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Livre:Durkheim - De la division du travail social.djvu

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Durkheim - De la division du travail social.djvu
TitreDe la division du travail social Voir et modifier les données sur Wikidata
AuteurÉmile Durkheim Voir et modifier les données sur Wikidata
Maison d’éditionFélix Alcan
Lieu d’éditionParis
Année d’édition1893
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AvancementTerminé

Pages

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TABLE DES MATIÈRES





INTRODUCTION (p. 1-45)


Introduction. Développement de la division du travail social, généralité du phénomène. D’où le problème : Faut-il nous abandonner au mouvement ou y résister, ou question de la valeur morale de la division du travail 
 1
I. Méthode ordinaire pour résoudre la question : confrontation du fait à juger avec une formule de la moralité. Impossibilité d’employer cette méthode, aucune des formules proposées n’exprimant la réalité morale 
 4
II. S’il en est ainsi, c’est que la formule de la moralité ne peut être obtenue au début de la science, mais à mesure que la science progresse 
 15
III. Nécessité de définir les faits moraux par leurs caractères externes. Ce critère consiste dans l’existence d’une sanction, plus spécialement d’une sanction répressive diffuse 
 22
IV. Complément de la définition précédente : Distinction des faits moraux en normaux et anormaux 
 33
V. Application de ce critère à la division du travail. Résultats douteux. Nécessité d’une étude théorique de la division du travail. Divisions de l’ouvrage 
 38





LIVRE I

LA FONCTION DE LA DIVISION DU TRAVAIL


CHAPITRE I (p. 49-72)
MÉTHODE POUR DÉTERMINER CETTE FONCTION


I. La fonction de la division du travail n’est pas de produire la civilisation 
 50
II. Cas où la fonction de la division du travail est de susciter des groupes qui, sans elle, n’existeraient pas. D’où l’hypothèse qu’elle joue le même rôle dans les sociétés supérieures, qu’elle est la source principale de leur cohésion 
 55
III. Pour vérifier cette hypothèse, il faut comparer la solidarité sociale qui a cette source aux autres espèces de solidarité et, par suite, les classer. Nécessité d’étudier la solidarité à travers le système des règles juridiques ; autant il y a de classes de ces dernières, autant il y a de formes de solidarité. Classification des règles juridiques : règles à sanction répressive ; règles à sanction restitutive 
 66


CHAPITRE II (p. 73-117)
SOLIDARITÉ MÉCANIQUE OU PAR SIMILITUDES


I. Le lien de solidarité sociale auquel correspond le droit répressif est celui dont la rupture constitue le crime. On saura donc ce qu’est ce lien si l’on sait ce qu’est le crime essentiellement.
Les caractères essentiels du crime sont ceux qui se retrouvent les mêmes partout où il y a crime, quel que soit le type social. Or, les seuls caractères communs à tous les crimes qui sont ou qui ont été reconnus comme tels sont les suivants : 1° le crime froisse des sentiments qui se trouvent chez tous les individus normaux de la société considérée ; 2° ces sentiments sont forts ; 3° ils sont définis. Le crime est donc l’acte qui froisse des états forts et définis de la conscience collective ; sens exact de cette proposition. — Examen du cas où le délit est créé ou du moins aggravé par un acte de l’organe gouvernemental. Réduction de ce cas à la définition précédente 
 73
II. Vérification de cette définition ; si elle est exacte, elle doit rendre compte de tous les caractères de la peine. Détermination de ces caractères : 1° elle est une réaction passionnelle, d’intensité graduée ; 2° cette réaction passionnelle émane de la société ; réfutation de la théorie d’après laquelle la vengeance privée aurait été la forme primitive de la peine ; 3° cette réaction s’exerce par l’intermédiaire d’un corps constitué 
 91
III. Ces caractères peuvent être déduits de notre définition du crime : 1° tout sentiment fort offensé détermine mécaniquement une réaction passionnelle ; utilité de cette réaction pour le maintien du sentiment. Les sentiments collectifs, étant les plus forts qui soient, déterminent une réaction du même genre, d’autant plus énergique qu’ils sont plus intenses. Explication du caractère quasi religieux de l’expiation ; 2° le caractère collectif de ces sentiments explique le caractère social de cette réaction ; pourquoi il est utile qu’elle soit sociale ; 3° l’intensité et surtout la nature définie de ces sentiments expliquent la formation de l’organe déterminé par lequel la réaction s’exerce 
 103
IV. Les règles que sanctionne le droit pénal expriment donc les similitudes sociales les plus essentielles ; par conséquent, il correspond à la solidarité sociale qui dérive des ressemblances et varie comme elle. Nature de cette solidarité. On peut donc mesurer la part qu’elle a dans l’intégration générale de la société d’après la fraction du système complet des règles juridiques que représente le droit pénal 
 112


CHAPITRE III (p. 118-141)
LA SOLIDARITÉ DUE À LA DIVISION DU TRAVAIL OU ORGANIQUE


I. La nature de la sanction restitutive implique : 1° que les règles correspondantes expriment des états excentriques de la conscience commune ou qui lui sont étrangers ; 2° que les rapports qu’elles déterminent ne lient qu’indirectement l’individu à la société. Ces rapports sont positifs ou négatifs 
 118
II. Rapports négatifs dont les droits réels sont le type. Ils sont négatifs parce qu’ils lient la chose à la personne, non les personnes entre elles. — Réduction à ce type des rapports personnels qui s’établissent à l’occasion de l’exercice des droits réels ou à la suite du délit et du quasi-délit, — La solidarité qu’expriment les règles correspondantes, étant négative, n’a pas d’existence propre, mais n’est qu’un prolongement des formes positives de la solidarité sociale 
 123
III. Rapports positifs ou de coopération qui dérivent de la division du travail. Sont régis par un système défini de règles juridiques qu’on peut appeler le droit coopératif ; vérification de cette proposition à propos des différentes parties du droit coopératif. Analogies entre la fonction de ce droit et celle du système nerveux 
 130
IV. Conclusion : Deux sortes de solidarité positive, l’une qui dérive des similitudes, l’autre de la division du travail. Solidarité mécanique, solidarité organique. La première varie en raison inverse, la seconde en raison directe de la personnalité individuelle. À celle-là correspond le droit répressif, à celle-ci le droit coopératif 
 138


CHAPITRE IV (p. 142-157)
AUTRE PREUVE DE CE QUI PRÉCÈDE


Introduction. Si le résultat précédent est exact, le droit répressif doit avoir d’autant plus la prépondérance sur le droit coopératif que les similitudes sociales sont plus étendues et la division du travail plus rudimentaire, et inversement. Or, c’est ce qui arrive 
 142
I. Plus les sociétés sont primitives, plus il y a de ressemblances entre les individus ; ressemblances physiques ; ressemblances psychiques.
L’opinion contraire vient de ce qu’on a confondu les types collectifs (nationaux, provinciaux, etc.) et les types individuels. Les premiers s’effacent en effet tandis que les autres se multiplient et deviennent plus prononcés. D’autre part, la division du travail, nulle à l’origine, va toujours en se développant 
 142
II. Or, à l’origine, tout le droit a un caractère répressif. Le droit des peuples primitifs. Le droit hébreu. Le droit hindou. Développement du droit coopératif à Rome, dans les sociétés chrétiennes. Aujourd’hui, le rapport primitif est renversé. Que la prépondérance primitive du droit répressif n’est pas due à la grossièreté des mœurs 
 148


CHAPITRE V (p. 158-188)
PRÉPONDÉRANCE PROGRESSIVE DE LA SOLIDARITÉ ORGANIQUE ET SES CONSÉQUENCES


I. La prépondérance actuelle du droit coopératif sur le droit répressif démontre que les liens sociaux qui dérivent de la division du travail sont actuellement plus nombreux que ceux qui dérivent des similitudes sociales. Comme cette prépondérance est plus marquée à mesure qu’on se rapproche des types sociaux supérieurs, c’est qu’elle n’est pas accidentelle, mais dépend de la nature de ces types. Non seulement ces liens sont plus nombreux, mais ils sont plus forts. Critère pour mesurer la force relative des liens sociaux. Application de ce critère 
 158
II. En même temps qu’ils sont moins forts, les liens qui dérivent des similitudes se relâchent à mesure que l’évolution sociale avance. En effet, la solidarité mécanique dépend de trois conditions : 1° étendue relative de la conscience collective et de la conscience individuelle ; 2° intensité ; 3° degré de détermination des états qui composent la première. Or, la première de ces conditions restant tout au plus constante, les deux autres régressent. Méthode pour le prouver d’après les variations numériques des types criminologiques. Classification de ces derniers. 
 163
III. Régression et disparition progressive d’un grand nombre de ces types 
 168
IV. Ces pertes n’ont pas été compensées par d’autres acquisitions. Théorie contraire de Lombroso ; réfutation. Le nombre des états forts et définis de la conscience commune a donc diminué 
 177
V. Autre preuve. Les états de la conscience commune, particulièrement forts, prennent un caractère religieux ; or, la religion embrasse une portion toujours moindre de la vie sociale. Autre preuve tirée de la diminution des proverbes, dictons, etc. La solidarité organique devient donc prépondérante 
 182


CHAPITRE VI (p. 189-217)
PRÉPONDÉRANCE PROGRESSIVE DE LA SOLIDARITÉ ORGANIQUE (suite)


I. Structures sociales correspondant à ces deux sortes de solidarité. Type segmentaire ; sa description ; correspond à la solidarité mécanique. Ses formes diverses 
 189
II. Type organisé ; ses caractères ; correspond à la solidarité organique. Antagonisme de ces deux types ; le second ne se développe qu’à mesure que le premier s’efface. Toutefois, le type segmentaire ne disparaît pas complètement. Formes de plus en plus effacées qu’il prend 
 197
III. Analogie entre ce développement des types sociaux et celui des types organiques dans le règne animal 
 208
IV. La loi précédente ne doit pas être confondue avec la théorie de M. Spencer sur les sociétés militaires et les sociétés industrielles. L’absorption originelle de l’individu dans la société ne vient pas d’une trop forte centralisation militaire, mais plutôt de l’absence de toute centralisation. L’organisation centraliste, commencement d’individuation. Conséquences de ce qui précède ; 1° règle de méthode ; 2° l’égoïsme n’est pas le point de départ de l’humanité 
 210


CHAPITRE VII (p. 218-251)
SOLIDARITÉ ORGANIQUE ET SOLIDARITÉ CONTRACTUELLE


I. Distinction de la solidarité organique et de la solidarité industrielle de M. Spencer. Celle-ci serait exclusivement contractuelle ; elle serait libre de toute réglementation. Caractère instable d’une telle solidarité. Insuffisance des preuves par illustration données par M. Spencer. Ce qui manifeste l’étendue de l’action sociale, c’est l’étendue de l’appareil juridique ; or, elle devient toujours plus grande 
 218
II. Il est vrai que les relations contractuelles se développent ; mais les relations non contractuelles se développent en même temps. Vérification de ce fait à propos des fonctions sociales diffuses : 1° le droit domestique devient plus étendu et plus complexe ; or, en principe, il n’est pas contractuel. De plus, la place restreinte qu’y a le contrat privé devient toujours plus petite : mariage, adoption, abdication des droits et des devoirs de famille ; 2° plus le contrat prend de place, plus il est réglementé. Cette réglementation implique une action sociale positive. Nécessité de cette réglementation. Discussion des analogies biologiques sur lesquelles s’appuie M. Spencer 
 225
III. Vérification du même fait à propos des fonctions cérébro-spinales de l’organisme social (fonctions administratives et gouvernementales). Le droit administratif et constitutionnel, qui n’a rien de contractuel, se développe de plus en plus. Discussion des faits sur lesquels M. Spencer appuie l’opinion contraire. Nécessité de ce développement par suite de l’effacement du type segmentaire et des progrès du type organisé. Les analogies biologiques contredisent la théorie de M. Spencer 
 239
IV. Conclusions du premier livre : la vie morale et sociale dérive d’une double source ; variations inverses de ces deux courants 
 247





LIVRE II

LES CAUSES ET LES CONDITIONS

CHAPITRE I (p. 255-281)
LES PROGRÈS DE LA DIVISION DU TRAVAIL ET CEUX DU BONHEUR


Introduction. D’après les économistes, la division du travail a pour cause le besoin d’accroître notre bonheur. Cela suppose qu’en fait nous devenons plus heureux. Rien n’est moins certain 
 255
I. À chaque moment de l’histoire, le bonheur que nous sommes capables de goûter est limité. Si la division du travail n’avait pas d’autres causes, elle se serait donc vite arrêtée, une fois atteinte la limite du bonheur. Cette limite recule, il est vrai, à mesure que l’homme se transforme. Mais ces transformations, à supposer qu’elles nous rendent plus heureux, ne se sont pas produites en vue de ce résultat ; car, pendant longtemps, elles sont douloureuses sans compensation 
 257
II. Ont-elles d’ailleurs ce résultat ? Le bonheur, c’est l’état de santé ; or, la santé ne s’accroît pas à mesure que les espèces s’élèvent. Comparaison du sauvage et du civilisé. Contentement du premier. Multiplication des suicides avec la civilisation ; ce qu’elle prouve. Conséquences importantes au point de vue de la méthode en sociologie 
 265
III. Le progrès viendrait-il de l’ennui que causent les plaisirs devenus habituels ? Ne pas confondre la variété, qui est un élément essentiel du plaisir, avec la nouveauté, qui est secondaire. Caractère pathologique du besoin de nouveauté quand il est trop vif 
 276


CHAPITRE II (p. 282-312)
LES CAUSES


I. Les progrès de la division du travail ont pour causes : 1° l’effacement du type segmentaire, c’est-à-dire l’accroissement de la densité morale de la société, symbolisé par l’accroissement de la densité matérielle ; principales formes de cette dernière ; 2° l’accroissement du volume des sociétés, pourvu qu’il soit accompagné d’un accroissement de densité 
 282
II. Théorie de M. Spencer, d’après laquelle l’accroissement de volume n’agirait qu’en multipliant les différences individuelles. Réfutation 
 290
III. L’accroissement de volume et de densité détermine mécaniquement les progrès de la division du travail en renforçant l’intensité de la lutte pour la vie. Comment se forme le besoin de produits plus abondants et de meilleure qualité ; c’est un résultat de la cause qui nécessite la spécialisation, non la cause de cette dernière 
 294
IV. La division du travail ne se produit donc qu’au sein de sociétés constituées. Erreur de ceux qui font de la division du travail et de la coopération le fait fondamental de la vie sociale. Application de cette proposition à la division internationale du travail. Cas de mutualisme. 
 305


CHAPITRE III (p. 313-337)
LES FACTEURS SECONDAIRES — INDÉTERMINATION PROGRESSIVE DE LA CONSCIENCE COLLECTIVE


Introduction. La division du travail ne peut progresser que si la variabilité individuelle s’accroît, et celle-ci ne s’accroît que si la conscience commune régresse. La réalité de cette régression a été établie. Quelles en sont les causes ? 
 313
I. Comme le milieu social s’étend, la conscience collective s’éloigne de plus en plus des choses concrètes et, par suite, devient plus abstraite. Faits à l’appui : transcendance de l’idée de Dieu ; caractère plus rationnel du droit, de la morale, de la civilisation en général. Cette indétermination laisse plus de place à la variabilité individuelle 
 318
II. L’effacement du type segmentaire, en détachant l’individu de son milieu natal, le soustrait à l’action des anciens et diminue ainsi l’autorité de la tradition 
 322
III. Par suite de l’effacement du type segmentaire, la société, enveloppant de moins près l’individu, peut moins bien contenir les tendances divergentes 
 330
IV. Pourquoi l’organe social ne peut pas à ce point de vue jouer le rôle de segment 
 335


CHAPITRE IV (p. 338-366)
LES FACTEURS SECONDAIRES (suite) — L’HÉRÉDITÉ


Introduction. L’hérédité est un obstacle aux progrès de la division du travail ; faits qui démontrent qu’elle devient un facteur moindre de la distribution des fonctions. D’où cela vient-il ? 
 338
I. L’hérédité perd de son empire parce qu’il se constitue des modes d’activité de plus en plus importants qui ne sont pas héréditairement transmissibles. Preuves : 1° il ne se forme pas de races nouvelles ; 2° l’hérédité ne transmet bien que les aptitudes générales et simples ; or, les activités deviennent plus complexes en devenant plus spéciales. Le legs héréditaire devient aussi un facteur moindre de notre développement parce qu’il faut y ajouter davantage 
 343
II. Le legs héréditaire devient plus indéterminé. Preuves : 1° l’instinct régresse des espèces animales inférieures aux espèces plus élevées, de l’animal à l’homme. Il y a donc lieu de croire que la régression continue dans le règne humain. C’est ce que prouvent les progrès ininterrompus de l’intelligence, laquelle varie en raison inverse de l’instinct ; 2° non seulement il ne se forme pas de races nouvelles, mais les races anciennes s’effacent ; 3° recherches de M. Galton. Ce qui se transmet régulièrement, c’est le type moyen. Or, le type moyen devient toujours plus indéterminé par suite du développement des différences individuelles 
 358


CHAPITRE V (p. 367-391)
CONSÉQUENCES DE CE QUI PRÉCÈDE


I. Caractère plus souple de la division du travail social comparée à la division du travail physiologique. La cause en est que la fonction devient plus indépendante de l’organe. Dans quel sens cette indépendance est une marque de supériorité 
 367
II. La théorie mécaniste de la division du travail implique que la civilisation est le produit de causes nécessaires, non un but qui par soi-même attire l’activité. Mais, tout en étant un effet, elle devient une fin, un idéal. De quelle manière. Il n’y a même pas de raison de supposer que cet idéal prenne jamais une forme immuable, que le progrès ait un terme. Discussion de la théorie contraire de M. Spencer 
 375
III. L’accroissement de volume et de densité, en changeant les sociétés, change aussi les individus. L’homme est plus affranchi de l’organisme ; par suite, la vie psychique se développe. Sous l’influence des mêmes causes, la personnalité individuelle se dégage de la personnalité collective. Puisque ces transformations dépendent de causes sociales, la psycho-physiologie ne peut expliquer que les formes inférieures de notre vie psychique. C’est la société qui explique l’individu en grande partie. Importance de cette proposition au point de vue de la méthode. 
 385






LIVRE III

LES FORMES ANORMALES
CHAPITRE I (p. 395-418)
LA DIVISION DU TRAVAIL ANOMIQUE


Introduction. Formes anormales où la division du travail ne produit pas la solidarité. Nécessité de les étudier 
 395
I. Cas anormaux dans la vie économique : crises industrielles plus fréquentes à mesure que le travail se divise ; antagonisme du travail et du capital. De même l’unité de la science se perd à mesure que le travail scientifique se spécialise 
 396
II. Théorie d’après laquelle ces effets seraient inhérents à la division du travail. D’après Comte, le remède consiste dans un grand développement de l’organe gouvernemental et dans l’institution d’une philosophie des sciences. Impuissance de l’organe gouvernemental à régler les détails de la vie économique ; — de la philosophie des sciences à assurer l’unité de la science 
 400
III. Si, dans tous ces cas, les fonctions ne concourent pas, c’est que leurs rapports ne sont pas réglés ; la division du travail est anomique. Nécessité d’une réglementation. Comment, normalement, elle dérive de la division du travail. Qu’elle fait défaut dans les exemples cités.
Cette anomie vient de ce que les organes solidaires ne sont pas en contact suffisant ou suffisamment prolongé. Ce contact est l’état normal.
La division du travail, quand elle est normale, n’enferme donc pas l’individu dans une tâche, en l’empêchant de rien voir au delà 
 408


CHAPITRE II (p. 419-434)
LA DIVISION DU TRAVAIL CONTRAINTE


I. La guerre des classes. Elle vient de ce que l’individu n’est pas en harmonie avec sa fonction, parce que celle-ci lui est imposée par contrainte. Ce qui constitue la contrainte : c’est toute espèce d’inégalité dans les conditions extérieures de la lutte. Il est vrai qu’il n’est pas de société où ces inégalités ne se rencontrent. Mais elles diminuent de plus en plus. La substitution de la solidarité organique à la solidarité mécanique rend cette diminution nécessaire 
 419
II. Autre raison qui rend nécessaire ce progrès dans la voie de l’égalité. La solidarité contractuelle devient un facteur de plus en plus important du consensus social. Or, le contrat ne lie vraiment que si les valeurs échangées sont réellement équivalentes, et, pour qu’il en soit ainsi, il faut que les échangistes soient placés dans des conditions extérieures égales. Raisons qui rendent ces injustices plus intolérables à mesure que la solidarité organique devient prépondérante. En fait, le droit contractuel et la morale contractuelle deviennent toujours plus exigeants à ce point de vue.
La vraie liberté individuelle ne consiste donc pas dans la suppression de toute réglementation, mais est le produit d’une réglementation ; car cette égalité n’est pas dans la nature. Cette œuvre de justice est la tâche qui s’impose aux sociétés supérieures ; elles ne peuvent se maintenir qu’à cette condition 
 427


CHAPITRE III (p. 435-442)
AUTRE FORME ANORMALE


Introduction. Cas où la division du travail ne produit pas la solidarité parce que l’activité fonctionnelle de chaque travailleur est insuffisante. Comment la solidarité organique s’accroît avec l’activité fonctionnelle dans les organismes, — dans la société. Qu’en fait, l’activité fonctionnelle s’accroît en même temps que la division du travail, si elle est normale. Raison secondaire qui fait que celle-ci produit la solidarité 
 435


CONCLUSION (p. 445-460)


I. Solution du problème pratique posé au début. La règle qui nous commande de réaliser les traits du type collectif a pour fonction d’assurer la cohésion sociale ; d’autre part, elle est morale et ne peut s’acquitter de sa fonction que parce qu’elle a un caractère moral. Or, la règle qui nous commande de nous spécialiser a la même fonction ; elle a donc également une valeur morale.
Autre manière de démontrer cette proposition : Conjecture sur le caractère essentiel de la moralité induite des classifications précédentes. La morale, c’est l’ensemble des conditions de la solidarité sociale. Que la division du travail présente ce critère 
 445
II. Que la division du travail ne diminue pas la personnalité individuelle. 1° Pourquoi serait-il dans la logique de notre nature de se développer en surface plutôt qu’en profondeur ? 2° Bien plus, la personnalité individuelle ne progresse que sous l’influence des causes qui déterminent la division du travail.
L’idéal de la fraternité humaine ne peut se réaliser que si la division du travail progresse en même temps. Elle est donc liée à toute notre vie morale 
 452
III. Mais la division du travail ne donne naissance à la solidarité que si elle produit en même temps un droit et une morale. Erreur des économistes à ce sujet. Caractères de cette morale ; plus humaine, moins transcendante. Plus de justice. Considérations sur la crise actuelle de la morale 
 457