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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/C

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C
C.

Cadet (rue).

Commence aux rues du Faubourg-Montmartre, no 36, et Richer, no 42 ; finit aux rues Coquenard, no 1, et Montholon, no 25. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 296 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle était appelée originairement rue de la Voirie, parce qu’elle avait été percée sur l’emplacement d’une voirie. Elle doit à un particulier, propriétaire d’un clos voisin, le nom de rue Cadet. — Une décision ministérielle, à la date du 21 prairial an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons no 1, 7, 11, et de 27 à la fin ; 2, 6, 8, et de 30 à la fin, ne sont pas soumises à retranchement. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau entre les rues Bleue et Montholon. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Cadran (rue du).

Commence aux rues Montorgueil, no 77, et des Petits-Carreaux, no 1 ; finit à la rue Montmartre, nos 88 bis et 90. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 205 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Cette rue était presque entièrement bâtie en 1450. On la nommait, en 1489, ruelle des Aigoux ; en 1564, rue où soulaient être les égouts de la ville. On la trouve ensuite désignée sous le nom de rue du Bout-du-Monde, qu’elle tirait d’une enseigne. — Une décision ministérielle, du 19 pluviôse an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En 1807, les propriétaires riverains demandèrent le changement du nom de Bout-du-Monde en celui du Cadran, parce qu’il existait un grand cadran dans cette rue. Le 23 mai de la même année, le ministre de l’intérieur Champagny autorisa ce changement. Le pavé de cette rue fut exhaussé en 1815, pour faciliter la construction d’un égout couvert. — Une ordonnance royale du 23 juillet 1828 a maintenu la moindre largeur de 10 m. Les maisons nos 7, 25, 29, 31 ; 14, 14 bis, 16 et 24, sont à l’alignement. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Montmartre jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française).

Caffarelli (rue).

Commence aux rues de la Corderie, no 2, et de Bretagne, no 60 ; finit à la place de la Rotonde-du-Temple. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le mur de clôture du couvent de l’Adoration du Saint-Sacrement. Le dernier pair est 14. Sa longueur est de 88 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1809, sur une partie de l’enclos du Temple, cette voie publique a pris le nom de rue Caffarelli, en vertu d’une décision ministérielle du 9 septembre de la même année. C’est par erreur que les inscriptions placées aux angles de cette voie publique l’indiquent sous le nom de rue de la Rotonde-du-Temple. Nous n’avons trouvé aucun acte émanant de l’autorité compétente qui prescrivît ce changement de dénomination. — Une décision ministérielle du 9 septembre 1809, signée Fouché, ainsi qu’une ordonnance royale du 16 mai 1833, ont fixé la largeur de la rue Caffarelli à 10 m. Une partie de la propriété no 2 est seule soumise à retranchements — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Caffarelli (Louis-Marie-Joseph-Maximilien) naquit au Falga, dans le Haut-Languedoc, le 13 février 1756. Il se distingua en 1796 à l’armée du Rhin où un boulet de canon lui brisa la jambe gauche. Il subit l’amputation. Caffarelli fut un des officiers supérieurs que choisit Bonaparte pour l’accompagner en Égypte. Il partit en qualité de commandant du génie. On connaît toutes les privations que nos troupes eurent à supporter en traversant le désert. Au milieu de cette mer de sable sans limite, sous un ciel dévorant, Caffarelli donnait l’exemple du courage et de la résignation.

Les soldats en voulaient surtout à ce général qu’ils croyaient un des auteurs de l’expédition ; aussi lorsqu’ils le voyaient passer, trainant sa jambe de bois, ils disaient : « Celui-là se moque bien de ce qui arrivera, il est toujours bien sûr d’avoir un pied en France. » Caffarelli se couvrit de gloire à l’attaque de Saint-Jean-d’Acre. Plusieurs fois renversé et foulé aux pieds, il s’opiniâtrait à commander, lorsqu’une balle vint lui fracasser le coude. Il subit une nouvelle amputation et mourut le 27 avril 1799.

Caille (rue la).

Commence au boulevart d’Enfer ; finit à la rue de ce nom, nos 92 et 94. Pas de numéro. Sa longueur est de 125 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Tracée sur le plan de Verniquet, cette rue y figure sans dénomination. — Une décision ministérielle du 4 octobre 1817, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. Nicolas-Jean-Louis de la Caille, célèbre astronome, naquit le 15 mars 1713, et mourut le 21 mars 1762.

Caire (passages du).

La grande ligne commence à la rue Saint-Denis, no 333, la seconde prend naissance à la rue des Filles-Dieu : toutes deux aboutissent à la place du Caire, no 2 ; enfin une troisième ligne communique à la rue du Caire. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Ils ont été construits en 1799 (voir l’article rue du Caire).

Caire (place du).

Située à l’extrémité de la rue de ce nom. Un seul numéro qui est 2. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Elle a été formée également en 1799 (voir l’article suivant). — Conduite d’eau — Éclairage au gaz (compe Française).

Caire (rue du).

Commence à la rue Saint-Denis, no 325 et 327 ; finit à la rue des Forges et à la place du Caire, no 2. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 219 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue a été ouverte à la fin de l’année 1799, sur une partie des bâtiments et jardins du couvent des Filles-Dieu. Elle fut exécutée sur une largeur de 9 m. 74 c. et le nom du Caire lui fut donné en mémoire de l’entrée victorieuse des troupes françaises au Caire, le 23 juillet 1798. La largeur de cette voie publique a été maintenue par une décision ministérielle du 2 messidor an VIII, signée L. Bonaparte, et par une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les constructions de la rue du Caire sont alignées, à l’exception des propriétés nos 1 et 2. La première est soumise à un léger redressement ; la seconde devra avancer sur ses vestiges actuels. — Éclairage au gaz (compe Française).

La rue qui nous occupe ayant pris au couvent des Filles-Dieu la plus grande partie de son emplacement, nous avons jugé convenable de tracer ici l’historique de cette communauté religieuse. — Guillaume III, évêque de Paris, ayant converti plusieurs femmes ou filles débauchées leur fit bâtir une maison hors de Paris, sur un terrain voisin de Saint-Lazare. Cette maison, qui devait servir d’hôpital, était en voie de construction en 1226, lorsque le prieur de Saint-Martin-des-Champs et le curé de Saint-Laurent s’opposèrent à son établissement ; mais enfin, entraînés par les prières de plusieurs personnes recommandables, ils donnèrent leur désistement et l’on acheva les bâtiments de cet hôpital, auquel fut d’abord donné le nom d’hôpital des nouvelles Converties. Le but de cette fondation était, selon un écrivain du temps, de retirer des pécheresses qui pendant toute leur vie avaient abusé de leur corps et à la fin étaient en mendicité. Ces femmes nouvellement converties prirent plus tard le nom de Filles-Dieu. Cette bizarre dénomination excita la verve satirique de l’auteur des Ordres de Paris.

Rutebœuf parle ainsi des Filles-Dieu :

Diez a non de fille avoir,
Mès je ne pois onques savoir
Que Diez eust fame en sa vie.

Une cession fut faite en 1232 aux Filles-Dieu, par les frères et prieur de Saint-Lazare, de quatre arpents de terre avec la censive et la justice qu’ils exerçaient, moyennant 12 livres de rente (Dubreuil). Elles achetèrent également en 1253 huit arpents de terre contigus aux précédents, et le roi saint Louis les dota de 400 livres de rente à prendre sur son trésor. Dans l’acte de dotation, le nombre de ces religieuses est fixé à deux-cents. Les Filles-Dieu occupèrent ce monastère jusqu’à l’époque où la France perdit la malheureuse bataille de Poitiers. Les Parisiens, épouvantés et croyant déjà voir l’ennemi au pied de leurs murailles, prirent la résolution d’accroître les fortifications de Paris, brûlèrent les faubourgs peu considérables qui se trouvaient autour de l’enceinte méridionale, et réunirent aux fossés et arrière-fossés les faubourgs beaucoup plus étendus qui s’étaient formés au nord de la ville. D’après le plan arrêté, les arrière-fossés devaient traverser l’enclos des Filles-Dieu ; ces religieuses furent donc obligées de quitter leur maison, de la faire démolir et de se retirer dans la ville. Jean de Meulan, alors Évêque de Paris, les transféra dans un hôpital situé près de la porte Saint-Denis, et fondé en 1316 par Imbert de Lyons ou de Lyon. Le but qu’on s’était proposé en créant cet ancien hôpital, avait été de procurer l’hospitalité aux femmes mendiantes qui traversaient Paris. Elles devaient être logées une seule nuit et congédiées le lendemain, avec un pain et un denier. L’évêque, en rétablissant les Filles-Dieu dans ce nouvel asile, fonda une chapelle sous le nom de la Madeleine, et ordonna qu’il y serait établi douze lits pour autant de pauvres femmes mendiantes. Les désordres qui peu à peu s’introduisirent dans cette maison, forcèrent d’y appeler des religieuses réformées de Fontevrault qui, au nombre de huit, y furent installées en 1497. Charles VIII posa la première pierre de l’église, qui ne fut achevée qu’en 1508. Le 24 mars 1648, les sieurs de Chamoy et de Saint-Ange, armés et accompagnés d’une nombreuse suite, pénétrèrent dans ce couvent pendant la nuit et violèrent plusieurs religieuses. — À la face extérieure du chevet de l’église des Filles-Dieu, se trouvait un crucifix devant lequel on conduisait autrefois les condamnés qu’on allait exécuter à Montfaucon. Ces malheureux venaient baiser la croix, on leur donnait de l’eau bénite, et les Filles-Dieu leur portaient trois morceaux de pain et une coupe pleine de vin. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 14 vendémiaire an VI. Sur son emplacement, la rue, la place et les passages du Caire furent bâtis comme nous l’avons dit plus haut.

Calandre (rue de la).

Commence à la rue de la Cité, nos 50 et 52 ; finit à la rue de la Barillerie, nos 23 et 25. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 171 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

En 1250, elle n’était désignée dans toute son étendue que sous cette dénomination rue qui va du Petit-Pont à la place Saint-Michel (c’était la place devant la chapelle Saint-Michel-du-Palais). Elle est nommée en 1300, par le poète Guillot, rue de Kalendre. Elle devait sans doute sa dénomination à un des ancêtres de Jean de la Kalendre, dont il est fait mention dans le Censier de saint Éloi, en 1343. D’autres historiens ont pensé qu’elle tirait son nom d’une machine à lustrer le drap et qu’on appelait calandre. La première opinion nous parait plus vraisemblable. On croit que Saint-Marcel, évêque de Paris, naquit dans une maison de cette rue. Le jour de l’Ascension, le clergé de Notre-Dame y faisait une station. Saint Marcel fut inhumé en 436, dans l’endroit où l’on éleva depuis l’église de ce nom. — Une décision ministérielle, du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue de la Calandre à 8 m. Les maisons nos 41, 41 bis, 49, 51, 55 et 54, ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Calvaire (boulevart des Filles du).

Commence aux rues du Pont-aux-Choux, no 1, et Saint-Sébastien ; finit à la rue des Filles-du-Calvaire, no 18, et au boulevart du Temple, no 2. Le dernier impair est 19 ; pas de numéro pair : ce côté est bordé par une plantation. Sa longueur est de 232 m. — Les numéros impairs sont du 8e arrondissement, quartier du Marais ; le côté droit, depuis la rue Saint-Sébastien jusqu’à celle de Ménilmontant, fait partie du même arrondissement, quartier Popincourt ; le surplus de ce côté dépend du 6e arrondissement, quartier du Temple.

Un arrêt du conseil, à la date du 7 juin 1670, prescrivit la formation de ce boulevart, qui dut son nom à sa proximité du couvent des Filles-du-Calvaire. La largeur de la chaussée est de 20 m. Les constructions qui bordent le côté des numéros impairs sont établies à 2 m. de distance du centre des arbres de la contre-allée. — Une ordonnance royale du 8 juin 1834 a maintenu ces constructions dans leur état actuel. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Au mois d’avril 1843, une enquête a été ouverte, à la mairie du 8e arrondissement, sur le projet de suppression et d’aliénation des contre-allées des boulevarts de Beaumarchais et des Filles-du-Calvaire, depuis la rue Daval jusqu’à celle de Ménilmontant.

Calvaire (rue des Filles-du-).

Commence aux rues Boucherat, no 2, et Saint-Louis, no 80 ; finit aux boulevarts du Temple, no 1, et des Filles-du-Calvaire, no 19. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 167 m. — Les impairs sont du 6e arrondissement, quartier du Temple ; les pairs, du 8e arrondissement, quartier du Marais.

L’ouverture en fut ordonnée par arrêt du conseil du 7 août 1696. Son alignement fut confirmé par un autre arrêt du 12 juillet 1698. Elle fut percée sur une moindre largeur de 14 m. environ. On décida que le nom de rue des Filles-du-Calvaire lui serait donné, en raison du monastère de ce nom qui y était situé. Nous parlerons de cette communauté religieuse à l’article de la rue Neuve-de-Ménilmontant, qui a été ouverte sur la plus grande partie de son emplacement. — Une décision ministérielle, du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, ainsi qu’une ordonnance royale à la date du 8 juin 1834, ont maintenu la largeur primitive. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception de celles nos 23, 25, 27 et 29, qui devront subir un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière)

Cambray (place).

Commence à la rue Saint-Jean-de-Latran, nos 8 et 9 ; finit à la rue Saint-Jacques, no 87. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par le collége de France ; le dernier pair est 14. Sa longueur est de 76 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette place faisait autrefois partie de la rue Saint-Jean-de-Latran, dont elle portait la dénomination. — Un arrêt du conseil, du 12 février 1715, ordonna son élargissement (voir l’article Jean-de-Latran, rue Saint-). Cette place doit son nom à la maison de l’évêque de Cambray que remplaça le collége de France. — Une décision ministérielle, à la date du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette place à 12 m. La maison no 6 est alignée ; le surplus du côté droit ne devra subir qu’un faible retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Jacques. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Campagne-Première (rue).

Commence au boulevart du Mont-Parnasse, nos 40 et 42 ; finit au boulevart d’Enfer. Pas de numéro. Sa longueur est de 266 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle est indiquée sur le plan de Verniquet mais sans dénomination. Ce n’était encore en 1827 qu’une ruelle de 3 à 4 m. de largeur. — Une ordonnance royale, du 31 septembre de la même année, fixa la largeur de cette ruelle à 12 m. En 1835 et 1836, elle a été considérablement élargie, et elle porte depuis ce temps le nom de rue Campagne-Première, dont nous n’avons pu connaître l’étymologie. Les propriétés du côté droit, et celles qui sont situées sur le côte opposé près du boulevart, sont alignées ; le surplus est soumis à un fort retranchement.

Canettes (rue des).

Commence à la rue du Four-Saint-Germain, nos 29 et 31 ; finit à la place Saint-Sulpice, nos 6 et 8. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 132 m. – 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle portait en 1630 le nom de rue Saint-Sulpice. Sur un plan manuscrit de 1651, c’est la rue Neuve-Saint-Sulpice. Sa dénomination actuelle lui vient de l’enseigne des Canettes. — Une décision ministérielle, du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1838. Les maisons nos 7, 9, 27, sont alignées ; celles du côté des numéros pairs sont soumises à un retranchement qui commence à 2 m. 60 c. du côté de la rue du Four, et se termine à 6 m 20 c., à l’encoignure de la place Saint-Sulpice. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Canettes (rue des Trois-).

Commence à la rue Saint-Christophe, nos 4 et 6 ; finit à la rue de la Licorne, nos 9 bis et 11. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 90 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Guillot la nomme, en 1300, rue de la Pomme. En 1480, elle est désignée sous les deux noms de la Pomme-Rouge et des Canettes. Elle doit sa dénomination à trois maisons dites les grandes et petite Canettes. — Une décision ministérielle, à la date du 13 fructidor an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la moindre largeur dé cette voie publique à 6 m. La moindre largeur de cette rue est aujourd’hui de 1 m. 20 c. ; sa plus grande, de 4 m. Les constructions situées sur le côté droit, et dans une longueur de 14 m. 70 c., à partir de l’encoignure de la rue de la Licorne, sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue de la Licorne jusqu’à la borne-fontaine.

Canivet (rue du).

Commence à la rue Servandoni, nos 12 et 14 ; finit à la rue Férou, nos 9 et 11. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 45 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle est indiquée sous cette dénomination sur un plan manuscrit de 1636. Canivet, en vieux langage, signifiait canif ou petit couteau. — Une décision ministérielle, à la date du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 3 avril 1843. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 00 c. à 2 m. 50 c. — Portion d’égout du côté de la rue Férou.

Capucines (boulevart des).

Commence aux rues Louis-le-Grand, no 35 bis, et de la Chaussée-d’Antin, no 1 ; finit aux rues Neuve-des-Capucines, no 18, et Caumartin, no 2. Le dernier impair est 29 ; pas de numéro pair : ce côté n’est point bordé de constructions. Sa longueur est de 445 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Ce boulevart a été formé en vertu des lettres-patentes du mois de juillet 1676. Il doit sa dénomination au couvent des Capucines, qui s’étendait jusqu’à cet endroit. La largeur de la chaussée est de 19 m. Une ordonnance royale, du 24 août 1833, a déterminé l’alignement du côté gauche de cette voie publique par une parallèle au centre des arbres de la contre-allée, et à 2 m. de distance. Les propriétés nos 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25 et 27, sont alignées. Les autres constructions devront éprouver un retranchement qui n’excède pas 30 m. — Égout entre les rues Louis-le-Grand et de la Paix. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

En 1839, l’administration municipale a fait exécuter les travaux d’abaissement du sol de ce boulevart.

Capucines (rue Neuve-des-).

Commence à la place Vendôme, no 25, et à la rue de la Paix, no 1 ; finit à la rue Neuve-Luxembourg, no 28, et au boulevart des Capucines, no 29. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 201 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue a été ouverte sur une largeur de 9 m. 74 c., en vertu d’un arrêt du 5 juin 1700, dont nous donnons ici un extrait : — « Ordonne sa majesté, pour faciliter aux bourgeois et habitants de ces quartiers la communication des cours pour leur servir de promenade et de commodité par rapport aux issues du cours, que la rue Neuve-des-Petits-Champs sera continuée en droite ligne de la même largeur, depuis l’encoignure du couvent des religieuses Capucines jusqu’à la rencontre du cours, suivant le plan qui en a été dressé par les prévôt des marchands et échevins de la dite ville. Fait au conseil d’État du roi, sa majesté y étant, à Versailles, le 5e jour de juin 1700. Signé Phélipeaux. » Ce prolongement de la rue Neuve-des-Petits-Champs reçut quelque temps après le nom de rue Neuve-des-Capucines en raison du couvent ainsi appelé, dont les bâtiments longeaient une partie du côté droit de cette voie publique. — Une décision ministérielle à la date du 3 octobre 1809, signée Fouché, ainsi qu’une ordonnance royale du 24 août 1833, ont porté la moindre largeur de cette rue à 12 m. Suivant les alignements approuvés, les maisons du côté des numéros impairs sont maintenues dans leur état actuel. Les maisons nos 2, 8 et 12, sont alignées le surplus de ce côté est soumis à un retranchement de 2 m. 50 c. environ. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Capucins (rue des).

Commence à la rue du Champ-des-Capucins ; finit à la rue Saint-Jacques, no 309, et à celle du Faubourg-Saint-Jacques, no 1. Pas de numéro. Sa longueur est de 44 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

C’était autrefois l’entrée du champ des Capucins. Vers 1800, on lui a donné le nom de rue des Capucins, parce qu’elle avoisine l’ancien couvent des Capucins, aujourd’hui l’hôpital du Midi. — Une décision ministérielle, à la date du 28 vendémiaire an XI, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 9 m. 74 c. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette dimension est portée à 12 m. Les constructions du côté droit devront avancer sur leurs vestiges actuels.

Capucins (rue du Champ-des-).

Commence aux rues de la Santé, no 2, et des Bourguignons ; finit à la rue des Capucins. Les numéros continuent la série de la rue des Bourguignons. Sa longueur est de 147 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette rue a été tracée sur l’ancien champ des Capucins, dont elle a retenu le nom. Les constructions un peu importantes élevées dans cette rue datent de 1822 et 1823. En cet endroit et le long des murs du Val-de-Grâce, on avait projeté et ordonné, en 1704, de faire passer le boulevart qui devait environner la ville dans sa partie méridionale. — Une décision ministérielle, du 2 germinal an XI, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, ont fixé la largeur de la rue du Champ-des-Capucins à 50 m. Il existe une plantation d’arbres au milieu de cette voie publique. Les constructions du côté droit, formant retour sur la rue des Capucins, devront éprouver un reculement assez considérable. Le surplus n’est pas soumis à retranchement.

Cardinale (rue).

Commence à la rue de Fürstenberg, nos 3 et 5 ; finit à la rue de l’Abbaye, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 le dernier pair, 6. Sa longueur est de 61 m.. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Le cardinal de Furstenberg, abbé de Saint-Germain-des-Prés, aliéna, en 1699, un terrain vague qui dépendait de son palais abbatial, à la condition d’y bâtir une rue qui fut achevée en 1701, et à laquelle on donna le nom de Cardinale. En 1806, elle prit la dénomination de Guntzbourg, en mémoire du célèbre combat livré le 9 octobre 1805. On lui rendit son premier nom en 1814. — Une décision ministérielle, du 21 août 1817, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros pairs ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de l’Abbaye jusqu’à la borne-fontaine.

Cargaisons (rue des).

Commence au quai du Marché-Neuf, nos 21 et 26 ; finit à la rue de la Calandre, nos 21 et 23. Pas de numéro. Sa longueur est de 48 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Le nom de cette rue, dont l’orthographe a souvent varié, dérive probablement du vieux mot français carguer, charger. En effet, à l’extrémité de cette rue, du côté du quai, on chargeait des marchandises. Sur un plan terrier de 1700, elle figure sous le titre de rue de la Femme-Écartelée. — Une décision ministérielle, à la date du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m.

Paris le 7 juin 1825. — « Nous, conseiller d’État, préfet de police, vu la lettre de notre collègue, M. le conseiller d’État, préfet de la Seine, en date du 28 mars 1825, et la décision de son excellence le ministre de l’intérieur, du 21 mai suivant, etc. ; arrêtons : — Article 1er. Les propriétaires riverains de la rue des Cargaisons sont autorisés à fermer cette rue, à ses deux extrémités, par des portes ou barrières en charpente à hauteur de clôture et de solidité suffisante, qu’ils feront établir et entretenir à leurs frais. Néanmoins, la rue des Cargaisons ne cessera pas d’être considérée comme voie publique et comme telle soumise aux alignements arrêtés. En conséquence, il est interdit aux riverains de faire aucune reprise, réconfortation, ni construction intérieure, dans les parties sujettes à retranchement, et ils seront tenus de donner en tout temps accès dans ladite rue, aux agents de la voirie chargés d’y exercer leur surveillance etc… Signé G. Delavau. » La largeur actuelle de la rue des Cargaisons varie de 1 m. 10 c. à 1 m. 76 c.

Carmélites (impasse des).

Située dans la rue Saint-Jacques, entre les nos 284 et 286. Pas de numéro. Sa longueur est de 16 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Cette impasse fut formée en 1604, lorsque Marie de Médicis augmenta les bâtiments des Carmélites. C’était plutôt une ruelle qu’une impasse. Elle aboutissait à la rue d’Enfer, était bornée au nord par le séminaire Saint-Magloire et l’hôtel de Chaulnes, et au midi par la maison des Carmélites, qui lui a donné son nom. Nous parlerons de ce couvent à l’article de la rue du Val-de-Grâce, cette voie publique ayant été ouverte en grande partie sur l’emplacement occupé par la communauté des Carmélites. La largeur actuelle de cette impasse est de 6 m. 50 c.

Carmes (marché des).

Situé dans la rue des Noyers. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Ce marché a été formé sur l’emplacement du couvent des Carmes.

Six religieux du Mont-Carmel vinrent en France à la suite du roi saint Louis, lors de sa première croisade en 1254 ; le roi les logea dans une maison du port Saint-Paul où furent depuis les Célestins. En 1309, l’incommodité de cette maison et son éloignement de l’Université furent les principales causes qui déterminèrent ces religieux à solliciter de Philippe-le-Bel l’autorisation de s’établir dans un endroit plus convenable. Ce monarque accueillit favorablement leur demande. Par lettres du mois d’avril de la même année, il leur donna la maison dite du Lion, située dans la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Le 13 mars 1310, Clément V autorisa ces religieux à bâtir un nouveau monastère. Les libéralités de Philippe permirent d’augmenter l’emplacement de leur maison. La chapelle que les Carmes firent élever peu de temps après devint bientôt trop petite. Jeanne d’Évreux leur fournit les moyens de construire une église spacieuse dont la dédicace eut lieu le 16 mars 1353, sous l’invocation de la Sainte-Vierge. En 1386, les carmes augmentèrent leur couvent par l’acquisition du collège de Dace. Ces religieux, qui jouèrent un grand rôle dans l’histoire de l’Université, furent supprimés en 1790. Leur église, après avoir servi d’atelier pour une manufacture d’armes, a été démolie en 1811. — « Au palais des Tuileries, le 30 janvier 1811. Napoléon, etc… Nous avons décrété et décrétons ce qui suit, etc… — Art. 5. Le marché actuel de la place Maubert sera transféré sur l’emplacement de l’ancien couvent des Carmes, près de cette place, et dont, à cet effet, nous faisons don à notre bonne ville de Paris. — Art. 6. Ce marché sera bordé par les rues de la Montagne-Sainte-Geneviève, des Noyers, et par une rue à ouvrir entre l’ancien collége de Laon, pour communiquer, ladite rue à ouvrir, à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève. Pour l’exécution de cette disposition, la ville de Paris acquerra les maisons ayant face sur la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, et qui sont indiquées sur le plan annexé au présent décret, etc. » Un autre décret, du 24 février suivant, ordonna que ce marché serait terminé au 1er juin de la même année. Cependant la première pierre ne fut posée que le 15 août 1813. M. Vaudoyer, architecte, fut chargé de la direction des travaux dont l’achèvement eut lieu en 1818. Les constructions qui ressemblent à celles du marché Saint-Germain ont coûté environ 728,000 fr. L’acquisition de diverses propriétés particulières a nécessité une dépense de 200,000 fr. Ce marché a été inauguré le 15 février 1819, en vertu d’une ordonnance de police du 4 du même mois. Il occupe une superficie de 2,842 m.

Carmes (rue Basse-des-).

Commence à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, no 20 ; finit à la rue des Carmes, no 5. Pas de numéro. Sa longueur est de 70 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Le décret du 30 janvier 1811, que nous avons cité à l’article précédent, ordonna l’ouverture de cette rue. — Elle fut exécutée vers l’année 1818. Sa largeur varie de 11 m. 70 c. à 12 m. Cette voie publique, ayant été bâtie sur l’emplacement du couvent des Carmes, et sur un terrain plus bas que celui des rues où elle aboutit, a reçu pour ces motifs le nom de rue Basse-des-Carmes. — Portion d’égout du côté de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève.

Carmes (rue des).

Commence à la rue des Noyers, no 9 ; finit aux rues des Sept-Voies, no 1, et Saint-Hilaire, no 2. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 215 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Bâtie vers 1250 sur le clos Bruneau, qui faisait partie de la seigneurie de Garlande, dont on a fait Galande, cette voie publique a porté pour cette raison le nom de rue du Clos-Bruneau. Dans les lettres-patentes de Philippe-le-Long, du mois de décembre 1317, et dans le Censier de l’archevêché de 1372, elle est indiquée sous la dénomination de rue Saint-Hilaire, parce qu’elle aboutissait à l’église ainsi appelée. Elle doit son nom actuel aux religieux carmes, qui vinrent s’y établir en 1318 (voir l’article Marché des Carmes). — Une décision ministérielle, à la date du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. — Les propriétés nos 13, 15 et 17 sont à l’alignement. — Portion d’égout du côté de la rue des Noyers.

Dans cette rue était situé le collége de Dace. Fondé en 1275 par un Danois pour les écoliers du royaume de Dace (Danemarck), il fut vendu en 1384 au collége de Laon. En vertu d’un arrêt du 9 août 1386, les carmes en firent l’acquisition pour l’agrandissement de leur couvent.

Au no 6 était situé le collége de Presles. Guy, chanoine de Laon, et Raoul de Presles, secrétaire de Philippe-le-Bel, avait fondé en 1314, dans la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, un collége destiné à recevoir les pauvres écoliers des diocèses de Laon et de Soissons. L’imprévoyance des deux fondateurs, amena en 1323 la division de cet établissement en colléges de Laon et de Presles, ou de Soissons. Ce dernier fut transporté alors dans la rue des Carmes, nommée à cette époque rue Saint-Hilaire. Lors du massacre de la Saint-Barthélemi, le célèbre professeur Pierre Ramus ou la Ramée, protestant, se cacha, pour éviter la mort, dans les caves du collége de Presles. Découvert, il voulut racheter sa vie ; les assassins touchèrent le prix de sa rançon et le poignardèrent ensuite. Son cadavre fut trainé dans la boue par les écoliers, qui lui firent subir toutes sortes d’outrages. Presque tous les historiens accusent Charpentier d’avoir guidé lui-même les assassins pour se venger de Ramus, qui avait voulu l’éloigner du collége de France, comme incapable de professer. Le collége de Presles, qui contenait en superficie 369 m. 327 mil., fut réuni en 1764 à celui de Louis-le-Grand. Devenu propriété nationale, l’ancien établissement fondé par le secrétaire de Philippe-le-Bel fut vendu le 3 thermidor an IV.

Au no 23 était situé le collège des Lombards. Il fut fondé en 1334, par André Chini, Florentin, évêque de Tournay, depuis cardinal, auxquels s’adjoignirent trois autres Italiens. Ce collége s’appelait alors la maison des pauvres Italiens de la charité de la bienheureuse Marie. Les bâtiments tombaient en ruine, lorsque deux prêtres irlandais conçurent le projet de les faire reconstruire en faveur des prêtres et étudiants de leur nation. Dans le testament d’un nommé Patrice Maginn, du 3 juillet 1683, il est dit : « Conjointement avec le sieur Malachie Kelli, j’ai obtenu des lettres-patentes du roi, des mois d’août 1677 et mars 1681, vérifiées en la cour les 9 février 1681 et 19 août 1682, pour rebâtir et rétablir le collège des Lombards, afin d’y donner retraite à ceux de notre pays qui étudieraient en l’Université, et se rendraient capables d’aller porter la foi dans ledit pays etc. » Le collège des Lombards dépend aujourd’hui de la maison dos Irlandais, Anglais et Écossais réunis.

Caron (rue).

Commence à la place du Marché-Sainte-Catherine, nos 9 et 8 ; finit à la rue Jarente, nos 7 et 9. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 15 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

En 1783, le sieur Marchant-Ducolombier, acquéreur des terrains du prieuré royal de la couture Sainte-Catherine, proposa l’ouverture de cette rue, qui fut autorisée par lettres-patentes données à Versailles le 15 février de la même année. Ce percement a été effectué en 1784, sur une largeur de 8 m. C’est à tort que plusieurs auteurs, et notamment La Tynna, ont prétendu que cette rue devait sa dénomination à Caron de Beaumarchais. Le nom qu’elle porte est celui de monsieur Caron, maître-général des bâtiments du roi Louis XVI, ainsi que des ponts-et-chaussées de France. M. Caron avait dressé un plan de construction pour le marché Sainte-Catherine, mais ce projet, dont l’exécution devait entraîner des dépenses trop fortes, ne fut point exécuté. — Par décision ministérielle du 22 juillet 1823, la largeur de la rue Caron a été portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Charpentier (rue).

Commence à la rue du Gindre, nos 8 et 10 ; finit à la rue Cassette, nos 9 et 11. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 78 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Un procès-verbal de 1636 la désigne sous le nom de Charpentier. Un autre de 1640 l’appelle rue Charpentière. Une décision ministérielle du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841. La maison no 4 est alignée ; les autres constructions sont soumises à un retranchement de 3 m. 60 c. environ.

Carreaux (rue des Petits-).

Commence aux rues du Cadran, no 2, et Saint-Sauveur, no 38 ; finit à la rue de Cléry, nos 44 et 46. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 228 m. Les numéros impairs sont du 3e arrondissement, quartier Montmartre, et les pairs sont du 5e arrondissement : de 2 à 22 inclusivement, quartier Montorgueil ; de 24 à la fin, quartier Bonne-Nouvelle.

Les plans de Boisseau, de Gomboust, de 1652, ne la distinguent point de la rue Montorgueil ; mais le Censier de l’évêché de 1575 indique une maison située dans la rue Montorgueil, au lieu dit les Petits-Carreaux. La partie de cette voie publique qui avoisine la rue Poissonnière, s’appelait, en 1637, rue des Boucheries. Son nom actuel lui vient d’une enseigne des Petits-Carreaux, qu’on voyait encore il y a quelques années sur la boutique d’un marchand de vin. — Une décision ministérielle à la date du 3 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. 50 c. Les maisons nos 5, 7, 2 et 12 sont alignées, celles nos 1, 3, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35 ; 4, 6, 8 et 10 ne sont assujetties qu’à un léger redressement. Les propriétés de 14 à 36, inclusivement, devront, pour exécuter l’alignement, avancer sur leurs vestiges actuels. — Égout entre les rues du Cadran et de Bourbon-Villeneuve. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe Française).

Carrousel (place du).

En face du palais des Tuileries. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

C’était autrefois un terrain vague qui existait entre les anciens murs de Paris et le palais des Tuileries. On y traça en 1600 un jardin qui plus tard fut nommé le jardin de Mademoiselle, parce que mademoiselle de Montpensier habitait le palais des Tuileries et possédait ce jardin, qui fut détruit en 1655. Louis XIV choisit cet emplacement et voulut y donner, les 5 et 16 juin 1622, une fête ou spectacle composé de courses et de ballets. Cette fête, nommée Carrousel, donna son nom à cette place. « Le roi, à la fleur de l’âge (dit Félibien, auquel nous empruntons ce récit), invita ceux de son sang, et les premiers officiers de ses troupes, à une course de bagues et de têtes, organisée suivant le projet imaginé par son ingénieur le sieur Vigarani. Les seigneurs de la cour désignés pour entrer en lice, furent divisés en cinq brigades représentant diverses nations, dont ils portoient les habits et les armes. Le roy, chef de la première brigade, étoit vêtu à la romaine, ainsi que tous les chevaliers de sa suite, au nombre de dix, sans compter un maréchal-de-champ, plusieurs trompettes et timbales. Les quatre autres brigades, sous des habits de Persans, de Turcs, d’Arméniens et de sauvages, étoient composées d’un pareil nombre de seigneurs et avoient à leur tête quelqu’un des princes du sang, avec des devises et des livrées particulières. Le cortège du roy étoit composé de plusieurs écuyers, vingt-quatre pages, cinquante chevaux de main, conduits chacun par deux palefreniers portant des faisceaux d’armes dorées. Monsieur, frère du roy, avoit à sa suite plusieurs écuyers, dix-huit pages, vingt chevaux conduits par quarante palefreniers, et vingt-quatre esclaves avec l’arc et le carquois à la façon des Perses. Le prince de Condé, le duc d’Enghien et le duc de Guise, chefs des trois autres brigades, étoient dans un équipage convenable à leur rang, et chaque cavalier étoit escorté de deux pages, deux chevaux de main et quatre palefreniers, tous équipés avec tant de magnificence qu’il sembloit qu’on eût rassemblé tout ce qu’il y avoit au monde de pierreries et de rubans pour l’ornement de cette fête. L’or et l’argent étoient employés avec une si grande profusion sur les habits et les housses des chevaux, qu’à peine pouvoit-on discerner le fond de l’étoffe d’avec la broderie dont elle étoit couverte. Le roy et les princes brilloient extraordinairement par la quantité prodigieuse des diamants dont leurs armes et les harnois de leurs chevaux étoient enrichis. Le duc de Grammont, qui faisoit l’office de maréchal-de-camp, marchoit en tête de cette pompeuse cavalcade, qui, s’étant réunie au marché aux chevaux, derrière l’hôtel de Vendôme, au bout du faubourg Saint-Honoré, continua sa marche par la rue de Richelieu, à l’extrémité de laquelle elle entra dans le champ de bataille, sur une place située devant le château des Tuileries et appelée autrefois le jardin de Mademoiselle. Les quatre côtés du champ de bataille étoient environnés d’une galerie de 70 toises de long sur chaque face, dans laquelle se plaça un nombre infini de spectateurs. Le roy commença la course avec trois cavaliers de sa brigade, armés chacun d’une lance et d’un dard pour emporter et darder les têtes de Maure et de Méduse, posées sur des bustes de bois doré. Les autres cavaliers le suivirent quatre à quatre, et presque tous signalèrent leur adresse aussi bien du reste que le roy qui en fit paroitre beaucoup. L’honneur de la journée fut cependant déféré au marquis de Bellefonds de la brigade de Monsieur, frère du roy. Il en reçut le prix des mains de la reine ; c’étoit une boite à portrait, garnie de diamants. La fête recommença le lendemain et se termina comme le premier jour, par un splendide souper chez la reine. » — Le nom de cette place, qui rappelait une fête d’une somptuosité toute royale, ne pouvait être conservé par la révolution. — « Séance du 19 janvier 1793. Le conseil général, après avoir entendu la lecture de l’adresse des défenseurs de la république une et indivisible, des 84 départements, séant aux Jacobins, arrête, conformément au vœu qu’ils ont exprimé, que l’arbre de la fraternité qui doit être planté sur la place du Carrousel sera entouré de quatre-vingt-quatre piques formant un faisceau et portant le nom de chaque département, et en outre que la place du Carrousel sera dorénavant nommée la place de la Fraternité. » (Registre de la commune, tome XIII, page 358.) Cette place, à laquelle on rendit bientôt la dénomination du Carrousel, a été successivement agrandie par la démolition d’une partie des maisons de la rue Saint-Nicaise et de plusieurs hôtels qui encombraient cette voie publique.

« Décret impérial du 26 février 1806. — Art. 5e. Il sera élevé un arc-de-triomphe à la gloire de nos armées à la grande entrée de notre palais des Tuileries sur le Carrousel. — Art. 6e. Cet arc-de-triomphe sera élevé avant le 1er novembre ; les travaux d’arts seront commandés et devront être achevés et placés avant le 1er janvier 1809. » (Extrait). Cet arc-de triomphe est sans contredit une des plus belles productions de l’architecture française. Cet ouvrage valut à MM. Percier et Fontaine, le grand prix de première classe au concours décennal de 1810. Le 7 juillet 1806, des médailles furent déposées dans une des assises du soubassement. Le prix de la construction de ce monument n’excéda pas un million ; cette somme provenait de la conquête de la Hollande. Le plan de cet arc-de triomphe présente un parallélogramme ouvert de trois arcades dans sa longueur, dont une grande au milieu de 4 m. 55 c., et les deux qui l’accompagnent, de 2 m. 76 c. Cet arc-de-triomphe a cela de différent des arcs à trois ouvertures des anciens, que ses pieds droits sont ouverts dans leurs faces latérales, ce qui établit un passage dans le sens de son épaisseur ; ces arcades latérales ont comme les autres 2 m. 76 c. de largeur. Sur les deux faces principales en avant des pieds droits, sont quatre piédestaux engagés et des colonnes isolées. La décoration extérieure de ce monument se compose : 1o d’une ordonnance de huit colonnes corinthiennes (celles déjà mentionnées) dont l’entablement complet porte au droit des ressauts huit statues des soldats français de différentes armes ; 2o d’un attique qui reçoit la dédicace et des bas-reliefs allégoriques ; 3o d’un double socle élevé au-dessus de l’arcade. Les massifs sont en pierres de liais, les colonnes en marbre rouge de Languedoc, et leurs bases et chapiteaux en bronze ; la frise de l’entablement est en griotte d’Italie.

Ce monument présente dans son ensemble les formes et les proportions de l’arc de Septime-Sévère, dont on voit les ruines dans le Campo-Vaccino, à Rome. Six bas-reliefs en marbre blanc décoraient notre arc triomphal. Il était surmonté d’un quadrige qui était lui-même un trophée. Ce char et ces quatre chevaux ornaient autrefois le temple du Soleil à Corinthe. Ils furent transportés à Rome sous le règne de Néron, à Venise par le doge Dandolo, et à Paris par Napoléon. — Les revers de 1814 et de 1815 firent disparaître le char et les bas-reliefs. Ces derniers furent remplacés en 1825 par d’autres représentant les hauts-faits de la campagne du duc d’Angoulême en Espagne. En 1830, ils furent brisés et l’on remit les anciens que nous voyons encore aujourd’hui. Depuis 1836, le double socle est surmonté d’un nouveau quadrige que nous devons à M. Bosio. La hauteur totale du monument est de 14 m. 60 c., non compris le double socle. Sa longueur est de 17 m. 60 c. et sa profondeur de 10 m.

Carrousel (pont du).

Situé entre les quais du Louvre et de Voltaire.

Une ordonnance royale du 11 octobre 1831, autorisant la construction de ce pont, en a déclaré concessionnaire le sieur Rangot qui a passé ses droits à M. Borde. Depuis le 13 mai 1837, il appartient à une société anonyme. La durée de cette concession a été fixée à 34 années 10 mois, qui, partant du 1er janvier 1833, doivent expirer au 1er novembre 1867. Ce pont, commencé en 1832, sous la direction habile de l’ingénieur Polonceau, a été livré à la circulation le 30 octobre 1834. Il est ouvert aux piétons et aux voitures, qui doivent acquitter un droit. Il est en fer fondu et composé de trois arches de 47 m. 67 c. d’ouverture ; ces arches sont formées par des arcs en fonte ayant la forme de tuyaux courbés à section elliptique. Sa largeur entre les garde-corps est de 11 m. 85 c. Il a coûté 900,000 fr. Outre cette dépense, la compagnie a été tenue de verser au trésor une somme de 80,000 fr. destinée à l’ornement du pont. L’administration doit faire exécuter elle-même ces travaux d’embellissement.

Carrousel (rue du).

Commence aux place et rue du Musée ; finit à la place du Carrousel. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

« Au palais des Tuileries, le 26 février 1806. Il sera ouvert une rue de la largeur de 17 m. sur la direction du milieu du palais des Tuileries et du milieu de celui du Louvre. Les maisons qui se trouvent sur l’alignement de cette rue seront démolies et la rue percée avant le 1er novembre prochain. La nouvelle rue prendra le nom de rue Impériale. Les façades de cette rue seront bâties sur un plan régulier qui sera proposé par l’architecte de notre palais des Tuileries. Signé Napoléon. (Extrait du décret). — La rue fut immédiatement percée, mais les dispositions de ce décret en ce qui concernait l’établissement des façades régulières et la largeur de la rue ne reçurent point leur exécution. En 1815, cette communication qui n’est point reconnue voie publique par l’administration municipale, prit le nom de rue du Carrousel (voyez l’article de la place du Carrousel).

Cassette (rue).

Commence à la rue du Vieux-Colombier, nos 21 et 23 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 66 et 68. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 368 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Dès 1546 elle portait le nom de rue de Cassel, qu’elle devait à l’hôtel qui y était situé. La dénomination de Cassette n’est qu’une altération. La largeur de cette voie publique a été fixée à 6 m. 8 déc., par arrêté de l’administration des travaux publics et par une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech. Les maisons portant les nos 1, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37 et 39 ; 6 et 12, sont alignées. — Conduite d’eau entre les rues Carpentier et Honoré-Chevalier. — Éclairage au gaz (compe Française).

Les propriétés portant aujourd’hui les nos 18, 20, 22 et 24 représentent l’emplacement occupé avant 1790 par le couvent des Filles-du-Saint-Sacrement, dont nous traçons ici l’origine. Les religieuses connues sous le nom de Bénédictines de la Conception de Notre-Dame de Rambervilliers, quittèrent leur pays dévasté par les gens de guerre. En 1643, elle se retirèrent à Saint-Maur, près Paris. En 1650, elles habitaient une maison de la rue du Bac, qu’elles quittèrent pour aller dans la rue Férou. Les lettres-patentes qui confirmaient leur établissement sont du mois de mai 1653. Le 12 mars 1654, la croix fut posée dans la chapelle de ce couvent, dont la reine Anne d’Autriche s’était déclarée protectrice. Cette reine tenant un cierge à la main vint expier solennellement les outrages faits au Saint-Sacrement pendant la guerre civile. Une de ces religieuses devait répéter chaque jour la même expiation. Elle venait, la corde au cou, portant à la main une torche allumée, se mettre à genoux devant un poteau dressé au milieu du chœur et faisait amende honorable à Dieu des outrages commis contre le Saint-Sacrement. Leur maison de la rue Férou se trouvant trop petite, ces religieuses la quittèrent pour aller en occuper une plus vaste et plus commode dans la rue Cassette. Cette communauté fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, la plus grande partie de cette maison religieuse fut vendue le 27 prairial an IV.

Cassini (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Jacques, nos 20 et 22 ; finit à la rue d’Enfer, no 85. Le seul impair est 1 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 207 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Jusqu’en 1790 on l’appelait rue des Deux-Anges ou Maillet.

« Moniteur du 27 juin 1790. — Il y a longtemps que l’on a remarqué que les noms des grands hommes donnés aux rues de Paris, seraient un monument de notre gloire et un objet d’émulation. On a profité des nouvelles rues qui avoisinent le théâtre Français et le théâtre Italien, pour rendre ce tribut à nos auteurs dramatiques, mais on n’a rien fait dans ce genre en l’honneur des sciences. M. de La Lande a demandé à M. le maire et au bureau de la ville que la rue voisine de l’Observatoire fût appelée rue de Cassini, au lieu de rue Maillet. Le nom de Cassini, depuis quatre générations, illustre ce quartier et le nom est identifié, pour ainsi dire, avec l’astronomie ; aussi cette motion a-t-elle été accueillie, et l’on a placé de suite les nouveaux écriteaux. » — Jean-Dominique Cassini, célèbre astronome, naquit à Périnaldo, dans le comté de Nice, le 8 juin 1625. Il mourut en 1712. — Une décision ministérielle du 26 vendémiaire an XII, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. ; cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. La maison située sur le côté droit, à l’encoignure de la rue d’Enfer, est alignée. Les constructions situées sur le côté gauche, entre la rue du Faubourg-Saint-Jacques et le carrefour de l’Observatoire sont soumises à un retranchement de 4 m. à 5 m. 70 c. ; le surplus de ce côté devra au contraire avancer sur la voie publique.

Castellane (rue).

Commence à la rue Tronchet ; finit à la rue de l’Arcade, nos 12 et 14. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 136 m. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Une ordonnance royale du 24 mars 1825 autorisa les sieurs comte de Castellane et Gouin à ouvrir sur leurs terrains une rue de 12 m. de largeur, pour communiquer de la rue de l’Arcade à la rue Tronchet. Cette autorisation fut accordée, à la charge par les propriétaires de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage de la nouvelle rue ; de faire concorder les moyens d’écoulement d’eau au-dessus et au-dessous du sol dans ladite rue avec le système général des conduites d’eau souterraines adopté par le préfet du département, et sous la direction des architectes de la ville ; de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris ; et d’établir de chaque côté de ladite rue des trottoirs de 1 m. 50 c. de largeur. Ce percement fut immédiatement tracé. — M. le comte de Castellane était alors colonel des hussards de la garde royale. On ne commença à bâtir des maisons dans cette rue qu’en 1834. Aujourd’hui elle est entièrement bordée de constructions qui sont toutes alignées. — Conduite d’eau entre les rues Tronchet et Greffulhe. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Castex (rue).

Commence à la rue de la Cerisaie, nos 4 et 6 ; finit à la rue Saint-Antoine, no 218. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 158 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Cette rue a été ouverte en 1805, sur l’emplacement de l’ancien couvent de la Visitation des Filles-Sainte-Marie. — « Au palais de Saint-Cloud, le 11 juin 1806. Napoléon, empereur des Français, sur le rapport de notre ministre de l’intérieur, décrétons ce qui suit : — Article 1er. La rue bordant la partie latérale gauche de l’ancienne église des Dames-Sainte-Marie, allant de la rue Saint-Antoine à celle de la Cerisaie, et devant être prolongée jusqu’au quai Morland, prendra dans toute sa longueur, de la rue Saint-Antoine au quai, le nom de rue Castex, en mémoire du colonel du 13e régiment d’infanterie légère, tué à la bataille d’Austerlitz. — Art. 2. Notre ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent décret, signé Napoléon. Par l’empereur, le secrétaire d’état, signé H.-B. Maret. » Le prolongement de la rue Castex jusqu’au quai Morland n’a pas été exécuté. — Une décision ministérielle du 15 août 1809, et une ordonnance royale du 4 août 1838, ont maintenu la largeur primitive de la rue Castex qui est de 10 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Cerisaie jusqu’aux deux bornes-fontaines.

Castiglione (rue de).

Commence à la rue de Rivoli, nos 46 et 48 ; finit à la rue Saint-Honoré, no 349 et 351. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 155 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

« Paris le 17 vendémiaire an X de la république. — Les consuls de la république arrêtent : — Article 1er. Il sera percé une rue dans l’alignement de celle de la place Vendôme, sur les terrains des Feuillants et ceux du Manège jusqu’à la terrasse des Tuileries. — Art. 2. Les maisons et terrains environnants, mis à la disposition du gouvernement par la loi du 3 nivôse an VIII, seront vendus sur adjudication par la régie du domaine, avec charge aux acquéreurs de bâtir sur les plans et façades donnés par l’architecte du gouvernement, etc. — Le premier consul, signé Bonaparte. » — (Consulter l’arrêté des consuls du 1er floréal an X et le décret impérial du 11 juin 1811, à l’article de la rue de Rivoli). On donna à cette voie publique le nom de Castiglione, pour perpétuer le souvenir de cette bataille gagnée le 5 août 1796 par les Français sur les Autrichiens commandés par le feldmaréchal Wurmser. La rue de Castiglione est exécutée sur une largeur de 22 m. 50 c., non compris les portiques. — Une ordonnance royale du 4 octobre 1826 a maintenu la largeur de cette voie publique. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Catacombes (les).

Principale entrée dans la cour du pavillon ouest de la barrière d’Enfer.

Les catacombes sont d’immenses carrières dans lesquelles sont déposés les ossements extraits des églises et des cimetières détruits depuis plus de quarante années. — Dès le commencement du XIVe siècle, on voulut exploiter les bancs calcaires des carrières trouvées sous le faubourg Saint-Jacques, les territoires de Mont-Souris et de Gentilly. Ces exploitations furent faites sans surveillance et sans méthode. L’Observatoire, le Luxembourg, l’Odéon, le Val-de-Grâce, le Panthéon, l’église Saint-Sulpice et les voies publiques qui serpentent autour de ces monuments, étaient suspendus sur des abymes. Laissons parler M. Héricart-de-Thury : « Les souterrains dans lesquels sont établies les catacombes, dit ce savant, après avoir fourni les matériaux de construction de nos temples, de tous nos édifices, ont ensuite servi à recueillir les restes de nos ayeux, derniers vestiges de ces générations multipliées, enfouies et ensuite exhumées du sol de notre ville, où elles s’étaient succédé pendant un si grand nombre de siècles. L’idée de former dans les anciennes carrières de Paris ce monument unique est due à M. Le Noir, lieutenant-général de police. Ce fut lui qui en provoqua la mesure en demandant la suppression de l’église des Innocents, l’exhumation de son antique cimetière et sa conversion en voie publique. En 1780, la généralité des habitants, effrayée des accidents qui eurent lieu dans les caves de plusieurs maisons de la rue de la Lingerie, par le voisinage d’une fosse commune ouverte vers la fin de 1779 et destinée à contenir plus de deux mille corps, s’adressa au lieutenant-général de police, en démontrant les dangers, dont la salubrité publique était menacée par ce foyer de corruption, dans lequel, portait la supplique, le nombre des corps déposés excédant toute mesure et ne pouvant se calculer, en avait exhaussé le sol de plus de huit pieds au dessus des rues et habitations voisines. » Le cimetière des Innocents a dû, pendant sept siècles, dévorer douze cent mille cadavres. M. de Crosne, successeur de M. Le Noir, fit nommer par la société royale de médecine, une commission chargée de déterminer les moyens de parvenir à supprimer le cimetière des Innocents. On désigna pour recevoir les ossements du charnier des Innocents, les anciennes carrières situées dans la plaine de Mont-Souris, au lieu dit la Tombe-Isoire ou Isoard, ainsi appelée, dit-on, du nom d’un brigand qui exerçait ses rapines aux environs. « M. Guillaumot, premier inspecteur général ajoute M. Héricart de Thury, fit exécuter au commencement de 1786 les travaux nécessaires, pour disposer d’une manière convenable le lieu destiné à recueillir les ossements exhumés du cimetière des Innocents, et successivement ceux qui seraient retirés de tous les autres cimetières, charniers et chapelles sépulcrales de la ville de Paris. L’état de ces carrières abandonnées depuis plusieurs siècles, la faiblesse des piliers, leur écrasement, l’affaiblissement du ciel dans un grand nombre d’endroits, les excavations jusqu’alors inconnues des carrières inférieures, les dangers qu’elles présentaient, les piliers des ateliers supérieurs portant à faux, le plus souvent sur les vides des ateliers de dessous, les infiltrations et les pertes du grand aqueduc d’Arcueil, etc., furent autant de motifs qui déterminèrent l’inspection à apporter la plus grande activité dans ses travaux. Après avoir fait l’acquisition de la maison connue sous le nom de Tombe-Isoire ou Isoard, située dans la plaine de Mont-Souris, sur l’ancienne route d’Orléans, dite la Voie-Creuse, on fit un escalier de soixante-dix-sept marches, pour descendre dans les excavations à dix-sept mètres environ de profondeur et un puits muraillé pour la jetée des ossements. Durant ces premières dispositions, divers ateliers d’ouvriers étaient occupés, les uns à faire des piliers de maçonnerie, pour assurer la conservation du ciel des carrières dont on redoutait l’affaiblissement ; d’autres à faire communiquer ensemble les excavations supérieures et inférieures pour en former deux étages de catacombes ; d’autres enfin à construire les murs d’enceinte, destinés à cerner toute l’étendue que devait comprendre le nouvel ossuaire. » Ce grand travail fut achevé dans les derniers jours de mars 1786. Durant la révolution, les catacombes servirent aussi de sépulture à un grand nombre de victimes. En 1792, on supprima plusieurs églises et cimetières ; les ossements qu’ils contenaient furent portés au grand ossuaire des catacombes. En 1804, de nouvelles suppressions d’églises, en 1808, 1809 et 1811 des constructions faites dans la rue Saint-Denis, sur la place des Innocents, et sur l’ancien cimetière de l’île Saint-Louis, exigèrent de nouveaux transports. On doit à M. Frochot, préfet de la Seine, le bienfait d’avoir rendu intéressantes de vastes et sombres cavernes tapissées de têtes et d’ossements humains. — Trente à quarante générations sont venues s’y engloutir, et l’on a estimé que cette population souterraine est huit fois plus nombreuse que celle qui respire à la surface du sol de Paris. On descend dans les catacombes par trois escaliers différents : le premier est situé, comme nous l’avons dit, dans la cour du pavillon occidental de la barrière d’Enfer ; le second, à la tombe Isoard ; le troisième, dans la plaine de Mont-Souris. Il y a trois portes : l’une appelée la porte de l’Ouest ; l’autre à l’est, nommée porte de Port-Mahon la troisième au sud, sous la Tombe-Isoire. — On trouve aux catacombes deux collections fort intéressantes : 1o une collection minéralogique qui offre une série complète de tous les échantillons des bancs de terre et de pierre qui constituent le sol des catacombes ; 2o une collection pathologique, où sont classées avec méthode toutes les espèces d’ossements déformés par quelques maladies. En parcourant ces souterrains funèbres, on reçoit à chaque instant des leçons salutaires. Quelle reconnaissance ne devons-nous pas aussi à ces hommes bienfaisants, à ces administrateurs dont les travaux ont eu pour résultat d’assurer la sécurité des habitants de la rive gauche, menacés à chaque instant d’être engloutis dans les entrailles de la terre : Écoutons encore M. Héricart de Thury. — « Dans nos recherches et nos travaux, dit-il, nous nous sommes particulièrement attachés à établir le rapport le plus rigoureux, ou, si l’on me permet l’emploi de ce mot, la corrélation la plus intime et la plus réciproque des détails de la surface et de l’état des vides. C’est en suivant ce plan d’une manière uniforme, que nous avons tracé, ouvert et conservé au-dessous et à l’aplomb de chaque rue, une ou deux galeries, suivant la largeur de la voie, de manière à diviser respectivement les quartiers, à isoler les massifs, à préparer la reconnaissance des propriétés, à déterminer leur étendue, à fixer leurs limites au-dessous de celles de la surface ; à tracer à plus de quatre-vingts pieds de profondeur, le milieu des murs mitoyens, sous le milieu même de leur épaisseur, à rapporter le numéro de chaque maison exactement au-dessous de celui de la propriété ; enfin, je le répète, à établir un tel rapport entre le dessous et le dessus, qu’on peut en voir et en vérifier la rigoureuse correspondance sur les plans de l’inspection. »

Catherine (marché Sainte-).

Situé entre les rues Ducolombier, Dormesson et Caron. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Ce marché a été ouvert sur une partie de l’emplacement de l’ancien couvent de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

L’ordre du Val-des-Écoliers fut fondé vers l’an 1201, par quatre célèbres professeurs de Paris, dans une vallée du diocèse de Langres. Ils y bâtirent quelques maisons, élevèrent un oratoire, et choisirent sainte Catherine pour patronne. Bientôt cet ordre se répandit dans plusieurs provinces, et l’ancien prieuré fut transféré, en 1224, dans une vallée de l’autre côté de la Marne. Ces religieux, désirant avoir un établissement à Paris, y envoyèrent un de leurs élèves.

Nicolas Gibouin, bourgeois de cette ville, à la prière du chevalier Jean de Milly, ci-devant trésorier du Temple, donna à la congrégation du Val-des-Écoliers, trois arpents de terre qu’il possédait à côté de la porte Baudeer (Baudoyer).

Dans le même temps, les archers de la garde du roi, dits gens d’armes, trouvèrent dans ce nouvel établissement, l’occasion de s’acquitter d’un vœu qu’ils avaient fait à la bataille de Bouvines, lorsque passant sur un pont et voyant Philippe-Auguste en danger, ils promirent de bâtir une église, si Dieu sauvait le roi.

Les sergents d’armes, après avoir obtenu le consentement de Guillaume, évêque de Paris, bâtirent l’église sur une partie du terrain qui avait été donné aux chanoines du Val-des-Écoliers.

Deux pierres scellées sur le portail, rappelaient la fondation de cette église. D’un côté, on voyait le roi saint Louis, entre deux archers de sa garde, tenant chacun une massue ; et de l’autre, un chanoine régulier, revêtu de sa chape, ayant près de lui deux hommes armés de pied en cap.

Les inscriptions portaient :

À la prière des sergents d’armes, monsieur sainct Loys fonda ceste église, et y mist la première pierre. Ce fust pour la joie de la vittoire qui fust au pont de Bovines, l’an 1214. Les sergents d’armes pour le temps gardaient le dit pont, et vouèrent que si Dieu leur donnait vittoire, ils fonderaient une église en l’honneur de madame saincte Katherine ; ainsi fust il.

La maison de sainte Catherine fut considérée plus tard comme le collége de tout l’ordre du Val-des-Écoliers. Les jeunes religieux qui l’habitaient furent admis aux degrés de l’Université.

L’église, achevée en 1229, servit aux sergents d’armes et aux chanoines réguliers. Après les funérailles de chaque sergent, son écu et sa masse étaient suspendus à la voûte de l’église. — Le dernier jour de juillet 1358, Étienne Marcel, prévôt des marchands, voulant livrer Paris aux troupes de Charles-le-Mauvais, roi de Navarre, fut tué près de la première porte ou bastille Saint-Antoine d’un coup de hache-d’armes, par Jean de Charny. Le cadavre du prévôt et ceux de ses complices, au nombre de cinquante-quatre, furent exposés devant l’église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers. — Le général de cette congrégation introduisit la réforme dans ce prieuré et dans toutes les maisons qui en dépendaient. Le 25 avril 1629, le père Faure, premier supérieur-général, instituteur d’une nouvelle congrégation de chanoines de la réforme de Sainte-Geneviève, passa un contrat avec les religieux de Sainte-Catherine, et prit possession de leur couvent. Cette maison, gouvernée alors par un prieur, servait de noviciat à ceux qui aspiraient au titre de chanoine régulier. Le portail de l’église Sainte-Catherine avait été élevé sur les dessins du père de Creil, chanoine de Sainte-Geneviève, architecte assez célèbre, né en 1633, et mort en 1708. — Par lettres-patentes du 23 mai 1767, le roi ordonna que les religieux de Sainte-Catherine feraient en son nom l’acquisition de l’église, terrain, bâtiments et dépendances, formant ci-devant la maison-professe des jésuites, et qu’ils seraient tenus d’y habiter et demeurer à perpétuité. Sa majesté décida, en outre, qu’aussitôt cette translation opérée, il serait établi sur l’emplacement du prieuré de la Couture, un marché en remplacement de celui qui se tenait dans la rue Saint-Antoine. Le célèbre architecte Soufflot était chargé de fournir les dessins du nouveau marché. La démolition des bâtiments du prieuré eut lieu de 1773 à 1774. Cependant l’église subsistait encore en 1777, lorsque de nouvelles lettres-patentes, données à Fontainebleau le 18 octobre, ordonnèrent la démolition de cet édifice et la vente aux enchères des terrains du prieuré. Ces mêmes lettres-patentes ordonnèrent également que les deniers provenant de cette aliénation seraient destinés à la construction de la nouvelle église Sainte-Geneviève. Les adjudicataires devaient procéder immédiatement à la construction du nouveau marché et à l’ouverture de plusieurs rues pour en faciliter l’accès, conformément au plan dressé par Soufflot. Les dispositions qui précèdent ne furent point exécutées, et le 6 octobre 1781, sa majesté ordonna l’exécution d’un nouveau plan tracé par le sieur Brébion, architecte. Ce plan fut encore modifié. Enfin des lettres-patentes du 15 février 1783 reçurent leur pleine et entière exécution. Le 20 avril de la même année, M. Dormesson, contrôleur-général des finances, posa la première pierre du marché. Les voies publiques qui furent formées sur l’emplacement du prieuré de Sainte-Catherine, sont : la place du Marché, les rues Caron, Dormesson, Ducolombier, Jarente, Necker, et l’impasse de la Poissonnerie.

Catherine (place du Marché Sainte-).

Commence à la rue Dormesson, nos 4 et 8 ; finit à la rue Caron, nos 1 et 2. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Formée en vertu des lettres-patentes du 15 avril 1783, cette place a été exécutée en 1784, sur l’emplacement du prieuré royal de la couture Sainte-Catherine. — Une décision ministérielle du 22 juillet 1823 a maintenu cette place dans son état actuel. Sa largeur est de 29 m. — Conduite d’eau. Éclairage au gaz (compe Parisienne). (Voyez l’article précédent.)

Catherine (rue Culture-Sainte-).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 99 et 101 ; finit à la rue du Parc-Royal, no 1. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 386 m. — Les impairs, de 1 à 23 inclusivement, sont du 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean ; de 25 à la fin et tous les pairs, 8e arrondissement, quartier du Marais.

Dans les actes du XIIIe siècle, elle est nommée Culture et Couture-Saincte-Katherine. De la rue des Francs-Bourgeois à celle du Parc-Royal, elle est indiquée sur quelques plans sous le nom de rue du Val. Sa dénomination lui vient des chanoines réguliers de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers (voyez l’article Catherine, marché Sainte-). — Une décision ministérielle, du 13 fructidor an VII, signée Quinette, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 1, 3, 5, 7, 9, 21, 21 bis, 23 ; 8, 10, 12, 38, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52 et 54 sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue Neuve-Sainte-Catherine. — Conduite d’eau entre cette voie publique et la rue Saint-Antoine. — Éclairage au gaz (compes Parisienne et Lacarrière).

Cette rue fut en 1391 le théâtre d’un assassinat ; en voici la cause. Le duc d’Orléans, frère de Charles VI, était amoureux d’une juive qu’il allait souvent visiter secrètement. Pierre de Craon, seigneur de Sablé et de la Ferté-Bernard, son chambellan et son favori, eut l’indiscrétion d’avertir la duchesse de l’infidélité de son mari. Ce seigneur raconta non-seulement toute cette intrigue à la duchesse, mais encore il en amusa tous les courtisans. Le connétable de Clisson qui se trouvait parmi les auditeurs, rapporta de point en point toute la conversation de Craon au duc d’Orléans qui, irrité contre son favori, le chassa honteusement de sa maison. Pierre de Craon résolut de tirer vengeance du tort que le connétable lui avait fait dans l’esprit du duc son maître. La nuit du 13 au 14 juin 1391, Craon attendit le connétable dans la rue Culture-Sainte-Catherine ; le voyant passer suivi de deux domestiques, il fondit sur lui à la tête d’une vingtaine d’assassins. Clisson, qui n’avait pour toute arme qu’un simple coutelas, se défendit néanmoins avec vigueur, mais attaqué de tous côtés, et percé de trois coups d’épée, il tomba de cheval et donna de la tête dans une porte qui s’ouvrit. « La besogne est faite, dit alors Craon, allons-nous en, le connétable a été frappé de bon bras. » — Le bruit de cet assassinat parvint aussitôt aux oreilles du roi, qui allait se mettre au lit. Il se revêtit d’une houppelande ; on lui bouta ses souliers ès-pieds, et il courut à l’endroit où on disait que son connétable venait d’être occis. Charles VI le trouva baigné dans son sang, dans la boutique d’un boulanger. Le roi fit visiter les blessures qui heureusement se trouvèrent peu dangereuses. — « Connétable, lui dit-il, oncques chose ne fut telle, ni ne sera si fort amendée. » Trois des meurtriers furent pris et exécutés ; mais le plus coupable, Pierre de Craon, parvint à se réfugier auprès du duc de Bretagne. Son hôtel fut démoli et l’emplacement donné pour servir de cimetière à la paroisse Saint-Jean. Ce cimetière a été changé depuis en marché. À la prière du roi d’Angleterre, cet assassin obtint sa grâce en 1395.

Au no 23 on remarque l’hôtel de Carnavalet. Commencé par Bullant, continué par Du Cerceau, cet hôtel fut achevé par François Mansart. Madame de Sévigné et sa fille l’habitèrent quelques temps. On y admire les statues de la Force et de la Vigilance, dues au ciseau du célèbre Jean Goujon.

Les maisons portant les nos 25 et 27 ont été bâties sur l’emplacement du couvent des Annonciades célestes, dites Filles-Bleues. Ce couvent fut fondé par la marquise de Verneuil. Le roi autorisa cet établissement par lettres-patentes, enregistrées le 31 août 1623. Ces nouvelles religieuses achetèrent en 1626 l’hôtel de Dainville, moyennant 96,000 livres. Elles portaient un habit blanc, un manteau et un scapulaire bleus, ce qui leur avait fait donner le nom d’Annonciades célestes, et vulgairement celui de Filles-Bleues. On allait à l’église des Annonciades pour admirer le tableau du maître-autel, représentant une Annonciation peinte par le Poussin. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 29 fructidor an IV.

Catherine (rue Neuve-Sainte-).

Commence aux rues du Val-Sainte-Catherine, no 23, et Saint-Louis, no 1er ; finit aux rues Pavée, no 24, et Payenne, no 2. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 193 m. — Les numéros impairs de 1 à 23 et tous les pairs sont du 8e arrondissement, quartier du Marais ; les constructions portant le no 25 dépendent du 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Elle faisait autrefois partie de la rue des Francs-Bourgeois, dont elle portait le nom. Vers la fin du XVIIIe siècle, elle prit la dénomination qu’elle conserve encore aujourd’hui, parce qu’elle longeait le couvent des chanoines réguliers de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers. — Une décision ministérielle, à la date du 23 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 septembre 1826, cette largeur est portée à 10 m. Les constructions nos 25, 2 et 18 sont alignées. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Catherine (rue Sainte-).

Commence à la rue Saint-Thomas, nos 9 et 11 ; finit à la rue Saint-Dominique, nos 14 et 16. Le dernier impair est 1 bis ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 68 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

L’emplacement occupé aujourd’hui par cette voie publique faisait anciennement partie d’un clos de vignes appartenant aux Dominicains dits depuis Jacobins. Ces religieux obtinrent, le 18 mars 1546, des lettres-patentes de François Ier, qui leur permettaient d’aliéner ce terrain. La vente en fut faite en 1550, et la condition d’ouvrir plusieurs rues fut imposée aux acquéreurs. Celle qui nous occupe ne fut entièrement bordée de constructions qu’en 1588. Elle prit d’une enseigne le nom de Sainte-Catherine. — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons situées sur le côté gauche sont alignées. Celles du côté opposé devront subir un retranchement de 1 m. 10 c.

Caumartin (rue de).

Commence à la rue Basse-du-Rempart, nos 58 et 60 ; finit à la rue Neuve-des-Mathurins, nos 55 et 57. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 315 m. — 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Autorisée et dénommée par lettres-patentes du 3 juillet 1779, cette rue a été ouverte en avril 1780 sur les terrains appartenant à MM. Charles-Marin Delahaye, fermier-général, et André Aubert, architecte. La largeur assignée à ce percement était de 30 pieds (voyez Boudreau, rue). — La copie de la lettre du roi qui désigna M. de Caumartin à la place de prévôt des marchands mérite d’être rapportée. — « À nos chers et bien amés les prévôt des marchands et échevins, conseillers, quarteniers, dixainiers et cinquanteniers de notre bonne ville de Paris. De par le roi, très chers et bien amés, voulant pourvoir à ce que la charge de prévôt des marchands de notre bonne ville de Paris, que notre amé et féal le sieur de La Michodière, conseiller ordinaire en notre conseil d’État, exerce depuis plus de six ans d’une manière si digne de notre confiance, soit remplie par une personne qui puisse s’en acquitter avec le même zèle pour notre service, maintenir l’ordre et concourir à ce qui peut concerner l’avantage de notre ville, nous avons fait choix de notre amé et féal le sieur Lefebvre de Caumartin, conseiller en tous nos conseils, maître des requêtes honoraire de notre hôtel qui, dans toutes les charges et emplois dont il a été successivement revêtu et particulièrement dans les intendances de Metz et de Lille, nous a toujours donné des preuves de son zèle invariable pour notre service et de notre intention sur tout ce qui pouvait intéresser le bien public, nous désirons que dans l’assemblée qui doit être tenue au mois d’août 1778 pour procéder à l’élection du dit prévôt des marchands, vous ayez donner vos voix au dit sieur Lefebvre de Caumartin, afin que par vos suffrages et selon la forme accoutumée, il soit élu en la dite charge, si n’y faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Versailles le 16 mai 1778. Signé Louis. » — M. de Caumartin remplit l’importante fonction de prévôt des marchands jusqu’en 1784. — Une décision ministérielle du 22 plairial an V, signée Benezech, a maintenu la largeur fixée par les lettres-patentes. — Conduite d’eau depuis la rue Basse-du-Rempart jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Célestins (caserne des).

Située dans la rue du Petit-Musc, no 2. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Cette caserne occupe une partie des anciens bâtiments du couvent des Célestins, dont nous traçons ici l’origine. Saint Louis avait amené de la Palestine six religieux du Mont-Carmel, depuis connus sous le nom de Carmes et qu’on appelait alors les Barrés en raison de leurs manteaux rayés de noir et de blanc. Le roi donna d’abord il ces religieux un vaste terrain qui faisait partie du Champ-au-Plâtre. Ces moines ayant abandonné cet endroit pour aller à la place Maubert, vendirent l’emplacement qu’ils venaient de quitter à Jacques Marcel, bourgeois de Paris. Ce nouveau propriétaire fit bâtir sur ce terrain deux chapelles et les dota chacune de 20 livres de rentes amorties. L’acte de fondation fut approuvé le 1er juin 1319 par l’évêque de Paris. Le terrain et les deux chapelles passèrent à Garnier Marcel, fils du précédent, qui les donna aux Célestins par contrat du 10 novembre 1352. Ces moines étaient ainsi nommés parce qu’ils avaient été institués par le pape Célestin V. Touché de leur piété, le roi Charles V ordonna la construction d’une nouvelle église, dont il posa la première pierre, le 24 mars 1367. Guillaume de Melun, archevêque de Sens, qui consacra l’église, donna une image de saint Pierre en argent. Le jour de cette consécration le roi présenta à l’offrande une grande croix d’argent doré, et la reine une image de la Vierge, aussi d’argent doré. Les bienfaits du monarque et de son épouse leur firent donner le titre de fondateurs, et leurs statues, en pierre, ornèrent le portail de cette église. Les secrétaires du roi fondèrent dans cette église une confrérie dont ils étaient tous membres. Les Célestins furent exemptés de toutes contributions publiques, même des taxes que payait ordinairement le clergé. Charles VI, dans des lettres du 26 septembre 1413, en octroyant une certaine quantité de sel, les appelle nos biens amez chapelains et orateurs en Dieu, les religieux, prieur et couvent de nostre prieuré et monastère de Nostre-Dame des Célestins de Paris. — Ces religieux avaient en outre la jouissance d’une charge de secrétaire du roi.

Un nombre considérable de princes et de princesses avaient leur sépulture dans cette église. Parmi tous leurs fastueux mausolées, on distinguait une tombe modeste. Au-dessus était une urne toute petite et aussi simple que la tombe. Cette urne renfermait le cœur d’un enfant, duc de Valois, et portait cette épitaphe :

blandulus, eximius, pulcher, dulcissimus infans,
deliciæ matris, deliciæque patris,
hic situs est, teneris raptus Valesius annis,
ut rosa quæ subitis imbribus icta cadit.

Le cloître des Célestins, construit en 1539, était un des plus beaux de Paris. Le plafond de l’escalier, peint par Bon Boulogne, représentait l’apothéose du fondateur de l’ordre, Pierre Moron, enlevé dans les cieux par un groupe d’anges. Leur jardin spacieux et bien situé régnait le long des murs de l’Arsenal. Les Célestins furent supprimés en 1779. Les Cordeliers vinrent quelque temps les remplacer, mais on permit bientôt aux Célestins de rentrer dans leur couvent. Supprimée en 1790, cette maison devint propriété nationale. Les ouvrages d’art que renfermait l’église furent transportés au musée des monuments français. Depuis, les bâtiments furent affectés à une caserne.

En vertu d’une ordonnance royale du 5 février 1841, trois immeubles ont été cédés par l’État à la ville de Paris pour la caserne des Célestins :

1o La caserne proprement dite, moyennant le prix de 
 1,277,385 fr. 34 c.
3o Un bâtiment contigu dépendant de la bibliothèque de l’Arsenal, moyennant 
 74,480 fr. 95 c.
3o Une maison domaniale sur la rue de Sully, moyennant 
 15,774 fr. 50 c.

Total 
 1,367,640 fr. 79 c.

Cette caserne est occupée aujourd’hui par la garde municipale.

Célestins (quai des).

Commence à la rue de Sully et au quai Morland ; finit à la rue Saint-Paul, no 2. Le dernier numéro est 30. Sa longueur est de 170 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Son nom lui vient des religieux Célestins qui s’y établirent en 1352. Ce quai fut refait et pavé en 1705. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, avait déterminé pour cette voie publique un alignement qui faisait subir aux propriétés riveraines un retranchement considérable. Cet alignement a été modifié en vertu d’une ordonnance royale du 4 août 1838, et les constructions ne devront éprouver aucun retranchement. Les maisons nos 16 et 18 sont seules assujetties à un léger redressement. — Égout. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Paul jusqu’à la borne-fontaine.

La principale entrée de l’hôtel de Saint-Paul se trouvant anciennement sur le quai des Célestins, nous allons tracer l’historique de cette maison royale. Son vaste emplacement s’étendait depuis le cours de la Seine jusqu’à la rue Saint-Antoine, et depuis la rue Saint-Paul jusqu’aux fossés de l’Arsenal et de la Bastille. Le dauphin Charles, régent du royaume pendant la captivité du roi Jean, acheta plusieurs hôtels, maisons et jardins, dont il forma un ensemble auquel il donna le nom d’hôtel de Saint-Paul, en raison du voisinage de l’église ainsi appelée. Par lettres datées de juillet 1364, Charles V réunit l’hôtel de Saint-Paul au domaine de la couronne, et l’érigea en habitation du roi pour tenir rang après le Palais-Royal (aujourd’hui le Palais-de-Justice). Dans le préambule de l’acte de réunion, on lit : Considérant que nostre hostel de Paris, l’hostel Saint-Paul, le quel nous avons acheté et fait édifier de nos propres deniers, est l’hostel solemnel des grands esbatements et auquel nous auons eu plusieurs plaisirs, etc. Le même roi agrandit sa demeure, de l’hôtel des archevêques de Sens, situé sur le quai des Célestins, de celui de l’abbé de Saint-Maur et de celui de Put-y-Musse. Charles son fils occupa l’hôtel de Saint-Maur, situé sur l’emplacement où depuis a été percée la rue Neuve-Saint-Paul. Sur ces vastes terrains, il fit aussi construire l’hôtel de la Reine, les bâtiments dits de Beautreillis, des Lions, de la Pissotte, et l’hôtel neuf du Pont-Perrin. Ces constructions, d’un genre différent, réunies dans une même enceinte et élevées à diverses époques, ne purent jamais former un ensemble régulier. Charles V logeait dans l’hôtel de l’archevêque de Sens, qui se trouvait sur le quai des Célestins. Les historiens nous ont conservé quelques détails assez curieux sur l’appartement du roi. Il consistait d’abord en une vaste antichambre et une chambre de parade appelée la chambre à parer. Cette pièce, qui avait 30 m. de longueur sur 12 de largeur, était aussi nommée chambre de Charlemagne. À la suite de cette pièce on trouvait successivement celle du gîte du roi, celle des nappes, la chambre d’étude, celle des bains, etc. Les poutres et solives des principaux appartements étaient ornées de fleurs de lys d’étain doré. Il y avait des barreaux de fer à chaque fenêtre, avec un treillage de fil de fer pour empêcher les oiseaux de venir faire leurs ordures dans les chambres. Les vitres, peintes de différentes couleurs et chargées d’armoiries, de devises et d’images de saints, étaient semblables aux vitraux de nos anciennes basiliques. On n’y voyait d’autres sièges que des bancs ou des escabelles ; le roi seul avait des chaises à bras garnies de cuir rouge avec franges de soie. Les lits, qu’on nommait couches alors, étaient recouverts d’un drap d’or. Les mémoires du temps nous apprennent que les chenets de fer de la chambre du roi pesaient 180 livres. Dans l’hôtel de Saint-Maur, aussi nommé de la Conciergerie, où logeaient le Dauphin Charles et Louis, duc d’Orléans, on remarquait une pièce appelée le retrait où dit les heures Monsieur Louis de France. Les jardins n’étaient point plantés d’ifs et de tilleuls, mais de pommiers, de poiriers, de vignes et de cerisiers. On y voyait la lavande, le romarin, des fèves, de longues treilles. On sait que c’est d’une belle treille qui faisait le principal ornement de ces jardins et d’une belle allée plantée de cerisiers, que l’hôtel, la rue Beautreillis et celle de la Cerisaie ont pris leurs noms. Les basses-cours étaient flanquées de colombiers et remplies de volailles que les fermiers des terres et domaines du roi étaient tenus de lui envoyer, et qu’on engraissait pour sa table et pour celle de ses commensaux. On y voyait aussi une volière, une ménagerie pour les grands et petits lions. Cet hôtel, comme toutes les maisons royales de ce temps, était flanqué de grosses tours ; l’on trouvait alors que ces constructions massives donnaient à de tels édifices un caractère de puissance et de majesté. Le roi, la reine, les enfants de France, les princes du sang, les connétables, les chanceliers et les grands en faveur, y avaient d’immenses appartements, accompagnés de chapelles, de jardins, de préaux, de galeries ; on y comptait plusieurs grandes cours, une entre autres si spacieuse qu’on y faisait les exercices de chevalerie et qu’elle en avait pris le nom de cour des joûtes. Dans la suite, l’hôtel de Saint-Paul où l’on respirait un air fétide, produit par le voisinage des égouts et des fossés de la ville, fut abandonné par nos rois, qui préférèrent le palais des Tournelles. L’hôtel de Saint-Paul abandonné tombait en ruine lorsqu’on 1516 François Ier voulut en vendre une partie à Jacques Genouillac, dit Gaillot, grand-maître de l’artillerie. Sur cet emplacement on établit dans la suite l’Arsenal. Toutes les autres parties de cette habitation furent successivement vendues, et aux XVIe et XVIIe siècles on ouvrit sur leur terrain des rues dont les noms rappellent les principaux ornements du palais de Charles V.

Cendrier (rue du).

Commence à la rue du Marché-aux-Chevaux, nos 20 et 22 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Marcel, nos 25 et 27. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 2 bis. Sa longueur est de 77 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue a été ouverte sur le clos de la Cendrée (locus Cinerum). Le nom de Cendrier n’est qu’une altération. — Une décision ministérielle à la date du 7 septembre 1818, et une ordonnance royale du 24 avril 1837, ont fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. La propriété no 1 est alignée ; celle no 3 est soumise à un retranchement de 3 m. 40 c. environ. Les constructions du côté opposé ne devront subir qu’un léger redressement.

Censier (rue).

Commence à la rue du Jardin-du-Roi, nos 21 et 23 ; finit à la rue Mouffetard, nos 175 et 177. Le dernier impair est 45 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 480 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

On la nomma d’abord rue Sans-Chef (c’était une impasse) ; puis, par corruption, Sencée, Sentier, et enfin Censier. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé à 7 m. la moindre largeur de cette voie publique. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf redressement qui n’excède pas 40 c. Les maisons nos 8, 16, 18 et 20 ne sont pas soumises à retranchement ; le surplus devra reculer de 70 c. à 1 m. — Égout et conduite d’eau.

Au no 11 était la principale entrée de l’hôpital de la Miséricorde. Une inscription placée dans la chapelle de cet établissement, portait ce qui suit : Le 17 janvier 1624, M. Antoine Séguier fonda et fit bâtir cet hôpital pour cent pauvres orphelines. Le roi ordonna par lettres patentes du 22 avril 1656, que les compagnons d’arts et métiers, qui, après avoir fait leur apprentissage, épouseraient les filles de cette maison, seraient reçus maîtres sans faire de chef-d’œuvre et sans payer aucun droit de réception. Cette maison fut supprimée pendant la révolution.

Cerf (passage de l’Ancien Grand-).

Commence à la rue Saint-Denis, no 237 ; finit à la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, no 8. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Ce passage, construit sur l’ancien roulage du Grand-Cerf, qui lui a donné son nom, a été commencé en 1824 et terminé en 1825 par M. Devaux.

Cerisaie (rue de la).

Commence au boulevart Bourdon, no 12 ; finit à la rue du Petit-Musc, nos 8 et 10. Le dernier impair est 37 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 264 m. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Ouverte en 1516, sur une partie du jardin de l’hôtel royal de Saint-Paul, cette rue a remplacé une belle allée de cerisiers dont elle a retenu le nom. Depuis, elle a été prolongée de la rue de Lesdiguières au boulevart Bourdon. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35 et 37 sont alignées ; le surplus de ce côté n’est soumis qu’à un faible retranchement. Les propriétés du côté des numéros pairs devront reculer de 2 m. environ. — Conduite d’eau.

L’hôtel de Lesdiguières avait son entrée dans cette rue. Il avait été construit par le fameux financier Sébastien Zamet. Ses héritiers le vendirent à François de Bonne, duc de Lesdiguières et connétable de France. Il passa ensuite par succession dans la maison de Villeroy et subit enfin le sort de toutes les grandes propriétés, qui furent morcelées pendant la révolution. Pierre-le-Grand y avait logé en 1717. En 1742, ses magnifiques jardins ne contenaient plus qu’un seul monument : c’était le tombeau d’une chatte qui avait appartenu à Françoise-Marguerite de Gondy, veuve d’Emmanuel de Créqui, duc de Lesdiguières. On y lisait une épitaphe dont le tour élégant révèle un égoïsme bien naïf :

Cy gist une chatte jolie.
Sa maîtresse qui n’aima rien
L’aima jusqu’à la folie.
Pourquoi le dire ? on le voit bien.

Chabanois (rue de).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, nos 22 et 21 ; finit aux rues Rameau, nos 9 et 11, et Sainte-Anne, nos 52 et 54. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 165 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Louis, par la grâce de Dieu, etc… Ordonnons, voulons et nous plait ce qui suit : — Article 1er. Il sera ouvert aux frais du sieur Claude-Théophile-Gilbert Colbert, marquis de Chabanois, sur le terrain de l’hôtel de Saint-Pouanges à lui appartenant, sis rue Neuve-des-Petits-Champs, une nouvelle rue formant équerre, donnant d’un bout dans la rue Neuve-des-Petits-Champs et de l’autre dans la rue Sainte-Anne, et ayant dans toute son étendue vingt-quatre pieds de largeur, laquelle portera le nom de Chabanois, etc. Donné à Versailles, le 10e jour d’avril, l’an de grâce 1773, et de notre règne le 58e. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes.) — M. le marquis de Chabanois n’ayant pas profité immédiatement de cette autorisation, de nouvelles lettres-patentes lui furent accordées le 4 juin 1775. Registrées au parlement le 13 juillet suivant, ces lettres-patentes furent exécutées en 1776, ainsi que le constate un procès-verbal d’alignement dressé par le bureau de la ville le 21 mai de cette année. Une ordonnance royale, en date du 4 octobre 1826, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Une autre ordonnance du 26 mai 1838 a prescrit le prolongement en ligne droite jusqu’à la rue Rameau, de la partie de la rue de Chabanois prenant naissance à la rue Neuve-des-Petits-Champs. Cette ordonnance a autorisé le préfet de la Seine à accepter le montant des souscriptions qui avaient été offertes à la ville par les propriétaires riverains de la rue de Chabanois, pour contribuer aux frais du nouveau percement et qui avaient été versées par eux dans la caisse du receveur municipal. Ce prolongement a été immédiatement exécuté. La rue de Chabanois forme aujourd’hui deux parties bien distinctes : il faudrait à chacune un nom particulier. Les maisons du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté opposé devront subir un retranchement qui varie de 2 m. à 2 m. 30 c. — Conduite d’eau entre la rue Sainte-Anne et les deux bornes fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chabrol (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 127 et 129 ; finit à la rue de La Fayette, no 4. Le dernier impair est 67 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 460 m. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Une ordonnance royale à la date du 29 mai 1822, a autorisé M. le comte Charpentier à ouvrir sur ses terrains une rue de 12 m. de largeur pour communiquer de la rue du Faubourg-Poissonnière, vis-à-vis la rue Bellefond, au faubourg Saint-Denis.

Cette ordonnance porte que sur les 12 m. auxquels la largeur de la rue est fixée, le comte Charpentier fournira 10 m. sur toute la longueur de sa propriété ; le surplus lui sera payé à raison de 7 m. 86 c. le mètre carré.

Toutes les dépenses exigées par l’ouverture de la rue, telles que déblais, remblais, premier pavage, etc., devaient être supportées, savoir : cinq sixièmes par le comte Charpentier, et un sixième par la ville de Paris.

Cette rue fut immédiatement tracée, et reçut, en vertu d’une décision ministérielle du 1er juillet suivant, le nom de rue Chabrol. Peu de temps après la révolution de 1830, les habitants du quartier donnèrent à cette voie publique le nom de M. Delaborde, chargé provisoirement alors de la préfecture de la Seine. Le 12 août 1835, une décision ministérielle, signée Gasparin, lui a rendu sa première dénomination. En vertu d’un arrêté préfectoral du 10 octobre suivant, on a procédé à la régularisation du numérotage de cette rue. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Égout entre les rues d’Hauteville et du Faubourg-Poissonnière. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à celle des Magasins. — Éclairage au gaz (compe Française).

Gilbert-Joseph-Gaspard Chabrol-de-Volvic naquit en Auvergne et fut d’abord élève de l’école polytechnique. Il fit partie de l’expédition d’Égypte comme ingénieur et coopéra au grand ouvrage sur cette contrée. Le 18 brumaire an VIII, il fut nommé sous-préfet et en 1806 préfet de Montenotte. Il remplaça en 1812 le comte Frochot à la préfecture de la Seine, qu’il dirigea jusqu’en 1830. La ville de Paris doit de nombreuses améliorations à M. Chabrol et le regarde à juste titre comme un de ses meilleurs administrateurs. M. Chabrol est mort à Paris le 30 avril 1843.

Chabrol (rue Neuve-).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 137 et 139 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Denis, nos 122 et 128. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 8 bis. Sa longueur est de 228 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Elle a été ouverte sans autorisation, en 1826, sur les terrains appartenant à madame la baronne de Bellecôte et à MM. Chobert et Philippon. Ces terrains provenaient de l’ancienne foire de Saint-Laurent. — Un arrêté préfectoral, en date du 7 décembre 1840, a prescrit l’établissement de clôtures aux deux extrémités de cette rue qui forme le prolongement de la rue Chabrol. Portion d’égout du côté de la rue du Faubourg-Saint-Martin. — Éclairage au gaz (compe de Belleville).

Chaillot (rue de).

Commence à l’impasse de la Croix-Boissière et à la rue Gasté ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 105 et 107. Le dernier impair est 107 ; le dernier pair, 78 ter. Sa longueur est de 896 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

On ne voyait anciennement sur la côte qui s’étend jusqu’au-delà du bois de Boulogne, qu’un seul village qui au VIIe siècle s’appelait en latin Nimio, dont on fit en français Nijon. Dans un testament de Bertram, évêque du Mans, qui mourut en 623, ce saint homme lègue à l’évêque de Paris ce village de Nimio, dont il était devenu propriétaire tant par acquisition que par donation de Clotaire II. Plus tard les habitants de Nijon se répandirent sur les deux côtés de la colline ; les uns se dirigèrent vers l’occident, y bâtirent peu à peu un village qui prit le nom d’Auteuil ; les autres s’établirent un peu plus près de Paris, sur la partie orientale de la côte, dans un endroit où l’on venait d’abattre une partie de la forêt nommée le Rouvret. Ce second village prit le nom de Chail, que les titres du XIVe siècle traduisent en latin par destructio arborum. De Chail on a fait Chaillot. Ce hameau faisait partie du domaine du roi. Avant l’origine des affranchissements, c’est-à-dire au XIIe siècle, il y régnait une coutume, nommée Béfert ou Béfeht, qui mérite d’être rapportée. La femme et les enfants, contre l’usage ordinaire, suivaient le sort du mari quant à la servitude ; par exemple, une femme de Chaillot, serve du roi par naissance, qui épousait un homme serf de Sainte-Geneviève à Auteuil, devenait serve de l’abbaye de Sainte-Geneviève, ainsi que tous les enfants qu’elle mettait au monde ; et réciproquement, si une femme d’Auteuil épousait un homme serf du village de Chaillot, la femme et les enfants devenaient esclaves du roi. En 1659, le village de Chaillot fut déclaré faubourg de Paris, sous le nom de la Conférence. Ce faubourg fut enfermé dans la capitale par le mur d’octroi construit sous Louis XVI. La principale rue de cet ancien village conserve encore aujourd’hui le nom de Chaillot. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 17, 19, 45, 47, 103, 105, 107 ; 2, 4, 6, 8, 10, 22, 24, 28, 46, 78 bis et 78 ter. — Égout entre l’avenue des Champs-Élysées et la rue des Vignes. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Au no 99 est l’institution de Sainte-Périne, dont nous traçons ici l’origine. Des religieuses chanoinesses de l’ordre de Saint-Augustin, établies en 1638 à Nanterre, furent transférées à Chaillot en 1659. Cette translation ne fut autorisée par lettres-patentes qu’au mois de juillet 1671. Cette abbaye de Sainte-Geneviève, longtemps connue sous le nom de Notre-Dame-de-la-Paix, prit la dénomination de Sainte-Périne, lorsqu’en 1746, on réunit à cette communauté l’abbaye de Sainte-Périne de La Villette. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 11 pluviôse an V. Depuis 1806, c’est un établissement consacré aux personnes des deux sexes, âgées ou infirmes, qui paient une pension ou donnent un capital lors de leur admission dans cette maison.

Chaise (passage de la Petite-).

Commence à la rue de la Planche-Mibray, no 15 ; finit à la rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie, no 3. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Il existe depuis 1800 et a pris son nom d’une enseigne.

Chaise (rue de la).

Commence à la rue de Grenelle-Saint-Germain, nos 31 et 33 ; finit à la rue de Sèvres, nos 160. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 256 m. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

C’était autrefois le chemin de la Maladrerie. On l’appela ensuite rue des Teigneux. Elle devait ces deux noms à un hôpital dont l’emplacement est occupé aujourd’hui par l’hospice des Ménages. Son nom actuel lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle, à la date du 28 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Le mur de clôture de l’Abbaye-aux-Bois est à l’alignement. Les propriétés de 2 à 24 sont alignées sauf redressement. Les autres constructions du côté des numéros pairs devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Égout et conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Champ (rue du Petit-).

Commence à la rue du Champ-de-l’Alouette, no 6 ; finit à la rue de la Glacière, no 9. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 210 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle porta d’abord le nom de rue Payen. Elle tenait cette dénomination du propriétaire d’un clos nommé Payen. Dès 1636, elle est appelée rue de la Barrière. Elle doit sans doute son nom actuel au champ sur lequel on l’a bâtie. — Une décision ministérielle du 23 ventôse an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Le côté gauche est presque entièrement aligné. Depuis 1827, on construit sur le côté opposé, d’après un alignement, à 13 m. de largeur. — Conduite d’eau.

Champ-de-Mars (le).

Situé entre le quai d’Orsay et l’École-Militaire. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Ce n’était encore en 1770 qu’un terrain occupé par des maraîchers. À cette époque on y traça un immense parallélogramme de 1,000 m. de longueur, sur 500 m. de largeur. Destiné alors aux élèves de l’École-Militaire, on le décora du titre de Champ-de-Mars. Le physicien Charles y fit, en 1783, la première expérience aérostatique. Cette immense plaine fut le théâtre d’un grand nombre d’événements importants, parmi lesquels nous retraçons la fameuse fédération du 14 juillet 1790. La municipalité de Paris avait conçu le projet de réunir les députés de tous les corps de l’armée et de toutes les gardes nationales de France, pour cimenter une union qui devait rendre au pays le calme et la prospérité. La Fayette fut chargé de tout le soin de la fête, et nommé chef de la fédération en sa qualité de commandant de la garde parisienne. La cérémonie avait été fixée au 14 juillet, jour anniversaire de la prise de la Bastille. Déjà les fédérés arrivaient de toutes les parties du royaume ; on les logeait chez des bourgeois, qui s’empressaient de leur rendre agréable le séjour de la capitale. La fête devait avoir lieu au Champ-de-Mars. On avait projeté de creuser cette plaine et de transporter la terre sur les côtés pour en former un large et magnifique amphithéâtre. Douze mille ouvriers, dépourvus d’autre besogne, y étaient employés ; mais ce travail mercenaire n’avançait pas et il était immense. Dans cet embarras, les districts invitent au nom de la patrie les bons citoyens à aider les ouvriers. Cette invitation électrise tous les cœurs ; les femmes propagent l’enthousiasme. Aussitôt on voit sortir de tous les quartiers de la grande cité, des citoyens marchant deux à deux. Des séminaristes, des écoliers, des manœuvres, des militaires, des chartreux vieillis dans la solitude, courent au Champ-de-Mars, une pelle sur le dos. Là, tous les citoyens sont mêlés, confondus, et forment un atelier immense, mobile. La courtisane agaçante se trouve à côté de la jeune fille pudibonde qu’elle respecte ; le capucin traine la brouette avec le chevalier de Saint-Louis, le portefaix avec l’élégant du Palais-Royal ; la robuste harengère travaille avec la jeune dame délicate et à vapeurs. Des tavernes ambulantes, des boutiques portatives, augmentent la variété du tableau. On entend un bruit confus de cris, de chants, de tambours, auxquels se mêle la voix des travailleurs qui s’appellent ou s’encouragent. L’âme était profondément émue en contemplant un peuple qui semblait revenir aux doux sentiments d’une fraternité primitive ! Neuf heures sonnent !… Les groupes se séparent. Chaque citoyen regagne l’endroit où sa section doit se placer et va se réunir à sa famille. Le 14 arrive enfin. Tous les fédérés, députés des provinces et de l’armée, se rangent sous leurs bannières, et partent de la place de la Bastille pour se rendre aux Tuileries. Les envoyés du Béarn, en passant dans la rue de la Ferronnerie, où le bon Henri avait été assassiné, pleurent d’attendrissement en parlant de ses vertus. Les fédérés, arrivés au jardin des Tuileries, ouvrent leurs rangs et reçoivent la municipalité et l’assemblée. Le chemin qui conduit au Champ-de-Mars était couvert de peuple qui battait des mains. Les hauteurs de Passy présentaient un vaste amphithéâtre rempli de spectateurs. Un pont jeté en quelques jours sur la Seine, aboutissait en face du champ de la Fédération. Le cortège le traverse et chacun prend place. Un amphithéâtre magnifique, disposé dans le fond, avait été destiné aux autorités nationales. Le roi, la reine et le président étaient assis à côté l’un de l’autre, sur des sièges pareils, semés de fleurs-de-lys d’or. La reine était derrière Louis XVI, sur un balcon qui portait aussi les dames de la cour. Les ministres se trouvaient à quelque distance du roi, et les députés étaient rangés des deux côtés. Quatre cent mille spectateurs remplissaient les amphithéâtres latéraux. Au centre s’élevait le magnifique autel de la patrie. Trois cents prêtres, revêtus d’aubes blanches et d’écharpes tricolores, en couvraient les marches et devaient servir la messe. L’arrivée des fédérés dura trois heures. Le temps était sombre et la pluie tombait par torrents. Enfin la cérémonie commence. Le ciel tout à coup se découvre et illumine de son brillant éclat cette scène imposante. L’évêque d’Autun commence la messe. Les chœurs accompagnent la voix du pontife ! Le canon mêle son bruit solennel ! Le saint sacrifice s’achève ! La Fayette descend alors de cheval et va recevoir les ordres du roi, qui lui donne la formule du serment. Le général la transmet à l’autel. Dans ce moment, toutes les bannières s’agitent, tous les sabres étincellent. Le général, l’armée, le président, les députés crient : Je le jure ! Le roi, debout, la main élevée sur l’autel, dit : « Moi roi des Français, je jure d’employer le pouvoir que m’a délégué l’acte constitutionnel de l’État, à maintenir la constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et acceptée par moi. » Dans ce moment, la reine, entraînée par l’émotion générale, saisit dans ses bras l’auguste enfant, héritier du trône, et, du haut du balcon où elle est placée, le montre à la nation assemblée. Ce mouvement inattendu est payé de mille cris de Vive le Roi ! vive la Reine ! vive le Dauphin !… Les fêtes durèrent plusieurs jours, et l’accord qui régnait dans Paris semblait annoncer que les haines étaient éteintes. Cette joie, ce bonheur furent de courte durée. Les fédérés quittèrent la capitale et la lutte recommença.

Le 17 septembre de la même année eut lieu sur le champ de la Fédération une cérémonie funèbre relative aux massacres de Nancy, où le jeune Désilles perdit la vie. Le 17 juillet 1791, un grand nombre de citoyens se réunirent dans cette plaine pour signer une pétition contre le décret qui, au lieu de juger le roi sur sa fuite, suspendait provisoirement l’exercice de son pouvoir. Une émeute éclata. Le maire de Paris, Bailly, et le général La Fayette firent exécuter la loi martiale. Il y périt un grand nombre de factieux. Cet exemple sévère apaisa pour quelque temps les agitateurs.

Le 30 frimaire an II eut lieu la fête civique en l’honneur de Chalier, qui eut la tête tranchée à Lyon. Le 10 nivôse, on y célébra l’abolition de l’esclavage. Le 1er vendémiaire an VII eut lieu sur cette place la première exposition de l’industrie française. Le 3 novembre 1804, le lendemain du couronnement de Napoléon, l’empereur fit au Champ-de-Mars la distribution de ses aigles. Le 1er mai 1815, on y proclama l’acte additionnel aux constitutions de l’Empire.

Le Champ-de-Mars fut encore en 1837, le théâtre d’un déplorable événement. À l’occasion de la fête donnée par la ville de Paris pour célébrer le mariage du duc d’Orléans, cette place fut choisie pour représenter la prise de la citadelle d’Anvers. Des fortifications en terre avaient été préparées dans ce but, et devaient être attaquées dans la soirée du jeudi 15 juin. Des précautions avaient été prises par l’autorité militaire et par la police afin que les feux n’atteignissent aucun spectateur. Cette petite guerre se termina, en effet, sans accident. Mais bientôt des cris sinistres, partis de différents points, viennent répandre l’effroi dans une foule composée de plus de deux cent mille personnes. Elle s’ébranle, se presse, se heurte dans toutes les directions pour gagner les issues qui sont encombrées. Plusieurs personnes sont étouffées et foulées aux pieds. Ce fut à la grille qui se trouve en face de la rue Saint-Dominique, et surtout à celle qui avoisine l’École-Militaire, qu’on eut à déplorer les plus grands malheurs.

Champs (rue Croix-des-Petits-).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 172 et 174 ; finit à la place des Victoires, nos 1 et 3. Le dernier impair est 55 ; le dernier pair, 54. Sa longueur est de 373 m. — Tous les impairs et les pairs de 2 à 48 inclusivement sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque ; les nos 50, 52 et 54, 3e arrondissement, quartier du Mail.

La construction d’une partie de cette voie publique remonte aux dernières années du règne de Philippe-Auguste. Elle fut ouverte sur un terrain qui consistait en jardins, en petits champs, dont elle a tiré une partie de son nom. Une croix placée à côté de la seconde maison, après la rue du Pélican, a complété sa dénomination. — Arrêt du conseil. — « Sa majesté estant en son conseil a ordonné et ordonne que les maisons construites en la dite rue des Petits-Champs, du costé de la rue Coquillère, depuis la maison de la dame Hotman, seront incessamment retranchées jusques à l’extrémité de celle appartenant au sieur Poix, pour donner le point de veue à l’endroit où sera posée dans la dite place, la statue de sa majesté ; et qu’à ceste fin les propriétaires seront tenus de démolir et faire retrancher leurs bâtiments, suivant les alignemens marquez sur le dit plan, etc. Fait au conseil d’État du roy, sa majesté y étant, tenu à Versailles, le 22e jour de juin 1685, signé Louis. — » (Bureau de la ville, registre H, no 1830). La partie de cette voie publique qui fait l’objet du présent arrêt porta le nom d’Aubusson, en l’honneur du vicomte d’Aubusson, duc de la Feuillade, qui faisait alors bâtir la place des Victoires. Quelque temps après, le nom de rue Croix-des-Petits-Champs prévalut et servit à désigner cette voie publique dans toute son étendue. Une décision ministérielle, en date du 3 germinal an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de la rue Croix-des-Petits-Champs à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 2 mai 1837, cette moindre largeur est portée à 12 m. — Cette ordonnance prescrivit l’élargissement de cette rue dans la partie comprise entre la rue Saint-Honoré et le passage Véro-Dodat, au moyen de l’exécution immédiate de l’alignement. Cette importante amélioration a été immédiatement exécutée. Les maisons ci-après désignées sont à l’alignement : nos 37, 43, 45 ; 2, 4, 6, 8, 10, 12 et 52. Les propriétés nos 41, 30, 32, 34, 36, 38, 40, 42, 44, 46 et 48, ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Égout entre les rues Saint-Honoré et du Bouloi. — Conduites d’eau entre les rues Saint-Honoré et de Montesquieu, et depuis la borne-fontaine près de la rue Coquillière jusqu’à la place des Victoires. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Champs (rue des).

Commence aux rues de Longchamp, no 6, et de la Croix-Boissière ; finit à la rue de Lubeck, no 6. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 156 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Son premier nom est celui des Carrières. Une décision ministérielle, à la date du 7 août 1818, fixa la largeur de cette rue à 6 m. Le conseil municipal, dans sa séance du 4 mars 1836, a délibéré qu’il ne serait délivré à l’avenir aucun alignement dans cette rue, et que l’administration s’abstiendrait de tout acte de voirie.

Champs (rue des Petits-).

Commence à la rue Beaubourg, nos 39 et 41 ; finit à la rue Saint-Martin, nos 90 et 92. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 125 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

En 1273, elle est indiquée sous ce nom dans l’Accord de Philippe-le-Hardi avec le chapitre de Saint-Merri (vicus de Parvis Campis). — Une décision ministérielle, à la date du 18 pluviôse an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 mai 1837, cette dimension est portée à 12 m. Les maisons situées sur le côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 7 m. 20 c. à 9 m. 50 c. Sur le côté opposé, les maisons nos 8 et 12 devront seules éprouver un faible reculement. — Conduite d’eau depuis la rue Beaubourg jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Champs (rue Neuve-des-Petits-).

Commence à la rue Neuve-des-Bons-Enfants, no 37, et au passage des Petits-Pères, no 1 ; finit à la place Vendôme, no 26, et à la rue de la Paix, no 2. Le dernier impair est 103 ; le dernier pair, 84. Sa longueur est de 721 m. — Les impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal ; les numéros pairs, de 2 à 6 inclusivement, 3e arrondissement, quartier du Mail ; de 8 à 72 inclusivement, 2e arrondissement, quartier Feydeau ; de 74 à la fin, 1er arrondissement, quartier de la Place-Vendôme.

Cette rue a été ouverte en août 1634, sur des marais et jardins potagers, en vertu d’un arrêt du conseil, du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet suivant. On lui donna la qualification de Neuve pour la distinguer de la rue des Petits-Champs, depuis Croix-des-Petits-Champs, qui avait été construite avant cette époque. — Une décision ministérielle, en date du 3 octobre 1809, signée Fouché, et une ordonnance royale du 4 octobre 1826, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les maisons ci-après sont alignées : 27, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 55, 57, 59, 103 ; 4, 36, 40, 42, 44, 46, 48 et 62 ; celles qui portent les nos 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 47, 49, 51, 53, 61, 99 et 101, ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Égout entre le passage des Petits-Pères et la rue Vivienne, et depuis la rue de Richelieu jusqu’à la rue Gaillon. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz depuis le passage des Petits-Pères jusqu’à la rue Vivienne (compe Française) ; pour le surplus (compe Anglaise).

Champs-Élysées (les).

Sont limités au sud par le quai de la Conférence, au nord par l’avenue Gabriel, à l’est par la place de la Concorde, et à l’ouest par l’allée des Veuves. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Le Cours-la-Reine étant confondu aujourd’hui dans les Champs-Élysées, nous allons d’abord dire quelques mots sur son origine. Il commençait autrefois à l’endroit où nous voyons la place de la Concorde, bordait la rivière et se terminait au quai des Bons-Hommes, nommé aujourd’hui quai Billy. Marie de Médicis fit tracer et planter ce cours en 1616. Cette promenade était fermée à ses extrémités par des grilles et à ses côtés par des fossés. Les arbres du Cours-la-Reine furent renouvelés en 1724, par le duc d’Antin. — Avant 1670, l’ancien emplacement des Champs-Élysées était encore en culture. On n’y voyait que des maisonnettes et de grands jardins. On commença vers cette époque à y tracer des allées et à planter des arbres. Cette promenade fut d’abord nommée le Grand-Cours pour la distinguer du Cours-la-Reine, qui lui était contigu. Dans la suite les arbres prêtèrent leur ombrage et répandirent de l’agrément en cet endroit, auquel on donna le nom qu’il conserve encore aujourd’hui, par allusion à l’Élysée, aux Champs-Élysées, séjour heureux des ombres vertueuses dans les religions de l’antiquité. En 1770, les plantations de cette promenade furent entièrement renouvelées. Pendant l’hiver de 1818 à 1819, on a exhaussé, affermi et sablé toutes les allées des Champs-Élysées. À l’entrée de cette belle promenade par la place de la Concorde, aux deux côtés de la route, sont élevés sur des piédestaux remarquables par la beauté de leurs proportions, deux groupes en marbre représentant chacun un cheval fougueux arrêté par un homme. Ces groupes, dont les figures sont colossales, correspondent aux deux chevaux de marbre placés à l’entrée occidentale du jardin des Tuileries. Ils ont été sculptés par Coustou le jeune. Placés en 1745 aux deux côtés de l’abreuvoir de Marly, ils ont été transférés à Paris en 1794. Les Champs-Élysées, avant 1792, faisaient partie du domaine de la couronne ; ils furent réunis au domaine national par la loi du 27 novembre 1792. — « Au château de Saint-Cloud, le 20 août 1828. Charles, etc. — Article unique. Sont concédés à la ville de Paris, à titre de propriété, la place Louis XVI et la promenade dite des Champs-Élysées, telles qu’elles sont désignées au plan annexé à la présente loi, y compris les constructions dont la propriété appartient à l’État, et à l’exception des deux fossés de la place Louis XVI qui bordent le jardin des Tuileries. Ladite concession est faite à la charge par la ville de Paris : 1o de pourvoir aux frais de surveillance et d’entretien des lieux ci-dessus désignés ; 2o d’y faire dans un délai de cinq ans des travaux d’embellissement jusques à concurrence d’une somme de deux millions deux cent trente mille francs au moins ; 3o de conserver leur destination actuelle aux terrains concédés, lesquels ne pourront être aliénés en tout ou en partie, etc. Signé Charles. » — (Extrait de la loi.)

En 1838 et 1839 la ville a fait établir dans les Champs-Élysées cinq fontaines dont la dépense s’est élevée à 105,932 fr. Des candélabres et des lanternes ont été placés aussi par ses soins et ont coûté 51,169 fr. 29 c. Des bordures en granit longent les deux côtés de l’allée principale. Le milieu des contre-allées est occupé par des trottoirs en bitume. Enfin la ville a concédé à plusieurs particuliers dix emplacements à la charge d’y construire des pavillons d’après les plans fournis par l’administration. Cette concession a été faite pour 36 années ; sept pavillons sont aujourd’hui entièrement terminés. Il existe dans les Champs-Élysées plusieurs égouts et conduites d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Champs-Élysées (avenue des).

Commence à la place de la Concorde ; finit aux chemins de ronde des barrières du Roule et de Neuilly. Le dernier impair est 133 ; le dernier pair, 180. Sa longueur est de 1810 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Cette avenue, dont l’existence date de la première plantation des Champs-Élysées, portait autrefois le nom d’allée du Roule. Elle consiste en quatre rangées d’arbres régulièrement plantés, et formant au milieu de deux grandes allées une vaste chaussée. Cette avenue, qui est dans l’alignement de la principale allée du jardin des Tuileries, forme une perspective magnifique que complète admirablement l’Arc-de-Triomphe. On voyait autrefois dans cette promenade le jardin Beaujon, qui fut ensuite occupé par les montagnes Françaises, et le jardin Marbeuf qu’on avait disposé en hippodrome et dans lequel on donnait aussi des fêtes publiques. Ces établissements ont été successivement détruits, et sur leur emplacement on a percé les avenues Lord-Byron, Châteaubriand, Fortunée et Marbeuf. L’avenue des Champs-Élysées est toujours animée par le passage des équipages. C’est aussi dans cette promenade que s’arrête et tournoie encore maintenant le pèlerinage un peu négligé de Longchamp. Cette avenue n’est bordée de constructions que depuis le rond-point des Champs-Élysées jusqu’aux chemins de ronde. Les constructions riveraines sont établies à 4 m. de distance du centre des arbres des contre-allées, sauf toutefois dans la partie du côté des numéros pairs, comprise entre la rue de l’Oratoire et le chemin de ronde, où cette distance est portée à 17 et 19 m. 20 c. Les constructions de l’avenue des Champs-Élysées sont élevées d’après ces alignements, à l’exception de celle qui est située à l’encoignure gauche de la rue Marbeuf. — Égout et conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Champs-Élysées (rond-point des).

Où viennent aboutir les allées d’Antin et des Veuves, les avenues des Champs-Élysées et Matignon, et la rue Montaigne. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 14. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

On voyait autrefois en cet endroit un petit pont de pierre dit pont d’Antin, jeté en 1710 sur l’égout qui passait sur cet emplacement. Cette partie des Champs-Élysées, replantée en 1764, n’a point de dénomination sur le plan de Verniquet. — Une ordonnance royale du 22 avril 1828 prescrivit l’érection de la statue équestre de Louis XV au rond-point des Champs-Élysées. Cette statue n’a point été élevée. On a construit depuis une fontaine. — Égout et conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Champs-Élysées (rue des).

Commence à l’avenue Gabriel et à la place de la Concorde, no 10 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 15 et 17. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 171 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Ce n’était autrefois qu’un chemin nommé de l’Abreuvoir-l’Évêque. Au commencement du XVIIIe siècle, il prit le nom de Bonne-Morue. En vertu des lettres-patentes du 21 juin 1757, les prévôt des marchands et échevins furent autorisés par le roi à disposer de remplacement de la rue de la Bonne-Morue, nécessaire pour les constructions à établir en arrière-corps sur la place Louis XV. L’art. 8 est ainsi conçu : — « Notre intention étant que les constructions des façades décorées des bâtiments qui termineront la place, ainsi que celles des maisons qui seront élevées, tant sur les faces des arrière-corps que sur celles des nouvelles rues, soient entièrement conformes aux dessins par nous approuvés et cy-attachés sous le contr’scel de notre chancellerie, nous ordonnons aux dits prévôt des marchands et échevins d’y tenir la main et d’y assujétir les propriétaires particuliers des terrains auxquels ils jugeront à propos de permettre de construire eux-mêmes les façades de leurs maisons, tant sur la place que sur les rues aboutissantes. » — Suivant le plan annexé à ces lettres-patentes, la rue de la Bonne-Morue devait prendre la dénomination de rue Dauphine.

Les dispositions relatives à la symétrie des bâtiments à construire furent modifiées par des lettres-patentes du 30 octobre 1758, qui portent : — « Art. 2. Les parties des bâtiments qui doivent former la place et ses abords ne seront sujettes à décoration et uniformité que dans les parties ci-après expliquées et suivant les plans attachés sous le contr’-scel de notre chancellerie ; savoir : les façades des grands bâtiments dans toute leur étendue sur la place et leurs retours sur les rues de la Bonne-Morue et de l’Orangerie, à 20 toises ou environ de largeur à prendre du devant des murs de face des colonnades. » La rue qui nous occupe reçut, conformément à un arrêt du conseil d’État du roi du 11 mars 1768, le nom de rue des Champs-Élysées. — Par décision ministérielle du 22 prairial an V, signée Benezech, la largeur de cette voie publique a été fixée à 13 m. Les constructions particulières sont alignées. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chandeliers (rue des Trois-).

Commence au quai Saint-Michel, nos 9 et 11 ; finit à la rue de la Huchette, nos 18 et 20. Pas de numéro. Sa longueur est de 28 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Nous n’avons pu trouver aucun acte antérieur à 1350 qui vînt constater l’existence de cette rue. C’était autrefois un petit chemin, une descente de la rue de la Huchette à la rivière. Son premier nom fut celui de rue Berthe. Dans un compte cité par Sauval, on énonce la rue et le port des Bouticles. En 1366, ce dernier nom était affecté à cette ruelle. À son extrémité se trouvaient des boutiques ou bateaux dans lesquels on conservait du poisson. Son nom actuel lui vient d’une enseigne des Trois-Chandeliers. Le 13 août 1611, les prévôt des marchands et échevins autorisèrent la fermeture de cette rue où il arrivait de fréquents accidents. — Une ordonnance des trésoriers de France, à la date du 22 septembre 1654, prescrivit de nouveau la clôture, « pour éviter, est-il dit, aux accidents qui arrivent journellement par la mort de plusieurs personnes qui sont tuées de nuit. » — Par décision ministérielle du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, la largeur de cette voie publique a été fixée à 7 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 3 m. 10 c.

Chandelles (rue des Trois-).

Commence à la rue Montgallet, no 4 ; finit à la rue des Quatre-Chemins, no 1. Pas de numéro. Sa longueur est de 410 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Ce n’était encore qu’un petit chemin vers 1815. Quelques légères constructions bordent à peine aujourd’hui cette voie publique, qui a pris son nom d’une enseigne. Il n’existe pas d’alignement pour cette rue, dont la largeur actuelle varie de 2 m. à 3 m.

Change (pont au).

Situé entre la place du Châtelet et les quais Desaix et de l’Horloge.

Ce pont, dont l’origine remonte à la domination romaine, n’a pas de nom plus ancien que celui de Grand-Pont. Il servait, ainsi que le Petit-Pont, de passage aux habitants de Lutèce pour aller dans la campagne. Louis VII ayant ordonné en 1141 que tous les changeurs y fussent établis, il prit alors le nom de pont aux Changeurs, au Change, et de la Marchandise. La reine Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, lors de son entrée à Paris en 1389, passa sur le pont au Change. Au moment où elle arrivait au milieu, un homme tenant un flambeau allumé dans chaque main, descendit sur une corde fixée au sommet d’une des tours de la cathédrale, et vint poser une couronne sur la tête de la nouvelle reine de France. Les fêtes et dimanches les oiseliers venaient y vendre toutes sortes d’oiseaux. Cette permission leur avait été accordée sous la condition d’en lâcher deux cents douzaines au moment où les rois et les reines passeraient sur ce pont, lors de leurs entrées solennelles. Le jour du carnaval on dressait le long du pont au Change des tables sur lesquelles les amateurs venaient jouer aux dés. Cet usage, fort ancien, fut interrompu en mars 1604. L’Estoile dit à ce sujet que ceux dudit pont, étant interrogés sur cette suspension de jeux, répondirent malignement qu’ils voulaient être sages désormais et bons ménagers puisque le roi (Henri IV) leur en montrait l’exemple. On sait qu’un des défauts de ce grand roi était de jouer gros jeu. Il serait ici trop long de retracer les diverses chutes et reconstructions de ce pont ; il suffira de dire que le 30 janvier 1616 un affreux débordement l’endommagea considérablement. Ce sinistre fut bientôt réparé. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1621, le feu ayant pris au pont Marchand qui n’en était séparé que par un espace d’environ 15 m., les flammes, poussées par un vent d’ouest, atteignirent aussitôt le pont au Change, et en moins de trois heures il fut réduit en cendres. On ne commença à le reconstruire qu’en 1639 ; il ne fut achevé qu’en 1647. Il était en pierre et bordé de maisons.

Le quai des Morfondus, aujourd’hui de l’Horloge, était autrefois très étroit ; des embarras de voitures amenaient souvent des accidents très graves. Pour les faire cesser, on acheta en 1738 les quatre dernières maisons du pont au Change ; on les abattit et leur emplacement forma un utile dégagement. Ce pont, à son extrémité septentrionale, avait deux entrées formées par un groupe triangulaire de maisons ; l’une communiquait à la rue et au quai de Gesvres ; l’autre se dirigeait vers le grand Châtelet. La façade de ces maisons, qui correspondait au milieu de la voute de ce pont, était ornée d’un groupe de trois figures en bronze, sur un fond de marbre noir, représentant Louis XIII, Anne d’Autriche son épouse, et leur fils Louis XIV âgé de dix ans. Il était l’ouvrage de Simon Guillain. Au-dessous de ces figures se trouvait un bas-relief représentant deux esclaves ; cet ouvrage était du plus beau style. — Par un édit du mois de septembre 1786, le roi ordonna la démolition des maisons qui bordaient le pont au Change. Cette disposition fut immédiatement exécutée. Ce pont, composé de sept arches à plein cintre, a 123 m. 75 c. de longueur entre les culées, et 32 m. 60 c. de largeur. Cet édifice est le plus large des ponts de Paris.

Chanoinesse (rue).

Commence à la rue du Cloître-Notre-Dame, no 2 ; finit aux rues des Marmousets, no 1, et de la Colombe. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 175 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Voisine de la cathédrale, elle a pris son nom des chanoines qui l’habitaient. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 6, 10, 12 et 22 ne sont pas soumises à retranchement.

Au no 22 était située la chapelle Saint-Agnan. Elle fut fondée vers l’année 1120, par Étienne de Garlande, archidiacre de Paris et doyen de Saint-Agnan d’Orléans. Il donna pour sa dotation la maison qu’il possédait dans le cloitre Notre-Dame et trois clos de vignes, dont deux étaient situés au bas de la montagne Sainte-Geneviève, et l’autre à Vitry. Le pavé de cette chapelle offrait un témoignage de l’exhaussement considérable du sol de la Cité. Cette chapelle, supprimée en 1790, devint propriété nationale, fut vendue le 28 septembre 1791, et abattue en 1795. C’est aujourd’hui une propriété particulière. En 1799, dans les fondations d’une maison voisine, on découvrit plusieurs petits pots de terre cuite, tels qu’il s’en trouve dans quelques tombeaux du moyen-âge, ce qui a fait présumer qu’on enterrait autour de cette chapelle.

Chantier (cour du).

Rue Guérin-Boisseau, no 21. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Elle a été bâtie vers 1785. Son nom lui vient d’un chantier, sur l’emplacement duquel cette cour a été construite.

Chantier (rue du Grand-).

Commence aux rues des Vieilles-Haudriettes, no 2, et des Quatre-Fils, no 22 ; finit aux rues Pastourelle, no 1, et d’Anjou, no 23. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 182 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Un chantier qui se trouvait dans cette rue, et qui appartenait aux chevaliers du Temple, lui fit donner le nom qu’elle porte encore aujourd’hui. Elle se prolongeait anciennement sous cette même dénomination jusqu’aux murs du Temple. — Une décision ministérielle à la date du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. 50 c. Cette largeur a été portée à 11 m., en vertu d’une ordonnance royale du 31 mars 1835. Les maisons du côté gauche sont alignées, sauf redressement ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 50 c. à 2 m. 70 c. — Égout du côté de la rue des Vieilles-Haudriettes. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Lacarriere).

Chantre (rue du).

Commence à la place de l’Oratoire ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 205 et 207. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 101 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

Elle était entièrement construite en 1250, et portait le nom de rue au Chantre en raison d’un chantre de Saint-Honoré qui y demeurait. Sa largeur a été fixée à 8 m., en vertu d’une décision ministérielle du 18 pluviôse an X, signée Chaptal. Une grande partie de cette voie publique a été démolie pour faciliter l’exécution de la grande galerie septentrionale qui réunira le Louvre aux Tuileries. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement de 1 m. 40 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chantres (rue des).

Commence à la rue Basse-des-Ursins ; finit à la rue Chanoinesse, nos 6 et 8. Pas de numéro. Sa longueur est de 50 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Un titre de 1540 lui donne cette dénomination qu’elle doit aux chantres de Notre-Dame, qui vinrent l’habiter. — Par décision ministérielle du 10 prairial an XII, signée Chaptal, la largeur de cette voie publique a été fixée à 7 m. — Les constructions du côté gauche devront reculer de 70 c. à 2 m. 10 c. ; celles du côté opposé sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. à 4 m. 10 c.

Chanverrie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 145 et 147 ; finit à la rue Mondétour, nos 6 et 8. Le dernier pair est 28. Sa longueur est de 108 m. — Le côté gauche est du 4e arrondissement, quartier des Marchés ; les numéros pairs dépendent du 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Tant d’opinions diverses ont été avancées sur l’étymologie du nom de cette rue, qu’il serait trop long de faire ici l’analyse de chacune d’elles. La plus rationnelle, selon nous, est celle de Jaillot, qui prétend trouver la racine de ce nom dans le mot Chanvre. En effet, dans des lettres de Pierre de Nemours, évêque de Paris, du mois de juin 1218, il est fait mention d’une maison in vico de Canaberia, prope Sanctum Meglorium. Dans un amortissement du mois d’octobre 1295, elle est nommée rue Canaberie ; et afin qu’on ne la confonde pas avec une autre, elle y est indiquée in Censiva Morinensi (dans la Censive de Thérouenne). De plus le poète Guillot écrit vers 1300 :

« Puis alai en la Chanverie
» Assez près trouvai Mondestour. »

Un acte d’amortissement du 12 juin 1252 indique que la rue de la Chanverrie était complètement bordée de constructions à cette époque. Par décision ministérielle du 26 frimaire an IX, signée Chaptal, la largeur de cette rue avait été fixée à 10 m. Cette voie publique sera très prochainement confondue dans la rue de Rambuteau, dont la formation a été autorisée et déclarée d’utilité publique par l’ordonnance royale du 5 mars 1838. Déjà presque toutes les maisons du côté gauche sont démolies. Suivant les alignements arrêtés, les propriétés de 2 à 20 devront avancer sur leurs vestiges actuels. — Conduite d’eau depuis la rue Mondétour jusqu’à la borne-fontaine.

Chapelle (rue de la).

Commence à la rue de La Fayette, no 2, finit au chemin de ronde de la barrière des Vertus. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 396 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Ce n’était au commencement de notre siècle qu’un chemin où l’on ne voyait que de chétives constructions. Cette voie publique tire sa dénomination de son voisinage du chemin qui mène au village de La Chapelle. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 novembre 1826, cette dimension est portée à 13 m. Les propriétés nos 2, 6, 8, et les bâtiments et murs de clôture situés sur le côté gauche à l’encoignure de la rue des Fossés-Saint-Martin, sont à l’alignement.

Chapelle expiatoire.

Située dans la rue de l’Arcade. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

« Louis, etc… Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Art. 4. Il sera également élevé un monument, au nom et aux frais de la nation à la mémoire de Louis XVI, de la Reine Marie-Antoinette et de Madame Elisabeth, etc…

» Donné au château des Tuileries, le 19e jour de janvier, l’an de grâce 1816, et de notre règne le 21e. Signé Louis. »

La chapelle expiatoire a été construite sur l’emplacement de l’ancien cimetière de la Madeleine, dans lequel avaient été inhumés Louis XVI et Marie-Antoinette. Leurs dépouilles mortelles furent retrouvées à l’endroit occupé maintenant par l’autel placé dans la crypte au-dessous de la chapelle même ; elles ont été transférées dans l’église royale de Saint-Denis. Ce monument a coûté environ deux millions. Les constructions ont été exécutées sous la direction de M. Fontaine, architecte, ayant pour inspecteur M. Lebas. Cette chapelle ne doit pas entrer en parallèle avec les monuments des anciens. L’auteur a tout créé et approprié à son sujet. Le monument est isolé par des allées sur les deux côtés, et par une avenue au devant. Le pourtour est planté de cyprès. On arrive à l’édifice par trois issues : sur la façade par la rue de l’Arcade, sur le côté par la rue de la Madeleine, et derrière par la rue d’Anjou. Au-dessus de la porte d’entrée, on lit cette inscription dédicatoire :

Le roi Louis XVIII a élevé ce monument pour consacrer le lieu où les dépouilles mortelles du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, transférées le 21 janvier 1815 dans la sépulture royale de Saint-Denis, ont reposé pendant 21 ans ; il a été achevé la deuxième année du règne du roi Charles X, l’an de grâce 1826.

On ne peut arriver dans l’enceinte sacrée sans éprouver une sensation profonde, un sentiment de respect et de vénération. La situation du lieu les objets qui l’entourent ; enfin, la disposition générale, tout impose et commande le recueillement.

Chapon (rue).

Commence à la rue du Temple, nos 27 et 29 ; finit à la rue Transnonnain, nos 16 et 18. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 238 m. — Les numéros pairs sont du 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs ; les impairs, du 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

En 1293, c’était la rue Robert-Bégon, Béguon ou Capon. Le continuateur de Dubreuil l’appelle rue du Coq. Sous le règne de Philippe-le-Bel, on nommait par dérision une synagogue la maison de la société des Capons. Cette rue a été longtemps affectée à la débauche. — Une décision ministérielle à la date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 14 janvier 1829. Les maisons nos 2 et 6 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au au gaz (compe Lacarrière).

Le second couvent des Carmélites était situé dans cette rue. Autorisées à former un nouvel établissement de leur ordre à Paris, les Carmélites de la rue Saint-Jacques réunirent, en 1617, quelques-unes de leurs sœurs dans une maison de la rue Chapon. Aidées par les libéralités de la duchesse de Longueville et du duc son fils, elles firent construire un couvent, puis bâtir une église qui fut dédiée en 1625. Cet établissement fut confirmé par lettres-patentes données à Versailles au mois d’avril 1688. Cette communauté, supprimée en 1790, devint propriété nationale et fut vendue le 23 prairial an IV. Le couvent des Dames-Carmélites et l’hôtel qui en dépendait, occupaient tout le terrain compris dans le périmètre suivant sur la rue Chapon, une ligne partant depuis la jambe-étrière, commune aux maisons nos 13 et 15, passant sur les propriétés 15, 17, 19, 21, 23, jusqu’à l’angle formé par cette rue et celle Transnonnain ; sur la rue Transnonnain, la partie comprise entre les rues Chapon et Montmorency, dont les maisons portent les nos 12, 14 et 16 ; enfin, sur la rue Montmorency, la partie occupée aujourd’hui par les maisons 16, 18, 20, 22, 24, 26 et 28. La superficie totale de cette communauté religieuse était de 3 387 m.

Chaptal (rue).

Commence aux rues Pigalle, no 23, et Fontaine, no 1 ; finit à la rue Blanche, nos 34 et 36. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 249 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

En vertu d’une ordonnance royale du 12 janvier 1825, MM. Alexandre Delessert et Lavocat ont été autorisés à ouvrir sur leurs terrains une rue qui communiquerait de la rue Blanche à la rue Pigalle. Cette autorisation leur a été accordée à la charge de border la rue de chaque côté d’un trottoir de 1 m. 60 c. de largeur ; de supporter les frais du premier établissement de l’éclairage et du pavage ; de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. Cette ordonnance fut immédiatement exécutée, et la rue nouvelle ouverte sur une largeur de 12 m. 60 c., reçut le nom de rue Chaptal, parce que M. le vicomte Chaptal était aussi propriétaire des terrains qui furent traversés par ce percement.

Charbonniers-Saint-Antoine (rue des).

Commence à la rue de Bercy, nos 47 et 49 ; finit à la rue de Charenton, no 114. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 2 bis. Sa longueur est de 460 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.


Les anciens plans la désignent sous les noms de rue du Port-au-Plâtre et Clochepin. Le plan de Verniquet l’indique sous la dénomination des Charbonniers ; ce n’était alors qu’un chemin bordé de constructions légères. — Une décision ministérielle, à la date du 16 ventôse an XII, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. — En vertu d’une ordonnance royale du le juin 1828, cette largeur est portée à 14 m. — Quelques constructions sont alignées. — Conduite d’eau.

Charbonniers-Saint-Marcel (rue des).

Commence à la rue de l’Arbalète, nos 23 et 28 ; finit à la rue des Bourguignons, nos 20 et 22. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 162 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

En 1540, c’était le chemin des Charbonniers, ainsi que nous le voyons dans le Terrier du roi de cette année. Au XVIIe siècle ce chemin fut bordé de constructions, et prit alors le nom de rue des Charbonniers. — Une décision ministérielle, à la date du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les propriétés nos 1, 3 et 7, sont alignées.

Charenton (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Charenton.

Elle se compose de deux bâtiments ayant chacun deux péristyles de six colonnes. Elle doit son nom au village de Charenton auquel elle conduit. Le premier consul, après la bataille de Marengo, livrée le 14 juin 1800, rentra dans Paris par cette barrière, et le 3 juillet de la même année, elle prit le nom de Marengo. — En 1815, on lui rendit sa première dénomination. — (Voir l’article Barrières.)

Charenton (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Charenton ; finit aux rue et barrière de Reuilly. Pas de numéro. Sa longueur est de 472 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Il est presque entièrement aligné. (Voir l’article Chemins de Ronde.)

Charenton (rue de).

Commence aux rues du Faubourg-Saint-Antoine, no 2, et de la Contrescarpe, nos 72 ; finit à la place au-devant de la barrière de Charenton. Le dernier impair est 187 ; le dernier pair, 194. Sa longueur est de 2 080 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Son nom lui vient du village de Charenton auquel elle conduit. De la petite rue de Reuilly à celle Montgallet on la trouve désignée sous le nom de la Planchette, et de la rue Montgallet jusqu’à le barrière elle se nommait de la Vallée de Fécamp. Cette dernière dénomination lui avait été donnée parce qu’elle avait été bâtie sur un terrain appelé au XVe siècle le Bas-Fécamp. — Une décision ministérielle du 16 ventôse an XII, signée Chaptal et une ordonnance royale à la date du 1er juin 1828, ont fixé à 12 m. la moindre largeur de la rue de Charenton. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement 31, 33, 49, 51, 85, 87, 89 ; de 95 à 113 inclusivement, 123, 125, de 137 à 151 bis inclusivement, 155, 157, 181, 16, 18, 50, 70, 76, 82, 94, 100, 102 ; de 120 à 134, 140, 142 ; de 162 à 168, et la propriété à l’encoignure de la place devant la barrière. — Égout entre les rues Moreau et Beauveau. — Conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz dans une partie de cette rue (compe Parisienne).

La vallée de Fécamp est devenue tristement célèbre par le massacre des protestants. Le dimanche 26 septembre 1621, ces religionnaires revenaient de leur prêche situé à Charenton. Arrivés au Bas-Fécamp, ils furent assaillis par une troupe de furieux, de vagabonds et de voleurs armés. Ces brigands attaquèrent d’abord ceux qui étaient en carrosse ; mais la résistance qu’on leur opposa les contraignit à se retirer. Ils résolurent alors d’aller piller ceux qui se trouvaient sans armes. Sur leur chemin ils arrêtèrent plusieurs bourgeois qui n’étaient pas protestants, et, sous le prétexte de s’assurer s’ils étaient bons catholiques, s’ils portaient des chapelets, ils leur enlevèrent leurs bourses qui pendaient alors à la ceinture. Cependant les protestants, après avoir soutenu le combat de la vallée de Fécamp, se disposaient à rentrer dans Paris par la porte Saint-Antoine lorsqu’ils furent assaillis de nouveau près de cette porte. Le ministre protestant cherche à calmer ces furieux en leur disant : « Ah messieurs, faut-il massacrer des hommes !… Le roi l’a-t-il commandé ?… » Alors ces pages, ces laquais, ces crocheteurs se jettent sur le ministre en criant : « C’est la mort du duc de Mayenne qui est venue jusqu’ici !… » Avec leurs épées ils lui coupent le nez et les oreilles, le mutilent d’une manière horrible, et vont promener ces glorieux débris dans la capitale.

Au coin de la rue Moreau, no 10, était situé le couvent des Filles-Anglaises, dont nous traçons ici l’origine. Les désordres de la guerre forcèrent ces religieuses à quitter Nieuport ; elles se réfugièrent à Paris en 1658 et logèrent dans une maison du faubourg Saint-Jacques. Deux ans après elles achetèrent rue de Charenton une maison et un jardin, et leur établissement fut confirmé par lettres de 1670. La première pierre de leur église avait été posée le 2 juin 1672. Ce couvent, qui avait reçu le nom de Bethléem, fut supprimé en 1790. Devenu propriété nationale il fut vendu en trois lots les 7 et 17 vendémiaire an VIII.

Charité (hôpital de la).

Situé dans la rue des Saints-Pères, entre les nos 51 et 53. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Au XVIe siècle, un Portugais nommé Jean-de-Dieu forma une association dans le but de soigner les pauvres malades. La congrégation de Jean-de-Dieu fit bientôt de rapides progrès. En 1602, Marie de Médicis installa cinq de ces religieux dans la rue où furent depuis les Petits-Augustins. En 1607, les frères de la Charité qui, suivant leurs règlements, devaient être chirurgiens et pharmaciens, furent transférés dans la rue des Saint-Pères, près de la chapelle Saint-Pierre, où ils célébraient l’office divin. Cependant ils firent construire en 1613 une nouvelle église dont la dédicace sous l’invocation de saint Jean-Baptiste n’eut lieu qu’au mois de juillet 1621. Le nombre des frères de la Charité augmenta rapidement. On compta jusqu’à soixante religieux. Les libéralités de plusieurs personnes puissantes leur fournirent les moyens d’agrandir leur hôpital. En 1774, il y avait dans cet établissement 199 lits. Pendant la révolution on lui donna le nom d’Hospice de l’Unité. Sous le consulat sa dénomination primitive lui fut rendue. Cet hôpital compte aujourd’hui 350 lits, dont 250 pour les hommes et 100 pour les femmes qui n’y étaient point admises autrefois. En 1841, on a exécuté des travaux de construction nécessités par l’agrandissement de cet établissement.

Charité (rue de la).

Commence aux rue et place de la Fidélité, nos 6 et 8 ; finit à la rue Saint-Laurent, no 13. Pas de numéro impair ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 44 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Le domaine national aliéna, les 4 floréal, 27 messidor an V, et 21 thermidor an VI, trois propriétés provenant de la fabrique Saint-Laurent.

Dans les contrats de vente, l’obligation suivante fut imposée à chaque acquéreur : « Il sera tenu de fournir quand il en sera requis, et ce, sans indemnité, le terrain nécessaire pour l’ouverture d’une nouvelle rue. »

Le domaine national vendit également le 28 germinal an V, l’église, bâtiments et filature que possédaient les Filles de la Charité. Le contrat d’aliénation renfermait la clause suivante : « L’acquéreur sera tenu de supporter le percement de la nouvelle rue qui, partant de celle Saint-Laurent, ira aboutir à la demi-portion circulaire formant la nouvelle place projetée au-devant du portail de l’église. » Le plan approuvé par un arrêté du directoire exécutif, du 3 frimaire an VI, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. Sa dénomination rappelle le couvent des Filles de la Charité dont cette rue occupe une petite partie de l’emplacement.

Charlemagne (collége royal).

Situé dans la rue Saint-Antoine, no 120. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Il occupe les bâtiments de l’ancienne maison professe des Jésuites. (Voir l’article Louis et Saint-Paul, église Saint-).

C’est un des quatre colléges créés par la loi du 1er mai 1802. Le nom illustre de Charlemagne lui a été donné, pour honorer la mémoire de cet empereur, fondateur en 781 d’une école qui fut le berceau de l’Université de Paris.

Au palais de l’Élysée, le 21 mars 1812. — « Napoléon empereur, etc… nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Art. 2. Les lycées Charlemagne, Impérial et Napoléon sont agrandis, etc… — Art. 12. Le lycée Charlemagne sera agrandi de manière à recevoir 400 élèves pensionnaires. — Art. 13. Les trois propriétés appartenant aux sieurs Leclerc, Debret et héritiers Legros, et terminées par les rues des Prêtres-Saint-Paul et Percée, seront réunies à ce lycée et acquises pour cause d’utilité publique, etc. Signé Napoléon. » — Ce décret a été modifié en ce qui concernait les pensionnaires seulement.

Le collége Charlemagne, qui ne reçoit que des externes, compte 830 élèves. Il obtient chaque année au concours les plus brillants succès.

Charlemagne (passage).

Commence à la rue des Prêtres-Saint-Paul, no 18 ; finit à la rue Saint-Antoine, no 102. — 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal.

Ce passage, qui tire son nom du collége Charlemagne près duquel il est situé, n’est public que depuis 1825.

Charles (cité Saint-).

Située dans la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, no 115. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

C’était autrefois une cour des Miracles qui servait de rendez-vous aux gueux de toute espèce. À l’époque de la révolution, on n’y voyait qu’un amas de bicoques où logeaient des conducteurs de voitures et des blanchisseuses. Cette propriété, mise alors en loterie, fut gagnée par un nommé Osmond, porteur de chaises. En 1826, elle prit la dénomination de cité Saint-Charles, et fut augmentée vers 1830 d’un grand bâtiment par le propriétaire actuel.

Charlot (rue).

Commence à la rue de Bretagne, nos 36 et 38 ; finit au boulevart du Temple, nos 25 et 29. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 322 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Ouverte en 1626 sur la culture du Temple, elle reçut alors le nom de rue d’Angoumois. Sa largeur fut fixée à 7 m. 60 c. — Claude Charlot, qui de pauvre paysan du Languedoc devint riche financier, ayant fait bâtir plusieurs maisons dans cette rue, le peuple lui donna le nom de Charlot. En 1694 cette voie publique fut prolongée depuis les rues Vendôme et Boucherat jusqu’au boulevart ; l’administration donna alors à cette nouvelle partie le nom de rue Bosc. — Claude Bosc, seigneur d’Ivry-sur-Seine, procureur-général de la cour des aides, fut élu prévôt des marchands le 16 août 1692 et remplit cette importante fonction jusqu’au 16 août 1700. Il fut nommé conseiller d’État. Le nom de Bosc fut bientôt oublié, et le peuple s’obstina à donner à toute cette voie publique la dénomination de rue Charlot que le temps a consacrée. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 6 février 1828. Les maisons nos 4, 45 et 47 ne sont pas soumises à retranchement ; le surplus des constructions du côté des nos impairs devra reculer de 1 m. 10 c. à 1 m. 70 c. La maison no 2 devra reculer de 1 m. 30 c. ; celles de 6 à 24, retranchement de 80 c. à 1 m. 10 c. enfin la propriété no 26 est assujettie à un reculement de 2 m. 20 c. — Conduite d’eau depuis la rue Boucherat jusqu’au boulevart. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Charonne (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 65 et 67 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Fontarabie et de Montreuil. Le dernier impair est 203 ; le dernier pair, 184. Sa longueur est de 1607 m. — 8e arrondissement. Les nos 1 à 15 et tous les pairs sont du quartier du Faubourg-Saint-Antoine ; les nos 17 jusqu’à 203 font partie du quartier Popincourt.

Ce n’était qu’un chemin sous le règne de Louis XIII. Cette voie publique doit son nom au village de Charonne auquel elle conduit. — Une décision ministérielle du 18 messidor an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Cette moindre largeur est portée à 14 m., en vertu d’une ordonnance royale du 6 mai 1827. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 11, 19, 21, 23 ; les deux encoignures de la rue Neuve-Lappe, 39, 73, 75, 95, 97, 99, 135, 145, 149, 163, 165, de 2 à 18 inclusivement, 40, 58, 92, de 138 à 146, 168, 170, 172 et 174. — Égout depuis la rue du Faubourg-Saint-Antoine jusqu’à la rue Basfroi. — Conduite d’eau dans presque toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compo de Belleville).

Au no 86 est située l’entrée de la communauté des Filles de la Croix. Ces religieuses de l’ordre de Saint-Dominique habitèrent d’abord une maison dans le faubourg Saint-Marcel. En 1636 elles s’établirent dans la rue Plâtrière (aujourd’hui Jean-Jacques Rousseau), puis dans la rue Matignon du Louvre ; Le 21 juin 1639, ces religieuses achetèrent une maison située rue de Charonne, où elles firent construire un monastère qu’elles vinrent occuper au mois d’août 1641. Mademoiselle Ruzé d’Effiat fournit aux frais de ce dernier établissement, dont elle est considérée à juste titre comme fondatrice. Son cœur a été déposé dans le sanctuaire de l’église. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale, mais ne fut point aliéné.

Le 17 mars 1817, les religieuses de la Croix rentrèrent en possession de leur couvent.

Au no 88, on voyait l’entrée de la communauté des religieuses de la Madeleine de Trainel. Elle fut fondée en Champagne au lieu dit de Trainel, vers le milieu du XIIe siècle. En 1654, elle achetèrent une grande propriété située dans la rue de Charonne et y firent bâtir une chapelle dont la reine Anne d’Autriche posa la première pierre. Ces religieuses étaient soumises à la juridiction de l’archevêque ; le garde-des-sceaux d’Argenson fut un de leurs bienfaiteurs. Ce magistrat augmenta les bâtiments et les revenus de ce couvent, fit décorer l’église, et suivant ses dernières volontés son cœur fut déposé dans la chapelle de Saint-Réné. Dans la suite la duchesse d’Orléans, qui avait fixé son séjour dans cette maison, y fit construire plusieurs vastes bâtiments. Cette communauté, qui contenait en superficie 16 153 m., fut supprimée en 1790, devint propriété nationale, et fut vendue le 5 brumaire an X.

Au no 95 était situé le prieuré de Notre-Dame de Bon-Secours. Il fut fondé en 1648 par la dame Claude de Bouchavanne, veuve du sieur Vignez, conseiller du roi. Ayant obtenu l’autorisation nécessaire, elle acheta une maison située dans la rue de Charonne et y plaça en qualité de prieure Madeleine-Emmanuelle de Bouchavanne, sa sœur, qui avait été religieuse au monastère de Notre-Dame de Soissons. Cet établissement fut approuvé en juillet 1667, par lettres-patentes enregistrées le 16 mai 1670. L’église et le couvent réparés, agrandis en 1770 et 1780 par l’architecte Louis, furent supprimés en 1790. Devenue propriété nationale cette maison religieuse qui contenait en superficie 13 502 m., fut vendue en deux lots les 21 floréal an VIII et 5 brumaire an X. Dans les bâtiments de ce monastère, un des hommes dont l’industrie française doit le plus s’honorer, Richard-Lenoir créa un magnifique établissement destiné à la filature du coton, et concourut noblement à affranchir son pays du tribut qu’il payait à la fabrication étrangère. Aussi l’empereur dans les courts instants qu’il dérobait à sa gloire militaire, voulut-il récompenser dignement l’habile filateur.

Un jour il se rendit, accompagné de sa famille, à une fête magnifique préparée par Richard-Lenoir. Là, l’empereur, après avoir complimenté l’honorable fabricant, lui remit lui-même la décoration de la Légion d’Honneur, en ajoutant ces paroles flatteuses « Nous avons fait l’un et l’autre une rude guerre à l’industrie anglaise, mais jusqu’à présent le fabricant a été plus heureux que l’empereur. » — Les événements politiques ont entraîné la ruine de l’établissement de Richard-Lenoir et tranché trop tôt cette honorable existence.

Dans les bâtiments jadis occupés par la belle filature dont nous venons de parler, existe depuis quelques années une institution dont la nature et l’importance ne sont pas sans quelque analogie avec ce qui précédait : nous voulons parler de l’École des arts industriels et du commerce, fondée en 1832 par M. Pinel-Grandchamp et dirigée par lui avec un zèle et une habileté qui ont imprimé à cette création un caractère remarquable d’utilité publique. Grâce à l’enseignement de toutes les sciences qui se rattachent à la haute industrie, comme aussi par la force des études, par la distinction des professeurs et la composition du conseil de perfectionnement où figurent les sommités de la science, cette institution a pris rang parmi les établissements qui répondent le mieux aux besoins de l’époque actuelle. — La galerie magnifique où fut donnée la fête impériale a été conservée presque dans son état primitif ; elle forme aujourd’hui une espèce d’académie de dessin. Ce respect, cette religion des souvenirs, honorent le fondateur de cet établissement. Il a senti qu’il existait entre la pratique des arts industriels et leur enseignement des rapports si intimes que la gloire de la première se reflète sur l’autre ; et puis c’est une heureuse manière de stimuler le zèle des élèves que d’honorer la mémoire des hommes qui ont, comme Richard-Lenoir, si noblement concouru aux progrès de notre industrie nationale.

Chartière (rue).

Commence aux rues Saint-Hilaire, no 11, et Fromentel ; finit à la rue de Reims, no 8. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 110 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue était presque entièrement bordée de constructions vers 1260. En 1300 elle s’appelait, selon Sauval de la Charretière. Guillot et le Rôle de 1313 écrivent de la Chareterie. Elle est nommée rue de la Charrière dans l’acte de fondation du collége de Marmoutiers en 1328, et des Charettes par Gilles Corrozet. — Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les propriétés situées sur les deux côtés aux encoignures de la rue de Reims, sont à l’alignement.

Chartres-du-Roule (rue de).

Commence aux rues de Monceau, no 25, et de Valois, no 1 ; finit au chemin de ronde de la barrière de Courcelles et à la barrière de ce nom. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 439 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

C’était, avant 1778, le chemin de Courcelles. À cette époque, M. le duc d’Orléans fit élargir ce chemin et lui donna le nom de rue de Chartres, en l’honneur de son fils aîné. Un arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 12 thermidor an VI, porte « La rue de Chartres située à Monceau prendra le nom de rue de Mantoue.» Cette dénomination lui fut donnée en mémoire de la reddition de la ville de Mantoue par les Autrichiens à l’armée Française le 14 pluviôse an V. Une décision ministérielle du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’un arrêté préfectoral du 27 avril 1814, elle a repris sa dénomination primitive. Aucune construction du côté des numéros pairs ne devra subir de retranchement ; le côté opposé est presque entièrement aligné. — Conduite d’eau depuis la rue de Monceau jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Au no 4 est l’entrée du parc de Monceau que M. le duc d’Orléans fit dessiner en 1778.

Chartres-Saint-Honoré (rue de).

Commence à la rue Rohan, no 2, et à la place du Carrousel ; finit à la place du Palais-Royal, no 237, et à la rue Saint-Thomas du Louvre, no 19. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 123 m. — 1er arrondissement, quartier des Tuileries.

Elle a été ouverte sur l’emplacement de l’hôpital royal des Quinze-Vingts, en vertu des lettres-patentes du 16 décembre 1779, registrées au parlement le 31 du même mois. Cette rue fut exécutée sur une moindre largeur de 7 m. 80 c., et reçut le nom de Chartres (voyez l’article précédent). — Par arrêté de l’administration centrale du département de la Seine, en date du 2 thermidor an VI, elle prit le nom de rue de Malte en commémoration de la prise de Malte par les Français le 12 juin 1798, lors de l’expédition d’Égypte. — Un arrêté préfectoral du 27 avril 1814 a rendu à cette voie publique sa dénomination primitive. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour cette rue. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chartreux (passage des).

Commence à la rue de la Tonnellerie, nos 61 et 63 ; finit à la rue Traînée, nos 7 et 9. Sa longueur est de 52 m. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.

Lettres-patentes. — « Louis…, voulons et nous plaît ce qui suit : Il sera ouvert, rue Traînée, vis-à-vis la porte latérale de l’église Saint-Eustache, suivant la direction indiquée au plan qu’ont fait dresser les curé et marguilliers un passage de dix pieds de largeur, lequel sera dirigé dans la longueur de deux maisons ; l’une appartenant au sieur Carré, l’autre aux chartreux, et débouchera sous les piliers des halles, au coude qui se trouve rue de la Tonnellerie. Les chartreux pourront faire reconstruire, aux deux côtés du passage, un puits et une pompe en remplacement du puits de la pointe Sainte-Eustache, etc. Donné à Versailles, au mois de Juillet de l’an de grâce 1779, et de notre règne, le 6e. Signé Louis. » Ces lettres-patentes reçurent immédiatement leur exécution.

Chastillon (rue).

Commence aux rue Saint-Maur et Grange-aux-Belles, no 40 ; finit au chemin de ronde de la barrière de la Chopinette. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 243 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale, du 8 juin 1825 autorisa MM. Davaux, Bart, Callou et Loire, à ouvrir sur leurs terrains situés entre les rues Saint-Maur, de la Champinette, de l’Hôpital-Saint-Louis (aujourd’hui rue Grange-aux-Belles) et le chemin de ronde, deux rues de chacune 12 m. de largeur. Les conditions suivantes furent imposées à ces propriétaires : de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage des nouvelles rues, avec le système général des conduites d’eaux souterraines, adopté par l’administration et sous la direction des architectes de la ville ; de se conformer aux lois en vigueur sur la voirie de Paris. Ces deux rues furent immédiatement tracées, et on eut l’intention de leur donner les noms des architectes qui avaient fait construire l’hôpital Saint-Louis. On en fit, en conséquence, inscrire les noms de Chatillon et Claude Villefosse. En 1840, lors du renouvellement des plaques de ces deux voies publiques, on a reconnu que l’orthographe de ces noms était vicieuse, et la véritable a été rétablie. Ce fut Claude Chastillon, né à Châlons en Champagne, en 1547, qui donna les dessins pour la construction de l’hôpital Saint-Louis. Cet architecte mourut en 1616. Claude Vellefaux suivit les travaux de construction.

Chat-Blanc (impasse du).

Située dans la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, entre les nos 42 et 44. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 23 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Elle existait vers l’année 1300 et doit son nom à Gilles Chablanc, qui était boucher à la grande boucherie en 1315. La dénomination actuelle n’est qu’une altération de la première. — En vertu d’une décision ministérielle du 22 avril 1826, et d’un arrêté du préfet de police en date du 12 mai suivant, l’entrée de cette impasse est fermée par une grille. Sa largeur actuelle est de 1 m. 20 c. Elle n’a jamais été alignée.

Châteaubriand (avenue).

Commence à la rue de l’Oratoire ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, no 156. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 460 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été ouverte en 1825, sur l’emplacement de l’ancien jardin Beaujon. Sa largeur est de 14 m. C’est une propriété particulière. On lui a donné le nom de l’illustre auteur du Génie du Christianisme.

Château-Landon (rue de).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 287 et 289 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Vertus et de La Villette. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 494 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Le plan de Jaillot l’indique comme un chemin sans dénomination. Verniquet la désigne sous le nom de rue du Château-Landon. Cette rue est ainsi appelée parce quelle se dirige vers le village de Château-Landon. — Deux décisions ministérielles, l’une à la date du 13 thermidor an VI, l’autre du 6 mars 1820, fixèrent la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 29 novembre 1826, cette moindre largeur est portée à 15 m. Les propriétés nos 2, 6 et 14 sont alignées. — Conduite d’eau dans une partie de cette voie publique.

Châtelet (place du).

Commence aux quais de la Mégisserie et de Gesvres ; finit aux rues Saint-Denis et de la Vieille-Place-aux-Veaux. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6 — Les impairs sont du 4e arrondissement, quartier du Louvre ; les pairs, du 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Elle a été formée sur l’emplacement du grand Châtelet, démoli en 1802. Nous donnons ici quelques détails sur cette ancien édifice et sur l’origine des rues qui ont été supprimées entièrement ou en partie pour donner à cette place une figure régulière. Nous ne suivrons pas tous les écrivains dans leurs dissertations plus ou moins obscures sur l’origine du Châtelet. Gilles Corrozet a pensé que, si Julien l’Apostat n’en était point le fondateur, ce titre appartenait sans doute à l’un des princes qui lui succédèrent. Malingre et le commissaire Delamare en font remonter l’origine à César. Le nom de chambre de César que portait de temps immémorial une des salles de ce monument et l’inscription Titulum Cæsaris, gravée sous une arcade et qui subsistait encore à la fin du XVIe siècle, semblaient donner à cette assertion une espèce de vraisemblance, mais ces conjectures n’ont pu paraitre suffisantes au savant et judicieux Jaillot. Cet écrivain pense qu’en nommant ainsi cette chambre, et en gravant ces mots sur la porte d’un bureau, on a seulement voulu indiquer le droit du prince auquel le tribut était dû et l’endroit où il se percevait. Ce tribut des Parisiens devait être acquitté à l’entrée de la ville ou de la cité, sur les marchandises qui arrivaient par eau en cet endroit, « d’où quelques auteurs, ajoute Jaillot, l’ont appelé, quoique mal à propos, l’apport de Paris. Le parloir aux bourgeois, c’est-à-dire la juridiction de la ville y était située, et ces deux circonstances suffisent pour autoriser la dénomination de chambre de César et l’inscription Tilulum Césaris. » Ce n’est qu’à partir du règne de Louis VII, fils de Louis-le-Gros, qu’on trouve des preuves certaines de l’existence du Châtelet. Dans une charte de ce roi de l’an 1147, on lit qu’il fit don à l’abbaye de Montmartre de la place des Pécheurs sise entre la maison des Boucliers et le Châtelet du roi, inter domum carnificium et regis castellucium ; ces mots, châtelet du roi, qui, dans aucun acte postérieur ne sont plus réunies, semblent indiquer le Châtelet bâti par le roi. Il nous paraît donc probable que Louis-le-Gros, à la place d’une tour en bois qui s’élevait sous la seconde race à l’extrémité septentrionale du Pont-au-Change, fit construire une autre tour ou forteresse beaucoup plus grande. Le Châtelet, siège du prévôt, fut agrandi par suite des acquisitions qui furent faites en 1242, 1257, 1258, 1260 et 1265. Les bâtiments du grand Châtelet tombaient en ruines en 1460, Charles VII transféra sa juridiction au Louvre. Malgré les dons considérables que fit Charles VIII, en 1485, pour subvenir à la dépense qu’occasionnaient les réparations du Châtelet, cet édifice ne se trouva dans une situation convenable qu’en 1507. Louis XII ordonna alors aux officiers du Châtelet d’aller y continuer leurs séances. En 1657, de nouvelles réparations obligèrent d’en faire sortir ce tribunal qui, cette fois, fut établi aux Grands-Augustins. En 1672, le roi manifesta l’intention de faire construire un nouveau Châtelet plus spacieux, plus commode que l’ancien. En 1684, l’exécution de ce projet fut commencée. On acheta trois maisons ainsi que l’église Saint-Leufroy. Les salles furent reconstruites et leur nombre augmenté ; il ne resta que plusieurs tours de l’ancien édifice sous lequel était pratiqué un passage étroit, obscur, qu’on était obligé de traverser pour communiquer du Pont-au-Change à la rue Saint-Denis.

Juridiction du Châtelet. — Pour se livrer aux seules fonctions militaires, les comtes abandonnèrent le soin de rendre la justice à des substituts ou lieutenants qui, dans le Languedoc et dans plusieurs autres provinces voisines, étaient appelés Viguiers, et partout ailleurs, Prévôts. Le comté de Paris fut réuni à la couronne sous Hugues-Capet. On y établit un prévôt, c’est-à-dire un lieutenant préposé par le roi pour rendre la justice au nom du monarque. On ignore l’époque précise de cet établissement à Paris, mais il est certain qu’il subsistait en 1060 et 1067. Deux chartres datées de ces mêmes années, et données en faveur de Saint-Martin-des-Champs par les rois Henri Ier et Philippe Ier, sont souscrites par Étienne, prévôt de Paris, Præposilus Parisiensis. L’auteur du Grand-Coutumier, qui écrivait sous Charles VI, nous apprend que le prévôt de Paris avait trois juridictions, l’une ordinaire qui était la connaissance du siège du Châtelet, et deux déléguées qui étaient la conservation des privilèges royaux, de l’Université et la criée des maisons ; c’était la seule juridiction du royaume qui eût le droit d’avoir continuellement un dais au-dessus de son principal siège, comme étant la place du roi. À l’entrée de Charles VII, le 12 novembre 1437, le Châtelet marchait après la ville et avant le parlement ; on sait que dans ces sortes de cérémonies le dernier rang était le plus honorable. Le prévôt de Paris était chef de la noblesse et commandait à l’arrière banc, sans être, comme les baillis et sénéchaux, assujetti aux gouverneurs. Il avait le droit d’assister aux états généraux, comme premier juge ordinaire et politique de la capitale du royaume. Son habillement était semblables tout à celui des ducs et pairs. Il portait un bâton de commandement couvert d’une toile d’argent ou de velours blanc. Il avait douze gardes de toute ancienneté qui, en vertu d’un arrêt de 1566, portaient hoquetons et hallebardes, le suivaient à l’audience et l’escortaient dans la ville. Le prévôt, gardien des privilèges des bourgeois de Paris, avait seul le droit de faire arrêter leurs débiteurs forains ; ce droit lui avait été donné par Louis-le-Gros en 1134. La charge de prévôt était toujours remplie. Dès qu’on apprenait la mort ou la démission du titulaire, elle passait au procureur du parlement. Le roi reprenait le bâton de commandement qu’il remettait lui-même à celui qu’il nommait à cette haute fonction. Le prévôt de Paris était, comme nous l’avons dit, le conservateur des privilèges de l’Université, et c’est pour cette conservation que Philippe-Auguste ordonna par ses lettres de l’an 1200, que le prévôt de Paris prêterait serment à l’avenir entre les mains du recteur de l’Université. Le prévôt de Paris était installé au Châtelet par un président à mortier et par quatre conseillers de la grand’chambre du parlement de Paris. Le président à mortier lui disait alors : « Je vous installe dans la charge de prévôt de Paris, pour l’exercer dignement et au contentement du roi et du public. » — Le roi Henri II, par son édit du mois de mars 1551, établit un présidial au Châtelet. Il était composé de vingt-quatre conseillers. Louis XIV, par édit du mois de février de l’an 1674, supprima presque toutes les justices particulières possédées par divers seigneurs dans la ville, faubourgs et banlieue de Paris, et les incorpora à la justice du Châtelet. Par un autre édit du mois d’août de la même année, sa majesté créa un nouveau présidial, et voulut qu’il eut les mêmes pouvoirs et autant d’officiers que l’ancien Châtelet. Il mit également des bornes au ressort de l’un et de l’autre ; mais l’expérience ayant fait connaître les inconvénients de ces deux tribunaux toujours en rivalité, un édit du roi, de septembre 1684, cassa le nouveau Châtelet et le réunit à l’ancien pour exercer désormais la juridiction dans toute l’étendue de la prévôté et vicomté de Paris. La justice était rendue au Châtelet par un lieutenant-général civil un lieutenant-général de police, un lieutenant-criminel, deux lieutenants particuliers, cinquante-quatre conseillers, dont un d’épée créé en 1691, quatre avocats du roi, un procureur du roi, huit substituts, un greffier en chef, un premier huissier audiencier, plusieurs autres huissiers audienciers, un juge auditeur pour les affaires de 50 livres, un greffier en chef des auditeurs, quarante-huit commissaires, cent treize notaires, deux cent trente-cinq-procureurs, trois cent quatre-vingts huissiers à cheval, deux cent quarante huissiers à verge et cent vingt huissiers-priseurs.

Prisons du Châtelet. — Tous les lieux de justice possédaient autrefois leurs prisons ; celles du Châtelet révoltaient la vue et l’odorat. Les prévenus devaient y expier leurs crimes par les tortures de leur emprisonnement préventif. Ces prisons étaient au nombre de huit, selon Sauval ; on les appelait le Berccau, le Paradis, la Grièche, la Gourdaine, le Puits, les Chaînes, la Boucherie, les Oubliettes. — Dans l’ordonnance que Henri VI, roi de France et d’Angleterre, donna au mois de mai 1425, les prisons du Châtelet se trouvaient en plus grand nombre. On en comptait quinze ; dix d’entre elles devaient être les moins horribles, les lits y étaient payés plus cher, voici leurs noms : les Chaînes, Beauvoir, la Motte, la Salle, les Boucheries, Beaumont, la Grièche, Barbarie, Beauvais et Gloriette. — Dans les comptes de la prévôté, on lit cet article Poulie de cuivre servant à la prison de la fosse du Châtelet ; on descendait les prisonniers dans ce cachot, par une ouverture pratiquée à la voûte du souterrain, de la même manière qu’on descend un sceau dans un puits.

Cette fosse du Châtelet était peut-être celle qu’on nommait Chausse-d’Hypocras, où les prisonniers avaient les pieds dans l’eau croupie ; ordinairement, les malheureux qu’on y renfermait mouraient après quinze jours de détention. Un autre cachot avait reçu le nom de Fin-d’Aise ; il était rempli d’ordures et de reptiles. — Une déclaration royale du 23 août 1780, ordonna la destruction de tous les cachots construits sous terre.

Événements historiques. — Après la trahison de Périnet-le-Clerc, qui livra la porte de Buci aux troupes anglaises et bourguignonnes, les prisonniers Armagnacs furent renfermés au Châtelet. Une affreuse disette se faisait alors sentir dans la capitale. Les Parisiens voulurent se venger des Armagnacs du dehors qui ravageaient la campagne, sur les Armagnacs du dedans vaincus et malheureux. Le 21 août 1418, une troupe de furieux, dirigée par plusieurs maîtres bouchers, dits cabochons, vint mettre le siège devant le grand Châtelet, dans l’intention d’en égorger les prisonniers. Ces malheureux, instruits du péril qui les menace, soutiennent l’assaut en lançant des tuiles et des pierres sur leurs ennemis ; ces faibles moyens de défense ne font qu’irriter les assaillants, ils égorgent les prisonniers ou les jettent vivants du haut des fenêtres ; leurs corps en tombant sont reçus sur la pointe des piques, ou percés à coups d’épées ou de poignards. Telle fut la principale scène de l’entrée des Anglais et des Bourguignons dans Paris.

Le 14 novembre 1591, le Conseil des Seize fit arrêter et pendre sans autre forme de procès, dans la chambre du grand Châtelet, Brisson, Claude Larcher, conseillers au parlement, et Jean Tardif, conseiller au Châtelet ; ces magistrats étaient soupçonnés de favoriser le parti du roi.

Rues qui sont entrées dans la circonscription de la Place

1o La rue de la Joaillerie. — Une partie de cette voie publique ayant été conservée, nous en tracerons l’origine à son ordre alphabétique.

2o La rue Saint-Leufroy. — Elle était située en face du Pont-au-Change. On passait en la traversant sous une voûte du grand Châtelet. En 1313, on la nommait rue devant le Chastel. Elle devait son dernier nom à l’église Saint-Leufroy, qui y était située, et qui fut démolie en 1684 pour l’agrandissement du Châtelet. — Le parloir aux bourgeois resta longtemps dans cette rue.

3o La rue du Pied-de-Bœuf. — Le premier titre qui mentionne cette voie publique est de 1437. Elle tenait son nom d’une enseigne.

4o La rue de la Triperie. — Elle était presque entièrement bâtie à la fin du XIIe siècle. On l’appelait, en 1210, rue des Bouticles, en raison des petites boutiques de tripiers qui y existaient. Au XVe siècle c’était la rue de l’Araigne ; c’est ainsi qu’on désignait une espèce de croc de fer à plusieurs branches, dont se servaient les bouchers pour attacher leurs viandes. On la trouve aussi sous la dénomination de rue du Pied-de-Bœuf, et en dernier lieu, sous celle de la Triperie.

5o La rue trop va qui dure. — C’était plutôt un chemin qui régnait le long du grand Châtelet jusqu’à la rue Saint-Leufroy. Nous n’avons pu trouver l’origine de cette dénomination bizarre. Elle n’était connue anciennement que sous le nom général de chemin ou grand’rue le long de la Seine. Dans un procès-verbal de 1636, elle est nommée rue de la Descente de la Vallée de Misère.

Documents administratifs. — Un plan approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny, le 11 octobre 1806, fixa la largeur de la place du Châtelet à 62 m. 50 c. Ces alignements furent modifiés par le ministre, le 21 juin 1817. On reconnut à cette époque que la fontaine du Palmier n’avait pas été construite exactement dans l’axe de la place ; il résulta de cette rectification que la largeur de la place fut réduite à 61 m. 40 c. Cette disposition, qui reçut immédiatement son exécution, a été confirmée par une ordonnance royale du 16 mai 1836. Les maisons riveraines de la place sont toutes à l’alignement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Fontaine du Palmier. — Elle a été élevée en 1808 sur les dessins de Bralle. Elle est entrecoupée de bracelets sur lesquels sont inscrits les noms des plus glorieuses batailles gagnées sous la république et l’empire. Le chapiteau de la colonne est formé de feuilles de palmier et surmonté d’une boule sur laquelle s’élève une renommée distribuant des couronnes ; cette figure et celles de la base sont de M. Bosio.

Chat-qui-Pêche (rue du).

Commence au quai Saint-Michel, nos 5 et 7 ; finit à la rue de la Huchette, nos 14 et 16. Pas de numéro. Sa longueur est de 29 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Le Censier de Sainte-Geneviève, de 1540, la nomme ruelle des Étuves. Plus tard on l’appela rue du Renard. Sa dénomination actuelle lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle, du 29 nivôse an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Depuis le mois d’avril 1832, cette rue est fermée à ses deux extrémités. La propriété située sur le côté gauche, à l’encoignure du quai, est alignée. Les autres constructions devront reculer de 2 m. 70 c. à 3 m. 50 c.

Chauchat (rue).

Commence à la rue Pinon, nos 6 et 8 ; finit à la rue de la Victoire, nos 5 et 7. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 215 m. — 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

Des lettres-patentes, à la date du 7 mai 1779, registrées au parlement le 29 juillet suivant, autorisèrent Jean-Joseph de La Borde, seigneur de la Ferté, vidame, conseiller, secrétaire, maison, couronne de France et des finances, à ouvrir sur ses terrains une rue de 30 pieds de largeur, qui serait nommée rue Chauchat, et communiquerait de la rue Chantereine (aujourd’hui de la Victoire) à celle de Provence. Ce percement fut exécuté en octobre 1779. — Le 29 juillet 1793 (an II de la république), le corps municipal, sur la demande de la citoyenne Boulanger, veuve Pinon, et du citoyen Thévenin, copropriétaires d’un terrain situé entre les rues Pinon et de Provence, leur accorda l’autorisation d’ouvrir une nouvelle communication de 30 pieds de largeur, en prolongement de la rue Chauchat jusqu’à la rue Pinon. Cette autorisation, confirmée par un arrêté du département de Paris, en date du 8 octobre 1793, n’eut point alors de suite. Ce projet, repris en 1821, donna lieu à une décision ministérielle du 27 janvier de cette année, qui fixa la largeur de ce prolongement à 9 m. 75 c. Enfin, une ordonnance royale du 3 octobre suivant autorisa le préfet de la Seine, au nom de la ville de Paris, à acquérir les portions de terrains nécessaires à l’exécution de ce projet. Ces acquisitions furent faites aussitôt. La largeur assignée à cette partie de la rue Chauchat est de 12 m. Les constructions situées sur le côté droit, à l’encoignure de la rue de Provence, devront reculer de 2 m. 40 c. Les autres propriétés ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues Pinon et de Provence. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chauchat (Jacques), écuyer, avocat au parlement, conseiller du roi, quartenier, fut élu échevin le 17 août 1778, sous la prévôté de M. de Caumartin. Il exerça cette importante fonction jusqu’en 1780.

Dans cette rue est située la nouvelle église évangélique de la Rédemption. Cette église, qui occupe les anciens bâtiments de la douane, a été inaugurée le 25 juin 1843, jour anniversaire de la présentation de la confession d’Augsbourg à l’empereur Charles-Quint.

Chaudron (rue).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Martin, nos 239 et 241 ; finit à la rue de Château-Landon, nos 22 et 24. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 223 m. — 5e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Denis.

Cette rue, formée au commencement du XVIIIe siècle, doit son nom à Joseph Chaudron, qui fit construire en 1718 la fontaine située à l’encoignure des rues du Chemin-de-Pantin et du Faubourg-Saint-Martin. — Une décision ministérielle du 11 juin 1812, signée Montalivet, a fixé la largeur de la rue Chaudron à 10 m. Plusieurs constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Chaume (rue du).

Commence à la rue des Blancs-Manteaux, nos 28 et 30 ; finit aux rues des Vieilles-Haudriettes, no 1, et des Quatre-Fils, no 23. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 251 m. — 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété.

Des actes de 1290 font déjà mention de cette rue. Le mur de l’enceinte de Philippe-Auguste aboutissait dans la rue du Chaume, à l’angle qu’elle forme avec la rue de Paradis. Sous le règne de Philippe-le-Bel, une porte fut pratiquée à peu près en cet endroit. Elle fut appelée indifféremment Porte de Braque ou du Chaume ; et la rue dans laquelle on la voyait, porta successivement les noms de rue de la Porte-du-Chaume, de la Porte-Neuve et Neuve-Poterne. Sur le plan de Saint-Victor, elle est nommée Grande rue de Braque, et dans Corrozet, rue de la Chapelle-de-Braque. Lorsqu’elle fut prolongée jusqu’aux murs du Temple, elle prit dans toute son étendue, la dénomination de rue du Grand-Chantier-du-Temple, en raison d’un ancien bâtiment que les Templiers avaient fait construire, et dont l’emplacement est aujourd’hui compris dans l’hôtel des Archives du Royaume. Les actes du XVIe siècle donnent ordinairement à cette voie publique le nom de rue du Chaume. — Une décision ministérielle du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837, sa largeur a été portée à 11 m. Les maisons nos 1, 3, 9, 11, 13, 15, et la maison à l’encoignure droite de la rue de Rambuteau, sont alignées ; celles nos 2, 4 et 6 devront reculer de 4 m. 50 c. à 5 m. — Égout entre la rue des Blancs-Manteaux et celle de Rambuteau. — Conduite d’eau entre les rues de Paradis et des Vieilles-Haudriettes. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière)

Le couvent des religieux de la Merci, ou de Notre-Dame de la Rédemption-des-Captifs, était situé dans cette rue, au coin de celle de Braque. À l’article de cette dernière voie publique, nous avons dit qu’Arnould de Braque y avait fondé une chapelle et un hôpital. On lit dans les registres de la chambre des comptes, que le 7 juillet 1384, Charles VI donna à Nicolas de Braque, fils du précédent, moyennant 12 deniers de cens annuel, les anciens murs avec les tours ou tourelles et les places vagues entre la porte du Chaume et celle du Temple. Nicolas de Braque y fit bâtir un hôtel, et augmenta la chapelle et l’hôpital. Ce dernier établissement était déjà détruit au commencement du XVIIe siècle, mais la chapelle, suffisamment dotée par cette famille, était encore à cette époque desservie par quatre chapelains.

Les historiens ne nous font pas connaître l’époque précise de l’introduction des religieux de la Merci en France, mais on sait d’une manière positive, que dès l’année 1515, ils avaient à Paris une maison et un collége situés dans la rue des Sept-Voies. Ils durent leur second établissement dans la rue du Chaume, à Marie de Médicis, qui leur fit donner les anciens bâtiments possédés par la famille de Braque. Le 4 novembre 1613, l’évêque de Paris approuva ce changement, qui fut autorisé par lettres-patentes du 1er août 1618. À la place des anciennes constructions, on bâtit une église et un monastère. L’ordre de la Merci, qui prit naissance à Barcelone en 1218, n’était dans son origine, qu’une congrégation de gentilshommes qui, pour imiter la charité de saint Pierre Nolasque, leur fondateur, consacrèrent leurs personnes et leurs biens à la délivrance des captifs chrétiens. Cet ordre fut approuvé par Grégoire IX, qui leur fit suivre la règle de saint Augustin.

Dans une pièce de poésie ayant pour titre : Influence de la civilisation chrétienne en Orient, M. Alfred des Essarts a consacré quelques beaux vers à la louange des frères de la Merci. Nous les transcrivons ici :

« Mais si le roi Louis, quittant son héritage,
» Alla chercher la mort aux lieux où fut Carthage ;
» Si dans Byzance en feu, le Turc à sa fureur
» Immola sans pitié le dernier empereur ;
» Si Rhodes, à son tour, cette île-forteresse,
» D’où sortit tant de fois la foudre vengeresse,
» Perdit ses chevaliers, Spartiates chrétiens ;
» La charité du moins put rompre des liens ;
» Elle dompta la force et fit tomber les armes
» Devant la croix du prêtre et son tribut de larmes.
» Frères de la Merci ! Jamais nom respecté
» Ne s’inscrira plus près de la Divinité…
» Relevant par un mot le courage qui ploie,
» Des ongles du lion ils arrachaient la proie,
» Et ramenaient ensuite, heureux et triomphants,
» Aux femmes leurs époux, aux mères leurs enfants.
» Jamais la charité n’eut un plus beau symbole :
» Car ils touchaient les rois par des récits plaintifs,
» Et du pauvre lui-même acceptant une obole,
» Quêtaient par l’univers la rançon des captifs !…
» Leur immense tendresse étonnait l’infidèle ;
» Ni les lointaines mers, ni la dure saison
» Ne suspendaient leurs pas ou n’émoussaient leur zèle ;
» Et souvent on les vit réclamer la prison
» D’un esclave ignoré que sa longue souffrance
» Avait dépossédé des biens de l’espérance,
» Et qui se demandait en entendant leur voix
» Si Dieu s’était fait homme une seconde fois !… »

Le couvent de la Merci fut supprimé en 1790 et devint propriété nationale. Les bâtiments de cette communauté furent aliénés le 15 brumaire an VI. L’église et ses dépendances furent vendues le 9 ventôse de la même année. La longueur de la façade de cette maison religieuse était de 52 m. 10 c. sur la rue du Chaume, et de 24 m. sur la rue de Braque. Les bâtiments de ce couvent, ainsi que son église, ont été démolis quelques années après leur vente. Un marchand de charbons occupe aujourd’hui une partie de l’emplacement de l’ancienne communauté des religieux de la Merci.

Chaumière (rue de la Grande-).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 38 ter et 40 ; finit au boulevart du Mont-Parnasse, nos 51 et 53. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 137 m. — XIe arrondissement, quartier du Luxembourg.

Ouverte sans autorisation en 1830, sur les terrains appartenant au sieur Chamon aîné elle reçut le nom de ce propriétaire. En 1839 elle prit la dénomination de rue de la Grande-Chaumière, en raison de sa proximité d’un bal public ainsi appelé et fréquenté principalement par les étudiants. Cette rue a été classée au nombre des voies publiques de Paris, en vertu d’une ordonnance royale du 14 décembre 1842, qui a imposé à Madame veuve Laplace, substituée aux droits du sieur Chamon, les conditions suivantes : de céder gratuitement à la ville le sol de la rue ; de pourvoir aux premiers frais de l’éclairage et du pavage ; de faire établir des trottoirs ; de substituer la ville aux droits que ladite dame pourrait avoir sur les propriétés dépassant l’alignement de la nouvelle rue dont la largeur est fixée à 10 m. — Cette ordonnance oblige aussi la ville à ne céder des droits de jour et de sortie aux propriétaires dont les constructions forment saillie sur la nouvelle rue, qu’autant qu’ils consentiraient à se retirer à l’alignement.

Ces constructions en saillie sont situées sur le côté gauche et dans une étendue de 60 m. À partir de la rue Notre-Dame-des-Champs : elles devront reculer de 25 à 50 c. Les autres propriétés de la rue de la Grande-Chaumière sont alignées.

Chaumont (passage Saint-).

Commence à la rue du Ponceau, no 18 ; finit à la rue Saint-Denis, no 374. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Ce passage a été ouvert en 1798, sur une partie de l’emplacement de la maison religieuse des Filles-de-Saint-Chaumont ou de l’Union-Chrétienne. Nous avons dit à l’article de la rue de l’Arbalète, en parlant du couvent de la Providence, que la veuve Pollalion, avait jeté dans cette maison les fondements d’une institution dont l’objet était d’instruire les jeunes filles nouvellement converties au catholicisme, et celles qui se trouvaient sans fortune et sans appui. Anne de Croze voulut suivre le bel exemple qu’avait donné la veuve Pollalion. Elle créa un nouvel établissement dont le but était d’étendre cette bienfaisante institution. Des lettres-patentes de 1673 autorisèrent l’établissement d’une nouvelle communauté. Plusieurs legs considérables permirent à ces religieuses d’acheter l’hôtel de Saint-Chaumont. Une partie de l’emplacement que cette propriété occupait se nommait au commencement du XVIIe siècle cour Bellot. — Melchior Mitte, marquis de Saint-Chaumont, l’acheta en 1631, ainsi que dix autres maisons voisines. Ayant fait abattre quelques années après ces anciennes constructions, il fit bâtir un hôtel sur ce vaste terrain. Les sœurs de l’Union-Chrétienne, par contrat du 21 août 1683, en firent l’acquisition moyennant 72 000 livres. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue en trois lots le 8 messidor an III.

Chausson (passage).

Commence à la rue Neuve-Saint-Nicolas, no 22 bis ; finit à la rue des Marais, no 27. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Ce passage a été construit en 1835 par M. Chausson.

Chauveau-Lagarde (rue).

Commence à la place de la Madeleine, nos 11 et 13 ; finit à la rue de l’Arcade, nos 6 et 8. Le dernier impair est 5, le dernier pair, 8. Sa longueur est de 59 m. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

Une ordonnance royale à la date du 2 juin 1824 porte qu’il sera ouvert du côté septentrional de la place de la Madeleine, à gauche et dans la largeur de 10 m. une rue sous la dénomination de rue Chauveau-Lagarde, aboutissant au nouveau boulevart (Malesherbes). Une autre ordonnance à la date du 2 septembre 1829, décida que cette rue s’arrêterait à celle de la Madeleine. Cependant elle n’a été exécutée que jusqu’à la rue de l’Arcade. Elle a été livrée à la circulation dans le courant de février 1832. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Les terrains sur lesquels cette rue a été ouverte provenaient de la maison conventuelle de Notre-Dame-de-Grâce, dite de la Ville-l’Évêque, dont la vente, comme propriété nationale, avait eu lieu en l’an VI.

Chauveau-Lagarde, avocat, puis conseiller à la cour de cassation, est mort à Paris le 19 février 1842, à l’âge de 85 ans. Il défendit Marie-Antoinette et Charlotte-Corday, devant le tribunal révolutionnaire.

Chemins (rue des Quatre-).

Commence au chemin de ronde de la barrière de Charenton ; finit à la grande rue de Reuilly. Pas de numéro. Sa longueur est de 428 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

En 1789 c’était un chemin sans dénomination. Le nom qu’elle porte aujourd’hui lui a été donné en raison des quatre branches du carrefour formé par cette voie publique, les rues des Trois-Chandelles et des Trois-Sabres. On ne voit qu’un petit nombre de constructions dans la rue des Quatre-Chemins. Depuis douze ans, plusieurs clôtures ont été établies d’après un alignement qui assigné à cette voie publique une largeur de 13 m.

Chemins de ronde.

Nous avons dit à l’article Barrières, que les fermiers généraux commencèrent dès 1784, la formation de la nouvelle enceinte de Paris. Ils firent l’acquisition d’une grande quantité de terrains nécessaires à l’exécution de ce vaste projet. Le premier contrat porte la date du 29 janvier 1787 ; le dernier est du 21 février 1791. Dans cet intervalle fut rendue l’ordonnance suivante dont nous transcrivons un extrait : « De par le roi, etc. — Sur ce qui a été représenté au bureau par le procureur du roi que sa majesté avoit ordonné qu’il seroit fait une nouvelle enceinte de Paris, dont une partie étoit déjà circonscrite par des murs et que le surplus seroit au plus tôt provisoirement achevé en planches ; qu’il seroit aussi fait un boulevard de 15 toises de largeur pour enceindre extérieurement cette clôture et qu’il seroit réservé 36 pieds de largeur au long et en dedans de la nouvelle enceinte pour former un chemin d’isolement qui pût se convertir par la suite en une rue et que sa majesté avoit encore ordonné qu’il ne seroit point élevé de constructions sur les terrains qui resteront hors l’enceinte, qu’à 50 toises de distance de la clôture ; et dans Paris qu’à 36 pieds de distance etc. Sur quoi vu le réquisitoire, la déclaration du roi du 10 avril 1783 et autres règlements, et ouï le rapport de maître Nicolas-Jacques Hébert de Hauteclair, trésorier de France, commissaire du conseil pour la direction du pavé de la ville, faubourg et banlieue de Paris, le bureau fait défenses d’élever ou de réparer aucuns murs de clôture et bâtiments hors la nouvelle enceinte de Paris qu’à la distance de 50 toises de la clôture et en dedans de ladite enceinte qu’à 36 pieds d’éloignement de ladite clôture ; en conséquence fait aussi défenses sous les peines portées par la déclaration du roi du 10 avril 1783 à tous propriétaires, entrepreneurs et ouvriers, d’en commencer aucunes fouilles et constructions au dedans et au dehors de ladite nouvelle enceinte sans avoir préalablement pris les permissions et alignements nécessaires. Fait pareillement défenses sous les mêmes peines de continuer aucune construction qui y soit en commencée avant d’avoir pris lesd. permissions et alignements, et ordonne que la présente sera imprimée et affichée partout où besoin sera, notamment sur les nouvelles clôtures de Paris. — Fait au bureau des finances de Paris le 16 janvier 1789. » — Cette ordonnance en ce qui concerne la largeur des chemins de ronde, a été confirmée par une décision ministérielle en date du 18 messidor an IX.

Les fermiers-généraux n’ont acheté que la moitié des terrains nécessaires à la formation des chemins de ronde, c’est-à-dire une zône de 5 m. 84 c. à partir du mur d’enceinte. Il en résulte que la ville a payé et paie les terrains qui sont livrés par les propriétaires pour l’exécution complète de l’alignement.

On compte 46 chemins de ronde dont la longueur totale est de 19 908 m. Il n’en existe pas, d’une part : entre la barrière d’Italie et le poste d’observation de la barrière d’Enfer (Les boulevarts des Gobelins, Saint-Jacques et d’Enfer forment sur ce point la limite de Paris) ; et d’autre part : entre les barrières de Monceau et de Courcelles, où se trouve le parc de Monceau. Ces terrains occupent une longueur de 3 460 m.

La superficie des terrains à retrancher pour l’entière exécution de l’alignement des chemins de ronde est de 8 000 m. environ.

Les chemins de ronde sur les deux rives, prennent leur dénomination de la barrière la plus rapprochée de l’amont de la Seine. Ainsi, sur la rive droite, le chemin qui s’étend de la barrière de la Rapée à celle de Bercy, s’appelle chemin de ronde de la barrière de la Rapée… etc. ; sur la rive gauche, le chemin entre les barrières de la Gare et d’Ivry porte le nom de chemin de ronde de la barrière de la Gare, etc.

Les chemins de ronde ne sont pas encore pavés.

Chemin-Vert (passage du).

Commence à la rue de ce nom, no 29 ; finit au quai de Jemmapes. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 6. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Formé en 1834, sur les terrains appartenant à M. Mouffle, ancien maire du 8e arrondissement, ce passage doit sa dénomination à la rue du Chemin-Vert où il prend naissance.

Chemin-Vert (rue du).

Commence à la rue Amelot, nos 22 et 24 ; finit à la rue Popincourt, nos 31 et 33. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 562 m. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Ce n’était encore qu’un chemin sinueux vers le milieu du XVIIIe siècle. Il traversait un marais couvert d’herbages ; de là est venue sa dénomination. En 1777, on l’appelait rue Verte. Des lettres-patentes du mois de mai de la même année ordonnèrent que cette rue serait prolongée jusqu’au rempart, que son débouché serait vis-à-vis de la rue du Pas-de-la-Mule et qu’elle prendrait le nom de rue Levé. En assignant ce nom à la rue qui nous occupe, on avait l’intention d’honorer Jean-Denis Levé, écuyer, conseiller du roi, alors échevin de la ville de Paris. D’autres lettres-patentes, à la date du 2 mai 1780, changèrent la direction approuvée par les précédentes. Quant à la dénomination de rue Levé, elle ne fut jamais inscrite. — Une décision ministérielle à la date du 23 germinal an XI, signée Chaptal, ainsi qu’une ordonnance royale du 6 mai 1827, ont fixé à 10 m. la largeur de la rue du Chemin-Vert. Les constructions riveraines sont alignées, à l’exception des propriétés nos 17, 19, 21, 23, et d’une partie du no 29, qui devront subir un faible retranchement. — Égout dans toute l’étendue. — Conduite d’eau entre la rue Amelot et le quai de Valmy. — Éclairage au gaz dans cette partie (compe Lacarrière).

Chemin Vicinal (ruelle du).

Commence à la rue de Picpus, nos 5 et 7 ; finit à la place du Trône. Pas de numéro. Sa longueur est de 125 m. — 8e arrondissement quartier des Quinze-Vingts.

Le plan de Verniquet l’indique comme un chemin bordé de vignes. La largeur actuelle de cette voie publique varie de 2 m. à 3 m. 50 c. Il n’existe pas encore d’alignement arrêté pour cette ruelle.

Chenet (rue du Gros-).

Commence à la rue de Cléry, nos 13 et 15 ; finit aux rues des Jeûneurs, no 1, et Saint-Roch, no 7. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 150 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

D’anciens plans ne la distinguent point de la rue du Sentier, dont elle forme le prolongement. Elle doit son nom à une enseigne que portait autrefois une maison située au coin de la rue Saint-Roch. — Une décision ministérielle, à la date du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur est portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. Les maisons nos 9, 11, 13, 15, 21, 2 et 2 bis, sont alignées. La propriété no 17 n’est soumise qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau entre la rue du Croissant et celle des Jeûneurs. — Éclairage au gaz (compe Française).

Cherche-Midi (rue du).

Commence aux rues du Vieux-Colombier, no 33, et de Sèvres, no 1er ; finit à la rue de Vaugirard, no 134. Le dernier impair est 119 ; le dernier pair, 126. Sa longueur est de 1 202 m. — Les impairs de 1 à 37 sont du 11e arrondissement, quartier du Luxembourg ; de 39 à la fin, et tous les numéros pairs sont du 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Les rues du Cherche-Midi, des Vieilles-Tuileries et du Petit-Vaugirard, formant avant 1832 trois voies publiques distinctes, nous allons tracer un court historique de chacune d’elles : 1o la rue du Cherche-Midi doit son nom à un cadran, près duquel on avait peint des gens qui cherchaient midi à quatorze heures ; 2o la rue des Vieilles-Tuileries était ainsi nommée en raison de son voisinage de plusieurs tuileries ; 3o la rue du Petit-Vaugirard tenait son nom du village de Vaugirard, auquel elle conduit. L’adjectif petit servait à la distinguer de la rue de Vaugirard. — Une décision ministérielle du 5 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de ces trois voies publiques à 10 m. — En vertu d’une autre décision du ministre du commerce et des travaux publics, à la date du 5 juin 1832, et signée d’Argout, elles ont été confondues sous la seule et même dénomination de rue du Cherche-Midi. Par suite de cette décision, le numérotage été régularisé conformément à un arrêté préfectoral du 29 juin 1833. — Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : de 11 à 21 inclusivement ; de 31 à 85 inclusivement ; de 93 à 101 inclusivement ; 107, 119 ; de 14 à 34 inclusivement ; 66, 76, 86, 100, 104, 106, 110, 112 et 122. — Égout : 1o entre les rues de Sèvres et du Regard ; 2o depuis la rue de Bagneux jusqu’au boulevart du Mont-Parnasse. — Conduite d’eau : 1o entre les rues d’Assas et de la Barouillère ; 2o depuis la rue Mayet jusqu’au boulevart. — Éclairage au gaz (compe Française).

Au no 23 était situé le prieuré de Notre-Dame de Consolation, dit du Cherche-Midi. Des religieuses Augustines de la congrégation de Notre-Dame, établies à Laon pour l’instruction des jeunes filles, vinrent à Paris en 1633 afin d’y former un couvent. Le 13 mai 1634, elles achetèrent des sieur et dame Barbier un emplacement dans la rue du Cherche-Midi. Autorisées par l’abbé de Saint-Germain et munies de lettres patentes du roi, elles firent construire un monastère. Leur chapelle fut bénite sous l’invocation de Saint-Joseph, dont elles ajoutèrent le nom à celui de leur Institut. Supprimé en 1790, ce couvent qui contenait en superficie 2 714 m. fut vendu les 9 fructidor an IV, 15 brumaire an V, 24 vendémiaire, 25 pluviôse, 6 germinal, 29 prairial an VI et 8 fructidor an VIII. Dans le contrat de vente du 15 brumaire an V, l’obligation suivante fut imposée à l’acquéreur : Il sera tenu de donner le terrain nécessaire pour l’ouverture des deux rues projetées, ainsi que le tout est indiqué sur le plan, attendu que ce terrain ne fait point partie de la présente vente, etc. Cette clause n’a reçu que la moitié de son exécution. Une seule voie publique, la rue d’Assas fut ouverte sur l’emplacement du couvent du Cherche-Midi, et sur celui des Carmes, vendus l’un et l’autre avec la même obligation de livrer le terrain pour deux rues projetées. Dans les autres actes qui portent les dates des 6 germinal, 29 prairial an VI, et 8 fructidor an VIII, il est dit que l’acquéreur sera tenu de se conformer sans indemnité aux alignements arrêtés, ou qui pourraient l’être dans la suite par la commission des travaux publics.

Au no 38 était situé le couvent du Bon-Pasteur. Marie-Madeleine de Ciz, veuve du sieur Adrien de Combé, protestante nouvellement convertie au catholicisme, fonda cet établissement en retirant chez elle quelques filles débauchées et repentantes. Louis XIV l’encouragea et l’autorisa en lui donnant une maison confisquée sur un protestant, et une somme de 1 500 livres pour la réparer convenablement. On y construisit une chapelle, et la messe y fut dite pour la première fois le jour de la Pentecôte de l’année 1686. Cet utile établissement fut confirmé par lettres-patentes du mois de juin 1698. Plusieurs personnes, excitées par l’exemple du monarque, ajoutèrent des dons considérables qui fournirent à la vertueuse et bienfaisante fondatrice les moyens d’augmenter les bâtiments et d’y loger jusqu’à 200 filles. La maison du Bon-Pasteur était composée de deux espèces de personnes : de filles qu’on nommait sœurs, dont la conduite avait toujours été régulière et qui se consacraient à la conversion des pénitentes, et de personnes qui, revenues des égarements de leur jeunesse, suivaient de leur plein gré les exemples des premières. Ce couvent jouissait d’un revenu de 10 000 liv. Il fut supprimé en 1790. Ses bâtiments sont maintenant occupés par l’entrepôt des subsistances des troupes qui composent la garnison de Paris.

Cheval-Blanc (passage du).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, no 23 ; finit à la rue de la Roquette, nos 2 et 4. — 8e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Antoine.

Construit de 1824 à 1825, il doit son nom au chantier du Cheval-Blanc, sur lequel il a été bâti.

Chevalier-du-Guet (impasse du).

Située dans la place de ce nom, entre les nos 9 et 8. Pas de numéro. Sa longueur est de 22 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

C’était en 1339 une ruelle qui n’avait alors aucune dénomination. En 1450, elle prit le nom de ruelle de la Saunerie ; elle aboutissait vis-à-vis de la rue ainsi appelée. En 1776, elle fut réduite à l’état d’impasse. Elle n’a jamais été alignée ; aujourd’hui elle est fermée.

Chevalier-du-Guet (place du).

Située entre les rues du Chevalier-du-Guet, no 1, et Perrin-Gasselin, no 7. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 30 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle faisait anciennement partie du territoire dit Perrin-Gasselin. Jusqu’au milieu du XVIe siècle cette place ne fut connue que sous cette dénomination générale, qu’elle quitta alors pour prendre celle du Chevalier-du-Guet. (Voir pour l’étymologie l’article suivant.) — Une décision ministérielle en date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. 50 c. En vertu d’une ordonnance royale du 19 juillet 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté gauche sont soumises un retranchement qui varie de 50 c. à 1 m. 10 c. Celles du côté droit devront reculer de 80 c. à 1 m. 60 c. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Chevalier-du-Guet (rue du).

Commence à la place du même nom, no 2, et à la rue de la Vieille-Harengerie, no 1 ; finit à la rue des Lavandières, nos 16 et 18. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 47 m. — 4e arrondissement. Les impairs sont du quartier du Louvre ; les pairs, du quartier des Marchés.

En 1300 et jusqu’au milieu du XVIe siècle, c’était la rue Perrin-Gasselin. Le nom qu’elle porte maintenant lui vient d’une maison que le roi avait acquise pour y loger le commandant ou chevalier du guet. « Il y a grande apparence, dit Jaillot, que ce fut en conséquence de l’ordonnance du roi Jean, du 6 mai 1363, que cette maison fut achetée et destinée pour les chefs de cette compagnie. » — La rue du Chevalier-du-Guet n’a été ainsi nommée qu’au commencement du XVIIe siècle. — Une décision ministérielle du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838. Les maisons nos 4, 8 et 10 sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Il est parlé du guet de Paris dans les Olim du parlement (ce sont les plus anciens registres du royaume). Il y avait le guet assis et le guet royal. Les communautés des marchands et artisans étaient obligées de fournir un certain nombre d’hommes. Le chiffre en était fixé par le prévôt de Paris. Ces soldats, qui devaient se rendre à des corps-de-garde fixes, formaient ce qu’on appelait le guet assis. Le guet royal était ainsi nommé parce qu’il était composé de militaires entretenus aux frais du roi. Il comptait dans l’origine vingt sergents à cheval et vingt-six sergents à pied. Cette compagnie faisait les rondes. Le commandant est nommé Miles-Gueti, chevalier du guet, dans une ordonnance de saint Louis, de l’année 1254. Lorsque Charles VII supprima l’ordre de l’Étoile, sa majesté voulut qu’il fût conservé seulement dans la personne du chevalier du guet. Cette charge donnait de très belles prérogatives. Celui qui en était revêtu, pouvait entrer chez le roi à toute heure, et même en bottes. Il rendait compte directement à sa majesté et prenait ses ordres. Les officiers et archers qui composaient la compagnie avaient aussi beaucoup de privilèges. À la mort du sieur Choppin de Goussangré, dernier chevalier du guet, le roi, par arrêté du 31 mars 1733, ordonna le remboursement de sa charge à ses héritiers, ne jugeant pas à propos de lui donner un successeur. On réunit dans un seul officier le commandement de toutes les compagnies d’ordonnance, tant à pied qu’à cheval. À l’époque de la révolution, le guet de Paris se composait de 69 archers à pied, de 111 à cheval et d’une troupe d’infanterie de 852 hommes.

Cheval-Rouge (passage du).

Commence à la rue Saint-Martin, no 271 ; finit à la rue du Ponceau, no 19. — 6e arrondissement, quartier de la Porte Saint-Denis.

Bâti vers l’année 1800, il a pris son nom d’une enseigne.

Chevaux (marché aux).

Commence au boulevart de l’Hôpital, no 28 ; finit à la rue du Marché aux Chevaux. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 16. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Sous le règne de Henri III, un Marché-aux-Chevaux fut construit sur une partie de l’emplacement de l’hôtel des Tournelles. Cet établissement occupait en 1605 un terrain qui fait aujourd’hui partie du boulevart des Capucines.

Bureau de la ville. — « Veu le placet présenté au Roi, par François Baraujon son appotiquaire et vallet de chambre, affin d’avoir permission et pouvoir de faire construire et rétablir le mercredy de chacune septmaine, un second marché en l’un des fauxbourgs de ceste ville de Paris, comme Saint-Jacques, Saint-Victor, ou Saint-Marceau, pour y vendre et exposer chevaux et autres bestiaux à pied fourché. Veu le renvoy à nous faict par sa majesté, etc. Sommes d’avis, après avoir faict descente sur les lieux et au faux bourg Saint-Victor à son bout près la Croix-de-Clamart, que le marché que prestend establir le d. Baraujon, soit faiet et construit au dit lieu et au bout du d. faubourg, prosche la Croix-de-Clamart, etc. Fait au bureau de la ville le 12e avril 1639. » — Des lettres-patentes de 1659 registrées au parlement l’année suivante confirmèrent cet établissement. En 1760, on fit bâtir à l’une de ses extrémités un pavillon dont nous indiquerons la destination. Le roi voulant que ce marché ne pût être déplacé, ordonna au lieutenant-général de police d’en faire l’acquisition des sieur et dame Guillotte. Le contrat fut dressé le 7 septembre 1787, par Gérard, notaire à Paris. Le Marché-aux-Chevaux était alors planté de quatre rangs d’arbres, formant une allée principale et deux contre allées. Des poteaux, placés de distance en distance, servaient à attacher un nombre plus ou moins considérable de chevaux dont on ne pouvait approcher sans danger. Les premiers travaux d’amélioration ont été autorisés en 1817, et pendant leur exécution, le marché a été transféré sur le boulevart de l’Hôpital. En 1824, les travaux concernant l’essai des chevaux de trait ont été entrepris ; enfin en 1830, on a déblayé un terrain sur lequel on devait faire des constructions. Le Marché-aux-Chevaux se compose de trois parties contiguës : la première, qui comprend le marché proprement dit, a son entrée principale par la rue du Marché-aux-Chevaux et occupe un espace de 55 m. de largeur sur 206 de longueur ; la seconde partie, formant hache à droite, est affectée à l’essai des chevaux de trait ; elle a son entrée par le marché et occupe un espace de 58 m. de longueur, ayant une largeur réduite de 50 m. ; la troisième partie, servant à la vente des voitures, a son entrée principale par le boulevart de l’Hôpital ; sa largeur est de 55 m. et sa longueur de 50. La première partie de cet établissement, qui est affectée spécialement à la vente des chevaux, forme une espèce de cirque composé de deux chaussées parallèles, dont la ligne de séparation devait être ornée de trois fontaines ; l’une monumentale et les deux autres portant les armatures des réverbères ; ces deux dernières sont exécutées et le surplus de la ligne de séparation est indiqué par des barrières et terminé par de fortes bornes. Les chevaux sont attachés à des barrières placées sur quatre rangs qui en contiennent chacun 34 et ensemble 136. Moitié de ces barrières d’attache est à droite et l’autre moitié à gauche des chaussées servant à essayer les chevaux. Presque toutes les barrières contiennent quatre chevaux et elles sont garnies de traverses mobiles et de poteaux pour garantir les passages qui sont réservés entre elles. Enfin cette partie du Marché-aux-Chevaux est plantée de six rangs d’arbres formant une allée principale et deux contre-allées doubles abritant les chevaux. Des retranchements qui sont encore à faire aux propriétés contiguës, ont empêché de placer vingt-et-une barrières faisant partie du second rang. La seconde partie, servant à l’essai des chevaux de trait, présente un plan elliptique, dont le grand axe correspond à une des fontaines ci-dessus décrites, et contient deux rampes en fer-à-cheval. Entre ces rampes est un plateau au fond duquel on a pratiqué, sous l’emplacement où les rampes se joignent, une serre voûtée contenant les voitures et les harnais servant à essayer les chevaux. La troisième partie est affectée, ainsi que nous l’avons dit, à la vente des voitures à l’encan par le ministère des commissaires-priseurs. On peut considérer comme une dépendance de ce vaste établissement le pavillon situé dans la rue du Marché-aux-Chevaux, en face de l’entrée principale ; ce pavillon, construit en 1760 et dont il a été parlé au commencement de cet article, est une propriété communale occupée par le commissaire de police. Tous les travaux du Marché-aux-Chevaux ont été dirigés par M. Lahure, architecte.

Cet établissement a été concédé à la ville de Paris, par décret impérial du 30 janvier 1811, titre V, art. 15. — Une ordonnance de police du mois de mars 1830 porte ce qui suit : — « À partir du 1er lundi de mars, il sera ouvert à Paris un marché affecté exclusivement à la vente des chevaux fins ou de luxe. Ce marché se tiendra, tous les premiers lundis de chaque mois, dans l’intérieur du Marché-aux-Chevaux, situé entre la rue du Marché-aux-Chevaux et le boulevart du Midi. » Cet établissement avait été affermé, moyennant un loyer annuel de 17 753 fr. suivant adjudication du 24 mars 1832, à partir du 1er avril, pour 3, 6, ou 9 années. Ce bail a été renouvelé le 22 mars 1841, pour le même laps de temps et moyennant 18 525 fr. par an. — Conduite d’eau depuis la rue du marché jusqu’à la fontaine.

Chevaux (passage du Marché-aux-).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Marcel, no 21 ; finit à la rue du Marché-aux-Chevaux, nos 16 et 18. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Le plan de Verniquet l’indique comme une impasse sans dénomination. Elle a été convertie en passage il y a quelques années.

Chevaux (rue du Marché-aux-).

Commence à la rue Poliveau, nos 29 et 31 ; finit au boulevart de l’Hôpital, nos 36 bis et 38. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est 431 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

La partie de cette voie publique comprise entre la rue Poliveau et le marché fut percée vers 1640 et reçut la dénomination de rue Maquignogne. Quelques années après on lui donna le nom de rue du Marché-aux-Chevaux. La deuxième partie, celle qui aboutit au boulevart, s’appelait originairement rue du Chemin de Gentilly. En 1737, elle fut désignée sous le nom de rue du Gros-Caillou. — Une décision ministérielle en date du 28 prairial an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de ces deux voies publiques à 10 m. Elles ont été réunies en 1806 sous la seule et même dénomination de rue du Marché-aux-Chevaux. Les propriétés nos 1, 3, 11 ; partie du no 18, 20, 22 bis, 24 et 26 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau entre la rue Poliveau et le marché.

Chevert (petite-rue).

Commence à la rue Chevert, no 8 ; finit à l’avenue La Motte-Picquet. Pas de numéro. Sa longueur est de 36 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Une décision ministérielle du 28 vendémiaire an XIII, signée Portalis, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Sa largeur actuelle est de 5 m. (Voyez l’article suivant).

Chevert (rue).

Commence à l’avenue La Motte-Picquet ; finit à l’avenue de Tourville. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 349 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Le plan de Jaillot et celui de Verniquet l’indiquent comme un chemin sans dénomination. Le nom de Chevert lui fut donné vers 1802. François Chevert, lieutenant-général des armées du roi, naquit à Verdun-sur-Meuse, le 2 février 1699 ; il mourut à Paris le 24 janvier 1769. — Une décision ministérielle à la date du 28 vendémiaire an XIII, signée Portalis, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions situées sur le côté des numéros pairs, entre l’avenue La Motte-Picquet et la Petite-rue-Chevert, sont alignées.

Chevreuse (rue de).

Commence à la rue Notre-Dame-des-Champs, nos 42 et 42 bis ; finit au boulevart du Mont-Parnasse, nos 59 et 61. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 70 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Le plan de Verniquet l’indique sous cette dénomination dont l’étymologie nous est inconnue. — Une décision ministérielle à la date du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La maison située sur le côté des numéros impairs à l’angle du boulevart et toutes les constructions du côté opposé sont alignées. Le surplus devra reculer de 2 m. 20 c.

Childebert (rue).

Commence à la rue d’Erfurth, nos 2 et 4 ; finit à la rue Sainte-Marthe, nos 4 et 9. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 79 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Cette rue a été ouverte en 1715 sur l’enclos de l’abbaye, par les soins du cardinal de Bissy, alors abbé de Saint-Germain-des-Prés. Son nom lui fut donné en mémoire de Childebert Ier, roi de France et fondateur de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, où il fut enterré en 558. — Une décision ministérielle du 21 août 1817 a fixé à 10 m. la largeur de cette voie publique. Les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau entre la rue d’Erfurth et la place Saint-Germain-des-Prés.

Chilpéric (rue).

Commence à la rue de l’Arbre-Sec, no 9 ; finit à la place Saint-Germain-l’Auxerrois, no 22. Pas de numéro impair. Ce côté est bordé par l’église Saint-Germain-L'auxerrois. Le dernier pair est 20. Sa longueur est de 82 m. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle faisait anciennement partie du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois. Elle porte depuis 1800 le nom de Chilpéric, roi de Soissons, mort en 584, auquel on attribue la fondation de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. Sa largeur actuelle varie de 4 à 7 m. — Égout du côté de la rue de l’Arbre-Sec. — Conduite d’eau depuis cette rue jusqu’à celle du Demi-Saint. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Choiseul (passage de).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, no 44 ; finit à la rue Neuve-Saint-Augustin, no 19. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Ce passage, commencé en 1825 sur les terrains appartenant à MM. Mallet frères, a été termine en 1827. Les travaux ont été dirigés par M. Tavernier, architecte. Ce passage a pris sa dénomination de la rue de Choiseul dont il fait le prolongement.

Choiseul (rue de).

Commence à la rue Neuve-Saint-Augustin, nos 14 et 16 ; finit au boulevart des Italiens, nos 19 et 21. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 243 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Madame la comtesse de Choiseul, douairière, et M. le comte de Choiseul, son fils, propriétaires d’un hôtel dont le jardin s’étendait jusqu’au rempart, obtinrent, par arrêt du conseil du 26 avril 1776, l’autorisation d’ouvrir un renfoncement ou impasse de 24 pieds de largeur. Cette impasse fut immédiatement construite. Le 19 juin 1779, ils obtinrent des lettres-patentes ainsi conçues : — « Article 1er. Il sera ouvert et formé, en continuité du renfoncement dont la permission a été accordée à la dame comtesse de Choiseul, douairière, et comte de Choiseul-Gouffier, son fils, une nouvelle rue sur le terrain des jardins et bâtiments de leur hôtel, et à leurs dépens, dont l’une des issues sera sur le rempart, et l’autre rue Neuve-Saint-Augustin ; la dite rue sera nommée rue de Choiseul. Sa largeur sera de 24 pieds et son alignement droit et parallèle dans toute sa longueur. — Art. 2. Le nouveau pavé de la rue sera établi également aux frais des sieur et dame de Choiseul, etc. » — Ces lettres-patentes furent exécutées en août 1779.

Marie-Gabriel-Auguste, comte de Choiseul-Gouffier, naquit en 1752. Il fut nommé membre de l’Académie Française en 1784, puis ambassadeur à Constantinople. Pendant la révolution, le comte de Choiseul se réfugia en Russie. Il rentra en France en 1802 et mourut en 1817.

Une décision ministérielle du 23 floréal an X, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue de Choiseul à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 27 mars 1831, cette largeur est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. à 1 m. 30 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Cholets (rue des).

Commence à la rue de Reims, no 7 ; finit à la rue Saint-Étienne-des-Grès. Le dernier impair est 3 ; pas de numéro pair. Ce côté est bordé par les dépendances du collége Louis-le-Grand. Sa longueur est de 69 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

L’emplacement circonscrit par les rues des Cholets, de Reims, des Sept-Voies et Saint-Étienne-des-Grès, était au XIe siècle un clos planté de vignes. On voyait à son extrémité occidentale une petite chapelle dédiée à saint Symphorien. — À la fin du siècle suivant, un chemin avait été tracé en cet endroit et portait le nom de Saint-Symphorien. Vers 1295 ce chemin, bordé de constructions, recevait le nom des Cholets, en raison du collége des Cholets dont nous tracerons l’origine. — Une décision ministérielle, à la date du 13 juin 1807, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement de 2 m. 40 c. environ. Celles du côté opposé ne sont assujetties qu’à un léger redressement.

La chapelle de Saint-Symphorien dont nous avons parlé, remontait à la plus haute antiquité. Aucun historien n’a pu fixer l’époque de sa fondation. Le premier titre qui l’indique d’une manière positive est une charte de Philippe-Auguste, de 1185. Cette chapelle tombait en ruines au milieu du XVIIe siècle et fut vendue au collége de Montaigu, par contrat du 9 septembre 1662.

Le collége des Cholets était situé dans cette rue, au no 2. Sa fondation est due à Jean Cholet, cardinal et légat du pape en France. Ce prélat, mort le 2 août 1291, avait légué par son testament une somme de 6 000 livres pour fournir aux frais de la croisade publiée contre Pierre d’Aragon. Cette guerre se trouvant terminée à la mort de Jean Cholet, ses exécuteurs testamentaires, Jean de Bulles, archidiacre du Grand-Caux dans l’église de Rouen, et deux chanoines de l’église de Beauvais, résolurent d’affecter cette somme à la fondation d’un collége en faveur des étudiants des diocèses de Beauvais et d’Amiens. En 1504, la chapelle fut construite et dédiée à sainte Cécile. Le collége des Cholets fut réuni à l’Université en exécution des lettres-patentes du 21 novembre 1763. Les bâtiments devinrent propriétés nationales en 1792. Une partie de ce collége, la moins importante, fut vendue. Ce qui en restait fut loué par l’État. L’ordonnance royale qui suit complète l’historique de cet ancien établissement. — « Louis, etc. Vu l’article 23 du décret du 17 septembre 1808, portant que les bâtiments des Académies seront entretenus aux frais des villes où ils seront établis ; vu le décret du 11 décembre suivant, qui donne à l’Université de France les biens meubles et immeubles ayant appartenu aux anciennes universités, académies et colléges, et celui du 9 avril 1811, qui concède aux départements, arrondissements et communes les bâtiments occupés pour le service de l’instruction publique, etc., nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : — Article 1er. Les bâtiments de l’ancien collége des Cholets à Paris, sont, conformément au décret du 11 décembre 1808, réunis aux biens composant la dotation de l’Université qui sera mise immédiatement en possession. Les bâtiments seront concédés gratuitement par l’Université à notre bonne ville de Paris, à la charge par la dite ville d’en effectuer la démolition et d’en réunir le terrain au collége royal de Louis-le-Grand, sauf le retranchement nécessaire pour l’élargissement des rues des Cholets et de Saint-Étienne, etc. Donné à Paris, le 26 juin de l’an de grâce 1821 et de notre règne le 27e, signé Louis. — Par le roi : le ministre secrétaire d’État de l’intérieur, signé Siméon. »

Chopinette (barrière de la).

Située à l’extrémité de la rue du Buisson-Saint-Louis.

Décorée d’un bâtiment avec deux arcades entourées chacune de six colonnes, cette barrière tire son nom des guinguettes situées dans son voisinage, et fréquentées par le peuple qui va, surtout les jours de fêtes, y vider de nombreuses chopines ou chopinettes. (Voir l’article Barrières.)

Chopinette (chemin de ronde de la barrière de la).

Commence à la rue du Buisson-Saint-Louis et à la barrière de la Chopinette ; finit à la rue Grange-aux-Belles et à la barrière du Combat. Pas de numéro. Sa longueur est de 574 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Voir l’article Chemins de ronde.

Chopinette (rue de la).

Commence à la rue Saint-Maur, finit au chemin de ronde de la barrière de la Chopinette. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 388 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

C’était autrefois un chemin. On n’a commencé à y bâtir que vers 1795 (même étymologie que celle de l’article de la Barrière). — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. D’après les alignements arrêtés, les constructions riveraines ne sont généralement assujéties qu’à un faible retranchement.

Choux (rue du Pont-aux-).

Commence aux boulevarts de Beaumarchais, no 85, et des Filles-du-Calvaire, no 1 ; finit à la rue Saint-Louis, nos 74 et 76. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 171 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

À la fin du XVIe siècle, ce n’était qu’un chemin qui conduisait à des marais où l’on cultivait des choux et autres légumes. — À l’endroit où cette rue prend naissance était un ponceau ou petit pont qui servait à traverser l’égout que la rue Saint-Louis couvre aujourd’hui. Dans un procès-verbal d’arpentage du 2 janvier 1624, on voit que la rue du Pont-aux-Choux était presque entièrement construite. — Une décision ministérielle à la date du 19 germinal an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 21, 14 et 20 sont alignées ; le surplus des constructions n’est soumis qu’à un faible retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Louis. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Christine (rue).

Commence à la rue des Grands-Augustins, no 12 et 14 ; finit à la rue Dauphine, nos 35 et 37. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 96 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

L’hôtel et collége de Saint-Denis furent vendus en vertu d’un arrêt du parlement du 9 avril 1595. Les bâtiments furent démolis et sur une partie de leur emplacement, on traça deux rues qui furent bordées de constructions vers 1607. On donna à la première le nom de rue Dauphine ; la deuxième, ouverte sur une largeur de 5 m. 84 c., fut appelée rue Christine en l’honneur de Christine de France, seconde fille de Henri IV et de Marie-de-Médicis. Christine naquit en 1606, épousa en 1619 Victor-Amédée, duc de Savoie, et mourut en 1663.

Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue Christine à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées. Celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 10 c. — Bassin d’égout. — Conduite d’eau depuis la rue Dauphine jusqu’à la borne-fontaine.

Christophe (rue Saint-).

Commence au parvis Notre-Dame et à la rue d’Arcole, no 24 ; finit à la rue de la Cité, no 51. Le côté gauche est bordé par les bâtiments de l’administration des Hospices. Le dernier pair est 18. Sa longueur est de 87 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

C’était en 1218, 1248 et 1265 la Regraterie. Guillot, vers l’an 1300, l’appela la grand’rue Saint-Christofle : elle tenait cette dénomination de l’église Saint-Christophe. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. La maison à l’encoignure de la rue d’Arcole, celles nos 6, 8, 10, 18, la propriété à l’angle de la rue de la Cité et les bâtiments de l’administration des Hospices, sont alignés. — Conduite d’eau.

La charte de Vandemir de 690 nous apprend qu’à cette époque il existait, à l’endroit où fut depuis l’église Saint-Christophe, une chapelle dont l’abbesse se nommait Landetrude. Ce monastère avait été placé à la proximité de la principale église, afin que les religieuses prissent soin de ses ornements et de sa lingerie, suivant l’usage établi dans plusieurs cathédrales. D’autres femmes ayant été plus tard chargées de cet entretien, le monastère fut destiné par l’évêque de Paris à servir d’hôpital. L’historien Lebeuf pense que ce changement eut lieu immédiatement après le concile d’Aix-la-Chapelle, tenu en 817. Il est certain qu’en 829 les chanoines de la cathédrale étaient dans l’usage de laver les pieds des pauvres, dans ce lieu appelé Memoria Sancti-Christophi. La petite église ou chapelle était alors desservie, de semaine en semaine, par deux prêtres nommés par les chanoines de Notre-Dame. Le chapitre possédait la moitié de l’hospice de Saint-Christophe, l’évêque de Paris était propriétaire de l’autre ; mais sous le roi Robert, l’évêque Renaud donna l’établissement en entier à six chanoines, et peu après l’évêque Guillaume leur céda l’église elle-même. Elle fut rebâtie de 1494 à 1510, dans un style assez gracieux. Sauval rapporte : « qu’en 1502, il existait près de Saint-Christophe un pilier et carcan où fut attaché Guillaume Dubois, valet-boucher, le jour de Pasques, pour blasphèmes de Dieu, par lui faits et commis, et icelui gardé pendant qu’on disait la grand’messe, depuis huit heures jusqu’à onze. » L’église Saint-Christophe fut démolie en 1747, pour agrandir le parvis Notre-Dame. Une partie de son emplacement servit aussi à la reconstruction de la chapelle des Enfants-Trouvés.

Cirque-Olympique.

Situé boulevart du Temple, no 80. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Vers 1780, un anglais nommé Astley établit dans la rue du Faubourg-du-Temple, no 24, un manège et un spectacle de voltiges. Franconi père, chef d’une famille d’écuyers dont la réputation est européenne, le remplaça en 1784 et augmenta l’importance de ce théâtre, qui fut transféré, en 1802, dans le jardin des Capucines, et dans la rue du Mont-Thabor en 1807. Peu de temps après, MM Franconi fils retournèrent au cirque de la rue du Faubourg-du-Temple. Ce théâtre jouissait de la faveur du public, lorsqu’il fut détruit par un incendie dans la nuit du 15 au 16 mai 1826. Une nouvelle salle fut bâtie sur le boulevart du Temple et son ouverture eut lieu le 31 mars 1827. De tous les théâtres du boulevart du Temple, le Cirque-Olympique est sans contredit celui qui exerce l’influence la plus salutaire sur l’esprit de son public. Les pièces qu’on y représente sont tirées de nos annales et rappellent souvent la gloire militaire de la République et de l’Empire. On y joue quelquefois des féeries ; le luxe de leur mise en scène rivalise avec celui que déploient nos grands théâtres.

Le Cirque du boulevart du Temple est fermé pendant l’été ; c’est le moment où les écuyers, les clowns vont faire admirer au théâtre des Champs-Élysées leur force et leur agilité.

Théâtre du Boulevart. — Prix des places en 1843 : Avant-scènes et stalles du 1er rang, 4 fr. ; loges de face, 3 fr. ; stalles du 1er amphithéâtre et loges de côté, 2 fr. 50 c. ; balcons, 2 fr. ; 1re galerie du rez-de-chaussée, 1 fr. 50 c. ; 2e galerie et 2e avant-scènes, 1 fr. 25 c. ; 2e amphithéâtre, 1 fr.

Cirque des Champs-Élysées. — Pourtour, 2 fr. ; amphithéâtre, 1 fr.

Ciseaux (rue des).

Commence à la rue Sainte-Marguerite, nos 23 et 25 ; finit à la rue du Four, nos 32 et 34. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 63 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Ce nom lui vient d’un hôtel des Ciseaux, dont il est fait mention dans les titres de Saint-Germain-des-Près. Le procès-verbal de 1636 la nomme rue des Fossés-Saint-Germain. Depuis on l’a toujours désignée sous le nom de rue des Ciseaux. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement de 1 m. 50 c. ; celles du côté opposé doivent reculer de 1 m. 10 c. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Cité (passerelle de la).

Située entre les quais de l’Archevêché et de Bourbon.

Autrefois on voyait près de cet endroit un pont construit en bois et nommé Pont-Rouge. Dans les premières années de la révolution, il fut emporté par les eaux. Une loi du 24 ventôse an IX (15 mars 1801), ordonna la construction d’un nouveau pont. Les travaux furent exécutés sous la direction de M. Demoutier, ingénieur, et aux frais d’une société anonyme dont la concession, avec droit de péage, ne doit expirer qu’au 30 juin 1897. Ce pont était composé de deux travées en charpente de 31 m. chacune, sur piles et culées en maçonnerie. Dans le courant de 1842, ce pont tombait en ruine et les concessionnaires ont été autorisés à le convertir en une passerelle suspendue en fil de fer et n’ayant qu’une seule travée. Les travaux ont été achevés au mois de décembre de la même année.

Cité (rue de la).

Commence aux rues du Haut-Moulin, no 13, et de la Pelleterie, no 1 ; finit au Petit-Pont. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 76. Sa longueur est de 232 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Les rues de la Lanterne, de la Juiverie et du Marché-Palu ayant été confondues sous une seule et même dénomination, nous allons rappeler l’origine de chacune d’elles.

Rue de la Lanterne. — On la désignait anciennement sous les noms de place Saint-Denis-de-la-Chartre, place devant la croix Saint-Denis, et place devant l’église Saint-Denis-de-la-Chartre. On la nommait aussi rue de la Jusrie (Juiverie). On la désigna également sous la dénomination de rue du Pont-Notre-Dame, parce qu’elle conduit directement au pont ainsi appelé. Dès l’année 1326, elle avait pris d’une enseigne le nom de la Lanterne. — Au coin septentrional de la rue du Haut-Moulin, étaient situés l’église et prieuré de Saint-Denis-de-la-Chartre. Cette église, voisine d’une prison, et dédiée à saint Denis, existait probablement sous la première race de nos rois. Louis-le-Gros et la reine Adélaïde, voulant former un monastère de religieuses de l’ordre de saint Benoit, firent l’acquisition du territoire de Montmartre, des moines de Saint-Martin-des-Champs qui reçurent en dédommagement l’église de Saint-Denis-de-la-Chartre. Elle porta dès lors le titre de prieuré et fut sous la dépendance de Saint-Martin. En 1704, le prieuré de Saint-Denis fut uni à la communauté de Saint-François-de-Sales, établie vers cette époque pour servir de retraite aux prêtres infirmes ; l’église conserva cependant sa destination primitive. L’épitaphe d’un des prieurs de Saint-Denis-de-la-Chartre, prouvait que cette église avait été rebâtie au XIVe siècle. Suivant un usage assez fréquent dans les constructions de cette époque, l’église était double et dans un des côtés de la nef était une paroisse sous le titre de Saint-Gilles et Saint-Leu, dont la cure fut transférée en 1618 dans l’église de Saint-Symphorien de la Cité. En 1665, Anne d’Autriche fit rebâtir l’autel. Au-dessus de la porte on remarquait un bas-relief représentant des personnages chargés de ventres très proéminents ; ces bas-reliefs dataient du règne de Louis XI, temps où les ventres postiches étaient en pleine faveur. Comme toutes les anciennes églises, Saint-Denis-de-la-Chartre avait une crypte ou chapelle souterraine, et l’on croit qu’en 1564 existait dans cette église une confrérie de drapiers chaussiers dite de Notre-Dame-des-Voûtes, en raison des voûtes souterraines de la crypte. L’enceinte des maisons qui environnaient cette église et qu’on appelait le Bas-Saint-Denis, était un lieu privilégié dépendant du prieuré. Les ouvriers pouvaient y travailler avec sureté sans avoir besoin d’obtenir la maitrise. L’église de Saint-Denis-de-la-Chartre qui contenait, avec ses dépendances, une superficie de 1 982 m., fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue en deux lots le 29 frimaire an VII et démolie peu de temps après. Une partie de son emplacement est représentée aujourd’hui par une propriété portant, sur le quai Napoléon, le no 33.

Rue de la Juiverie. — Elle était ainsi nommée parce qu’elle était habitée au XIIe siècle par des Juifs. En horreur au peuple, exposés sans cesse à des avanies, les malheureux Juifs servaient de jouet à l’avarice des princes qui les chassaient de leur territoire pour leur prendre leurs biens et les rappelaient pour les pressurer plus tard. Les plus riches demeuraient dans les rues de la Pelleterie, de la Tixéranderie et surtout dans la rue de la Juiverie. Leurs artisans, leurs fripiers occupaient les halles ou les rues malsaines qui y aboutissaient. Ils avaient leurs écoles dans les rues Saint-Bon et de la Tacherie ; leur synagogue était située dans la rue du Pet-au-Diable. Il ne leur était pas permis de paraître en public sans une marque jaune sur l’estomac. Philippe-le-Hardi les obligea même à porter une corne sur la tête. Défense leur était faite de se baigner dans la Seine, et quand on leur faisait l’honneur de les pendre, c’était toujours entre deux chiens qu’on mettait le patient. Sous le règne de Philippe-le-Bel leur communauté s’appelait societas caponum d’où provient sans doute l’épithète injurieuse de capon. Il y avait dans la rue de la Juiverie un marché au blé qu’on appelait la Halle de Beauce. Philippe-Auguste la donna à son échanson, qui la céda à Philippe de Convers, chanoine de Notre-Dame. — Un arrêt du parlement, à la date du 23 juillet 1507, ordonna l’élargissement de la rue de la Juiverie, suivant le second alignement du maître des œuvres de la ville. L’arrêt porte « qu’à cet effet les maisons de la dite rue seront retranchées de part et d’autre jusqu’à la largeur de trois toises deux pieds. » Dans cette rue était située l’église de la Madeleine. (Voir l’article de la rue de Constantine.)

Rue du Marché-Palu. — Elle dut ce nom qu’elle porta dès le XIIIe siècle, au marché qu’on y voyait de temps immémorial ; son surnom de Palu lui venait de l’humidité de son emplacement qui resta longtemps sans être pavé.

Une décision ministérielle du 26 prairial an XI signée Chaptal, fixa la largeur des rues de la Lanterne, de la Juiverie et du Marché-Palu, à 12 m.

Le 13 mai 1834, sur la demande des propriétaires riverains, le ministre de l’intérieur décida que ces trois voies publiques prendraient la seule et même dénomination de rue de la Cité. — Un arrêté préfectoral en date du 12 août suivant a prescrit la régularisation du numérotage.

En vertu d’une ordonnance royale du 21 mai 1843, la largeur de la rue de la Cité est portée à 15 m. pour la partie comprise entre la rue de la Pelleterie et celle du Marché-Neuf. Suivant cette ordonnance, l’exécution immédiate de l’alignement sur le côté des numéros pairs est déclarée d’utilité publique et le préfet de la Seine est autorisé à acquérir, soit à l’amiable, soit par voie d’expropriation, conformément à la loi du 3 mai 1841, les immeubles ou portions d’immeubles qui rentrent dans cet alignement. — D’après le tracé approuvé par cette ordonnance, les bâtiments nos 19, 23, 25, 27, 41, le mur de clôture de l’administration des hospices, 10, 12, 24, 26, 28, 30, 32, 36, 38, 40, 42, 46, 56, 58 et 60, ne sont pas soumis à retranchement. — Conduite d’eau : 1o entre le quai Napoléon et la rue de la Vieille-Draperie ; 2o depuis la rue de la Calandre jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Clairvaux (impasse).

Située dans la rue Saint-Martin entre les nos 106 et 108. Pas de numéro. Sa longueur est de 27 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.

Elle était bâtie en 1330 et formait une ruelle qui aboutissait à la rue Beaubourg. Les papiers-terriers de Saint-Martin, des années 1338 et 1355, en font mention sous le nom de Ruelle de la Petite-Troussevache. Les abbés de Clairvaux convertirent cette ruelle en impasse en faisant bâtir du côté de la rue Beaubourg un hôtel dont le nom rappelle ces religieux. Les abbés de Clairvaux cédèrent cette propriété aux moines de Rigny, qui la vendirent, les 19 mars et 12 avril 1788, avec d’autres bâtiments qui en dépendaient, au sieur Hussenot, marchand de dentelles, moyennant une rente foncière et non rachetable de 8 000 livres. Le sieur Hussenot obtint des lettres-patentes le 20 juin 1788, qui confirmèrent la vente faite par les religieux de Rigny. La largeur actuelle de cette impasse est de 2 m. 40 c.

Claude au Marais (impasse Saint-).

Située dans la rue Saint-Claude, entre les nos 8 et 10. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 46 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Mêmes étymologie et origine que celles de la rue Saint-Claude au Marais. — Une décision ministérielle à la date du 7 fructidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les constructions du côté gauche sont alignées ; celles du côté opposé devront, dans la partie voisine de la rue Saint-Claude subir un retranchement de 50 c. environ. Le surplus de ce côté devra avancer sur le sol de l’impasse.

Claude au Marais (rue Saint-).

Commence au boulevart de Beaumarchais, nos 73 et 75 ; finit à la rue Saint-Louis, no 52. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 186 m. — 8e arrondissement, quartier du Marais.

Elle a été ouverte en 1640 sur le clos Margot qui appartenait aux Célestins. En 1644, on y comptait plusieurs maisons. Elle doit son nom à une statue de Saint-Claude, qu’on voyait au coin de l’impasse ainsi appelée. Une décision ministérielle à la date du 7 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue Saint-Claude à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 8 juin 1834, cette largeur est portée à 10 m. Sur le côté des numéros impairs, les constructions de l’église du Saint-Sacrement sont alignées ; le surplus de ce côté est soumis à un retranchement de 3 m. 30 c. environ. Les maisons du côté des numéros pairs ne devront éprouver qu’un retranchement de 30 c. environ. — Égout entre le boulevart et la rue Harlay. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Louis jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Claude-Bonne-Nouvelle (rue Saint-).

Commence à la rue Sainte-Foy, nos 25 et 27 ; finit à la rue de Cléry, nos 94 et 96. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 71 m. — 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Ouverte en 1660, elle prit d’abord le nom de rue Sainte-Anne. Sa dénomination actuelle lui vient d’une image de Saint-Claude qu’on voyait au coin de la rue de Bourbon-Villeneuve. — Une décision ministérielle à la date du 23 frimaire an VIII, signée Laplace, et une ordonnance royale du 21 juin 1826, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés nos 1, 2 et 4 devront reculer de 50 c. à 1 m. La maison no 6 est alignée ; les autres constructions ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau.

Claude-Montmartre (impasse Saint-).

Située dans la rue Montmartre, entre les nos 77 et 79. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 41 m. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

C’était autrefois la rue du Rempart. Elle faisait un retour d’équerre, et aboutissait aux murs d’enceinte que la rue des Fossés-Montmartre a depuis remplacés. On la nomma ensuite rue du Puits. En 1641, elle fut convertie en impasse et appelée cul-de-sac du Bout-du-Monde, en raison de sa situation en face de la rue du Cadran qu’on désignait alors sous le nom de rue du Bout-du-Monde. Une enseigne de Saint-Claude lui a fait donner sa dénomination actuelle. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m.

Clef (rue de la).

Commence à la rue d’Orléans, nos 18 et 20 ; finit à la rue Copeau, nos 15 et 17. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 282 m. — 12e arrondissement. Les nos de 1 à 17 et de 2 à 14, sont du quartier Saint-Marcel ; de 19 à la fin, quartier du Jardin-du-Roi.

Elle porta d’abord le nom de rue Saint-Médard, parce qu’elle conduit à cette église. Une enseigne lui a fait donner sa dénomination actuelle. — Une décision ministérielle du 7 fructidor an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m. en vertu d’une ordonnance royale du 24 avril 1837. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 1 m. 80 c. à 2 m. 40 ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 70 c. à 2 m. 90.

Clément (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 66 et 68 ; finit à la rue Mabillon. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 120 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Cette rue a été ouverte, en 1817, sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain-des-Prés. — Clément (François), religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit à Bèze près de Dijon, en 1714. Parmi les ouvrages qui ont illustré ce savant, celui qui a pour titre : l’Art de vérifier les dates est placé en première ligne. — Clément mourut le 29 mars 1793. Cette voie publique a été exécutée sur une largeur de 11 m. 50 c. conformément à une décision ministérielle du 12 novembre 1817. Cette dimension est maintenue par une ordonnance royale du 12 mai 1841. — Égout entre les rues de Seine et Montfaucon.

Cléry (rue de).

Commence à la rue Montmartre, no 108 et 110 ; finit à la rue Beauregard, no 62, et au boulevart Bonne-Nouvelle, no 5. Le dernier impair est 97 ; le dernier pair, 100. Sa longueur est de 604 m. — Les impairs de 1 à 29 inclusivement, et les pairs de 2 à 41 inclusivement, sont du 3e arrondissement, quartier Montmartre ; le surplus dépend du 5e arrondissement, quartier Bonne-Nouvelle.

Cette rue fut ouverte en août 1634, en vertu d’un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet de l’année suivante. Elle était en partie bordée d’habitations en 1636. Son nom lui vient de l’hôtel de Cléry, dont les dépendances aboutissaient alors aux fossés de la ville. La partie qui de la rue Poissonnière aboutit à la porte Saint-Denis, s’est appelée quelque temps rue Mouffetard. — Une décision ministérielle du 3 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 10 m. 70 c. en vertu d’une ordonnance royale du 21 juin 1826. Les maisons nos 15, 19, 21, 23, 25, 27, 29 ; 12, 14, 16, 18, 20, 22, 62 bis, 98, 100, et la propriété à l’encoignure du boulevart sont alignées. Celles nos 93, 95 et 97 seront supprimées entièrement pour l’exécution d’un pan coupé à l’angle de la rue Beauregard. — Conduite d’eau : 1o entre la rue Poissonnière et celle de Mulhouse ; 2o depuis la rue du Gros-Chenet jusqu’à la rue Montmartre. — Éclairage au gaz (compe Française).

Clichy (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Clichy.

Elle se compose d’un seul bâtiment avec deux péristyles de six colonnes chaque. En 1814, une partie de la garde nationale parisienne, commandée par l’illustre maréchal Moncey, défendait la capitale de ce côté. Elle combattit avec la plus grande bravoure et ne céda qu’après l’arrivée du message qui annonçait la capitulation de Paris. Le pinceau d’un de nos plus habiles artistes a retracé avec bonheur cette page de notre histoire. (Voir l’article Barrières.)

Clichy (chemin de ronde de la barrière de).

Commence aux rue et barrière de Clichy finit à la rue de Constantinople et à la barrière de Monceau. Pas de numéro. Sa longueur est de 820 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Voir l’article Chemins de ronde.

Clichy (rue de).

Commence à la rue Saint-Lazare, no 80 ; finit aux chemins de ronde des barrières de Clichy et Blanche. Le dernier impair est 67 ; le dernier pair, 88. Sa longueur est de 807 m. — Les numéros impairs sont du 1er arrondissement, quartier du Roule ; les numéros pairs dépendent du 2e arrondissement, quartier de la Chaussée-d’Antin.

C’était originairement le chemin de Clichy. Le plan de Jaillot l’indique sous la dénomination de rue du Cocq. Cette voie publique aboutissait à un château ainsi appelé, et dont l’entrée se trouvait dans la rue Saint-Lazare. Le nom de Clichy qu’elle porte actuellement lui vient de sa direction vers le village de Clichy. — Une décision ministérielle à la date du 28 fructidor an XII, signée Portalis, ainsi qu’une ordonnance royale du 23 mai 1837, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 12 m. Les propriétés ci-après sont alignées 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 43, 45, 47, 49, 51, 53, 53 bis, 55, 57, 57 bis, 59, 61, 63, 65, 67 ; 16, 20, 22, 28, 34, 36, 38, 40, 42, 44, 46, 48, 50, 52, 58, 60, 62, 64, 66, 68, 70, 72 et 74. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Au no 6 est une caserne d’infanterie. — L’entrée de la prison pour dettes se trouve au no 68. Le 10 juin 1826, la ville de Paris a fait l’acquisition, du baron Saillard, moyennant la somme de 399 200 fr., de deux hôtels sur l’emplacement desquels cette prison a été établie. — Vergniaud, l’éloquent orateur de la Gironde, demeurait dans cette rue lorsqu’il fut mis en état d’arrestation, le 17 juin 1793.

Clichy (rue Neuve-de-).

Commence à la rue de Clichy, nos 53 et 53 bis ; finit à la rue d’Amsterdam, nos 29 et 30. Le dernier impair est 9 le dernier pair, 4. Sa longueur est de 91 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, qui n’est pas reconnue voie publique par l’administration, a été ouverte en 1839, sur les terrains appartenant à MM. Lehr et Singer. Elle a 12 m. de largeur et doit son nom à la rue de Clichy, où elle prend naissance.

Cloche-Perce (rue).

Commence à la rue Saint-Antoine, nos 27 et 29 ; finit à la rue du Roi-de-Sicile, nos 43 et 45. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 85 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Cette rue était bordée de constructions dès 1250. Guillot et les rôles de taxe de 1300 et 1313 l’indiquent sous le nom de Renaut-le-Fevre (Renaut le fabricant). Un procès-verbal de 1636 lui donne la dénomination de la Cloche-Percée dont on a fait Cloche-Perce par altération. Elle tirait ce nom d’une enseigne. — Une décision ministérielle du 8 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837, cette largeur a été portée à 10 m. Les maisons riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Antoine jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Clopin (impasse).

Située dans la rue Descartes, nos 13 et 17. Pas de numéro. Sa longueur est de 19 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

« Au palais des Tuileries, le 7 février 1809. Napoléon, etc. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : — Article 1er. La Petite-rue-Clopin, qui communique de la rue Bordet (aujourd’hui Descartes) à celle des Fossés-Saint-Victor, sera supprimée dans toute la partie qui sépare l’ancien collége de Boncourt du ci-devant collége de Navarre, depuis la rue Bordet jusqu’à l’angle de la maison no 6 de la même rue Clopin. Le terrain de la rue fera partie de l’enceinte de l’école, afin d’opérer la réunion des bâtiments et terrains de ces deux colléges maintenant affectés à l’école impériale Polytechnique, etc. Ce décret ayant été exécuté, il n’est resté de cette partie de la rue Clopin que deux portions formant impasses. Celle donnant sur la rue Descartes est appelée impasse Clopin ; l’autre portion est confondue dans la rue Clopin. — Une ordonnance royale, du 2 décembre 1829, a fixé la largeur de l’impasse Clopin à 6 m. Les constructions du côté gauche sont alignées. (Voyez l’article qui suit.)

Clopin (rue).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Victor, nos 18 et 20 ; finit à la rue d’Arras, no 29. Le dernier impair est 5 le seul pair, 2. Sa longueur est de 63 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

Cette rue doit son nom à un logis bâti en 1258 et qu’on appelait la grande maison Clopin. Plusieurs actes du XIIIe siècle la désignent sous cette dénomination qu’on lui donnait encore dans les deux siècles suivants. Mais dès 1505 on la trouve indiquée sous le nom du Champ-Gaillard ou du Chemin-Gaillard. On appelait ainsi le chemin qui régnait en cet endroit le long des murs et la place où la rue Clopin aboutissait. Lorsqu’au XVIIe siècle on abattit les murs, les fossés furent également comblés pour y bâtir des maisons, et cette rue fut prolongée jusqu’à celle des Fossés-Saint-Victor et nommée alors rue des Anglaises, parce qu’elle aboutissait en face du couvent de ces religieuses. Depuis elle a repris son premier nom dans toute son étendue. — Une décision ministérielle à la date du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 6 m. En 1810, la partie comprise entre la rue d’Arras et celle Descartes, a été presqu’entièrement supprimée. Deux faibles portions ont été cependant conservées ; celle qui donne sur la rue Descartes a pris le nom d’impasse Clopin. — Une ordonnance royale à la date du 2 décembre 1829, a fixé la largeur de la rue Clopin à 10 m. La maison située sur le côté droit à l’encoignure de la rue des Fossés-Saint-Victor et celle portant le no 1 bis sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Fossés-Saint-Victor.

Clotaire (rue).

Commence à la place du Panthéon, no 7 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Jacques, nos 15 et 17. Pas de numéro. Sa longueur est de 38 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Dès le 30 floréal an XIII, le ministre de l’intérieur Champagny, pour améliorer les abords du Panthéon, prescrivit l’ouverture de cette rue dont la largeur fut fixée à 10 m. — Une autre décision rendue par le même ministre, le 13 juin 1807, confirma ces dispositions. Le procès-verbal d’alignement dressé par le conseil des bâtiments civils indique ce percement sous le nom de rue Clotaire. Cependant cette voie publique n’a été ouverte qu’en 1832, par suite des ventes faites par le domaine de l’État les 1er mars 1831 et 13 mars 1832. — Clotaire Ier, quatrième fils de Clovis, naquit en 497, et mourut à Compiègne en 558.

Clotilde (rue).

Commence à la rue Clovis ; finit à la rue de la Vieille-Estrapade. Pas de numéro. Sa longueur est de 173 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Le projet de ce percement figure sur un plan des abords du Panthéon, approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny, le 30 floréal an XIII. Un procès verbal, dressé par le conseil des bâtiments civils dans sa séance du 4 juin 1807 et approuvé le 13 du même mois par le ministre de l’intérieur, porte ce qui suit : « Il sera ouvert à travers le jardin de la cy-devant abbaye Sainte-Geneviève, une nouvelle rue, laquelle sera nommée rue de Clotilde, pour correspondre à celle du Cheval-Vert (aujourd’hui rue des Irlandais). Cette nouvelle rue aura 10 m. de largeur et sera comprise entre deux lignes parallèles. » Ce percement n’a été exécuté qu’en 1841 ; on lui a donné 12 m. de largeur. Les terrains nécessaires à la formation de cette rue ont été cédés gratuitement par le domaine de l’État. — Sainte-Clotilde, épouse de Clovis Ier, mourut le 3 juin 543. Elle fut enterrée dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, nommée depuis Sainte-Geneviève.

Clovis (rue).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Victor, nos 22 et 24 ; finit à la rue Clotilde et au carré Sainte-Geneviève. Pas de numéro. Sa longueur est de 237 m. — 12e arrondissement. La partie qui communique de la rue des Fossés-Saint-Victor à celle Descartes est du quartier du Jardin-du-Roi ; l’autre partie dépend du quartier Saint-Jacques.

1re partie comprise entre le carré Sainte-Geneviève et la rue Descartes.

Dès le 30 floréal an XIII, le projet de ce percement fut approuvé par le ministre de l’intérieur Champagny. Conformément au plan approuvé le 13 juin 1807, cette partie de rue a été ouverte dans le courant de la même année sur l’emplacement de l’église et des dépendances de l’abbaye de Sainte-Geneviève (voir l’article du Collége royal Henri IV). Ce percement fut exécuté sur une largeur de 10 m. ; mais lors de la reconstruction de la façade du collége Henri IV, on reconnut que cette largeur était insuffisante, et les nouveaux bâtiments furent élevés d’après un alignement à 12 m. de largeur. Cette voie publique reçut la dénomination de rue Clovis, en mémoire de Clovis, premier roi chrétien et fondateur de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul nommée depuis Sainte-Geneviève. Ce monarque y fut enterré avec la reine Clotilde son épouse. Leurs tombeaux furent découverts en 1807, lorsqu’on fit des fouilles pour le percement de cette voie publique.

2e partie comprise entre les rues Descartes et des Fossés-Saint-Victor.

Un décret rendu au palais des Tuileries le 7 février 1809, porte — « Art. 2°. La nouvelle rue Clovis ouverte sur l’emplacement de l’ancienne église Sainte-Geneviève sera prolongée depuis la rue Descartes jusqu’à celle des Fossés-Saint-Victor, en remplacement de celle Clopin, supprimée par l’art. 1er. En conséquence, on prendra la partie nécessaire de la maison appartenant au collége des Irlandais, à estimation, suivant la loi du 16 septembre 1807, etc. » — Le plan approuvé par le ministre assignait à la nouvelle rue une largeur de 10 m. qui a été maintenue par une décision ministérielle du 23 novembre 1818. Ce percement a été exécuté en partie sur les dépendances du collége de Boncourt.

Cluny (rue de).

Commence à la rue des Poirées et à la place Sorbonne ; finit à la rue des Grés, nos 14 et 16. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 59 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Yves de Vergy, abbé de Cluny, fonda en 1269 un collége en faveur des religieux de Cluny. La voie publique qui longeait le côté à l’est de cet établissement prit alors le nom de rue de Cluny. Guillot l’appelle vers l’année 1300, rue à l’abbé de Cligny. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 août 1826, cette rue devra être continuée depuis la rue des Grés jusqu’au prolongement de la rue Soufflot, sur les terrains provenant de l’ancien couvent des Jacobins. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. à 4 m. 30 c. ; celles du côté opposé sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Cocatrix (rue).

Commence à la rue de Constantine ; finit à la rue des Trois-Canettes, no 4. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 32 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Cette rue, qui formait un retour d’équerre, tire son nom du fief Cocatrix, qui était situé entre la partie méridionale de la rue d’Arcole et la rue des Deux-Ermites. En 1300, un nommé Cocatrix y demeurait. — Une décision ministérielle du 13 ventôse an VII, signée François de Neufchâteau, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En 1843, la partie qui formait retour sur la rue d’Arcole a été supprimée. Les propriétés du côté des numéros impairs ont avancé sur l’alignement de la rue de Constantine. La maison no 7 n’est pas soumise à retranchement.

Cochin (hospice).

Situé dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, no 45. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

En parlant de cet établissement consacré à la bienfaisance publique, c’est un devoir pour nous de rappeler l’existence modeste de son fondateur. Jean-Denis Cochin naquit à Paris le 17 janvier 1726, dans le voisinage de l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas, dont il devait être curé pendant les vingt-sept dernières années de sa vie. Accueilli dans son enfance par le supérieur-général des Chartreux, le jeune Cochin sentit bientôt se révéler en lui une vocation décidée pour l’état ecclésiastique. Il fut élevé au séminaire Saint-Magloire et reçu docteur avec distinction. Bienfaisant par caractère, on le vit bientôt se dévouer à l’instruction des pauvres. Cochin avait à peine trente ans, lorsqu’il eut l’honneur d’être appelé à la cure de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Dix ans après, vers 1765, sévissait à Paris une contagion meurtrière, si heureusement neutralisée depuis par l’inoculation de la vaccine. Ce fut pour le curé Cochin une occasion de déployer le zèle et la charité qui remplissaient son âme. De nombreux amis lui proposèrent de déléguer le soin des malades variolés à ceux de ses vicaires qui déjà avaient subi l’influence de la maladie : « Nullement, répondit le pasteur ; que diriez-vous d’un soldat qui demanderait son congé en temps de guerre ? » — Le dévouement de Cochin pour ses paroissiens, loin de s’affaiblir, devenait chaque jour plus ingénieux et plus actif. Le faubourg Saint-Jacques était habité en grande partie par des ouvriers qui travaillaient aux carrières voisines. Le quartier ne possédait point d’infirmerie, et l’on était obligé de transporter les pauvres blessés à l’Hôtel-Dieu. Souvent les secours étaient donnés trop tard. La sollicitude du bon curé remédia à cet état de choses. Se souvenant de cette parole du Seigneur : « Quiconque ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple, » Cochin aliéna sa fortune, c’est-à-dire quinze cents livres de revenu, employa l’argent à l’acquisition d’un terrain sur lequel s’éleva un établissement que le modeste fondateur appelait Hospice de la paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas. La première pierre fut posée par deux pauvres de la paroisse, élus en assemblée de charité, comme étant les plus dignes d’être distingués par leurs vertus. M. Viel, architecte, ami du fondateur, fit les plans et surveilla gratuitement tous les travaux de l’édifice. Commencé vers 1779, cet hospice fut construit, meublé et doté de quinze mille livres de rente dans l’espace de trois années. Le curé Cochin mourut le 3 juin 1783. Son œuvre devait lui survivre. Vers 1784, on donna à cet établissement le nom de son fondateur. L’hospice Cochin ne renferma d’abord que 38 malades ; la Convention Nationale en porta le nombre à 80. Il dépasse aujourd’hui le chiffre de 135. Cet hospice est desservi par les sœurs de Sainte-Marthe.

Cœur-Volant (rue du).

Commence à la rue des Boucheries, nos 25 et 27 ; finit à la rue des Quatre-Vents, nos 18 et 20. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 99 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Avant le XVIe siècle, elle était indiquée sous les noms de ruelle de la Voirie, de la Boucherie et de rue de la Tuerie. Depuis cette époque, elle porte la dénomination de rue du Cœur-Volant, en raison d’une enseigne représentant un cœur ailé ou cœur volant. — Une décision ministérielle, à la date du 8 nivôse an IX, signée Chaptal fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, cette dimension est portée à 10 m. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement.

Colbert (galerie).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, no 6 ; finit à la rue Vivienne, no 4. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Bâtie en 1826, par MM. Adam et compagnie, elle a été ouverte au public dans le courant de septembre 1827.

Colbert (passage).

Commence à la rue Neuve-des-Petits-Champs, no 6 ; finit à la galerie Colbert. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

Il a été bâti en 1828, par MM. Adam et compagnie.

Colbert (rue).

Commence à la rue Vivienne, nos 9 et 11 ; finit à la rue de Richelieu, nos 58 et 60. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 93 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Sur la requête à nous présentée par messire Jean-Baptiste Colbert, chevalier, marquis de Chasteau-Neuf, conseiller ordinaire du roi en tous ses conseils, secrétaire et ministre d’Estat, commandeur et grand trésorier de ses ordres, contrôleur général des finances, sur-intendant des bâtiments de sa majesté, arts et manufactures de France, etc… Nous, ayant égard à la d. requête avons au d. sieur Colbert permis et permettons de faire faire l’ouverture d’une rue, sur les d. places à lui appartenantes, la quelle sera nommée la rue Mazarin, et de 3 toises 1/2 de large pour communiquer de la rue Vivien dans celle de Richelieu traversant sous la galerie de l’hôtel de Nevers, conformément au rapport du d. maître-général des œuvres de maçonnerie ; à l’effet de quoi ordonnons qu’alignement lui sera donné tant pour l’ouverture de la d. rue que pour la construction des bâtiments à faire sur les d. places tant sur la d. rue Vivien que sur la d. nouvelle rue, en présence des sieurs commissaires assistés du procureur du roi pour ce commis à l’exercice de la voirie, comme pareillement ordonnons qu’icelle rue sera pavée en toute son étendue de bon pavé neuf, sable nécessaire, et qu’à cette fin alignement sera donné comme dessus dit par le maître des œuvres du pavé des bâtiments du roi, à la charge de récollement en la manière accoutumée les d. ouvrages étant faits. Signé Auget, rapporteur ; 18 janvier 1683. » (Bureau des finances, année 1683, f° 13). — La rue fut immédiatement percée, mais elle ne porta que peu de temps le nom de Mazarin, qui fut remplacé par celui de Colbert. Ce grand administrateur naquit à Reims, le 29 août 1619 et mourut en 1683. — Une décision ministérielle du 3 ventôse an X, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertus d’une ordonnance royale du 4 mai 1826, cette largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf redressement ; celles du côté opposé devront subir un retranchement de 3 m. 20 c. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Colbert (rue de l’Hôtel-).

Commence au quai de Montebello, nos 25 et 27 ; finit à la rue Galande, nos 28 et 30. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 118 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue a été ouverte en 1203 sur le clos Mauvoisin qui faisait partie de la seigneurie de Garlande (voir l’article de la rue du Fouarre). Le poète Guillot la nomme rue d’Arras. Dans un censier de Sainte-Geneviève elle est désignée en 1520 sous la dénomination de rue des Rats. Vers 1680, la partie de cette voie publique qui commencé à la rue de la Bûcherie et aboutit au quai portait le nom de rue des Petits-Dégrés. En 1829, les propriétaires des maisons situées dans la rue des Rats adressèrent une réclamation à l’autorité, à l’effet de changer la dénomination de cette voie publique. Le 28 décembre 1829, le ministre accueillit leur demande et arrêta que le nom de rue de l’Hôtel-Colbert serait substitué à celui de rue des Rats. Cette dénomination rappelle le grand Colbert, qui possédait dans cette rue un hôtel qui porte aujourd’hui le no 20. On y admire plusieurs bas-reliefs d’une excellente composition. — Une décision ministérielle du 3 pluviôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la moindre largeur des rues des Rats et des Petits-Degrés à 7 m. Les propriétés nos 1, 15, 2, 4 et 6 sont alignées ; celles nos 16 et 18 ne sont soumises qu’à un léger redressement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Bucherie jusqu’à la rue Galande.

Colisée (rue du).

Commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, nos 109 bis et 111 ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 50 et 52. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 431 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

C’était anciennement le chemin des Gourdes. Un arrêt du conseil d’État du roi, du 25 août 1769, porte ce qui suit : — « Le chemin ou ruelle dite des Gourdes, formant aujourd’hui une voie sinueuse entre les marais, et qui communique de la rue du Faubourg-Saint-Honoré dans la grande allée des Champs-Élysées sera élargie pour former une rue dite du Collisée, laquelle aura trente pieds de largeur et sera dirigée d’une seule ligne droite dans toute sa longueur, etc. ; veut et entend sa majesté que les particuliers propriétaires des terrains le long de la dite nouvelle rue ne puissent user de la liberté que sa majesté a bien voulu leur accorder d’y bâtir, en dérogeant aux lois par lesquelles elle avoit, en d’autres temps, prescrit le contraire, y élever aucun édifice ni clôture qu’en se conformant au d. alignement et en fournissant chacun endroit soi le terrain nécessaire, et sans pouvoir répéter rien les uns contre les autres pour le plus ou le moins de superficie qui leur aurait été pris, sa majesté consentant à cet effet que la dite rue passe en entier sur la partie du terrain qui lui appartient du côté de l’avenue. » — Cet arrêt fut registré au bureau de la ville, le 5 septembre suivant, et la rue fut tracée à la fin de la même année, mais on n’y bâtit des maisons qu’en 1810. Aujourd’hui elle est entièrement bordée de constructions. Par décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal, la largeur primitive a été maintenue. Toutes les constructions riveraines sont alignées. Le nom de rue du Colisée, donné à cette voie publique, lui vint de sa proximité de l’établissement du Colisée, en construction en 1769 et qui terminé en 1772, servit à des divertissements de tous genres. Il fut supprimé en 1780. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Collégiale (place de la).

Commence à la rue des Francs-Bourgeois-Saint-Marcel, nos 13 et 18 ; finit à la rue Pierre-Lombard, nos 13 et 12. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 10. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle portait autrefois le nom de place Saint-Marcel, parce que l’église collégiale de Saint-Marcel y était située. — Une décision ministérielle du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 47 m. Les maisons nos 1, 3, 5 et 9 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau.

Nous ne reproduirons pas ici toutes les opinions de nos écrivains qui semblent, en traçant l’origine de l’église Saint-Marcel, avoir pris à tâche de se contredire. Il est certain cependant que saint Marcellus ou Marcel, évêque de Paris, fut enterré vers l’an 436 dans cet endroit, sur une éminence appelée Mons Cetardus (Mont-Cétard), depuis, par altération, Mouffetard. Le tombeau de l’évêque, bientôt illustré par des miracles, attirait un grand concours de fidèles qui construisirent autour du mausolée, des habitations qui peu à peu formèrent un bourg ou village que Grégoire de Tours appelle vicus Parisiensis civitatis. Sous nos rois de la première race, la tombe de saint Marcel avait disparu et sur son emplacement s’élevait un oratoire dédié au pieux évêque. Vers cette époque le bourg de Mont-Cétard avait change de nom et portait celui de Chambois. La petite rivière de Bièvre le séparait du bourg de Saint-Médard. Ce village de Chambois, dans les siècles suivants, eut sa juridiction particulière et fut même entouré de fossés. Dès le XIe siècle il portait le nom de Saint-Marcel, et s’accrut tellement par la suite qu’il fut considéré comme une ville. Les lettres-patentes de Charles VI, de l’année 1410, le désignent sous ce titre. Le roi, par ces lettres, confirme l’octroi par lui fait aux manants et habitants d’icelle ville de Saint-Marcel, d’un marché chaque semaine et de deux foires par an. Au XVe siècle, la capitale avait déjà absorbe plusieurs villages environnants et atteignait la petite ville de Saint-Marcel. Envahie bientôt par cette marée montante, elle perdit ses privilèges et devint faubourg de Paris. L’église Saint-Marcel avait été détruite par les Normands ; elle fut reconstruite au milieu de XIe siècle ainsi que le prouvent certaines parties de l’édifice, notamment les chapiteaux déposés aujourd’hui dans une des cours du palais des Beaux-Arts. On voyait au milieu de cette église le tombeau de Pierre Lombard, surnommé le maître des sentences. Supprimée en 1790, l’église Saint-Marcel, qui contenait en superficie 590 m. fut abattue vers 1804 et son emplacement vendu le 30 germinal an XIII. La propriété no 5 a été construite en partie sur le terrain occupé par cet édifice. On recueillit lors de la démolition, outre les chapiteaux dont nous avons parlé, un bloc de pierre de Saint-Leu. Une de ses faces présente, en demi-relief grossièrement sculpté, un taureau couché. Suivant la tradition populaire, on avait placé cette pierre en ce lieu comme un monument de la vertu miraculeuse de saint Marcel. Un bœuf échappé des boucheries répandait dans Paris l’effroi et la mort ; les habitants implorèrent l’assistance de saint Marcel. Aussitôt le pieux évêque, revêtu de ses habits pontificaux, se dirige vers l’animal furieux qui soudain s’apaise et se couche aux pieds de saint Marcel.

L’église Saint-Martin était également située sur cette place. Vers 1158, elle avait le titre de chapelle. Elle fut érigée en paroisse vers 1220 et dédiée en 1480. Supprimée en 1790, cette église, qui contenait en superficie 245 m., devint propriété nationale, fut vendue le 8 ventôse an X, et démolie vers 1806. Sur une partie de son emplacement ont été construites les maisons qui portent les nos 4 et 6.

Colombe (rue de la).

Commence au quai Napoléon, nos 19 et 21 ; finit aux rues Chanoinesse, no 23, et des Marmousets, no 2. Un seul numéro impair, qui est 1 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 73 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

En 1223 elle portait déjà ce nom qu’elle doit vraisemblablement à une enseigne. — Une décision ministérielle du 26 prairial an XI, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les constructions situées sur les deux côtés, entre le quai Napoléon et la rue Basse-des-Ursins, et les maisons sur le côté gauche aux angles de cette dernière voie publique et de la rue Chanoinesse, sont alignées. — Conduite d’eau.

Colombier (caserne de la rue du Vieux-).

Située au no 15. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était autrefois le couvent des orphelins de Saint-Sulpice ou de la Mère-de-Dieu. Le sieur Ollier, curé de Saint-Sulpice, fonda en 1648 cet établissement pour les orphelins des deux sexes de la paroisse. Après avoir été placé en plusieurs endroits, ce couvent fut définitivement fixé en 1678 dans la rue du Vieux-Colombier. Les enfants étaient sous la direction de huit sœurs. Cette maison, supprimée en 1790, fut occupée vers 1802 par des sœurs de la Charité. En 1813, ces sœurs ayant été transférées dans la rue du Bac, no 152, les bâtiments ont été convertis en une caserne de Pompiers. La ville de Paris, en vertu d’une ordonnance royale du 5 novembre 1823, a fait l’acquisition des bâtiments de cette caserne, qui appartenaient aux hospices.

Colombier (rue du Vieux-).

Commence à la place Saint-Sulpice ; finit aux rues du Cherche-Midi, no 1, et du Four, no 81. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 247 m. — 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Elle doit son nom à un colombier que les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient fait bâtir au XVe siècle. On la nommait quelquefois rue de Cassel, parce qu’elle conduisait à l’hôtel de ce nom. En 1453, on lit : rue de Cassel, dite du Colombier. Il est certain, ainsi que le prouvent plusieurs titres, que la partie de cette rue située entre celle Férou et la rue du Pot-de-Fer, se nommait rue du Puits-Mauconseil, en raison d’un puits public qu’on voyait en cet endroit. Lorsqu’on creusa des fossés autour de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, on lui donna le nom de rue du Vieux-Colombier, pour la distinguer de la nouvelle (aujourd’hui rue Jacob). — Une décision ministérielle à la date du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Cette moindre largeur a été portée à 12 m., en vertu d’une ordonnance royale du 7 mai 1828. Les constructions nos 15, 17, 19, 21, 21 bis, la maison située entre les nos 27 et 29, et la propriété no 31, sont alignées. Les constructions du côté des numéros pairs devront subir un fort retranchement. Conduite d’eau entre la rue Neuve-Guillemin et les deux bornes-fontaines. Éclairage au gaz (compe Française).

Le couvent des religieuses de la Miséricorde était situé dans cette rue sur une partie de l’emplacement de la maison nos 8 et 10. Anne d’Autriche fit venir d’Aix en Provence, vers 1649, quelques religieuses de cet ordre, qui achetèrent en 1651 une grande propriété. Ces religieuses suivaient la règle de saint Augustin. Le but de leur fondation était de procurer un asile et la subsistance à des filles de qualité qui n’avaient pas de ressources suffisantes pour suivre leur vocation et se consacrer à Dieu. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 8 thermidor an IV.

Colonnes (rue des).

Commence à la rue des Filles-Saint-Thomas, nos 14 et 16 ; finit à la rue Feydeau, nos 21 et 23. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 94 m. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

« Séance du 26 vendémiaire an VI. L’administration centrale du département de la Seine, lecture faite de l’arrêté pris par l’administration le 26 floréal dernier portant qu’il n’y a lieu à délibérer sur la pétition du citoyen Baudecourt, tendant à faire comprendre au nombre des rues de Paris le passage dit des Colonnes, près le théâtre Feydeau, et qui oblige ce propriétaire à faire poser des grilles à chaque extrémité de cette communication, sur le fondement qu’elle n’a que 24 pieds de largeur, et que suivant la déclaration du 10 avril 1783 (vieux style), il ne peut être ouvert aucune rue nouvelle dans Paris à moins de 30 pieds ; ensemble du rapport qui a précédé cet arrêté ; lecture également faite de la nouvelle pétition du citoyen Baudecourt, contenant que le passage dont est question a 42 pieds y compris les galeries couvertes, lesquelles sont infiniment utiles pour le débouché du théâtre Feydeau, à cause de l’abri qu’elles procurent au public pour le garantir des voitures, et des facilités qu’elles offrent à ceux qui s’en servent, les colonnes n’empêchant point la libre communication des galeries couvertes, avec le passage des voitures ; vu aussi la soumission faite par le citoyen Baudecourt, le 25 de ce mois, d’entretenir à ses frais des réverbères pour ces galeries ; vu enfin les deux lettres du ministre de l’intérieur des 8 thermidor dernier et 2 de ce mois, qui renvoie à l’administration cette pétition pour en faire l’objet d’une nouvelle délibération ; considérant : 1o que la déclaration du 10 avril 1783 (vieux style) n’a pas prévu le cas où il serait établi des galeries en forme de trottoir, et que la largeur déterminée par cette loi, pour l’ouverture des rues nouvelles, n’est que de 30 pieds, tandis que celle dont il s’agit en a 42 y compris ces galeries ; 2o que l’on doit les considérer comme partie intégrante de la rue, au moyen de ce qu’elles donnent au public la faculté de circuler à l’abri des voitures et du mauvais temps ; 3o que le théâtre Feydeau est très fréquenté et que sous ce rapport, l’administration doit surveiller les accès de ce théâtre et favoriser tout ce qui tend à lui procurer des débouchés sûrs et commodes ; le commissaire du Directoire-Exécutif entendu, arrête ce qui suit : — Article 1er. La communication ouverte entre la rue des Filles-Thomas et celle Feydeau, est comprise au nombre des rues de Paris, aux conditions ci-après. — Art. 2. Les galeries qui la bordent feront dorénavant partie intégrante de la rue, au moyen de quoi les règlements de voirie seront applicables à ces galeries de même qu’aux autres murs de face sur rue. — Art. 3. Il sera établi et entretenu sous ces galeries, aux frais des propriétaires des maisons ou bâtiments qui bordent cette communication, suivant les offres du citoyen Baudecourt, par l’entrepreneur de l’illumination de Paris, un nombre suffisant de réverbères pour les éclairer convenablement pendant la nuit ; chacun des d. propriétaires sera tenu d’y contribuer annuellement au prorata des toises de face de leur propriété et d’en faire à cet effet leur soumission à l’administration du département. — Art. 4. Les frais de premier établissement pour le pavé et l’illumination de la rue seront également à la charge des d. propriétaires et la réception en sera faite à la manière accoutumée. — Art. 5. Cette rue portera le nom de rue des Colonnes. Cette inscription sera mise aux frais de ses propriétaires, sur chaque encoignure de cette rue. Ils feront également inscrire sur les autres encoignures les noms des rues auxquelles aboutit celle-ci, etc. » — (Registre 16e, page 79.) — Une ordonnance royale du 4 mai 1826 a maintenu les dimensions actuelles de cette voie publique. — Conduite d’eau dans une partie de cette rue. Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Combat (barrière du).

Située à l’extrémité de la rue Grange-aux-Belles.

Cette barrière, qui consiste en un bâtiment surmonté d’un dôme, porta d’abord le nom de Pantin. Sa dénomination actuelle lui vient du combat du taureau dont le spectacle se donnait près de cet endroit. (Voir l’article Barrières)

Combat (chemin de ronde de la barrière du).

Commence à la rue Grange-aux-Belles et à la barrière du Combat ; finit aux rue et barrière de la Butte-Chaumont. Pas de numéro. Sa longueur est de 81 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Voir l’article Chemins de ronde.

Comédie (rue de l’Ancienne-).

Commence aux rues Saint-André-des-Arts, no 79, et de Buci, no 1 finit aux rues de l’École-de-Médecine, no 38, et des Boucheries, no 2. Le dernier impair est 31 ; le dernier pair, 28. Sa longueur est de 150 m. — Les numéros impairs sont du 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine ; les numéros pairs, du 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Cette rue a été formée en 1560, sur l’emplacement du mur d’enceinte construit sous Philippe-Auguste. Dans le procès-verbal d’alignement dressé le 21 janvier de cette année, elle est indiquée sous le nom de rue des Fossés. En 1688, les comédiens français ayant acheté le terrain occupé par le jeu de paume de l’Étoile, y firent construire un théâtre et la rue prit plus tard à cette occasion le nom de l’Ancienne-Comédie. Cependant des titres des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que les ventes domaniales, la désignent sous la dénomination de rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. — Une décision ministérielle du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 11 m. 69 c. En vertu d’une autre décision ministérielle du 21 mai 1834, signée A. Thiers, elle a repris le nom de rue de l’Ancienne-Comédie. Les maisons nos 17, 19, 23, 25, 27, 29, 31 ; 12, 14, 18 et 26 ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Comète (rue de la).

Commence à la rue Saint-Dominique, nos 151 et 153 ; finit à la rue de Grenelle, nos 164 et 166. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 192 m. — 10e arrondissement, quartier des Invalides.

Versailles, 18 septembre 1769. « Sur ce qui a été représenté au roi étant en son conseil, qu’il n’y a point de rue de traverse qui communique de celle de Saint-Dominique à celle de Grenelle, dans le quartier du Gros-Caillou ; qu’il en résulte journellement des retardements dans l’administration des secours spirituels ou temporels qu’il convient de donner aux malades et qui demandent souvent la plus grande célérité, etc. ; que le véritable et unique moyen de prévenir les accidents qui pourroient en résulter, seroit d’ouvrir une rue dans l’endroit qui seroit jugé le plus convenable, entre la rue Saint-Dominique et celle de Grenelle, afin que l’on pût facilement communiquer d’un lieu à l’autre ; que c’étoit dans cette vue que les desservants et marguilliers de l’église de Notre-Dame de Bonne-Délivrance, ayde de la paroisse de Saint-Sulpice, au Gros-Caillou, ainsi que les bourgeois et habitants du d. lieu, s’étoient adressés au bureau des trésoriers de France de la généralité de Paris, qui par sentence du 11 juillet 1749 auroient ordonné qu’avant faire droit, ils se retireroient devers sa majesté, afin d’obtenir lettres pour l’ouverture de la rue en question, à quoi désirant subvenir ; après avoir vu la sentence des trésoriers de France, etc., les lettres-patentes au sujet du don de l’Ile des Cygnes, fait par sa majesté à la ville de Paris, le 27 septembre 1723, etc., ensemble l’avis des prévôt des marchands et échevins du 18 octobre 1758 et la délibération prise le 27 juillet 1769 par les propriétaires des terrains et emplacements au travers desquels doit passer la nouvelle rue, par laquelle ils renoncent à toute indemnité et promettent faire faire à leurs dépens le premier pavé de la d. rue, etc. Le roi étant en son conseil, a ordonné et ordonne qu’il sera ouvert une rue, terrain du Gros-Caillou, faubourg Saint-Germain, sur la masse d’héritages étant entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle, à prendre en ligne droite de la rue Saint-Dominique entre les possessions des héritiers Lefranc et Roussin, et celles du nommé Godefroi, à la rue de Grenelle, entre les possessions du sieur Petit et celles du sieur Housset, et de vingt-quatre pieds de largeur, etc., laquelle rue sera nommée rue de la Comète, etc. » — Cet arrêt fut confirmé par lettres-patentes du 25 avril 1770, qui ne reçurent leur exécution qu’au mois de novembre 1775. — Une décision ministérielle du 3 germinal en IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont alignées, sauf redressement ; celles du côté opposé devront subir, dans certaines parties, un retranchement qui n’excède pas 50 c. — Conduite d’eau.

Commerce (ministère du).

Situé dans la rue de Varenne, no 26. — 10e arrondissement, quartier Saint-Thomas-d’Aquin.

Ce ministère comprend les directions du secrétariat général et du commerce extérieur ; les divisions de l’agriculture et des haras, du commerce intérieur et des manufactures, de la comptabilité.

Commerce (rue du).

Située dans l’enclos de la Trinité. — 6e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Denis.

Voir l’article Trinité (passages de la).

Commerce et de l’Industrie (galeries du).

Situées boulevart Bonne-Nouvelle, no 20. — 3e arrondissement, quartier du Faubourg-Poissonnière.

Ce superbe bazar a été construit en 1837, sur les dessins de MM. Lance, architectes.

Commerce Saint-André-des-Arts (cour du).

Commence au passage du Commerce ; finit à la rue de l’Ancienne-Comédie, no 21. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Le mur d’enceinte de Paris construit sous Philippe-Auguste, occupait l’emplacement sur lequel cette cour a été bâtie. Elle fut ouverte en 1776, sur des terrains faisant partie de deux jeux de paume.

Commerce Saint-André-des-Arts (passage du).

Commence à la rue Saint-André-des-Arts, no 71 ; finit à la rue de l’École-de-Médecine, no 30. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Il faisait partie de la cour du Commerce. Son débouché dans la rue Saint-André-des-Arts n’a été formé qu’au mois de juin 1823.

Commerce-Saint-Martin-des-Champs (cour ou passage du).

Commence au passage Frépillon et à l’impasse de Rome ; finit à la rue Phelipeaux, no 27. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

C’était avant 1806 le passage de la Marmite ; il devait ce nom à une enseigne.

Comte (théâtre de M.).

Situé dans le passage Choiseul. — 2e arrondissement, quartier Feydeau.

En 1814, M. Comte, physicien, conçut le projet de former une troupe de jeunes artistes. Peu de temps après, ayant mis ce projet à exécution, il fit représenter quelques intermèdes dans l’hôtel des Fermes, où il donnait alors ses séances. Ce genre de spectacle obtînt la faveur du public, et M. Comte se décida, en 1818, à faire construire une salle dans le passage des Panoramas. Des vaudevilles et des pièces féeries composèrent dès ce moment le répertoire de ce théâtre. En 1826, M. Comte fit bâtir une nouvelle salle dans le passage Choiseul. L’inauguration a eu lieu le 23 décembre de la même année.

Concorde (place de la).

Située entre le jardin des Tuileries, les Champs-Élysées, le pont de la Concorde et la rue Royale. Le dernier numéro est 10. — 1er arrondissement. Le no 2 est du quartier des Tuileries ; les numéros de 4 à 10 dépendent du quartier des Champs-Élysées.

Paris, sous les premiers Valois, refluait vers l’orient de la ville, et le vieux Louvre de Philippe-Auguste était délaissé pour l’hôtel de Saint-Paul. Alors le terrain occupé par cette place, où tant de dorure étincelle aujourd’hui, se trouvait perdu au milieu des bas-fonds marécageux livrés au hasard des débordements du fleuve.

Catherine de Médicis ramena la royauté dans le palais du Louvre, et pour la surveiller plus à son aise, elle bâtit à côté de la demeure de son fils un nouveau palais dont la splendeur rayonna bientôt sur tout ce qui l’entourait.

Déjà, sous Louis XIV, la ville débordait à droite et à gauche, poussant en avant ses quais, ses rues, ses maisons de plaisance. Le flot de cette marée montante atteignait les terrains de la place au moment où le grand siècle venait de finir.

À la mort de Louis XIV, toute l’affection du peuple se porta avec ardeur sur le seul rejeton de la famille royale, échappé comme par miracle au fatal destin des autres héritiers de la couronne.

Louis XV débutait par des triomphes, lorsqu’il fut attaqué à Metz d’une fièvre putride. La douleur du peuple fut vive et sincère : les Parisiens décernèrent à leur roi mourant le surnom de Bien-Aimé. Quand il fut rétabli, la joie de la nation parut aussi grande que sa douleur avait été profonde. « Paris, dit un écrivain contemporain, n’était qu’une enceinte immense pleine de fous. » Le roi, vivement ému de ces marques d’affection, dit en versant des larmes : « Qu’ai-je donc fait pour être aimé ainsi ? » Alors les prévôt des marchands et échevins votèrent une statue équestre en l’honneur du Bien-Aimé, et pour la recevoir le roi fit don à sa bonne ville de Paris d’un vaste emplacement situé à l’extrémité du jardin des Tuileries.

Nous rapportons ici les lettres-patentes relatives à cette donation.

« Louis, etc… Ayant agréé la délibération prise par nos chers et bien-amés les prévost des marchands et échevins de notre bonne ville de Paris, le 27 juin 1748, tendante à ce qu’il nous plut leur permettre de transmettre à la postérité leur zèle pour notre gloire, la reconnaissance et l’amour de nos sujets, par un monument décoré de notre statue équestre, en telle forme et dans tel emplacement de cette capitale qu’il nous plairoit d’ordonner, nous aurions en conséquence déterminé comme le plus convenable à l’embellissement de notre dite ville, au bien public et à la commodité de ses habitants, l’emplacement qui nous appartient entre le fossé qui termine le jardin de notre palais des Tuileries, l’ancienne porte et faubourg Saint-Honoré, les allées de l’ancien et nouveau cours et le quai qui borde la rivière ; et permis à cet effet aux dits prévost des marchands et échevins de faire établir les fondations et constructions du piédestal destiné à recevoir notre statue équestre dans le point dudit emplacement, etc…, voulons et nous plait :

Article 1er. Que la place destinée à recevoir le monument que nous avons bien voulu agréer, continuera d’être formée et construite jusqu’à son entière perfection dans l’emplacement par nous désigné, etc., et que tous les ouvrages de constructions et décorations nécessaires pour la formation et perfection de la dite place, seront faits par les ordres et par les soins des prévost des marchands et échevins et exécutés par le maitre général des bâtiments de la ville, sous la conduite et inspection du sieur Gabriel, notre premier architecte, etc.

Art. 2. À l’effet de quoi, nous avons par ces présentes cédé, abandonné, cédons et abandonnons, même faisons tous dons et délaissons aux dits prévost des marchands et échevins de l’entier terrain à nous appartenant dans l’étendue de ladite esplanade et contenu dans l’espace de 183 toises de longueur ou environ, etc.

Art. 8. Notre intention étant que les constructions des façades décorées des bâtiments qui termineront la place ainsi que celles des maisons qui seront élevées, tant sur les faces des arrière-corps que sur celles des nouvelles rues, soient entièrement conformes aux dessins par nous approuvés et ci-attachés sous le contre-scel de notre chancellerie, nous ordonnons aux dits prévost des marchands et échevins d’y tenir la main, d’y assujettir les propriétaires particuliers des terrains auxquels ils jugeront à propos de permettre de construire eux-mêmes les façades de leurs maisons, tant sur la place que sur les rues y aboutissantes. — Donné à Versailles, le 21e jour de juin, l’an de grâce 1757, et de notre règne le 42e. Signé Louis, etc… »

Le 20 juin 1763, on découvrit la statue équestre de Louis XV, modelée par le célèbre Bouchardon. Elle avait été fondue d’un seul jet par Gor, commissaire des fontes de l’artillerie. Le roi, couronné de lauriers et coiffé à la moderne, portait le vêtement romain. Le cheval seul se distinguait par la beauté et l’élégance de ses formes ; Bouchardon était mort avant devoir terminé son œuvre. Pigalle, qui lui succéda, fut chargé d’exécuter aux quatre angles du piédestal, des figures en forme de caryatides représentant la Paix, la Prudence, la Force et la Justice.

Cette statue était venue trop tard. À madame de Châteauroux avait succédé la fille du boucher Poisson, la trop célèbre marquise de Pompadour. La luxure royale, en perdant toute pudeur, affligeait les mœurs et l’esprit public. Aussi le peuple, le vrai peuple, resta froid devant tout ce bronze. Les quatre vertus du piédestal attirèrent au roi de malignes allusions.

La plus sanglante est celle-ci :

O la belle statue ! ô le beau piédestal !
Les vertus sont à pied, le vice est à cheval.

Après que le burin official du graveur-juré de la bonne ville de Paris, eût creusé dans le piédestal cette inscription : Hoc pietalis publicæ monumentum, præfectus et ædiles decreverunt anno 1748, posuerunt anno 1763, un individu monta sur le cheval, banda les yeux du monarque, lui attacha au cou une boite de ferblanc et lui mit sur la poitrine cet écriteau. N’oubliez pas ce pauvre aveugle, s’il vous plait !

Cependant l’architecte Gabriel se mit à l’œuvre pour préparer à la statue son encadrement. L’imagination de l’ordonnateur avait beau jeu ; le champ était vaste. Gabriel entoura son plan d’une espèce de fosse de place forte, avec un revêtement en maçonnerie et une balustrade en pierre. Puis, de chacun des angles, il fit partir vers le centre une large bande coupant l’enceinte, qui se trouva fractionnée ainsi en huit petits fosses, termines chacun par un pavillon. Ce plan, ingénieusement imité de la rose des vents, n’était coquet que sur le papier. Lorsque les travaux furent achevés en 1772, on entrevoyait à peine les fossés et les pavillons. Heureusement Gabriel vint rehausser ces décorations liliputiennes en élevant au fond de la place deux magnifiques hôtels. Ces constructions d’une rare élégance, reposent agréablement l’œil fatigué du vide.

Les ouvriers étaient encore à l’œuvre quand arriva cette nuit fatale du 30 au 31 mai 1770. La France mariait son dauphin, et la prévôté des marchands, jalouse d’égayer la fête, avait préparé des jeux publics et commandé un magnifique feu d’artifice. La jeune archiduchesse arrivait confiante dans l’avenir, et se demandait, toute joyeuse des applaudissements du peuple, ce qu’elle avait fait pour mériter tant d’amour.

La dernière étincelle venait de s’éteindre dans les airs, lorsqu’une masse composée de plus de deux cent mille personnes, s’ébranla pour faire retraite. Un fossé de la place qu’on n’avait pas comblé, des maisons en construction dans la rue Royale, arrêtaient la foule qui se porta dans cette rue et s’y entassa. L’encombrement devint affreux. Un flot de curieux, qui arrivait des boulevarts, pour avoir sa part des débris de la fête, vint tout à coup barrer le passage. La mêlée devint horrible. Quiconque trébuchait était mort. On vit des furieux, l’épée à la main, frapper devant eux pour se faire jour. Le lendemain, cent trente-trois cadavres étaient étendus sur la place. « J’ai vu, dit Mercier (l’auteur du Tableau de Paris), plusieurs personnes languir pendant trente mois des suites de cette presse épouvantable, porter sur leurs corps l’empreinte forte des objets qui les avaient comprimés. D’autres ont achevé de mourir au bout de dix années. Cette presse coûta la vie à plus de douze cents infortunés, et je n’exagère point. Une famille entière disparut. Point de maison qui n’eut à pleurer un parent, un ami. »

Les morts enterrés, la scène change. La place Louis XV se peuple de danseurs de corde, d’avaleurs de sabres, de mangeurs de serpents, de marchands de pain d’épices, de pantins ; nous sommes à la foire Saint-Ovide. Les cris des saltimbanques étourdissent les nobles propriétaires des hôtels voisins qui adressent leurs plaintes à l’autorité. Il était question de débarrasser la place Louis XV de ces hôtes incommodes lorsque, dans la nuit du 22 au 23 septembre 1777, le feu se mit aux baraques. Le lendemain la place était nette.

Quinze années se sont écoulées. Nous sommes sur la place de la Révolution. Le peuple est en train d’abattre la statue du roi bien-aimé. Un des pieds du cheval résiste à la destruction et fait dire à un plaisant : la royauté a encore un pied dans l’étrier. La place a pris un aspect sombre et terrible. Le temps où l’on voyait la foire Saint-Ovide est bien loin : plus de danseurs, plus de pantins, mais une liberté assise appuyée sur une haste antique et le bonnet phrygien sur le front. Devant elle, la guillotine et maitre Sanson, le bourreau, qui exécute cet arrêté de la commune :

« Séance du 23 août 1792. — Le procureur de la commune entendu, le conseil général arrête que la guillotine restera dressée jusqu’à ce qu’il en ait été autrement ordonné, à l’exception néanmoins du coutelas que l’exécuteur des hautes-œuvres sera autorisé d’enlever après chaque exécution. (Registre de la commune, t. 9, p. 350.) »

Que de force, de courage, de beauté, de génie même cette place a dévorés ! L’impulsion était donnée ; on administrait, on tuait avec un ensemble effrayant, et le soir la commune réglait ses comptes avec l’exécuteur. Celui-ci présentait aux magistrats ses états de services. On le payait sur le vu des ordres semblables à celui que nous reproduisons.

Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, p.153.jpg

Cette place n’était pas au bout de ses métamorphoses patronimiques ; chaque révolution, chaque déplacement de pouvoir lui apportait un nouveau baptème. Une loi du 26 octobre 1795 lui donna le nom de place de la Concorde. Quelques jours après, des ouvriers, en restaurant la statue de la Liberté, trouvèrent dans le globe qui tenait la déesse, un nid de tourterelles. L’augure parut favorable et confirma cette dénomination.

Le 9 thermidor avait annonceé à la France une ère nouvelle. La révolution terminait sa marche ascendante, le Directoire devait être après la Convention ce que la régence avait été après Louis XIV. Le nouveau pouvoir, par ses débauches fastueuses et ses vices trop connus, ménageait une transition facile de la terreur au Consulat, d’une tyrannie de fait au despotisme organisé. Tous les chefs de parti avaient disparu emportés par la tourmente, un soldat resta seul sur la brèche. Il commença par chasser la statue de la Liberté qui n’avait plus de sens, et le ministre de l’intérieur fut chargé de poser sur la place de la Concorde la première pierre d’une colonne triomphale. Cependant le consulat même à vie ne suffisait plus au vainqueur de Marengo, il pose lui-même sur son front la couronne impériale et bientôt Paris s’apprête à recevoir dignement une nouvelle impératrice. Déjà la blonde Autrichienne fait rouler son carrosse doré sur ces mêmes pavés qui ont reçu la tête de sa tante. Rien ne manque à la fête officielle, hors les sympathies du peuple, dont les regrets accompagnent la femme, qui va dans l’exil, à la Malmaison, expier son impériale stérilité. Mais d’autres fêtes s’apprêtent, l’homme qui avait nivelé les Alpes comme Charlemagne, effacé les Pyrénées comme Louis XIV, qui chaque année avait reculé les frontières de son empire bien au-delà des limites naturelles que Dieu a données à la France, ce colosse, à l’étroit dans un monde, vient d’être perfidement jeté sur une île de la Méditerranée. Son empire est morcelé, sa capitale violée. Sur un autel dressé au milieu de la place de la Concorde, des prêtres chantent un Te Deum dans un rite étranger. Les armées russe, prussienne et autrichienne défilent en poussant des hourra sauvages. Quelques jours après l’inscription républicaine a disparu et le nom de Louis XV est rendu à cette place. — Il nous reste encore d’autres changements à enregistrer : le 27 avril 1826, le roi Charles X rendait une ordonnance ainsi conçue :

« Charles, etc…, vu l’article 3e de la loi du 19 janvier 1816, sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de l’intérieur ;

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Il sera élevé un monument à la mémoire de Louis XVI, au centre de la place située entre les Tuileries et les Champs-Élysées, laquelle prendra le nom de place Louis XVI. La première pierre de ce monument sera posée le 3 mai prochain, etc…

Donné au château des Tuileries, le 27 avril, l’an de grâce 1826, et de notre règne le 2e. Signé Charles. »

Cette ordonnance n’a pas été exécutée.

Enfin la propriété de cette place et des Champs-Élysées qui avait été réunie au domaine national par la loi du 27 novembre 1793, a été concédée à la ville de Paris à la charge de divers travaux et constructions, par la loi dont nous rapportons le texte :

« Au château de Saint-Cloud, le 20 aout 1828. — Charles, etc… — Article unique. Sont concédées à la ville de Paris, à titre de propriété, la place Louis XV, la promenade dite des Champs-Élysées telles qu’elles sont désignées au plan annexé à la présente loi, y compris les constructions dont la propriété appartient à l’État, et à l’exception des deux fosses de la place Louis XV, qui bordent le jardin des Tuileries. Ladite concession est faite à la charge par la ville de Paris : 1o de fournir aux frais de surveillance et d’entretien des lieux ci-dessus désignés ; 2o d’y faire dans un délai de cinq ans des travaux d’embellissement jusques à la concurrence de deux millions deux cent trente mille francs au moins ; 3o de conserver leur destination actuelle aux terrains concédés, lesquels ne pourront être aliénés en tout ou en partie, etc. Signé Charles. »

La révolution de 1830 a d’abord rétabli le nom de place de la Concorde. On allait se mettre à l’œuvre et commencer les embellissements, lorsque l’invasion du choléra vint retarder les travaux. Les dépenses qui furent faites pour combattre le fléau dépassèrent le chiffre d’un million. Les sacrifices que la ville s’imposait alors si noblement ne lui permirent pas de consacrer plus tard à l’embellissement de la place de la Concorde la somme fixée par la loi de 1828. En 1834 fut promulguée une nouvelle loi qui réduisait la dépense. Voici un extrait de cette loi :

« Au palais des Tuileries, le 31 mai 1834. Louis-Philippe, etc… — Article 1er. Il est accordé à la ville de Paris un délai de cinq ans, à partir du 20 août 1833, pour l’exécution des travaux d’embellissement qu’elle doit faire aux Champs-Élysées et à la place de la Concorde, conformément à la loi du 20 août 1828.

Art. 2. La somme de deux millions deux cent trente mille francs que la ville devait employer à ces travaux, est réduite à quinze cent mille francs.

Art. 3. Les travaux devront être exécutés annuellement par cinquième, et il devra être employé annuellement trois cent mille francs, etc., etc… Signé Louis-Philippe. »

Au milieu de la place de la Concorde s’élève l’obélisque de Louqsor, présent du pacha d’Égypte. Au mois d’avril 1831, un bâtiment fut envoyé à Alexandrie, sous le commandement de M. Verninhac-Saint-Maur, pour amener en France le monolithe égyptien. M. Lebas, ingénieur de la marine, fut chargé des opérations d’abattage et d’embarquement. Après des travaux et des difficultés sans nombre, on parvint à embarquer le monolithe qui arriva à Paris le 23 décembre 1833. Trois années s’écoulèrent avant que l’obélisque fut dressé. On construisit dans l’intervalle les fondations et l’on prépara le piédestal qui est formé d’un seul bloc de granit ayant 5 mètres de hauteur sur 3 de largeur et pesant cent mille kilogrammes. Le 25 décembre 1836, au milieu d’un immense concours de spectateurs, en présence de la famille royale, M. Lebas procéda à l’érection de l’obélisque. Cette opération, conçue avec toute l’habileté qu’on devait attendre du savant ingénieur, fut exécutée avec une merveilleuse précision. — L’obélisque décorait à Thèbes le palais de Louqsor. Il a 23 mètres de hauteur et pèse à peu près 250 000 kilogrammes. Trois rangées verticales d’hiéroglyphes couvrent ses faces. La rangée du milieu est creusée à la profondeur de 15 c. ; les deux autres sont à peine taillées. Les cartouches multipliées sur les quatre faces, présentent toutes le nom et le prénom de Rhamessès ou Sésostris, premier roi de la 19e dynastie de Manéthon, et contiennent les louanges et le récit de ses travaux.

Avant de juger l’ensemble des décorations de cette place, nous allons donner l’état des dépenses en y joignant celles qui ont rapport aux Champs-Élysées.

Les travaux d’embellissement, commencés en 1836, ont été terminés en 1840. Ils ont été ainsi classés dans l’ouvrage de M. Saint-Léon.

fr. c.
Projets et études 3 350. 77

Service des ingénieurs
Égouts et décharges d’eau 147 032. 25
Conduites et travaux hydrauliques 268 725. 66
Plantations dans les Champs-Élysées 4 507. »
Travaux d’assainissement dans les Champs-Élysées 2 806. 07

Service des architectes
Travaux à l’occasion de l’obélisque 8 559. »
Trottoirs en asphalte et granit 245 022. 46
Fontaines monumentales 367 630. »
Colonnes rostrales et candélabres 121 749. 92
Restauration des huit pavillons 13 850. »
Huit statues pour les pavillons 64 000. »
Marbrerie 3 500 »
Jardinage dans les fossés 6 481. »
Corps-de-garde 11 788. »
Terrasses et travaux divers 153 283. 63
Candélabres aux Champs-Élysées 33 512. »
Frais d’agence 60 259. 77
Total 1 516 057. 53

En 1843 il restait encore dû environ 160 000 fr. pour lesquels il y a contestation avec les entrepreneurs.

Nous n’avons plus à faire maintenant qu’une appréciation succincte des travaux d’embellissement sous le rapport de l’art, et d’abord nous croyons devoir rappeler les principales dispositions du plan primitif présenté par l’administration et adopté par le conseil municipal dans sa délibération du 24 avril 1835. Il nous a paru regrettable qu’on, ait abandonné ce plan dans quelques-unes de ses parties. — « Article 5. Vu les nouveaux plans présentés par M. le préfet, desquels il résulte, entr’autres dispositions, que la place serait maintenue dans sa forme octogone avec les fosses qui l’entourent, dont le fond nivelé serait converti en compartiments de gazons avec plate-bandes de fleurs ; que les entrées diagonales seraient complétées au moyen de terre-pleins soutenus par des murs pareils à ceux des fossés couronnés de balustrades avec galerie souterraine pour la communication des fossés ; que les huit pavillons accusant les pans coupés de la place seraient restaurés et surmontés de statues assises qui par leurs attributs représenteraient huit des principales villes de France ; que les entrées de la place du côté de la rue Royale et du côté du pont Louis XVI seraient décorées de statues couchées, coulées en bronze et représentant les quatre principaux fleuves de France ; celles perpendiculaires, de sphinx sculptés en granit de Brest, pareil au piédestal de obélisque ; et celles diagonales, de lions couchés ; que deux fontaines monumentales seraient érigées sur le grand axe de la place aux points d’intersection, donnés par les entrées diagonales ; que des trottoirs construits en granit de Brest et pierres de Volvic, produisant l’effet d’une mosaïque, comprendraient dans une même figure l’obélisque et les deux fontaines, et formeraient le pourtour intérieur de la place et la bordure des huit compartiments que dessinent les entrées perpendiculaires et diagonales, etc… »

En comparant l’état présent de la place avec le projet de 1835, la supériorité appartient sans conteste au premier plan adopté par le conseil municipal. Ces compartiments de gazons avec plate-bande de fleurs, en reposant les regards, eussent répandu quelque fraîcheur et brisé heureusement l’uniformité de la place. Des statues de bronze, représentant les quatre principaux fleuves qui arrosent la France, des lions couchés, des sphinx sculptés en granit de Brest, eussent donné à la place un peu de cette grandeur sévère qui lui manque aujourd’hui. En regardant la décoration actuelle, on éprouve d’abord une espèce d’éblouissement qui bientôt amène la fatigue. On sent que toutes ces richesses, toutes ces dorures perdues dans le vide semblent jetées à profusion pour masquer l’impuissance de l’artiste.

Ces candélabres étincelants et rangés avec symétrie ressemblent à des échecs sur un damier. L’obélisque, qui eût été si bien placé dans la cour du Louvre, semble perdu dans l’immensité. Pourquoi ne lui avoir pas au moins donné les quatre sphinx ses gardiens naturels, ses compatriotes pour ainsi dire ? Ces fontaines, dont les panaches seuls offrent de l’élégance, n’ont rien de monumental. L’exiguïté des bassins est telle qu’au moindre vent les gerbes inondent les promeneurs.

L’architecte, qui s’est inspiré sans nul doute de la cour qui précède Saint-Pierre de Rome pour asseoir ces fontaines, ne s’est pas assez souvenu que cette cour est entourée d’une galerie ouverte, et qu’il fallait avant tout isoler et fermer la place, sous peine de produire une œuvre tout-à-fait choquante.

Quant aux huit statues placées sur les pavillons de Gabriel, deux d’entr’elles méritent d’être distinguées ; nous voulons parler des statues de Strasbourg et Lille, dues au ciseau exercé de M. Pradier. — Pourquoi l’artiste chargé de la décoration a-t-il dédaigné d’interroger l’histoire de la place ? Pourquoi ne s’est-il pas inspiré de la beauté mâle et sévère de son entourage ; il eut senti alors combien toute cette richesse de parvenu, toutes ces lanternes de bronze et d’or devaient blesser le goût et le véritable sentiment de l’art ?

Quant à nous, nos yeux bientôt fatigués sentent le besoin de quitter toutes ces petitesses de l’œuvre moderne pour se reposer en contemplant les grandeurs du passé. Alors nos âmes s’élèvent émues par la pompe du spectacle. Au midi la chambre des députés, au nord deux palais jumeaux, puis la Madeleine, avec sa voie romaine ; à l’est, les arbres centenaires du jardin tracé par Lenôtre, puis au fond le palais des Tuileries sur lequel le temps a répandu cette teinte sombre et sévère qui fait de la vieillesse des monuments l’âge de leur beauté ; enfin, à l’ouest, cette magnifique avenue si heureusement complétée par l’arc-de-triomphe. En contemplant tant de merveilles, on sent qu’une nation qui élève de tels édifices a reçu de Dieu la puissance du glaive ainsi que le sceptre des arts.

Concorde (pont de la).

Situé entré les quais des Tuileries et d’Orsay.

La ville de Paris, dès l’année 1722, avait été autorisée par lettres-patentes à contracter un emprunt pour l’établissement d’un pont en cet endroit. Ce projet n’eut pas de suite. — Un édit du mois de septembre 1786, rappelant plusieurs dispositions des anciennes lettres-patentes, ordonna un second emprunt de trente millions dont une partie devait servir aux embellissements de Paris. Douze cent mille francs furent affectés à la construction de ce pont. M. Perronnet, ingénieur, fournit les dessins. On commença le 10 juin 1787 à battre les pieux des pilotis ; les travaux furent achevés à la fin de l’année 1790. Alors on lui donna le nom de pont Louis XVI. En 1792, il prit la dénomination de pont de la Révolution. Une loi du 26 octobre 1795 ayant ordonné que la place de la Révolution porterait désormais le nom de place de la Concorde, la même dénomination fut donnée au pont. — « Au palais des Tuileries, le 1er Janvier 1810. Napoléon, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Les statues des généraux Saint-Hilaire, Espagne, Lasalle, Lapisse, Cervoni, Colbert, Lacour, Hervo, morts au champ d’honneur, seront placées sur le pont de la Concorde, conformément au projet qui nous a été présenté par notre ministre de l’intérieur. Signé Napoléon. » — Dans les premiers jours d’avril 1814, le pont de la Concorde reprit son ancien nom de pont Louis XVI. En vertu des ordonnances royales des 19 janvier et 14 février 1816, il fut arrêté qu’on y élèverait douze statues en l’honneur des hommes les plus illustres de la France. Ces ordonnances ne reçurent leur exécution qu’en 1828. Les statues qui représentaient Sully, l’abbé Suger, Duguesclin, Colbert, Turenne, Duguay-Trouin, Suffren, Bayard, Condé, Duquesne, Tourville et Richelieu, sont dues aux ciseaux de MM. Espercieux, Stouf, Briant fils, Milhomme, Gois, Dupasquier, Lesueur, Montoni, David, Roquier, Marin et Ramey. Ces statues dont les dimensions colossales écrasaient le pont, furent, en 1837, descendues de leurs piédestaux, puis transposées à Versailles dans la cour d’honneur du palais.

On employa pour la construction de ce pont une partie des matériaux provenant de la démolition de la Bastille. Il est fondé sur pilotis et grillage, il a cinq arches surbaissées qui offrent une portion de cercle. L’arche du milieu a 31 m. d’ouverture, les arches latérales ont 27 m. et les deux autres attenantes aux culées ont chacune 26 m. La longueur totale entre les culées est de 150 m. Chaque pile a 3 m. d’épaisseur ; leurs avant-becs et arrière-becs présentent des colonnes engagées qui contiennent une corniche couronnée par une balustrade qui sert de parapet aux trottoirs. — Depuis 1830, il a repris sa dénomination de pont de la Concorde.

Condamnés (dépôt des).

Situé dans la rue de la Roquette. — 8e arrondissement, quartier Popincourt.

Cette prison, construite sous la direction de M. Gau, architecte, a coûté plus d’un million. Elle remplace le dépôt de Bicêtre, dont les bâtiments ont été rendus à l’hospice de la Vieillesse (hommes) et des aliénés. On y renferme provisoirement les condamnés jusqu’à ce qu’ils soient envoyés aux bagnes ou dans les maisons centrales de réclusion. Cette prison est composée d’un bâtiment carré à quatre étages. Au centre est un vaste préau. Les malades sont traités dans une infirmerie placée à la suite du bâtiment principal et séparée de ce bâtiment par la chapelle.

Condé (rue de).

Commence au carrefour de l’Odéon et à la rue des Quatre-vents, no 1 ; finit à la rue de Vaugirard, nos 22 et 22 bis. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 267 m. — 11e arrondissement. Les impairs sont du quartier de l’École-de-Médecine ; les pairs du quartier du Luxembourg.

Formée vers l’année 1500, sur le Clos-Bruneau, elle en reçut la dénomination. En 1510, on l’appelait rue Neuve-de-la-Foire. Quelques années après, elle prit le nom de rue Neuve-Saint-Lambert. En 1612, Henri de Bourbon, prince de Condé, ayant acheté l’hôtel bâti originairement pour Antoine de Corbie et occupé ensuite par le duc de Retz, maréchal de France, la rue qui nous occupe, reçut le nom de rue de Condé. (Voir l’article du Théâtre de l’Odéon.) En 1792, cette voie publique fut appelée rue de l’Égalité. Dès 1801, elle avait quitté ce nom pour reprendre celui de Condé. — Une décision ministérielle, à la date du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale du 12 mai 1841, ont fixé la moindre largeur de cette rue à 10 m. Les maisons nos 1, 3, 17, 19 ; 2, et de 14 à la fin sont alignées. — Égout depuis la rue des Quatre-Vents jusqu’à la rue Regnard. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Conférence (quai de la).

Commence au pont de la Concorde et à la place du même nom ; finit à la rue Jean-Goujon et au quai Billy. Pas de numéro. Sa longueur est de 1360 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Lettrès-patentes. 22 avril 1769. « Louis, etc… Il sera construit un quai au devant de la place que nous avons agréée par nos lettres-patentes du 21 janvier 1757, à l’effet de répondre à la décoration de la dite place et contribuer à la sûreté de la route de Versailles, etc. » Son mur de terrasse, entrepris sous le Directoire, ne fut achevé que sous l’empire. Ce quai doit son nom à la porte de la Conférence, construite en 1633, à l’ouest de la terrasse des Tuileries, sur la place Louis XV (aujourd’hui de la Concorde). Cette porte a été démolie vers 1730. — Le côté opposé à la rivière est bordé par les Champs-Élysées.

Conseil d’État et de la Cour des Comptes (palais du).

Situé entre les rues de Poitiers, de Belle-Chasse, de Lille et le quai d’Orsay. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Ce palais, destiné au ministère des affaires étrangères, a été commencé en 1810. Les travaux furent payés jusqu’en 1820, sur les crédits ouverts à ce département. Les dépenses s’élevaient à cette dernière époque, y compris l’acquisition de terrains, à la somme de 5,354.101 fr. En vertu d’une loi du 19 juillet 1820, la direction des travaux de ce bâtiment fut mise dans les attributions du ministère de l’intérieur. Le projet d’établir dans ce palais le ministère des affaires étrangères fut abandonné en 1821. Depuis et jusqu’à l’année 1833, une somme de 316,379 fr. y fut employée. En 1833, une nouvelle destination fut proposée, de nouveaux fonds furent demandés pour terminer l’édifice et pour loger dans ce palais le ministère du commerce et des travaux publiès, l’école des mines, les ponts-et-chaussées, etc. Un crédit de 3,600,000 fr., ouvert à cet effet, devint insuffisant et une loi de 1836 alloua une nouvelle somme de 607,000 fr. En additionnant toutes ces sommes on voit que ce palais a coûté 9,877,480 fr. Une ordonnance royale du 5 mars 1842 porte ce qui suite : — « Article 1 er. À partir du quinze avril prochain, la Cour des Comptes tiendra ses séances dans le palais du quai d’Orsay. — Art. 2 : Les papiers contenus dans les dépôts et archives de la cour, seront transportés dans les galeries de ce palais, destinées à leur conservation. La translation s’opérera sous la surveillance du greffier en chef et sous l’autorité du premier président, etc. » Le conseil d’État tient également ses séances dans ce palais. — Les travaux de construction, commencés sous la direction de M. Bonard, architecte, ont été terminés par M. Lacornée, son élève.

Constantine (passerelle de).

Située entre les quais de Béthune et Saint-Bernard.

Par acte du 18 janvier 1836, M. de Beaumont s’est rendu concessionnaire de deux passerelles à établir entre les quais des Célestins et Saint-Bernard. Celle dont nous parlons ici fut commencée en 1836, sous la direction de l’ingénieur Surville, et livrée à la circulation dans le courant de janvier 1838. Cette passerelle, suspendue en fil de fer, est composée d’une travée de 102 m. et de deux demi-travées de 23 m. On lui donna le nom de Constantine pour consacrer le souvenir du glorieux fait d’armes de la prise de Constantine par l’armée française, le 13 octobre 1837. La dépense des deux passerelles de Constantine et de Damiette est évaluée à 380,000 fr.

Constantine (rue de).

Commence à la rue d’Arcole, doit finir à la place du Palais-de-Justice. Pas encore de numéro. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

La Cité, qui fut longtemps tout Paris, ne suffisait plus à ses habitants sous le règne de Philippe-Auguste. Le vase trop plein commençait à déborder. Les communautés religieuses, trop exposées au bruit, abandonnèrent cet endroit pour aller former de nouveaux établissements du côté de la montagne Sainte-Geneviève. Le commerce et l’industrie traversèrent le fleuve, puis s’arrêtèrent au chemin qui conduisait à l’abbaye de Saint-Denis. Ce chemin bientôt devint la grande artère qui porta la richesse au nord de la ville. Il ne resta plus à la Cité qu’une population composée de bateliers, d’artisans et de prostituées, qui naissait, vivait et mourait sans sortir de cette atmosphère putride.

Toute tentative d’amélioration avortait devant l’insouciance, le mauvais vouloir ou la pauvreté des propriétaires. Cependant en 1784, M. de Caumartin, prévôt des marchands, voulut faire pénétrer un peu d’air dans ce cloaque. L’honorable magistrat s’adressa au roi Louis XVI, qui s’empressa d’accueillir sa juste demande.

« Versailles, 3 juin 1787. — Le roy étant en son conseil a ordonné et ordonne qu’en conformité du plan dressé par le sieur Desmaisons, l’un des architectes de son académie, lequel sa majesté a approuvé et approuve, il sera incessamment formé en face de la grille de la cour du May et servant d’entrée principale au palais de Paris, une place demi-circulaire ayant 19 toises, etc… au milieu de laquelle place il sera ouvert une rue de quarante-deux pieds de largeur qui sera substituée à celle dite de la Vieille-Draperie et sera prolongée jusqu’à la rue de la Juiverie (aujourd’hui de la Cité). Veut sa majesté en conséquence que les maisons dont les emplacements sont nécessaires à la formation de la d. place et à l’ouverture de la nouvelle rue, soient acquises au nom de sa majesté pour en être les terrains employés jusqu’à concurrence de l’exécution du projet ordonné par le présent arrêt, etc. »

Ce percement ou plutôt cet élargissement ne fut exécuté que jusqu’à la rue Saint-Éloi, et conserva le nom de rue de la Vieille-Draperie. Sous la république, on projeta de continuer cette rue jusqu’au pont de la Cité. Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, approuva cette disposition, qui néanmoins ne fut point exécutée. — En vertu d’une ordonnance royale du 15 juin 1838, le préfet de la Seine a été autorisé, au nom de la ville de Paris, à acquérir, soit par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique, soit de gré à gré, les immeubles ou portions d’immeubles dont l’occupation serait nécessaire pour l’ouverture d’une nouvelle rue dans l’axe du Palais-de-Justice, pour communiquer à la rue d’Arcole. — Ce percement sera prochainement achevé. Les expropriations atteignent aujourd’hui les immeubles situés entre la rue de la Cité et la rue commencée sous Louis XVI. — L’ouverture de la rue de Constantine et la formation de la rue d’Arcole ont changé l’aspect du vieux quartier de la Cité, qui était resté jusqu’alors étranger aux améliorations exécutées dans les autres parties de la capitale. Ces travaux importants font le plus grand honneur à l’administration actuelle.

Le passage de la Madeleine, formé vers 1794, sur l’emplacement de l’église du même nom, et qui communiquait à la rue de la Cité entre les nos 19 et 21, a été confondu dans la rue de Constantine.

L’église de la Madeleine avait remplacé une synagogue, ainsi que le constatent les lettres d’Eudes de Sully, évêque de Paris en 1205. Elle jouissait du titre d’église archi-presbytérale. Supprimée en 1790, elle devint propriété nationale et fut vendue le 21 août 1793.

Constantinople (rue de).

Commence à la place d’Europe ; finit à la place au-devant de la barrière de Monceau. Pas de numéro. Sa longueur est de 441 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Cette rue, tracée en 1826 sur les terrains appartenant à MM. Jonas Hagerman et Sylvain Mignon, a été autorisée par une ordonnance royale du 2 février de la même année. On n’a commencé à y bâtir qu’en 1838. Sa largeur est de 15 m. Elle porte le nom de la capitale de l’empire Ottoman. (Voyez rue d’Amsterdam.)

Conté (rue).

Commence à la rue Montgolfier et à la place de l’ancien marché Saint-Martin, no 12 ; finit aux rues de Breteuil et Vaucanson. Le dernier impair est 3 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le marché Saint-Martin. Sa longueur est de 61 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle a été ouverte en 1817. Sa moindre largeur avait été fixée à 15 m. par le ministre de l’intérieur le 9 octobre 1816. Sa dénomination lui a été donnée en vertu d’une décision ministérielle du 27 septembre 1817. Conté (Nicolas-Jacques) ; peintre, chimiste et mécanicien, naquit en Normandie en 1755. Il fit partie de la commission des sciences et arts attachée à l’expédition d’Égypte, et mourut en 1805. — Une ordonnance royale du 14 janvier 1829 a porté la largeur de la rue Conté à 29 m. Les constructions situées sur le côté des numéros impairs ne sont pas alignées. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Conti (impasse de).

Située sur le quai de Conti, no 13. Le dernier numéro est 3. Sa longueur est de 45 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Elle a été formée en 1771, lors de la construction de l’hôtel des Monnaies. On la nomme également impasse de la Monnaie. — Une décision ministérielle du 7 juillet 1817 a fixé la moindre largeur de cette impasse à 7 m. 70 c.

Conti (quai de).

Commence à la rue Dauphine et au Pont-Neuf ; finit au pont des Arts et à l’Institut de France. Le dernier numéro est 19. Sa longueur est de 228 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

« Bureau de la ville. — Nous, ce jour, estant allez visiter ce qu’il est nécessaire de faire pour l’embellissement et décoration de la ville, le quay de là rivière, despuis le bout du Pont-Neuf jusques à la porte du Nesle, suivant les résolutions pour ce prises au bureau de la ville, à la prière et requeste de M. du Plessis de Guénégaud, secrétaire d’Estat ; ce considéré que la maison appellée le Château-Gaillard empeschait en quelleque façon l’ornement du dit quay qui ne sert d’ailleurs qu’à des divertissements publiques parmy lesquels il s’y trouve tousjours quelques désordres, joinct que la ville qui en a faict concession n’en retire pas grande utilité ; nous avons, en conséquence d’autres précédentes délibérations, résolu de la faire abbattre et de se servir des démolissions qui en proviendront pour l’establissement d’un quay qui prendra despuis le dict lieu jusques à la porte de Nesle, en desdommageant les particuliers qui y ont basty par la permission de la ville ; et vu la nécessité qui’il y avait de faire promptement travailler au dit quay et soustenir les terres qui y ont esté apportées, ce qui pourrait gaster la rivière, avons ordonné qu’il soit procédé au plustot à la construction du dit quay. Fait au bureau de la ville, le 5 novembre 1655. »

« Bureau de la ville. — Nous estant ce jour assemblés au bureau de la ville pour donner notre advis sur les propositions et dessins qui nous ont esté présentés pour la construction de certains bastiments sur et le long du quay Malaquais, joignant la porte de Nesle, depuis icelle jusques à l’entrée de la rue de Seine, etc., sommes d’avis que l’on doit continuer le quay encommancé du costé du Pont-Neuf jusques à la tour de Nesle, et despuis ycelle le conduire aussi en ligne droite jusques à la rue des Petits-Augustins, laissant au-devant de la rue un quay de la largeur de 10 à 12 thoises, conformément aux dessins ci-devant arrestez, et les alignements donnés en conséquence aux propriétaires des maisons sur le dit quay. Fait au bureau de la ville, le 10 juillet 1662. »

Ce quai d’abord nommé de Nesle, en raison de l’hôtel de Nesle qui en occupait toute la longueur, prit au XVIIe siècle le nom de Guénegaud. On le désigna enfin sous celui de Conti, parce que l’hôtel de ce nom y avait sa principale entrée.

« 22 avril 1769. — Le quai Conti sera élargi depuis l’entrée de la rue Dauphine jusqu’à la rue Guénégaud, pour suivre l’alignement du nouvel hôtel des Monnaies, qui se construit actuellement sur l’emplacement de l’ancien hôtel de Conti, en exécution de nos lettres-patentes du mois d’avril 1768, et il sera fait au mur du dit quai les changements et rectifications convenables et relatifs à la disposition de la façade du dit hôtel des Monnaies ; et il sera alors fait un pan coupé des deux côtés de la rue Dauphine, en face du Pont-Neuf. Ce même quai sera aussi élargi suivant l’alignement du nouvel hôtel des Monnaies par la suppression des deux bâtiments qui bordent les deux côtés de la place du collége Mazarin, au moyen de quoi il sera pratiqué une sortie directe de la rue de Seine sur le quai en face du Louvre, nous réservant d’ordonner par la suite une communication de la rue de Seine avec la rue de Tournon, qui se trouvent l’une et l’autre dans la même direction vers notre palais dit Luxembourg. Signé Louis. » (Extrait des lettres-patentes). Il est à regretter que des dispositions aussi utiles n’aient pas été exécutées. — Administration centrale. Séance du 14 fructidor an VI. « L’administration centrale du département. Vu la lettre du commissaire du Directoire Exécutif près l’administration municipale du 10e arrondissement, qui propose de changer la dénomination du quai de Conti ; le commissaire du Directoire Exécutif entendu, arrête : que ce quai prendra le nom de quai de la Monnaie. Le citoyen Molinos demeure chargé de l’exécution du présent arrêté. » (Registre 27, page 33.) — Deux décisions ministérielles, l’une en date du 13 février 1810, signée Montalivet ; l’autre en date du 7 juillet 1817, ont déterminé l’alignement de ce quai. L’hôtel des Monnaies et les constructions situées entre l’impasse de Nevers et l’Institut sont alignées ; le surplus est soumis à un retranchement considérable. — Un arrêté préfectoral, du 27 avril 1814, rendit à cette voie publique le nom de quai de Conti. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

L’hôtel de Nesle dont cette voie publique a longtemps porté le nom, était l’un des plus vastes parmi ceux qui faisaient l’ornement du vieux Paris. Les rues de Nevers, d’Anjou et de Guénégaud ont été en partie percées et bâties sur son emplacement. Il se prolongeait le long de la rivière jusqu’à la porte et la tour nommées Philippe Hamelin, dites depuis de Nesle, et à la place desquelles on a bâti le pavillon à gauche du collége Mazarin. Brantôme nous parle d’une reine « qui se tenait à l’hôtel de Nesle, laquelle faisait le guet aux passants, et ceux qui lui plaisaient et agréaient le plus, de quelque sorte de gens que ce fussent, les faisait appeler et venir à elle, et après en avoir tiré ce qu’elle en voulait, les faisait précipiter de la tour en bas dans l’eau. Je ne peux pas dire, ajoute-t-il, que cela soit vrai ; mais la plupart de Paris l’affirme, et il n’y a personne qui ne le dise en montrant la Tour. » Le poète Villon, dans sa ballade aux dames, composée en 1641, en parle ainsi :

____Où est la reine,
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?

Si ce fait est exact, la messaline dont il est ici question, est Jeanne, comtesse de Bourgogne et d’Artois, reine de France. Elle habita l’hôtel de Nesle après la mort de Philippe-le-Long, son mari, et y mourut en 1329. Jean Buridan, de Béthune en Artois, était un des meilleurs élèves de l’Université de Paris. S’il fut jeté dans le fleuve il parvint à se sauver, car il en est parlé en 1348. — Ce fut aussi à l’hôtel de Nesle, qu’Henriette de Clèves, femme de Louis de Gonzague, duc de Nevers, apporta la tête de Coconas, son amant, qu’on avait exposée sur un poteau, dans la place de Grève. La femme adultère alla seule pendant la nuit enlever cette tête qu’elle fit embaumer. Longtemps elle la garda dans l’armoire d’un cabinet, derrière son lit. Cette même chambre fut arrosée des larmes de sa petite-fille, Marie-Louise de Gonzague de Clèves, dont l’amant, Cinq-Mars, fut décapité en 1642. — Au quai de Conti se rattachent encore d’autres souvenirs.

La maison no 5 à l’angle de la rue de Nevers, fut quelque temps habitée par Bonaparte. Dans une mansarde éclairée par une fenêtre faisant saillie sur le toit, Napoléon, cadet gentilhomme à l’école militaire en 1785, venait méditer et se reposer de ses études.

Contrat-Social (rue du).

Commence à la rue de la Tonnellerie, nos 23 et 25 ; finit à la rue des Prouvaires, nos 13 et 14. Le dernier pair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 58 m. — 3e arrondissement, quartier Saint-Eustache.


Cette voie publique fut percée vers 1786, et devait avoir 9 m. 75 c. de largeur ; mais elle ne fut point exécutée d’après cette dimension. Cette rue porta d’abord le nom de Calonne. M. de Calonne était alors ministre des finances. En 1790, on lui donna le nom de La Fayette. En 1792 elle prit celui de rue du Contrat-Social, qui rappelle un des ouvrages de Jean-Jacques Rousseau. Il n’existe pas d’alignement arrêté pour la rue du Contrat-Social. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Contrescarpe-Saint-André (rue de la).

Commence à la rue Dauphine, nos 49 et 51 ; finit à la rue Saint-André-des-Arts, nos 72 et 74. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 68 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle doit son nom à son ancienne situation le long des murs de l’enceinte de Philippe-Auguste, près de la contrescarpe. Dans un procès-verbal de 1636, on l’appelle rue de la Basoche. — Une décision ministérielle à la date du 14 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Contrescarpe-Saint-Antoine (rue de la).

Commence au quai de la Rapée ; finit à la rue de Charenton, no 2. Pas de numéro impair ; ce côté est bordé par la gare de l’Arsenal. Le dernier pair est 72. Sa longueur est de 710 m. — De 2 à 70, 9e arrondissement, quartier de l’Arsenal ; le no 72, 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Lettre du ministre de la guerre au prévôt des marchands. « Versailles le 4 juin 1781. — J’ai reçu, monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 8 mai dernier, par laquelle vous m’informez que le bureau de la ville désire l’approbation du roi pour prolonger jusqu’à la chaussée de Bercy, la nouvelle rue du Faubourg-Saint-Antoine, en rétrécissant le fossé de la Bastille. Je me suis fait rendre compte de ce local, par M. Larcher Daubancourt, lieutenant-colonel au corps royal du génie, qui m’a fait observer qu’il n’y aurait aucun inconvénient pour le service à ce rétrécissement du fossé. M. Delaunay m’assura aussi que les officiers de l’état-major de la Bastille n’auront aucune représentation à faire sur l’indemnité que le bureau de la ville se porte à leur procurer pour la destruction de quelques murs de leurs échoppes actuelles. Sur le compte que j’en ai rendu au roi, sa majesté veut bien permettre au bureau de la ville de prolonger l’alignement de la rue Amelot jusqu’à la chaussée de Bercy en reculant dans le fossé la contrescarpe du bastion détaché de la demi-lune de la Bastille, autant qu’il sera nécessaire pour que les échoppes à construire sur le bord de ce fossé, et qui auront 12 pieds de profondeur prise sur la largeur du fossé, ayant leur face du dehors dans l’alignement de la rue Amelot, etc. » — Vers 1790, cette partie prit le nom de rue de la Contrescarpe. Cette dénomination rappelle l’emplacement sur lequel elle fut ouverte. — Conformément aux décrets des 14 février 1806 et 24 février 1811, le ministre de l’intérieur Montalivet approuva, le 23 novembre 1811, un alignement tracé à 74 m. de distance de l’axe de la gare de l’Arsenal. Les propriétés de 2 à 6 inclus, de 38 à 48 inclus, et de 52 à la fin sont alignées. — Conduite d’eau.

Un arrêté préfectoral du 14 septembre 1843 a prescrit la publication du plan indiquant le projet d’achèvement de la rue de la Contrescarpe, au moyen de l’exécution immédiate de l’alignement au droit des immeubles en saillie. Cette importante amélioration devra être effectuée par mesure d’expropriation pour cause d’utilité publique.

Contrescarpe-Saint-Marcel (rue de la).

Commence à la rue des Fossés-Saint-Victor, nos 37 et 39 ; finit aux rues Neuve-Sainte-Geneviève, no 1, et Fourcy. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 14. Sa longueur est de 157 m. — 12e arrondissement ; de 1 à 13 et de 2 à 6, quartier du Jardin-du-Roi ; de 15 à la fin, quartier de l’Observatoire ; de 8 à la fin, quartier Saint-Jacques.

Cette rue doit son nom à sa situation sur les fossés de l’Estrapade. Avant que ces fossés, creusés entre les portes Saint-Victor et Saint-Jacques, fussent comblés et couverts de maisons, ce terrain, extrêmement élevé, formait un chemin difficile à monter. M. de Fourcy, prévôt des marchands, ayant conçu le projet de lui donner une pente plus douce, obtint en 1685 un arrêt du conseil, confirmé par lettres-patentes registrées en 1686. Cet arrêt autorisait la démolition de la porte Saint-Marcel, et ordonnait de reprendre à 15 pieds sous œuvre les maisons de la rue de la Contrescarpe, en indemnisant les propriétaires. Cette amélioration fut exécutée peu de temps après. Une décision ministérielle, à la date du 2 thermidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Sur le côté gauche, la maison à l’encoignure droite de la rue Neuve-Sainte-Étienne, et celle à l’encoignure de la rue Neuve-Sainte-Geneviève, sont alignées. Sur le côté droit, les maisons nos 2, 4 et 6 ne sont pas soumises à retranchement. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Copeau (rue).

Commence aux rues du Jardin-du-Roi et Saint-Victor, no 1 ; finit à la rue Mouffetard, nos 17 et 19. Le dernier impair est 57 ; le dernier pair, 38. Sa longueur est de 416 m. — 12e arrondissement. La Pitié dépend du quartier Saint-Marcel ; le surplus est du quartier du Jardin-du-Roi.

Son nom lui vient d’un moulin qui était sur la petite rivière de Bièvre, et qu’on nommait au XIIe siècle Moulin de Cupels ; on donna son nom au chemin qui y conduisait. Plus tard, cette dénomination fut changée en celle de Coupols, Coupeaulz, Coippeaulz, et en dernier lieu Copeau. — Une décision ministérielle, à la date du 13 germinal an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Les constructions ci-après ne sont pas soumises à retranchement : nos 21, 23, 25, 27, 29, et le bâtiment qui porte le no 30. — Conduite d’eau entre les rues du Jardin-du-Roi et du Battoir.

Coq-Héron (rue).

Commence à la rue Coquillière, nos 28 et 30 ; finit aux rues Pagevin, no 1, et Verdelet. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 138 m. — 3e arrondissement. Les impairs sont du quartier du Mail, et les pairs, du quartier Saint-Eustache.

Ce n’était en 1298 qu’une impasse nommée Coq-Héron. François Ier, par lettres-patentes du mois de septembre 1543, ordonna que l’hôtel de Flandres serait démoli, et son terrain divisé en plusieurs lots que l’on vendrait à divers particuliers. Sur une partie de cet emplacement, l’impasse Coq-Héron fut convertie en rue sur une largeur de 8 m. En 1546, cette voie publique était presqu’entièrement bordée de constructions. — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette rue à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 août 1840, cette largeur a été portée à 10 m. Les maisons nos 1 bis, 3 et 3 bis sont alignées ; les autres constructions de ce côté devront subir un retranchement qui n’excède pas 70 c. La propriété no 10 est à l’alignement ; le surplus est soumis à un retranchement de 2 m. environ. — Égout — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Coq-Saint-Honoré (rue du).

Commence à la place de l’Oratoire, nos 2 et 4 ; finit à la rue Saint-Honoré, nos 165 et 173. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 88 m. — 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

C’était une impasse connue en 1271 sous le nom de Richebourg. En 1376, une adjudication par décret, faite au Châtelet, indique une maison sise rue du Coq ou de Richebourg. Elle doit ces deux noms à deux familles qui y ont demeuré. Dès l’année 1372, Jean-le-Coq avait une maison au coin de cette rue, et Rogier-le-Coq une autre au coin opposé. Des lettres-patentes, à la date du 12 mai 1767, ordonnèrent l’élargissement de la rue dite cul-de-sac du Coq, en seize pied six pouces de largeur de chaque côté de la ligne capitale du milieu du Louvre. Cet élargissement ne fut effectué qu’en 1780. Les deux côtés de cette voie publique ne sont pas tout-à-fait parallèles. La moindre largeur est de 10 m. 25 c. ; la plus grande est de 10 m. 70 c. — Une ordonnance royale du 22 août 1840 a maintenu ces dimensions. Les propriétés riveraines sont alignées. — Conduite d’eau depuis la place de l’Oratoire jusqu’aux deux bornes-fontaines. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Coq-Saint-Jean (rue du).

Commence à la rue de la Tixéranderie, nos 29 et 31 ; finit à la rue de la Verrerie, nos 41 et 43. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 80 m. — 7e arrondissement. Les impairs sont du quartier des Arcis, et les pairs du quartier du Marché-Saint-Jean.

Quelques constructions bordaient déjà cette rue sous le règne de Louis-le-Jeune. Son premier nom est celui d’André-Malet ; elle est ainsi désignée dans un acte de 1243. On voit dans l’Accord de Philippe-le-Hardi avec le chapitre de Saint-Merri, en 1273, que cette rue est énoncée sous le nom de Lambert-de-Râle ou André-Malet. Guillot lui donne cette dernière dénomination. Dès 1416, elle prit d’une enseigne le nom de rue du Coq. — Une décision ministérielle, à la date du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837. Les constructions riveraines sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de la Verrerie jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Coquenard (impasse).

Située dans la rue Neuve-Coquenard, entre les nos 20 et 22. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Elle fut construite de 1812 à 1813, par MM. Dié et Saulnier. Elle dut sa dénomination à sa proximité de la rue Coquenard.

Coquenard (rue).

Commence aux rues Cadet, no 35, et Rochechouart, no 1 ; finit aux rues du Faubourg-Montmartre, no 80, et des Martyrs, no 2. Le dernier impair est 43 ; le dernier pair, 64. Sa longueur est de 341 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Ouverte sur un territoire appelé Coquenard, elle en reçut la dénomination. Au milieu du XVIIe siècle, elle prit le nom de rue Notre-Dame-de-Lorette, qu’elle dut à une chapelle placée sous ce vocable et dont nous parlerons à la fin du présent article. Vers 1792, on lui rendit sa première dénomination. — Une décision ministérielle, à la date du 12 fructidor an V, signée François de Neufchâteau, et une ordonnance royale du 23 août 1833, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 5, 7, 9, de 13 à 37 inclusivement ; 6, 8, de 12 à 22 inclusivement, 28, 46, 54, 56 et 64, ne sont pas soumises à retranchement. — Égout entre les rues Neuve-Coquenard et du Faubourg-Montmartre. — Conduite d’eau depuis la rue Cadet jusqu’à la rue Neuve-Coquenard. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

La chapelle Notre-Dame-de-Lorette était située dans cette rue. On ignore et le nom de son fondateur et la date précise de sa construction. Cependant elle était bâtie en 1646, car le 13 juillet de la même année l’archevêque de Paris permit aux habitants des Porcherons et des paroisses de Saint-Eustache d’y établir une confrérie sous le titre de Notre-Dame-de-Lorette. Cette chapelle fut supprimée en 1790 et devint propriété nationale. Les bâtiments de cette chapelle, ainsi que le presbytère et ses dépendances qui contenaient ensemble une superficie de 595 m. 41 c., furent vendus le 3 messidor an IV, par le domaine de l’État. La maison portant aujourd’hui le no 54 a été construite, en 1822, sur le terrain qui servait d’entrée à cette chapelle.

Coquenard (rue Neuve-).

Commence à la rue Coquenard, nos 26 et 28 ; finit à la rue de la Tour-d’Auvergne, no 21. Le dernier impair est 25 bis ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 305 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Vers l’année 1790, c’était une impasse ayant son entrée dans la rue Coquenard. Sous la république, on la nomma impasse Brutus. Elle fut comprise au nombre des voies publiques de Paris, en vertu d’une décision ministérielle du 6 vendémiaire an XIV, signée Champagny, qui fixa sa largeur à 7 m. — En 1819, le sieur Digeon, propriétaire de terrains situés entre le fond de l’impasse et la rue de la Tour-d’Auvergne, conçut le projet de prolonger l’impasse sur cet emplacement. Sans réclamer l’autorisation nécessaire, il mit ce projet à exécution et ne donna que 8 m. de largeur au prolongement dont la direction fut un peu biaisée à droite. L’administration n’a pas encore reçu ce prolongement au nombre des voies communales, et un arrêté préfectoral du 7 décembre 1840, a prescrit la fermeture de ce percement. À l’égard de la partie formant autrefois impasse, les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau depuis la rue Coquenard jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Coquerelle (impasse).

Située entre les rues des Juifs, no 26, et des Rosiers, no 2. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 12. Sa longueur est de 47 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

En 1400, c’était la rue de la Lamproie ; en 1415, la rue de la Coquerée (Archives du Temple). Elle aboutissait alors dans la rue Culture-Sainte-Catherine. Dans le Terrier du roi de 1540, elle est nommée rue de la Coquerie. Elle fut convertie en impasse en 1604. — Une ordonnance royale du 15 octobre 1830 a fixé la largeur de cette voie publique à 11 m. Les constructions riveraines sont soumises à un retranchement considérable.

Coquilles (rue des).

Commence à la rue de la Tixéranderie, nos 17 et 21 ; finit à la rue de la Verrerie, nos 57 et 59. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 70 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Sous le règne de Philippe-Auguste, elle était déjà bordée de constructions. Les actes du XIVe siècle lui donnent le nom de ruelle Gentien. Le Cartulaire de Saint-Maur fait mention de Pierre Gentien, dont la maison, située dans la rue de la Tixéranderie, vis-à-vis celle des Coquilles, était occupée par des Lombards (usuriers). On l’a depuis nommée ruelle Jean-Gentien, et Jacques-Gentien. Elle tient sa dénomination actuelle des Coquilles qui ornent la porte et les fenêtres d’un hôtel situé au coin de la rue de la Tixéranderie. — Une décision ministérielle, à la date du 25 octobre 1814, signée l’abbé de Montesquiou, fixa la largeur de cette voie publique à 10 m. À cette époque elle n’avait que 3 m. de largeur. De 1815 à 1821, les maisons qui bordaient cette rue furent presque toutes reconstruites à l’alignement approuvé par le ministre. — Une ordonnance royale, à la date du 6 mai 1836, a maintenu la largeur de 10 m. Toutes les constructions du côté des numéros impairs, et une partie de celles du côté opposé, sont alignées ; la maison no 4 devra subir un faible retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Coquillière (rue).

Commence aux rues du Four, no 49, et du Jour, no 1 ; finit à la rue Croix-des-Petits-Champs, nos 48 et 50. Le dernier impair est 47 ; le dernier pair, 48. Sa longueur est de 295 m. Les impairs sont du 4e arrondissement, quartier de la Banque, et les pairs, du 3e arrondissement ; de 2 à 28, quartier Saint-Eustache, et de 30 à la fin, quartier du Mail.

Le mur d’enceinte de Paris, construit sous Philippe-Auguste, s’étendait entre les rues de Grenelle et d’Orléans-Saint-Honoré, plus près de la première que de la seconde jusqu’au carrefour où aboutissent les rues de Grenelle, Sartine, Jean-Jacques Rousseau et Coquillière. Là était une porte de la ville appelée Coquillier ou Coquillière. Elle devait ce nom, ainsi que la rue, à la famille Coquillier. Cette rue, ou plutôt ce chemin, qui conduisait sous Philippe-Auguste à la ville, ne fut entièrement bordé de constructions qu’en 1292. Nous en avons la preuve dans un acte de cette année, par lequel Pierre Coquillier vend à Gui de Dampierre une maison qu’il avait fait bâtir dans cette rue alors esdifiée. — Une décision ministérielle du 8 septembre 1821 avait fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. D’après un projet publié en vertu d’un arrêté préfectoral du 10 août 1843, la largeur de la rue Coquillière doit être portée à 13 m. Suivant cet alignement, les propriétés nos 5 et 12 ne sont pas soumises à retranchement. — Égout. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Corbeau (rue).

Commence à la rue Bichat, nos 18 et 20 ; finit à la rue Saint-Maur, no 69. Le dernier impair est 15 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 262 m. — 5e arrondissement, quartier de la Porte-Saint-Martin.

Une ordonnance royale du 27 septembre 1826 a autorisé l’administration des hospices et M. Corbeau, propriétaire, à ouvrir sur leurs terrains une rue de 13 m, de largeur destinée à communiquer entre les rues Bichat et Saint-Maur. Cette autorisation a été accordée à la charge par les impétrants : — de livrer gratuitement à la voie publique, le terrain nécessaire à ce percement ; d’établir de chaque côté de la nouvelle rue des trottoirs en pierre dure de 2 m. de largeur ; de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l’éclairage, ainsi que ceux des travaux à faire pour l’écoulement souterrain, ou à ciel ouvert, des eaux pluviales et ménagères ; enfin de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris. — Ce percement fut immédiatement exécuté ; il reçut en 1830 le nom de rue Corbeau. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau.

Corby (passage).

Commence à la rue Montpensier-Palais-Royal, no 7 ; finit à la rue de Richelieu, no 10. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

Ce passage a été construit en 1720. Il a pris sa dénomination actuelle d’un propriétaire.

Cordelières (rue des).

Commence à la rue Pascal, no 37 ; finit à la rue du Champ-de-l’Alouette. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 400 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Elle a été percée, en 1825, sur les terrains appartenant à MM. Marcellot et Salleron et provenant de l’ancien couvent des Cordelières. Cette rue, qui n’est pas encore reconnue comme voie publique par l’administration municipale, a 12 m. environ de largeur et sa forme est presque circulaire (voir pour l’historique du couvent des Cordelières, l’article de la rue Pascal).

Corderie (place de la).

Commence à la rue Dupetit-Thouars, nos 23 et 27 ; finit à la rue de la Petite-Corderie, nos 1 et 3. Sa longueur est de 44 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cette place était depuis un temps immémorial habitée par des Cordiers. Elle faisait partie de l’enclos du Temple. Sa forme est irrégulière. — Une décision ministérielle du 9 septembre 1800, signée Fouché, et une ordonnance royale du 16 novembre 1834, ont fixé la moindre largeur de cette voie publique à 7 m. Le bâtiment situé à droite en entrant par la rue Dupetit-Thouars, est seul soumis à retranchement.

Corderie (petite rue de la).

Commence à la place de la Rotonde-du-Temple, nos 38 et 90 ; finit à la place de la Corderie. Le dernier numéro est 4. Sa longueur est de 58 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle a été percée en 1809, sur une partie de l’enclos du Temple (voyez Linge, halle au vieux). Son voisinage de la place de la Corderie lui a fait donner le nom qu’elle porte. — Une décision ministérielle en date du 7 septembre 1809, signée Fouché, et une ordonnance royale du 16 novembre 1834, ont fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. 10 c. Les constructions du côté gauche devront subir un léger redressement ; celles du côté opposé sont à l’alignement. — Conduite d’eau depuis la rue Dupuis jusqu’à la borne-fontaine.

Corderie-au-Marais (rue de la).

Commence aux rues de Beauce, no 9, et Caffarelli ; finit à la rue du Temple, no 78. Le dernier impair est 23 ; pas de numéro pair, ce côté est bordé par le mur de clôture du couvent du Saint-Sacrement. Sa longueur est de 203 m. — Les numéros impairs sont du 7e arrondissement, quartier du Mont-de-Piété ; le côté opposé est du 6e arrondissement, quartier du Temple.

Elle doit cette dénomination aux cordiers qui travaillaient le long des murs du Temple. — Une décision ministérielle à la date du 26 thermidor an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. En vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1833, cette moindre largeur est portée à 10 m. Toutes les constructions riveraines sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Corderie-Saint-Honoré (impasse de la).

Située dans la place du Marché-Saint-Honoré. Les numéros continuent la série de la rue du Marché-Saint-Honoré. Sa longueur est de 27 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.

C’est la partie qui provenait de l’ancien cul-de-sac de la Corderie ou Péronelle (voyez l’article suivant). Une ordonnance royale du 4 octobre 1826 a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Elle a été élargie en 1829, et les maisons riveraines ne sont aujourd’hui soumises à aucun retranchement. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Corderie-Saint-Honoré (rue de la).

Commence à la rue Neuve-Saint-Roch, nos 45 et 47 ; finit à la place du Marché-Saint-Honoré, nos 40 et 42. Le dernier impair est 5 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 67 m. — 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal.


C’était anciennement le cul-de-sac de la Corderie, on l’appelait aussi cul-de-sac Péronelle. — Un arrêt du conseil du 22 avril 1679, prescrivit l’élargissement de la partie comprise entre la rue Neuve-Saint-Roch et celle de la Sourdière. Par suite de l’établissement du marché et de la place qui l’entoure, ce cul-de-sac fut divisé en deux parties, dont l’une prit le nom de rue de la Corderie, et l’autre conserva le nom primitif. — Une ordonnance royale, à la date du 4 octobre 1826, a fixé la largeur de la rue de la Corderie à 10 m. La maison no 1 est seule soumise à retranchement. Bassin d’égout. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Cordiers (rue des).

Commence à la rue Saint-Jacques, nos 144 et 146 ; finit à la rue de Cluny, nos 3 et 5. Le dernier impair est 23, le dernier pair, 14. Sa longueur est de 105 m. — 11e arrondissement, quartier de la Sorbonne.

Cette rue était bâtie presque entièrement en 1250. Le poète Guillot l’appelle rue des Cordiers. Elle doit sans doute cette dénomination à des cordiers qui vinrent l’habiter. — Une décision ministérielle à la date du 8 nivôse an XIII, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 9 et 11 ne sont pas soumises à retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue Saint-Jacques.

Cordonnerie (rue de la).

Commence à la rue du Marché-aux-Poirées, nos 1 et 3 ; finit à la rue de la Tonnellerie, nos 22 et 21. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 107 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Les cordonniers habitaient au XIIIe siècle la rue des Fourreurs dite alors de la Cordouannerie. Vers 1295, les cordonniers cédèrent aux pelletiers la place qu’ils occupaient, pour venir occuper les environs de la halle, qui devenait alors le centre du commerce parisien. Le commissaire Delamare s’est trompé en fixant la construction de cette rue au XIIe siècle. Son origine ne remonte qu’à la fin du XIIIe. Le premier titre qui en fasse mention est tiré du Cartulaire de Saint-Magloire, et indique à l’année 1295 une maison sise en la rue Neuve-de-la-Cordouannerie. C’est par altération qu’on écrit aujourd’hui Cordonnerie ; le véritable nom est Cordouannerie, ainsi qu’on le disait autrefois ; parce que les premiers cuirs qu’on employa à la confection des chaussures étaient tirés de Cordoue et s’appelaient du Cordouan. Les statuts que les maîtres de la communauté des cordonniers présentèrent aux États-Généraux sous Charles IX, furent approuvés et confirmés par lettres-patentes données à Fontainebleau en 1573, registrées au parlement l’année suivante. Tous les maîtres, même les privilégiés qui vendaient leurs ouvrages aux halliers, étaient tenus de les marquer des deux premières lettres de leurs noms. Ils avaient la jouissance de dix-sept piliers, rue de la Tonnellerie, pour y vendre des souliers, seulement les jours de marché. Chaque maître ne pouvait avoir qu’une boutique, mais autant de compagnons que bon lui semblait. Les apprentis de Paris devaient être préférés aux étrangers. Tous les compagnons qui avaient été trois jours sans travailler étaient conduits dans les prisons du Châtelet. Celui qui quittait son maître pour s’établir ne pouvait prendre une boutique dans le même quartier. L’apprentissage était de quatre années, le brevet coûtait 30 livres et la maîtrise 578 livres. — Une décision ministérielle à la date du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de la rue de la Cordonnerie à 8 m. Les constructions du côté des numéros impairs devront reculer de 1 m. 70 c. ; celles du côté opposé ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Corneille (rue).

Commence à la place de l’Odéon, no 5 ; finit à la rue de Vaugirard, no 16. Le dernier impair est 7 ; pas de numéro pair ; ce côté est bordé par le théâtre de l’Odéon. Sa longueur est de 55 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

L’ouverture de cette rue sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, a été autorisée par lettres-patentes du 10 août 1779, registrées au parlement le 7 septembre suivant, et sa largeur fixée à 30 pieds. Cependant elle ne fut exécutée que sur une largeur de 9 m. 70 c. Sa dénomination rappelle Pierre Corneille, né à Rouen le 6 juin 1606, mort doyen de l’Académie Française le 1er octobre 1684. Il est regardé comme le créateur de l’art dramatique en France. — Une décision ministérielle du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale à la date du 12 mai 1841, ont maintenu la largeur primitive de la rue Corneille. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Parisienne). (Voyez Odéon, théâtre de l’).

Cornes (rue des).

Commence à la rue du Banquier, no 2 ; finit à la rue des Fossés-Saint-Marcel, nos 33 et 35. Pas de numéro. Sa longueur est de 204 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

En 1789, c’était la rue de la Voie-Creuse ou des Cornes ; cette dernière dénomination avait été donnée à cette rue parce qu’elle était bordée par des murs de clôture faits avec des cornes de bœufs. Une décision ministérielle à la date du 23 germinal an IX, signée Chaptal, et une ordonnance royale à la date du 27 janvier 1837, ont fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Plusieurs constructions sont alignées.

Corroierie (rue de la).

Commence à la rue Beaubourg, nos 7 et 9 ; finit à la rue Saint-Martin, no 60 et 62. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 104 m. — 7e arrondissement, quartier Sainte-Avoie.


Elle était entièrement bordée de constructions vers l’année 1280. En 1300, on la nommait la Plâtrière. Elle tire sa dénomination actuelle des corroyeurs qui vinrent l’habiter au commencement du XIVe siècle. — Une décision ministérielle du 2 thermidor an V, signée Benezech, a fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. Les maisons nos 9 et 11 sont alignées ; le surplus de ce côté est soumis à un retranchement qui varie de 1 m. 30 c. à 2 m. 50 c. Les constructions du côté opposé devront reculer de 1 m. 30 c. à 2 m. — Conduite d’eau depuis la rue Beaubourg jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Cossonnerie (rue de la).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 113 et 115 ; finit aux rues du Marché-aux-Poirées, no 24, et des Piliers-aux-Potiers-d’Étain, no 2. Le dernier impair est 39 ; le dernier pair, 41. Sa longueur est de 138 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Déjà construite en 1183, cette rue s’appelait alors via Cochonneria. En 1300, c’était la rue de la Coçonnerie. — « Anciennement, dit Sauval, cossonniers et cochonnerie voulaient dire la même chose que poulaillers et poullaillerie, j’apprends même de quelques vieillards, qu’à certains jours de la semaine, on y tenait un marché de cochons et de volailles, et de plus ils m’ont assuré qu’étant jeunes, ils y ont vu étaler dans des paniers et sur le pavé des poulets, des chapons et tout le reste que les poulaillers d’aujourd’hui ont étalé sur le pavé et dans leurs paniers à la Vallée-de-Misère, et depuis, le long du quai des Augustins. Enfin j’ai lu dans le livre rouge neuf du procureur du roi, une ordonnance qui défend, tant aux rôtisseurs qu’aux autres marchands qui venoient étaler à la rue de la Cossonnerie, d’aller avant l’heure au devant des marchandises. » — Une décision ministérielle à la date du 2 germinal an XI signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les maisons nos 1, 21 et 10 sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Cotte (rue).

Commence à la rue Trouvée, no 9, et à la place du Marché-Beauveau, no 9 ; finit à la rue du Faubourg-Saint-Antoine, nos 140 et 142. Le dernier impair est 23 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 157 m. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

Elle a été ouverte en décembre 1778, sur les dépendances de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs. Les lettres-patentes qui autorisèrent ce percement sont datées de Versailles, le 17 février 1777. Elles furent registrées au parlement le 24 août de la même année. La largeur assignée à cette voie publique fut de 30 pieds. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 17 brumaire an XII, signée Chaptal. — Portion d’égout du côté de la rue du Faubourg-Saint-Antoine. — Conduite d’eau.

Jules-François de Cotte était président au grand-conseil sous le règne de Louis XVI (voyez Marché Beauveau).

Courbaton (impasse).

Située dans la rue de l’Arbre-Sec, entre les nos 23 et 25. Pas de numéro. Sa longueur est de 11 m. 50 c. — 4e arrondissement, quartier du Louvre.

Elle formait autrefois avec l’impasse Sourdis, une rue qui aboutissait à celle de l’Arbre-Sec. Au XVIe siècle, c’était l’impasse Courbaton. Par brevet du mois de mai 1608, Henri IV, voulant récompenser les services du marquis de Sourdis, donna à sa veuve la totalité du cul-de-sac Courbâton, qui formait une petite ruelle. Ce brevet fut confirmé par Louis XIII le 31 mai 1621, et par Louis XIV en octobre 1657. Un arrêt du conseil à la date du 3 juillet 1781, sans s’arrêter aux brevets dont il vient d’être parlé, ordonna que la portion du cul-de-sac Courbaton, qui se trouvait alors libre, serait réunie au domaine de sa majesté. Cette impasse n’a jamais été alignée.

Courcelles (barrière de).

Située à l’extrémité de la rue de Chartres-du-Roule.

Cette barrière, qui est décorée d’un bâtiment dont le pourtour est orné de 24 colonnes, doit son nom au village de Courcelles, vers lequel on se dirige en la traversant. (Voyez l’article Barrières.)

Courcelles (chemin de ronde de la barrière de).

Commence à la rue de Chartres et à la barrière de Courcelles ; finit à la rue du Faubourg-du-Roule et à la barrière du Roule. Pas de numéro. Sa longueur est de 369 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Voir l’article Chemins de ronde.

Courcelles (rue de).

Commence à la rue de la Pépinière, nos 78 et 80 ; finit aux rues de Monceau, no 10, et de Valois, no 2. Le dernier impair est 67 ; le dernier pair, 58. Sa longueur est de 439 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

C’était originairement le chemin de Villiers. Vers 1730, on lui donna le nom de rue de Courcelles. Elle se dirige vers le village ainsi appelé. — Une décision ministérielle à la date du 25 messidor an X, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les propriétés ci-après désignées sont à l’alignement : nos 1, 3, 5, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 31, 37 ; 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 22, 30, 32, 36, 38, 40, 44, 48 et 52. — Égout depuis la rue de la Pépinière jusqu’à la fontaine. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Couronnes (barrière des Trois-).

Située à l’extrémité de la rue du même nom.

Cette barrière qui tire son nom de l’enseigne d’un cabaret voisin, consiste en un bâtiment avec arcades et colonnes. — (Voyez l’article Barrières).

Couronnes (chemin de ronde de la barrière des Trois-).

Commence aux rue et barrière des Trois-Couronnes ; finit à la rue de l’Orillon et à la barrière Ramponeau. Pas de numéro. Sa longueur est de 263 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Voir l’article Chemins de ronde.

Couronnes-Faubourg-du-Temple (rue des Trois-).

Commence à la rue Saint-Maur, nos 58 et 60 ; finit aux chemins de ronde des barrières des Trois-Couronnes et de Ménilmontant. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 42. Sa longueur est de 373 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Cet emplacement était autrefois occupé par des carrières et fours à plâtre. Le plan de Jaillot l’indique comme un chemin sans dénomination. Le nom des Trois-Couronnes lui vient de l’enseigne d’un cabaret. La moindre largeur de cette voie publique a été fixée à 10 m., par une décision ministérielle en date du 23 germinal an IX, signée Chaptal. Les maisons de 9 à 41, 4, 4 bis, 4 ter, 10, 12, 14, 24, 26, 28, et partie de la propriété no 42, ne sont pas soumises à retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue Saint-Maur jusqu’à la borne-fontaine.

Couronnes-Saint-Marcel (rue des Trois-).

Commence à la rue Mouffetard, nos 226 et 228 ; finit aux rues Saint-Hippolyte, no 2, et Pierre-Assis, no 2. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 52 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Au XVIIe siècle, elle était encore comprise dans la rue Saint-Hippolyte. Son nom actuel lui vient d’une enseigne. — Une décision ministérielle à la date du 8 ventôse an IX, signée Chaptal, avait fixé à 10 m. la largeur de cette voie publique. Cette largeur a été portée à 12 m. en vertu d’une ordonnance royale du 27 janvier 1837. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 3 m. 70 c. à 5 m. ; celles du côté opposé devront reculer de 3 m. 40 c. à 4 m. 70 c. — Conduite d’eau.

Courtalon (rue).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 65 et 67 ; finit à la place Sainte-Opportune, nos 6 et 8. Le dernier impair est 3 ; le seul pair, 2. Sa longueur est de 32 m. — 4e arrondissement, quartier des Marchés.

Elle était entièrement bordée de constructions en 1284. Guillot la nomme en 1300 rue à petits Soulers de Bazenne. Elle prit au milieu du XVIe siècle le nom de Courtalon, en raison de Guillaume Courtalon, qui possédait deux maisons au coin de la rue des Lavandières. — Une décision ministérielle du 21 prairial an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les propriétés du côté des numéros impairs sont soumises à un retranchement qui varie de 2 m. 80 c. à 4 m. 20 c. ; celles du côté opposé devront reculer de 1 m. 10 c. au plus. — Conduite d’eau.

Courty (rue).

Commence à la rue de Lille, nos 97 et 99 ; finit à la rue de l’Université, nos 108 et 110. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 68 m. — 10e arrondissement, quartier du Faubourg-Saint-Germain.

Lettres patentes. — « Louis, etc… De l’avis de notre conseil, nous avons ordonné et ordonnons que le passage de 21 à 22 pieds de largeur dans toute sa longueur, et tel qu’il a été ouvert en vertu de notre permission (en 1777), sur un terrain acquis par le sieur de Courty de Romange et compe, faubourg Saint-Germain, où était ci-devant le petit hôtel du Maine ; lequel passage, conformément au plan qui nous a été représenté, débouche de la rue de Bourbon à celle de l’Université, sera à l’avenir au rang des rues de notre capitale et sera nommé rue de Courty ; en conséquence dispensons les d. sieur de Courty et compe d’y placer des portes ou grilles. Ordonnons qu’ils seront tenus de faire la première dépense du pavé de lad. rue, lequel sera ensuite entretenu à nos frais et porté à cet effet sur l’état du pavé de Paris. Sera au surplus lad. rue éclairée et nétoyée comme toutes les autres de notre capitale, et seront les propriétaires, locataires et habitants d’icelle, soumis au rachat de l’imposition des boues et lanternes, etc… Donné à Versailles le 29e jour du mois de septembre l’an de grâce 1780 et de notre règne le 7e. Signé Louis. » Le 18 messidor an IX, une décision ministérielle, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. — Une ordonnance royale du 7 mars 1827 a porté sa moindre largeur à 10 m. Les constructions du côté des numéros pairs sont alignées ; celles du côté opposé sont soumises à un fort retranchement. — Conduite d’eau depuis la rue de Lille jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Française)

Coutellerie (rue de la).

Commence aux rues Jean-de-l’Épine, nos 23, et Jean-Pain-Mollet, no 1 ; finit à la rue de la Vannerie, nos 38 et 40. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 98 m. — 7e arrondissement, quartier des Arcis.

Cette rue était en partie construite sous le règne de Louis-le-Jeune. Elle fut désignée au XIIIe siècle sous le nom de Vieille-Oreille et par corruption Guignoreille, Vers l’an 1300, c’était la rue des Commanderesses. Des couteliers qui vinrent s’y établir sous le règne de Henri II, lui firent donner le nom qu’elle porte encore aujourd’hui. Elle fut élargie en 1564. — Une décision ministérielle à la date du 13 thermidor an VI, signée François de Neufchâteau, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 31 décembre 1832, cette largeur a été portée à 12 m. La maison no 2 est alignée. Les autres constructions de ce côté devront subir un retranchement qui varie de 3 m. 10 c. à 5 m. ; de 1 à 19 inclus. ret. 2 m. 80 c. à 4 m. 20 c. ; de 21 à 27 ret. 2 m. 20 c. à 2 m. 80 c. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Crébillon (rue de).

Commence à la rue de Condé, nos 15 et 15 bis ; finit à la place de l’Odéon, nos 2 et 4. Le dernier impair est 7 ; le dernier pair, 6. Sa longueur est de 62 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Cette rue a été ouverte sur l’emplacement de l’hôtel de Condé, en vertu des lettres-patentes du 10 août 1779, registrées au parlement le 7 septembre suivant. Elle fut exécutée sur une largeur de 30 pieds. Cette dimension a été maintenue par une décision ministérielle du 4 nivôse an IX, signée Chaptal, et par une ordonnance royale du 12 mai 1841. (Voyez l’article Odéon, théâtre de l’.) — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Prosper Jolyot de Crébillon, célèbre auteur tragique, naquit à Dijon, le 15 février 1674, et mourut à Paris, le 17 juin 1762.

Cretet (rue).

Commence à la rue Bochart-de-Saron ; finit à la rue Beauregard-des-Martyrs. Pas de numéro. Sa longueur est de 44 m. — 2e arrondissement, quartier du Faubourg-Montmartre.

Une décision ministérielle à la date du 29 mai 1821, a prescrit l’ouverture de cette rue sur une largeur de 12 m. Cette disposition a été confirmée par une ordonnance royale du 23 août 1833. Toutefois, il n’existe pas encore de constructions dans cette rue.

Emmanuel Cretet, comte de l’empire et ministre de l’intérieur sous Napoléon, est connu par de longs et utiles travaux administratifs. Il fut spécialement chargé, par un décret du 9 février 1809, de diriger la construction de l’abattoir Montmartre, dont il posa la première pierre.

Croissant (rue du).

Commence à la rue du Gros-Chenet, no 13 et 15 ; finit à la rue Montmartre, nos 146 et 148. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 24. Sa longueur est de 177 m. — 3e arrondissement, quartier Montmartre.

Cette rue a pris d’une enseigne le nom du croissant qu’elle porte depuis 1612. — Une décision ministérielle du 28 brumaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. — Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 4 mai 1826. Les maisons nos 7, 9, 11 et 22 sont alignées. — Égout du côté de la rue Montmartre. — Éclairage au gaz (compe Française).

Croix (rue de la).

Commence à la rue Phelipeaux, nos 40 et 44 ; finit aux rues du Vertbois, no 1, et Neuve-Saint-Laurent, no 33. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 20. Sa longueur est de 183 m. — 6e arrondissement, quartier Saint-Martin-des-Champs.

Elle fut ouverte au XIVe siècle sur un canton de la Courtille Saint-Martin, nommé la Croix-Neuve, et situé hors des murs de la ville. — Une décision ministérielle à la date du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les maisons nos 6, 6 bis, 18 et 20 ne sont pas soumises à retranchement. — Portion d’égout du côté de la rue du Vertbois. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Croix-Blanche (rue de la).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 17 et 19 ; finit à la rue Bourtibourg, nos 2 et 4. Pas de numéro. Sa longueur est de 81 m. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

À la fin du XIIIe siècle, elle était connue sous le nom d’Augustin-le-Faucheur. Elle est ainsi désignée dans les lettres de Philippe-le-Hardi du mois d’août 1280. Dans un bail du 8 juillet 1448 et dans une sentence de licitation du 27 août 1639, elle est appelée rue de la Croix-Blanche. Suivant une décision ministérielle du 23 prairial an VII, signée François de Neufchâteau, la rue de Bercy devait être supprimée et la rue de la Croix-Blanche conservée et portée à 8 m. de largeur. En vertu d’une ordonnance royale du 12 juillet 1837, l’ilot de maisons qui sépare ces deux rues doit être supprimé pour ne faire qu’une seule communication de 12 m. 50 c. dans sa moindre largeur. (Voyez Bercy-au-Marais, rue de.) — La rue de la Croix-Blanche, dont la largeur n’est que de 2 m. environ, est aujourd’hui fermée à ses deux extrémités. Les constructions du côté droit devront subir un retranchement de 1 m. 70 c. au plus. — Conduite d’eau depuis la rue Bourtibourg jusqu’à la borne-fontaine.

Croix-Boissière (impasse de la).

Située dans la rue de Longchamp, no 2. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 49 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle faisait partie du village de Chaillot (voir l’article suivant). — Une décision ministérielle du 7 août 1818 avait fixé la largeur de cette impasse à 7 m. Le conseil municipal, dans sa séance du 4 mars 1836, a délibéré que l’impasse de la Croix-Boissière ne serait pas considérée comme voie publique, et qu’il ne serait délivré à l’avenir aucun alignement dans cette localité. La largeur actuelle de cette impasse est de 4 m.

Croix-Boissière (rue de la).

Commence à la rue de Longchamp, no 4 ; finit au chemin de ronde de la barrière des Bassins. Le dernier impair est 11 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 356 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Elle a été tracée vers 1780. Elle se terminait alors dans les champs. Son nom lui vient d’une croix boissière plantée sur le terrain où elle a été construite. On voit encore cette croix figurer sur les plans qui représentent Paris à la fin du XVIIIe siècle. On donnait le nom de boissière aux croix auxquelles on allait attacher du buis le jour des Rameaux. — Une décision ministérielle à la date du 7 août 1818, a fixé à 7 m. la largeur de cette voie publique dans la partie comprise entre les rues de Longchamp et de Lubeck.

Croix-d’Antin (rue Sainte-), voyez SAINTE-CROIX.

Croix-de-la Bretonnerie (passage Sainte-).

Commence à la rue des Billettes, nos 13 et 15 ; finit à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, nos 39 et 41. Le dernier impair est 13 ; le dernier pair, 10. — 7e arrondissement, quartier du Marché-Saint-Jean.

Ce passage a été construit, vers 1810, sur l’emplacement du couvent des chanoines de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Voici en quels termes le sire de Joinville rapporte la fondation de cette maison religieuse : « Revint une autre manière de frères qui se fesoient appeler frères de Sainte-Croix, et portoient la croix devant leur piz (poitrine), et requistrent que le roy leur aidaast. Le roi le fit volontiers et les héberga en une rue appelée le quarrefour du Temple qui ore est appelée Sainte-Croix. »

L’église bâtie par le célèbre Eudes de Montreuil avait son entrée principale dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Sur la grande porte, on lisait cette inscription : Hic est domus Domini, 1689. Dans cette église avait été inhumé Barnabé Brisson, second président au parlement de Paris et l’un des quatre magistrats qui furent pendus le 15 novembre 1591, par ordre des Seize, à une poutre de la grand’chambre du Châtelet.

Supprimé en 1790, le couvent de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie devint propriété nationale et fut vendu le 19 avril 1793. Les constructions établies sur l’emplacement de ce couvent ont formé un passage au moyen de la communication avec le renfoncement ou espèce d’impasse ayant son entrée dans la rue des Billettes.

Croix-de-la-Bretonnerie (rue Sainte-).

Commence à la rue Vieille-du-Temple, nos 35 et 37 ; finit aux rues Barre-du-Bec, no 16, et Sainte-Avoie, nos 2. Le dernier impair est 53 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 371 m. — 7e arrondissement. Les numéros impairs sont du quartier du Marché-Saint-Jean ; les pairs, du quartier du Mont-de-Piété.

Elle était construite en 1230 et se nommait rue de Lagny, dite la Grande-Bretonnerie, parce qu’elle était située sur le fief de Saint-Pierre-de-Lagny et sur le territoire dit le Champ-aux-Bretons. — Les chanoines de Sainte-Croix étant venus former un établissement dans cette rue, vers 1258, elle prit en 1314 la dénomination de rue Sainte-Croix, puis celle de rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. — Une décision ministérielle du 3 prairial an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 9 m. Une ordonnance royale du 12 juillet 1837 en a porté la moindre largeur à 12 m. Les maisons nos 54, 58 et 60 sont alignées. — Portions d’égout du côté des rues Vieille-du-Temple et Barre-du-Bec. — Conduite d’eau entre les rues des Singes et de l’Homme-Armé. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Croix-du-Roule (rue de la).

Commence à la rue du Faubourg-du-Roule, nos 98 et 100 ; finit à la rue de Chartres, no 21. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 4. Sa longueur est de 269 m. — 1er arrondissement, quartier du Roule.

Ouverte à la fin du XVIIIe siècle, elle porta le nom de rue de la Croix. En 1796, on lui donna la dénomination de rue de Milan, en mémoire de la prise de cette ville par l’armée française, le 14 mai de la même année. En 1815, elle reprit le nom de rue de la Croix. — Une décision ministérielle du 4 mai 1816, signée Vaublanc, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions riveraines ne sont pas soumises à retranchement.

Croix-en-la-Cité (rue Sainte-).

Commence à la rue Gervais-Laurent, nos 1 et 3 ; finit à la rue de la Vieille-Draperie, nos 4 et 6. Le dernier impair est 3 ; le dernier pair, 8. Sa longueur est de 37 m. — 9e arrondissement, quartier de la Cité.

Bâtie au XIIe siècle, elle portait le nom de rue Sainte-Croix, en raison de l’église ainsi appelée qu’on voyait encore au commencement de la révolution à l’est de cette rue. — Une décision ministérielle du 13 brumaire an X, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. La largeur actuelle de la rue Sainte-Croix varie de 1 m. 70 c. à 2 m. — Conduite d’eau.

Une bulle d’Innocent II, de l’année 1136, mentionne pour la première fois l’église Sainte-Croix. Érigée en paroisse au XVe siècle, elle fut reconstruite en 1529. En 1790, on la supprima, et le 2 mars 1792, elle fut vendue comme propriété nationale. Les murs de cette église existent encore en partie du côté de la rue Sainte-Croix. La maison no 4, dans la rue de la Vieille-Draperie, a été bâtie sur son emplacement.

Croix-Rouge (carrefour de la).

Situé à la jonction des rues du Four, du Dragon, de Grenelle, de Sèvres, du Cherche-Midi et du Vieux-Colombier. — 10e arrondissement, quartiers de la Monnaie et Saint-Thomas-d’Aquin ; 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

C’était au XVe siècle le carrefour de la Maladrerie, en raison de plusieurs granges bâties au coin de la rue du Four pour loger les pauvres atteints du mal de Naples. Sa dénomination actuelle lui vient d’une croix peinte en rouge qu’on avait élevée sur ce carrefour. En 1793, c’était le carrefour du Bonnet-Rouge. Une décision ministérielle du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a déterminé pour cette voie publique un alignement qui soumet à un fort retranchement les propriétés situées aux encoignures des rues du Four et du Vieux-Colombier, de Sèvres et de Grenelle. — Égout. — Éclairage au gaz (compe Française).

Croulebarbe (barrière).

Située sur le boulevart des Gobelins, no 5.

Aucun bâtiment ne décore cette barrière, qui doit son nom à la rue Croulebarbe.

Croulebarbe (rue).

Commence à la rue Mouffetard, nos 270 et 272 ; finit à la rue du Champ-de-l’Alouette. Le dernier impair est 19 ; le seul pair, 2 ; ce côté est bordé, en partie, par la manufacture des Gobelins et la rivière de Bièvre. Sa longueur est de 550 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Plusieurs titres de 1214 font mention du moulin de Croulebarbe sur la rivière de Bièvre ; d’autres, en 1243, parlent des vignes de Croulebarbe. Ce moulin, qui existait encore en 1840, servait à faire mouvoir des mécaniques. — Une décision ministérielle, à la date du 10 juin 1819, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. Plusieurs propriétés sont alignées.

Crucifix (rue du Petit-).

Commence à la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, nos 18 et 22 ; finit à la place Saint-Jacques-la-Boucherie. Le dernier impair est 7 ; pas de numéro pair. Sa longueur est de 53 m. — 6e arrondissement, quartier des Lombards.

Plusieurs actes prouvent que cette rue était entièrement bâtie vers 1250. Elle tire son nom du fief du Crucifix, dont la principale maison, qui avait un crucifix pour enseigne, était située au coin de la rue Saint-Jacques-la-Boucherie. En 1270, elle était désignée sous le nom de petite rue en face le portail de l’église Saint-Jacques. On la nomma également rue du Porce et Porche Saint-Jacques. Elle fut élargie en 1564. — Une décision ministérielle à la date du 18 vendémiaire an VI, signée Letourneux, avait fixé la largeur de cette voie publique à 6 m. En vertu d’une ordonnance royale du 9 décembre 1838, sa moindre largeur a été portée à 10 m. Les constructions du côté des numéros impairs sont soumises à un fort retranchement ; celles du côté opposé sont alignées. — Conduite d’eau. — Éclairage au gaz (compe Française).

Crussol (passage).

Commence à la rue de Ménilmontant, no 5 ; finit à la rue Crussol, no 8. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Bâti en 1827, sur l’emplacement d’une ancienne fabrique de porcelaine, il prit le nom de passage Biette, du propriétaire qui l’avait fait construire. Dès 1829, on commença à le désigner sous le nom de passage Crussol. (Voir pour l’étymologie l’article suivant).

Crussol (rue).

Commence à la rue des Fossés-du-Temple, no 12 ; finit à la rue Folie-Méricourt, nos 5 et 7. Le dernier impair est 27 ; le dernier pair, 22. Sa longueur est de 314 m. — 6e arrondissement, quartier du Temple.

Autorisée et dénommée par lettres-patentes du 13 octobre 1781, registrées au parlement le 26 février suivant, cette rue fut ouverte en 1783, sur les marais du Temple, appartenant au GRAND PRIEURÉ DE FRANCE. Sa largeur était fixée à 5 toises (9 m. 74 c.) — Le nom donné à cette voie publique est celui de M. Alexandre-Emmanuel Chevalier de Crussol, brigadier des armées de France, chevalier non-profès de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, capitaine des gardes du comte d’Artois et administrateur-général du grand-prieuré de France. Il avait été nommé à ce dernier emploi par lettres-patentes du 13 mars 1777. (Voyez l’article de la rue d’Angoulême-du-Temple.) — Une décision ministérielle du 28 fructidor an X, signée Chaptal, fixa la largeur de la rue Crussol à 10 m. — Cette décision porte ce qui suit à : « D’après la demande des propriétaires de la rue de Crussol et autres riverains, cette rue doit être prolongée jusqu’à la contre-allée du boulevart. Ce prolongement qui aura 11 m. 69 c. de large, suivra la même direction que cette rue ; et attendu l’avantage qui en résultera pour eux, il a été proposé de les charger de l’acquittement des indemnités à payer au propriétaire d’une maison et terrain particuliers qu’il faudra traverser. » En vertu d’une autre décision ministérielle du 16 frimaire an XIV, la largeur de 9 m. 74 c., fixée par les lettres-patentes pour la rue Crussol, a été maintenue. Les constructions riveraines sont alignées. — Portion d’égout du côté de la rue des Fossés-du-Temple. — Conduite d’eau depuis la rue de Malte jusqu’à la borne-fontaine. — Éclairage au gaz (compe Lacarrière).

Le plan indiquant le projet de prolongement de la rue Crussol jusqu’au boulevart du Temple et d’établissement de constructions sur une partie de la contre-allée, a été déposé à la mairie du 6e arrondissement, conformément à un arrêté préfectoral du 22 août 1842. Ce prolongement aura 12 m. de largeur.

Cuirs (halle aux).

Située dans les rues Françoise, no 3, et Mauconseil no 34. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Elle a été bâtie en 1784, sur l’emplacement de l’ancien hôtel de Bourgogne et du théâtre des Italiens. Elle était située précédemment dans la rue de la Lingerie. — « Ordonnance de police du 27 frimaire an XIV. Le préfet de police, vu les articles 2 et 32 de l’arrêté du gouvernement du 12 messidor an VIII, ordonne ce qui suit : — Article 1er. Les cuirs et peaux continueront d’être vendus à la halle située rue et division de Bon-Conseil. — Art. 2e. La halle sera ouverte pour la réception des marchandises, tous les jours, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. — Art. 3e. La vente aura lieu tous les jours, excepté les dimanches et fêtes, depuis 10 heures du matin jusqu’à 3 heures de relevée, etc. » (Extrait.) Moniteur du 1er nivôse an XIV (1805).

Cunette (barrière de la).

Située à l’extrémité du quai d’Orsay.

Elle se compose d’un bâtiment à deux arcades, colonnes et frontons. Une cunette établie en cet endroit lui a donné son nom. On appelle cunette un fossé de 6 m. de large pratiqué dans le milieu du fossé sec d’une place. — (Voir l’article Barrières).

Cuvier (rue).

Commence au quai Saint-Bernard ; finit aux rues du Jardin-du-Roi et Saint-Victor. Le dernier impair est 41 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 531 m. — 12e arrondissement, quartier du Jardin-du-Roi.

On ne l’appelait anciennement que rue ou chemin devers Seine. En 1552, on disait simplement rue derrière les murs de Saint-Victor. Ensuite on la nomma rue du Ponceau, en raison d’un petit pont qu’on avait jeté vers le milieu de cette rue, sur la petite rivière de Bièvre, lorsqu’elle traversait l’enclos Saint-Victor. — Une décision ministérielle à la date du 2 septembre 1818, a fixé la largeur de cette voie publique à 10 m. En vertu d’une ordonnance royale du 22 juin 1837, la partie comprise entre les rues Jussieu et Saint-Victor, doit avoir 12 m. de largeur. La rue qui nous occupe a reçu en vertu d’une décision du roi, du 8 novembre 1838, le nom de rue Cuvier. Georges-Léopold-Frédéric-Chrétien-Dagobert Cuvier naquit à Montbéliard le 23 août 1769, la même année que Canning, Humboldt, Walter Scott et Napoléon, et mourut à 63 ans comme Aristote. — Les constructions riveraines sont presque toutes à l’alignement. — Égout du côté du quai.

La fontaine Cuvier, située à l’angle de la rue Saint-Victor, a été construite en 1840, par M. Lemaire. La statue qui décore ce petit monument a coûté 2 500 fr.

Dans cette rue était le couvent des Nouveaux-Convertis. — Le père Hyacinthe de Paris, capucin très zélé pour la conversion des protestants, forma en 1632 une société qu’il enflamma de son zèle. L’archevêque de Paris, Jean-François de Gondy, autorisa le 6 mai 1634 cette association, à laquelle il donna le titre de Congrégation de la propagation de la foi et le vocable de l’exaltation de la croix. Le pape, par une bulle du 3 juin de la même année et le roi par lettres-patentes de 1635 autorisèrent cet établissement. Les protestants, disposés à se convertir, furent d’abord réunis dans une maison située dans la cité, puis transférés dans la rue de Seine-Saint-Victor. Ce couvent, devenu propriété nationale, fut vendu le 30 mars 1793. Une partie de son emplacement a servi à l’agrandissement du Jardin-des-Plantes.

Cygne (rue du).

Commence à la rue Saint-Denis, nos 179 et 183 finit à la rue Mondétour, nos 26 et 28. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 26. Sa longueur est de 102 m. — 5e arrondissement, quartier Montorgueil.

Plusieurs titres consignés dans le Cartulaire de Saint-Magloire, nous permettent d’affirmer que cette rue n’a été entièrement construite qu’en 1280. Sauval s’est trompé en distant qu’elle n’a porté le nom de Cygne qu’à partir du XVIe siècle ; dès la fin du XIIIe on connaissait la maison o cingne. Le poète Guillot, vers l’année 1300, en parle ainsi :

La rue o Cingne, ce me samble,
Encontre Mondestour assamble.

De plus, le rôle de 1313 indique la rue au Cygne. — Une décision ministérielle à la date du 13 vendémiaire an X, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Cette largeur a été portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 16 mai 1836. Les maisons nos 2, 4, 8, 10 ; 11, 13 ; celle sur le côté gauche à l’encoignure droite de la rue Saint-Jacques-l’Hôpital et la propriété située sur le côté droit à l’encoignure gauche de cette rue sont alignées. — Éclairage au gaz (compe Française).

Janvier 1844.
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