour, réunie alors à Choisy. La favorite Du Barry fut si contente de ce spectacle, qu’elle lui fit donner le titre de théâtre des Grands Danseurs du Roi. Nicolet fut le premier qui offrit un exemple honorable. Les flammes ayant dévoré en 1777 toutes les constructions de la foire Saint-Ovide, il donna une représentation au bénéfice des incendiés. Cette générosité trouva dans la suite de nombreux imitateurs. En 1792, le spectacle de Nicolet prit le nom de théâtre de la Gaîté. Trois ans après, un comédien nommé Ribié était chargé de la direction de cette entreprise, qui reçut le titre de théâtre d’Émulation. En 1798 la veuve Nicolet lui rendit sa dénomination de théâtre de la Gaîté. La féerie du Pied de Mouton, représentée en 1806, attira tout Paris. Les dispositions de la salle, bâtie en 1760, n’étant plus en harmonie avec les besoins de l’époque (1808), M. Bourguignon, gendre de la veuve Nicolet, chargea l’architecte Peyre de reconstruire une nouvelle salle. Les travaux en furent promptement terminés. Depuis ce moment jusqu’à l’année 1837, de nombreux succès dus principalement au genre de pièces appelées mélodrames, placèrent la Gaîté au premier rang des spectacles des boulevarts. Un affreux incendie détruisit ce théâtre le 21 février 1835. Neuf mois après il était rétabli et ouvert au public. Sur la façade de la nouvelle salle, on remarque l’inscription suivante : « Théâtre de la Gaîté fondé en 1760 par J.-B. Nicolet, reconstruit en 1808, incendié le 21 février 1835, réédifié en fer, la même année. Bourlat, architecte. » La dépense s’est élevée à 443,000 fr. On représente toujours sur ce théâtre des vaudevilles, des drames et des pièces féeries. — Prix des places en 1844 : avant-scène des 1res et du rez-de-chaussée, 4 fr. ; 1res loges de face et baignoires fermées, 3 fr. ; 2mes loges de face, stalles de balcon et amphithéâtre, 2 fr. 50 c. ; 1res loges découvertes, avant-scène des 2mes, stalles d’orchestre, et orchestre adossé, 2 fr. 25 c. ; 1re galerie de côté, 2 fr. ; orchestre et pourtour, 1 fr. 50 c. ; 2me galerie et avant-scène des 3mes, 1 fr. 25 c. ; parterre, 1 fr. ; 3me galerie, 60 c. ; 4e amphithéâtre, 40 c.


Galande (rue).

Commence à la rue des Lavandières, no 2, et à la place Maubert, no 16 ; finit aux rues Saint-Jacques, no 1, et du Petit-Pont, no 29. Le dernier impair est 79 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 230 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue fut percée en 1202 sur le clos Mauvoisin, qui faisait partie de la seigneurie de Garlande, dont on a fait Galande par corruption. (Voir l’article de la rue du Fouarre.) Cette famille des Garlande occupait au XIIe siècle les premières charges du royaume. Anzeau de Garlande, qui fut tué au siège du Puiset, en 1118, avait été sénéchal et premier ministre sous les rois Philippe Ier et Louis-le-Gros. Étienne de Garlande, son frère, évêque de Beauvais, fut sénéchal de France, chancelier et premier ministre durant neuf années. Il mourut en 1151. Anselme de Garlande était prévôt de Paris en 1192. — La rue Galande a été élargie en vertu d’un arrêt du conseil d’état, en date du 6 juin 1672. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé à 10 m. la moindre largeur de cette voie publique. Les maisons nos 21, 55, 57, 75, 77, 79 ; 20, 22, 24, 56 et 58, ne sont pas soumises à retranchement ; celles no 7, 9, 11, 51, 53 ; 16, 18 et 26, ne devront subir qu’un léger redressement. — Égout entre la rue des Anglais et la place Maubert. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Garancière (rue).

Commence à la rue du Petit-Bourbon, no 9 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 34 et 36. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 220 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était autrefois la ruelle de Saint-Sulpice. Elle doit sa dénomination actuelle à l’hôtel Garancière, construit au XVe siècle, et que l’on trouve indiqué sous les noms de Garance et Garancée. — Une décision ministérielle du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de la rue Garancière à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 3 avril 1843, cette moindre largeur est portée à 10 m. De 1 à 7 inclus, retranchement 3 m. 40 c. à 3 m. 70 c. ; mur de clôture portant le no 9, aligné ; de 11 à 17 inclus, retranchement 80 c. à 2 m. 20 c. ; propriété à l’encoignure de la rue de Vaugirard, retranchement réduit 50 c. ; nos 2 et 4, alignés ; 6, redressement ; 8 et 10, retranchement qui n’excède pas 50 c. ; 12, retranchement réduit 1 m. 10 c. ; 14, retranchement réduit 2 m. 50 c. — Égout entre les rues du Petit-Bourbon et Palatine. — Éclairage au gaz (compe Française).


Garçons-Saint-Germain (rue des Mauvais-).

Commence à la rue de Buci, nos 7 et 9 ; finit à la rue des Boucheries, nos 24 et 26. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 110 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Au mois de février 1254, l’abbé de Saint-Germain-des-Prés vendit à Raoul d’Aubusson un terrain en face des murs de la ville, moyennant une redevance annuelle de 40 sols parisis. On lit dans cet acte que l’abbé de Saint-Germain se réserva le droit de faire ouvrir derrière ce terrain un chemin de 3 toises de large. En 1265, ce chemin était tracé et fut désigné plus tard sous le nom de la Folie Reinier, en raison d’une maison de plaisance appartenant à un nommé Reinier. Cette propriété exista dans cette rue jusqu’en 1399. Vers cette époque, des bouchers étant venus habiter cette voie publique, elle prit alors le nom de l’Écorcherie. Ces mêmes bouchers et leurs garçons excitèrent des troubles sous le règne malheureux de Charles VI et le peuple donna plus tard à cette rue le nom des Mauvais-Garçons. — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, cette dimension a été portée à 10 m. De 1 à 5 inclus, retranchement 1 m. 85 c. à 2 m. 85 c. ; no 7, aligné ; 7 bis, 9 et 11, retranchement 1 m. à 1 m. 50 c. ; 13, retranchement 80 c. ; 15, retranchement 50 c. ; 17, redressement ; 19, aligné ; 21, redressement ; 2, retranchement 2 m. 50 c. ; de 4 à la fin retranchement 3 m. à 4 m. 70 c. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Garçons-Saint-Jean (rue des Mauvais-).

Commence à la rue de la Tixéranderie, nos 65 et 67 ; finit à la rue de la Verrerie, nos 3 et 5. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 99 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Quelques habitations bordaient déjà cette rue sous le règne de Louis-le-Jeune. Tous les anciens titres lui donnent le nom de rue Chartron. En 1300, elle était habitée par des filles publiques. En 1537, on la trouve indiquée sous le nom de rue Chartron. Des bandits qui désolèrent Paris, lors de la captivité de François Ier, lui firent donner la dénomination de rue des Mauvais-Garçons. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 28 octobre 1838, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 4 à 6 m. La maison située sur le côté des numéros pairs, à l’encoignure de la rue de la Tixéranderie, et celle no 4 sont alignées. Les propriétés nos 2 et de 6 à 16 inclues sont soumises à un retranchement qui varie de 80 c. à 1 m. 48 c. ; celles de 18 à la fin ne devront subir qu’un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Tixéranderie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Gare (barrière de la).

Située à l’extrémité du quai d’Austerlitz.

Jusqu’en 1818, la barrière de la Gare était située à l’extrémité du quai d’Austerlitz, mais sur un emplacement beaucoup plus rapproché du pont. À cette époque le village d’Austerlitz ayant été renfermé dans l’enceinte de Paris, la barrière de la Gare fut reculée. Deux petits pavillons construits en 1832 décorent cette barrière, qui avait tiré son nom d’une gare voisine destinée à mettre les bateaux à l’abri des glaces. Cet utile bassin n’a jamais été terminé.


Gare (chemin de ronde de la barrière de la).

Commence à la barrière de la Gare et au quai d’Austerlitz ; finit à la barrière d’Ivry et à la Grande-Rue d’Austerlitz. Pas de numéro. Sa longueur est de 980 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Il a été formé en 1818, sur une partie de l’emplacement du village d’Austerlitz (voyez Austerlitz, Grande-Rue d’).


Gare (rue Neuve-de-la-).

Commence au chemin de ronde de la barrière de la Gare ; finit au boulevart de l’Hôpital. Pas encore de numéro. Sa longueur est de 885 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Une ordonnance royale à la date du 27 avril 1825, autorisa l’administration des hospices de Paris et les sieurs Bouhin, Godde, Magu et le baron Hély-d’Oissel, à ouvrir sur les terrains du clos de la Gare et du pré de l’Hôpital, qui leur appartenaient, cinq rues indiquées sur le plan par les letttres A, B, C, D, E ; la première sur 15 m., la dernière sur 12 m., et les trois autres sur 13 m. de largeur. Cette autorisation fut accordée à la charge par les impétrants — de supporter les frais d’établissement du premier pavage et éclairage des rues nouvelles ; d’établir dans la rue A, des trottoirs de 2 m. de large, et dans les autres des trottoirs de 1 m. 50 c. de chaque côté desdites rues, au fur et à mesure qu’il s’y construirait des maisons d’habitation. — Une seconde ordonnance du 14 janvier 1829 modifia la précédente, mais seulement en ce qui concernait le nombre des rues. Elles furent réduites à quatre. Ces divers percements furent immédiatement tracés. La principale rue, celle dont la largeur est fixée à 15 m, a reçu la dénomination de rue Neuve-de-la-Gare. Les trois autres voies publiques commencent au quai d’Austerlitz et se terminent à la rue Neuve-de-la-Gare. Elles ne sont pas entièrement construites et n’ont pas encore reçu de dénominations officielles. — Égout.


Gasté (rue).

Commence à la rue Basse-Saint-Pierre, nos 5 et 7 ; finit aux rues des Batailles, no 1, et de Chaillot, no 2. Pas de numéro. Sa longueur est de 56 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Le plan de Verniquet l’indique sous le nom de ruelle Montante. Effectivement sa pente est très rapide. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En 1806, elle a reçu la dénomination de rue Gasté, qu’elle doit sans doute à un propriétaire riverain. Les constructions du côté gauche ne sont pas soumises à retranchement ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. à 1 m. 60 c.


Gazomètre (rue du).

Commence à la place de La Fayette, no 8 ; finit à la rue des Jardins, no 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 61 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Cette rue a été ouverte sur les terrains appartenant à MM. André et Cottier. L’ordonnance qui autorisa ce percement est à la date du 31 janvier 1827 ; elle fixa la largeur de cette rue à 12 m. On donna à cette voie publique le nom de rue du Gazomètre, parce qu’étant prolongée elle déboucherait vis-à-vis du gazomètre de la rue du Faubourg-Poissonnière. — Une ordonnance royale du 2 février 1839 a porté la largeur de la rue du Gazomètre à 15 m. 75 c., depuis la place de La Fayette jusqu’à la rue des Jardins. Le surplus qui forme impasse, dans une longueur de 32 m., a été maintenu à 12 m. de largeur. Toutes les propriétés riveraines sont alignées. (Voyez Abattoir, rue de l’.)

Geneviève (carré Sainte-).

Situé entre les rues de la Montagne-Sainte-Geneviève, no 86, et des Sept-Voies, no 35. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le Panthéon ; le dernier pair est 12. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

On a commencé à bâtir des maisons sur son emplacement vers 1355. Cette place doit son nom à l’ancienne église Sainte-Geneviève, dont nous parlerons à l’article du collége Henri IV. — Une décision ministérielle du 13 juin 1807, signée Champagny, a déterminé l’alignement de cette voie publique. Conformément à une enquête faite en vertu d’un arrêté préfectoral du 17 décembre 1843, cet alignement doit être exécuté par voie d’expropriation, afin de compléter la régularisation des abords du Panthéon.


Geneviève (rue de la Montagne-Sainte-).

Commence aux rues des Noyers et Saint-Victor, no 169 ; finit à la rue des Prêtres-Saint-Étienne-du-Mont, no 16, et au carré Sainte-Geneviève, no 2. Le dernier impair est 85 ; le dernier pair, 86. Sa longueur est de 347 m. — 12e arrondissement ; de 1 à 65 et les dépendances de l’École-Polytechnique, quartier du Jardin-du-Roi ; de 77 à la fin et tous les numéros pairs, quartier Saint-Jacques.

Elle est ainsi appelée parce qu’elle conduisait à l’abbaye Sainte-Geneviève située sur une montagne. Elle se nommait anciennement Sainte-Geneviève, rue Sainte-Geneviève-la-Grande, Sainte-Geneviève-du-Mont et des Boucheries. Cette dernière dénomination lui avait été donnée en raison de plusieurs étaux qu’on permit d’y établir à la fin du XIIe siècle et au commencement du suivant. De 1793 à 1805, elle porta le nom de rue de la Montagne. — Une décision ministérielle du 8 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette rue à 10 m. Une ordonnance royale du 12 janvier 1844 a déclaré d’utilité publique l’acquisition des propriétés nos 59, 61 et 63, dont l’emplacement devra être réuni à l’École-Polytechnique. Les propriétés nos 1, 3, 53, 55, 59, 67, 85, 87 ; 20, 22, 24, 40, 42, 46, 68, 70, 84 et 84 bis, ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues Saint-Victor et Basse-des-Carmes. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Le collége de Laon avait son entrée dans cette rue. Guy, chanoine de Laon, trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris, et Raoul de Presles, clerc du roi, s’unirent en 1314 pour fonder ce collége. Le premier donna mille livres de rente amortie et les maisons qu’il avait dans la rue Saint-Hilaire (aujourd’hui des Carmes), et dans celle du clos Bruneau, appelée maintenant rue Saint-Jean-de-Beauvais. Le second fit don, pour sa part, de deux cents livres de rente. Tous deux se réservèrent la disposition et l’administration de leur collége, qu’ils destinèrent à recevoir les pauvres écoliers des diocèses de Laon et de Soissons. Par l’imprévoyance des fondateurs, de vives querelles s’élevèrent entre les habitants de ce collége ; ces contestations amenèrent en 1323 la division de cet établissement en collége de Laon et en collége de Soissons ou de Presles. Le collége de Laon occupa les logements de la rue du Clos-Bruneau (Saint-Jean-de-Beauvais), où fut depuis le collége de Lisieux. Le collége de Soissons ou de Presles fut établi sur le terrain qui donnait sur la rue Saint-Hilaire (des Carmes), à la charge d’une redevance de vingt-quatre livres de rente envers l’autre collége. En 1327, Guy de Laon établit dans le sien un principal, un chapelain et seize boursiers. Douze ans après, en 1339, Gérard de Montaigu, depuis avocat au parlement, légua aux écoliers sa maison appelée l’hôtel du Lion-d’Or, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Ils y furent transférés en 1340, et l’on trouve qu’en 1342, Foulques de Chanac permit d’y célébrer l’office divin. En 1773, ces deux établissements furent réunis au collége de Louis-le-Grand. La partie dite collége de Laon devint propriété de l’État, et fut vendue en deux lots le 30 avril 1822, savoir : le premier lot à un particulier moyennant 97,600 francs ; et le deuxième, 37,700 francs à la ville de Paris, qui a fait construire sur cet emplacement une partie du marché des Carmes.

Au no 37 était situé le collége de la Marche. Il fut fondé, en 1420, par Guillaume de la Marche et par Beuve de Vinville, pour six écoliers, quatre de la Marche et deux de Rosières-aux-Salines, de Lorraine. Dans la suite le nombre des boursiers s’éleva jusqu’à vingt-un. Ce collége, qui avait acquis de la célébrité, devint en 1790 propriété nationale. En exécution du décret impérial du 11 décembre 1808, l’Université a été mise en possession des colléges de la Marche et de Bayeux. Aujourd’hui les bâtiments du collége de la Marche sont occupés par une caserne d’infanterie.

Au no 52 était situé le séminaire des Trente-Trois. Claude Bernard, dit le pauvre prêtre, le fonda en 1633. Il y rassembla d’abord cinq écoliers, en l’honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur, puis douze en l’honneur des douze apôtres ; enfin trente-trois en mémoire du même nombre d’années que vécut Jésus-Christ. La reine Anne d’Autriche donna à ces écoliers 33 livres de pain par jour ; ils demeurèrent d’abord dans une salle du collége des Dix-Huit, puis dans six chambres qu’on loua pour eux au collége de Montaigu, enfin le 7 mai 1657, à l’hôtel d’Albiac qu’on avait acheté. Ce séminaire fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il fut vendu le 14 vendémiaire an IV.

Au no 55 était situé le collége de Navarre. Nous en parlerons à l’article de l’École-Polytechnique.

Au no 83 était la principale entrée du collége de Hubant ou de l’Ave-Maria. Il fut fondé en 1336, par Jean de Hubant, clerc, conseiller du roi, dans une maison qu’il acheta de sa majesté, au mois d’août 1327, moyennant 180 livres, et dans laquelle il établit quatre pauvres étudiants, un principal et un chapelain. Il donna une de ses propriétés rue des Poirées, et fit l’abandon de la troisième partie du produit des dîmes du territoire de Cormilliers. D’après l’acte de fondation, les boursiers devaient être nés au village de Hubant dans le Nivernais. Cet établissement prit ensuite le nom d’Ave-Maria, parce que le fondateur fit graver sur la porte de ce collége ces deux mots en lettres d’or : Ave-Maria. En 1767, il fut réuni au collége Louis-le-Grand. Devenu propriété de l’État, il fut vendu le 7 septembre 1810.


Geneviève (ruelle Sainte-).

Commence à la rue de Chaillot, nos 89 et 91 ; finit à la rue du chemin de Versailles. Pas de numéro. Sa longueur est de 240 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette ruelle, percée en 1792, porta d’abord le nom d’Hébert, ensuite celui de Sainte-Périne, parce qu’elle était située près de l’ancienne abbaye de Sainte-Périne, dont nous avons parlé à l’article de la rue de Chaillot. En 1806, on lui donna le nom de Sainte-Geneviève, parce que les bâtiments de cette maison religieuse avaient été occupés par les chanoinesses de Sainte-Geneviève. — Une décision ministérielle du 2 août 1816 a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement.


Geneviève (rue Neuve-Sainte-).

Commence aux rues de la Contrescarpe, no 25, et de la Vieille-Estrapade, no 1 ; finit à la rue des Postes, nos 35 et 37. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 294 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Ouverte sur le clos de Sainte-Geneviève, elle en a retenu la dénomination. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette rue à 7 m. Une ordonnance royale du 23 janvier 1844 a porté cette largeur à 10 m., et déclaré d’utilité publique l’exécution immédiate de l’alignement au droit de la propriété no 35, sur la rue des Postes, afin d’établir sur ce point une petite place devant l’entrée du collége Rollin, au moyen de la formation d’un pan coupé de 12 m. Cette amélioration sera prochainement effectuée. La propriété no 1 est soumise à un retranchement réduit de 1 m. Les maisons de 3 à la fin devront reculer de 1 m. 50 c. à 1 m. 90 c. Propriété no 2, retranchement réduit 3 m. ; de 4 à la fin, retranchement qui varie de 1 m. 40 c. à 2 m. 30 c.

La communauté de Sainte-Aure était située dans cette rue aux nos 12, 14, 16, 18 et 20. — En 1637, M. Gardeau, curé de Saint-Étienne-du-Mont, voulant retirer du libertinage plusieurs jeunes filles que la misère avait entraînées, acheta dans la rue des Poules une maison, afin d’y loger et nourrir ces malheureuses. Cette réunion prit le titre de communauté de Sainte-Théodore. Quelques années après, M. de Harlay, archevêque de Paris, ayant jugé à propos de donner un nouveau directeur à cet établissement, les filles ne voulurent point l’accepter et abandonnèrent leur maison. Cependant on parvint à en ramener plusieurs qui formèrent la communauté de Sainte-Aure, et furent placées dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève. En 1707, elles firent construire une église, et le roi leur accorda des lettres-patentes données à Meudon, au mois de juillet 1723. Vers 1760, elles embrassèrent la règle de saint Augustin, et prirent le titre de religieuses de Sainte-Aure, adoratrices du Sacré-Cœur de Jésus. — Jeanne Vaubernier, comtesse Du Barry et dernière favorite de Louis XV, fut élevée dans ce couvent, dont la suppression eut lieu en 1790. Les bâtiments de cette communauté devinrent propriétés nationales et furent vendus le 15 thermidor an IV.


Gentilly Saint-Marcel (rue de).

Commence à la rue Mouffetard, nos 296 et 298 ; finit au boulevart de l’Hôpital, nos 2 et 4. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 310 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle est indiquée sur le plan de Jaillot, qui ne lui donne pas de dénomination. Peu de temps après, c’était la rue du Chemin allant à Gentilly ; elle se dirige effectivement vers le village de ce nom. — Une décision ministérielle du 15 messidor an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une autre décision du 14 septembre 1829 elle a pris le nom de rue de Gentilly-Saint-Marcel. Une ordonnance royale du 2 décembre 1829 a porté à 12 m. la largeur de cette rue. Une grande partie du côté gauche et les constructions nos 10 bis, 12 et 14 sont alignées. Cette voie publique n’est pas encore pavée.


Genty (passage).

Commence au quai de la Râpée, nos 21 et 23 ; finit à la rue de Bercy, no 48. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Ce passage a été formé vers 1806 par M. Genty. Depuis une raffinerie y a été établie, et on le désigne quelquefois sous la dénomination de Passage de la Raffinerie.


Geoffroy-l’Angevin (rue).

Commence à la rue Sainte-Avoie, nos 41 et 43 ; finit à la rue Beaubourg, nos 20 et 22. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 139 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

En 1278, c’était la rue Géfroi-l’Angevin. Guillot l’appelle Giéfroi-l’Angevin. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 29 mars 1827. Les maisons nos 15, 17 ; 4, 6, 14, 16, 18 et de 24 à 28 inclusivement, sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Geoffroy-l’Asnier (rue).

Commence aux quais de la Grève, no 2, et des Ormes, no 78 ; finit à la rue Saint-Antoine, nos 40 et 44. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 190 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Au XIVe siècle on l’appelait rue Frogier et Forgier l’Asnier. Dès 1445, elle est indiquée sous le nom de Geoffroy-l’Asnier, qu’elle devait sans doute à quelqu’un de la famille de l’Asnier, très connue alors. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 mars 1836. Les maisons nos 13, 15, l’entrée de la mairie du 9e arrondissement et les propriétés nos 2 et 4, ne sont pas soumises à retranchement ; celles nos 17, 40 et 42, devront subir un léger redressement. — Égout entre le quai de la Grève et la rue de l’Hôtel-de-Ville. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Antoine jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Le connétable de Montmorency a longtemps habité cette rue, dans laquelle il fit bâtir la maison no 26, qui porte encore les armoiries de cette famille célèbre.


Geoffroy-Marie (rue).

Commence aux rues du Faubourg-Montmartre, no 22 et de la Boule-Rouge, no 1 ; finit à la rue Richer, no 19 bis. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 10 bis. Sa longueur est de 140 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Cette rue a été ouverte en 1842 sur une partie des terrains dits de la Boule-Rouge, appartenant à l’Hôtel-Dieu en vertu de la donation suivante :

« À tous ceux qui ces présentes lettres verront, l’official de la cour de Paris salut en notre seigneur ; savoir faisons que pardevant nous ont comparu GEOFFROY, couturier de Paris, et MARIE, son épouse : lesquels ont déclaré que naguère, ils avaient, tenaient et possédaient de leurs conquêts une pièce de terre contenant environ huit arpens, sise aux environs de la grange qui est appelée Grange-Bataillère, hors des murs de Paris à la porte Montmartre, en un clos dans la censive de l’Hôtel-Dieu de Paris, chargée de huit livres parisis de cens accru, payable chaque année à jour fixe en quatre termes suivant la coutume de Paris ; lesquels d. huit arpens de terre, chargés comme il vient d’être dit, et de quelques droits ou de quelque façon qu’ils puissent l’être dorénavant, les d. Geoffroy et Marie, son épouse, ont donné en notre présence dès maintenant et à toujours et par donation faite entre-vifs, ont concédé en notre présence aux pauvres de l’Hôtel-Dieu de Paris, pour les tenir et posséder à perpétuité sans rien retenir de la d. pièce, ni pour eux, ni pour leurs héritiers. ٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠ Les d. Geoffroy et Marie ont promis volontairement, spontanément et sans violence, de leur science certaine et de bonne foi que pour cause des biens remis en notre main et contenus en la donation qui précède, aucun trouble ne serait apporté pour cause de dot où de conquêt ou d’autres droits quelconques, soit par eux-mêmes, soit par d’autres à l’avenir.

En récompense de laquelle chose, les frères du d. Hôtel-Dieu, ont concédé aux d. Geoffroy et Marie et à perpétuité, la participation qu’ils ont eux-mêmes aux prières et aux bienfaits qui ont été faits et qui se feront à l’avenir au d. Hôtel-Dieu. Ont également promis les d. frères de donner et fournir en récompense de ce qui précède aux d. Geoffroy et Marie, pendant leur vie et au survivant d’eux, tout ce qui leur sera nécessaire en vêtements et nourritures à l’usage des d. frères et sœurs, de la même manière et suivant le même régime que les d. frères et sœurs ont l’habitude de se vêtir et nourrir. ٠٠٠٠٠٠٠٠ Donné en l’année de notre seigneur 1260 le 1er jour du mois d’août. ٠٠٠٠ Signé Durand. » (Traduction de la minute écrite en latin).

Le 30 septembre 1840, une partie de ces terrains fut vendue par l’administration des hospices aux sieurs Pène et Maufra, moyennant 3,075,600 fr., et une ordonnance royale du 10 janvier 1842 autorisa le premier de ces propriétaires à ouvrir sur cet emplacement une rue de 12 m. de largeur. Les conditions suivantes furent imposées à l’impétrant : de supporter, conformément aux prescriptions de l’administration, les frais de nivellement, ceux de pavage en chaussée bombée en pavé dur d’échantillon, avec sous-pavage sous les ruisseaux, ceux d’établissement de bornes-fontaines et du matériel pour l’éclairage au gaz ; de supporter également la dépense des trottoirs en granit, dont le montant devra être versé à la caisse municipale, et dont la construction sera ensuite exécutée par les soins de l’administration ; de faire les frais de construction de bouches et branchements d’égouts nécessaires à l’écoulement des eaux pluviales et ménagères ; enfin de se conformer à tous les règlements de voirie et de se soumettre la surveillance des agents de l’administration pendant le cours des constructions.


Georgeau (rue du Clos).

Commence à la rue de la Fontaine-Molière, nos 21 et 23 ; finit à la rue Sainte-Anne, nos 12 et 14. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 46 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Plusieurs titres, qui proviennent des archives de l’archevêché, mentionnent le clos Jargeau, dont on a fait depuis Georgeau. En 1610, Pierre Doria, sieur de Cernay, écuyer, acheta un vaste terrain situé entre ce clos et le Marché-aux-Chevaux. En 1620, la rue qui nous occupe fut ouverte sur cet emplacement. Elle était bordée de constructions en 1647. — Une décision ministérielle à la date du 3 frimaire an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 4 octobre 1826, cette largeur a été portée à 10 m. La maison no 4 est alignée. Les autres constructions devront reculer de 1 m. 40 c. à 1 m. 65 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Georges (place Saint-).

Située à la jonction des rues Neuve-Saint-Georges et Notre-Dame-de-Lorette. Pas de numéro. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

En vertu d’une ordonnance royale du 21 avril 1824, la compagnie Dosne, Loignon, Censier et Constantin fut autorisée à former sur les terrains à elle appartenant : 1o une rue de treize mètres de largeur, aboutissant d’un côté à la rue de La Rochefoucauld et se dirigeant vers la rue du Faubourg-Montmartre, à la jonction de celle-ci avec les rues Saint-Lazare et des Martyrs ; 2o une autre rue de 11 m. 70 c. de largeur partant de la rue Saint-Lazare vis-à-vis de la rue Saint-Georges jusqu’à la rencontre de la première ; 3o une place circulaire de 32 m. 50 c. de diamètre, au point de jonction de ces deux rues ; 4o enfin une troisième rue de 9 m. 75 c. de large, formant embranchement avec la première et aboutissant à la rue de La Rochefoucauld ; cette autorisation fut accordée à la charge par la compagnie — de supporter les frais de premier établissement du pavage et d’éclairage des nouvelles voies, d’y établir des trottoirs, et de construire sur le milieu de la place une fontaine dont le plan serait soumis à l’approbation de l’administration, et en outre de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris — Ces percements furent immédiatement exécutés. La rue de 13 m. de largeur a reçu la dénomination de rue Notre-Dame-de-Lorette. La rue de 11 m. 70 c. de largeur a été appelée rue Neuve-Saint-Georges. La place dont il est question au présent article a pris le nom de place Saint-Georges. Enfin on a donné à la rue de 9 m. 75 c. de largeur la dénomination de rue Labruyère. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Georges (rue Neuve-Saint-).

Commence à la rue Saint-Lazare, nos 22 et 26 ; finit à la place Saint-Georges. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 163 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Elle a été ouverte en 1824 sur les terrains de la compagnie Dosne, Loignon Censier et Constantin. (Voyez l’article qui précède.) Sa largeur est de 11 m. 70 c. On lui donna la dénomination de rue Neuve-Saint-Georges, parce qu’elle prolonge la rue de ce nom. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Georges (rue Saint-).

Commence à la rue de Provence, nos 32 et 34 ; finit à la rue Saint-Lazare, nos 15 et 17. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair ; 36. Sa longueur est de 271 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

La partie de cette voie publique, comprise entre les rues de la Victoire et Saint-Lazare, existait en 1734 et s’appelait ruelle Saint-Georges. Elle devait probablement cette dénomination à une enseigne. Cette ruelle fut élargie en 1778. Des lettres-patentes à la date du 7 mai 1779, registrées au parlement le 11 août suivant, autorisèrent Jean-Joseph De la Borde, conseiller, secrétaire des finances, à ouvrir sur ses terrains une nouvelle rue en prolongement de la ruelle Saint-Georges. Procès-verbal d’alignement de cette nouvelle voie publique, dont la largeur était de 30 pieds, fut dressé par le bureau de la Ville le 15 octobre 1779. Ces deux parties reçurent alors la seule et même dénomination de rue Saint-Georges. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 16 avril 1831, ont fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. Voici la situation des immeubles par rapport aux alignements. Les propriétés de 1 à 9 inclus sont alignées ; de 11 à 17 inclus, retranchement 1 m. ; 19, alignée ; 21, retranchement 70 c. ; 23, alignée ; 25 et 27, retranchement 1 m. ; 29, 31 et 33, alignées ; de 2 à 18 inclus, alignées ; maison à l’encoignure gauche de la rue de la Victoire, retranchement 1 m ; 20, alignée ; de 22 à 26 inclus, retranchement 1 m. ; 28, 30, alignées ; 30 bis retranchement 1 m. ; 32, alignée. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Germain-des-Prés (église Saint-).

Située sur la place du même nom. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Il est impossible de tracer l’histoire de cette aïeule de nos églises, sans parler de l’abbaye célèbre, dont l’existence remonte au premier temps de la monarchie chrétienne.

Tous nos historiens conviennent que l’abbaye de Saint-Vincent, depuis Saint-Germain-des-Prés, fut fondée vers 543 par Childebert Ier, fils de Clovis. Ce prince, accompagné de Clotaire, était allé en Espagne faire la guerre aux Visigoths. Les deux rois, ayant réuni leurs forces, mirent le siège devant Sarragosse, qu’ils réduisirent à l’extrémité. Les habitants consternés, n’espérant plus aucun secours humain, se couvrirent de cilices, et, chantant des psaumes, portèrent en procession autour des murs de la ville la tunique de saint Vincent. Les deux rois, touchés de compassion, accordèrent la paix, à deux conditions, toutefois : l’une que l’arianisme serait entièrement banni d’Espagne, l’autre qu’on tour donnerait la tunique de saint Vincent. Ces conditions furent acceptées par les vaincus, et Childebert apporta la tunique à Paris en grande solennité.

Quelque temps après, ce roi résolut d’élever une basilique, pour déposer la sainte relique et une croix qu’il apportait de Tolède. Sur l’emplacement que choisit le prince, l’on voyait encore les débris d’un temple consacré à la déesse Isis ; Childebert voulut faire succéder le culte du Dieu du ciel, à celui des fausses divinités de la terre.

L’édifice construit en l’honneur de saint Vincent, martyr, et de la sainte croix, était soutenu par des colonnes de marbre ; les murailles étaient ornées de peintures à fond d’or, et le pavé formé de pièces de marquetterie. L’extérieur de l’église répondait à la magnificence de l’intérieur. L’édifice couvert de cuivre doré jetait un si vif éclat qu’on le nomma plus tard Saint-Germain-le-Doré.

Cette abbaye fut dédiée par saint Germain le jour même de la mort de Childebert, 23 décembre 558. Dès le 6 du même mois, ce prince avait donné sa charte de fondation. Cet acte consiste principalement dans la donation du fief d’Issy avec ses appartenances et dépendances, du droit de pêche sur la rivière, depuis les ponts de Paris jusqu’au ruisseau de Sèvres, d’un chemin de dix-huit pieds de large des deux côtés du fleuve, et d’une chapelle de Saint-Andéol que remplaça depuis l’église de Saint-André-des-Arts.

Saint Germain fit bâtir au midi de l’édifice consacré à saint Vincent un oratoire sous l’invocation de saint Symphorien, et le monastère fut d’abord occupé par des religieux qui suivaient la règle de saint Basile, de cet homme qui, au moyen d’une haire et d’un sac, était parvenu à rassembler sous ses lois plusieurs milliers de disciples.

Le corps de saint Germain fut inhumé dans la chapelle de saint Symphorien. Bientôt Dieu couvrit la tombe du pieux évêque de miracles éclatants, en proportion des vertus du saint homme ici bas, et la dévotion du peuple fit donner le nom de Saint-Germain au monastère et à l’église conjointement avec celui de Saint-Vincent. Dans plusieurs actes des VIIe et VIIIe siècles, on nomme cette abbaye la basilique de Saint-Germain et de Saint-Vincent. Le 25 juillet 754, en présence de Pépin et de ses deux fils, Carloman et Charles, le corps de saint Germain, qu’on avait exhumé de la chapelle saint Symphorien, fut déposé dans la grande église au rond-point du sanctuaire.

Cette abbaye éprouva la fureur des Normands. En 845 et 858, ils pillèrent ce monastère, et y mirent le feu en 861. Huit ans après il fut réparé par les soins de l’abbé Gozlin ; mais en 885 les Normands ravagèrent encore les environs de Paris et ruinèrent l’abbaye de fond en comble. L’église et le monastère ne furent rebâtis que vers l’an 1000, par l’abbé Morard aidé des libéralités du roi Robert. Le pape Alexandre III fit la dédicace de la nouvelle église le 21 avril 1163. L’abbé Eudes fit bâtir un nouveau cloître vers 1227. Le réfectoire et les murs de l’abbaye furent construits par Simon en 1237. Hugues d’Issy, qui le remplaça, fit bâtir la chapelle de la Vierge, qui était située à côté de l’église.

Après la construction de l’enceinte de Paris sous Philippe-Auguste, l’évêque prétendit à la juridiction spirituelle sur le territoire de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, qui était renfermé dans la ville. L’abbé de Saint-Germain s’adressa au pape Innocent III pour conserver ses droits. Mais avant la décision du souverain pontife, il accepta pour arbitres Geoffroy, évêque de Meaux, Michel, doyen de Saint-Marcel et frère Guérin. L’évêque Pierre Hugues, doyen, tout le chapitre de Notre-Dame, Guillaume, archiprêtre de Saint-Séverin, Raoul, curé de la chapelle Saint-Sulpice, l’abbé et les religieux de Sainte-Geneviève, promirent tous, sous peine de payer deux cents marcs d’argent, de s’en rapporter à la décision qui serait rendue. La sentence arbitrale, dont les détails précieux peuvent indiquer la topographie de Paris à cette époque, exempta de toute juridiction épiscopale le territoire contenu depuis la tournelle de Philippe Hamelin (aujourd’hui le palais de l’Institut) jusqu’à la borne séparant vers Grenelle la terre de Saint-Germain d’avec celle de Sainte-Geneviève, et depuis cette borne jusqu’à une autre, formant la limite des deux mêmes terres près du chemin d’Issy, enfin à partir de cette limite jusqu’à la quatrième, placée par les arbitres contre les murs vers Saint-Étienne-des-Grés.

La sentence décida en même temps que les terres enclavées dans l’enceinte seraient soumises à perpétuité à la juridiction de l’évêque.

Les abbés de Saint-Germain durent se repentir plus tard d’avoir accepté cet arbitrage. Au mois de juin 1211 ces religieux reçurent la réponse du pape, qui adjugeait à l’abbé la juridiction spirituelle sur tout le territoire de Laas, mêmes sur celui qui faisait partie de la ville.

La différence des juridictions donnait quelquefois naissance à de vifs débats. Les anciens registres du parlement attestent un fait étrange. Deux faux-monnayeurs, arrêtés à Villeneuve-Saint-Georges au mois de mai 1256, furent pendus dans la justice de Saint-Germain-des-Prés, puis pendus de nouveau dans celle du roi. Une nouvelle décision fut prise à cet égard lors de l’assemblée du parlement tenu à Melun par Saint-Louis en septembre 1257. Le droit alors mieux éclairci, les deux faux-monnayeurs subirent une troisième exécution.

Les abbés de Saint-Germain-des-Prés jouissaient de plusieurs autres privilèges. Il en est un qui mérite d’être rapporté en raison de sa bizarrerie. Les maréchaux de France en raison de l’estuage du port de Milly, recevaient de l’abbé et des religieux, le 28 mai, jour de la fête de Saint-Germain, douze pains, douze setiers de vin et douze sols parisis. De leur côté, les maréchaux de France étaient tenus de marcher devant l’abbé, un bâton blanc à la main, pendant la procession et la messe. Cet usage fut en vigueur jusqu’à la fin du XVe siècle.

Un autre droit que possédait l’abbé de Saint-Germain-des-Prés était celui qu’il avait sur les habitants de Chaillot, qui étaient tenus de lui donner tous les ans, le jour de l’Ascension, deux grands bouquets et six autres petits, un fromage gras fait avec le lait des vaches qu’ils menaient paître dans l’île Maquerelle (des Cygnes), en deçà de la rivière de Seine et un denier parisis pour chaque vache.

Une querelle violente s’éleva en 1278 entre l’Université et l’abbaye de Saint-Germain. Les maîtres et les écoliers de l’Université avaient coutume d’aller prendre leurs divertissements hors de la ville, dans un pré nommé, par cette raison, le Pré-aux-Clercs. Le chemin qu’ils traversaient appartenait à l’abbaye de Saint-Germain. Gérard de Moret, alors abbé, fit élever plusieurs maisons qui rétrécirent ce passage. Les écoliers adressèrent de vives réclamations à l’abbé, qui, se trouvant dans son droit, fit continuer les constructions. Le vendredi 12 mai, les clercs arrivent en bandes nombreuses, et tous, mettant la main à l’œuvre, démolissent en peu d’heures les bâtiments. Aussitôt Gérard de Moret fait sonner le tocsin et s’apprête à se défendre. Les vassaux de l’abbaye accourent, se rangent en bataille et fondent sur les écoliers. Plus de soixante étudiants furent tués ; on en saisit plusieurs qu’on jeta en prison. Gérard de Dôle, bachelier ès-arts, fut blessé mortellement. Jourdain, fils de Pierre le scelleur, périt sous le bâton, et Adam de Pontoise, frappé d’une masse de fer, perdit un œil.

Le lendemain de cette lutte meurtrière, l’Université présenta une plainte au cardinal de Sainte-Cécile, légat du pape, pour avoir raison de l’outrage. L’Université disait en terminant, que si dans la quinzaine justice n’était pas rendue, elle ferait suspendre tous ses exercices : seul remède que de pauvres étrangers et sans armes tels qu’ils étaient, pussent opposer à ceux du pays.

Le légat, effrayé de ces menaces, condamna Étienne de Pontoise, prévôt de l’abbaye, comme coupable d’homicide, à être chassé de l’abbaye Saint-Germain. Philippe-le-Bel fit également examiner cette affaire en son conseil. Le roi présent au jugement prononça lui-même la sentence. Les religieux furent condamnés fonder deux chapellenies de 20 livres parisis de rente chacune, à payer 200 livres pour les réparations de la chapelle Saint-Martin, 200 livres à Pierre le scelleur pour le dédommager de la perte de son fils ; 400 livres aux parents de Gérard de Dôle, et 200 au recteur de l’Université pour être distribués au régent et aux pauvres écoliers. Dix des plus coupables d’entre les vassaux de l’abbaye furent chassés du royaume. Les tourelles bâties sur la porte de l’abbaye du côté du pré furent rasées jusqu’à la hauteur des murailles, et le chemin pour lequel on s’était battu fut abandonné à l’Université. — Il ne se passa aucun fait important à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés jusqu’au règne de Louis XII.

Le cardinal d’Amboise, légat du pape, après avoir réformé les Jacobins et les Cordeliers établis à Paris, voulut également renouveler la discipline des couvents des Bénédictins. Il confia cette mission à deux religieux de Cluny, qui s’occupèrent d’abord de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. La nouvelle réforme se maintint seulement pendant quelques années. En 1507, Guillaume Briçonnet, évêque de Lodève, introduisait à Saint-Germain-des-Prés la règle de Chézal-Benoit.

La nouvelle discipline était d’une grande sévérité. Elle prescrivait, outre l’abstinence de la viande, une solitude complète et une vie uniquement occupée des exercices de piété.

La construction du palais abbatial date de 1685. Elle fut commencée par les ordres du cardinal de Bourbon, abbé de cette communauté. Dès 1630, la réforme de Chézal-Benoit avait été remplacée par la congrégation de Saint-Maur, autorisée par Grégoire XV. Parmi les hommes recommandables qu’elle a produits, brillent au premier rang Mabillon, Montfaucon, Félibien, Clément et Lobineau.

L’abbaye Saint-Germain-des-Prés fut supprimée en 1790 ; ses bâtiments devinrent propriétés de l’état. Sur leur emplacement ont été construites les rues de l’Abbaye et Saint-Germain-des-Prés.

Une partie du palais abbatial subsiste encore dans la première de ces voies publiques. La demeure des princes-abbés est aujourd’hui descendue au rang d’une maison bourgeoise, en dépit de sa façade qui proteste contre cet abaissement.

Il nous reste maintenant à parler de l’architecture de l’église Saint-Germain-des-Prés. La tour de la façade est, de l’avis de tous les archéologues, un débris précieux de l’édifice élevé par Childebert. Il est malheureux que cette tour ait été taillée en carré lisse, cette restauration lui a fait perdre son caractère d’antiquité. Les piliers de la nef paraissent appartenir à la même époque. La seconde église bâtie en forme de croix est du XIe siècle. Elle avait autrefois trois clochers, un au-dessus du portail, et les deux autres au-dessus de chacun des côtés de la croisée ; ces deux derniers ont été abattus en 1821. La croisée est éclairée aux extrémités par deux grands vitraux qui en occupent toute la largeur. Le chœur placé dans le rond-point est entouré de huit chapelles qui furent dédiées par Hubold d’Hostie en 1163.

Le portail ouvert dans la tour était orné de huit figures qui ont été détruites pendant la révolution. Parmi ces statues, six représentaient des personnages de l’Ancien-Testament, et les deux figures les plus éloignées de la porte étaient celles de Clotaire Ier et de Clodomir.

Au fond du porche et au-dessus de-la porte de l’église on voit un bas-relief d’un style fort ancien représentant la Cène. Ce morceau de sculpture est aujourd’hui dans un triste état de dégradation.

Le caractère de l’architecture intérieure est tout-à-fait roman, à l’exception de quelques parties construites au commencement du XIIe siècle, et qui se rapprochent davantage du style gothique.

Des réparations importantes ont été faites à cette église au commencement du XVIIe siècle. On ouvrit alors les deux bas-côtés, on substitua la voûte au lambris doré qui en tenait lieu ; et dans chacune des nefs de la croisée furent construites les chapelles qui en occupent tout l’espace. On regrette amèrement que les artistes chargés de ces travaux n’aient pas su respecter le caractère primitif de l’architecture du monument. Dans les chapelles des bas-côtés du chœur ont été déposés en 1821 les cendres de Descartes, celles de Mabillon, de Montfaucon et le cœur de Boileau qu’on avait extrait de la Sainte-Chapelle.

Plusieurs tableaux de Sébastien Le Clerc, de Nicolas Bertin, de Vanloo, ornent cette église, qui est aujourd’hui la première succursale de Saint-Sulpice.


Germain-des-Prés (marché Saint-).

Circonscrit par les rues Clément, Félibien, Lobineau et Mabillon. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ce marché a été construit sur une partie de l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. Le premier titre qui la mentionne est une charte de 1176, par laquelle Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, cède au roi Louis-le-Jeune la moitié des revenus qu’elle produisait alors. Toutefois cet acte ne nous dit pas en quel lieu elle se tenait, ni pour quel motif cette cession était faite. On y voit seulement qu’elle commençait quinze jours après pâques et durait trois semaines. Il nous paraît probable qu’une indemnité fut accordée par ce prince, indemnité qui permit à ces religieux d’établir une autre foire. Philippe-Auguste, en 1200, confirmant ce droit, constate qu’il avait été établi par Louis VII. Jaillot croit qu’elle se tenait près du chemin d’Issy, rue d’Enfer.

Les religieux de Saint-Germain-des-Prés, ayant éprouvé de grandes pertes pendant les guerres civiles de Charles VI et Charles VII, demandèrent pour se dédommager, par l’organe de Geoffroi Floreau, leur abbé, le droit d’établir dans le faubourg Saint-Germain une foire franche, semblable à celle de Saint-Denis. Le roi Louis XI accéda à leur demande par lettres patentes du mois de mars 1482. Cette foire devait commencer le 1er octobre et durer huit jours. Sous les règnes suivants, l’époque et la durée furent changées plusieurs fois. Sous Louis XIV, qui en confirma le privilège en 1711, l’ouverture en fut fixée au 3 février ; elle se prolongeait ordinairement jusqu’à la veille du dimanche des Rameaux. — En 1486, les religieux avaient fait construire 340 loges ; elles étaient si peu solides qu’en 1511, Guillaume Briçonnet, abbé de Saint-Germain, les fit rebâtir. Henri III prenait souvent plaisir à se promener à la foire Saint-Germain. Le 4 février 1579, les ligueurs, informés que le roi devait aller visiter cet établissement, ameutèrent des écoliers qui mirent autour de leur cou de grandes fraises de papier, semblables à celles que portaient Henri III et ses mignons. Ils se promenèrent en criant : « À la fraise on reconnaît le veau ! » Le roi se contenta de les faire emprisonner. — Cette foire était brillante alors et couverte d’une charpente qui faisait l’admiration des architectes et des nombreux étrangers que cet immense bazar attirait. Ces constructions, justement célèbres, devinrent la proie des flammes pendant la nuit du 16 au 17 mars 1762. L’incendie fut si violent qu’il s’étendit jusqu’à l’église Saint-Sulpice et endommagea la coupole de la chapelle de la Vierge. On commença la reconstruction de cet établissement au mois d’octobre de la même année, mais dans une forme moins belle et surtout moins commode. Cette foire cessa vers 1786 ; on n’y vit plus alors que des marchands de vieux linge.

Décret impérial relatif aux marchés de Paris.

« Au palais des Tuileries, le 30 janvier 1811. Napoléon, empereur, etc… — Art. 11e. Le marché Saint-Germain sera établi sur les terrains tant de l’ancienne foire Saint-Germain que du marché actuel, et sa circonscription sera formée suivant les lignes A, B, C, D, E, F, G, H, I, K, L, M, N, O, cotées au plan annexé au présent décret. — Art. 12e. La ville de Paris est autorisée à acquérir pour cause d’utilité publique, et dans les formes prescrites par la loi du 8 mars dernier, 1o le terrain occupé par les anciennes baraques de la foire Saint-Germain, ou compris dans son enclos ; 2o ceux nécessaires pour l’ouverture des rues indiquées sur le plan par les lettres P, Q, et pour l’élargissement des autres rues cotées sur le même plan T, V, X, Y, Z, etc. — Art. 13e. La ville de Paris est également autorisée à revendre à son profit, 1o les terrains désignés sur le plan par une teinte rouge et marqués de la lettre A B ; 2o les terrains qui proviendront des maisons acquises aux termes du présent décret, et qui n’auront pas été employées à la formation des rues désignées en l’article 12, comme il est dit ci-dessus article 4. — Art. 14e. Le retranchement désigné au plan par un astérisque aura lieu par mesure de grande voirie, etc. Signé Napoléon. »

La première pierre du marché Saint-Germain fut posée le 15 août 1813. Le sol de cet emplacement se trouvait inférieur de plus de 3 m. à celui des rues environnantes. Les eaux pluviales et les immondices qu’elles entraînaient étaient reçues dans les puisards, devenus des foyers d’infection. Le premier avantage qu’on recueillit des nouvelles constructions a été de faire disparaître ces puisards, en élevant le sol entier au-dessus des voies publiques. Ce marché, ouvert en 1818, a la forme d’un quadrilatère ; l’édifice, à la fois noble, simple et commode, est circonscrit par quatre rues. Celles qui bordent les grands côtés sont appelées Clément et Lobineau, et celles qui longent les petits côtés sont les rues Félibien et Mabillon. Ces noms nous rappellent quatre savants bénédictins qui ont illustré la congrégation de Saint-Maur. — Le corps des boucheries donne sur la rue Lobineau. Il a 92 m. de longueur sur 14 de profondeur, et contient 34 boutiques. Le marché se compose de quatre grands corps de bâtiments de 13 m. de profondeur dans œuvre, plus une cour de 64 m. 90 c. sur 47 m. 90 c.

Au centre est une fontaine qui décorait autrefois la place Saint-Sulpice. Ce marché est percé de 112 arcades et contient 368 places de marchands. Les deux édifices sont couronnés par une belle charpente dont le système réunit la force à la légèreté. Le marché Saint-Germain occupe, y compris les dépendances, une superficie de 8,816 m. Cette construction fait honneur à M. Blondel, architecte. M. Bruyère, directeur-général des travaux de Paris, dont nous aurons souvent l’occasion de rappeler le mérite, a prêté encore en cette circonstance l’appui de son expérience et de ses talents distingués. — Le marché Saint-Germain a rapporté à la ville en 1840 une somme de 78,325 fr.


Germain-des-Prés (place Saint-).

Située en face de l’église de ce nom. Elle commence à la rue Saint-Germain-des-Prés, nos 15 et 10 ; finit à la rue Childebert, nos 8 et 10. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 38 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

C’était autrefois la cour de l’Abbaye (voir l’article suivant). — Une décision ministérielle du 21 août 1817 et une ordonnance royale du 29 avril 1839 ont maintenu cette voie publique dans son état actuel ; sa plus grande largeur est de 36 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Germain-des-Prés (rue Saint-).

Commence à la rue Jacob, nos 27 et 29 ; finit à la place Saint-Germain-des-Prés. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 142 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Tracée en 1804, sur l’emplacement du jardin de l’ancienne abbaye Saint-Germain-des-Prés, on la nomma pendant sa construction cour des Religieux. En 1810, c’était la rue Bonaparte. En 1815, on lui donna la dénomination de rue de la Poste-aux-Chevaux. Depuis 1816, c’est la rue Saint-Germain-des-Prés. (Voyez rue de l’Abbaye.) — Une décision ministérielle du 21 août 1817 et une ordonnance royale du 29 avril 1839 ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. — Le côté des numéros impairs est entièrement aligné ; les maisons de côté opposé sont soumises à un redressement qui varie de 10 c. à 30 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Germain-l’Auxerrois (église Saint-).

Située dans la place de ce nom, en face de la colonnade du Louvre. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Cette église paroissiale et royale est une des plus anciennes et des plus remarquables de Paris. Lorsque les églises se multiplièrent autour de la métropole, lorsque la ville se développa au nord et au midi, sur les rives de la Seine, l’église Notre-Dame cessa d’être une paroisse. Elle conserva cependant sa suprématie, et lorsqu’on parlait de l’église de Paris, c’est à la cathédrale qu’on faisait allusion. Mais Notre-Dame n’ayant pas de circonscription particulière, dès lors le premier rang dût appartenir de droit à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, tant par l’ancienneté de son origine que par l’importance et l’étendue de sa circonscription paroissiale. Plusieurs opinions ont été avancées sur l’origine de cette église, mais en les analysant ici, nous dépasserions les limites que nous avons dû nous tracer. Cependant presque tous les historiens s’accordent sur un point : ils pensent que cet édifice fut construit par les ordres de Chilpéric Ier, à l’effet d’y déposer le corps de saint Germain, évêque de Paris. La preuve qu’ils fournissent est tirée d’un testament de Bertram, évêque du Mans, dicté le 24 mars de la 22e année du règne de Clotaire. Dans cet acte le testateur assigne une somme d’argent pour desservir à perpétuité le lieu de la sépulture de saint Germain, dans l’église de Saint-Vincent (depuis l’abbaye Saint-Germain-des-Prés), où son corps était alors déposé, ensuite dans la basilique nouvelle que le roi Chilpéric venait de faire construire, si plus tard le corps y était transporté. Cependant cette église porte le nom de Saint-Germain-l’Auxerrois. Mais si l’on examine attentivement les traditions qui tendent à établir qu’elle a été bâtie sous le vocable du saint d’Auxerre, on verra qu’elles se réduisent à de simples conjectures ; enfin tous les historiens, tous les diplômes qui ont mentionné cette église, n’y joignent aucun surnom. Elle est simplement appelée église Saint-Germain. Ce ne fut qu’à partir du IXe siècle qu’elle prit, en raison de sa forme nouvelle, la dénomination de Saint-Germain-le-Rond. Abbon est le premier historien qui la désigne ainsi dans son poëme sur le siège de Paris :

Germani Teretis contemnunt littora sancti,
Æqui vocique legunt. ٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠٠

Si l’on interroge l’histoire, il ne parait plus étonnant que la basilique commencée par Chilpéric n’ait pas été terminée par ce prince. Chilpéric ne survécut que huit ans à Saint-Germain. Frédégonde, dont la vie agitée fut remplie de passions et de crimes, ne fit point continuer cet édifice. D’un autre côté les religieux de Saint-Germain-des-Prés, voulant conserver les restes du pieux évêque de Paris, suscitèrent des obstacles à leur translation. La faiblesse honteuse des derniers rois Mérovingiens, les guerres du dehors, les désordres du dedans, l’ambition des maires du palais sans cesse occupés à maintenir un pouvoir usurpé, toutes ces circonstances firent cesser les craintes qui pouvaient rester aux religieux de Saint-Germain-des-Prés. L’avènement de Pépin à la couronne vint bientôt légitimer leur possession. Le 25 juillet 754, ce prince, au milieu de ses fils, des seigneurs de sa cour, et suivi d’un grand cortège, opéra la translation du corps de Saint-Germain, de la chapelle de Saint-Symphorien dans le chœur de la grande église de Saint-Vincent, à laquelle on donna depuis le nom de Saint-Germain-des-Prés. L’église bâtie au nord de la ville, pour être distinguée de la première prit alors le nom de Saint-Germain-le-Rond. Cette basilique était la première église canoniale et paroissiale qui dût son origine à la cathédrale, et cette dépendance absolue de l’Église-Mère semble fournir une dernière preuve aux savants, qui pensent qu’elle avait pour titulaire le saint évêque qui l’avait gouvernée et non celui d’Auxerre.

Les églises de Paris éprouvèrent en général les funestes effets des pilleries, saccagemens et brisemens que les peuples Normands excitèrent en notre terre françoise, ainsi que s’expriment les vieux chroniqueurs ; mais celles de Sainte-Geneviève, de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Germain-le-Rond furent les plus maltraitées. Pour la première fois les Normands se montrèrent sur les côtes de France vers l’an 800 et aux embouchures de la Seine en 820 ; à partir de cette époque jusqu’en 890 les environs de Paris furent ravagés par ces peuples. Peu s’en fallut qu’ils ne se rendissent entièrement maîtres de la capitale sous le règne de Charles-le-Gros. Ils y abordèrent avec une armée de trente à quarante mille hommes, commandés par quatre de leurs rois ou généraux. Ils comptaient sept cents barques, avec un nombre immense de bateaux ; tout cet armement couvrait deux lieues du fleuve. Ils établirent leur camp dans le faubourg du côté de Saint-Germain-le-Rond, entourèrent le cloître d’un fossé dont une rue a depuis conservé le nom. Ils firent de ce point le centre de leurs opérations, contre les tours qui défendaient l’approche des deux ponts au moyen desquels on communiquait avec la ville. Les Parisiens, dans cette lutte acharnée, se signalèrent par des prodiges de valeur. La conduite de l’abbé Gozlin et du comte de Paris, Eudes, fut admirable. Le premier exhortait, encourageait, priait Dieu, invoquait les saints patrons de la ville sur la brèche et au milieu des périls ; le second, présent partout, observait, dirigeait, combattait avec intrépidité.

Les Normands, protégés par le jeu simultané d’énormes béliers, tentèrent huit assauts successifs, et furent huit fois repoussés par le valeureux comte de Paris. Découragés par tant d’héroïsme, les Normands levèrent le siège en novembre 886.

Les barbares, en se retirant, ruinèrent de fond en comble l’église de Saint-Germain-le-Rond. Helgand, moine de Fleury, nous apprend que sa reconstruction fut ordonnée par le roi Robert.

Par un hasard presque miraculeux, le tombeau de saint Landry, qui avait été inhumé dans cette église en 657, fut retrouvé intact sous un amas de décombres. L’évêque Maurice de Sully fit mettre en 1171 les reliques du saint dans une châsse de bois doré.

Ces honneurs étaient bien dus au digne prélat parisien qui, lors de la famine de 651, vendit tout ce qu’il possédait, jusqu’à ses meubles, pour en consacrer le produit au soulagement des pauvres de son diocèse, et fonda pour eux l’hôpital qui prit le nom d’Hôtel-Dieu.

À partir de l’époque de la reconstruction de l’édifice par le roi Robert, on trouve des actes qui désignent cette église sous le nom de Saint-Germain-l’Auxerrois, celui de Saint-Germain-le-Rond ne pouvait plus convenir à la forme nouvelle de l’édifice.

Saint-Germain-l’Auxerrois est, après la cathédrale, la seule parmi les anciennes églises séculières qui ait possédé une école.

L’histoire nous apprend que cette école florissait du temps de Charlemagne. Le nom de cet établissement est resté à une section du territoire capitulaire de Saint-Germain-l’Auxerrois, qui comprenait presque tout le côté occidental de la ville jusqu’au grand Châtelet.

Le portail, élevé par le roi Robert, fut reconstruit sous le règne de Philippe-le-Bel. Le vestibule ou porche qui précède ce portail est du temps de Charles VII. Cette façade de l’édifice n’a jamais été terminée, et il est facile de voir sur l’élévation que toutes les parties supérieures y manquent entièrement. Tel qu’il est, cet avant-portique bâti en 1429 par Jean Gaurel, maçon, tailleur de pierres, pour la somme de 960 livres, est une œuvre des plus remarquables.

En regardant l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, on s’aperçoit aisément que son architecture est le produit de trois époques différentes. Il est à regretter qu’on n’ait pas cherché, sous Philippe-le-Bel et Charles VII, à rattacher les constructions partielles au style primitif de l’édifice entièrement rebâti par le roi Robert. Mais si toutes les idées profondément religieuses du premier artiste ne nous sont pas révélées d’une manière bien complète, cependant il est facile d’y reconnaître encore la pensée-mère du symbole chrétien.

Vers le milieu du moyen-âge, lorsque l’architecture dite gothique ou ogivale vint modifier le style lombard, ce symbole reçut de nouveaux développements. L’arc aigu si multiplié, les colonnettes isolées ou en groupes et s’unissant aux piliers, les lignes pyramidales, les flèches aériennes caressant le ciel, les clochers coniques, quadrangulaires, terminés en aiguille, tous ces signes de pierres représentent le sacrifice, les vœux, les prières, qui montent, qui s’élancent vers le créateur. Ces figures bizarres, ces animaux, ces satyres sculptés autour des portes de nos vieilles cathédrales, et qui contrastent avec les statues d’anges et de saints, ont également leur signification symbolique. C’est l’opposition des bons et des mauvais, c’est l’antagonisme qui existe entre le bien et le mal, la vertu et le vice.

De tristes souvenirs se rattachent au monument dont nous esquissons l’histoire. On sait que ce fut la cloche de Saint-Germain-l’Auxerrois qui donna le 24 août 1572 le signal du massacre de la Saint-Barthélemy.

Sous le règne de Louis XIII, la première scène d’un drame lugubre fut jouée dans cette église.

Le 24 avril 1617, à neuf heures du soir, deux hommes portant un fardeau entraient furtivement dans Saint-Germain-l’Auxerrois. Arrivés près des orgues, ils s’arrêtèrent. Une fosse avait été creusée en cet droit. Ils détachèrent aussitôt les cordes qui comprimaient un mauvais linge tout taché de sang. Alors un cadavre roula sur les dalles de l’église ! Ils le placèrent dans la fosse, qu’ils remplirent de terre, puis la pierre qu’on avait descellée fut remise avec précaution, et les deux hommes sortirent. Le corps qu’on venait d’inhumer était celui de Concini, maréchal d’Ancre, assassiné le matin par ordre de Louis XIII. Le lendemain, à 7 heures, un domestique rôdait, furetait dans l’église. Arrivé près des orgues, il aperçut quelques morceaux de terre. « C’est bien là, » dit-il ; puis on le vit sortir et se diriger vers le cloître, où un attroupement s’était déjà formé. « Mes amis, cria-t-il à plusieurs ouvriers, ce chien d’Italien a été enterré sous les orgues, laisserons-nous son cadavre en terre sainte ? Non, hurla cette foule, à la voirie le beau maréchal ! » Ils rentrèrent dans l’église, guidés par le domestique. Le valet commença par gratter avec les ongles, et parvint à trouver les jointures des pierres, qu’il enleva à l’aide de son couteau. Alors il découvrit les pieds du cadavre et tira sans pouvoir amener le reste du corps. « Prenons, dit-il, les cordes des cloches ; » on les lui apporte, plusieurs viennent à son aide, et le corps est déterré, aux cris de vive le roi !… Le grand prévôt arrive enfin, suivi de quelques archers ; aussitôt il est entouré par la multitude qui lui crie qu’on va l’enterrer lui-même s’il approche davantage. Le corps de Concini fut tiré hors de l’église par la grande porte, et traîné dans la boue jusqu’au Pont-Neuf, près d’une potence qui avait été construite un mois auparavant par le commandement dudit maréchal, contre ceux qui n’estoient pas de son haleine. Le valet s’adressa de nouveau à la foule. « Mes amis, l’Italien a voulu me faire pendre, il est bien juste que je lui rende le même service. » Alors il porte lui-même le corps sur la potence, l’attache, et le pend par les pieds ; puis montrant son chapeau, il dit au peuple : « J’espère que vous jetterez tous quelque chose là-dedans ; besogne si utile mérite récompense. » Cette demande fut trouvée si raisonnable, « que son chapeau fust remply de sols et de deniers que chacun lui portoit comme à l’offrande ; jusques aux plus pauvres gueux et mendiants, dont tel n’avoit qu’un denier en son pouvoir, qui ne laissoit pas que de lui porter de bon cœur. » Quelques moments après, le peuple se rua de nouveau sur le cadavre de Concini ; les uns lui coupèrent le nez et les oreilles, les autres lui abattirent les bras, « puy luy coupèrent la teste, et tous ces morceaux estoient portés et traisnés en divers quartiers de la ville, avec des cris, acclamations et imprécations horribles dont le retentissement alloit d’un bout de la ville à l’autre. » La maréchale demanda la cause de ces cris ; ses gardes lui annoncèrent la mort de son mari, « et elle qui n’avoit pas encore respandu de larmes, monstra s’émouvoir grandement, sans pleurer toutes fois. » Les clameurs du peuple semblaient se rapprocher, le fils de Concini, qui se trouvait au Louvre, s’informa froidement si on en voulait à sa vie. On lui répondit qu’il était en sûreté. « Tant-pis, murmura-t-il tristement, il vaudrait mieux qu’on me tuât que d’être ainsi misérable le reste de ma vie »… Alors les archers ouvrirent les fenêtres qui donnaient sur le pont, et lui firent voir le cadavre de son père, qui vacillait sur la potence. « Apprends, dit l’un d’eux, en frappant avec familiarité sur l’épaule du jeune homme, apprends à mieux vivre que lui. » La multitude se dirigea vers la rue de l’Arbre-Sec, trainant toujours le cadavre mutilé de Concini. « Alors il y eut un homme vestu d’écarlate, si enragé, qu’ayant mis sa main dans le corps ouvert, il en tira sa main toute sanglante, et la porta dans la bouche pour sucer le sang, et avaler quelque petit morceau qu’il en avoit arraché, ce qu’il fist à la veue de plusieurs honnestes gens qui estoient aux fenestres. Un autre eut moyen de lui arracher le cœur, et l’aller cuire sur les charbons, et manger publiquement avec du vinaigre. Ce peuple impatient et ne pouvant estre plus longtemps en un lieu, traîna le corps jusqu’en Grève, où ils le rependirent à une autre potence, que ledit maréchal y avoit fait planter, et ils pendirent par mesme moyen une grosse poupée qu’ils avoient faite avec le linceuil dans lequel il avoit esté enterré, pour représenter la maréchale en effigie. » Enfin, après avoir assemblé les fragments des potences qu’ils avaient brisées, ils y mirent le feu et jetèrent au milieu les restes de Concini. L’on vit alors quelques forcenés ramasser les cendres qu’ils vendirent le lendemain un quart d’escu l’once. — Mais détournons les regards de ce tableau révoltant, et revenons à Saint-Germain-l’Auxerrois.

Dans cette église furent baptisés : en 1316, Jean Ier, fils posthume de Louis-le-Butin, lequel n’ayant vécu que huit jours, n’a pas été compté parmi nos rois ; en 1389, Isabelle de France, fille de Charles VI ; en 1573, Marie de France, fille de Charles IX.

En 1744, eut lieu la réunion du chapitre de Saint-Germain-l’Auxerrois à celui de la cathédrale. Une année après cette réunion, les marguilliers firent exécuter des travaux considérables. Le chœur, fermé à la hauteur des arcades des bas-côtés, fut entièrement ouvert tel qu’on le voit aujourd’hui. Des colonnes lourdes et de mauvais goût remplacèrent les piliers gothiques ; le jubé, l’un des plus beaux de France après ceux de la Madeleine de Troyes et de Saint-Étienne-du-Mont, disparut à son tour.

Plusieurs personnages célèbres ont été enterrés dans cette église.

Nous devons citer Pomponne de Bellièvre, surnommé le Nestor de son siècle ; il mourut en 1607. — Malherbe, le premier qui ait revêtu notre langue d’ornements gracieux ; il mourut en 1628. À son dernier moment, il reprit sa servante sur un mot qui ne lui semblait pas français, et son confesseur lui représentant qu’en l’état où il était il ne devait pas songer à de pareilles futilités Malherbe répliqua brusquement : « Je veux jusqu’à la mort maintenir la pureté de notre langue. »

L’opinion de Malherbe sur Paris mérite d’être rapportée, dans un ouvrage qui traite des rues et monuments de la capitale. « Paris a mon cœur dès mon enfance, et m’en est advenu comme des choses excellentes. Plus j’ay veu depuis d’autres villes belles, plus la beauté de cette-cy peut et gaigne sur mon affection. Je l’ayme tendrement jusques à ses verrues et à ses taches. Je ne suis François que par cette grande cité, grande en peuple, grande en félicité de son assiette, mais surtout grande et incomparable en variété et diversité de commodités ; la gloire de la France et l’un des plus nobles ornements du monde, Dieu en chasse loin nos divisions. »

Sous le règne de Louis-le-Grand, on avait conçu le projet de faire une grande place devant la colonnade du Louvre, et de percer une large voie qui devait aboutir à la place du Trône. Les dépenses occasionées par la guerre de la succession d’Espagne firent abandonner ce dessein, qui fut repris sous l’empire.

Nous lisons dans l’ouvrage de MM. Percier et Fontaine :

« La salle de l’Opéra, bâtie isolément sur la place du Palais-Royal, et faisant face à l’entrée principale de ce palais, communiquera à l’aile des Fêtes par un arc couvert. Un pavillon pareil à l’entrée de celui du Musée formera de l’autre côté le porche de l’église du Louvre, commencée pour remplacer celle de Saint-Germain-l’Auxerrois, qui sera démolie lorsqu’on exécutera la place et le percement de la rue du Trône. »

Les malheurs de la dynastie impériale empêchèrent la réalisation de ce projet.

Cette église fut en partie dévastée en 1831. Le 14 février, le curé de Saint-Germain-l’Auxerrois célébra un service funèbre en commémoration de la mort du duc de Berri. Le buste de ce prince fut promené dans l’église. Cette manifestation imprudente, coupable même, servit de prétexte à quelques agitateurs pour se porter aux excès les plus révoltants. La croix qui surmontait l’édifice est renversée, les peintures sont effacées, les sculptures mutilées. On vit des hommes entrer dans l’église et la dévaster avec un calme, un sang-froid effrayants. Saint-Germain-l’Auxerrois porta pendant plusieurs années les marques de cet affreux vandalisme. Enfin, une décision ministérielle du 12 mai 1837, approuvée par le roi le même jour, rendit cette église au culte catholique, et la restauration du monument fut confiée à M. Godde, architecte.

La dépense s’est élevée, pour 1838, à 
 52,640 fr 25 c
En 1839, à 
 114,200 fr 25 c
et en 1840, à 
 93,659 fr 25 c

Le portail a été réparé avec le plus grand soin, puis entouré d’une grille de fer. Les grandes roses à compartiments ont été refaites et les vitraux renouvelés suivant les anciens dessins.

M. Godde a été merveilleusement secondé par M. Lassus, qui, en cette circonstance, a su réunir les talents d’un architecte habile à ceux d’un archéologue distingué.


Germain-l’Auxerrois (place Saint-).

Située en face du grand portail de l’église du même nom. Les numéros impairs, dont le dernier est 43, continuent la série de la rue des Prêtres ; les numéros pairs, dont le dernier est 24, continuent la série de la rue Chilpéric. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Cette place faisait anciennement partie du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, et en portait la dénomination. — Arrêt du conseil. « Versailles, 13 novembre 1784. Le roi étant en son conseil a ordonné et ordonne qu’à compter du 1er juillet 1783, et jusqu’à ce qu’il en ait été autrement ordonné, le chapitre Notre-Dame de Paris sera employé dans l’état du domaine de la généralité de Paris, qui sera arrêté pour la présente année 1784, et dans les suivantes pour une rente de 815 septiers de bled-froment, mesure de Paris, payable néanmoins en argent, d’après les apprécis du marché de la d. ville, pour lui tenir lieu des loyers des onze maisons, ainsi que des places et échoppes dont est question, et qui doivent entrer dans la formation d’une place, ordonnée être construite devant la colonnade du Louvre, etc… Ordonne sa majesté, qu’au moyen de l’emploi ci-dessus, le chapitre de Paris sera tenu d’abandonner la libre possession et jouissance des d. maisons, places et échoppes, sauf et sans préjudice à arrangement définitif, à prendre avec lui pour l’acquisition des d. maisons et de la directe qui peut lui appartenir dans le cloître Saint-Germain-l’Auxerrois ; et seront sur le présent arrêt toutes lettres-patentes nécessaires expédiées. Signé Hue de Miroménil et de Calonne. » (Archives du royaume). Il n’existe pas d’alignement arrêté pour la place Saint-Germain-l’Auxerrois. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Les maisons dont il est question dans l’arrêt que nous venons de reproduire en partie, furent bientôt démolies. Elles occupaient l’emplacement d’un vaste hôtel connu sous le nom de maison du Doyenné. L’hôtel du Doyenné faisait le coin d’un passage qui conduisait du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois à la place du Louvre. Dans cette propriété mourut Gabrielle d’Estrées, duchesse de Beaufort, et maîtresse du roi Henri IV. La duchesse avait passé une partie du carême à Fontainebleau. La politique et la bienséance forcèrent Henri IV à éloigner sa maîtresse pendant les cérémonies de Pâques ; il l’avait priée de retourner à Paris, et il la reconduisit lui-même jusqu’à Melun. « Ces deux amants, dit Sully, sembloient avoir un pressentiment qu’ils ne se reverroient plus ; il s’accablaient de caresses, les larmes aux yeux, et se parloient comme si c’eût été pour la dernière fois. La duchesse recommandoit au roi ses enfants et ses domestiques. Ce prince l’écoutoit et s’attendrissoit sans pouvoir la rassurer. Ils prenoient congé l’un de l’autre, et aussitôt ils se rappeloient, s’embrassaient et ne pouvoient se séparer. » Gabrielle vint loger chez Zamet ; c’était un Italien fort riche, qui s’intéressait dans toutes sortes de spéculations. Il s’était qualifié dans le contrat de mariage de sa fille : Seigneur suzerain de dix-sept cent mille écus. Son caractère plaisant, spirituel et enjoué l’avait rendu agréable à Henri IV. La duchesse fut accueillie par son hôte avec toutes sortes d’égards et de prévenances. Se promenant dans le jardin de ce financier, après avoir mangé un citron, Gabrielle se sentit tout à-coup un feu dans le gosier, et des douleurs si aiguës dans l’estomac, qu’elle s’écria « Qu’on m’ôte de cette maison, je suis empoisonnée. » On la transporta dans son hôtel du Doyenné. Son mal redoubla ; elle éprouva des crises, des convulsions si terribles qu’on ne pouvait regarder sans effroi cette tête si belle quelques heures auparavant. Elle expira la veille de Pâques 1599, vers les 7 heures du matin. On ouvrit son corps et l’on trouva son enfant mort. Henri IV fit prendre le deuil à toute la cour, le porta la première semaine en violet et la seconde en noir. Zamet fut accusé de la mort de Gabrielle ; il était sujet du duc de Florence, et l’on avait déjà parlé du mariage de Henri IV avec Marie de Médicis. « On empoisonna cette favorite, dit un écrivain contemporain, parce que le roi étoit déterminé à l’épouser, et vu les troubles qui en seroient advenus, ce fut un service qu’on rendit à ce prince et à l’État. » — « Cela peut être, observe Saint-Foix, mais on conviendra que de pareils services sont plus infâmes que ceux du bourreau. La plupart des historiens, ajoute le même écrivain, n’attribuent cette mort si frappante qu’aux effets d’une grossesse malheureuse. »


Germain-l’Auxerrois (rue des Fossés-Saint-).

Commence aux rues de la Monnaie, no 25, et du Roule, no 1 ; finit à la place du Louvre, nos 10 et 12. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 44. Sa longueur est de 212 m. — 4e arrondissement : les impairs sont du quartier du Louvre ; les pairs du quartier Saint-Honoré.

Elle a été construite sur une partie de l’emplacement des fossés que creusèrent les Normands vers 886, lorsqu’ils vinrent assiéger Paris. En 1300 le poète Guillot la désigne sous le nom du Fossé-Saint-Germain. Au XVe siècle, c’était la rue au Quens de Pontis (au comte de Ponthieu), puis celle de Béthisy ; enfin lorsqu’on ouvrit la rue du Roule, la partie comprise entre cette rue et celle de l’Arbre Sec prit le nom de rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Conformément à une ordonnance royale du 23 juillet 1828, cette moindre largeur est portée à 12 m., et l’alignement nouveau est approuvé, savoir : pour le côté gauche, depuis la rue de la Monnaie jusqu’à la maison no 35 ; pour le côté droit jusqu’à la rue Jean Tison ; à l’égard du surplus, le tracé ministériel de l’an IX est maintenu. La maison no 25 est alignée. Celles nos 41 et 43 ne sont pas soumises à retranchement. Les propriétés nos 45, 47 ; 10, 12, 18, 24, 26, 28, 30, 32, 38, 40, 42 et 44, ne devront subir qu’un faible reculement. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue de la Monnaie jusqu’à la borne-fontaine, située près de l’impasse Sourdis. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La maison no 14 faisait partie de l’hôtel habité par l’amiral de Coligny. Au temps de la Saint-Barthélemy, cette demeure portait le nom d’hôtel de Ponthieu et appartenait à messire Antoine Dubourg, chancelier de France. Cet hôtel fut acheté par le duc de Montbazon en 1617. Sophie Arnould y naquit en 1740, et une lettre de cette, femme d’esprit, publiée en 1776, nous apprend qu’elle a reçu le jour dans la chambre à coucher de l’amiral de Coligny, et que souvent elle pensa que cette circonstance était pour elle l’augure d’une certaine renommée.

Elle joignait à une figure gracieuse un son de voix ravissant et une grande sensibilité. Un jeune seigneur, épris de ses charmes, conçut le projet de la soustraire aux rigueurs du cloître auquel ses parents la destinaient. Le comte de Lauraguais, le même qui, sous le titre de duc a siégé à la chambre des pairs sous la Restauration, déguise son rang et sa fortune, et, sous le nom de Dorval, prend un logement dans l’hôtel. Il gagne en peu de temps le cœur de Sophie, qui, par un soir d’hiver, revêt des habits d’homme, à l’aide desquels elle sort de l’hôtel sans être reconnue. — C’est là encore qu’habitait en 1747, le célèbre Vanloo, de l’académie royale de peinture. — Cet hôtel a été successivement envahi par les nombreuses industries qui peuplent le quartier, et de son ancienne splendeur il n’a guère conservé que l’appartement de l’amiral, occupé en ce moment par un médecin de l’Hôtel-Dieu.


Germain-l’Auxerrois (rue des Prêtres-Saint-).

Commence à la place des Trois-Maries, no 9, et à la rue de la Monnaie, no 1 ; finit à la place Saint-Germain-l’Auxerrois. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 150 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

On l’appelait anciennement rue ou ruelle du Cloître ou ruelle par laquelle on va à l’église et y aboutissant. Elle doit sa dénomination actuelle aux prêtres de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois qui y demeuraient. En 1702, la partie comprise entre les places des Trois-Maries et de l’École portait le nom de rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; à cette époque cette partie fut réunie à la rue des Prêtres dont elle prit la dénomination. — Une décision ministérielle, du 16 frimaire an XIV, signée Champagny, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. — « Paris, le 9 février 1815. Nous, directeur-général de la police du royaume. Vu 1o la demande des habitants de la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois tendant à ce qu’il soit établi une barrière à chaque extrémité de cette rue, pour en interdire l’entrée aux voitures, attendu qu’ils en sont très incommodés et qu’elles exposent sans cesse les gens de pied à des accidents, etc. ; 6o la lettre de son excellence le ministre de l’intérieur, du 3 du présent mois de février, contenant approbation de la mesure projetée ; arrêtons. — Article ler. Les propriétaires riverains, principaux locataires et autres habitants de la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois sont autorisés à établir à leurs frais, suivant la soumission qu’ils en ont faite, une barrière ou poteau à chaque extrémité de cette rue pour en interdire la circulation aux voitures, en ayant soin de les disposer de manière ne pas gêner l’arrivage des approvisionnements de chacun d’eux ni le passage des gens de pied, etc. Signé Dandré. » Les propriétés nos 21 et 23 sont alignées ; celle no 9 n’est soumise qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Monnaie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Germain-l’Auxerrois (rue Saint-).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 3 et 5 ; finit à la place des Trois-Maries, no 6, et à la rue de la Monnaie, no 2. Le dernier impair est 93 ; le dernier pair, 90. Sa longueur est de 341 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Un diplôme de Louis-le-Débonnaire, de l’an 820, fait mention d’un chemin qui conduisait du Grand-Pont (aujourd’hui le pont au Change) à l’église Saint-Germain ; c’est sur ce chemin que cette rue fut construite. Le poète Guillot l’appelle en 1300 rue Saint-Germain à Courroiers, en raison des corroyeurs que le voisinage de la rivière avait attirés en cet endroit. On la trouve également indiquée sous les noms de rue Saint-Germain, de Grand’rue Saint-Germain, auxquels on ajouta vers 1450 le surnom de l’Auxerrois. La partie qui débouche dans la rue Saint-Denis s’appelait en 1262, selon Jaillot, rue Jean-de-Fontenay. — Une décision ministérielle en date du 15 floréal an V, signée Benezech, fixa la largeur de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois à 8 m. Une ordonnance royale du 16 mai 1836 a porté la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 37, 39, 41, 43 et le terrain no 52 sont alignés ; celles nos 64, 66 et 90 ne devront subir qu’un faible retranchement. Toutes les autres constructions sont soumises à un fort reculement. — Portions d’égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Le For-l’Évêque, Forum Episcopi, était situé dans cette rue. La maison no 65 occupe une partie de son emplacement ; c’était le lieu où l’évêque faisait exercer sa justice par un prévôt ou juge nommé par lui. Les peines qu’on infligeait au nom du prélat étaient, suivant la gravité des délits, subies dans des endroits différents. Les criminels qui devaient être brûlés vifs ou pendus étaient conduits hors de la banlieue de Paris. Lorsqu’il ne s’agissait que de couper les oreilles, cette exécution avait lieu sur la place du Trahoir, à l’endroit où la rue de l’Arbre-Sec se confond avec la rue Saint-Honoré. Le For-l’Évêque fut en partie reconstruit en 1652 ; on le destina alors aux prisonniers pour dettes, aux comédiens réfractaires ou indociles. — La célèbre tragédienne Clairon y fut enfermée en 1765 ; voici à quelle occasion : un nommé Dubois, comédien d’un talent médiocre, avait refusé de solder un salaire légitimement dû. Excité par la demoiselle Clairon, tout l’aréopage comique en parut violemment indigné. Au mois d’avril, on jouait la tragédie du siége de Calais, par Dubelloi ; cette pièce, qui obtint une grande faveur, était annoncée sur l’affiche. Les principaux acteurs arrivent au théâtre ; bientôt on leur apprend que, par ordre du roi, Dubois devait remplir le rôle de Mauni ; tous refusent alors de jouer avec lui et font connaître leur résolution aux spectateurs qui déjà remplissaient la salle. Un tumulte effroyable éclate aussitôt ; au milieu des cris de Calais !… Calais !… on distingue ceux de : Frétillon à l’hôpital !… la Clairon au For-l’Évêque !… Il n’y eut point de spectacle, et l’argent fut rendu à la porte. Tout Paris fut ému de cette affaire, plus ému que si l’ennemi eût été à vingt lieues seulement de la capitale. Plusieurs gentilshommes se formèrent en comité chez le lieutenant de police. Après une discussion assez longue dans laquelle la reine tragique trouva de chaleureux défenseurs, il fut décidé néanmoins que les acteurs seraient conduits en prison. Le 7 avril 1765, Brisard, Dauberval, Molé, Lekain, et plusieurs autres furent arrêtés et conduits au For-l’Évêque. Un exempt se présenta au domicile de la demoiselle Clairon et la pria fort poliment de le suivre. Après quelques difficultés l’actrice se soumit en disant : « Mon honneur reste intact, le roi lui-même n’y peut rien. — Vous avez raison, répartit l’exempt, où il n’y a rien, le roi perd ses droits. » La demoiselle Clairon monta dans la voiture de madame de Sauvigny, épouse de l’intendant de Paris. Pour marquer tout l’intérêt qu’elle prenait au sort de cette pauvre actrice, cette vertueuse dame tint la demoiselle Clairon constamment sur ses genoux et chercha durant le trajet à la consoler par de douces paroles. La reine tragique fut visitée par la cour et la ville. On faisait sortir les prisonniers pour aller jouer leurs rôles ; le spectacle terminé, on les reconduisait au For-l’Évêque. Le dénoûment de cette comédie fut joué par l’auteur lui-même. Le poète Dubelloi, pour plaire à mademoiselle Clairon, retira humblement sa tragédie du siége de Calais. Le comédien Dubois demanda sa retraite, et les acteurs furent mis en liberté. Bellecour, au nom de tous ses camarades, fit à la Comédie Française un discours rempli d’excuses humiliantes et déplora le malheur d’avoir manqué au public.

En 1780, le ministre Necker engagea Louis XVI à supprimer les prisons du For-l’Évêque et du petit Châtelet. Une ordonnance du roi, du 30 août de la même année, porte que les prisonniers seront transférés dans l’hôtel de la Force, dont le vaste emplacement promettait plus de salubrité aux détenus et facilitait les moyens d’établir entr’eux des séparations et distinctions nécessaires.


Gervais (église Saint-).

Située rue Jacques-de-Brosse. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Dès le VIe siècle, une église existait en cet endroit. Fortunat, qui a écrit la vie de saint Germain, nous apprend que le pieux évêque venait quelquefois faire sa prière dans cette église, appelée Basilica sanctorum Gervasii et Protasii.

On ignore à quelle époque elle fut érigée en paroisse. Après cette érection, elle obtint sans doute le droit d’avoir une chapelle située dans l’enceinte de Paris.

Au XIe siècle, l’église Saint-Gervais appartenait aux comtes de Meulan, qui en firent don au prieuré de Saint-Nicaise. La charte de donation énonce les églises de Saint-Gervais et de Saint-Jean situées in vico qui dicitur Greva.

Les revenus de l’autel appartenaient à plusieurs personnes, et nous lisons que l’archidiacre Guillaume en donna la troisième partie qu’il possédait au chapitre Notre-Dame. Le pouillé parisien du XIIIe siècle nous apprend que la cure de Saint-Gervais était à la nomination du prieur de Saint-Nicaise de Meulan. Cette basilique, qui avait été sans doute dévastée par les Normands, fut réparée et dura jusqu’au temps du roi Robert. L’édifice qui la remplaça fut commencé vers 1212 et terminé en 1420. L’inscription suivante, gravée sur une pierre scellée dans le mur à gauche, rappelle la date de la dédicace.

« Bonnes gens, plaise vous sçavoir que cette présente église de messeigneurs saint Gervais et saint Protais, fut dédiée le dimanche devant la fête de saint Simon saint Jude, l’an 1420, par le révérend père en Dieu, maître Gombault, évêque d’Agrence, et sera à toujours la fête de l’annualité de dédicace, le dimanche devant la dite fête saint Simon saint Jude, s’il vous plaît y venir y recommander vos maux, et prier pour les bienfaiteurs de cette église, et aussi pour les trépassés. Pater Noster, Ave Maria. »

L’ensemble des constructions de l’église Saint-Gervais a toute la délicatesse qui caractérise l’architecture du XVe siècle ; cependant quelques parties semblent appartenir à une époque postérieure.

Le portail de Saint-Gervais, ouvrage de Jacques de Brosse, est remarquable par sa belle ordonnance. La première pierre en fut posée par Louis XIII, le 24 juillet 1616. Il est composé de trois ordres, disposés suivant l’usage observé par les anciens architectes, c’est-à-dire l’ordre ionique sur le dorique, et le corinthien sur l’ionique. Les deux premiers ordres sont de huit colonnes chacun et le dernier de quatre. Les colonnes de l’ordre dorique sont engagées d’un tiers dans le vif du bâtiment et unies jusqu’à la troisième partie de leur fût, mais le reste est cannelé à côtes. Les colonnes des autres ordres sont isolées. — Le tableau du maître-autel représente les noces de Cana ; on ignore le nom du peintre. Les statues de saint Gervais et de saint Protais, placées à droite et à gauche, sont de Bourdin, et les anges, de Guérin. Le crucifix qu’on voit sur la porte du chœur, et au pied duquel sont agenouillés la Vierge et saint Jean, est une œuvre pleine de mérite. Le Christ est de Sarrazin et les deux autres figures de Buiret. Jean Cousin a peint les vitraux du chœur. Ils représentent le martyre de saint Laurent, la samaritaine, le paralytique. Ces vitraux ont été détruits en partie.

Aux deux extrémités de la balustrade qui sépare le chœur de la nef, on voit deux petits tableaux représentant, l’un saint Louis de Gonzague en prières, l’autre saint Gervais et saint Protais apparaissant à saint Ambroise.

Plusieurs chapelles règnent au pourtour des bas-côtés ; celle de Saint-Michel se distingue par ses vitraux qui représentent des danses de bergers. Ces peintures, dues à Pinaigrier, sont aussi remarquables par la composition que par la vivacité du coloris.

La chapelle de la Vierge placée au fond de l’édifice est sans contredit le morceau d’architecture du style le plus gracieux. La voûte est ornée d’une couronne de pierre en clef pendante. Cet ouvrage, d’une hardiesse surprenante, passe pour le chef-d’œuvre des frères Jacquets. Cette chapelle est maintenant en réparation ; les travaux, exécutés par M. Baltard, seront terminés vers la fin de l’année 1844.

La chapelle de Sainte-Barbe est décorée de vitraux qui représentent une procession, dans laquelle on remarque François Ier, dont la figure est très ressemblante.

Dans une chapelle à gauche est un tableau d’Albert Durer, peint en 1500. Il représente les principales scènes de la Passion de Jésus-Christ. En face de la nef de droite, et dans la chapelle du Saint-Esprit, est un concert d’anges par le Pérugin.

Dans la chapelle Saint-Eutrope est le mausolée du cardinal Le Tellier qui expira, disait l’inscription, à l’âge de 83 ans, le 30 octobre 1685, huit jours après qu’il eût scellé la révocation de l’édit de Nantes, content d’avoir vu consommer ce grand ouvrage. Le chancelier est représenté à demi-couché ; un Génie en pleurs est à ses pieds ; les figures de la Prudence et de la Justice sont sur l’archivolte ; la Religion et la Force sur les bases des pilastres. Mazeline et Hutelle ont élevé ce monument d’après les dessins de Philippe de Champagne.

En face de ce mausolée est une descente de croix exécutée en plâtre par Cortot.

Saint-Gervais possédait encore d’autres richesses qui lui furent enlevées pendant la révolution. En 1793, cette église portait le nom de Temple de la Jeunesse. Depuis 1802, Saint-Gervais est la seconde succursale de la paroisse Notre-Dame.

Cette église est un des plus beaux monuments de Paris ; mais étouffé par les constructions qui l’environnent, l’édifice perd de sa grandeur et de sa beauté. Voltaire disait, en parlant du portail : « C’est un chef-d’œuvre auquel il ne manque qu’une place pour contenir ses admirateurs. »

L’administration municipale, jalouse d’honorer toutes les gloires de la France, a décoré une rue voisine du nom de l’illustre architecte du portail de Saint-Gervais. Bientôt la rue François-Myron, qui conduit de cet édifice à l’Hôtel-de-Ville, sera complètement alignée sur une largeur de 26 m. Alors l’œuvre de Jacques de Brosse pourra déployer toute sa magnificence.


Gervais (passage Saint-).

Commence à la rue des Barres, no 9 ; finit à la rue Jacques-de-Brosse, no 8. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

C’était avant 1790 le passage du presbytère Saint-Gervais. Ce presbytère, situé dans la rue de Long-Pont, no 8 (aujourd’hui Jacques-de-Brosse), devint propriété nationale et fut vendu le 26 fructidor an IV.


Gervais (rue des Coutures-Saint-).

Commence aux rues Thorigny, no 7, et Saint-Gervais, no 1 ; finit à la rue Vieille-du-Temple, nos 106 et 110. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 101 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Elle fut ouverte, en 1620, sur les coutures Saint-Gervais, qui faisaient autrefois partie du clos de Saint-Ladre et de la courtille Barbette. — Une décision ministérielle, du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 60 c. environ. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Gervais (rue des Hospitalières-Saint-).

Commence à la rue des Rosiers, nos 38 et 42 ; finit à la rue des Francs-Bourgeois, nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 92 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Une décision ministérielle, du 23 juillet 1817, prescrivit l’ouverture de cette rue, dont la largeur fut fixée à 10 m. Ce percement fut exécuté dans le courant de la même année. Sa dénomination rappelle le couvent des religieuses hospitalières de Saint-Gervais, sur l’emplacement duquel cette rue a été ouverte. (Voir pour l’historique de ce couvent l’article du Marché-des-Blancs-Manteaux.) — Égout du côté de la rue des Francs-Bourgeois. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Gervais (rue Saint-).

Commence à la rue des Coutures-Saint-Gervais, no 2 ; finit à la rue Neuve-Saint-François, nos 3 et 5. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 99 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Ouverte en 1620, sur les coutures Saint-Gervais, cette rue en a retenu le nom. Quelques plans la désignent sous la dénomination des Morins parce qu’elle conduisait à des chantiers qui appartenaient à la famille de ce nom. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835, cette dimension est portée à 10 m. La propriété no 1 devra subir un fort retranchement pour exécuter un pan coupé de 12 m. à l’encoignure de la rue des Coutures. Les autres constructions de ce côté sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 70 c. à 2 m. Le mur de clôture de la propriété no 6 devra reculer de 1 m. ; les autres constructions sont assujetties à un retranchement de 1 m. 80 c. à 2 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Gervais-Laurent (rue).

Commence à la rue de la Cité, nos 6 et 8 ; finit à la rue du Marché-aux-Fleurs, nos 1 et 3. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 70 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

En 1248 et 1250, c’était la rue Gervais-Loorant et Leorens, depuis Gervais-Laurent. — Une décision ministérielle, du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. La propriété située sur le côté des numéros impairs, à l’encoignure de la rue du Marché-aux-Fleurs, n’est soumise qu’à un léger redressement. Les maisons qui portent sur la rue de la Pelleterie les nos 9, 11 et 13, sont alignées.


Gesvres (quai de).

Commence à la rue de la Planche-Mibray, no 1, et au pont Notre-Dame ; finit au Pont-au-Change et à la place du Châtelet, no 2. Le dernier numéro est 30. Sa longueur est de 106 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

« Louis, etc… Sçavoir faisons que nous, ayant mis en considération les signalez et recommandables services que le marquis de Gesvres nous a rendus dès sa tendre jeunesse, tant en nos armées qui ont tenu la campaigne qu’ez sièges les plus importants dans l’Allemaigne, Flandre et Espaigne, ou en divers combats et entreprises il a donné telle preuve de son couraige et valleurs, qu’au pris de son sang plusieurs blessures qui l’a reteneu en une prison de neuf mois, il a mérité de nous et du public l’estime et les gratifications qui sont deubes à ceulz qui nous servent avec tant de cœur et fidellitez. A quoy ayant esgard aux grandes et excessives despences qu’il a faictes jusques à présent dans nos armées et qu’il est encore obligé de continuer à l’advenir, à iceluy ; pour ces causes et autres à ce nous mouvans de nostre grâce spécialle, plaine puissance et authorité royalle, avons, suivant et conformément à l’arrest de nostre conseil du 15e du présent mois de febvrier, et à l’advis des trésoriers de France à Paris, du 3e décembre 1641, cy attaché, accordé, donné, octroyé, ceddé, quitté, transporté et délaissé du tout à toujours les places qui sont entre les ponts Nostre-Dame et aux Eschangeurs, du costé de l’Escorcherie, sur la largeur qui se rencontrera depuis la culée du d. pont Nostre-Dame jusques à la poincte de la première pille d’iceluy ; pour en quelle place y faire construire à ses frais et despens un quai porté sur arcades et pilliers posés d’alignement, despuis le poinct de la dicte première pille du d. pont Nostre-Dame jusques à celle du Pont-aux-Changeurs, de présent construit de neuf ; et quatre rues, l’une de 20 pieds de large avec maisons, qui prendera son emboucheure sur le d. pont Nostre-Dame et se conduira en droicte ligne, tant d’un costé que d’aultre, en la longueur de 75 thoises, passant sur le d. Pont-aux-Changeurs, etc… ; à la charge de payer par le d. sieur marquis de Gesvres, ou ses ayant-cause par chacun an, à la recepte du domaine de Paris, cinq sols de cens et un escu d’or pour chacune des maisons qui sera bastie sur les d. rues, etc… Donné à Lyon, au mois de febvrier l’an de grâce 1642, et de nostre règne le 32e. Signé Louis. »

Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 28 mars 1643. Le marquis de Gesvres profita immédiatement de cette autorisation. Il fit construire le quai et une rue parallèle qui prirent la dénomination de quai et rue de Gesvres. Deux autres rues servaient de communication entre les deux premières voies publiques. Des lettres-patentes du 22 avril 1769 portent : — « Art. 16. Les maisons du quai et de la rue de Gesvres, du côté de la rivière, les piles et les arcades qui portent les d. maisons, les quelles anticipent sur le lit de la rivière, seront démolies et supprimées et le d. quai sera retiré à l’alignement du quai Pelletier et du quai de la Mégisserie. » — Renouvelée par un édit du mois de septembre 1786, cette disposition fut exécutée peu de temps après, et la rue de Gesvres, dont on démolit un des côtés, fut confondue avec le quai. Toutefois, on plaça des bornes qui séparaient le quai en deux parties. Ces bornes furent supprimées en 1832, lors de l’élargissement du quai Le Peletier. En 1835, l’administration a fait paver le quai de Gesvres, dont la pente a été considérablement adoucie. Ces travaux ont occasionné une dépense de 28,000 fr. — Une décision ministérielle du 24 frimaire an XI, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 29 avril 1839, ont déterminé l’alignement de ce quai dont la moindre largeur est fixée à 25 m. Les maisons de 22 à 30 inclus sont alignées ; les autres constructions ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Éclairage au gaz (compe Française).


Gilles (rue Neuve-Saint-).

Commence au boulevart de Beaumarchais, nos 49 et 51 ; finit à la rue Saint-Louis, nos 26 et 28. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 242 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Cette rue, percée en 1640, sur l’emplacement du palais des Tournelles, doit son nom à une statue de saint Gilles placée à l’une de ses extrémités. — Une décision ministérielle du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. 75 c. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834. Les constructions du côté des numéros impairs, entre le boulevart et la rue des Tournelles, sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 10 c. à 3 m. Les autres constructions sont alignées. La maison no 4 est à l’alignement ; les autres propriétés devront reculer de 1 m. 20 c. à 1 m. 40 c. environ. — Égout. — Conduite d’eau entre la rue des Tournelles et le boulevart. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Gindre (rue du).

Commence à la rue du Vieux-Colombier, nos 9 et 11 ; finit à la rue Mézières, nos 6 et 8. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 117 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle a été formée au commencement du XVIe siècle. D’après l’abbé Lebœuf, gindre signifie le maître-valet ou plutôt le maître-garçon d’un boulanger. — Une décision ministérielle à la date du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 3 février 1836, cette dimension est portée à 12 m. Sa largeur actuelle varie de 3 à 4 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 4 m. à 5 m. 10 c. La propriété no 4 est soumise à un retranchement de 2 m. 10 c. ; les autres maisons du côté des numéros pairs subiront un retranchement de 3 m. 60 c. à 4 m. 30 c. — Conduite d’eau depuis la rue Mézières jusqu’à la borne-fontaine.


Gît-le-Cœur (rue).

Commence au quai des Grands-Augustins, nos 23 et 25 ; finit à la rue Saint-André-des-Arts, nos 36 et 38. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 112 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Des titres de Saint-Germain-des-Prés, du XIVe siècle, l’appellent rue Gilles-Queux, Gui-le-Queux. Le nom de queux signifiait en vieux langage cuisinier ; la charge de grand-queux était chez le roi une des premières de la couronne. Les Châtillon se sont fait honneur de la posséder. Un acte de 1397, cité par Sauval, lui donne le nom de Gui-le-Comte. Piganiol prétend que sa dénomination actuelle lui vient d’un descendant du fameux Jacques-Cœur. Cette assertion, qu’il n’appuie sur aucun acte, est réfutée par Jaillot. La dénomination actuelle n’est qu’une altération de Gilles-Queux. — Une décision ministérielle à la date du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les propriétés nos 6 et 8 ne sont pas soumises à retranchement. — Portion d’égout du côté du quai.

« Au bout de la rue Gilles-Cœur (dit Saint-Foix), dans l’angle qu’elle forme aujourd’hui avec la rue du Hurepoix (cette dernière n’existe plus), François Ier fit bâtir un petit palais (le palais d’Amour), qui communiquait à un hôtel habité par la duchesse d’Estampes, dans la rue de l’Hirondelle. Les peintures à fresque, les tableaux, les tapisseries, les salamandres (c’était le corps de la devise de François Ier) accompagnés d’emblèmes et de tendres et ingénieuses devises ; tout annonçait dans ce petit palais et cet hôtel le dieu et les plaisirs aux quels ils étaient consacrés. » — « De toutes ces devises (dit Sauval) que j’ai vues, il n’y a pas encore longtemps, je n’ai pu me ressouvenir que de celle-ci ; c’était un cœur enflammé, placé entre un alpha et un oméga, pour dire apparemment : Il brûlera toujours ! » — « Le cabinet de la duchesse d’Estampes (continue Saint-Foix) sert à présent d’écurie à une auberge qui a retenu le nom de la Salamandre. Un chapelier fait sa cuisine dans la chambre du lever de François Ier, et la femme d’un libraire était en couche dans son petit salon des délices, lorsque j’allai pour examiner les restes de ce palais. »


Glacière (rue de la).

Commence à la rue de Lourcine, nos 105 et 107 ; finit aux boulevarts des Gobelins et Saint-Jacques. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 325 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle était autrefois comprise dans la rue Payen et en portait le nom. En 1636, c’était la rue de la Barrière. Sa dénomination actuelle lui a été donnée parce qu’elle se dirige vers le village de la Glacière. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, à l’exception du bâtiment qui porte le no 7. Sur le côté opposé les propriétés nos 6 et 8 sont seules soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue du Petit-Champ jusqu’à la borne-fontaine.


Glatigny (rue).

Commence au quai Napoléon, no 27 ; finit à la rue des Marmousets, nos 26 et 28. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 73 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

On donnait le nom de Glatigny à cette rue et aux environs de Saint-Denis-de-la-Chartre jusqu’à l’hôtel des Ursins. On lit dans plusieurs titres qu’il y avait une maison de Glatigny qui, en 1241, appartenait à Robert et à Guillaume de Glatigny. Dès le XIVe siècle, cette rue était habitée par des filles publiques et se nommait le Val d’Amour. En 1380, on l’appelait rue au Chevet de Saint-Denis-de-la-Chartre, quoiqu’elle fût connue aussi sous le nom de Glatigny. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les maisons nos 1 et 3 sont alignées.


Gobelins (boulevart des).

Commence à la place de la barrière d’Italie ; finit à la rue de la Glacière, no 9. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le mur d’enceinte ; le dernier pair est 16. Sa longueur est de 856 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Il a été formé en vertu d’un arrêt du conseil du 9 août 1760. Sa dénomination lui vient du voisinage de la manufacture royale des Gobelins. Dans la partie comprise entre les rues du Champ-de-l’Alouette et de la Glacière, le plan de Verniquet l’indique sous le nom de boulevart de la Glacière. L’alignement de cette voie publique est déterminé par une ligne parallèle au centre des arbres de la contre-allée et à 4 m. de distance. La propriété no 2 et le mur de clôture situé près de la rue de la Glacière ne sont pas soumis à retranchement. (Voyez Enfer, boulevart d’.)


Gobelins (manufacture royale des).

Située dans la rue Mouffetard, no 270. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

On voyait dès le XIVe siècle, dans le faubourg Saint-Marcel, près de la rivière de Bièvre, une petite colonie composée de drapiers et de teinturiers en laine. Leur industrie ne tarda pas à s’agrandir. En 1450, parmi ces ouvriers, on remarquait Jean Gobelin. Son habileté lui fit acquérir en peu de temps une fortune considérable qu’il employa à faire de grandes acquisitions sur les bords de la Bièvre, dont les eaux étaient très favorables à la teinture. Philibert, son fils, et Denise Lebret, son épouse, continuèrent les travaux de leur père et augmentèrent même la fortune qu’il leur avait laissée. Après leur mort, le partage de leurs richesses, qui consistaient en dix maisons, jardins, prés, terres, etc., fut fait en 1510. Leurs successeurs, travaillant avec le même zèle et la même probité, obtinrent aussi de grands résultats. Le peuple voulut honorer les Gobelin à sa manière. Il donna leur nom au quartier où se trouvait le siège de leur établissement, et même à la rivière de Bièvre qui avait contribué à leur prospérité. Cette famille voulut renoncer plus tard à la teinture pour occuper divers emplois dans la magistrature, dans les finances et dans l’armée. Ce changement de profession ne leur porta pas bonheur. Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, épousa, en 1651, Marie-Marguerite d’Aubray, fille du lieutenant-civil de Paris. Cette femme devint fameuse par ses débauches et ses empoisonnements, et fut condamnée le 16 juillet 1676 à être brûlée vive. Le pauvre marquis, le malheureux Gobelin, dut sans doute à son lit de mort regretter de n’avoir pas suivi l’honorable profession de ses pères. Aux Gobelin, qui voulaient devenir marquis, succédèrent les sieurs Canaye qui, ne se bornant pas à teindre les laines en écarlate, commencèrent à fabriquer des tapisseries. Les Canaye furent remplacés, en 1655, par un Hollandais nomme Gluck, et par un ouvrier appelé Jean Liansen ; tous deux excellèrent dans cette profession. La beauté des ouvrages qui sortaient de leurs ateliers frappa le grand Colbert, qui les mit sous les yeux du roi. L’hôtel des Gobelins fut acheté, ainsi que plusieurs maisons qui lui étaient contiguës. — Un édit de novembre 1667 établit la manufacture des Gobelins sur des bases solides. Cet acte porte entre autres dispositions : « Que le surintendant des bâtiments et le directeur sous ses ordres tiendront la manufacture remplie de bons peintres, maîtres-tapissiers, orfèvres, fondeurs, sculpteurs, graveurs, lapidaires, menuisiers en ébène, teinturiers et autres ouvriers en toutes sortes d’arts et métiers, et que les jeunes gens, sous ces maîtres, entretenus pendant cinq années, pourront après six ans d’apprentissage et quatre années de service, lever et tenir boutique de marchandises, arts et métiers auxquels ils auront été instruits, tant à Paris que dans les autres villes du royaume. »

La manufacture des Gobelins est sans rivale dans le monde. La France est redevable à cet établissement des progrès extraordinaires que les arts et les manufactures ont faits dans l’espace d’un siècle. On ne saurait calculer le nombre d’ouvrages parfaits qui sont sortis de cette grande et magnifique école.


Gobelins (rue de la barrière des).

Commence au boulevart de l’Hôpital ; finit au chemin de ronde de la barrière d’Ivry. Pas de numéro. Sa longueur est de 131 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue, qui longe un des côtés de l’abattoir de Villejuif, a été percée vers 1820 sur une partie de l’ancien village d’Austerlitz. (Voyez Austerlitz, grande rue d’.) — Deux décisions ministérielles, la première en date du 7 octobre 1816, signée Lainé, la seconde du 18 octobre 1822, ont fixé la largeur de cette voie publique à 20 m. Nous ne pouvons nous rendre compte de la dénomination assignée à cette rue. Aucune barrière de Paris n’a porté le nom de barrière des Gobelins.


Gobelins (rue des).

Commence à la rue Mouffetard, nos 262 et 264 ; finit à la petite rivière de Bièvre. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 185 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

On la nommait anciennement rue de Bièvre, parce qu’elle conduit à cette rivière. Depuis 1636 c’est la rue des Gobelins, dénomination qui indique son voisinage de cette célèbre manufacture. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les maisons nos 1, 4 et 16 sont alignées. — Conduite d’eau du côté de la rue Mouffetard.


Gobelins (ruelle des).

Commence à la rue des Gobelins ; finit à la rue du Champ-de-l’Alouette. Pas de numéro. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette ruelle, qui a la même étymologie que celle de l’article qui précède, suit le cours de la petite rivière de Bièvre. Elle débouchait autrefois dans la rue Saint-Hippolyte. La ruelle des Gobelins n’est pas reconnue voie publique.


Godefroy (rue).

Commence à la rue de la barrière des Gobelins ; finit à la place de la barrière d’Italie, no 19. Le dernier impair est 7 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 146 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Une ordonnance royale du 19 juillet 1826 autorisa MM. Geffroy et Godefroy à ouvrir sur leurs terrains une rue de 13 m. de largeur, pour communiquer du rond-point de la barrière d’Italie à la rue de la barrière des Gobelins. Cette autorisation fut accordée à la charge par les impétrants : — d’établir de chaque côté de la rue des trottoirs en pierre dure, dont les dimensions leur seraient données par l’administration ; de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, ainsi que ceux des travaux à faire pour l’écoulement souterrain et à ciel ouvert des eaux pluviales et ménagères ; de se soumettre aux lois et règlements sur la voirie de Paris, etc. La rue fut immédiatement percée et reçut le nom de rue Godefroy.


Godot-de-Mauroy (rue).

Commence au boulevart de la Madeleine, nos 70 et 72 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 59 et 61. Le dernier impair est 47 bis ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 356 m. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Une ordonnance royale du 18 novembre 1818 porte : — Article 1er. Les sieurs Godot de Mauroy frères sont autorisés à ouvrir une rue sur le terrain dont ils sont propriétaires rue Basse-du-Rempart, dans notre bonne ville de Paris ; laquelle formera le prolongement du cul-de-sac de la Grille et communiquera de la rue Basse-du-Rempart à la rue Neuve-des-Mathurins. Cette autorisation est accordée à la charge par les impétrants de fournir gratuitement le terrain de la rue nouvelle, de se charger des frais de premier établissement de pavage et d’éclairage, de se conformer aux lois et règlements sur la grande voirie de Paris. Ce percement fut immédiatement exécuté. L’ancienne impasse de la Grille, que nous voyons indiquée sur le plan de Verniquet (1789), mais qui n’avait point alors de dénomination, occupait en 1818 une longueur de 105 m., et sa largeur était de 9 m. 74 c. Son prolongement a été effectué sur la même dimension. — Conduite d’eau depuis le boulevart jusqu’à la borne-fontaine placée après la rue Desèze. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Goujon (rue Jean-).

Commence à l’allée d’Antin, nos 7 et 7 bis ; finit à l’allée des Veuves et au quai de la Conférence. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 522 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette rue, dont la largeur est de 14 m. 60 c., a été percée en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1823, sur les terrains appartenant à la compagnie Constantin. (Voyez l’article de la rue de Bayard-Champs-Élysées).

Jean Goujon, célèbre sculpteur et architecte, fut tué d’un coup d’arquebuse le jour de la Saint-Barthélemi (1572), tandis qu’il travaillait sur un échafaud aux décorations du Louvre.


Gracieuse (rue).

Commence à la rue d’Orléans-Saint-Marcel, nos 32 et 34 ; finit à la rue Copeau, nos 29 et 31. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 370 m. — 12e arrondissement de 1 à 7, et de 2 à 12 quartier Saint-Marcel ; le surplus est du quartier du Jardin-du-Roi.

Cette communication, qui dans toute son étendue porte aujourd’hui le nom de rue Gracieuse, avait autrefois deux dénominations. La partie comprise entre les rues d’Orléans et de l’Épée-de-Bois s’appelait rue du Noir. Une maison appartenant à Jacques Pays, avocat, et ayant pour enseigne une tête noire, lui avait fait donner cette dénomination qu’elle conservait encore en 1801. Ce n’est que depuis cette époque qu’elle a pris le nom de rue Gracieuse, à laquelle elle fait suite. La deuxième partie, qui s’étend de la rue de l’Épée-de-Dois à la rue Copeau, devait sa dénomination à Jean Gracieuse qui y possédait une maison en 1243. En 1589 plusieurs titres la désignent sous le nom de rue Saint-Médard. — Une décision ministérielle à la date du 28 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de la rue Gracieuse à 7 m. Les constructions nos 7 et 11 ne sont pas soumises à retranchement.


Graine (passage de la Bonne-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, entre les nos 123 et 125 ; finit au passage Josset. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 20. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

C’était autrefois une impasse dans laquelle on faisait le commerce des grains avant l’établissement du marché Beauveau. En 1825, M. Josset, marchand de bois, prolongea cette impasse sur les terrains qui lui appartenaient, et en 1835 il la transforma en passage.


Grammont (rue).

Commence à la rue Neuve-Saint-Augustin, nos 12 et 14 ; finit au boulevart des Italiens, nos 15 et 17. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 264 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1726, madame la maréchale, duchesse de Grammont, et le duc de Noailles, agissant comme exécuteurs testamentaires du maréchal de Grammont, exposèrent à sa majesté, qu’étant obligés de vendre les biens provenant de cette succession, dans lesquels se trouvait compris l’hôtel de Grammont, situé rue Neuve-Saint-Augustin, il leur serait facile de trouver des acquéreurs si sa majesté voulait bien leur permettre d’ouvrir deux rues sur l’emplacement dudit hôtel. Des lettres-patentes données à Marly, le 19 février de la même année, autorisèrent : 1o l’ouverture d’une rue de 4 toises de largeur qui serait nommée rue de Grammont et dont le tracé serait fait en deux lignes parallèles depuis la rue Neuve-Saint-Augustin jusqu’au nouveau rempart planté d’arbres ; 2e l’ouverture d’une autre rue de 4 toises de largeur, depuis la d. nouvelle rue de Grammont jusqu’à celle de Richelieu, en passant dans un cul-de-sac déjà formé sur le terrain de l’hôtel de Ménars, laquelle prendrait la dénomination de rue de Ménars. II ne fut point alors donné suite à cette autorisation, et les lettres-patentes ne furent registrées au parlement que le 21 août 1763. Le sieur abbé Clément se rendit adjudicataire de l’hôtel et sollicita en 1765 le renouvellement des lettres-patentes de 1726, en demandant toutefois à introduire une légère modification au tracé de la rue projetée sous le nom de rue de Grammont. Un arrêt du conseil d’état du roi, à la date du 26 février 1765, accorda cette autorisation, qui fut confirmée par lettres-patentes du 1er juillet suivant, registrées au parlement le 19 du même mois. Procès-verbal d’alignement fut dressé par le bureau de la Ville le 30 septembre de la même année. — Une décision ministérielle à la date du 18 pluviôse an X, signée Chaptal, maintint la largeur primitive de la rue Grammont. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 avril 1831. Les constructions des numéros pairs sont alignées. Celles du côté opposé devront reculer de 2 m. 20 c. — Égout entre les rues Neuve-Saint-Augustin et Grétry. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Grange-aux-Belles (rue).

Commence à la rue des Marais, nos 44 bis et 46 ; finit aux chemins de ronde des barrières du Combat et de la Chopinette. Le dernier impair est 71 ; le dernier pair, 56. Sa longueur est de 1,017 m. — 5e arrondissement, quartier de la porte Saint-Martin.


1re partie comprise entre la rue des Marais ci les rues des Récollets et Bichat.

« Louis, etc… Nos bien amés les sieurs Cantini, Prevot, Castel, de la Noue, Gosset et plusieurs autres propriétaires de maisons et terrains situés à Paris, rue ou chemin dit de la Grange-aux-Belles, faubourg Saint-Martin, nous ont fait exposer que ce chemin aboutit d’un côté à la rue des Marais, en face de la rue de Lancry, et de l’autre dans la rue des Récollets, en face de celle de l’hôpital Saint-Louis ; qu’une nouvelle rue est naturellement indiquée par ce chemin étroit et sinueux, relevé de six pieds au-dessus du sol des Marais et au milieu duquel est une rigole dont les eaux stagnantes et bourbeuses exhalent et portent dans le voisinage et même au loin, une vapeur infecte qui incommode les habitans et se répandant dans les marais voisins, y cause des dégâts considérables, etc., et que s’il était formé au lieu du dit chemin une rue alignée, etc., les dites eaux prendraient leur écoulement par la rue de Lancry, dans l’égout qui y est établi, etc… Ordonnons, voulons et nous plaît ce qui suit : — Article 1er. Il sera formé au lieu du chemin dit de la Grange-aux-Belles, une nouvelle rue de même nom, etc. L’exécution et formation de la d. nouvelle rue sera procurée sans délai, dans l’espace entre la d. rue des Marais et le chemin dit des Vinaigriers, au-devant des emplacemens, bâtimens et marais appartenant aux sieurs Cantini, Prevot, Castel, de la Noue, Gosset et autres, en retranchant ce qui sera nécessaire sur les terrains non bâtis, et quand il y aura lieu sur les bâtimens et maisons déjà construits, et le surplus sur les marais de l’autre côté, pour donner à la d. rue un alignement droit dans toute sa longueur, et trente pieds de largeur, etc. — Art. 2e. Le surplus de la d. rue depuis la d. rue ou chemin des Vinaigriers jusqu’à celle des Récollets, sera et demeurera marqué et indiqué pour être exécuté quand il y aura lieu, en supprimant le petit bureau du commis de la ferme générale, auquel il sera suppléé suivant le besoin et en retranchant ce qui sera nécessaire sur les marais appartenant aux sieurs Jugier et Roussel et sur ceux de l’autre côté, de manière à procurer à la d. partie de rue la même largeur ; qu’au surplus les d. propriétaires s’arrangeront entr’eux pour s’indemniser respectivement de la valeur seulement des terrains, de manière que chacun des deux côtés ait à supporter la perte de la moitié du terrain qui serait nécessaire, pour ajouter à la largeur actuelle du chemin celle prescrite pour la d. rue, etc… Donné à Versailles, le 21e jour du mois de juin 1782, et de notre règne le 9e. Signé Louis. » Procès-verbal d’alignement fut dressé par le bureau de la Ville le 28 mai 1783. — Une décision ministérielle du 23 floréal an X, signée Chaptal, a porté la largeur de cette voie publique à 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs sont alignées ; sur le côté opposé les propriétés nos 2, 6, 10, 12, 14 et 20 bis sont seules soumises à un faible retranchement.

2e partie comprise entre les rues des Récollets et Bichat et les chemins de ronde.

C’était autrefois la rue de l’Hôpital-Saint-Louis, dénomination qu’elle devait à l’hôpital qui y est situé. — Une décision ministérielle en date du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. 67 c. ; presque toutes les constructions riveraines sont alignées.

En vertu d’une décision du ministre de l’intérieur, en date du 14 mars 1836, ces deux parties ont été réunies sous la seule et même dénomination de rue Grange-aux-Belles.

Par suite de cette décision, l’administration a fait procéder à la régularisation du numérotage de cette voie publique. — Égout entre les rues des Marais et des Recollets. — Conduite d’eau : 1o depuis la rue Lacasse jusqu’au quai de Valmy ; 2o depuis la rue Saint-Maur jusqu’à la barrière. — Éclairage au gaz entre la rue des Marais et le quai de Valmy (compe de Belleville).


Grange-Batelière (rue).

Commence aux boulevarts des Italiens, no 2, et Montmartre, no 18 ; finit à la rue du Faubourg-Montmartre, nos 19 et 21. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 307 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

La partie comprise entre la rue du Faubourg-Montmartre et l’hôtel de la Grange-Batelière existait dès la fin du XVIIe siècle et s’appelait rue Batelier.

« Le roy étant en son conseil a ordonne et ordonne que la rue de Richelieu sera continuée depuis le cours, de la même largeur de 6 toises jusqu’à la rencontre d’un pan coupé qui sera formé de 8 toises de face jusqu’à la distance de 3 toises de la maison de la Grange-Batelière, et qu’il sera formé une rue en retour de 3 toises de largeur depuis le d. pan coupé, le long du mur de la d. maison jusqu’à la rencontre du chemin des Marais, etc., etc. (Voyez rue Pinon.) Fait au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, tenu à Fontainebleau le 18e jour d’octobre 1704. Signé Louis. » — Deux décisions ministérielles, l’une du 7 fructidor an X, signée Chaptal ; l’autre du 20 octobre 1821, et enfin une ordonnance royale du 16 avril 1831, ont fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. 69 c. Les propriétés riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La Grange-Batelière est indiquée, en 1243, sous le nom de Granchia Batilliaca. Elle est appelée, en 1260, Granchia Batalleria. L’abbé Lebœuf pense que cette dernière dénomination provenait des joûtes ou exercices militaires qui se faisaient près de cet emplacement. Dans une déclaration rendue en 1522, les religieuses de l’abbaye Saint-Antoine reconnaissent que le 10 avril 1204 on leur donna un muid de grains à prendre sur la Grange-Batelière. Ce fief était possédé la fin du XIVe siècle par Guy, comte de Laval. Suivant acte du 11 février 1421, Jean de Malestroit, évêque de Nantes et chancelier de Bretagne, donna l’hôtel, cour, colombier, jardins, etc., de la Grange-Batelière aux prieur et religieux des Blancs-Manteaux. On voit dans ce titre que cette propriété relevait de l’évêque de Paris et qu’elle contenait 120 arpents.

En 1473, elle était possédée par Jean de Bourbon, comte de Vendôme.

L’hôtel de la Grange-Batelière, où sont établis les bureaux de la mairie du 2e arrondissement, appartient à la ville de Paris.


Gravilliers (passage des).

Commence à la rue Chapon, no 6 bis ; finit à la rue des Gravilliers, no 19. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Construit en 1828, il doit son nom à la rue des Gravilliers dans laquelle il débouche.


Gravilliers (rue des).

Commence à la rue du Temple, nos 37 et 39 ; finit à la rue Transnonnain, nos 26 et 28. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 66. Sa longueur est de 249 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Cette rue, presqu’entièrement bâtie en 1250, portait le nom de Gravelier. Un rôle de taxe de 1312 indique une maison appartenant à un nommé Gravelier, boucher. Il est possible qu’un des ancêtres de ce marchand ait donné son nom à cette voie publique, qu’on appelle aujourd’hui par altération rue des Gravilliers. Quoiqu’il en soit, elle s’étendait anciennement jusqu’à la rue Saint-Martin. Ce ne fut qu’à la fin du XVIIe siècle, que le nom de Jean-Robert fut assigné à la partie de cette voie publique comprise entre les rues Transnonnain et Saint-Martin. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la largeur de la rue des Gravilliers à 10 m. Cette dimension est portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 2 m. 60 c. à 4 m. ; de 2 à 16 inclus, retranchement 2 m. 50 c. à 3 m. ; 18, retranchement 1 m. 10 c. ; de 20 à 32 inclus, retranchement 1 m. 20 c. à 2 m. 20 c. ; de 34 à 38 inclus, retranchement 1 m. 80 c. à 2 m. 30 c. ; de 40 à la fin, retranchement 2 m. 30 c. à 3 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue Transnonnain jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Greffulhe (rue).

Commence à la rue Castellane, nos 8 et 10 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 75 et 75 bis. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 93 m. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Une ordonnance royale du 2 février 1839 a autorisé MM. les comtes de Ségur et Greffulhe à ouvrir sur leurs terrains une rue de 12 m. de large, pour communiquer de la rue Castellane à la rue Neuve-des-Mathurins. Cette autorisation a été accordée à la charge par les impétrants : de livrer gratuitement à la ville le sol de la nouvelle voie publique ; de n’élever qu’à une hauteur de 17 m. les bâtiments qui seront construits sur cette rue, sauf une exception pour les maisons qui sont en construction aux deux encoignures de la rue Castellane, lesquelles dans toute la partie en retour sur la rue nouvelle, pourront avoir la hauteur autorisée sur la rue Castellane ; de supporter les frais de premier établissement de pavage en pavés durs d’échantillon, y compris ceux de relevé à bout ; les frais de premier établissement de trottoirs en granit de la largeur qui sera déterminée par l’administration, ceux de l’éclairage au gaz, de bornes-fontaines et de tuyaux destinés à y amener les eaux de la conduite principale ; enfin, les frais d’une galerie d’égout et, s’il y a lieu, des conduites d’eau et de branchements d’égout nécessaires pour recevoir et conduire les eaux des maisons dans ladite galerie, de manière à ce que les eaux ménagères n’aient point d’écoulement sur la voie publique, etc. ; de verser dans la caisse municipale le montant des devis estimatifs des divers travaux ci-dessus indiqués, ou de fournir cautionnement équivalent en rentes sur l’État, et généralement de se conformer aux clauses et conditions exprimées dans la délibération du conseil municipal du 3 août 1838.

Ce percement fut immédiatement exécuté et reçut, en vertu d’une décision ministérielle du 14 novembre 1839, la dénomination de rue Greffulhe. — Une ordonnance royale du 2 mars 1841 porte : — « Article 1er. Notre ordonnance du 2 février 1839 est modifiée en ce sens, que MM. de Ségur et Greffulhe sont autorisés à élever jusqu’à la hauteur de 17 m. 55 c. les constructions sur la rue ouverte par eux à Paris, en vertu de la d. ordonnance qui demeure maintenue dans ses autres dispositions. » — Éclairage au gaz (compe Anglaise).


Grenelle (abattoir de).

Situé place de Breteuil. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cet abattoir, qui occupe un espace irrégulier d’environ 33,000 m. de superficie, a été construit sur les dessins de M. Gisors, architecte. (Voir l’article Abattoirs.)

C’est au milieu de l’abattoir de Grenelle que l’administration municipale de Paris a fait creuser un puits artésien de grande dimension, qui fournit constamment un volume considérable d’eau.

Plusieurs puits artésiens creusés avec succès dans le voisinage de la capitale, à Épinay, à Saint-Ouen, à Saint-Denis, à Villetaneuse, avaient fait concevoir l’espérance que de semblables tentatives pourraient réussir à Paris. Dans cette pensée, l’administration, en 1832, ordonna des sondages au carrefour de Reuilly, près de la barrière de Saint-Mandé, au boulevart extérieur du Combat et à celui de la Cunette. Sur ces trois derniers points le but de la Ville était, à défaut d’eau jaillissante, d’essayer d’absorber dans ces puits les eaux du sol. L’eau ne monta nulle part jusqu’à la surface.

Ces tentatives achevèrent de démontrer par le fait les indications des géologues, qui établissent que les nappes d’eau des bancs de sable supérieur à la craie, étant coupées par la Seine au-dessous de Paris, n’ont plus assez de pression pour jaillir au-dessus du sol dans le voisinage de ce point.

Ce fut dans ces circonstances que l’administration, persuadée par les prévisions de la science qu’il n’y avait à Paris de chance de succès pour les puits artésiens qu’en perçant l’énorme banc de craie sur lequel repose cette ville, conçut le projet d’en faire l’expérience.

Ce banc occupe une grande partie de la France, des Pays-Bas et même de l’Angleterre. Sur les points où son peu de profondeur permet de le percer facilement, en Artois, dans la Touraine, on a toujours trouvé par-dessous des bancs de sables verts contenant des eaux jaillissantes. Sa profondeur et son épaisseur, à Paris, étant considérables, on ne l’avait jamais percé. C’était donc une tentative des plus intéressantes que de vérifier, en perçant ce banc, les formations géologiques qui composent le terrain de Paris, indépendamment de l’intérêt spécial d’obtenir de l’eau.

Dans cette double pensée, l’administration municipale, à la fin de 1833, approuva le projet qui lui fut présente par M. l’ingénieur en chef Emmery pour le forage d’un puits artésien d’une dimension qui permît le percement de la craie. Ce puits devait être tenté sur la place de la Madeleine. Un semblable travail exigeait des moyens et des appareils extraordinaires ; il présentait de grandes difficultés : aussi un seul entrepreneur, M. Mulot, se présenta-t-il à l’adjudication.

Au moment de commencer l’entreprise, on renonça à l’emplacement que l’on avait d’abord désigné, pour choisir l’abattoir de Grenelle. M. Mulot se mit à l’œuvre au commencement de 1834. Après sept ans d’un travail opiniâtre où l’habileté du sondeur a souvent été mise à l’épreuve par des difficultés et des accidents qui auraient pu décourager d’autres entrepreneurs, il a obtenu le prix de ses efforts. Le 26 février 1841 la sonde atteignit les sables verts, où elle pénétra par son seul poids de plusieurs mètres de profondeur. Aussitôt les eaux montèrent et se répandirent sur le sol de l’abattoir avec une telle abondance, qu’il en résulta une véritable inondation.

La population parisienne gardera longtemps le souvenir de l’intérêt qu’elle prit à ce succès, que plus de trois cent mille personnes vinrent dans les jours qui suivirent constater sur place.

M. Mulot reçut la décoration de la Légion-d’Honneur et la ville de Paris lui constitua une pension viagère de 3,000 francs, reversible par moitié sur la tête de sa femme. Une indemnité honorable fut en outre accordée à M. Louis Mulot fils, qui n’a cessé de diriger le travail sous l’inspiration de son père.

Le tubage du puits à partir des sables était nécessaire pour assurer sa conservation. Ce travail a donné lieu à des difficultés d’un nouveau genre. Tenté d’abord en tubes de cuivre qui n’ont pas présenté une résistance suffisante, on l’a définitivement effectué en tubes de fer forgé de 5 millim. d’épaisseur. Ces tubes ont été élevés à une hauteur de 33 m. 50 c. au-dessus du sol, afin que les eaux pussent de là être conduites sur les quartiers élevés du faubourg Saint-Jacques, sur le plateau de l’Estrapade, où la Ville a fait construire des bassins pour les recevoir et les distribuer.

La profondeur du puits de Grenelle est de 547 m. 60 c. ; commencé sur 40 c. de diamètre, il n’en a plus au fond que 16. Le volume des eaux qu’il fournissait la hauteur du sol de l’abattoir était d’environ 3,000,000 de litres en vingt-quatre heures. Il en fournit aujourd’hui à 33 m. 50 c. de hauteur environ le tiers, ce qui revient à 50 pouces de fontainier.

La dépense de ce travail n’a pas été moindre de 300,000 francs.


Grenelle (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue Dupleix.

Cette barrière, qui doit son nom au territoire de Grenelle sur lequel elle est située, consiste en deux bâtiments avec péristyle à pilastres carrés. Elle se nommait anciennement barrière des Ministres. (Voyez l’article Barrières.)


Grenelle (chemin de ronde de la barrière de).

Commence à la barrière de Grenelle et à la rue Dupleix ; finit à la barrière de la Cunette et au quai d’Orsay. Pas de numéro. Sa longueur est de 505 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Les propriétés situées près du quai d’Orsay sont à l’alignement. (Voyez l’article Chemins de ronde.)


Grenelle (impasse de).

Située dans la rue de Grenelle, entre les nos 156 et 158. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 98 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette impasse, tracée sur le plan de Verniquet, tire sa dénomination de la rue où elle est située. — Une décision ministérielle en date du 18 fructidor an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette impasse à 7 m. Les propriétés riveraines devront reculer de 1 m. 70 c, à 2 m. 30 c.

Grenelle (rue de la Ferme-de-).

Commence à l’avenue de Suffren ; finit à l’avenue de La Motte-Picquet, no 23. Pas de numéro. Sa longueur est de 210 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Cette rue forme un retour d’équerre. Elle est indiquée sur le plan de Verniquet, mais sans dénomination. Le nom qu’elle porte aujourd’hui lui vient de sa proximité de la ferme du château de Grenelle qui bordait la place Dupleix. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette rue, dont la largeur actuelle varie de 5 m à 9 m.


Grenelle-Saint-Germain (rue de).

Commence au carrefour de la Croix-Rouge et à la rue du Dragon, no 44 ; finit à l’avenue de La Bourdonnaye, no 19. Le dernier impair est 203 ; le dernier pair, 206. Sa longueur est de 2,251 m. — 10e arrondissement ; les impairs de 1 à 111 dépendent du quartier Saint-Thomas-d’Aquin ; de 2 à 10, quartier de la Monnaie ; de 12 à 132, quartier du Faubourg-Saint-Germain ; de 113 à la fin et de 134 à la fin, quartier des Invalides.

Ce nom lui vient d’une garenne que possédait anciennement l’abbaye Sainte-Geneviève, et qui était située près de l’emplacement sur lequel on construisit l’École-Militaire. Jusqu’en 1838, la communication qui nous occupe était divisée en deux parties séparées par l’esplanade des Invalides : la première, appelée rue de Grenelle-Saint-Germain ; la deuxième, nommée rue de Grenelle-au-Gros-Caillou. Chacune avait un numérotage particulier. En vertu d’un arrêté préfectoral du 31 août de cette même année, ces deux parties ont été réunies sous la seule et même dénomination de rue de Grenelle-Saint-Germain, et leur numérotage a été régularisé. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, et une ordonnance royale du 7 mars 1827, ont fixé à 10 m. la moindre largeur de la partie de cette voie publique comprise entre le carrefour de la Croix-Rouge et la rue d’Austerlitz. — Une décision ministérielle du 3 germinal an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la deuxième partie à 12 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : partie de la propriété no 7 ; nos 11, 13, 39, 41, 43, 45, 57, 59, 63, 67, 69, 71, 89, 91, 95, les bâtiments du ministère de l’intérieur, de 167 à la fin ; de 12 à 32 inclusivement, 74, de 78 à 130 inclusivement, 134, 136, 138, 156 et de 170 à la fin. — Égout et conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Aux nos 57 et 59 est située la fontaine dite de Grenelle. Construite aux frais de la ville, sous la prévôté de Michel-Étienne Turgot, cette fontaine remarquable par la richesse de sa décoration fut achevée en 1739. Son plan, demi-circulaire, a 29 m. de largeur et 11 m. 60 c. de hauteur. Sur un socle de glaçons, que soutient l’avant-corps, sont trois statues ; celle du centre représente la Ville de Paris ; les deux autres, couchées au milieu des roseaux et appuyées sur des urnes, figurent la Seine et la Marne. Cette fontaine a été construite par Bouchardon.


Grenelle-Saint-Honoré (rue de).

Commence à la rue Saint-Honoré, no 158 ; finit à la rue Coquillière, nos 17 et 19. Le dernier impair est 63 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 271 m. — 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Après l’achèvement du mur d’enceinte de Paris, sous Philippe-Auguste, le quartier où se trouve aujourd’hui cette rue fut construit rapidement. Un chemin hors de Paris longeait le mur de cette enceinte et portait le nom de Guernelles, en raison d’un propriétaire qui y demeurait. À la fin du XIIIe siècle, une rue bordée de constructions avait remplacé l’ancien chemin. Des titres la nomment tantôt rue de Guarnelle, Guarnales, et enfin de Grenelle. — Une décision ministérielle à la date du 25 ventôse an XIII, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 2 février 1843, cette largeur est portée à 12 m. La propriété située sur le côté gauche à l’encoignure de la rue Saint-Honoré est à l’alignement ; nos 5 et 7, retranchement 77 c à 1 m. 10 ; 9, alignée ; 11, retranchement 70 c ; 13, fort retranchement sur la rue du Pélican ; de 15 à 21 inclus, retranchement 40 à 50 c. ; 29, alignée ; de 31 à 37 inclus, retranchement 80 c. à 1 m. 10 c. ; de 39 à 49 inclus, retranchement 1 m. 10 c. à 1 m. 70 c. ; 51, 55, 57 et 59, alignées ; 63, retranchement 2 m. 80 c. ; de 2 à 16 inclus, retranchement 3 m. 40 c. à 4 m. ; 18, retranchement 1 m. 10 c. ; de 20 à 30 inclus, retranchement 2 m. 80 c. à 3 m. 40 c. ; de 32 à la fin, retranchement 2 m. à 2 m. 80. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau entre les rues du Pélican et Mercier. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Sur l’emplacement occupé par la maison qui porte aujourd’hui le no 49 était un hôtel qui fut habité par Jeanne d’Albret, mère de Henri IV. Cette princesse y mourut le 9 juin 1572. Elle n’avait que 44 ans, et ne fut malade que cinq jours ; le bruit courut alors qu’elle avait été empoisonnée par l’odeur d’une paire de gants que lui avait vendue Réné, parfumeur de la cour de Catherine de Médicis. Le corps de Jeanne d’Albret fut ouvert, et les chirurgiens, dit Cayet, rapportèrent qu’ils n’avaient trouvé aucune trace de poison.


Greneta (impasse).

Située dans la rue du Commerce, no 4. — 6e arrondissement, quartier de la porte Saint-Denis.

Son voisinage de la rue Greneta lui a fait donner sa dénomination (voir l’article suivant). Il n’existe pas d’alignement pour cette impasse.


Greneta (rue).

Commence à la rue Saint-Martin, nos 219 et 221 ; finit à la rue Saint-Denis, nos 262 et 264. Le dernier impair est 61 ; le dernier pair, 52. Sa longueur est de 239 m. — 6e arrondissement, quartier de la porte Saint-Denis


Cette rue était presqu’entièrement bordée de constructions en 1230. Dans un acte de donation faite en 1236, par Amauri de Meudon, à l’abbé de Notre-Dame-de-la-Roche, on voit que cette rue s’appelait de la Trinité, en raison de la principale entrée de l’hôpital de la Trinité qu’on voyait dans cette voie publique. Dès 1262, cette rue portait le nom d’Arnetal, qu’elle devait vraisemblablement à un particulier qui l’habitait ; ce nom s’altéra dans les siècles suivants et se changea en ceux de Guernetal, Garnetal, et enfin de Greneta. — Une décision ministérielle à la date du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826, sa moindre largeur est portée à 11 m. Les maisons nos 29 et 31 sont alignées ; celles nos 19, 21, 23, 25, 27 et 33 ne sont soumises qu’à un faible retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Denis. — Conduite d’eau entre cette rue et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Française).


Greniers de réserve.

Situés boulevart Bourdon. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Un décret impérial, du 12 août 1807, affecta une somme de 400,000 fr. pour commencer les constructions des greniers de réserve, dont le ministre de l’intérieur, Cretet, posa la première pierre le 26 décembre de la même année. Ces greniers sont composés de cinq pavillons formant avant-corps et de quatre arrière-corps ; ils ont 350 m. de longueur totale. Suivant le projet primitif, ils devaient être élevés de six étages, y compris les combles, au-dessus du rez-de-chaussée, et contenir environ 25,000 m. cubes de blé ; approvisionnement qui, réuni à celui des farines à placer au rez-de-chaussée, était considéré comme pouvant suffire à la consommation de Paris pendant deux à trois mois. Des caves ont été pratiquées dans toute l’étendue de l’édifice ; elles sont couvertes par des voûtes d’arêtes supportées par quatre rangs de piliers ; le rez-de-chaussée devait être voûté de la même manière et avoir 6 m. 50 c. de hauteur. Le sol sur lequel on éleva les constructions avait formé autrefois le lit de la Seine, et présentait une résistance inégale. Cet état de choses commandait de grandes précautions, et faute de les avoir prises, l’édifice a éprouvé du côté du quai un mouvement très sensible. On a employé 5 millions pour élever l’édifice au point où on le voit, et la dépense aurait doublé si le projet primitif eût pu recevoir son exécution, puisque la dernière estimation était de 9,600,000 fr. — En 1816, époque de la suspension des travaux, les constructions faites consistaient dans les fondations, les voûtes des caves et une partie des murs du rez-de-chaussée. Les voûtes étaient depuis longtemps exposées aux pluies qui les pénétraient et auraient fini par les détruire ; on sentit alors la nécessité d’établir promptement une couverture pour les abriter ; on arrêta l’édifice à la hauteur actuelle et, les fonds n’étant pas suffisants pour achever assez promptement les murs intérieurs, on établit la couverture sur des points d’appui provisoires, en se réservant les moyens de construire les murs un peu plus tard. M. Delannois, architecte, a dirigé les travaux de construction des greniers de réserve. Cet édifice peut contenir 45,000 sacs de farine, ce qui équivaut à la consommation de cette ville pendant un mois. Dès l’année 1831, il fut question d’abandonner à la ville de Paris les greniers de réserve, dont elle jouissait depuis plusieurs années. En 1832, époque du choléra, les bâtiments furent affectés à un hôpital temporaire. D’après une ordonnance de police du mois de juillet 1836, l’approvisionnement obligé dans les greniers de réserve a été porté, pour les 601 boulangers de Paris, à 77,190 sacs. — Le 24 juillet 1840, le conseil municipal délibéra qu’il y avait lieu, 1o de consentir, de la part de la ville, à l’affectation par ordonnance royale des greniers de réserve et des terrains compris dans leur périmètre au service du département de l’intérieur, à la condition expresse d’en faire la remise à la ville de Paris ; 2o de régler les alignements des rues à ouvrir aux abords de cet établissement ; 3o d’accepter l’offre du domaine d’en livrer gratuitement les terrains, etc. Cette délibération a été homologuée par une ordonnance royale du 21 septembre 1841. Une autre ordonnance rendue le 11 octobre suivant, porte : « Les bâtiments domaniaux, dits greniers de réserve, sont mis à la disposition du ministre de l’intérieur pour être exclusivement affectés à l’approvisionnement de la capitale. » Le 25 février 1842, le domaine a fait la remise des greniers de réserve au ministre de l’intérieur qui les a cédés à la ville de Paris, ainsi que le constate un procès-verbal dressé les 1er et 4 mars suivant. Enfin, le 21 avril de la même année, le domaine a fait la remise gratuite de tous les terrains nécessaires à la formation de cinq rues nouvelles, aux abords des greniers de réserve. Ces voies publiques ne sont pas encore dénommées.


Grenier-Saint-Lazare (rue).

Commence aux rues Beaubourg, no 65, et Transnonnain, no 1 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 126 et 130. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 137 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Cette rue était en partie construite en 1250 et portait à cette époque le nom de Garnier-Saint-Lazare. Depuis elle s’est appelée rue Grenier-Saint-Ladre, et enfin Grenier-Saint-Lazare. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette dimension est portée à 12 m. Les constructions du côté des nos impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 90 c. à 3 m. 30 c. celles du côté opposé devront reculer de 2 m. à 4 m. — Égout. — Conduite d’eau entre les rues Transnonnain et les deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).


Grenier-sur-l’Eau (rue).

Commence à la rue Geoffroy-l’Asnier, nos 21 et 23 ; finit à la rue des Barres, nos 14 et 16. Pas de numéro. Sa longueur est de 100 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Elle doit son nom à un propriétaire appelé Garnier ou Guernier qui, en 1241, donna aux Templiers quelques maisons près de l’église Saint-Gervais, à l’endroit même où cette rue est située. En 1257, selon Sauval, c’était la rue André-sur-l’Eau. Guillot et le rôle de taxe de 1313 lui donnent la dénomination de rue Garnier-sur-l’Yaüe. — Une décision ministérielle du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 mars 1836. Les maisons du côté gauche, entre les rues Geoffroy-l’Asnier et du pont Louis-Philippe, sont soumises à un retranchement qui varie de 7 m. 30 c. à 8 m. 20 c., les autres propriétés de ce côté sont alignées ; les constructions du côté des numéros pairs, entre les rues Geoffroy-l’Asnier et du pont Louis-Philippe, et la maison située à l’encoignure gauche de cette voie publique, sont à l’alignement ; le surplus devra reculer de 6 m. à 7 m. 30 c.


Grés (rue des).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 154 et 156 ; finit à la rue de la Harpe, nos 119 et 121. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 196 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

C’était anciennement le passage des Jacobins. Cette communauté religieuse, dont nous parlerons dans le cours du présent article, avait son entrée dans ce passage. Un procès-verbal dressé par le conseil des bâtiments civils, dans sa séance du 24 thermidor an VII, porte ce qui suit : « Les domaines nationaux qui bordent le passage des Jacobins, ayant été vendus à la charge de fournir le terrain nécessaire pour la formation d’une rue à ouvrir sur ce passage, cette rue, qui aux termes de la déclaration du mois d’avril 1783 ne pouvait avoir moins de 10 m., a été fixée à cette largeur, etc. » — Cette disposition fut sanctionnée le 8 frimaire an VIII par le ministre de l’intérieur Laplace, qui décida, le 13 du même mois, que le passage des Jacobins prendrait la dénomination de rue des Grés. Cette voie publique tirait ce nom de sa proximité de l’église Saint-Étienne-des-Grés. Les propriétés nos 1, 3, 5, 7, 9, 16, 18, 20 et 22 ne sont pas soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Couvent des Jacobins. — Au commencement du XIIe siècle, l’hérésie des Manichéens s’était propagée dans le Languedoc. Les plus fervents apôtres de cette doctrine furent appelés Albigeois, parce qu’ils habitaient en grand nombre le diocèse d’Albi. En 1212, une croisade fut prêchée contre ces hérétiques. Les armes temporelles ne suffisant pas pour les soumettre, saint Dominique essaya de les convertir par la parole. Ses efforts furent couronnés d’un si grand succès, qu’il conçut le dessein de former un ordre religieux destiné à la propagation de la foi. Cette fondation fut approuvée en 1216 sous le titre de communauté des Frères-Prêcheurs. Les disciples de saint Dominique vinrent à Paris l’année suivante, et s’établirent dans une maison voisine de l’église Notre-Dame ; mais en 1218, Jean Barastre, doyen de Saint-Quentin, leur donna une propriété située près des murs de la ville, ainsi qu’une petite chapelle dédiée à saint Jacques et destinée aux pèlerins. Les religieux en ayant pris possession reçurent le nom de Jacobins. Ce ne fut qu’en 1220 qu’ils obtinrent du chapitre de Notre-Dame l’autorisation d’avoir une église et un cimetière. Saint Louis les combla de bienfaits, fit terminer leur église et construire un dortoir et des écoles. Ce roi leur donna aussi plusieurs terrains pour agrandir leur établissement et choisit pour confesseur un de ces religieux nommé Geoffroy de Beaulieu. Les Jacobins ne dédaignaient pas de recourir à l’aumône. Tous les matins ils parcouraient les rues en criant :

Aux frères Saint-Jacques, pain,
Pain, por Dieu aux frères menors.

Le poète Rutebœuf, écrivain du XIIIe siècle, nous apprend que cette communauté était alors puissante. Leurs richesses amenèrent bientôt le relâchement de la discipline. En 1502, le désordre était à son comble. Le cardinal d’Amboise résolut de mettre un terme à ce scandale, au moyen d’une réforme qu’il avait projetée et dont le pape avait approuvé les dispositions. Les évêques d’Autun et de Castellamare furent envoyés auprès des Jacobins pour leur faire lecture des lettres du saint père, avec ordre d’obéir sous peine d’excommunication. Les religieux refusèrent de se soumettre. Le lendemain, les deux prélats revinrent à la charge ; mais cette fois ils jugèrent convenable de se faire escorter par un certain nombre de gens armés ; de leur côté, les religieux appelèrent à leur secours plusieurs écoliers de l’Université. La lutte s’engagea, mais les Jacobins eurent le dessous et prirent la fuite. Aidés par douze cents écoliers dont les excès scandaleux causèrent un grand tumulte, ils rentrèrent bientôt dans leur couvent. Enfin, après avoir soutenu un siège en règle, ils furent contraints d’abandonner leur maison et de se disperser dans les provinces. Le 25 février 1505, le cardinal d’Amboise introduisit dans la capitale les Jacobins de la nouvelle réforme de Hollande. Louis XII fit à ces religieux la cession de l’ancien parloir aux bourgeois et d’une ruelle longeant le mur de la ville. Leur couvent fut alors considérablement augmenté. Par les libéralités d’un riche particulier nommé Hennequin, les religieux firent reconstruire leur cloître en 1558 et, sept années après, les bâtiments des écoles qui tombaient en ruine. Ces divers bâtiments n’offraient rien de remarquable. En 1780 l’église, qui renfermait les tombeaux de plusieurs rois, tombait de vétusté ; on célébra l’office divin dans la salle des écoles Saint-Thomas. Vers 1790, l’ordre des Jacobins fut supprimé. Les bâtiments et terrains devenus propriétés nationales furent vendus le 7 vendémiaire an VII, à la charge par les acquéreurs, avant d’entrer en jouissance, de se faire donner les alignements des rues nouvelles et de s’y conformer, et ce sans indemnité, ainsi qu’à toutes les obligations imposées par les lois des bâtiments. Cette clause avait pour objet de faciliter le percement de trois rues : la première en prolongement de la rue Soufflot ; la deuxième tracée dans la direction de la rue Neuve-des-Poirées, et devant aboutir de la rue des Grés à celle Soufflot prolongée ; enfin la troisième devait continuer la rue de Cluny jusqu’à la rue Soufflot prolongée. — Une ordonnance royale du 9 août 1826 porte ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert dans notre bonne ville de Paris trois rues conformément au plan ci-joint, savoir : 1o une rue de 14 m. de largeur en prolongement de la rue Soufflot, dans l’axe de l’église Sainte-Geneviève, depuis la rue Saint-Jacques jusqu’au jardin du Luxembourg. La portion de cette rue, comprise entre la rue d’Enfer et le Luxembourg, sera plantée d’arbres et fermée la nuit par une grille ; 2o une rue de 10 m. de largeur parallèle à la rue Saint-Jacques et qui conduira de la rue Soufflot prolongée à la rue des Jacobins (des Grés) ; 3o une autre rue de 10 m. de largeur et qui se dirigera aussi du prolongement de la rue Soufllot à la rue des Jacobins en face celle de Cluny. Depuis cette ordonnance on n’a ouvert qu’une partie de la rue tracée dans la direction de la rue Neuve-des-Poirées. Ce nouveau percement n’est encore aujourd’hui qu’une impasse. (Voyez l’article de la rue Neuve-des-Poirées.) — Un décret du 13 août 1813 porte : — Art. 4. Les bâtiments de l’ancien couvent des Jacobins, rue Saint-Jacques, seront achetés moyennant 133,350 fr. pour le casernement des sapeurs-pompiers, etc… » L’acquisition a été faite par la Ville le 22 septembre 1814. Ces bâtiments servirent de maison de refuge aux jeunes détenus jusqu’à l’époque où ils furent transférés dans l’établissement-modèle situé rue de la Roquette. Maintenant ces anciennes constructions provenant des Jacobins sont affectées à des écoles communales et au casernement d’une partie de la garde municipale.


Grétry (rue).

Commence à la rue Favart, nos 1 et 2 ; finit à la rue Grammont, nos 18 et 20. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 58 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Cette rue a été ouverte en 1781 sur l’emplacement des dépendances de l’hôtel appartenant à M. le duc de Choiseul-Amboise. Les lettres-patentes qui autorisent et dénomment ce percement sont à la date du 14 octobre 1780. Elles fixent la largeur de la rue à 27 pieds. — Égout entre les rues Grammont et de Marivaux. — Conduite d’eau entre la rue Favart et les deux bornes fontaines. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

André-Ernest-Modeste Grétry, compositeur de musique, naquit à Liège le 11 février 1741, mourut à Montmorency le 25 septembre 1813. Grétry composa pour l’Opéra-Comique ou pour l’Académie Royale de Musique quarante-quatre pièces parmi lesquelles trente au moins eurent un brillant succès.


Grève (quai de la).

Commence à la rue Geoffroy-l’Asnier, no 1, et au quai des Ormes ; finit à la place de l’Hôtel-de-Ville. Le dernier numéro est 68. Sa longueur est de 252 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

En 1254, c’était un chemin qui bordait la Seine. Il s’appelait vieus Merrenarum, le chemin aux Merrains, aux marchands de bois de charpente. À partir du XVe siècle, des actes l’indiquent sous le nom de quai de la Grève. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée Chaptal, détermina un alignement pour cette voie publique. Avant 1836, ce quai, confondu avec le port au blé, allait en pente jusqu’à la rivière. Une ordonnance royale du 4 mars 1836 fixa l’alignement de la partie comprise entre les rues Geoffroy-l’Asnier et du Pont-Louis-Philippe. Pour le surplus l’alignement a été déterminé par une ordonnance du 27 septembre suivant. La moindre largeur de ce quai est portée à 24 m. 30 c. En 1837, 38 et 39, l’administration a fait construire le mur de parapet et exécuter des travaux de plantations, d’égout, de nivellement, etc. Ces diverses opérations, en y comprenant les indemnités accordées aux propriétaires riverains, ont occasionné une dépense de 833,600 fr. Les propriétés de 2 à 14 devront reculer de 6 m. 30 c. à 11 m. ; celle no 24 est assujettie à un léger redressement. Toutes les autres constructions ne subiront pas de retranchement. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).


Gril (rue du).

Commence à la rue Censier, nos 4 et 6 ; finit à la rue d’Orléans, nos 3 et 5. Pas de numéro. Sa longueur est de 52 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Quelques nomenclateurs la confondent avec la rue du Battoir, dont elle faisait la continuation. Sur le plan de Boisseau, gravé en 1642, elle porte le nom de rue du Gril-Fleuri, qui parait avoir été celui d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 28 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 60 c. environ. — Égout.


Guéménée (impasse).

Située dans la rue Saint-Antoine, entre les nos 183 et 185. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 78 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.


Elle faisait autrefois partie de l’hôtel des Tournelles ; on y montrait encore du temps de Sauval la salle où mourut Henri II, d’un coup de lance que lui porta le comte de Montgommery. Cette impasse fut d’abord indiquée sous le nom du Ha ! — Ha ! exclamation qui échappe à celui qui, entrant dans une impasse, se voit forcé de rebrousser chemin. Elle doit son nom actuel à la famille des Rohan-Guéménée, qui fit l’acquisition de l’hôtel de Lavardin touchant à cette voie publique. Des lettres-patentes du 2 août 1782 prescrivirent la formation d’une rue, en débouchant l’impasse Guéménée et retournant en équerre jusque dans la rue des Tournelles. Le terrain devait être fourni gratuitement par le prince Jules-Hercule de Rohan, alors propriétaire. Ce projet ne fut pas exécuté. — Le conseil municipal, dans sa séance du 6 janvier 1832, a délibéré que cette impasse resterait dans son état actuel, c’est-à-dire qu’elle ne serait point sujette à alignement. Sa moindre largeur est de 8 m. 70 c.

Au no 4 était situé le couvent des Filles-de-la-Croix. Il fut fondé, en 1640, à Brie-Comte-Robert, par Marie l’Huillier, veuve de Claude Marcel. La fondatrice, avec une partie de ses religieuses, vint à Paris et acheta, en 1643, une portion de l’hôtel des Tournelles où elle s’établit. Ces religieuses s’occupaient de l’instruction des jeunes filles. Leur couvent fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale, il a été vendu le 14 pluviôse an V.


Guénégaud (rue).

Commence au quai de Conti, nos 9 et 11 ; finit à la rue Mazarine, nos 15 et 17. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 194 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le duc de Nevers ayant fait bâtir un hôtel sur une partie de l’emplacement de celui de Nesle, la princesse Marie de Gonzague de Clèves, sa veuve, obtint, en 1641, des lettres-patentes portant permission de vendre le terrain et les matériaux de cet hôtel à l’effet d’y bâtir des maisons et d’y ouvrir des rues. Henri de Guénégaud, ministre et secrétaire d’état, fut un des acquéreurs et fit construire, sur la partie dont il était devenu propriétaire, l’hôtel qui porta son nom et qui le donna ensuite à la rue pratiquée le long de son jardin. L’emplacement de cette voie publique, vers la rue Mazarine, était traversé anciennement par le mur de l’enceinte de Philippe-Auguste. — Une décision ministérielle en date du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue Guénégaud à 10 m. Les propriétés du côté des numéros impairs devront reculer de 50 c. à 80 c. Les maisons du côté opposé sont soumises à un retranchement de 1 m. — Conduite d’eau depuis le quai jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).


Guépine (impasse).

Située dans la rue de Jouy, entre les nos 23 et 25. Les numéros commencent au fond de l’impasse : le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 32 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Hôtel-de-Ville.

Un acte du mois de mai 1266 et le rôle de taxe de 1313 la désignent sous le nom de rue à la Guépine. En 1423, c’était la rue d’Aguespine. — Une décision ministérielle à la date du 30 juin 1810, signée Montalivet, a fixé la largeur de cette impasse à 7 m. La maison no 2 est alignée.


Guerre (ministère de la).

Situé dans la rue Saint-Dominique, no 86. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Les bureaux de ce ministère occupent une partie des bâtiments du couvent des Filles de Saint-Joseph, dont nous avons parlé à l’article de la rue Saint-Dominique. — « Arrêté du 17 ventôse an X. Les consuls de la république, sur le rapport du ministre de la guerre, le conseil d’état entendu, arrêtent : à dater du 1er germinal prochain, les attributions du ministre de la guerre sont : 1o la conscription, le recrutement, l’organisation, la discipline et la police de l’armée ; 2o les mouvements militaires, les revues, le paiement de la solde, des récompenses pour actions d’éclat, des gratifications de campagnes et pertes d’équipages ; 3o la nomination aux emplois et l’admission aux Invalides, le solde et les masses de la gendarmerie ; 4o le personnel et le matériel des armes de l’artillerie et du génie ; 5o les pensions et soldes de retraite et traitements de réforme ; 6o les frais de bureaux et frais extraordinaires des officiers-généraux et états majors des divisions et des places ; 7o le dépôt et les archives de la guerre ; 8o la comptabilité de toutes les parties qui forment ses attributions ; 9o les dépenses extraordinaires et secrètes, etc. » Depuis cette époque, les attributions du ministère de la guerre n’ont subi que de légères modifications.


Guillaume (rue).

Commence au quai d’Orléans, nos 8 et 10 ; finit à la rue Saint-Louis, nos 39 et 41. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 84 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Île-Saint-Louis.

Elle a été construite vers 1630 et doit son nom à Guillaume père, l’un des derniers entrepreneurs de l’île Notre-Dame. — Une décision ministérielle à la date du 24 frimaire an XIII, signée Champagny, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Par une autre décision ministérielle du 9 mai 1818, cette dimension fut réduite à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, cette rue est maintenue dans son état actuel. Sa largeur est de 5 m. 80 c. — Conduite d’eau depuis le quai jusqu’à la borne-fontaine.

Guillaume (cour Saint-).

Située dans la rue Neuve-Coquenard, no 11. Le dernier numéro est 9. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Cette cour fut bâtie, en 1820, par M. Guillaume Périer, architecte.


Guillaume (passage Saint-).

Commence à la rue de Richelieu, no 19 ; finit à la rue de la Fontaine-Molière, no 16. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 16. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Construit vers l’année 1780, par M. Bellanger, ce passage, qui est propriété particulière, doit son nom à une enseigne.


Guillaume (rue Saint-).

Commence à la rue des Saints-Pères, nos 30 et 32 ; finit à la rue de Grenelle-Saint-Germain, nos 32 et 34. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 40. Sa longueur est de 316 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Cette rue, qui forme retour d’équerre, se nommait anciennement de la Butte, en raison d’un monticule ou butte qu’elle tournait. Sur un plan gravé d’après une ancienne tapisserie, plan qui porte la date de 1540 et qui représente Paris en 1400, on voit cette butte sur laquelle est figuré un moulin à vent. La partie de cette voie publique qui, de la rue Saint-Dominique s’étend à la rue de Grenelle, portait le nom de rue Neuve-des-Rosiers, en raison d’une plantation de rosiers sur laquelle elle fut alignée. Le nom actuel donné à cette voie publique dans toute son étendue lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue Saint-Guillaume à 8 m. Les maisons nos 17, 21 et 23 sont alignées. Toutes les autres constructions de ce côté ne sont soumises qu’à un faible redressement. Les maisons no 24, 32, 34, 36, 38 et 40 sont alignées ; de 2 à 14, le retranchement est de 1 m. 10 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Guillemin (rue Neuve-).

Commence à la rue du Four-Saint-Germain, nos 57 et 59 ; finit à la rue du Vieux-Colombier, nos 16 et 18. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 110 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

En 1546, c’était la rue de Cassel, parce qu’elle conduisait à l’hôtel de ce nom. Elle prit ensuite la dénomination de rue de la Corne, en raison d’une enseigne de corne de cerf qu’on voyait au coin de la rue du Four. Son dernier nom de Guillemin lui vient d’une famille qui possédait un grand jardin bordant un côté de cette rue. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons no 1, 3, 9 ; 2 et 22 sont alignées ; celles nos 5, 7 et 28 ne sont soumises qu’à un faible retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue du Four.


Guillemites (rue des).

Commence à la rue des Blancs-Manteaux, nos 10 et 12 ; finit à la rue de Paradis, nos 5 et 7. Un seul impair qui est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 55 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Le couvent des Blancs-Manteaux ayant été supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu les 12 vendémiaire et 8 prairial an V. La clause suivante fut insérée dans le deuxième contrat qui comprenait le cloître et autres bâtiments : « L’adjudicataire sera tenu de fournir, et ce sans indemnité, le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une nouvelle rue. » — Une décision ministérielle en date du 28 pluviôse an X, signée Chaptal, autorisa l’ouverture de cette rue et fixa sa largeur à 10 m. Peu de temps après, ce percement fut effectué. Une ordonnance royale du 12 juillet 1837 a maintenu sa largeur primitive. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Cette rue a pris son nom des ermites de Saint-Guillaume, appelés également Guillemites, qui, en 1297, vinrent habiter ce couvent.


Guisarde (rue).

Commence à la rue Mabillon, nos 8 et 10 ; finit à la rue des Canettes, nos 21 et 23. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 105 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte en 1630, sur une partie de l’emplacement occupé par l’hôtel de Roussillon. « On lui donna le nom de Guisarde, dit un historien contemporain, pour rappeler l’hôtel du Petit-Bourbon, qui du temps de la ligue était habité par la fameuse duchesse de Montpensier, et qui servait alors de quartier général aux partisans de la faction des Guise. » De 1793 à 1806, cette voie publique porta le nom de rue des Sans-Culottes. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 26 novembre 1830, cette largeur a été portée à 10 m. Les maisons nos 1 et 19 sont alignées, le surplus de ce côté devra reculer de 2 m. environ ; la maison no 2 est à l’alignement ; les autres constructions sont soumises à un retranchement de 2 m. 10 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).


Gymnase dramatique (théâtre du).

Situé boulevart Bonne-Nouvelle, entre les nos 30 et 38. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ce théâtre a été construit en 1820 sur les dessins de MM. Rougevin et Guerchy, architectes, sur l’emplacement occupé autrefois par le cimetière de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. Il a porté de 1824 à 1830 le nom de théâtre de Madame, en l’honneur de Madame la duchesse de Berri, qui se déclara protectrice de cet établissement. Grâce à ce haut patronage et aux agréables compositions de M. Scribe, ce théâtre eut longtemps la vogue. Depuis 1830 il a pris le nom de Gymnase-Dramatique. On y représente des comédies et des drames-vaudevilles. Prix des places en 1844 : avant-scène, stalles de balcon, loges d’entresol, 1res loges fermées et stalles d’orchestre 5 fr. ; baignoires et orchestre 4 fr. ; 1res galeries 2 fr. 75 c. ; 1res loges de côté et de face 2 fr. 25 c. ; 2mes loges 1 fr. 75 c. ; parterre, 3mes loges et 2mes galeries 1 fr. 25 c.


Mars 1844.


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