éléments Wikidata

Livre:Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1857, octavo, tome 15.djvu

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1857, octavo, tome 15.djvu
TitreMémoires du duc de Saint-Simon Voir et modifier les données sur Wikidata
VolumeTome 15
AuteurLouis de Rouvroy, duc de Saint-Simon Voir et modifier les données sur Wikidata
ÉditeurAdolphe Chéruel Voir et modifier les données sur Wikidata
Maison d’éditionHachette
Lieu d’éditionParis
Année d’édition1857
BibliothèqueBibliothèque nationale de France
Fac-similésdjvu
AvancementÀ corriger
Série1234567891011121314151617181920

Pages

- - - 001 002 003 004 005 006 007 008 009 010 011 012 013 014 015 016 017 018 019 020 021 022 023 024 025 026 027 028 029 030 031 032 033 034 035 036 037 038 039 040 041 042 043 044 045 046 047 048 049 050 051 052 053 054 055 056 057 058 059 060 061 062 063 064 065 066 067 068 069 070 071 072 073 074 075 076 077 078 079 080 081 082 083 084 085 086 087 088 089 090 091 092 093 094 095 096 097 098 099 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266 267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303 304 305 306 307 308 309 310 311 312 313 314 315 316 317 318 319 320 321 322 323 324 325 326 327 328 329 330 331 332 333 334 335 336 337 338 339 340 341 342 343 344 345 346 347 348 349 350 351 352 353 354 355 356 357 358 359 360 361 362 363 364 365 366 367 368 369 370 371 372 373 374 375 376 377 378 379 380 381 382 383 384 385 386 387 388 389 390 391 392 393 394 395 396 397 398 399 400 401 402 403 404 405 406 407 408 409 410 411 412 413 414 415 416 417 418 419 420 421 422 423 424 425 426 427 428 429 430 431 432 433 434 435 436 437 438 439 440 441 442 443 444 445 446 447 448 449 450 451 452 453 454 455 456 457 458 459 460 461 462 463 464 465 466 467 468 469 470 471 - TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM TDM -
TABLE DES CHAPITRES


DU QUINZIÈME VOLUME.


Chapitre i. — Attention générale sur le voyage du czar à Paris. — Le roi de Prusse tenté et détourné d’y venir. — Vues et conduite de ce prince. — Liaison entre le roi de Prusse et le czar. — Inquiétude du roi d’Angleterre sur le czar. — Il est forcé de réformer dix mille hommes. — Servitude de la Hollande pour l’Angleterre. — Union et traité entre le czar et le roi de Prusse. — Mesures du czar avec la France et avec le roi de Pologne. — Mesures sur le séjour des troupes moscovites dans le Mecklembourg. — Le pape veut lier le czar avec l’empereur contre le Turc. — Manèges d’Albéroni en France pour son chapeau. — Véritables raisons du changement de conduite d’Albéroni à l’égard du pape. — Le pape écrit au czar ; il le veut liguer avec l’empereur et obtenir le libre exercice de la religion catholique dans ses États. — Le czar l’amuse et se moque de lui. — Il en parle très sensément au maréchal de Tessé. — Molinez, inquisiteur général d’Espagne, revenant de Rome en Espagne, arrêté à Milan. — Embarras et caractère du pape. — Promotion d’Albéroni est l’unique affaire. — Il se moque de Molinez, s’assure du régent sur sa promotion. — Ses vanteries. — La cour d’Espagne à l’Escurial malgré la reine. — Aldovrandi y arrive. — Manèges d’Albéroni. — L’Angleterre reprend la négociation de la paix entre l’empereur et l’Espagne. — Divisions domestiques en Angleterre. — Son inquiétude sur le czar. — Troupes russiennes sortent du Mecklembourg. — Le Danemark, inquiet sur le nord, éprouve le mécontentement de la Russie. — Le czar veut traiter avec la France. — Obstacles du traité. — Le czar en mesure avec l’empereur à cause du czarowitz. — Plaintes et avis du roi de Prusse. — Offices du régent sur le nord. — Scélératesse du nonce Bentivoglio. — Le Prétendant à Rome ; y sert Albéroni. — Soupçons de nouveaux délais de sa promotion. — Hauteurs et manèges du pape. — Départ de Cadix de la flotte d’Espagne. — Scélératesse d’Albéroni. — Giudice à Rome. — Misère de sa conduite, de sa position, de sa réputation. — Friponnerie d’Ottobon. — Chiaous à Marseille. — Vie solitaire et pénitente de Ragotzi.
Chapitre ii. — Le général et l’intendant de nos îles paquetés et renvoyés en France par les habitants de la Martinique. — Mort de la duchesse de La Trémoille ; du fils unique du maréchal de Montesquiou ; de Busenval ; d’Harlay, conseiller d’État. — Caractère et singularités de ce dernier. — Mort de Dongois, greffier en chef du parlement. — Mort et deuil d’un fils du prince de Conti. — Affaire de Courson, intendant de Bordeaux et conseiller d’État, et de la ville, etc., de Périgueux. — Courson, cause de la chute de des Forts, son beau-frère ; et seul coupable, se soutient. — Le maréchal de Tallard entre au conseil de régence. — Question de préséance entre le maréchal d’Estrées et lui, jugée en sa faveur. — Son aventure au même conseil. — Duc d’Albert gouverneur d’Auvergne. — Maréchal de Tessé quitte le conseil de marine. — Grâces accordées aux conseillers du grand conseil. — Le roi Stanislas près d’être enlevé aux Deux-Ponts ; quelque temps après reçu en asile à Weissembourg en basse Alsace. — Naissance du prince de Conti et d’un fils du roi de Portugal. — Fête donnée par son ambassadeur. — La Forêt ; quel ; perd un procès de suite importante. — Le régent assiste, à la royale, à la procession de Notre-Dame, le 15 août. — Le parlement refuse d’enregistrer la création de deux charges dans les bâtiments. — Fête de Saint-Louis. — Rare leçon du maréchal de Villeroy.
Chapitre iii. — Comité pour les finances. — Ma conduite à cet égard. — Je propose en particulier au chancelier la réforme de quelques troupes distinguées avec les raisons et la manière de la faire. — Il l’approuve ; mais elle demeure entre nous deux par la faiblesse du régent. — Fin et résolution du comité des finances mises en édit. — Démêlé ajusté entre le premier président avec les enquêtes pour le choix et le nombre des commissaires du parlement, quand il en faut nommer. — Le parlement veut qu’on lui rendre compte des finances avant d’opiner sur l’enregistrement de l’édit, et l’obtient. — Il l’enregistre enfin avec peine. — Misère du régent ; peur et valetage du duc de Noailles. — Évêques prétendent inutilement des carreaux à l’anniversaire du feu roi. — Entreprise de nouveau condamnée entre les princesses du sang, femmes et filles, au mariage de Chalmazel avec une sœur du maréchal d’Harcourt. — Mme la duchesse d’Orléans achète Bagnolet. — Maison donnée à Paris aux chanceliers ; et Champ donné à la princesse de Conti pour La Vallière, aux dépens du financier Bourvalois. — Ragotzi s’en va en Turquie ; ce qu’il devient jusqu’à sa mort. — Victoire du prince Eugène sur les Turcs. — Prise de Belgrade. — Mort de Villette et d’Estrade. — Le fils du dernier obtient sa mairie de Bordeaux. — Mme de Mouchy et Rion, dame d’atours et premier écuyer en second de Mme la duchesse de Berry. — Changement parmi ses dames. — Diverses grâces de M. le duc d’Orléans. — Retour de Hongrie des François. — Mort du duc de Ventadour ; extinction de son duché-pairie. — Mort de Moncault. — J’achète pour mes enfants deux régiments de cavalerie. — Abbé Dubois repasse en Angleterre. — Peterborough arrêté dans l’État ecclésiastique.
Chapitre iv. — Mépris d’Albéroni pour la détention de Molinez. — Ses réflexions sur la situation de l’Europe. — Son dégoût de Beretti. — Conduite et pensée de cet ambassadeur. — Inquiétude et avis de Beretti. — Différents sentiments sur l’empereur en Angleterre. — Manège intérieur de cette cour. — Même diversité de sentiments sur l’union établie entre le régent et le roi d’Angleterre. — Empressement et offres des ministres d’Angleterre au régent pour l’unir avec l’empereur et y faire entrer l’Espagne. — Saint-Saphorin employé par le roi d’Angleterre à Vienne ; quel. — Son avis sur les traités à faire. — Roi de Prusse suspect à Vienne et à Londres. — Son caractère et sa conduite. — Ministres hanovriens dévoués à l’empereur, qui veut tenir le roi d’Angleterre en dépendance. — Complaisance de ce dernier à lui payer un reste de subsides, qui excite du bruit en Angleterre et dans le nord. — Hauteur de l’empereur sur Peterborough. — Secret profond de l’entreprise sur la Sardaigne. — Conseils du duc de Parme au roi d’Espagne. — Colère du pape sur l’accommodement signé en Espagne. — Contretemps du Prétendant. — Adresse hardie d’Acquaviva. — Congrégation consultée favorable à Albéroni, contraire à Aldovrandi, qui excuse Albéroni sur la destination de la flotte espagnole. — L’entreprise de l’Espagne, au-dessus de ses forces sans alliés, donne lieu à beaucoup de divers raisonnements. — Albéroni se moque d’Aldovrandi et de Mocenigo. — L’entreprise généralement blâmée, colorée de l’enlèvement de Molinez. — Vanteries et fausseté impudente d’Albéroni. — Inquiétude pour la Sicile. — Le secret confié au seul duc de Parme. — Ses avis et ses conseils. — Albéroni fait cardinal dans le consistoire du 12 juillet. — Cris sur sa promotion. — Giudice s’y distingue. — Malaise du roi d’Angleterre dans sa cour et dans sa famille. — Comte d’Oxford absous en parlement. — Éclat entre le roi d’Angleterre et le prince de Galles. — Inquiétude sur l’entreprise d’Espagne moindre en Hollande qu’à Londres. — Applaudissements et avis de Beretti. — Son intérêt personnel. — Les Impériaux somment le roi d’Angleterre de secours avec peu de succès. — Caractère du comte de Peterborough. — Secret profond de la destination de l’entreprise de l’Espagne. — Double hardiesse d’Albéroni. — Plaintes et menaces de Gallas, qui font trembler le pape. — Frayeur de toute l’Italie. — Hauteur et sécurité d’Albéroni. — Aldovrandi veut persuader que l’entreprise se fait malgré Albéroni. — Mouvements partout contre cette entreprise, et opinions diverses.
Chapitre v. — L’Espagne publie un manifeste contre l’empereur. — Déclaration vague de Cellamare au régent. — Efforts d’Albéroni pour exciter toutes les puissances contre l’empereur ; veut acheter des vaisseaux dont il manque ; en est refusé. — Ses bassesses pour l’Angleterre inutiles. — Singulières informations d’Albéroni sur Riperda. — Cet ambassadeur cru vendu à Albéroni et soupçonné de vouloir s’attacher au service du roi d’Espagne. — Aldovrandi cru, à Rome et ailleurs, vendu à Albéroni. — Artifices de ce dernier sur son manque d’alliés. — Ses offres à Ragotzi. — Fureur d’Albéroni contre Giudice. — Crainte et bassesse de ses neveux. — Le roi d’Espagne défend à ses sujets de voir Giudice à Rome et tout commerce avec lui. — Point de la succession de Toscane. — Manèges des ministres hanovriens pour engager le régent à s’unir à l’empereur. — L’Angleterre désire la paix de l’empereur et de l’Espagne, et veut envoyer faire des efforts à Madrid. — Ruses à Londres avec Monteléon. — Soupçons et vigilance de Koenigseck à Paris. — Entreprise sur Ragotzi sans effet. — Les Impériaux lui enlèvent des officiers à Hambourg. — Baron de Goertz mis en liberté. — Le czar plus que froid aux propositions du roi d’Angleterre, lequel rappelle ses vaisseaux de la mer Baltique. — Situation personnelle du roi d’Angleterre avec les Anglois. — Il choisit le colonel Stanhope, cousin du secrétaire d’État, pour aller en Espagne. — Visite et singulier conseil de Châteauneuf à Beretti. — Sentiment des ministres d’Angleterre sur l’entreprise de l’Espagne en soi. — Wolckra rappelé à Vienne ; Penterrieder attendu à Londres en sa place pour y traiter la paix entre l’empereur et l’Espagne

avec l’abbé Dubois. — Artifices de Saint-Saphorin auprès du régent de concert avec Stairs. — Vaine tentative de l’empereur pour de nouveaux honneurs à son ambassadeur en France. — Inquiétude de l’Angleterre ; ses soupçons du roi de Sicile. — Misérables flatteries à Albéroni. — Cellamare excuse et confie le secret de l’entreprise de l’Espagne au régent ; dont la réponse nette ne le satisfoit pas. — Nouveau complot des Impériaux pour se défaire de Ragotzi, inutile. — Sèche réponse des ministres russiens aux propositions de l’Angleterre. — La flotte espagnole en Sardaigne. — Le pape, effrayé des menaces de Gallas, révoque les indults accordés au roi d’Espagne ; lui écrit une lettre à la satisfaction des Impériaux ; désire au fond succès à l’Espagne ; offre sa médiation. — Misérables flatteries à Albéroni. — Il fait ordonner à Giudice d’ôter les armes d’Espagne de dessus la porte de son palais à Rome. — Sa conduite et celle de ses neveux. — Victoire du prince Eugène sur les Turcs. — Il prend Belgrade, etc. — Soupçons de l’empereur à l’égard de la France. — Entreprise inutile sur la vie du prince Ragotzi. — Deux François à lui arrêtés à Staden. — Scélératesse de Welez. — Artifices de l’Angleterre et de Saint-Saphorin pour lier le régent à l’empereur, et en tirer des subsides contre les rois d’Espagne et de Sicile. — Artifices du roi de Prusse auprès du régent sur la paix du nord. — Goertz à Berlin ; y attend le czar. — Propositions de ce ministre pour faire la paix de la Suède. — Soupçons du roi de Prusse à l’égard de la France, à qui il cache les propositions de Goertz. — Hasard à Paris qui les découvre. — L’Angleterre liée avec l’empereur par des traités précis, et craignant pour son commerce de se brouiller avec l’Espagne, y envoie par Paris le colonel Stanhope. — Objet de cet envoi, et par Paris. — Artifices de l’Angleterre pour unir le régent à l’empereur. — Georges et ses ministres en crainte du czar et de la Prusse, en soupçon sur la France. — Leur haine pour Châteauneuf. — Bolingbroke secrètement reçu en grâce par le roi d’Angleterre. — Opiniâtreté d’Albéroni. — Leurres sur la Hollande. — État et suite de la vie de Riperda. — Venise se déclare pour l’empereur. — Colère d’Albéroni. — Ses étranges vanteries et ses artifices pour se faire un mérite de se borner à la Sardaigne cette année, sentant l’impossibilité de faire davantage. — Sa fausseté insigne à Rome. — Embarras et conduite artificieuse et opiniâtre d’Albéroni. — Sa réponse à l’envoyé d’Angleterre. — Albéroni se fait un bouclier d’un équilibre en Europe ; flatte bassement la Hollande ; n’espère rien de l’Angleterre. Plan qu’il se propose pour objet en Italie ; il le confie à Beretti et lui donne ses ordres en conséquence. Propos d’Albéroni ; vanteries et fourberies insignes et contradictoires. Conduite d’Aubenton et d’Aldovrandi, qui lui sont vendus pour leur intérêt personnel. Les Impériaux demandent qu’Aldovrandi soit puni ; effrayent le pape. Il révoque ses indults au roi d’Espagne ; lui écrit au gré des Impériaux ; en même temps le fait ménager et adoucir par Aldovrandi, à qui il écrit, et à Daubenton, de sa main. Frayeurs du duc de Parme, qui implore vainement la protection du pape et le secours du roi d’Espagne. Plaisant mot du cardinal del Giudice au pape. Le pape dépêche à Vienne sur des propositions sauvages d’Acquaviva, comptant sur le crédit de Stella qui vouloit un chapeau pour son frère. Molinez transféré du château de Milan dans un des collèges de la ville. Vastes projets d’Albéroni, qui en même temps sent et avoue sa faiblesse. Propos trompeurs entre del Maro et Albéroni. Ses divers artifices. La Hollande inquiète est touchée de l’offre de l’Espagne de reconnoître

sa médiation. Cadogan à la Haye ; son caractère. Ses plaintes, sa conduite. Inquiétude de l’Angleterre sur le nord. Ses ministres détrompés sur le régent, reprennent confiance en lui ; font les derniers efforts pour faire rappeler Châteauneuf. Substance et but du traité entre la France, le czar et la Prusse. Abbé Dubois à Londres et le colonel Stanhope à Madrid. Le czar parti de Berlin sans y avoir rien fait ni voulu écouter sur la paix du nord. Le roi de Prusse réconcilié avec le roi d’Angleterre, cherche à la tromper sur la paix du nord ; se plaint de la France, qui le contente. Poniatowski à Paris ; confident du roi de Suède, consulté par Kniphausen, lui trace le chemin de la paix du nord. Ardeur du roi d’Angleterre, et sa cause, pour pacifier l’empereur et l’Espagne qui ne s’en éloigne pas. Sentiment de Monteléon sur les Anglois. Sa situation redevenue agréable avec eux. Caractère du roi d’Angleterre et de ses ministres. Bassesse du roi de Sicile pour l’Angleterre, inutile. Son envoyé à Londres forme une intrigue à Vienne pour y réconcilier son maître. Opinion prétendue de l’empereur sur le régent et sur le roi de Sicile. Crainte publique des princes d’Italie. Sages pensées de Cellamare. Avis envenimés contre la France de Welez à l’empereur. Conseils enragés de Bentivoglio au pape, qui fait entendre qu’il ne donnera plus de bulles sans conditions et précautions.
Chapitre vi. — Saint-Albin coadjuteur de Saint-Martin des Champs. — Infamie de l’abbé d’Auvergne. — Dispute encore entre le grand et le premier écuyer. — Le duc de Noailles et Law, brouillés, se raccommodent en apparence. — Noailles obtient le gouvernement et capitainerie de Saint-Germain par la mort de Mornay. — Plénoeuf, relaissé à Turin de peur de la chambre de justice, imagine d’y traiter le mariage d’une fille de M. le duc d’Orléans avec le prince de Piémont, pour se faire de fête. — Je suis chargé de ce commerce malgré moi, et je m’en décharge sur l’abbé Dubois, à son retour d’Angleterre. — Querelle entre le maréchal de Villeroy et le duc de Mortemart, premier gentilhomme de la chambre en année, qui la perd. — Autres disputes des premiers gentilshommes de la chambre. — Le maréchal de Villeroy refuse la prolongation du don de cinquante mille livres de rente sur Lyon. — Son motif ; sa conduite ; explication de ce qu’il n’y perd rien. — Quatre-vingt mille livres au duc de Tresmes. — Le prince électoral de Saxe se déclare catholique à Vienne. — Abbé de Louvois refuse l’évêché de Clermont ; quel. — Rion gouverneur de Cognac. — Mort d’Oppède, mari secret de Mme d’Argenton, et de l’abbé de Langlée. — Mort et famille de la comtesse de Soissons. — Appel du cardinal de Noailles devenu public. — La Parisière, évêque de Nîmes, exilé dans son diocèse. — Affaire du pays de Lalleu, où je sers adroitement le duc de Boufflers. — Anecdote singulière de l’étrange indécision du chancelier. — Capacité singulière de d’Antin. — Reconnoissance des députés du pays de Lalleu. — Les ducs de La Force et de Noailles brouillés. — Mme d’Arpajon dame de Mme la duchesse de Berry, et Bonivet maître de sa garde-robe. — Mort du cardinal Arias, archevêque de Séville. — Mort de Mme de Monjeu et de Richard Hamilton. — Caractère de ce dernier. — Assassinats et vols. — Teneurs de jeux de hasard mis en prison. — États de Bretagne orageux et rompus. — Mme d’Alègre entre avec moi en mystérieux commerce qui dure plus d’un an. — Abbé Dubois revient pour peu de jours d’Angleterre à Paris ; y laisse sa correspondance à Nancré ; trouve le roi d’Angleterre et le prince de Galles fort brouillés. — Cause originelle de leur éloignement.
Chapitre vii. — Idées et précautions d’Albéroni. — État embarrassant du roi d’Espagne. — Capacité de del Maro odieuse à Albéroni, qui le décrie partout. — Ses exhortations et ses menaces au pape en faveur d’Aldovrandi. — Manèges d’Aldovrandi. — Sagacité de del Maro. — Première audience du colonel Stanhope peu satisfaisante. — Chimères d’Albéroni. — Craintes d’Albéroni parmi sa fermeté. — Son espérance en la Hollande fomentée par Beretti. — Découverte de ce dernier sur le roi de Sicile. — Faux raisonnements de Beretti sur les Hollandois. — Abbé Dubois à Londres. — Monteléon y est leurré ; cherche à pénétrer et à se faire valoir. — Audacieux avis des Anglois au régent sur son gouvernement intérieur ; qu’ils voudroient changer à leur gré. — Réflexions. — Projets du czar à l’égard de la Suède, et ceux du roi de Prusse. — Offres de la Suède. — Conduite suspecte de Goertz, et celle du czar et du roi de Prusse en conséquence. — Avis de ce dernier au régent. — Ses chimères. — Objet du roi d’Angleterre dans son désir de moyenner la paix entre l’empereur et l’Espagne à Londres. — Penterrieder y arrive. — Divers sentiments en Hollande. — Conditions fondamentales proposées à l’Espagne pour la paix. — Albéroni, aigri contre Stairs, est contenté par Stanhope, qui l’amuse sur l’affaire principale par une équivoque. — Grande maladie du roi d’Espagne. — Solitude de sa vie. — Albéroni veut interdire toute entrée à Villena, majordome-major, qui, dans la chambre du roi d’Espagne, la reine présente, donne des coups de bâton au cardinal, et est exilé pour peu de temps. — Le roi d’Espagne fait un testament.
Chapitre viii. — Opiniâtreté d’Albéroni contre la paix. — Le pape fait imprimer son bref injurieux au roi d’Espagne, qu’Aldovrandi n’avoit osé lui présenter. — Ce nonce fait recevoir la constitution aux évêques d’Espagne. — Anecdote différée. — Servitude du pape pour l’empereur, qui le méprise et fait Czaki cardinal. — Le pape fait arrêter le comte de Peterborough ; et, menacé par les Anglois, le relâche avec force excuses. — Sa frayeur, et celle du duc de Parme, de l’empereur. — Conseils furieux et fous contre la France de Bentivoglio au pape. — Son extrême embarras entre l’empereur et l’Espagne. — Ses tremblantes mesures. — Le pape avoue son impuissance pour la paix. — Avis à l’Espagne et raisonnements sur Naples. — Mesures militaires d’Albéroni, et sur la paix qu’il ne veut point. — Mystère du testament du roi d’Espagne. — Faiblesse d’esprit du roi d’Espagne guéri. — Vanteries des forces d’Espagne, et conduite d’Albéroni. — Ses mesures. — L’Angleterre arme une escadre. — Forts propos entre le duc de Saint-Aignan et Albéroni. — Chimères de ce cardinal. — Riperda, tout à Albéroni, tient à del Maro d’étranges propos. — Dons faits au cardinal Albéroni, qui est nommé à l’évêché de Malaga, puis à l’archevêché de Séville. — Il montre à del Maro son éloignement de la paix, qui en avertit le roi de Sicile. — Le cardinalat prédit à Albéroni. — Aldovrandi, pensant bien faire d’engager les prélats d’Espagne d’accepter la constitution, est tancé avec ordre de détruire cet ouvrage comme contraire à l’infaillibilité. — Aldovrandi fort malmené. — Griefs du pape contre lui. — Demandes énormes de l’empereur au pape. — Hauteur incroyable de l’empereur avec le pape qui tremble devant lui et qui est pressé par l’Espagne. — Reproches entre le cardinal Acquaviva et le prélat Alamanni de la part du pape. — Mouvements inutiles dans le royaume de Naples. — Soupçons sur le roi de Sicile, qui envoie le comte de Provane à Paris. — Le duc de Modène n’ose donner sa fille au Prétendant qui est pressé de tous côtés de se marier. — Les neveux du pape vendus à l’empereur. — Faiblesse entière du pape pour le cardinal Albane, sans l’aimer ni l’estimer. — Crainte de ce neveu à l’égard d’Aldovrandi. — Gallas et Acquaviva également bien informés par l’intérieur du palais du pape. — [Le pape] veut se mêler de la paix entre l’empereur et l’Espagne. — Hauteur et menaces des Impériaux sur la paix, qui déplaisent eu Hollande. — Manèges intéressés de Beretti. — Friponnerie de l’abbé Dubois. — Manèges intéressés de Monteléon, qui compte sur Chavigny, amené par l’abbé Dubois à Londres, et en est trompé. — Inquiétude chimérique des Anglois d’un mariage du prince de Piémont avec une fille du régent. — Même inquiétude, et personnelle, de La Pérouse. — Il apprend de Penterrieder que l’empereur veut absolument la Sicile, avec force propos hauts et caressants. — Il l’assure de tout l’éloignement de la France pour le roi de Sicile. — Court voyage de l’abbé Dubois à Paris. — Cajoleries du roi d’Angleterre à la reine d’Espagne et à Albéroni, en cas de mort du roi d’Espagne. — Proposition du roi d’Espagne pour entrer en traité avec l’empereur par l’Angleterre. — Manège des ministres du roi d’Angleterre. — Ils n’ont point de secret pour Penterrieder. — Résolution du régent sur le traité, mandée par l’abbé Dubois en Angleterre. — Inquiétude des ministres de Sicile à Londres et à Paris. — Éclat entre le roi d’Angleterre et le prince de Galles. — Manège et embarras de La Pérouse. — L’Angleterre arme doucement une escadre pour la Méditerranée. — Plaintes de Monteléon. — Réponse honnête, mais claire, des ministres anglois. — Chimère imaginée par les ennemis du régent, qu’il vouloit obtenir de l’empereur la succession de la Toscane pour M. son fils. — Beretti, trompé par de faux avis, compte avec grande complaisance sur la Hollande, dont il écrit merveilles en Espagne, et de la partialité impériale des Anglois.
Chapitre ix. — Mouvements du roi de Prusse à divers égards. — Son caractère et ses embarras. — Tentatives pleines d’illusions de Cellamare, qui découvre avec art la vraie disposition du régent sur les affaires présentes. — Mouvements en Bretagne. — Idées d’Albéroni. — Il s’emporte contre les demandes de l’empereur au pape, surtout sur celle qui le regarde personnellement. — Déclaration du roi d’Espagne sur la paix. — Propos, sentiment, conduite d’Albéroni. — Ses préparatifs. — Son profond secret. — Sa toute-puissance en Espagne. — Monti à Madrid. — Le roi d’Espagne inaccessible. — Souverain mépris d’Albéroni pour Rome. — Sa conduite sur le bref injurieux au roi d’Espagne. — Aldovrandi occupé de rapprocher les deux cours et de se justifier à Rome sur ce qu’il avoit fait à l’égard de l’acceptation de la constitution en Espagne. — Délicatesse de Rome étrangement erronée. — Anecdote importante sur la constitution entre l’archevêque de Tolède et moi. — Son caractère. — La nonciature chassée de Naples. — Le pape, n’osant rien contre l’empereur, s’en prend à l’Espagne. — Rare expédient du pape sur la non-résidence d’Albéroni en son évêché de Malaga. — Réflexion. — Délicatesse horrible de Rome. — Fureurs de Bentivoglio qui dégoûtent de lui les siens mêmes. — Il donne au pape des conseils extravagants sur les affaires temporelles. — D. Alexandre Albane passe pour vendu à l’Espagne. — Mauvois gouvernement du pape. — Il refuse les bulles de Séville à Albéroni. — Frayeur du duc de Parme et ses conseils à l’Espagne. — Conduite et sentiments d’Albéroni. — Forces de l’Espagne diversement regardées. — Sage avis de del Maro au roi de Sicile. — Riperda, vendu à Albéroni, lui propose l’union du roi de Sicile au roi d’Espagne. — Singulière aventure d’argent entre Bubb, Riperda et Albéroni. — Triste état personnel du roi d’Espagne et du futur [roi]. — Insolentes vanteries d’Albéroni. — Ses efforts auprès des Hollandois. — Son opinion de l’Angleterre. — Ses bravades. — Riche arrivée des galions. — Haute déclaration des ambassadeurs d’Espagne en France, en Angleterre et ailleurs. — Propos d’Albéroni sur l’Angleterre et la Hollande. — Mesures militaires d’Albéroni. — Il veut engager une guerre générale. — Les Anglois ne laissent pas de le ménager. — Triste état personnel du roi d’Espagne, quoique rétabli. — Mesures d’Albéroni pour être seul et bien le maître de sa personne. — Docteur Servi, médecin parmesan. — Proposition en l’air de marier le prince des Asturies à une fille du prince de Galles. — Roideur de l’empereur soutenu des Anglois. — Inquiétude du roi de Sicile. — Propos de son envoyé en Angleterre avec Stanhope, qui l’augmente. — La Pérouse est la dupe de Penterrieder sur la France. — Le czar prend la protection du duc de Mecklembourg, et rassure le roi de Prusse sur un traité particulier avec la Suède. — Mort de la maréchale de Duras. — Quatre gentilshommes de Bretagne mandés par lettre de cachet pour venir rendre compte de leur conduite.
Chapitre x. — Manèges du duc de Noailles à l’égard de Law. — Mort de Mornay. — Duc de Noailles obtient sur-le-champ le gouvernement et la capitainerie de Saint-Germain. — Liaison de l’abbé Dubois et de Law, et sa cause. — Duc de Noailles, agité de crainte pour sa place, veut me regagner, et me propose de rétablir le temporel ruiné de La Trappe. — Sourds préparatifs à déposter le duc de Noailles et son ami le chancelier. — Édit en faveur de la compagnie d’Occident ; quel. — Le régent travaille à la Raquette avec Law, le chancelier et le duc de Noailles, sur lequel il achève de s’indisposer. — La Raquette et les Biron. — Grâce pécuniaire au Languedoc, d’où Bâville se retire avec douze mille livres de pension. — Inondations vers le nord. — Mme la Duchesse enlève à Mme la maréchale d’Estrées une loge à l’Opéra. — Morville ambassadeur en Hollande. — Mariage de Chauvelin depuis si haut et si bas. — Grâces pécuniaires aux comtes de Roncy et de Médavy. — Le comte de Rieux s’excuse au régent de ses pratiques. — Son caractère. — Mouvements, lettres et députation de Bretagne. — Incidents du maréchal de Montesquiou. — Gentilshommes bretons, mandés, puis exilés. — Embarras et projets sur les tailles. — On me fait ; par deux différentes fois, manquer la suppression de la gabelle. — Tout bien impossible en France. — Manèges d’Effiat et du premier président. — Duperie du régent. — Conspiration très organisée pour le culbuter. — Mouvements du parlement. — Singulière colère et propos entre M. le duc d’Orléans et moi sur les entreprises du parlement. — Manèges contre Law du duc de Noailles et du chancelier. — Ma conduite à cet égard. — Abbé Dubois lié de plus en plus avec Law contre le duc de Noailles. — Son double intérêt. — Caractère d’Argenson. — Raisons qui me déterminent pour Argenson, à qui je fais donner les sceaux et les finances. — Je l’en avertis la veille, et tâche de le capter en faveur du cardinal de Noailles. — Le chancelier perd les sceaux ; est exilé à Fresnes. — Le duc de Noailles se démet des finances ; entre au conseil de régence. — Argenson a les finances et les sceaux. — Politesse fort marquée d’Argenson à mon égard. — Courte digression sur le chancelier. — Survivance de la charge et des gouvernements du duc de Noailles donnée à son fils enfant, sans l’avoir demandée. — Rouillé quitte les finances avec douze mille livres de pension. — Marchault lieutenant de police ; son caractère. — Grâces faites à Châteauneuf ; à Torcy, qui marie sa fille à Duplessy-Châtillon ; au duc d’Albret, qui veut épouser la fille de Barbezieux.
Chapitre xi. — M. le duc d’Orléans mène M. le duc de Chartres aux conseils de régence et de guerre, sans y opiner. — Entreprises du parlement. — Mort et dépouille de Simiane et du grand fauconnier des Marais. — Madame assiste scandaleusement à la thèse de l’abbé de Saint-Albin. — Ballet du roi, qui s’en dégoûte pour toujours. — M. [le duc] et Mme la duchesse de Lorraine à Paris. — Bassesse de courtisan du duc de Lorraine. — M. le Duc et ensuite Mme la duchesse de Berry donnent une fête à M. et à Mme de Lorraine. — Insolence de Magny punie ; quel il étoit et ce qu’il devint. — M. de Lorraine va voir plaider à la grand’chambre, puis à la Bastille, et dîner chez le maréchal de Villeroy. — Objet et moyens du duc de Lorraine dans ce voyage. — Il est ennemi de la France. — Ses demandes sans droit ni prétexte. — Ses lueurs mises au net par moi au régent. — Altesse royale, pourquoi et quand accordée au duc de Savoie. — Le régent entraîné à tout accorder au duc de Lorraine. — Ses mesures pour l’exécution. — Caractère de Saint-Contest, nommé pour faire le traité avec le duc de Lorraine, qui obtient un grand démembrement en Champagne en souveraineté, et le traitement d’Altesse Royale. — Misère du conseil de régence. — Le régent tâche inutilement, par Saint-Contest et par lui-même, de vaincre ma résistance au traité ; vient enfin à me prier de m’absenter du conseil de régence le jour que ce traité y sera porté. — J’y consens. — Il m’en arriva de même lorsque le régent accorda le traitement de Majesté au roi de Danemark, et celui de Hautes Puissances aux États généraux des Provinces-Unies. — Le traité passe sans difficulté au conseil de régence ; est de même aussitôt après enregistré au parlement. — Départ de M. et de Mme de Lorraine. — Audacieuse conduite du duc de Lorraine, qui ne voit point le roi. — Le grand-duc [de Toscane] et le duc de Holstein-Gottorp, sur l’exemple du duc de Lorraine, prétendent aussi l’Altesse Royale, et ne l’obtiennent pas. — Bagatelles entre M. le duc d’Orléans et moi. — Mme de Sabran ; quelle. — Son bon mot au régent. — Conduite [du régent] avec ses maîtresses.
Chapitre xii. — Mouvement du parlement à l’occasion d’arrêts du conseil sur les billets d’État et les monnaies. — Lettres de cachet à des Bretons. — Députation et conduite du parlement de Bretagne. — Breteuil intendant de Limoges. — Conférence du cardinal de Noailles avec le garde des sceaux chez moi, dont je suis peu content. — Sommes données par le régent aux abbayes de la Trappe et de Septfonts. — Ma conduite à cet égard avec le duc de Noailles et avec M. de Septfonts, avec qui je lie une étroite amitié. — Mariage de Maurepas avec la fille de La Vrillière. — Mort de Fagon, premier médecin du feu roi. — Mort et dispositions de l’abbé d’Estrées. — Conversion admirable de la marquise de Créqui. — Cambrai donné au cardinal de La Trémoille, et Bayeux à l’abbé de Lorraine. — Promotion et confusion militaire. — J’obtiens un régiment pour le marquis de Saint-Simon ; qui meurt trois mois après ; puis pour son frère. — Broglio l’aîné ; son caractère. — Il engage le régent à un projet impossible de casernes et de magasins, et à l’augmentation de la paye des troupes. — Sagesse de l’administration de Louvois. — Les chefs des conseils mis dans celui de régence sans perdre leurs places dans les leurs. — Survivances du gouvernement de Bayonne, etc., et du régiment des gardes, accordées au fils aîné du duc de Guiche, et autres grâces faites à Rion, Maupertuis, La Chaise, Heudicourt. — Nouvelles étrangères. — Légèreté du cardinal de Polignac, qui tâche inutilement de se justifier au régent de beaucoup de choses. — Désordre des heures d’Argenson. — Law et lui font seuls toute la finance. — Il obtient le tabouret pour sa femme, à l’instar de la chancelière, premier exemple dont Chauvelin profita depuis. — Mort de Menars, président à mortier. — Maupeou, aujourd’hui premier président, a sa charge. — Querelles domestiques du parlement suspendues par des considérations plus vastes. — Beaufrémont, de concert avec ceux qui usurpoient le nom collectif de noblesse, insulte impunément les maréchaux de France, qui en essuient l’entière et publique mortification. — Caractère de Baufremont, qui se moque après et aussi publiquement de M. le Duc, et aussi impunément. — Catastrophe de Monasterol. — Mort de La Hire et de l’abbé Abeille. — Mort de Poirier, premier médecin du roi. — Dodart mis en sa place. — Prudente conduite du régent en cette occasion. — Caractère de Dodart et de son père. — Caractère et infamie de Chirac.
Chapitre xiii. — Mort de la duchesse de Vendôme. — Adresses et ruses pour l’obscure garde de son corps, sur même exemple de Mlle de Condé ; ce qui n’a pas été tenté depuis. — Le grand prieur sert à la cène le jeudi saint pour la dernière fois, et s’absente, le lendemain, de l’adoration de la croix. — Cardinal de Polignac prétend présenter au roi l’évangile à baiser, de préférence au premier aumônier ; est condamné. — Le roi visite Mme la Princesse et Mmes ses deux filles sur la mort de Mme de Vendôme. — Douglas obscur, misérable, fugitif. — Mme la duchesse de Berry parle fort mal à propos au maréchal de Villars ; se hasarde de faire sortir Mme de Clermont de l’Opéra, etc. ; se raccommode bientôt après avec elle et avec Mme de Beauvau. — Abbé de Saint-Pierre publie un livre qui fait grand bruit, et qui le fait exclure de l’Académie française dont il était. — Incendie au Petit-Pont à Paris. — Mort et caractère de Mme de Castries. — Mme d’Épinai dame d’atours de Mme la duchesse d’Orléans en sa place. — Mort de la reine d’Angleterre à Saint-Germain. — Mort, extraction et famille du duc de Giovenazzo. — Bureau de cinq commissaires du conseil de régence pour examiner les moyens de se passer de bulles. — La peur en prend à Rome qui les accorde toutes, et sans condition, aussitôt. — Mort du comte d’Albemarle. — Sa fortune fatale à celle de Portland. — Mort, caractère, faveur de M. le Grand. — Mort de Mme de Chalmazel et de la duchesse de Montfort. — Mariage du duc d’Albret avec une fille de Barbezieux, et du fils du prince de Guéméné avec une fille du prince de Rohan. — Origine des fiançailles dans le cabinet du roi de ceux qui ont rang de prince étranger. — Mariage du comte d’Agenois et de Mlle de Florensac. — Prince et princesse de Carignan à Paris, où ils se fixent incognito. — Triste éclat de l’évêque de Beauvois. — Yolet, ayant quitté le service depuis treize ou quatorze ans, étant mestre de camp, fait maréchal de camp. — Bruit des mestres de camp de cavalerie sur le style des lettres que le comte d’Évreux leur écrivoit, qui finit par un mezzo-termine. — Augmentation de pension à la duchesse de Portsmouth. — Grandes grâces pécuniaires à M. le prince de Conti. — Origine de ce débordement de finances du roi aux princes et princesses du sang. — D’Antin obtient pour ses deux petits-fils les survivances de ses gouvernements, et Silly une place dans le conseil du dedans du royaume. — Grande sédition à Bruxelles. — Affaires étrangères.
Chapitre xiv. — État de la négociation à Londres pour traiter la paix entre l’empereur et le roi d’Espagne. — Deux difficultés principales. — Staremberg le plus opposé à la cession future de la Toscane. — Propositions des Impériaux pleines de jalousie et de haine. — Plaintes artificieuses des Impériaux du régent. — Point de la tranquillité de l’Italie pendant la négociation. — Partialité ouverte des Anglois pour l’empereur. — Leurs hauteurs et leurs menaces au régent. — Le roi d’Angleterre, inquiet sur le nord, s’assure du czar ; méprise le roi de Prusse. — La czarine veut s’assurer de la Suède pour la transmission de la succession de Russie à son fils. — Agitations et reproches du czar sur cette affaire. — Le régent pressé par l’Angleterre. — L’Espagne ne pense qu’à se préparer à la guerre ; déclare à l’Angleterre qu’elle regardera comme infraction tout envoi d’escadre anglaise dans la Méditerranée. — Albéroni ennemi de la paix. — Ses efforts ; ses manèges ; sa politique. — Il veut gagner le régent et le roi de Sicile. — Forte conversation d’Albéroni avec le ministre d’Angleterre. — Plaintes et chimères d’Albéroni. — Il écrit au régent avec hardiesse. — Inquiétude sur Nancré. — Albéroni espère du régent, pressé par Cellamare et Provane, d’augmenter l’infanterie et d’envoyer un ministre à Vienne. — Le régent élude enfin leurs demandes. — Reproches de Cellamare à la France ; sort peu content d’une audience du régent. — Cellamare, pour vouloir trop pénétrer et approfondir, se trompe grossièrement sur les causes de la conduite du régent.
Chapitre xv. — Sage avis de Cellamare au roi d’Espagne. — Est inquiet du prétendu mariage du prince de Piémont avec une fille du régent, dont le régent et le roi de Sicile sont aussi éloignés l’un que l’autre. — Erreur aveugle de Beretti. — Proposition des Anglois sur la Toscane. — Inquiétudes mutuelles. — Division dans la famille du roi d’Angleterre, qui retranche quarante mille livres sterling de rente au prince de Galles, et fait payer cent trente mille livres sterling à l’empereur, qui est fort recherché. — Visions d’Albéroni. — Préliminaires demandés par l’Espagne à l’empereur. — Folle conduite d’Albéroni. — Il fait faire une déclaration menaçante aux Hollandois pour en acheter des vaisseaux. — Riperda rappelé ; résolu depuis longtemps de revenir s’établir en Espagne. — Mauvois état de la personne du roi d’Espagne. — Pouvoir sans bornes d’Albéroni. — Aubenton et Aldovrandi excitent l’Espagne en faveur de la constitution. — Fortes démarches et menaces terribles de l’empereur au pape. — Consternation de Rome. — Ses soumises et basses résolutions. — Politique et ruse odieuse de Vienne. — Le pape, dans sa frayeur de l’empereur, tombe pour l’apaiser sur l’Espagne et sur Aldovrandi. — Brefs ne sont point reçus par l’empereur ni par les rois de France et d’Espagne, sans que leurs copies n’aient été vues par leurs ministres, qui les admettent ou les rejettent. — Opinion générale prise du pape à l’égard de l’Espagne. — Les Impériaux veulent qu’Aldovrandi soit rappelé et châtié. — Faibles manèges du pape à cet égard ; jugement qu’ils en font porter.
Chapitre xvi. — Négroni, odieux à la France, nommé vice-légat d’Avignon sans participation de la France, contre la coutume établie. — Ottobon veut lier avec Albéroni. — Nouvelles scélératesses de Bentivoglio. — Le pape refuse au cardinal Albéroni les bulles de l’archevêché de Séville. — Audace, plan, propos d’Albéroni uni d’attachement et de sentiment au duc de Parme. — Manèges réciproques entre le régent et Cellamare, qui le veut entraîner dans la guerre avec l’Espagne contre l’empereur. — Concert entre Cellamare et Provane. — Ils découvrent le mariage proposé de M. le duc de Chartres avec une sœur du roi de Portugal sans succès par les difficultés du rang. — Objets des ministres d’Espagne. — Corsini envoyé du grand-duc à Paris ; quel ; passe à Londres pour y faire des représentations inutiles. — Le régent s’ouvre à Provane de l’état de la négociation de Londres. — Sentiment de Cellamare là-dessus. — Plaintes de la cour de Vienne de la France, et ses propositions sur la Toscane appuyées des Anglois. — Quel étoit Schaub. — L’empereur répond par de fortes demandes aux demandes préliminaires de l’Espagne, et y est appuyé par l’Angleterre. — Manèges et souplesses de Stanhope. — Langage de l’abbé Dubois à Monteléon. — Il lui envoie avec précaution le modèle d’un billet à Albéroni en faveur de Nancré et de sa négociation, qu’Albéroni méprise, averti par Monteléon. — Conversation de Monteléon avec Stanhope qui le veut tromper, puis éblouir sur la destination de l’escadre anglaise. — Monteléon tâche à prendre d’autres mesures pour arrêter l’effet de cet armement. — Sagacité de Monteléon. — Fermes réponses des ministres de Sicile à Paris et à Londres à l’égard de la conservation de cette île à leur maître. — Plaintes et mouvements de Cellamare. — Monti peu satisfoit du régent. — Monteléon, sur des ordres réitérés, fait à Londres les plus fortes déclarations sur la destination de l’escadre. — Efforts d’Albéroni en Hollande. — Ses sentiments sur les traités d’Utrecht. — Ses vanteries. — Cache bien où il veut attaquer. — Sagacité de l’abbé del Maro. — Beretti trompé ou trompeur sur la Hollande. — Sage avis de Cellamare à Albéroni sur la France. — Propos publics de Cellamare ; retient sagement Provane ; dit à Nancré qu’il ne réussira pas.
Chapitre xvii. — Albéroni continue à poursuivre Giudice ; lui fait redoubler les ordres d’ôter les armes d’Espagne de dessus la porte de son palais. — Malice et toute-puissance de ce premier ministre. — État personnel du roi d’Espagne. — Manèges du pape et d’Albéroni sur les bulles de Séville et sur le neveu d’Aldovrandi. — Avidité et prodigalité du cardinal Ottobon. — Avidité et dérèglement des neveux du pape. — Tracasseries à cette occasion, où Giudice se barbouille. — Propos, mémoires, menaces, protestation, forte lutte par écrit entre Acquaviva et le pape sur le refus des bulles de Séville. — Querelle d’Acquaviva avec le gouverneur de Rome. — Hauteur et faiblesse du roi d’Espagne à l’égard de Rome. — Adresse d’Aldovrandi à servir Albéroni. — Le pape embarrassé sur deux ordres venus d’Espagne. — Giudice se déchaîne contre Albéroni, et Giudice et Acquaviva l’un contre l’autre. — Albéroni se méfie de tous les deux. — Del Maro seul va droit au but du dessein militaire d’Albéroni. — Manèges d’Albéroni, résolu à la guerre, à Londres et à Paris ; s’ouvre à Cellamare. — Remises et avis d’Albéroni au duc de Parme ; se plaint à l’abbé Dubois, par Monteléon, de l’ignorance où on le tient des conditions du traité, et fait des reproches. — Plaintes amères contre le régent des agents anglois entièrement impériaux. — Leur audace et leur imposture. — Sage adresse de Monteléon pour oser donner de bons conseils à Albéroni. — Singulières ouvertures de l’abbé Dubois à Monteléon. — L’empereur veut les successions de Parme et de Toscane pour le duc de Lorraine ; on leurre le duc de Modène. — Penterrieder déclare à Londres, à l’envoyé de Sicile, que l’empereur veut la Sicile absolument. — Il indispose tant qu’il peut cet envoyé et son maître contre le régent. — Caractère de Monteléon. — Le grand-duc et le duc de Parme envoient à Londres faire des représentations inutiles. — Désirs des Florentins de retourner en république, et non sans quelque espérance. — Monteléon reçoit des ordres réitérés de faire des menaces sur l’escadre ; les communique à Stanhope. — Adresse de celui-ci pour l’amuser. — Adresse de l’autre pour amener l’Espagne au traité. — Points sensibles à Vienne sur le traité. — Monteléon, persuadé du danger de rompre pour l’Espagne, n’oublie rien pour l’en dissuader. — Bruits d’une révolution prochaine en Angleterre, où le ministère est changé. — Ruse inutile d’Albéroni pour opposer la nation anglaise à son roi. — Mécompte de Monteléon. — Cellamare plus au fait. — Stairs s’explique nettement sur l’escadre. — Mouvements contraires dans le parlement d’Angleterre. — Nuages sur la fermeté de la cour de Vienne tournés à Londres avec adresse. — Demandes bien mesurées du grand-duc. — Effort d’Albéroni auprès du régent. — Conduite publique et sourdes cabales de Cellamare. — Il cherche d’ailleurs a remuer le nord contre l’empereur.
Chapitre xviii. — Affaires du nord. — La France paroît vouloir lier étroitement avec la Prusse. — Hollandois, fort en brassière entre l’Espagne et les autres puissances, veulent conserver la paix. — Adresse de Monteléon dans ses représentations à Albéroni, sous le nom de l’abbé Dubois, en faveur de la paix. — Menaces de l’Espagne méprisées en Angleterre, dont le parlement accorde au roi tout ce qu’il demande pour les dépenses de mer. — Insolence de Penterrieder. — Ses manèges et ses propositions à l’envoyé de Sicile très dangereuses pour la France. — Vanteries et bévues de Beretti. — Le roi de Sicile soupçonné de traiter secrètement avec l’empereur. — Raisonnements d’Albéroni sur ce prince, sur les Impériaux et sur la France. — Fortes protestations et déclarations de l’Espagne à Paris et à Londres. — Efforts et préparatifs d’Albéroni. — Ses plaintes. — Albéroni imagine de susciter la Suède contre l’empereur. — Nancré échoue à Madrid. — Albéroni le veut retenir jusqu’à la réponse de Vienne. — Concert entre Nancré et le colonel Stanhope. — Adresse de ce dernier repoussée par Albéroni. — Grands préparatifs hâtés en Espagne. — Le marquis de Lede et Patiño mandés à Madrid.
Chapitre xix. — Menaces d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville. — Il s’emporte contre le cardinal Albane. — Manèges d’Aldovrandi pour le servir et soi-même. — L’empereur s’oppose aux bulles de Séville ; accuse Albéroni de traiter avec les Turcs. — Acquaviva embarrasse le pape par une forte demande et très plausible. — Prétendues preuves de l’accusation contre Albéroni. — Secret et scélérat motif d’Albéroni pour la guerre. — Conduite de Cellamare en conséquence. — L’empereur consent à tous les points du traité de Londres. — Cellamare déclare que l’Espagne n’acceptera point le traité. — Le régent dépêche à Londres. — Manèges, inquiétudes, fougues, menaces d’Albéroni. — Ses déclamations. — Son emportement contre le traité de la paix d’Utrecht. — Fureur d’Albéroni sur les propositions de Nancré, surtout contre la cession de la Sicile à l’empereur. — Il proteste que le roi d’Espagne n’acceptera jamais le traité, quoi qu’il en puisse arriver. — Ses vanteries ; ses imprécations. — Ne laisse pas de traiter Nancré avec beaucoup de distinction et d’apparente confiance. — Fureur, menaces et manèges d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville. — Albéroni dépité sur l’achat des vaisseaux en Hollande, ou Beretti se trompe de plus en plus, déclare qu’il n’en a plus que faire ; menace. — Manège sur l’escadre anglaise. — Sage conduite de Monteléon. — Négociation secrète du roi de Sicile à Vienne. — Propos de l’abbé Dubois à Monteléon. — Doubles manèges des Anglois sur la paix, avec l’Espagne et avec l’empereur. — Sentiment de Monteléon. — Dangereux manèges du roi de Sicile. — Le roi d’Angleterre s’oppose ouvertement à son désir d’obtenir une archiduchesse pour le prince de Piémont.
NOTES
I. Le garde des sceaux d’Argenson. 461
II. Journal inédit de Nicolas-Joseph Foucault. 466
III. Les chanceliers pendant le règne de Louis XIV. 469


FIN DE LA TABLE DES CHAPITRES




Ch. Lahure, imprimeur du Sénat et de la Cour de Cassation, rue de Vaugirard, 9, près de l’Odéon.