100%.png

De l’Homme

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Œuvres complètes d’Helvétius, De l’Homme
Six volumes
P. Didot.



De l’homme, de ses facultés intellectuelles, et de son éducation.


Des points de vue divers sous lesquels on peut considérer l’homme. De ce que peut sur lui l’éducation,
Page 1
I. Importance de cette question,
5
De quelle utilité peut être son examen.
II. De la fausse science, ou de l’ignorance acquise,
10
Des obstacles qu’elle met à la perfection de l’éducation.

III. De la sécheresse de ce sujet, et de la difficulté de le traiter, 19

SECTION I.
L’éducation nécessairement différente des différents hommes et peut-être la cause de cette inégalité des esprits jusqu’à présent attribuée à l’inégale perfection des organes.
Chap. I. Nul ne reçoit la même éducation,
Chap. II. Du moment où commence l’éducation,
Chap. III. Des instituteurs de l’enfance,
Que ces instituteurs ne sont précisément les mêmes pour personne ; que nul, par conséquent, ne peut avoir le même esprit.
De la sensation différente qu’excitent quelquefois en nous les mêmes objets.
Chap. IV. De la différente impression des objets sur nous,
Chap. V. De l’éducation des colleges,
Qu’elle n’est pas la même pour tous.
Chap. VI. De l’éducation domestique,
Qu’elle n’est la même pour aucun.
Chap. VII. De l’éducation de l’adolescence,
Que cette éducation, plus dépendante du hasard que celle de l’enfance, est par conséquent encore moins la même pour chacun.
Chap. VIII. Des hasards auxquels nous devons souvent les hommes illustres,
Des bornes à mettre à l’empire du hasard.
De la contradiction de tous les préceptes de l’éducation.
Chap. IX. Des causes principales de cette contradiction,
Chap. X. Exemple des idées ou préceptes contradictoires reçus dans la premiere jeunesse,
Que cette contradiction est l’effet de l’opposition qui se trouve entre l’intérêt des prêtres et celui des peuples.
Que toute fausse religion est ennemie du bien public.
Chap. XI. Des fausses religions,
Qu’entre les fausses religions on doit compter le papisme.
Chap. XII. Que le papisme est d’institution humaine,
Que le papisme est une religion locale ; qu’on en peut concevoir une qui devînt universelle.
Chap. XIII. De la religion universelle,
Qu’une telle religion est simple, et n’est autre chose que la meilleure législation possible.
Qu’il n’en est pas de même des religions à mysteres.
Quelles sont celles dont l’établissement seroit le moins funeste.
Chap. XIV. Des conditions sans lesquelles une religion est destructive du bonheur national,
Chap. XV. Parmi les fausses religions, quelles ont été les moins nuisibles au bonheur des sociétés ?
Il résulte des diverses questions traitées dans ce chapitre et les précédents, qu’en supposant dans tous les hommes une égale aptitude à l’esprit, la seule différence de leur éducation en produiroit nécessairement une grande dans leurs idées et leurs talents.
D’où je conclus que l’inégalité actuelle apperçue entre tous les esprits ne peut être regardée, dans les hommes communément bien organisés, comme une preuve démonstrative de leur inégale aptitude à en avoir.


SECTION II.
Tous les hommes communément bien organisés ont une égale aptitude à l’esprit.
Chap. I. que toutes nos idées nous viennent par les sens : en conséquence on a regardé l’esprit comme un effet de la plus ou moins grande finesse de l’organisation,
Que, pour prouver la fausseté de cette opinion, il faut avoir une idée nette du mot esprit, et pour cet effet le distinguer de ce qu’on appelle ame.
Chap. II. Différence entre l’esprit et l’ame,
Chap. III. Sur quels objets l’esprit agit,
Chap. IV. Comment l’esprit agit,
Que toutes ses opérations se réduisent à l’observation des ressemblances et des différences, des convenances et des disconvenances des divers objets entre eux et avec nous.
Que tout jugement prononcé d’après la comparaison des objets physiques n’est qu’une pure sensation ; qu’il en est de même de tout jugement porté sur les idées abstraites, collectives, etc.
Chap. V. Des jugements qui résultent de la comparaison des idées abstraites, collectives, etc.,
Que cette comparaison suppose attention, peine, par conséquent intérêt pour se la donner.
Chap. VI. Point d’intérêt, point de comparaison des objets entre eux,
Que tout intérêt prenant sa source dans la sensibilité physique, tout dans l’homme se réduit à sentir.
Chap. VII. Que la sensibilité physique est la cause unique de nos actions, de nos pensées, de nos passions, et de notre sociabilité,
Chap. VIII. De la sociabilité,
Chap. IX. Justification des principes admis dans le livre de l’Esprit,



Chap. X. Que les plaisirs des sens sont, à l’insu même des nations, leur plus puissants moteurs,
Que la supériorité des esprits est indépendante et de la plus ou moins grande finesse des sens, et de la plus ou moins grande étendue de la mémoire.
Chap. XI. De l’inégale étendue de la mémoire,
Que la grande mémoire ne constitue pas le grand génie.
Chap. XII. De l’inégale perfection des organes des sens,
Que ce n’est point à leur extrême finesse qu’est attachés la plus ou moins grand supériorité des esprits.
Qu’en fait de sensations, si les hommes different, ce n’est du moins que dans la nuance de ces mêmes sensations.
Chap. XIII. De la maniere différente de sentir,
Chap. XIV. Que la différence apperçue entre nos sensations n’a nulle influence sur les esprits,
Chap. XV. De l’esprit,
Des idées qu’on doit attacher à ce mot.
Chap. XVI. Cause de la différence d’opinions en morale, politique et métaphysique,
Que cette différence est l’effet de la signification incertaine et vague des mots. Je choisis pour exemple ceux de bon, d’intérêt, et de vertu.
Chap. XVII. Que le mot vertu rappelle au clergé l’idée de sa propre utilité,
Chap. XVIII. Des idées différentes que les divers peuples se sont formées de la vertu,
Chap. XIX. Du seul moyen de fixer la signification incertaine des mots,
Qu’il n’y a qu’une nation qui puisse faire usage de ce moyen.
Qu’il consiste à consigner dans un dictionnaire l’idée précise de chaque mot.
Que les mots une fois définis, les propositions de morale, de politique et de métaphysique, deviendroient aussi démontrables que les vérités géométriques.
Que les hommes, adoptant alors les mêmes principes, parviendroient d’autant plus sûrement aux mêmes conséquences, que la combinaison des mêmes objets, ou dans le monde physique, comme le prouve la géométrie, ou dans le monde intellectuel, comme le prouve la métaphysique, leur a toujours donné les mêmes résultats.
Chap. XX. Que les excursions des hommes et leurs découvertes dans les royaumes intellectuels ont toujours été à-peu-près les mêmes,
Contes des fées, premiere preuve de cette vérité.
Contes philosophiques, seconde preuve de cette vérité.
Contes religieux, troisieme preuve de cette vérité.
Que tous ces divers contes ont conservé entre eux la plus grande ressemblance.
Chap. XXI. Impostures des ministres des fausses religions,
Qu’elles ont par-tout été les mêmes ; que les prêtres ont par les mêmes moyens par-tout accru leur puissance.
Chap. XXII. De l’uniformité des moyens par lesquels les ministres des fausses religions conservent leur autorité,
Il résulte de la comparaison des faits cités dans cette section, que la finesse plus ou moins grande des sens ne changeant en rien la proportion dans laquelle les objets nous frappent, tous les hommes communément bien organisés ont une égale aptitude à l’esprit : vérité facile à prouver par un autre enchaînement de propositions.
Chap. XXIII. Point de vérité ne soit réductible à un fait,
Que tout fait simple est à la portée des esprits les plus communs ; qu’en conséquence il n’est point de vérité, soit découverte soit à découvrir, à laquelle ne puissent atteindre les hommes communément bien organisés.
Chap. XXIV. Que l’esprit nécessaire pour saisir les vérités déjà connues suffit pour s’élever aux inconnues,
Que si tous les hommes communément bien organisés peuvent percer jusqu’aux plus hautes vérités, tous ont par conséquent une égale aptitude à l’esprit.
Telle est la conclusion de la seconde section.


SECTION III.

Des causes générales de l’inégalité des esprits.

Chap. I. Quelles sont ces causes ?
Qu’elles se réduisent à deux.
L’une est le desir inégal que les hommes ont de s’instruire.
L’autre est la différence de leur position, d’où résulte celle de leur instruction.
Chap. II. Que toute idée neuve est un don du hasard,
Que l’influence du hasard sur notre éducation est plus considérable qu’on ne l’imagine ; qu’on peut cependant diminuer cette influence.
Chap. III. Des limites à poser au pouvoir du hasard,
Que le hasard nous présente une infinité d’idées ; que ces idées sont stériles si l’attention ne les féconde.
Que l’attention est toujours l’effet d’une passion ; telle est celle de la gloire, de la vérité.
Chap. IV. De la seconde cause de l’inégalité des esprits,
Que les hommes doivent aux passions l’attention propre à féconder les idées que le hasard leur offre, que l’inégalité de leur esprit dépend en partie de l’inégale force de leurs passions.
Que la force inégale des passions est par quelques uns regardée comme l’effet d’une certaine organisation, et par conséquent comme un pur don de la nature.


SECTION IV.
Les hommes communément bien organisés sont tous susceptibles du même degré de passion ; que leur force inégale est toujours l’effet de la différence des positions où le hasard nous place ; que le caractere original de chaque homme, comme l’observe Pascal, n’est que le produit de ses premieres habitudes.
Chap. I. Du peu d’influence de l’organisation et du tempérament sur les passions et le caractere des hommes,
Chap. II. Des changements survenus dans le caractere des nations, et des causes qui les ont produits,
Chap. III. Des changements survenus dans le caractere des particuliers,
Qu’ils sont l’effet d’un changement dans leur position, leur intérêt, et dans les idées qu’en conséquence leur suggere le sentiment de l’amour d’eux-mêmes.
Chap. IV. De l’amour de soi,
Que ce sentiment, effet nécessaire de la sensibilité physique, est commun à tous les hommes ; qu’il allume en tous le desir du pouvoir.
Que ce desir, comme je le montre dans les chapitres suivants, y engendre l’envie, l’amour des richesses, des honneurs, de la gloire, de la considération, de la justice, de la vertu, de l’intolérance, enfin toutes les passions factices, dont l’existence suppose celle des sociétés.
Que ces diverses passions, propres à mettre en action l’égale aptitude que tous les hommes ont à l’esprit, ne sont réellement en eux que le desir du pouvoir déguisé sous des noms différents.
Chap. V. De l’amour des richesses et de la gloire,
Effet immédiat du pouvoir.
Chap. VI. De l’envie,
Effet immédiat de l’amour du pouvoir.
Chap. VII. De la justice,
Chap. VIII. De la justice considérée dans l’homme de la nature,
Chap. IX. De la justice considérée dans l’homme et les peuples policés,
Chap. X. Que le particulier, comme les nations, n’estime dans la justice que la considération et le pouvoir qu’elle lui procure,
Chap. XI. Que l’amour du pouvoir, dans toute espece de gouvernement, est le seul moteur des hommes,


Chap. XII. De la vertu,
Effet immédiat de l’amour du pouvoir.
Chap. XIII. De la maniere dont la plupart des Européens considerent la vertu,
Que s’ils l’honorent dans la spéculation, c’est un effet de leur éducation.
Que s’ils la méprisent dans la pratique, c’est un effet de la forme de leur gouvernement.
Que leur amour pour la vertu est toujours proportionné à l’intérêt qu’ils ont de la pratiquer ; d’où il suit que c’est toujours au desir du pouvoir et de la considération qu’il faut rapporter l’amour pour la vertu.
Chap. XIV. Que l’amour du pouvoir est dans l’homme la disposition la plus favorable à la vertu,
Chap. XV. De l’intolérance civile,
Effet immédiat de l’amour du pouvoir.
Que cette intolérance présage la ruine des empires.
Chap. XVI. Que l’intolérance est souvent fatale aux princes,
Chap. XVII. Que la flatterie n’est pas moins agréable aux peuples qu’aux souverains,
Chap. XVIII. De l’intolérance religieuse,
Effet immédiat de l’amour du pouvoir.
Chap. XIX. L’intolérance et la persécution ne sont pas de commandement divin,
Chap. XX. L’intolérance est le fondement de la grandeur du clergé,
Chap. XXI. Impossibilité d’étouffer dans l’homme le sentiment de l’intolérance ; moyen de s’opposer à ses effets,
Qu’on peut, d’après ce que j’ai dit, tirer cette conclusion ; c’est que toutes les passions factices ne sont proprement en nous que l’amour du pouvoir déguisé sous des noms différents, et que cet amour de la puissance n’est lui-même qu’un pur effet de la sensibilité physique.
Chap. XXII. Généalogie des passions,
Qu’il suit de cette généalogie que tous les hommes communément bien organisés sont susceptibles de l’espece de passion propre à mettre en action l’égale aptitude qu’ils ont à l’esprit.
Mais ces passions peuvent-elles s’allumer aussi vivement dans tous ? Ma réponse à cette objection, c’est qu’une passion telle, par exemple, que l’amour de la gloire peut s’exalter dans l’homme au même degré de force que le sentiment de l’amour de lui-même.
Chap. XXIII. De la force du sentiment de l’amour de soi,
Que la force de ce sentiment est dans tous les hommes plus que suffisante pour les douer du degré d’attention qu’exige la découverte des plus hautes vérités.
Chap. XXIV. Que la découverte des grandes idées est l’effet de la constance de l’attention,
Il résulte de cette section que l’inégalité des esprits ne peut être dans les hommes communément bien organisés qu’un pur effet de la différence de leur éducation, dans laquelle différence je comprends celle des positions où le hasard les place.


SECTION V.
Des erreurs et contradictions de ceux qui rapportent à l’inégale perfection des sens l’inégale supériorité des esprits.
Que nul n’ayant sur ce sujet mieux écrit que M. Rousseau, je le prends pour exemple de ce que j’avance.
Chap. I. Contradictions de l’auteur d’Émile sur les causes de l’inégalité des esprits,
Qu’il résulte de ses contradictions que la justice et la vertu sont des acquisitions.
Chap. II. De l’esprit et du talent,
Chap. III. De la bonté de l’homme au berceau,
Chap. IV. L’homme de la nature doit être cruel,
Que son humanité est toujours le produit ou de sa crainte ou de son éducation.
Chap. V. M. Rousseau croit tour-à-tour l’éducation utile et inutile,
Chap. VI. De l’heureux usage qu’on peut faire, dans l’éducation publique, de quelques idées de M. Rousseau,
Que, d’après cet auteur, il ne faut pas croire l’enfance et l’adolescence sans jugement.
Chap. VII. Des prétendus avantages de l’âge mûr sur l’adolescence,
Chap. VIII. Des éloges donnés par M. Rousseau à l’ignorance,
Chap. IX. Quels motifs ont pu engager M. Rousseau à se faire l’apologiste de l’ignorance ?
Que les talents et les lumieres ne corrompent point les mœurs des peuples.
Chap. X. Des causes de la décadence d’un empire,
Chap. XI. La culture des arts et des sciences dans un empire despotique en retarde la ruine,
Que les erreurs, les contradictions de M. Rousseau et de quiconque adopte ses principes confirment cette vérité, Que l’homme est le produit de son éducation.
Que la culture de cette science est utile au public, et sa non-culture funeste.



SECTION VI.
Des maux produits par l’ignorance. Que l’ignorance n’est point destructive de la
mollesse ; qu’elle n’assure point la fidélité des sujets ; qu’elle juge sans examen les questions les plus importantes. Celles du luxe citées en exemples. Des malheurs où ces jugements peuvent quelquefois précipiter une nation. du mépris et de la haine qu’on doit aux protecteurs de l’ignorance.
Chap. I. De l’ignorance et de la mollesse des peuples,
Chap. II. L’ignorance n’assure point la fidélité des sujets,
Qu’elle s’oppose à toute réforme utile dans les gouvernements.
Qu’elle y éternise les abus, et rend les hommes incapables de cette attention opiniâtre qu’exige l’examen de la plupart des questions politiques.
La question du luxe prise pour exemple.
Qu’on ne peut la résoudre sans un certain nombre d’observations, et sans attacher d’abord des idées nettes à ce mot luxe.
Chap. III. Du luxe,
Chap. IV. Si le luxe est nécessaire et utile,
Chap. V. Du luxe et de la tempérance,
Si la plupart des maux dont on accuse le luxe ne seroient point l’effet et du partage trop inégal des richesses nationales, et de la division des intérêts des citoyens.
Que, pour s’assurer de ce fait, il faut remonter aux premiers motifs qui déterminent les hommes à se réunir en sociétés.
Chap. VI. De la formation des peuplades,
Chap. VII. De la multiplication des hommes dans un état, et de ses effets,
Chap. VIII. Division d’intérêt des citoyens produite par leur multiplication,
Chap. IX. Du partage trop inégal des richesses nationales,
Des effets de ce partage.
Chap. X. Causes de la trop grande inégalité des fortunes des citoyens,
Qu’elle est une suite nécessaire de l’introduction de l’argent dans un état.
Chap. XI. Des moyens de s’opposer à la réunion trop rapide des richesses en peu de mains,
Chap. XII. Du pays où l’argent n’a point cours,
Chap. XIII. Quels sont dans les pays où l’argent n’a point cours les principes productifs de la vertu,
Chap. XIV. Des pays où l’argent a cours,
Chap. XV. Du moment où les richesses se retirent d’elles-mêmes d’un empire,
Que les citoyens y restent sans principe d’action.
Chap. XVI. Des divers principes d’activité des nations,
Chap. XVII. De l’argent considéré comme principe d’activité,
Des maux qu’occasionne l’amour de l’argent.
Si, dans l’état actuel de l’Europe, le magistrat éclairé doit desirer le trop prompt affoiblissement d’un tel principe d’activité.
Chap. XVIII. Ce n’est point dans le luxe, mais dans sa cause productrice, qu’est le principe destructeur des empires,
Qu’il suit de l’examen peut-être encore superficiel de cette question du luxe, qu’on ne peut apporter trop de soins à l’examen de toute question de cette espece, et que l’ignorance est d’autant plus funeste aux nations, que c’est uniquement de la bonté de leurs lois que dépend leur bonheur.


SECTION VII.
Les vertus et le bonheur d’un peuple sont l’effet, non de la sainteté de sa religion, mais de la sagesse de ses lois.
Chap. I. Du peu d’influence des religions sur les vertus et la félicité des peuples,
Chap. II. De l’esprit religieux, destructif de l’esprit législatif,
Chap. III. Quelle espece de religion seroit utile,
Que ce seroit celle qui forceroit les hommes à s’éclairer.
Que l’inconséquence et le crime est, dans presque tous les hommes, l’effet de l’ignorance.
Chap. IV. De la religion papiste,
Que plus de conséquence dans les esprits la rendroit plus nuisible.
Que les principes spéculatifs ont heureusement peu d’influence sur la conduite des hommes ; qu’ils la reglent sur les lois, et non sur leur croyance.
Que le gouvernement des jésuites en est une preuve.
Chap. V. Du gouvernement des jésuites,
Des moyens qu’il leur fournit de faire trembler les rois ; et d’exécuter les plus grands attentats.
Chap. VI. Des causes des grands attentats,
Chap. VII. Du moment où l’intérêt des jésuites leur commande un grand attentat,
Quelle secte on pouvoit leur opposer.
Chap. VIII. Des moyens employés pour détruire les jésuites,
Qu’on doit aux jésuites la connoissance de ce que peut la législation.
Que, pour la créer parfaite, il faut, ou, comme un S. Benoît, avoir un ordre religieux, ou, comme un Romulus ou un Penn, avoir un empire ou une colonie à fonder.
Qu’en toute autre position on peut proposer mais difficilement établir d’excellentes lois.
Chap. IX. Examen de cette question,
Je prouve qu’il n’est rien d’impossible aux lois ; mais que, pour fixer le degré auquel elles peuvent porter la félicité des peuples, il faut préliminairement connoître ce qui constitue le bonheur de l’individu.


SECTION VIII.
De ce qui constitue le bonheur des individus ; de la base sur laquelle on doit édifier la félicité nationale, nécessairement composée de toutes les félicités particulieres.
Chap. I. Tous les hommes dans l’état de société peuvent-il être également heureux ?
Que la solution de cette question suppose la connoissance des occupations différentes dans lesquelles les hommes consomment les diverses parties de la journée.
Chap. II. De l’emploi du temps,
Que cet emploi est à-peu-près le même dans toutes les professions ; que tous les hommes, par conséquent, pourroient être également heureux.
Chap. III. Des causes du malheur de presque toutes les nations,
Que le défaut de bonnes lois, que le partage trop inégal des richesses nationales, sont les causes de ce malheur presque universel. Mais est-il possible de mettre les citoyens dans l’état d’aisance requis pour leur bonheur ?
Chap. IV. Qu’il est possible de donner plus d’aisance aux citoyens,
Que c’est à l’imperfection des lois qu’on doit souvent la soif insatiable de l’or.
Chap. V. Du desir excessif des richesses,
Qu’entre ces motifs un des plus puissants c’est l’ennui.
Chap. VI. De l’ennui,
Chap. VII. Des moyens inventés par les oisifs contre l’ennui,



Chap. VIII. De l’influence de l’ennui sur les mœurs des nations,
Du ressort qu’il donna à la jalousie espagnole et portugaise ; de la part qu’il eut à la création des sigisbées, à l’institution de l’ancienne chevalerie.
Que, pour se soustraire à l’ennui, il faut acheter le plaisir par quelque peine.
Chap. IX. De l’acquisition plus ou moins difficile des plaisirs, selon le gouvernement où l’on vit, et le poste qu’on y occupe,
Je prends le plaisir de l’amour pour exemple.
Chap. X. Quelle maîtresse convient à l’oisif,
Chap. XI. De la variété des romans, et de l’amour dans l’homme oisif ou occupé,
Que l’oisiveté, qui pese à tous, fait chercher par-tout un remede à l’ennui.
Chap. XII. De la religion et des cérémonies considérées comme remede à l’ennui,
Que le seul remede efficace sont des sensations vives et distinctes.
De là notre amour pour l’éloquence, la poésie, enfin pour tous les arts d’agrément, dont l’objet est d’exciter en nous ces sortes de sensations, et dont les regles ne sont que les moyens d’opérer cet effet.
Chap. XIII. Des arts d’agrément, et de ce qu’en ce genre on appelle le beau,
Chap. XIV. Du sublime,
De ce qui le constitue.
Chap. XV. De la variété et simplicité requise dans tous les ouvrages, et sur-tout dans les ouvrages d’agrément,
Chap. XVI. De la loi de continuité,
Qu’on doit à l’observation de cette loi des sensations d’autant plus vives qu’elles sont plus distinctes.
Chap. XVII. De la clarté du style,
Que cette clarté concourt à la production du même effet : sur quoi j’observe qu’en général la forte impression faite sur nous par les ouvrages des arts dépend moins d’une imitation exacte que d’une imitation perfectionnée de la nature.
Chap. XVIII. De l’imitation perfectionnée de la nature,
Qu’une imitation suppose dans l’homme le pouvoir d’abstraire d’un objet ce qu’il a de défectueux.
Chap. XIX. Du pouvoir d’abstraire,
Qu’il fournit aux artistes les moyens d’imiter la nature en l’embellissant.
Chap. XX. De l’impression des arts d’agrément sur l’opulent oisif,
Qu’ils ne peuvent l’arracher à son ennui.
Que les plus riches sont en général les plus ennuyés, parcequ’ils sont passifs dans presque tous leurs plaisirs.
Chap. XXI. De l’état actif et passif de l’homme,
Que les plaisirs où l’homme est passif sont en général et les plus courts et les plus coûteux.
Chap. XXII. C’est aux riches que se fait le plus vivement sentir le besoin des richesses,
Que presque tous croupissent dans la paresse, faute d’avoir contracté de bonne heure l’habitude du travail.
Chap. XXIII. De la puissance de la paresse,
Qu’elle est souvent dans l’homme le principe de ses vices et de ses malheurs.
Chap. XXIV. Une fortune médiocre assure le bonheur du citoyen,
Que cette vérité difficile n’est point impossible à persuader aux hommes.
Chap. XXV. De l’association des idées de bonheur et de richesses dans notre mémoire,
Que ces deux idées y peuvent être distinguées, que par ce moyen l’on rendroit au bonheur une infinité d’hommes auxquels pour être heureux il ne manque que de se croire tels.
Que les vérités ci-dessus établies ne sont point de ces principes spéculatifs inapplicables à la pratique.
Chap. XXVI. De l’utilité éloignée de mes principes,
Que ces principes adoptés par un prince éclairé et bienfaisant pourroient devenir le germe d’une législation neuve, et plus conforme au bonheur de l’humanité.


SECTION IX.
De la possibilité d’indiquer un bon plan de législation.
Des obstacles que l’ignorance met à sa publication.
Chap. I. De la difficulté de tracer un bon plan de législation,
Chap. II. Des premieres questions à se faire lorsqu’on veut donner de bonnes lois,
Que les récompenses accordées aux talents et aux vertus, fût-ce un luxe de plaisir, ne corrompront jamais les mœurs.
Chap. III. Du luxe de plaisir,
Que tout plaisir décerné par la reconnoissance publique fait chérir la vertu, fait respecter les lois, dont le renversement, comme quelques uns le prétendent, n’est point l’effet de l’inconstance de l’esprit humain.
Chap. IV. Des vraies causes des changements arrivés dans les lois des peuples,
Que ces changements y sont toujours l’effet et de l’imperfection de ces mêmes lois, et de la négligence des administrateurs, qui ne savent ni contenir l’ambition des nations voisines par la terreur des armes, ni celle de leurs concitoyens par la sagesse des réglements ; qui d’ailleurs, élevés dans des préjugés dangereux, favorisent l’ignorance des vérités dont la révélation assureroit la félicité publique.
Chap. V. La révélation de la vérité n’est funeste qu’à celui qui la dit,
Chap. VI. La connoissance de la vérité est toujours utile,
Chap. VII. Que la révélation de la vérité ne trouble jamais les empires,
La lenteur de ses progrès citée en preuve de cette assertion.
Chap. VIII. De la lenteur avec laquelle la vérité se propage,
Qu’il n’est point de forme de gouvernement où sa connoissance puisse être dangereuse.
Chap. IX. Des gouvernements,
Chap. X. Dans aucune forme de gouvernement le bonheur du prince n’est attaché au malheur des peuples,
Chap. XI. Qu’on doit la vérité aux hommes,
Que l’obligation de la dire suppose le libre usage des moyens de la découvrir, et par conséquent la liberté de la presse.
Chap. XII. De la liberté de la presse,
Que, privées de cette liberté, les nations croupissent dans l’ignorance.
Chap. XIII. Des maux que produit l’indifférence pour la vérité,
Chap. XIV. Que le bonheur de la génération future n’est jamais attaché au malheur de la génération présente,
Qu’une telle supposition est absurde ; que le gouvernement doit d’autant plus exciter les hommes à la recherche de la vérité, qu’ils y sont en général plus indifférents.
Chap. XV. Les mêmes opinions paroissent vraies ou fausses selon l’intérêt qu’on a de les croire telles ou telles,
Que l’intérêt feroit nier au besoin la vérité des démonstrations géométriques.
Chap. XVI. L’intérêt fait estimer en soi jusqu’à la cruauté qu’on déteste dans les autres,
Chap. XVII. L’intérêt fait honorer le crime,
Chap. XVIII. L’intérêt fait des saints,
Chap. XIX. L’intérêt persuade aux grands qu’ils sont d’une espece différente des autres hommes,


Chap. XX. L’intérêt fait honorer le vice dans un protecteur,
Chap. XXI. L’intérêt du puissant commande plus impérieusement que la vérité aux opinions générales,
Que cet intérêt les forme, et peut tout.
Chap. XXII. Un intérêt secret cacha toujours aux parlements la conformité de la morale des jésuites et du papisme,
Chap. XXIII. L’intérêt fait nier journellement cette maxime : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrois pas qu’on te fît. »
Chap. XXIV. L’intérêt cache aux prêtre honnête homme les maux du papisme,
Que de toutes les religions c’est la plus intolérante.
Chap. XXV. Toute religion intolérante est essentiellement régicide,
Que son intolérance suppose en elle le desir de régner sur les peuples et sur les rois.
Chap. XXVI. Des moyens employés par l’église pour s’asservir les nations,
Chap. XXVII. Des temps où l’église catholique laisse reposer ses prétentions,
Chap. XXVIII. Du temps où l’église fait revivre ses prétentions,
Chap. XXIX. Des prétentions de l’église prouvées par le droit,
Chap. XXX. Des prétentions de l’église prouvées par le fait,
Chap. XXXI. Des moyens d’enchaîner l’ambition ecclésiastique,
Que le tolérantisme seul peut la contenir ; que lui seul peut, en éclairant les esprits, assurer le bonheur et la tranquillité des peuples, dont le caractere est susceptible de toutes les formes que lui donnent les lois, le gouvernement, et sur-tout l’éducation publique.


SECTION X.
De la puissance de l’instruction ; des moyens de la perfectionner ; des obstacles qui s’opposent aux progrès de cette science ; de la facilité avec laquelle, ces obstacles levés, on traceroit un bon plan d’éducation.
Chap. I. L’éducation peut tout,
Chap. II. De l’éducation des princes,
Qu’on n’en peut attendre de grands d’un grand changement dans leur instruction.
Chap. III. Avantage de l’éducation publique sur la domestique,
Chap. IV. Idée générale sur l’éducation physique,
Chap. V. Dans quel moment et quelle position l’homme est susceptible d’une éducation morale,
Chap. VI. De l’éducation relative aux diverses professions,
Chap. VII. De l’éducation morale de l’homme,
Des obstacles qui s’opposent à la perfection de cette partie de l’éducation.
Chap. VIII. Intérêt du prêtre, premier obstacle à la perfection de l’éducation morale de l’homme,
Chap. IX. Imperfection de la plupart des gouvernements, second obstacle à la perfection de l’éducation morale de l’homme,
Chap. X. Toute réforme importante dans la partie morale de l’éducation en suppose une dans les lois et la forme du gouvernement,
Chap. XI. De l’instruction après qu’on auroit levé les obstacles qui s’opposent à ses progrès,