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Livre:Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1858, octavo, tome 19.djvu

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Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1858, octavo, tome 19.djvu
TitreMémoires du duc de Saint-Simon Voir et modifier les données sur Wikidata
VolumeTome 19
AuteurLouis de Rouvroy, duc de Saint-Simon Voir et modifier les données sur Wikidata
ÉditeurAdolphe Chéruel Voir et modifier les données sur Wikidata
Maison d’éditionHachette
Lieu d’éditionParis
Année d’édition1858
BibliothèqueBibliothèque nationale de France
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TABLE DES CHAPITRES


DU DIX-NEUVIÈME VOLUME.


Chapitre i. — Rang observé toujours dans l’ordre de la Toison d’or. — Quel est l’état de capitaine général des armées d’Espagne. — Médiannates et lansas des grands. — Appointements des maisons royales, des capitaines généraux et des conseils. — Explication sur les serments. — Quelles de ces personnes n’en prêtent point ; quelles en prêtent, et entre quelles mains. — Buen-Retiro. — Casa del Campo. — L’Escurial. — Aranjuez. — Le Pardo. — La Sarçuela. — Le Pardillo. — Don Gaspard Giron ; sa naissance, son caractère. — Du marquis de Villagarcias. — De Cucurani. — De Villafranca, introducteur des ambassadeurs. — Hyghens, premier médecin du roi d’Espagne ; son caractère. — Hyghens m’engage à conférer secrètement avec le duc d’Ormond ; son caractère. — Legendre, premier chirurgien ; son caractère. — Ricoeur, premier apothicaire ; son caractère. — Marquis del Surco et sa femme ; leur fortune, leur caractère. — Valouse ; sa fortune, son caractère. — Hersent ; son état, son caractère. — Cardinal Borgia ; son caractère. — Garde et livrée. — Armendariz, lieutenant-colonel du régiment des gardes espagnoles ; son caractère. — Titolados. — L’Excellence. — Comtesse d’Altamire ; son caractère. — Caractère de quelques señoras de honor. Don Domingo Guerra, confesseur de la reine ; son caractère. — MM. de Saint-Jean père et fils ; leur fortune et leur caractère. — Capitaines des gardes du corps et colonels des régiments des gardes prêtent seuls serment entre les mains du roi d’Espagne. — Salazar ; sa fortune et sa réputation.
Chapitre ii. — Miraval, gouverneur du conseil de Castille ; son caractère. — Caractère du grand inquisiteur. — Conseils. — Deux marquis de Campoflorido extrêmement différents à ne pas les confondre. — Archevêque de Tolède. — Constitution. — Inquisition. — Le nonce ni les évêques n’ont point l’Excellence. — Premier et unique exemple en faveur de l’archevêque de Tolède, de mon temps. — Conseillers et conseil d’État, nuls. — Ce qu’ils étoient. — Don Michel et don Domingo Guerra ; leur fortune et leur caractère. — Fortune et caractère du marquis de Grimaldo et de sa femme. — Riperda. — Fortune et caractère du marquis de Castellar et de sa femme. — Jalousie du P. Daubenton [à l’égard] du P. d’Aubrusselle ; caractère de ce dernier. — Jésuites tous puissants, mais tous ignorants en Espagne, et pourquoi. — Fortune et caractère du chevalier Bourck. — Caractère et fortune du nonce Aldobrandin en Espagne. — Caractère et fortune du colonel Stanhope, ambassadeur d’Angleterre en Espagne. — Bragadino, ambassadeur de Venise en Espagne. — Ambassadeur de Hollande. — Ambassadeurs de Malte traités en sujets en Espagne. — Guzman, envoyé de Portugal. — Caractère de Maulevrier. — Duc d’Ormond ; son caractère, sa situation en Espagne. — Marquis de Rivas, jadis Ubilla ; sa triste situation en Espagne ; je le visite.
Chapitre iii. — Situation de la cour d’Espagne. — Goût et conduite de la reine. — Elle hait les Espagnols, qui la haïssent publiquement. — Cabale nationale à la cour d’Espagne. — Fortune de Caylus. — Importance de la mécanique journalière. — Plan de la reine arrivant à Madrid. — Sa conduite. — Fortune d’Albéroni ; son règne, sa chute. — Vie journalière du roi et de la reine d’Espagne. — Déjeuner. — Prière. — Travail avec Grimaldo. — Lever. — Toilette. — Heures des audiences particulières des seigneurs et des ministres étrangers. — De l’audience publique et sa description. — De l’audience du conseil de Castille. — Des audiences publiques des ambassadeurs et de la couverture des grands. — La messe et confession et communion. — Dîner. — Sortie et rentrée de la chasse. — Collation, et travail de Grimaldo. — Temps de la confession de la reine ; sa contrainte. — Souper et coucher. — Voyages. — La reine présente à toutes les audiences particulières des ministres étrangers et des sujets. — Raisons de l’explication du détail des journées. — Jalousie réciproque du roi et de la reine. — Difficulté extrême de la voir en particulier, et de tout commerce d’affaires avec elle seule. — Caractère de Philippe V. — Éducation et sentiments de la reine d’Espagne pour sa famille et pour son pays. — Fortune de Scotti. — Caractère, vie, vues, art, manèges, conduite, pouvoir, contrainte de la reine d’Espagne. — Extinction par la princesse des Ursins des étiquettes ; des conseils où le roi se trouvoit ; des fonctions des charges principales, qui a toujours duré depuis. — Oubli réparé d’une fonction du grand et du premier écuyer.
Chapitre iv. — Chasse. — L’Atoche. — Impudence monacale. — Le Mail. — Vie ordinaire de Madrid. — Recao ; ce que c’est. — Usage dans les visites. — Vie des gens employés dans les affaires. — Politesse et dignité des Espagnols. — Mesures pour la grandesse et la Toison. — Lettres de M. le duc d’Orléans au roi d’Espagne, et du cardinal Dubois à Grimaldo pour ma grandesse, d’une telle faiblesse, que Grimaldo ne voulut pas remettre au roi celle de M. le duc d’Orléans, ni lui parler de celle du cardinal Dubois.
Chapitre v. — Année 1722. — Échange des princesses (9 janvier). — Usurpation des Rohan. — Ruses, artifices, manèges du prince de Rohan, tous inutiles auprès du marquis de Santa-Cruz, qui le force à céder sur ses chimères dans l’acte espagnol, dont j’ai la copie authentique et légalisée. — Présents du roi aux Espagnols, pitoyables. — Grands d’Espagne, espagnols, n’en prennent point la qualité dans leurs titres, et pourquoi. — Avances singulières que le cardinal de Rohan me fait faire de Rome ; leur motif. — Sottise énorme du cardinal de Rohan partant de Rome. — Échange des princesses dans l’île des Faisans. — Présents et prostitution de rang de la reine douairière d’Espagne, à qui je procure un payement sur ce qui lui étoit dû. — Je vais faire la révérence à Leurs Majestés Catholiques. — Matière de cette audience. — Conte singulièrement plaisant par où elle finit. — Le roi, la reine et le prince des Asturies vont, comme à la suite du duc del Arco, voir la princesse à Cogollos. — Je vais saluer la princesse à Cogollos, puis à Lerma, à son arrivée. — Chapelle. — J’y précède tranquillement le nonce, sans faire semblant de rien. — Rare et plaisante ignorance du cardinal Borgia, qui célèbre le mariage, dont la cérémonie extérieure est différente en Espagne. — Célébration du mariage, l’après-dîner du 20 janvier. — Je suis fait grand d’Espagne de la première classe, conjointement avec un de mes fils à mon choix, pour en jouir actuellement l’un et l’autre ; et la Toison donnée à l’aîné, sans choix. — Je donne à l’instant la grandesse au cadet. — Remerciement. — Compliments de toute la cour. — Je me propose, sans en avoir aucun ordre et contre tout exemple en Espagne, de rendre public le coucher des noces du prince et de la princesse des Asturies ; et je l’exécute, et je l’obtiens. — Bonté et distinction sans exemple du roi d’Espagne pour moi et pour mon fils aîné au bal, dont je m’excuse par ménagement pour les seigneurs espagnols. — Mesures que je prends pour éviter que le coucher public ne choque les Espagnols. — Vin et huile détestablement faits en Espagne, mais admirablement chez les seigneurs. — Jambons de cochons nourris de vipères, singulièrement excellents. — Évêques debout au bal, en rochet et camail. — Cardinal Borgia n’y paroît point. — Vélation ; ce que c’est. — J’y précède encore le nonce, sans faire semblant de rien. — Maulevrier n’y paroît point, parti furtivement dès le matin de son quartier pour Madrid, qui en est fort blâmé. — Conduite réciproque entre lui et moi pendant les jours du mariage. — Étrange conduite et prétentions de La Fare. — Ma conduite à cet égard.
Chapitre vi. — Ma conduite en France sur les grâces reçues en Espagne. — Parrains de mes deux fils. — Princesse des Asturies fort incommodée. — Inquiétude du roi et de la reine, qui me commandent de la voir tous les jours, contre tout usage en Espagne. — Ils me confient les causes secrètes de leurs alarmes, sur lesquelles je les rassure. — Couverture de mon second fils. — Le cordon bleu donné au duc d’Ossone. — Je prouve à M. le duc d’Orléans qu’il pouvoit et qu’il devoit faire lui-même le duc d’Ossone chevalier de l’ordre, et lui propose sept ou huit colliers pour l’Espagne, lors de la grande promotion, dont un pour Grimaldo. — L’ordre offert au cardinal Albane et refusé par lui. — Office au cardinal Gualterio, à qui le feu roi l’avoit promis. — Chavigny en Espagne, mal reçu ; son caractère. — Chavigny à Madrid. — Sa mission, et de qui. — Vision du duc de Parme la plus inepte sur Castro et Ronciglione. — Fausseté puante de Chavigny sur le duc de Parme. — Chavigny chargé par le duc de Parme de proposer le passage actuel de l’infant don Carlos à Parme avec six mille hommes, dont le duc de Parme auroit le commandement, les subsides, et l’administration du jeune prince. — Chavigny sans ordre ni aucune réponse du cardinal Dubois sur le passage de don Carlos en Italie ; sans lettre de créance ni instruction du cardinal Dubois pour la cour d’Espagne. — Ordre de lui seulement d’y servir le duc de Parme, mais sans y entrer en trop de détails sur Castro et Ronciglione. — Tableau de la cour intérieure d’Espagne. — Chavigny se montre à Pecquet vouloir un établissement actuel à don Carlos en Italie. — Multiplicité à la fois des ministres de France à Madrid publiquement odieuse et suspecte à la cour d’Espagne. — Dangers et absurdité du passage actuel de don Carlos en Italie, sans aucun fruit à en pouvoir espérer. — Chimère ridicule de l’indult. — Mon embarras du silence opiniâtre du cardinal Dubois sur le projet du passage de don Carlos en Italie. — Mesures que je prends en France et en Espagne pour faire échouer la proposition du passage de don Carlos en Italie, qui réussissent. — Je mène Chavigny au marquis de Grimaldo, et le présente au roi et à la reine d’Espagne, desquels il est extrêmement mal reçu. — Il échoue sur les deux affaires qu’il me dit l’avoir amené à Madrid.
Chapitre vii. — Le duc de Bournonville, nommé à l’ambassade de France, en est exclus. — Je tente en vain d’obtenir la restitution de l’honneur des bonnes grâces de Leurs Majestés Catholiques au duc de Berwick. — Je tente en vain d’obtenir la grandesse pour le duc de Saint-Aignan. — Conduite étrange de la princesse des Asturies à l’égard de Leurs Majestés Catholiques. — Bal de l’intérieur du palais. — La Pérégrine, perle incomparable. — Illuminations ; feux d’artifice admirables. — Leurs Majestés Catholiques en cérémonie à l’Atoche. — Raison qui me fait abstenir d’y aller. — Fête de la course des flambeaux. — Fête d’un combat naval.
Chapitre viii. — Buen-Retiro. — Morale et pratique commode des jésuites sur le jeûne en Espagne. — Je veux voir la prison de François Ier. — Délicate politesse de don Gaspard Giron. — Expédient de Philippe III contre l’orgueil des cardinaux. — Prison de François Ier. — Je vais voir Tolède. — Causes particulières de ma curiosité. — Contes et sorte de forfait des cordeliers de Tolède. — Différence de notre prononciation latine d’avec celle de toutes les autres nations. — Le carême fort fâcheux dans les Castilles. — Vesugo, excellent poisson de mer. — Église métropolitaine de Tolède. — Humble sépulture du cardinal Portocarrero. — Beauté admirable des stalles du choeur. — Chapelle et messe mosarabiques. — Évêques mêlés avec les chanoines sans aucune distinction. — Drapeau blanc au clocher de l’église de Tolède pour chaque archevêque ou chanoine devenu cardinal, qui n’en est ôté qu’à sa mort. — Députation du chapitre de Tolède pour me complimenter. — Ville et palais de Tolède. — Aranjuez. — Amusement de sangliers. — Haras de buffles et de chameaux. — Lait de buffle exquis.
Chapitre ix. — Réception de mon fils aîné dans l’ordre de la Toison d’or. — Indécence du défaut des habits de la Toison, et de la manière confuse des chevaliers d’accompagner le roi les jours de collier, qui sont fréquents. — Manière dont le roi prend toujours son collier. — Sa Majesté et tous ceux qui ont la Toison et le Saint-Esprit ne portent jamais un collier sans l’autre. — Nulle marque de l’ordre dans ses grands officiers, quoique d’ailleurs pareils en tout à ceux du Saint-Esprit. — Rang dans l’ordre ; d’où se prend. — Le prince des Asturies est le premier infant qui ait obtenu la préséance. — Les chevaliers, grands ou non, couverts au chapitre. — Les grands officiers découverts. — Différence très marquée de leur séance d’avec celle des chevaliers. — Préliminaires immédiats à la réception. — Réception. — Épée du grand capitaine devenue celle de l’État. — Son usage aux réceptions des chevaliers de la Toison. — Singuliers respects rendus à cette épée. — Courte digression sur le grand capitaine. — Accolade. — Imposition du collier. — Révérences et embrassades. — Visites et repas. — Cause du si petit nombre de chevaliers espagnols. — Expédient qui rend enfin les ordres anciens et lucratifs d’Espagne compatibles avec ceux de la Toison, du Saint-Esprit, etc. — Fâcheux dégoût donné sur la Toison à Maulevrier, qui rejaillit sans dessein sur La Fare. — Mon fils aîné s’en retourne à Paris ; voit l’Escurial. — Sottise des moines.
Chapitre x. — Honneurs prodigués à l’infante, et fêtes à son arrivée à Paris. — J’obtiens une expédition en forme de la célébration du mariage du prince et de la princesse des Asturies, dont il n’y avoit rien par écrit. — Baptême de l’infant don Philippe. — L’infant don Philippe reçoit le sacrement de confirmation et l’ordre de Saint-Jacques. — Voyage très solitaire de quatre jours, à Balsaïm, de Leurs Majestés Catholiques. — Je reçois un courrier sur l’entrée des cardinaux de Rohan et Dubois au conseil de régence, et sur la sortie des ducs, du chancelier et des maréchaux de France du conseil de régence. — Manège du cardinal Dubois. — Il présente au régent un périlleux fantôme de cabale. — Lettre curieuse du cardinal Dubois à moi sur l’affaire du conseil de régence. — Néant évident de la prétendue cabale. — Dubois, par une lettre à part, veut que sur-le-champ j’en fasse part à Leurs Majestés Catholiques, en quelque lieu qu’elles fussent. — Second usage du fantôme de cabale pour isoler totalement M. le duc d’Orléans. — Artifices de la lettre du cardinal Dubois à moi. — Sa crainte de mon retour. — Moyens qu’il tente de me retenir en Espagne. — Autres pareils artifices du cardinal Dubois, qui me fait écrire avec plus d’étendue et de force par Belle-Ile. — Remarques sur la lettre de Belle-Ile à moi. — Je prends le parti de taire la prétendue cabale, de ne dire que le fait existant, et d’aller à Balsaïm. — Conversation avec Grimaldo.
Chapitre xi. — Voyage à Balsaïm. — Fraîche réception tôt réchauffée. — Audience à Balsaïm. — Je couche à Ségovie. — Ségovie. — Cordelier de M. de Chalois. — Je dîne à Balsaïm, et suis Leurs Majestés Catholiques à la Granja. — Comment la Granja devenue Saint-Ildephonse. — Saint-Ildephonse. — Superbe et riche chartreuse. — Manufactures de Ségovie fort tombées. — Je réponds aux lettres du cardinal Dubois et de Belle-Ile. — Bruit ridicule que fait courir mon voyage de Balsaïm. — Hardiesse étrange de Leurs Majestés Catholiques allant et venant de Balsaïm. — Autres lettres curieuses du cardinal Dubois à moi. — Vif sentiment du duc d’Arcos sur la préséance des cardinaux au conseil de régence. — Cardinaux, chanoines de Tolède, mêlés avec les autres chanoines en leur rang d’ancienneté entre eux.
Chapitre xii. — Mon audience de congé. — Singularité unique de celle de la princesse des Asturies. — Maulevrier reçoit enfin le collier de l’ordre de la Toison d’or, mais avec un dégoût insigne. — Je pars de Madrid. — Alcala de Henarez. — Guadalajara. — Agreda. — Pampelune. — Roncevaux. — Bayonne. — Réponse curieuse du cardinal Dubois et de Belle-Ile. — Trois courriers me sont dépêchés. — Je me détourne pour passer à Marmande, où le duc de Berwick étoit venu m’attendre de Montauban, où il commandoit en Guyenne. — Bordeaux. — Blaye. — Loches. — Chastres. — Belle-Ile vient à Chastres me proposer, de la part du cardinal Dubois, le dépouillement du duc de Noailles, et me presse d’y entrer, auquel je m’oppose. — Je vais au Palais-Royal. — Long entretien entre le régent, le cardinal Dubois et moi. — Friponnerie sur la restitution aux jésuites du confessionnal du roi. — Je me démets de ma pairie à mon fils aîné, et lui fais présent des pierreries du portrait du roi d’Espagne. — Je visite pendant la tenue du premier conseil de régence tous ceux qui en étoient sortis, et vais à Fresnes voir le chancelier exilé.
Chapitre xiii. — Façon plus que singulière dont l’officier dépêché avec le contrat de mariage du roi fut enfin expédié de tout ce que j’avois demandé pour lui. — Mort de Mme de Broglio (Voysin). — Mort du comte de Chamilly. — Mort de Mme de Montchevreuil, abbesse de Saint-Antoine. — Cette abbaye donnée à Mme de Bourbon. — Mort de l’abbé et du marquis de Saint-Hérem. — Mort du comte de Cheverny, de l’abbé de Verteuil ; de l’évêque de Carcassonne (Grignan) ; de Saint-Fremont ; sa fortune. — Mort du marquis de Montalègre à Madrid, et sa dépouille. — Mort de la princesse Ragotzi (Hesse-Rhinfels) ; de la duchesse de Zell (Desmiers-Olbreuse) ; sa fortune. — Mort du comte d’Althan, grand écuyer et favori de l’empereur. — Mariage du prince palatin de Soultzbach avec l’héritière de Berg-op-Zoom ; du prince de Piémont avec la princesse palatine de Soultzbach ; du marquis de Castries avec la fille du duc de Lévy ; de Puysieux avec la fille de Souvré ; du duc d’Épernon avec la seconde fille du duc de Luxembourg ; de Mlle d’Estrées, déclarée, avec d’Ampus. — P. de Linières, jésuite, confesseur de Madame, fait confesseur du roi, avec des pouvoirs du pape, au refus de ceux du cardinal de Noailles. — Armenonville garde des sceaux. — Morville secrétaire d’État. — Le chancelier, sur le point immédiat de son exil, marie sa fille au marquis de Chastelux. — Caractère de ce gendre. — Cruel bon mot de M. le duc d’Orléans. — Broglio l’aîné et Nocé exilés. — Mme de Soubise gouvernante des enfants de France en survivance de la duchesse de Ventadour. — Dodun contrôleur général des finances en la place de La Houssaye. — Pelletier de Sousy se retire à Saint-Victor. — Duc d’Ossone retourné à Madrid. — Translations d’archevêchés et d’évêchés. — Reims donné à l’abbé de Guéméné. — Ruses inutiles des Rohan pour lui procurer l’ordre avant l’âge. — Mariage de ma fille avec le prince de Chimay. — Mariage du comte de Laval avec la sœur de l’abbé de Saint-Simon : l’un depuis évêque-comte de Noyon, puis de Metz, en conservant le rang et les honneurs de son premier siège ; l’autre depuis maréchal de France. — Mort de Courtenvaux. — Sa charge de capitaine des Cent-Suisses donnée à son fils, à peine hors du berceau, et l’exercice à son frère. — La cour retourne pour toujours à Versailles. — Je m’oppose à l’exil du duc de Noailles, enfin inutilement. — Bassesses du cardinal Dubois pour se gagner le maréchal de Villeroy, inutiles. — Fatuité singulière de ce maréchal. — Comte de La Mothe fait grand d’Espagne. — Mort de Plancy. — Le pape donne à l’empereur l’investiture des Deux-Siciles. — Mort du duc de Marlborough ; de Zondedari, grand maître de Malte. — Manoel lui succède. — Mort de la duchesse de Bouillon (Simiane) ; de l’épouse du prince Jacques Sobieski.
Chapitre xiv. — Extrême embarras du cardinal Dubois, qui tente encore de se ramener le maréchal de Villeroy, qu’il ne pouvoit perdre, et y emploie le cardinal de Bissy. — Le cardinal de Bissy persuade le maréchal de Villeroy, qui veut prévenir le cardinal Dubois, et va chez lui avec le cardinal de Bissy, où, passant des compliments aux injures, il fait la plus terrible scène qui se puisse imaginer au cardinal Dubois. — Le cardinal Dubois, hors de lui, arrive tout de suite dans le cabinet de M. le duc d’Orléans, m’y trouve seul, lui conte devant moi la scène qu’il venoit d’essuyer du maréchal de Villeroy, et déclare qu’il faut opter entre l’un ou l’autre. — M. le duc d’Orléans me presse de dire mon avis. — J’opine à l’exil du maréchal de Villeroy. — Conférence entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc et moi, où il est convenu d’arrêter et d’exiler le maréchal de Villeroy. — M. le duc d’Orléans m’envoie chez le cardinal Dubois, au sortir de notre conférence, examiner et convenir de la mécanique pour arrêter le maréchal de Villeroy. — Compagnie que je trouve chez le cardinal Dubois. — Le duc de Charost, en mue, pour être déclaré gouverneur du roi.
Chapitre xv. — Piège tendu au maréchal de Villeroy, qui y donne en plein. — Le maréchal de Villeroy arrêté et conduit tout de suite à Villeroy. — Le roi fort affligé. — Fuite inconnue de l’évêque de Fréjus, découvert à Bâville, mandé et de retour aussitôt. — Fureurs du maréchal de Villeroy. — Le roi un peu apaisé par le retour si prochain de l’évêque de Fréjus. — Mesures à prendre avec cet évêque, et prises en effet. — Le duc de Charost déclaré gouverneur. — Désespoir du maréchal de Villeroy. — Il dévoile la cause de la fuite de Fréjus, dont cet évêque se tire fort mal. — Sa joie et ses espérances fondées sur l’éloignement du maréchal. — Maréchal de Villeroy exilé à Lyon, mais avec ses fonctions de gouverneur de la ville et de la province. — Crayon léger de ce maréchal. — Le roi tout consolé du maréchal de Villeroy. — Art et ambition de la conduite de Fréjus. — Confirmation et première communion du roi. — Cardinal Dubois, sans plus d’obstacle, tout occupé de se faire brusquement déclarer premier ministre, emploie Belle-Ile pour m’en parler. — Conversation singulière entre M. le duc d’Orléans et moi sur faire un premier ministre, dont je ne suis point d’avis. — Ennui du régent le porte à faire un premier ministre ; à quoi je m’oppose. — Comparaison du feu prince de Conti, gendre du dernier M. le Prince. — Aveu sincère de M. le duc d’Orléans. — Considérations futures. — Cardinal Dubois bien connu de son maître. — Faiblesse incroyable du régent. — Belle-Ile resté en embuscade. — Réponse que je lui fais.
Chapitre xvi. — Autre conversation singulière et curieuse entre M. le duc d’Orléans et moi sur faire un premier ministre, dont je persiste à n’être pas d’avis. — Malheur des princes indiscrets et peu fidèles au secret. — Exemples des premiers ministres en tous pays depuis Louis XI. — Quel est nécessairement un premier ministre. — Quel est le prince qui fait un premier ministre. — Embuscade de Belle-Ile. — Le cardinal Dubois déclaré premier ministre. — Il me le mande et veut me faire accroire qu’il m’en a l’obligation, et n’oublie rien pour en persuader le public. — Conches ; quel. — Je vais le lendemain à Versailles, où je vois le cardinal Dubois chez M. le duc d’Orléans. — Indignité des Rohan. — Épisode nécessaire. — Plénoeuf, sa femme et sa fille, depuis marquise de Prie, et maîtresse déclarée de M. le Duc. — Infamie du marquis de Prie. — Liaison intime de Belle-Ile et de Le Blanc entre eux et avec Mme de Plénoeuf. — Elle leur attire la haine, puis la persécution de Mme de Prie et de M. le Duc. — Le cardinal Dubois, fort avancé dans son projet d’élaguer entièrement M. le duc d’Orléans, se propose de perdre Le Blanc et peut-être Belle-Ile. Conduite qu’il y tient. Désordre des affaires de La Jonchère, trésorier de l’extraordinaire des guerres, dévoué à M. Le Blanc. Belle-Ile toujours mal avec M. le duc d’Orléans. Mariage futur de Mlle de Beaujolois avec l’infant don Carlos, déclaré. Mariage du prince électoral de Bavière avec une archiduchesse, Joséphine. Fort pour amuser le roi. Mort de Ruffé. Étrange licence en France. Mort de Dacier. Érudition profonde de sa femme, et sa modestie. Mort, famille et caractère de la duchesse de Luynes (Aligre). Mort de Reynold. Mariage de Pezé avec une fille du premier écuyer.
Chapitre xvii. — Préparatifs du voyage de Reims, où pas un duc ne va, excepté ceux de service actuel et indispensable, et de ceux-là mêmes aucun ne s’y trouva en pas une cérémonie sans la même raison. — Désordres des séances et des cérémonies du sacre. — Étranges nouveautés partout. — Bâtards ne font point le voyage de Reims. — Remarques de nouveautés principales. — Cardinaux. — Conseillers d’État, maîtres des requêtes, secrétaires du roi. — Maréchal d’Estrées non encore alors duc et pair. — Secrétaires d’État. — Mépris outrageux de toute la noblesse, seigneurs et autres. — Mensonge et friponnerie avérée qui fait porter la première des quatre offrandes au maréchal de Tallard, duc vérifié. — Barons, otages de la sainte ampoule. — Peuple nécessaire dans la nef dès le premier instant du sacre. — Deux couronnes ; leur usage. — Esjouissance des pairs très essentiellement estropiée. — Le couronnement achevé, c’est au roi à se mettre sa petite couronne sur la tête et à se l’ôter quand il le faut, non à autre. — Festin royal ; le roi y doit être vêtu de tous les mêmes vêtements du sacre. — Trois évêques, non pairs, suffragants de Reims, assis en rochet et camail à la table des paris ecclésiastiques vis-à-vis-les trois évêques-comtes pairs. — Tables des ambassadeurs et du grand chambellan placées au-dessous de celles des pairs laïques et ecclésiastiques. — Lourdise qui les fait placer sous les yeux du roi. — Cardinal de Rohan hasarde l’Altesse dans ses certificats de profession de foi à MM. les duc de Chartres et comte de Charolois ; est forcé sur-le-champ d’y supprimer l’Altesse, qui l’est en même temps pour tous certificats et tous chevaliers de l’ordre nommés, avec note de ce dans le registre de l’ordre. — Ce qui est observé depuis toujours. — Grands officiers de l’ordre couverts comme les chevaliers. — Ridicule et confusion de la séance. — Princes du sang s’arrogent un de leurs principaux domestiques près d’eux à la cavalcade, où [il y a] plus de confusion que jamais. — Fêtes à Villers-Cotterêts et à Chantilly. — La Fare et Belle-Ile à la Ferté. — Leur inquiétude, et mon avis que Belle-Ile ne peut se résoudre à suivre. — Survivance du gouvernement de Paris du duc de Tresmes à son fils aîné. — Signature du contrat du futur mariage de Mlle de Beaujolois avec l’infant don Carlos. — Départ et accompagnement de cette princesse. — Laullez complimenté par la ville de Paris, qui lui fait le présent de la ville. — Mort à Rome de la fameuse princesse des Ursins. — Mort de Madame ; son caractère. — Famille et caractère de la maréchale de Clerembault. — Sa mort. — Mariage de Mme de Cani avec le prince de Chalois, et du prince de Robecque avec Mlle du Bellay. — Paix de Nystadt entre le czar et la Suède.
Chapitre xviii. — Année 1723. — Stérilité des récits de cette année ; sa cause. — Mort de l’abbé de Dangeau. — Mort du prince de Vaudémont ; du duc de Popoli à Madrid, et sa dépouille. — Mort et caractère de M. Le Hacquois. — Obsèques de Madame à Saint-Denis. — Mort, famille, caractère, obsèques de Mme la Princesse. — Biron, Lévi et La Vallière faits et reçus ducs et pairs à la majorité. — Majorité du roi. — Lit de justice. — Il visite les princesses belle-fille, filles, même la sœur de feu Mme la Princesse, et point ses petites-filles, quoique princesses du sang. — Conseil de régence éteint. — Forme nouvelle du gouvernement. — Survivance de la charge de secrétaire d’État de La Vrillière à son fils. — Mariage secret du comte de Toulouse avec la marquise de Gondrin. — Fin de la peste de Provence, et le commerce universellement rétabli. — Mlle de Beaujolois remise à la frontière par le duc de Duras au duc d’Ossone, et reçue par Leurs Majestés Catholiques, etc., à une journée de Madrid, où il se fait de belles fêtes. — Le chevalier d’Orléans, grand prieur de France, et le comte de Bavière, bâtard de l’électeur, faits grands d’Espagne. — Explication des diverses sortes d’entrées chez le roi, et du changement et de la nouveauté qui s’y fit. — Rétablissement des rangs et honneurs des bâtards, avec des exceptions peu perceptibles, dont ils osent n’être pas satisfaits. — Cardinal Dubois éclate sans mesure contre le P. Daubenton. — Cause de cet éclat sans retour. — Mort du prince de Courtenay. — Détails des troupes et de la marine rendus aux secrétaires d’État. — Duc du Maine conserve ceux de l’artillerie et des Suisses, et y travaille chez le cardinal Dubois. — Maulevrier arrivé de Madrid, où Chavigny est chargé des affaires, sans titre. — Mariage de Maulevrier-Colbert avec Mlle d’Estaing, et du comte de Peyre avec Mlle de Gassion. — Mort de la princesse de Piémont (palatine Soultzbach) ; du duc d’Aumont ; de Beringhen, premier écuyer du roi ; de la marquise d’Alègre ; de Mme de Châteaurenaud et de Mme de Coëtquen, sœur de Noailles ; du fils aîné du duc de Lorraine. — Cardinal Dubois préside à l’assemblée du clergé. — La Jonchère à la Bastille. — Le Blanc exilé. — Breteuil secrétaire d’État de la guerre. — Cause singulière et curieuse de sa fortune. — Son caractère.
Chapitre xix. — Bâtards de Montbéliard. — Mezzabarba, légat a latere à la Chine, en arrive à Rome avec le corps du cardinal de Tournon, et le jésuite portugois Magalhaens. — Succès de son voyage et de son retour. — Le roi à Meudon pour la convenance du cardinal Dubois, dont la santé commence visiblement à s’affaiblir. — Belle-Ile, Conches et Séchelles interrogés. — La Vrillière travaille à se faire duc et pair par une singulière intrigue. — Mort du marquis de Bedmar à Madrid. — Maréchal de Villars grand d’Espagne.